Coucou^^
Voici le deuxième chapitre qui arrive un peu plus tôt que prévu. Logiquement, je n'étais pas chez moi ce weekend mais par un concours de circonstances j'ai pu rentrer plus tôt et poster ce nouveau chapitre.
Je remercie tous ceux qui ont pris le temps d'écrire une review (et à qui j'ai répondu) et tous ceux qui ont mis cette histoire en "follows".
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira et je vous souhaite une bonne lecture.
- Eren! Tu n'as pas encore nettoyé correctement cette tasse!
- Pardon, Rivaille...j'y ferais plus attention la prochaine fois.
- Non mais de qui tu te moques, gamin...
Il s'approche comme un fauve sur sa proie. Je n'ai pas d'autre choix que de reculer près du bar. Tout en ne me laissant aucune échappatoire, il me fixe de ses yeux perçants avant de m'embrasser. Il profite du comptoir derrière moi pour prendre appui pendant que je l'enlace. Sa langue voulant s'aventurer de plus en plus profondément. Je ferme les yeux sans donner signe de résistance. Nos corps s'attirent mutuellement pour une étreinte sensuelle. Il commence à déboutonner ma veste de serveur avant d'arracher d'un coup ma chemise et ma cravate. Je sens ses dents et sa langue joueuse sur ma peau à la place. Une fois de plus, je ne proteste pas savourant les sensations qu'il m'offre.
J'ai l'impression de tout oublier. Chaque contact entre ma peau et la sienne est un électrochoc. Il m'allonge alors sur le comptoir et entreprend de défaire ma ceinture. Je ne me sens pourtant pas encore prêt. J'ai envie que ce moment dure davantage. Il stoppe alors toutes ses caresses pour me regarder.
- Eren...me souffla-t-il...
- Eren! Eren!
- Hein?
Je me réveille et je vois Armin dans ma chambre en train de secouer mon bras. J'ai oublié qu'il nous accompagnerait car son grand-père ne sait pas conduire. Mes parents lui ont donc proposé de venir tôt au matin pour partir ensuite. Il est toujours à l'heure comparé à moi. Si Mikasa ou lui ne me réveillait pas, je continuerais certainement à dormir tranquillement. Je me hisse en dehors des couvertures à contre cœur. J'aime rester encore un peu pour profiter de la chaleur qu'elles gardent. J'aurai aussi aimé pouvoir connaître la suite de mon rêve. Cela fait plusieurs mois que je n'ai pas rêvé de choses si agréables.
Il est temps de monter en voiture pour rejoindre l'église. J'envoie un message à Connie pour savoir qui était déjà là. Marco ne pouvait pas se déplacer à cause de ses blessures. Jean avait voulu décliner l'offre pour rester avec lui mais reçut quelques sermons de sa part pour qu'il accepte d'y aller. Il décida de venir pour Marco et pour honorer la mémoire de nos camarades à sa place aussi.
Nous sortons de la voiture. Le corbillard n'est toujours pas arrivé. Pourtant, quelques personnes se sont déjà attroupées autour de la bâtisse, les autres attendent en discutant près des jardins. J'aperçois hanna complètement effondrée avec quelques larmes sur le visage. Armin s'approcha d'elle pour lui tendre un mouchoir et tenter de la réconforter de la perte de son petit ami, Franz. Reiner est là lui aussi avec Connie et Jean parlant tous les trois du drame. Je m'écarte un peu de leur conversation, je n'ai aucune envie de ressasser ce souvenir. Le groupe de Christa et Ymir vient juste de descendre d'une voiture aussi et me font un bref signe de la tête en guise de salutation.
Mes pas se dirigent vers les jardins. Je tombe nez à nez avec Sasha qui est train de cueillir chaque chose comestible à sa portée. Elle n'hésite pas à s'empiffrer sous le regard de tout le monde mais personne ne réagit car la plupart préfère se laisser morfondre. Il faut dire qu'elle avait de quoi trouver son bonheur dans cette multitude de plantations différentes décorées en leur centre par une petite pièce d'eau. Au coin d'une des allées, j'aperçois quelques cheveux blonds qui dépassent de la haie. J'y cours et je retrouve ainsi Annie. Je ne pensais pas qu'elle viendrait. Elle me sourit légèrement en guise de réponse à mon bonjour. Nous échangeons alors quelques mots avant que Bertholt vienne nous saluer à son tour.
