Hello everybody !

Petit blabla du début.. Je ne sens pas trop cette partie, j'sais pas, elle me semble un peu fade. En tout cas les faits concernant un incendie dans un bâtiment nucléaire à Los Alamos au Nouveau-Mexique, et bien entendu le tsunami, sont réels. J'ai essayé de faire de mon mieux mais je sais pas, franchement, je la sens pas trop cette partie. Peut-être un peu trop baclée, je sais pas. Pourtant j'vous jure, j'ai essayé de m'appliquer, de prendre mon temps, entre deux cours d'ostéologie bien sûr, … non, entre un cours d'ostéologie et un épisode de HIMYM que j'ai commencé. Je viens de finir la saison 2 et je commence la saison 3, et je suis mégafan. Barney est un dieu avec son « Legen... wait for it, dary ! ». (Oui bon je sais je suis très en retard mais vaut mieux tard que jamais hein !) Ted me tape un peu sur les nerfs parfois avec ses histoires de « L'élue », Lily et Marshall sont hyper choux mais m'écoeurent parfois avec leur couple si … bisounours. Robin est un peu chiante parce que t'as l'impression qu'elle sait jamais ce qu'elle veut. Mais ils sont tous authentiques, et ensemble je les kiffe trop.

Ah aussi, petit conseil cinématographique si en métropole, le film est toujours à l'affiche : Or Noir avec Antonio Banderas, Mark Strong, Freida Pinto, etc. Le gars qui joue Ali, un prince médecin, Riz Ahmed, est tout simplement fantastique, avec un humour de dingue, plus que charmant, enfin bref, je crois que je suis amoureuse d'un personnage de film, ça y est. Et l'intrigue, le décor, et les acteurs, sont géniaux. Je vous le recommande sincèrement.

Bref, après ce blabla, bonne lecture.


Eleusis


Partie II


Mai 2011, Nouveau-Mexique

-Delacour, qu'est ce que c'est que... ça ? S'indigna Stephen en tenant au bout de son bras un soutien-gorge violet affriolant, comme s'il s'agissait d'une bombe qui pouvait éclater à n'importe quel moment.

La jolie blonde éclata de rire devant la gêne toute anglaise de son coéquipier. Depuis qu'il l'avait fait emménager de force dans sa chambre -bien qu'il n'y eut pas d'autre choix- Gabrielle adorait lui jouer quelques petits tours. Et comme tout homme purement britannique, ce genre de plaisanterie l'offusquait.

-Un soutien-gorge, Cornfoot. Ça ne t'est jamais arrivé d'en voir un... ? Demanda Gabrielle, jouant la parfaite petite ingénue, tout en relevant coquettement ses cheveux parfaitement ondulés.

-Delacour, sache que ça sera dans le rapport, trancha d'un ton sec Stephen en fronçant ses sourcils bruns épais, qui lui faisaient ressembler à un aigle.

Avec un sourire malicieux aux lèvres, ne pouvant s'empêcher de le pousser dans ses retranchements, Gabrielle se releva du canapé dans lequel elle était installée et posa un doigt sur le torse de Stephen qui frémit de colère.

-Et qu'est ce que tu vas pouvoir bien dire ? Que ta coéquipière a laissé traîner ses affaires ? Tu n'es pas mon père Cornfoot, si j'ai fait traîner des affaires, ça n'a aucunement besoin de figurer dans le rapport, tu passerais pour un incompétent.

Gabrielle pensait avoir gagné cette bataille, mais Stephen lui attrapa le poignet, laissant son doigt là où il était, et lui offrit un sourire en coin. : « Non, mais je pourrais juste préciser : Refus de collaborer, irrespect des convenances, et autres petits détails qui te feraient passer pour une vulgaire scientifique qui ne cherche qu'à conquérir ses coéquipiers. »

Bien sûr, cela la fit rougir de honte et de colère.

-Ô grand jamais Cornfoot, je n'essaierais de te séduire ! Rentre-toi bien ça dans le crâne, les hommes comme toi ne m'intéressent pas, … ne me méritent tout simplement pas. Ne te crois pas irrésistible, tu n'es qu'une brute anglaise complètement dépourvue de charme et d'intérêt. Je ne sais même pas comment une femme en pleine possession de ses moyens pourrait t'aimer, Cornfoot, tu n'as aucune sensibilité, tu pues l'arrogance et la suffisance, …

-Ne t'inquiètes pas Delacour, l'interrompit Stephen, une autre femme que toi m'a déjà dit tout cela. Voir deux, même peut-être trois. Le problème avec vous les femmes, vous jouez les dures, intrépides, et têtes-brûlées, mais quand un homme, qui vous envoie chier et qui est tout sauf tendre avec vous, vous attire, vous prenez tout... vous encaissez tout et c'est de ce genre d'homme dont vous tombez follement amoureuse, pas d'un niaiso-romantique à la con qui est prêt jusqu'à faire votre ménage et lessive pour que vous lui laissiez un peu de place dans votre vie.

