Titre : Curses Feigned
Auteur : Splitpea

Traductrice : Cécilinou
Beta : miamdetout

Rating : M (pour langage et lime)

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Note de la traductrice : Je vais essayer de poster la suite rapidement. Le but étant de rafraîchir la fic, pas de vous faire languir.

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Curses Feigned


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Quelques jours après sa visite, Harry ne trouvait plus Severus à la maison. Bien sûr, les cours avaient repris et Severus était probablement de retour à Poudlard, mais il n'arrivait toujours pas à croire que son paranoïaque ex-professeur de potions puisse ne pas être revenu s'assurer que Harry n'avait pas fait de soirées déguisées, de tournois de Quidditch à l'intérieur, ou – comme le journal voulait le faire croire aux gens – d'excitantes parties de sexes endiablées avec des hommes.

Une autre chose que Harry n'arrivait pas à croire était son envie de voir Severus. Il se levait toujours tôt pour manger le petit-déjeuner et s'attardait dans la cuisine, juste au cas où l'homme viendrait manger. Il faisait cela à chaque repas de la journée, en fait. Une nuit, le souhait de Harry se réalisa quand un Severus Snape revêche et de mauvaise humeur transplana à la table du diner et donna un coup de couteau au steak qui était apparu devant lui.

« Prof… Docteur Snape ? »

« Quoi ? »

« Je… euh… Bienvenue à la maison ? »

Severus fusilla Harry du regard et but son verre d'eau. Harry rougit encore et regarda son assiette. Il avait hâte de revoir à nouveau l'homme, mais il ne s'était pas attendu à ce qu'il soit grossier. Et c'était bien cela ; il était malpoli, n'est-ce pas ?

« Quel est votre problème ? J'essayais juste d'être gentil. Peu importe ce qui vous est arrivé aujourd'hui, ce n'est pas de ma faute. »

« En fait, si. »

« Quoi ? » Harry était pâle. Il n'avait rien fait depuis qu'il était arrivé chez Severus. Il mangeait, dormait et aidait à garder la maison propre. Il n'avait pas été dans la cour avec son balai ou laissé Hedwige voler dans sa chambre. Il avait été un hôte parfait ! Quand il eut fini de traiter cette information et la tempête d'émotions qu'elle avait provoquée en Harry, Severus pressa simplement ses doigts contre ses tempes et se massa.

« Je sais cela, Potter. » répliqua-t-il avec exaspération. « J'ai dit à mes elfes de maison de garder un œil sur vous et de me signaler tout comportement étrange. Vous êtes là depuis une semaine et vous n'avez pas quitté votre chambre pour quelques raisons autres que pour manger. Vous n'avez pas lu un livre, écrit à un ami, volé sur un balai ou n'importe quoi d'autre. Ils m'ont dit de revenir parce qu'ils pensent que vous êtes malade. »

« Eh bien, vous devez admettre qu'il n'y a pas grand chose à faire, ici. »

« J'étudie. »

« Je n'ai rien à étudier. »

Après un long silence qui s'avéra être un duel de regards, Severus ferma ses yeux avec un soupire. « Bien. » concéda-t-il. « Utilisez ma bibliothèque. MAIS reposez tout exactement là où vous l'avez trouvé. Je ne veux pas que vous mettiez le désordre dans ma maison.

« Merci. » Harry ne savait pas à quoi il s'était attendu quand il avait avoué son ennui, mais il n'avait pas pensé qu'il lui suggère d'étudier. Il ne releva pas le regard de son assiette quand Severus se leva pour, de toute évidence, partir sans avoir manger.

« Et… faites quelque chose de jeune et stupide. Volez, faites du cerf-volant, branlez-vous. Soyez un garçon. »

Harry s'étrangla avec son steak, ne sachant pas s'il devait être choqué ou hilare. Il réussit, tout de même confus, à dire « Je suis un homme. »

« Bon, invitez quelqu'un pour jouer au Quidditch et allongez-le derrière un buisson pour le prendre. Arrêtez juste de broyer du noir. »

Harry était vraiment content de ne plus avoir de nourriture dans la bouche.