Tout le monde s'avance vers le corbillard lorsque ce dernier arriva. Ils en sortirent trois cercueils. Chacun tente de retenir ses larmes et d'étouffer ses sanglots. Le moment était particulièrement pénible et difficile et d'autant plus vrai pour la famille des défunts. On ne s'attend pas qu'une fête prenne ce genre de tournure. Après tout, ils n'étaient partis que pour s'amuser. Des drames ainsi, il en arrive tous les jours. D'ailleurs, ils arrivent brusquement sans crier gare. Nous continuons alors de vivre de toutes nos forces sans imaginer quand sera notre tour. Pour Connie, il dit souvent qu'il ne vaut mieux pas y penser. Il a peut-être raison dans le fond mais une chose est sûre, on ne s'habitue jamais à ce que quelqu'un nous quitte.
Je sens alors une main dans la mienne.
- Tu sais Eren, la vie est cruelle mais à la fois magnifique...
Je regarde Mikasa qui s'est mise à coté de moi. Les doigts de son autre main remettant correctement son écharpe à son cou. Je hoche la tête en signe d'approbation.
Nous entrons alors dans l'église. La cérémonie se passe comme toutes les autres. Nos amis se situaient derrière nous et quelques rangs encore en arrière, notre professeur de sciences accompagnée de ce qui semble être son fiancé. Un grand barbu qui prend les gens de haut un trop de haut à mon goût. Je n'ai toujours pas compris pourquoi il avait ce trip de renifler les gens. Les familles quand à elle, sont de l'autre côté de l'allée centrale. Le bâtiment n'était pas somptueusement décoré mais tout de même spacieux.
Chacun se poste devant les cercueils une dernière fois pour un dernier mot, un dernier hommage après le discours du prêtre. Je n'ai pas grand chose à dire, alors je me rassoies vite. Beaucoup en font de même sauf quelques personnes comme Hanji, Hanna, Jean ou bien encore Annie qui sont restés plus longtemps que les autres. Quelques secondes supplémentaires pour entendre un « pardon » assez discret de la part d'Annie. Je pense que seulement Armin et moi l'avons entendus, nous qui ne sommes pas loin des premiers rangs. La cérémonie s'achève et nous sortons pour nous rendre au cimetière.
Les corps sont enterrés dans le silence le plus total. Après ce dernier rituel, nous nous sommes installés dans un coin pour discuter. Les adultes ont tendance à discuter sans nous intégrer dans leur conversation, nous en avons donc fait de même. Nous formons ainsi un petit groupe constitué de Jean, Connie, Sasha, Christa, Ymir, Armin, Mikasa et moi. Le grand et l'autre baraqué sont déjà partis et nous avons perdu la trace d'Annie. Christa a ramené quelques bouteilles d'eau malgré les protestations d'Ymir. Sasha, quant à elle, cherche encore à manger.
- Arrête de chercher, ici, il y a que des os à ronger...et pas de super fraîcheur en prime...lance Jean.
- Oui tu devrais arrêter...je te paye une glace en rentrant si tu veux, propose Connie.
Elle accepte alors la proposition. Connie la rejoint pour s'asseoir à coté d'elle.
- Et fais gaffe à pas tomber dans un trou...dit Ymir d'un ton sarcastique.
- Hein?
- Ben ouais, en plus de ça comme t'es petit on risque pas de s'en apercevoir...renchérit-elle.
Christa essaye alors de calmer le jeu. Je suis sure qu'elle fait ça pour qu'on arrête de déprimer en pensant un peu à autre chose. C'est bien son genre même si elle revient vite sur sa petite amie. Elle préfère lui faire des câlins sans que Christa ne puisse protester quoique ce soit et sans se gêner d'avoir des personnes tout autour.