La jolie française haussa un sourcil peu avenant et se racla la gorge. Il n'avait pas tort le bougre, mais elle aurait préféré se couper la langue et l'avaler plutôt que de l'admettre. Deux fois.

-Les femmes n'ont pas toutes les mêmes attentes des hommes, Cornfoot. Apprends-le une fois pour toute.

-Presque toutes, Delacour. Et vous espérez toutes en votre for intérieur enchaîner l'homme le plus viril et macho du monde, être celle qui arrivera à le changer, et cetera et cetera. Je suis persuadé que tu es ce genre de femmes d'ailleurs.

Si les regards pouvaient tuer, alors celui d'un bleu-vert de Gabrielle Delacour aurait décapité Stephen Cornfoot, et aurait coupé le reste son corps en des milliers de morceaux. Et puis, elle les aurait fait cuire pour les donner aux crocodiles qui hantaient à coup sûr les fleuves alentours.

Oh oui, elle aurait adoré ça.

-Va te faire foutre Cornfoot, asséna Gabrielle avant de se dégager de sa poigne et récupérer son soutien-gorge, source de ce débat qu'elle n'aurait jamais voulu avoir avec cet énergumène mal rasé et mal embouché.

Il lui faisait penser à un ours grognon avec sa barbe continuelle de plusieurs jours qu'il se plaisait à laisser pousser pendant une semaine avant de daigner faire un geste. Pas que ça lui donnait une belle gueule d'aventurier viril -elle se serait mille fois étouffée au lieu de l'avouer- mais ça lui faisait penser aussi à une bête sauvage. Trop imprévisible et trop dangereuse, et elle se devait de l'avoir à l'oeil.

-Uniquement si tu viens avec moi, Delacour, se moqua Stephen avant de se retourner.

Mais il se ravisa un instant et avec un sourire insupportable, que Gabrielle rêvait de lui faire avaler, il ajouta : « Au fait, joli soutif. »

En secouant la tête, Gabrielle se sentit blasée. Qu'est ce qu'elle disait ? Trop imprévisible, il passait du pudique et conservateur anglais au charmeur impétueux que rien ne pouvait gêner ou impressionner. Combinaison dangereuse, qui la changeait complètement de ses anciens partenaires anglais qui répondaient parfaitement aux clichés.

Sale bête sauvage.

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Juin 2011, Nouveau-Mexique

Une question avait toujours brûlé les lèvres de Gabrielle et elle n'avait jamais osé la lui poser à voix haute, certaine qu'il l'ignorerait ou qu'il éviterait comme toujours avec brio les questions gênantes auxquelles il ne désirait pas répondre. Mais ce jour-là, alors qu'ils travaillaient tous les deux à chercher des indices de présence magique autour d'une certaine zone, à quelques kilomètres de leur auberge, Gabrielle se sentit poussée par une force inconnue...

Elle voulait savoir. Comprendre peut-être un peu mieux son partenaire et ses humeurs si changeantes.

-Hum Cornfoot ?

-Oui ? Répondit-celui-ci sans relever la tête.

La jolie blonde avala sa salive et se lança, ce n'était pas un simple anglais qui allait l'intimider -non, elle n'était pas raciste, juste rancunière- et elle … ouais, elle cherchait à comprendre. Merde, il savait presque tout sur elle, et après au moins trois mois passés ensemble vingt-quatre heures sur vingt-quatre, elle, elle ne savait pas grand chose sur lui.

Désespérant.

-Je me suis toujours demandée pourquoi tu avais décidé de quitter ton job de Langue-de-Plomb pour venir bosser dans l'archéomagilogie.

Il y eut un silence, puis Stephen releva lentement la tête, les lèvres pincées, le visage revêche. Clairement contrarié par cette question et cherchant visiblement une réponse valable, peut-être pas sincère mais qui lui suffirait. Or, la française voulait la vérité.

-La vérité, s'il vous plaît.