« LE ? »

« Eh bien, j'ai lu… dans le journal… oh, pourquoi ai-je cru cela ? »

Harry rougit immédiatement, à nouveau. « Non… non… C'est vrai. J'ai juste… J'ai oublié que je lui en avais parlé. »

« À qui ? »

« Diana Dionysus. »

« Donc… dimanche dernier… c'était vrai. »

« Oui. » admit Harry sans même savoir exactement ce que la femme avait écrit. Il avait arrêté de lire la Gazette après cette interview.

Severus acquiesça lentement. Harry ne savait pas ce que cela signifiait, mais l'homme avait l'air d'avoir pris une décision à ce moment là. Sans se parler, Severus repartit à travers les flammes de la cheminée tandis que Harry montait dans sa chambre.

La bibliothèque de la maison de Severus s'avéra être plus qu'attrayante. Il apprit que les potions étaient capables de faire tout ce que les charmes et les sorts pouvaient réaliser… et même plus. Une potion d'immobilité pouvait durer des années sans causer aucun préjudice au corps de la victime. Une potion pouvait faire fondre la tête d'une personne, puis la faire réapparaitre. Une autre pouvait altérer la mémoire, les caractéristiques physiques, les émotions et tout ce qui faisait une personne.

Harry se sentait une passion grandissante qui devait avoir été similaire à celle de Severus. Les potions étaient intéressantes et méritaient toutes les études et le travail. Avec toutes les choses que les potions pouvaient faire, Harry se demanda pourquoi Severus n'était pas devenu le plus attirant et le plus puissant homme au monde. Il se demanda pourquoi personne d'autre ne l'avait fait. Après tout… faire des potions était aussi facile que de lire des instructions, quand on le faisait avec soin.

Une explosion mineure dans le laboratoire de potions – interdit d'accès par Severus – avec des conséquences difficiles à cacher et des elfes de maison impossibles à garder sous silence, paniqua Harry. « Oh merde. » laissa-t-il échapper à voix haute alors qu'un bruit sec l'informait que Severus venait juste d'apparaitre derrière lui.

« Je suggère que vous preniez un moment pour revoir vos dernières paroles, Monsieur Potter. »

« Je… je peux tout expliquer, Monsieur ! »

« Oh, je suis sûr que vous le pouvez, mais je ne veux pas que vous le fassiez. Vous avez gaspillé de précieux ingrédients, créé une explosion qui a détruit un chaudron de valeur et un livre irremplaçable, fendu ma table de travail en deux et libéré des vapeurs âcres dans ma maison. Vos excuses n'ont aucune importance. »

« Je peux tout réparer ! »

« Les elfes de maison ont vu que vous aviez essayé. Vous ne pouvez rien réparer, Potter. »

« Je peux vous trouver un autre livre. Si je reçois l'aide du Direc- »

« Potter. Pensez-vous que je garderais un livre si utile dans une maison où je vis à peine si Albus l'approuvait ? Il ne peut pas savoir que je le possédais. Ni, ne peut-il savoir que je l'ai utilisé. Pensez-vous qu'il n'existait que de la magie noire pour créer… » Il s'arrêta pour humer l'air et étudia une goutte de liquide avec son orteil. « un… filtre d'amour ? »

Cette même rougeur infernale sur les joues de Harry étouffa presque la colère de Severus. Pour éviter de pardonner au garçon, il se mit dans une fureur absolue. « Vous êtes une parfaite nuisance. Je n'aurais pas dû vous autoriser à rester ici. Tout ce que vous avez fait depuis votre arrivée est de me causer des problèmes d'une manière ou d'une autre. QUE JE VOUS PERMETTE D'ALLER DANS LA BIBLIOTHÈQUE NE SIGNIFIE PAS QUE JE VOUS AI DONNÉ UN PERMIS DE TUER ! »

