Chapitre 2 : Murmures

Après le déjeuner l'Amiral avait demandé à Kirk de lui montrer la passerelle comme Jim était dû sur le pont. Les portes du turbolift s'ouvrirent et le Capitaine marcha sur le pont suivi d'Armack dans son sillage. Spock se leva du fauteuil de Jim, cédant la place au capitaine, il se raidit cependant quand il vit l'Amiral et recula rapidement à sa station scientifique. Jim observa un moment Spock avant de regarder en biais l'amiral qui avait les yeux fixés sur le dos du premier officier. Il fronça les sourcils, puis sourit et haussa les épaules pour transmettre une impression décontractée avant de s'asseoir dans le fauteuil.

« Rapport de situation Monsieur Spock. » Demanda-t-il d'une voix forte. Le ton de la voix traversa Spock comme un coup de fouet, il réprima un tressaillement, mais Jim le regardait et vit le mouvement léger dans les épaules de Spock. Il n'était pas sûr exactement de ce qu'il avait vu, le tremblement avait duré moins d'une seconde, puis il avait disparu et Spock se tenait droit et parfaitement immobile, seule la crispation dans ses épaules témoignant de l'agitation nerveuse du Vulcain. Spock ne se retourna pas et parla depuis sa station, sa voix était calme et froide, détachée et mécanique, tandis qu'il faisait son rapport au capitaine. Il y avait quelque chose dans la voix de Spock qui envoya un frisson à travers le corps de Kirk, pas le genre de frisson agréable que la voix de Spock lui provoquait souvent, sa peau se hérissa, ce n'était pas l'habituelle réaction de plaisir, mais un sentiment de peur et d'angoisse qui le remplissait et dont il avait l'impression, totalement irrationnelle et étrange, qu'une large partie émanait en fait de Spock et non de lui.

L'amiral regarda le pont avec le moindre intérêt puis il se promena sur la passerelle, faisant le tour des différentes stations et semblant s'intéresser au travail de ceux qui s'y tenaient, échangeant parfois quelques mots avec les membres d'équipage du pont. Les portes s'ouvrirent à nouveau et un Yeoman vint se poster à côté du fauteuil et tendit un padd au capitaine. Kirk se désintéressa de l'amiral pour lire le padd qu'il avait pris dans ses mains. Trop tard avant que Kirk ne le remarque, l'Amiral termina sa tournée d'observation à la console de Spock, mais si la manœuvre avait échappé au Capitaine, trop occupé alors à la lecture de son rapport, Spock avait suivi le bruit des traces de pas et entendu leur approche dans son dos. Il se crispa mais ne se déplaça pas quand l'amiral se pencha au-dessus de lui, plaçant les deux mains de chaque côté de la station, semblant regarder avec un grand intérêt l'écran de Spock, qui s'était résolument concentré sur son travail, ignorant la proximité indésirable du corps et les bras menaçants qui l'encerclaient.

Un toussotement léger et surpris, ainsi que vaguement en colère, en provenance de la console d'Uhura fit relever les yeux de Kirk, momentanément distrait de sa lecture, il jeta un bref coup d'œil autour de lui et ses yeux s'arrêtèrent sur la vision étrange d'Armack, lourdement appuyé sur le dos de son premier officier, il avait placé ses bras de chaque côté de Spock. Il ne pouvait pas voir Spock, l'autre corps imposant cachant la forme mince du Vulcain, mais il connaissait assez bien Spock et les vulcains pour savoir qu'une telle proximité avec un étranger était certainement indésirable et devait sûrement le faire mal à l'aise. De plus le rapport de force et de domination dans la posture, que Kirk lui-même se permettait parfois comme il lui arrivait de se pencher de cette façon pour lire sur l'écran de Spock, et il lui avait semblé que Spock l'avait toléré quand il le faisait comme il avait confiance que Jim n'envahirait pas son espace personnel au-delà des limites fixées par Spock, lui apparaissait ici comme quelque chose d'intimidant, d'intrusif et de physiquement menaçant. Un éclair de colère frappa son corps, il faillit se lever, prêt à voler à la station pour arracher l'amiral hors de l'espace personnel de Spock, au lieu il resta vissé à son siège, son corps complètement raide et tendu par une rage sourde à peine contenue, alimentée par le besoin et la répression simultanés d'intervenir afin de protéger quelque chose, qu'il devait se rappeler, ne lui appartenait pas. Il prit un souffle lent avant d'expirer profondément pour se calmer et s'empêcher de faire quelque chose d'embarrassant pour Spock et pour lui-même, même si en ce moment la pensée de lui-même importait peu. S'il n'y avait pas eu la scène étrange plus tôt au déjeuner, il aurait considéré qu'il surréagissait à cause de ses sentiments possessifs envers son premier officier, mais maintenant il désirait seulement protéger Spock.