Stephen cilla, et ses yeux gris perdirent un peu de leur couleur orageuse. Un soupir agacé s'échappa de sa gorge en attrapant sa serviette pour essuyer la transpiration qui s'écoulait sur son torse nu et Gabrielle ne put s'empêcher de déglutir. Elle avait l'impression d'atteindre une certaine consécration.

-Mon métier était devenu trop exigeant, j'ai eu quelques problèmes, et... je représentais une sorte de danger pour mon département qui a préféré me réorienter. Ce n'était pas par choix personnel si tu veux tout savoir même si l'archéomagilogie est fascinante. Et il se trouve que je peux également leur servir à distance dans ce domaine.

-Ils t'ont donné comme mission de t'emparer du livre d'Eleusis si nous le trouvons, n'est-ce pas ? Demanda Gabrielle d'une voix blanche, soudain frappée par une révélation désagréable.

Il eut la diligence de ne pas lui mentir, mais n'acquiesça pas non plus. Elle nageait en plein doute, en plein questionnement. Si ce n'était pas par passion, alors qu'est ce qui pouvait pousser Cornfoot à s'accomplir bien et correctement de sa mission ? Une récompense au bout peut-être ? Ou alors y'avait-il une double mission du côté des anglais ?

-Et puis, ne dis pas « si » Delacour. Nous le trouverons, c'est une certitude, d'accord ?

-D'accord Cornfoot, mais sache que je n'oublie pas cette conversation.

Il hocha la tête d'un air entendu, et Gabrielle replongea dans les méandres de sa réflexion. Jamais elle ne laisserait les anglais s'approprier pleinement le livre d'Eleusis si ils en avaient l'intention. Quels sombres desseins pouvaient-ils cacher encore ? Le coup du mage noire, défunt ennemi juré d'Harry Potter, leur avait déjà laissé à tous un goût amer, et le livre d'Eleusis dans de mauvaises mains pouvait faire beaucoup, beaucoup trop de dégâts dans le monde magique.

Oui, beaucoup trop. Presque le détruire. Et ça, elle ne le permettrait pas et ce n'était pas son stupide patriotisme français qui parlait, mais la voix de sa conscience.

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Juin 2011, Nouveau-Mexique

-Un laboratoire a pris feu à Los Alamos, nucléaire qu'ils disent.

-Tant que c'est loin de nous et qu'ils ne font pas évacuer notre zone, ça ne nous concerne pas, répliqua Stephen en mordant à pleines dents dans une tartine de confiture sous les yeux réprobateurs de Gabrielle, qui replia le quotidien moldu consciente que les nouvelles moldues intéressaient peu son partenaire.

-Je pensais que les sorciers avaient pris une plus grande sensibilité aux malheurs des moldus après le tsunami du Japon en mars, fit remarquer Gabrielle.

Elle ne pouvait manquer une occasion de le titiller un peu. C'était plus fort qu'elle, et un sourire en coin naquit sur ses lèvres. La sœur de Fleur se délectait à l'avance de la joute verbale qui allait en découdre. Stephen avait beaucoup d'esprit et de répartie, et elle adorait leurs débats, parfois inutiles et puérils, mais qui pour une raison inconnue, lui plaisaient.

-Dame Nature est incontrôlable, même par les sorciers.

-Ne me dites pas que ce genre de phénomènes ne pouvaient pas être prévenus par les sorciers, … je ne suis pas bien au courant de ce genre de choses dans le Ministère de la magie française mais toi qui travaillait dans le département des Mystères, ose me dire qu'il n'y avait pas certaines combines magiques pour pouvoir prévenir à l'avance ces phénomènes naturels destructeurs. Tu imagines le nombre de vies humaines qu'on pourrait sauver ?

L'air exalté, Gabrielle mordit dans son croissant sous le regard neutre de Stephen. Ce bout de femme l'intriguait particulièrement. Une femme comme elle, avec un physique comme le sien, aurait dû se trouver dans le domaine de la mode, à répandre son charme comme arme fatale, à papillonner des cils, à se repoudrer et remettre un peu de rouges à lèvres carmin toutes les heures.

Mais les clichés étaient dangereux et très peu fiables, du point de vue de Stephen, et Gabrielle Delacour en était la preuve vivante. Elle était magnifique, avait du sang de Vélane dans les veines, et pourtant, au lieu de batifoler ou de ne penser qu'à son apparence -comme son physique aurait pu le suggérer dix fois- elle prenait un grand plaisir à se « vautrer » dans la boue, ne prenait pas garde aux difficultés physiques que lui imposait son métier, ne se plaignait que très rarement, et faisait preuve d'un enthousiasme particulier pour l'archéomagilogie. Et son apparence lui importait peu, il la voyait tous les jours en débardeur et short, les cheveux attachés en un chignon informe ou une queue de cheval haute négligée, sans maquillage.