Harry Potter, malgré toute sa stupidité gryffondorienne et son courage, ne put s'empêcher de fixer le sol et de verser une larme. La larme, quand elle tomba, sembla devenir rouge et perla jusqu'à sa jambe. Ensuite, ses vêtements devinrent des haillons, ses cheveux étaient roussis et ses bras couverts de sang et de chairs en lambeaux. Il recula, étranglé par le choc, et devint d'un blanc fantomatique. En un clin d'œil, le flash-back était passé et il regarda Severus avec peur. « Je dois partir. »

« Non, non. Ne partez pas. J'étais hors de moi. »

« Non, Professeur. Je dois partir. » murmura le plus jeune alors qu'il se dirigeait vers la porte, son regard vague et ses mouvements manquant d'assurance.

« Pour aller où ? »

Cela stoppa Harry dans sa lancée. Il ne savait pas où. Bon sang, il ne savait même pas pourquoi.

« Potter, si vous devez faire une dépression nerveuse, au moins faites-le ici, que je puisse vous envoyer à Sainte Mangouste aussi vite que possible. » essaya de déclarer sèchement Severus, bien qu'il ne put cacher son inquiétude. « Je vais rester là cette nuit. Vous pouvez vous asseoir près du feu et vous détendre. »

Harry acquiesça, absent, acceptant seulement de rester avec l'homme sans se disputer. Il se sentit soudainement faible. Un autre épisode de hurlements le blesserait trop. Il voulait simplement s'asseoir dans le noir et le silence, comme s'il avait une migraine. Pourtant quelque chose en lui était heureux. La confusion et le choc reflués, de joyeux papillonnements lui rappelèrent que Severus était là. Que Severus veillait sur lui.

« Oui, Monsieur. Cela semble être une bonne idée. »

Harry s'endormit après qu'ils se soient installés dans le salon. C'est pourquoi, il fut assez surpris de se réveiller dans son lit, en pyjama, bordé et se sentant fraichement lavé.

« Vous en avez fini avec ce léger évanouissement, Monsieur Potter ? »

Harry se releva rapidement et se tourna pour voir Severus reposant sur les couvertures à côté de lui. L'homme était clairement fatigué, mais il y avait une expression détendue sur son visage, une expression que Harry n'avait jamais espérée voir sur l'homme couché près de lui sur le lit. S'il ne le connaissait pas mieux, il aurait pensé que Severus appréciait se trouver à moins de vingt centimètres de Harry, sa tête appuyée sur sa main.

« Je suis en pyjama. »

« Est-ce que cela veut dire 'Oui, Monsieur, je vais bien maintenant' ? Ou dois-je appeler une ambulance ? »

« Oh, oh… oui, Monsieur. Je vais mieux. J'avais beaucoup lu, sans dormir, donc je pense que j'étais juste épuisé. »

« Je ne pense pas que la fatigue puisse expliquer votre réaction à mes hurlements, en bas. Vous avez vécu toutes sortes d'enfer et je ne pense pas vous avoir déjà vu si terrifié dans votre vie.

« Je… »

« Oui ? »

« Je suis désolé. »

« Pas besoin d'excuses. Une explication serait bien. »

« Comment me suis-je retrouvé en pyjama ? »

« Je vous ai donné un bain, vous ai habillé et mis au lit. »

Le corps entier de Harry rougit et Severus ne put regarder ailleurs. L'autre homme était si proche de lui qu'il pouvait sentir l'embarrassante chaleur s'infiltrer en Harry pour venir lécher son cou et ses joues. Il était heureux de porter ses robes noires au lieu de sa robe de chambre. Si cette chaleur le touchait n'importe où, il n'aurait d'autre choix que de donner à Harry une bonne raison de partir apeuré. Merlin, Harry était si beau.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Quoi ? »

« Vous transpirez, Monsieur. »

« Ah. »

Silence, encore. Harry s'agitait sous les lourdes couvertures et sous le souffle plus lourd encore de Severus. Ce dernier était doué concernant la maîtrise de soi, mais chaque muscle de son corps lui faisait mal à vouloir libérer l'énergie nerveuse qui grandissait en lui.