« Yeoman Rand, pourriez-vous accompagner l'Amiral et lui faire faire une visite du vaisseau ? » Dit-il rapidement, il voulait faire sortir Armack de l'espace de Spock sans provoquer quelque chose qui lui aurait valu un passage en cours martiale, une distraction et une approche diplomate semblaient le plus adaptés. Sa voix était beaucoup plus légère et joyeuse qu'il ne se sentait à l'intérieur, lorsque l'Amiral se retourna à contre-cœur vers lui il avait effacé toute trace de sa précédente colère de son visage et de son corps, mais le ressentiment courrait encore sous sa peau et dans ses pensées de plus en plus négatives. L'expression de l'amiral était avenante et un sourire chaud ornait ses lèvres. Une de ses mains était reposée sur le haut du fauteuil, dangereusement proche de l'épaule de Spock, sa main glissa et il étira nonchalamment ses doigts, enfonçant sa paume dans le cuir du siège, ses ongles grattèrent la nuque de Spock qui se recroquevilla légèrement, se penchant lentement aussi loin qu'il pouvait du contact sans que son mouvement ait l'air trop suspect, comme s'il était intéressé par quelque chose sur la station qu'il voulait voir de plus près. Le geste d'Armack avait été caché de la vue de Kirk, mais il avait vu Spock se pencher loin de la main, ses épaules se courber et son corps se rétracter, comme s'il avait voulu s'enrouler sur lui-même, se faire plus petit, il connaissait trop bien ce mouvement, quand il était jeune il s'était aussi recroquevillé dans l'obscurité avec le désir de se faire assez petit pour disparaître et empêcher son oncle Frank de lui faire du mal. Le contact avait duré seulement une courte seconde, la main s'était attardée encore quelques secondes, flottante dans l'espace où il avait auparavant touché le cou de Spock, les doigts tendant vers la peau dans un mouvement presque involontaire. Puis Armack avait tourné le dos à la station, s'éloignant, il souriait et remercia Kirk de l'avoir invité sur le pont et promit de repasser plus tard, puis après un dernier coup d'œil à la station de Spock il quitta la passerelle, laissant derrière lui les regards confus de l'équipage du pont.

Une fois les portes fermées Kirk s'était retourné vers son premier officier, Spock s'était redressé, son dos était droit et il était rigide, il se tenait immobile et il semblait totalement pétrifié, pendant un moment il se demanda même s'il respirait, puis il vit les épaules de Spock bouger légèrement et il expulsa le propre souffle qui s'était coincé dans sa gorge, il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait retenu sa respiration. Il détourna les yeux, ne voulant pas plus attirer l'attention du pont sur Spock, et se retourna vers l'avant. Chekov avait les yeux rivés sur le dos de Spock, ses traits habituellement doux étaient tordus dans une grimace de colère, de peur et d'incompréhension, le visage innocent était hanté par la douleur. Il croisa le regard de Sulu qui s'était retourné vers lui et jetait des coups d'œil dans la direction de Spock, il devinait la question silencieuse qu'il lui adressait à travers son regard, il haussa les épaules, affichant beaucoup plus de décontraction et d'indifférence qu'il ne se sentait réellement, avant de se reculer à nouveau dans son fauteuil. Il savait que les membres d'équipage du pont appréciaient maintenant Spock et il ne doutait pas de la sincérité de leur inquiétude, mais il ne voulait pas que sa propre inquiétude alimente un débat sur Spock, il craignait que cette attention supplémentaire ne soit qu'une nouvelle source du malaise de Spock et une autre raison pour lui de se retirer un peu plus loin dans sa coquille.