Et elle était superbe ainsi. Mais sa répartie et son intelligence étaient encore plus séduisantes que ses longues jambes parfaites.

Non, non, il ne fallait pas penser à elle comme ça. Stephen avait déjà fait plusieurs missions avant dans son premier boulot avec des femmes fascinantes sans pour autant y succomber. Alors pourquoi maintenant ? Ce devait être l'effet de la nouveauté. Nouveau job, nouveaux principes ? … Que dalle, il resterait fidèle aux siens jusqu'au bout.

-Nul ne peut contrecarrer le destin, le monde est contrôlé par de grandes forces naturelles qu'un simple sorcier ne peut défier.

-Eleusis le pourrait, chuchota Gabrielle. Eleusis avait le pouvoir sur ça, elle pouvait changer les choses, elle sauvait des vies grâce à ses prémonitions, … elle permettait à la nature et aux hommes de vivre ensemble sans dégâts.

-Ne vois pas ce livre comme une promesse de sécurité pour le monde, bien au contraire, Gabrielle.

C'était la première fois qu'il disait son prénom, et pendant qu'elle s'étranglait avec son bout de croissant, Stephen Cornfoot continua de beurrer tranquillement sa tartine.

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Juillet 2011, Nouveau-Mexique

La blonde observa attentivement son partenaire détailler de ses yeux gris acérés une sorte de gravure qu'ils avaient trouvés en plein cœur d'une minuscule clairière dans une splendide forêt près de la Gila. A l'opposé, vers le sud-est, il semblait à la française qu'elle pouvait apercevoir les dunes de gypses, et Gabrielle ne s'était jamais sentie aussi bien.

-Ce n'est pas la bonne, le Nouveau-Mexique grouille de traces magiques. J'arrive pas à le croire, putain.

Et c'était la première fois que Gabrielle voyait Stephen autant perdre son sang-froid. Après y'avait de quoi, ils pensaient être sur la bonne piste depuis des semaines et avaient commencé à bosser sur le terrain depuis le mois d'avril.

-Je croyais les anglais pourvus d'un flegme impressionnant, fit remarquer Gabrielle pour le dérider un peu.

-Je croyais que les françaises étaient toutes des nymphomanes, mais tu m'as pas encore sauté dessus, répliqua Stephen.

-Bravo pour la généralité Cornfoot, je ne te savais pas aussi étroit d'esprit concernant les femmes françaises.

Outrée, elle était outrée. Et son côté féministe était prêt à la bagarre.

-Tu peux parler, c'est toi qui a commencé sur les anglais, je te ferais remarquer, ajouta Stephen d'un ton blasé, un genou à terre, cherchant encore et encore des indices qui leur permettraient de corriger le tir.

Gabrielle ouvrit la bouche … avant de la refermer et de se sentir complètement stupide. C'était vrai qu'elle avait peut-être dit que les anglais possédaient un flegme impressionnant, mais c'était vrai ! Les françaises nymphomanes n'étaient qu'une rumeur populaire, nuance. Voilà, elle avait raison, point.

Mais il valait mieux qu'elle s'arrête là, sinon il risquait de la confondre, et là, oui , elle se sentirait vraiment stupide -même si il était certain qu'elle s'en sorte brillamment, hein, on était d'accord- et elle détestait se sentir comme ça.

… Sauf que son caractère emporté l'emportât sur la raison.

-Et je te ferais remarquer Cornfoot au passage que les nymphomanes sautent uniquement sur les hommes qui peuvent les combler.

Grognement d'ours mécontent et sourire mi-moqueur, mi-vainqueur de la blonde.

-Tu vas trop loin Delacour ! Enragea Stephen en se levant brusquement, et en plaquant la blonde contre un arbre -pour son malheur, Gabrielle s'était accolée contre un robuste arbre et le regretta amèrement... ah non, si il avait réagi de la même façon, elle aurait peut-être atterri par terre-. Arrête un peu ton char, tu te la ramènes tout le temps, mais qu'est ce que tu cherches à la fin ? T'es vraiment sûre que je ne suis pas capable de te combler, … Gabrielle ?

Mains moites, cœur affolé, ventre noué. Bon d'accord, Gabrielle concédait qu'il lui faisait un peu, just a little bit, de l'effet. Mais la combler, … non fallait pas abuser, jamais.