« Si vous n'êtes pas à l'aise pour me dire pourquoi vous avez réagit comme ça la nuit dernière, je ne vous forcerai pas. S'il vous plait, sachez que ce serait plus facile de prendre soin de vous si je savais exactement ce qui n'allait pas. »

« Je ne suis pas ici pour qu'on s'occupe de moi. »

Les yeux de Severus le fixèrent pendant une milliseconde et il grogna avant de reposer ses pieds au sol. « Je suppose que le Choixpeau n'a jamais mentionné 'reconnaissant' à la rime de Gryffondor. »

Avant qu'il ne puisse se lever complètement, une main saisit son bras et l'attira sur le lit. Son esprit était plutôt vexé d'être ainsi malmené, mais tout son être se tourna pour faire face au corps allongé et il embrassa farouchement les lèvres du dit corps.

Ses deux mains enserrèrent le visage de Harry tandis qu'il chevauchait le garçon, sans prendre la peine de défaire les couvertures et les draps entre eux. Peu importait ce qui était entre eux, il pouvait sentir la chaleur de son rougissement qui était de retour. Il pouvait sentir les doigts choqués de Harry enserrer timidement ses épaules. Il pouvait sentir le corps du plus jeune se presser contre les tissus qui les séparaient. Il pouvait se sentir de plus en plus excité alors que sa langue détaillait tous les recoins de la bouche de Harry et apaisait les éraflures qu'il avait lui-même faites à la langue du plus jeune. Il pouvait sentir Harry mordiller sa lèvre inférieure, lécher passionnément sa joue et presser ses lèvres sur son nez, son menton, ses yeux. Il pouvait sentir ces mains timides devenir de plus en plus audacieuses, cherchant à rejoindre l'ouverture de sa ceinture, comme si la boucle était dans son dos.

Ensuite... il sentit une intense force le pousser sur le dos. Cependant, ils ne s'arrêtèrent pas là. Leur élan les fit tournoyer tous les deux hors du lit, les draps enroulés autour d'eux, leurs visages s'embrassant toujours. Ils ressemblaient à un burrito comiquement animé. Severus fut le premier à essayer de se débarrasser des couvertures alors que Harry tentait sans succès de le chevaucher. Les couvertures étaient tout simplement trop serrées autour d'eux.

« Harry. »

Le garçon continuait d'embrasser, de lécher, de mordiller, de mordre et de savourer Severus.

« Harry ! »

Oh, Harry était dans son cou maintenant. Il avait désespérément besoin de sentir la peau du jeune homme contre la sienne, de laisser courir ses doigts sur les cuisses rougissantes et d'embrasser les genoux osseux.

« HARRY ! »

Harry s'arrêta alors. Haletant, le regard affolé. Severus était-il sur le point de le virer ? Merlin, c'était Severus qui avait commencé. L'homme n'avait-il jamais été sincère, alors ?

« S'il vous plait, roulez sur la gauche pour que nous puissions nous dépêtrer de tout ça. »

« … et on continuera ce qu'on faisait ? »

« … »

« Je ne vais pas vous laisser, à moins que ce soit ce que vous vouliez. »

« Très bien. Je ne l'aurais pas formulé de cette façon, mais d'accord. Ôtez ces couvertures du lit et nous... continuerons ce que l'on faisait. »

Harry sourit sincèrement pour la première fois depuis des mois. S'il n'était pas stupéfait de s'être à l'instant fait bécoter par Snape, il aurait été surpris de pouvoir sourire malgré sa grande excitation, surpris que Severus puisse le faire rire et encore plus surpris que le fait de s'agiter dans le lit et d'agir comme un gamin ne lui avait pas valu un sort.