Un silence maladroit et inconfortable régna sur le pont pour le reste du quart. Spock se retourna une fois vers lui, quelques minutes après le départ d'Armack, il croisa le regard de Kirk, l'échange dura seulement quelques secondes, il ne dit rien, son visage était vide, son expression soigneusement neutre et ses yeux étaient illisibles. Mais il voyait la pâleur légèrement teintée de vert de son visage et l'obscurité vertigineuse dans le regard froid et les yeux hantés. Il avait déjà vu la douleur sur le visage et dans les yeux de Spock, il pouvait peut-être dissimuler ce qu'il ressentait derrière ce masque neutre et d'indifférence, mais il pouvait voir en lui, même s'il ne pouvait pas tout le temps le comprendre, il savait qu'il voyait les émotions de Spock en ce moment. Malgré le contrôle que maintenait Spock sur son expression, et qu'il avait du commencer à rassembler dès l'instant où Armack avait disparu dans le turbolift, jusqu'à qu'il se sente assez sûr pour se retourner, son visage était incroyablement ouvert aux yeux de Kirk, Spock avait l'air vulnérable, et il était le seul à le voir. C'était comme si Spock voulait lui montrer ce qu'il ressentait, mais lui disait en même temps qu'il était incapable de l'exprimer, mais qu'il lui faisait suffisamment confiance pour lui laissait apercevoir cette part de lui-même, qu'il ne pouvait laisser personne d'autre voir.

Spock quitta rapidement le pont à la fin de son quart. Jim ne le retint pas, il ne le poursuivit pas pour parler dans l'ascenseur, et il pensait mieux que d'essayer d'aborder l'incident du déjeuner ni ce qui s'était passé sur le pont devant le reste de l'équipage, à la place il s'attarda encore quelques minutes le temps qu'arrive l'équipe de remplacement. Il lui laissait de l'espace, et du temps pour souffler, méditer, se rassembler, à l'abri des regards, tout ce dont Spock avait besoin. Il ne voulait pas le laisser seul, mais s'il voulait que Spock lui fasse confiance, il devait commencer par lui faire confiance lui-même, il lui avait offert son amitié et son aide pour quoique ce soit, il lui aurait, il voulait lui donner plus, Spock était capable de prendre soin de lui, et jusque là, tout ce qui était arrivé relevait d'incidents mineures, une parole irrespectueuse adressée sur un tierce absent et un contact indélicat explicable par une méconnaissance culturelle, Kirk avait fait bien pire pour Spock au début, rien en soit qui aurait du l'alarmer, si quelque chose de grave arrivait il faisait confiance à Spock pour venir à Jim. Mais pourtant il était inquiet et il savait que ses sentiments personnels envers Spock avaient sûrement plus à voir que le comportement de l'amiral, il donnait juste trop de crédits aux deux événements. Il devait se calmer. Il ne devait pas harceler son ami, il ne voulait pas bouleverser Spock ou le faire mal à l'aise, il ne voulait pas que son second officier le fuit, il devait aborder le vulcain avec précaution et prudence, attention et subtilité, et avant tout avec discrétion. Il quitta le pont pour retourner à ses propres quartiers, comptant remplir quelques rapports, peut-être parler avec Bones et voir d'ici quelques heures s'il pouvait amadouer le vulcain pour une partie d'échec.

Après après avoir quitté le pont Spock se rendit à ses quartiers, il avait besoin de méditer, et il était reconnaissant que ni le capitaine ni le lieutenant Uhura n'avaient essayé de l'aborder. Il était aussi reconnaissant que Jim ait fait partir l'amiral du pont mettant fin au jeu d'intimidation désagréable dont il avait aux yeux et à l'insu de tous été la victime. Il n'arrivait pas à sortir la voix, les mots de l'amiral de sa tête, il avait fait une brèche dans ses boucliers quand il avait forcé son contact, il ne voulait pas penser à ce qu'il avait senti, les pensées odieuses qui avaient glisser dans son esprit, du poison dans ses propres pensées, il avait besoin de méditer, il devait reconstruire ses boucliers, et il devait trouver un moyen de se protéger des invasions d'Armack.

Tu ne vaux rien...

Un nouveau frisson agita son corps, comme ceux qu'il avait ressenti plus tôt sur le pont, et il dut réprimer le tremblement, il ferma les yeux et souffla doucement, immobile au milieu du couloir. Il essayait de réprimer la ruée des images et des sensations, hissant comme il pouvait ses boucliers fragilisés autour de son esprit.