-Sûre et certaine, répliqua Gabrielle avec toute la verve dont elle était capable, coincée entre un arbre et un mec énervé de la carrure d'un acteur australien moldu qu'elle adorait -et là, aucune autre comparaison ne lui venait à l'esprit- Hugh Jackman.

Fallait-il ajouter qu'il était un ancien Langue-de-Plomb et donc incontestablement très doué en magie ?

Les lèvres de Stephen s'étirèrent en un sourire dangereux, dévoilant des petites canines. « Sale bête sauvage. », il allait avoir sa peau.

-On en reparle dans quelques petites minutes, d'accord ?

Et sur ce, il l'embrassa, mettant à feu ses sens et son sang, rendant ses jambes incapables de la porter -heureusement qu'il tenait ses mains au-dessus de sa tête...-, geste totalement irréfléchi et spontané. Elle l'avait provoqué, avait réveillé la bête et Stephen n'arrivait plus à contrôler ce côté presque animal de sa personne. Et ce fut la plus belle des batailles que mena Gabrielle contre son partenaire anglais, contre et avec.

Mais un éclair de lucidité bref la parcourut, et la belle française revint à la réalité. C'était contraire à toute éthique, ils ne pouvaient pas, ça allait foutre une belle merde si ils allaient plus loin, et en fait... rien que par ce baiser, ils étaient déjà dans la merde.

-Stop, il faut qu'on arrête, put-elle glisser entre deux baisers, d'une voix entrecoupée.

La voix de Gabrielle fit revenir également Stephen à la réalité qui la lâcha et recula, stupéfait de son geste. Horrifié par les conséquences. Affligé de ne pouvoir y donner suite.

Cependant, elle avait raison. Aller plus loin ne ferait que leur nuire, et même si ils ne pouvaient s'empêcher de se chercher continuellement des noises, ils s'entendaient plutôt bien et formaient une bonne équipe. Se laisser déconcentrer par une attirance physique serait une terrible erreur.

-Il ne s'est rien passé Delacour pour le bien de la mission, … mais je tiens à dire que j'en suis tout à fait capable.

Gabrielle s'humecta les lèvres.

-... Je te crois maintenant.

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Août 2011, Nouveau-Mexique

Un sourire victorieux aux lèvres, Gabrielle Delacour se retint de sauter au cou de son partenaire britannique, qui aurait pu prendre ça pour une attaque. Susceptible et grognon comme il était, elle n'allait pas lui donner le moyen de pouvoir lui reprocher encore quelque chose.

-Delacour, … je… on…

-Oui, je sais Cornfoot ! ON L'A TROUVÉ ! S'exclama Gabrielle, folle de joie, couverte de terre de la tête aux pieds.

Stephen Cornfoot paraissait ahuri devant l'immensité de leur trouvaille, un bloc de rocher déguisé, inaperçu dans un morceau de falaise, où des traces de magies étaient plus qu'apparentes, et où le signe d'Eleusis, une grande magicienne, était visible : un E gravé incrusté dans une flamme. Aucun doute n'était encore possible, ce symbole ayant été répertorié comme sa signature, vues dans les rares livres qui parlaient d'elle.

Ils étaient à l'apogée de leur quête et le visage ravi de Gabrielle, son insupportable partenaire française, qui aurait fait perdre la tête de n'importe quel homme depuis longtemps, le faisait sincèrement sourire. On aurait dit une petite fille émerveillée devant une pile de cadeaux sous le sapin pour elle. Mais la petite fille était une magnifique jeune femme pleine de vie et de répondant, ce qui formait un beaucoup plus charmant tableau.

Et ils devaient tout au hasard : c'était après avoir déboulé une pente pleine de terre et de boue après une « violente » dispute qu'ils étaient arrivés devant la falaise, et un instant d'égarement sur le bloc qui s'élevait devant eux leur avait permis de distinguer ce signe béni. Ce signe qui signifiait tout, qui leur donnait une raison de continuer encore à croire au mythe du livre d'Eleusis.

-Je crois que je dois te remercier d'avoir voulu me donner un coup de poing, s'amusa Stephen en farfouillant amicalement dans les cheveux de la plus jeune des Delacour.

Presque paternellement, ce qui fit grimacer Gabrielle.

-Et moi je dois te remercier de m'avoir arrêté de justesse avant de repousser mon bras, répliqua Gabrielle, joueuse.