« Arrêtez de sourire comme un idiot et retournez-vous ! » exigea Severus avec plus de contrariété qu'il n'en ressentait réellement.

Harry connaissait assez bien Severus pour voir que l'homme essayait de garder son sang-froid et de ne pas l'envoyer paître. Alors, il fit comme il lui avait été demandé et se détourna de Severus. Le plus âgé se déroula jusqu'à ce qu'il soit libre, se leva et poussa la couverture de ses orteils. Harry, soudain timide, rougit encore une fois.

« Mince, j'aimerais que vous arrêtiez ça. »

« Arrêter quoi ? »

« De rougir. »

Harry eut un sourire narquois, mais n'en devint pas moins rouge. « Vous avez un fétichisme pour les vierges rougissantes ? »

« Mais vous n'êtes plus vierge, n'est-ce pas ? »

« Quoi ? »

« L'autre jour... Dans la Gazette. Vous aviez dit que c'était vrai... » répondit Severus, visiblement confus.

« OH ! Non ! Je... J'ai menti à propos de la perte de ma virginité. Mais je suis effectivement gay. »

« J'espère bien. »

« Je pourrais être bi ! » dit Harry vexé, alors qu'il mettait ses poings sur ses hanches.

« De toutes façons, ça me convient. »

« Et qu'est-ce qu'il vous convient ? Les vierges timides ? »

« Vous êtes vraiment bloqué sur mes inclinations. N'est-ce pas ? » demanda Severus avec un soupir.

« … Alors ? »

« … Juste le rougissement. Nous pouvons en finir avec la deuxième partie. »

« Vraiment ? »

« À moins que vous ne préfériez pas. »

Un autre baiser incohérent, malhabile, totalement bâclé, mais absolument excitant indiqua à Severus que Harry préférait qu'ils continuent. Un pop de l'autre côté de la pièce, accompagné d'une forte quinte de toux, signala à Severus qu'ils n'étaient plus seuls.

Severus repoussa immédiatement Harry loin de lui et lui lança un regard furieux. Harry, étonnamment perspicace pendant un bref instant, se mit immédiatement dans le personnage. « Je suis désolé, Professeur. J'ai dépassé les bornes. »

Les deux hommes furent très déçus de voir Albus Dumbledore. Le directeur voyait clair dans leur comédie. Ils décidèrent alors de ne pas continuer ainsi. Severus aida Harry à se relever et salua le directeur avec un hochement de tête.

« Lucius Malefoy est aux portes de Poudlard avec un groupe de mangemorts. Vous connaissez les règles. Désarmer, immobiliser, transporter. Aucun impardonnable. » dit-il avant de sortir une plume et de la leur tendre. Severus attrapa sa baguette et Harry se précipita vers la table de chevet pour prendre la sienne. D'un signe de tête à Albus, ils posèrent tous deux leur main sur la plume. Ils furent rapidement transportés sur les terres de Poudlard.

Harry se mit instantanément à courir, se dirigeant directement vers l'ange blond qu'il savait être Lucius Malfoy. La sueur de l'homme ruisselait telle des cristaux tandis que ses cheveux flottaient tels une aura d'or blanc. La beauté qui avait permis à Tom Marvolo Riddle de gagner tant de puissance qu'il avait été impossible de l'arrêter était la même beauté qui avait conduit Lucius Malefoy à ce stade. Il était tout simplement trop parfait pour être mauvais. Les gens refusaient de le croire, même quand cela était mis sous leur nez. Harry hésita presque à lui jeter un sort. Pourtant, il se rendit compte qu'il aurait à étouffer cette hésitation dans l'œuf. « Expelliarmus ! » La baguette de Lucius vola, mais l'homme avait des potions sur une ceinture autour de la taille.

Le premier lancé brûla la peau de Harry. Le jeune homme essaya d'ensorceler Lucius. Il tenta de l'immobiliser. Il essaya tout, mais Lucius, plus habile que Harry et non aveuglé par la suffisance qui avait été la faiblesse de Voldemort, évita la plupart des attaques. Après la sixième potion, qui lui donna l'impression que ses entrailles pourrissaient, Harry tomba à genoux.