Tu ne peux pas t'échapper… Tu n'es rien…

Personne ne se souci…

Il avait besoin de se déplacer, il devait rejoindre la sécurité de ses quartiers, ou peut-être il devait trouver Jim, il devrait aller dans les quartiers du capitaine, mais Jim poserait des questions, il repensait à son regard sur le pont, sa réaction l'avait alarmé, que pensait-il ? Que savait-il ? Qu'avait-il compris vraiment de ce qui se passait ? Il ne pouvait pas savoir, il ne pouvait pas connaître, les secrets sombres qu'il avait enterré au fond de lui-même. Pouvait-il voir ses blessures ?

Il avait mis tant d'efforts dans la répression de ses souvenirs et de sa douleur, mais à nouveau il sentait ses cicatrices se rouvrirent et les plaies hideuses saigner librement. Il ne voulait pas que l'équipage le voit ainsi, il ne voulait pas que ses amis sachent, connaissent sa honte, il ne pouvait pas laisser son capitaine voir ses blessures. il ne pouvait pas leur parler, il ne pouvait pas leur laisser voir ses faiblesses. Il s'était caché, pendant des jours il s'était enfermé dans le travail, il avait repoussé les seules personnes qui avaient voulu l'aider, qui lui avaient montré de l'affection, qui l'avaient aimé. Il avait honte de ses agissements, ses amis ne méritaient pas ça, ils étaient rares et précieux, ils méritaient d'être chéris, mais Spock ne pouvait pas aimer, pas correctement, pas comme ils voulaient. Il n'avait jamais pu dire à sa mère. Il n'avait pas pu donner à Nyota ce qu'elle voulait, parce qu'il ne l'aimait pas autant et pas comme elle l'aimait, et il ne pouvait pas livrer ses sentiments à son Capitaine, il aimait Jim plus qu'il ne pouvait l'exprimer ou même comprendre, et Jim méritait mieux, mieux qu'un cœur muet, froid et brisé.

Il sentait le sang, le sang et la saleté, il avait l'impression de nager dans du sang, il avait besoin de se laver, minutieusement, il savait que c'était illogique et il avait honte de ce qu'il sentait, il était vulcain, il devait contrôler. Mais, puis il pourrait méditer, s'offrir un semblant de sommeil, il n'avait pas dormi en jours, depuis qu'il avait entendu le nom venu du passé, ses nuits avaient été hantées par des souvenirs, des visions de cauchemars, dont il s'éveillait épuisé et malade. La méditation l'aidait à garder pied, à ne pas se briser. Il savait qu'il devait bouger, il ne pouvait pas rester gelé au milieu du couloir, quelqu'un allait finir par venir ici, il était presque à ses quartiers, mais son corps semblait ne pas vouloir se déplacer, il était comme paralysé, il sentait la vague nauséabonde des souvenirs s'écraser comme de la houle sur ses murs psychiques, il se sentait nauséeux et instable. Aussi inacceptable et irrationnelle soit la rupture émotionnelle qui le menaçait, il était préférable qu'elle ait lieu dans ses quartiers, et pas ainsi exposé aux regards au milieu d'un couloir. Il se sentait vulnérable comme ça. Il était trop exposé. Il avait besoin de rétablir son contrôle et de la méditation. Son affichage était indigne d'un vulcain et d'un commandant de Starfleet. Mais il ne pouvait pas bouger, il avait froid, ses oreilles bourdonnaient, un fourmillement désagréable courrait dans ses membres et il avait vraisemblablement des difficultés à respirer. Oh, donc, il semblait qu'il était entrain de faire une crise de panique, fascinant…

Il sursauta quand il entendit des pas venir dans le couloir, il se raidit, mais se trouva toujours incapable de bouger. Il sentit la torsion dans son estomac et le besoin pressant de s'enfuir. Il était encore illogique, il était un vulcain, il ne se sentait pas menacé, il n'avait pas peur. Il devait se calmer, il ne pouvait pas se permettre de s'effondrer comme ça, il se demandait s'il devrait se rendre à la baie médicale, il ne voulait certainement pas attirer l'attention du docteur sur sa situation mais il était un officier de Starfleet et il ne pouvait pas geler et avoir une crise de panique au milieu d'un couloir de son vaisseau. Il prit plusieurs inspirations mesurées, méthodiques, afin d'apaiser sa respiration et son rythme cardiaque élevé. Il se força à se déplacer, ses pieds s'arrachèrent du sol, il commença à marcher raidement, ignorant les traces de pas derrière lui, il ne voulait pas perdre son temps à se retourner pour voir qui venait.