L'euphorie de leur découverte la rendait presque aimable avec cet arrogant serviteur de la Reine. Mais il fallait surtout qu'ils pensent pratique et pragmatique.

-On reviendra demain, il faut que l'on marque ce lieu, n'oublie pas partenaire qu'il nous faut agir avec la plus grande discrétion, fit remarquer Gabrielle en relaçant ses chaussures.

Stephen hocha la tête et leva sa baguette pour réciter une incantation leur permettant de retrouver plus tard ce lieu béni. Mais son instinct l'alerta, il sentait quelque chose... de mauvaise augure. Quelque chose clochait dans leur environnement, … et il vit.

-Delacour, tu trouves ça normal que personne ne nous ai embêté depuis le début ?

La jolie blonde, toute affairée à s'occuper des repères elle aussi, répondit vaguement que soit on les guettait tranquillement, soit personne n'avait eu vent de la découverte près de la Gila.

-Je crois que la phase espionnage est passée, maintenant place à l'action, répondit l'ancien Serdaigle d'une voix calme.

-Mais pourquoi tu y penses maint... ?

Elle s'arrêta en pleine phrase, stupéfaite par la scène : Stephen la baguette levée, et une dizaine d'hommes en noir à quelques mètres d'eux, les encerclant, sourire mauvais pour certains, ricanements pour d'autres.

-Fais chier, lâcha-t-elle brusquement.

Un des hommes s'avança vers eux, menaçant, leur enjoignant d'une voix morne de lâcher leurs baguettes, qu'il ne servirait à rien de se défendre ou d'essayer de fuir, ils étaient cernés, qu'il fallait qu'ils leur donnent docilement leurs baguettes et qu'ils devraient ensuite les suivre sans faire d'histoires.

-Allez Delacour, c'est le moment de leur obéir.

-Mais non voyons, nous..

-Obéis Delacour ou nous mourrons, la coupa Stephen en lui vrillant le corps.

Ses yeux gris lui promettaient tout, essayaient de lui faire passer un message d'espoir ou quelque chose dans le genre, mais quand Gabrielle laissa tomber sa baguette par terre, la lassitude l'envahit, accompagnée du dégoût. Si prêt du but et voilà où ils en arrivaient. Prisonniers d'un quelconque gang stupide.

Quand un des hommes vint récupérer sa baguette, elle cracha à ses pieds avec une moue mauvaise, furieuse. Le seul résultat de ce geste héroïque fut une gifle qui la laissa pantelante, et à genoux.

-Putain Gabrielle..., entendit-elle dans un murmure qu'elle savait émaner de Stephen.

Et progressivement, le noir l'envahit.

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Août 2011, Nouveau-Mexique

-Je ne trouve strictement rien, ce n'est pas normal ! Éructait un homme assez ventripotent, des mèches brunes collées à son front par la sueur.

Stephen Cornfoot lui lança un regard moqueur. Il avait pris soin avec ses sortilèges de dissimuler exactement ce que le signe gravé à même la roche aurait pu leur faire découvrir, merci à son apprentissage de Langue-de-Plomb qui lui permettait de lancer des sorts que le commun des mortels n'imaginait même pas. Mais ils devaient avoir également de puissants sorciers à sa botte. Ce monsieur Smith. Pathétique petit personnage, animé par de trop puissantes ambitions et visiblement assez riche pour tenter de les réaliser.

-Monsieur Cornfoot, vous nous êtes d'une pauvre aide. Et ce n'est pas faute de vous avoir menacé de toutes les manières possibles.

-Je dirais juste que vous ne trouverez strictement rien, Mr Smith. Ce livre n'a pas envie de se laisser découvrir par un homme tel que vous, avide et égoïste.

Mr Smith claqua de la langue, agacé et fit un geste de la tête à un de ses hommes qui attendait à l'entrée.

-Espèce d'enfoirés ! Hurlait une voix féminine.

Stephen secoua la tête, blasé. C'était la quatrième fois que Mr Smith essayait de faire pression sur lui avec la personne de sa partenaire française, qui se défendait franchement bien sans son aide.

La première fois, elle avait envoyé un de ses garde à terre. La deuxième fois, elle avait réussi à se détacher partiellement de ses liens. La troisième fois, elle avait mémorablement engueulé ce Mr Smith, et la quatrième fois, elle avait pu lancer une magnifique droite à un autre de ces gardes.

Une vraie furie qui aurait fait une parfaite Gryffondor si elle avait été à Poudlard. Courageuse et suicidaire. Pile comme il fallait.


Alors ?