Lucius sourit sadiquement et détacha la dernière de sa ceinture, permettant à Harry de l'examiner avant qu'il ne la débouche. À ce moment, l'homme fut immobilisé et, droit comme une tige, il tomba à terre. Quelques secondes plus tard, Severus accourut, soulevant Harry sur son épaule, et libéra Lucius du sortilège. « Cours Lucius ! Cache-toi ! Je me débarrasse du garçon. Ne te fais pas tuer ! »

Harry était trop fatigué pour affronter Severus ou pour protester de quelque façon. Il se sentait profondément trahi. Severus avait seulement essayé de coucher avec lui pour se débarrasser de ce peu de protection qu'il possédait. Il pleura alors que Severus le transportait avant de l'abandonner.

C'était la deuxième fois en 72 heures que Harry s'évanouissait et se retrouvait fraîchement lavé, vêtu d'un pyjama et couché dans un lit. Toutefois, le lit d'hôpital peu épais n'était pas le sien. Lorsque Madame Pomfresh tamponna une serviette sur son visage douloureux, il se rendit compte qu'il était en sécurité à Poudlard. Son corps lui faisait mal partout et sa peau lui semblait avoir tout simplement disparue, laissant son corps à vif. Pomfresh continuait de le tapoter avec un linge imbibé de pommade, qui le faisait horriblement souffrir. Alors, il fit ce que toute personne sensée ferait et s'évanouit. Il se réveillerait plus tard et s'occuperait alors de la douleur qui resterait. L'infirmière prendrait bien soin de lui.

Une semaine plus tard, Harry se réveilla. Son visage ne lui faisait plus aussi mal et les autres désagréments étaient également guéris. Il garda ses yeux clos et secoua sa tête, étirant les muscles fins de son cou. Il replia ensuite ses doigts et fléchit ses jambes.

« Heureux de voir que tu es capable de bouger. Comment te sens-tu, Harry ? » demanda Albus alors que le blessé tournait la tête dans sa direction.

« Je vais mieux. Hum... Que s'est-il passé ? »

« Tu as été gravement blessé par une série de nouvelles potions. »

« Et Lucius ? »

« Il a fuit. »

« Et Severus ? »

« Il est derrière toi. »

Harry se redressa, surprenant tous ses visiteurs, même si l'un d'eux était trop têtu pour le montrer. Il tourna sa tête dans la direction opposée de Dumbledore pour voir s'il avait dit la vérité. Et effectivement, debout près du lit se tenait Severus Snape.

« Il a aidé Lucius à s'échapper ! » hurla Harry au professeur Dumbledore sans se retourner. Ses yeux sondèrent Severus à la recherche de la moindre émotion.

« Pour te protéger, Harry. » répondit calmement Albus.

« Oubliez MA protection ! Vous auriez pu le tuer. Vous auriez pu vous débarrasser de lui pour toujours ! »

« Et vous pensez que je pourrais me débarrasser de lui alors que vous vous ne pouviez pas ? » demanda Severus avant de croiser les bras et de lancer un regard furieux à Harry Potter.

Harry se tut alors. Il n'avait aucune idée de ce que cela signifiait. Alors bien sûr, il n'avait aucune idée de quoi répondre à ça. Il fut plus que content quand Albus se racla la gorge et commença son explication.

« Harry, les sorciers normaux ne sont pas capables d'invoquer de bouclier quand l'Avada Kedavra est lancé. »

« Oui, seulement les vierges. »

« Non, Harry. Les puissantsvierges. C'est pour cela que ce n'est pas inscrit dans les livres. Pour les sorciers normaux, cela ne marche tout simplement pas quand ils sont vierges. Pour toi, Harry, cela a créé une protection. Tu possèdes un merveilleux cadeau que nous devons préserver. Tuer Lucius la semaine dernière ne nous aurait rien apporté si cela signifiait te perdre. »

Les yeux de Harry ne quittaient pas ceux de Severus. Un léger tressaillement aux mots 'te perdre' fut suffisant pour satisfaire ses espoirs que Severus se souciait toujours de lui.