Soudain, une poignée forte saisit l'une de ses mains dans son dos et il poussa un cri étouffé de surprise, il était à peine plus fort qu'un soupir. Il fut presque assommé par la ruée des pensées et des images qui courraient à travers le contact de la peau nue, il l'inondait de sensations et de pensées perverses et répugnantes, il avait déjà eu un aperçu sur le pont, mais alors il avait réussi à repousser plus ou moins son assaut et à maintenir ses boucliers. Cette fois il faillit perdre pied, submergé par sa honte et les sentiments de luxures de l'autre, il se raccrochait désespéramment à la conscience et à la réalité. Il devait le repousser, il avait du mal à penser clairement. Il fit volte-face, arrachant la prise sur son bras, il sauta en arrière, chancelant dangereusement sur ses jambes fragiles et l'intrus profita pour le pousser dans le mur, son dos claqua contre la paroi. Il était pris au piège, ses yeux étaient grands ouverts, écarquillés, Armack se tenait à quelques centimètres de lui et il pouvait sentir son souffle fétide brûlant son visage, son torse comprimait sa poitrine, il sentait la bosse dur presser contre son entre-jambe, la nausée s'intensifia et il était à peu près sûr qu'il allait vomir, son cœur battait trop fort et très vite dans son côté, il haletait. L'amiral ne lui laissa pas le temps de reprendre assez ses esprits pour réagir, il laissa tomber sa prise des épaules du vulcain, glissant le long de ses bras, et saisit les mains sensibles de Spock, il caressait et tordait ses phalanges, écrasait ses pouces dans ses paumes, les caresses obscènes envoyaient des éclairs à travers tout le corps de Spock, une chaleur désagréable se concentra dans ses mains, sa tête et son aine, il se sentait brûlant et gelé en même temps, il gémit et commença à trembler violemment, se tordant contre son emprise. Il poussa un grognement faible, brusquement il arracha ses mains et repoussa l'homme, s'échappant du contact.

« Ne me touchez pas ! » Siffla-t-il, il respirait lourdement, il recula dans le couloir. Il se tenait raide et droit, ses bras le long de son corps. L'amiral ricana et prit un pas vers lui, Spock prit deux pas en arrière. « S'il vous plaît, votre comportement est inapproprié, si vous poursuivez à essayer de me toucher je serais dans l'obligation de vous signaler à la sécurité, ainsi que de le notifier dans un rapport à l'intention de Starfleet... » L'homme lui rit au nez, prenant encore un pas en avant, il ferma la distance entre lui et sa cible, Spock se força à rester sur place, ses mains tremblaient et il les cacha dans son dos. Il amena sa bouche près du côté de sa tête, il sentait le souffle chaud s'accrocher à la pointe de son oreille, il frémit tandis qu'il murmura :

« Tu ne diras rien, tu sais que tu ne vaux rien, tu es bon à être soumis, tu n'es rien ni pour ces gens ni pour ton peuple, tu n'es ni un vulcain ni un humain, tu n'es qu'un animal, tu crois que les vulcains voudraient d'une putain dans ton genre ? Tu crois que ton capitaine se souciera ? Il sait qu'il est surveillé et je peux détruire sa carrière si je veux, tu crois qu'il risquerait sa carrière pour défendre une putain de demi-race… J'ai vu comment il te regarde, tu crois qu'il voudra encore de toi s'il sait ce que tu es ? Tu ne diras rien, tu obéiras, et je ne ferais rien, je ne lui ferais pas de mal, ni à toi, tu m'as compris Spock ? » L'homme parla assez bas pour que seul les oreilles vulcaines puissent entendre les mots murmuré avec une douceur venimeuse. Il ne répondit pas. Spock luttait pour rester debout sur ses jambes, ses yeux étaient tombés sur le sol, il recula, l'homme sourit et le frappa dans le dos, il serra un moment son épaule. « Nous pourrons parler du bon vieux temps plus tard, j'ai des choses à faire avec le capitaine. N'oublie pas. » Dit l'amiral en le laissant aller, il recula dans le couloir puis il s'en alla, laissant Spock qui écouta le bruit des pas disparaître dans le couloir. Tout son corps tremblait, il se décala pour s'adosser contre le mur, résistant à l'envie de se recroqueviller par terre, il s'écarta brusquement, résolu, et marcha jusqu'à ses quartiers, une fois dans leur sécurité il verrouilla la porte et s'effondra sur le sol.