Ce soir encore je ressentais un manque, ne le supportant pas, je me décidais à sortir.
Il me fallut bien 30 minutes pour que l'aiguille soit prête, l'adrénaline coulait en moi: enfin j'allais assouvir ce besoin.
Une première fois j'enfonçais l'aiguille aussi profondément que je le pus, celle-ci déversait son poison en moins, une fois finie, je pris la seconde, la troisième.
À mesure que ce désir diminuait ma vue se troublait, au point de n'être claire qu'au loin devant moi, les côtés se transformant en lignes floues.
Cinquième fois que j'allais enfoncer cette aiguille au plus profond de mon âme, celle-ci dura vraiment longtemps, mais au final, un sentiment de plénitude, je tremblais autant d'excitation que ne le permettait mon corps assis, fixant l'horizon avec une lueur dans les yeux.
On a beau dire que c'est dangereux, je ne peux me résoudre à m'en passer.
Il n'y avait plus aucun doute maintenant, il m'en faudra toujours plus, plus de puissance pour enfoncer l'aiguille dans le compte-tours et perdre toute raison pour ce court bonheur qu'est celui d'être lancé à plus de 200 km/h sur une route déserte où notre seule peur est que cela s'arrête.