« Harry » continua Albus. « Tu es le sorcier le plus puissant dans cette pièce. »

Un silence teinté de respect s'installa entre eux. Severus admirait les rares démonstrations d'humilité d'Albus. Harry craignait son propre pouvoir. Albus redoutait que Severus ne proteste. Cette pensée lui rappela quelque chose qu'il avait eu l'intention de dire.

« À propos de ce jour dans votre chambre à Pré-Au-Lard, Harry. »

Harry rougit instantanément, mais Severus était trop effrayé pour le remarquer. « Oui, Professeur ? » couina Harry.

« Es-tu toujours vierge ? »

« Oui, Professeur. »

« Malgré vos sentiments ou ce que vous pensez être juste, vous devrez vous abstenir de tout rapport sexuel jusqu'à ce que l'Ordre vous informe du contraire. »

Harry mordit sa langue pour s'empêcher de protester. Bien que ses yeux le sondent, il ne vit aucune réaction de la part de Severus. Finalement, il exprima son accord. « Oui, Professeur. »

« Et vous, Severus. » commença Albus Dumbledore en regardant l'homme par-dessus la monture de ses lunettes, « Tâchez de vous contrôler même face à la plus forte des tentations. »

Si Harry n'était pas d'une telle humeur de chien, il aurait souri au fait qu'il était 'la plus forte tentation' de Severus. Au lieu de cela, il s'étendit sur le dos et se couvrit la tête avec ses couvertures, sans plus se soucier des deux autres hommes. Il aurait voulu qu'un trou s'ouvre sous le lit et l'avale tout entier.

Il semblait que Severus était déterminé à rester pour une raison quelconque et Albus était déterminé à rester pour les garder à l'œil. Aucun des deux ne put rester une fois qu'un Bill Weasley totalement désemparé fracassa les portes en baragouinant quelque chose à propos de Lucius Malefoy. Deux hommes arrivèrent en courant alors qu'un autre était transporté sur une civière par une infirmière. « Oh non vous ne pouvez pas, Monsieur Potter. Nous devons vous garder ici jusqu'à ce que vous soyez complètement guéri. »

« Je suis guéri ! » lui cria-t-il quand elle jeta les contre-sorts.

« Très bien, alors. Remuez votre gros orteil. » demanda-t-elle tout en montrant sa jambe gauche.

Harry essaya. Il essaya vraiment. Il n'arrivait même pas à ressentirson gros orteil, maintenant qu'elle l'avait mentionné.

« Aha ! Vous remarquez enfin qu'il n'est pas là, hein ? »

« AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH ! »

« HARRY JAMES POTTER CALMEZ-VOUS TOUT DE SUITE ! »

« … »

« Plusieurs choses ont été retirées de votre corps à cause des potions de Malefoy. Vous devrez rester ici jusqu'à ce que je puisse vous administrer les antidotes qui régénèreront ce qui a disparu. Je ne peux pas tous vous les donner en même temps. Les résultats seraient toxiques. Donc, il faudra attendre quelques jours entre chaque administration. »

Quelques semaines plus tard, Harry n'avait plus que cinq antidotes à prendre. Ceux-là étaient surtout pour soigner les hématomes et la fatigue causée par les autres médicaments. Il était vraiment énervé par le fait que ce qui lui avait été fait en sept minutes avec sept potions avait nécessité sept semaines et soixante-dix potions pour guérir. Plusieurs fois durant ces semaines, Albus et Severus se fixaient l'un l'autre à son chevet. Quelques fois, ces duels avaient été interrompus par un messager avec des nouvelles d'une attaque de Lucius, encore une fois.

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Curses Feigned - Chapitre 2