Jean, quant à lui, s'était plongé dans l'envoi de sms à Marco. Il nous a fait lire un message qui disait qu'il allait bien. Mikasa me regarde alors et sort un chapeau de son sac pour le mettre sur ma tête sous prétexte que je risque l'insolation. Elle m'énerve à jouer les mères poules avec moi. Tout le monde en rigole surtout qu'elle n'avait pas eu meilleure idée que de prendre celui de pêche de mon père. Je me lève en le balançant sans ménagement par terre et je quitte le groupe. Mon ami décide de me suivre. Il tente de me calmer mais je continue de marcher un peu au hasard entre les allées.
On croise Annie qu'on pensait partie sur le chemin. Elle est devant la tombe encore fraîche de nos amis. Armin souhaite lui parler seul à seul. Je le laisse donc avec elle. Je reste tout de même dans les parages, l'air inquiet. J'ai connu Annie quand j'étais enfant. Je me bagarrais souvent avec les autres gamins du quartier, parfois, je me mesurais à elle aussi. Bien souvent trop forte pour moi malgré sa petite taille. Son père est un ancien combattant de l'armée, il lui a ainsi enseigné différentes techniques au corps à corps dès son plus jeune âge pour pouvoir se défendre. Ils s'étaient récemment installés dans une grande bâtisse délabrée du quartier en ayant pour projet de la retaper à neuf. Des travaux dans la maison avaient été entrepris et je les voyais souvent à l'œuvre. Maintenant, j'ai appris qu'elle vivait en internat pour jeune fille car son père était décédé.
J'entends le ton monter entre eux. La conversation arrive jusqu'à moi malgré la distance. Je la vois partir et mon ami semble déçu. Je m'approche de lui en posant une main sur son épaule.
- J'ai juste l'impression...non oublie...je dois me tromper...
Je ne le questionne pas davantage. Cependant, une chose m'interpelle. Armin tape très souvent dans le mile. En général, les choses auxquelles il pense s'avèrent justes.
Avant de rejoindre le reste de ma famille, je demande à ce qu'on me laisse faire un détour. Armin ne conteste pas et je le remercie. Je suis sur d'avoir vu sa silhouette. Je prends le tournant qui me mène sur une nouvelle allée. Je le vois debout devant une tombe. Il se rend compte de ma présence et me demande ce que je fabrique dans ce cimetière. Je lui raconte la triste histoire tout en affichant un air désolé. Il me répond par une attitude similaire avant de s'accroupir devant une tombe pour remettre une fleur dans son vase.
« Erd Gin » né en 1988 et mort en 2013.
Il remet en place un vase de roses légèrement déplacé de son endroit initial. Elles sont encore fraîches et je devine que quelqu'un les as mises il n'y a pas si longtemps.
- Sa fiancée vient encore lui apporter des fleurs toutes les semaines, me confie-t-il.
Je le regarde en silence. On passe à une autre tombe, celle d'une fille où j'apprends que c'est son père qui vient encore se recueillir. Une troisième avec plein de bouquets de fleur tout autour. J'imagine qu'il doit avoir une famille plutôt nombreuse. On finit par une dernière avec le même laps de temps de silence. Je ne l'interromps pas dans ses pensées car c'est plutôt comme s'il m'avait invité à le suivre.
- C'était mes amis. Seulement, je n'ai pas fait le bon choix.
Il me lâche ça ainsi dans le vent, lui? Il me semble tout de même triste. Je sens aussi qu'il culpabilise pour quelque chose mais que cette confidence le soulage d'un poids. Il a beau avoir un mauvais caractère, le fait qu'il s'en veuille, je ne le supporte pas. Il est quelqu'un de bien pour moi malgré le peu de temps passé ensemble. On peut même dire qu'on ne se connaît pas vraiment au final.
Je me mets à ses cotés et je m'incline un peu devant la tombe.
- Je vous promets à tous de bien m'occuper de lui.
Je l'ai fait sans trop réfléchir et la réponse fut cinglante.
- Qu'est-ce que tu racontes encore comme connerie, gamin?
Un coup de pieds au derrière suivit ses paroles. Je perds l'équilibre et je me mange la bordure en ciment d'une des tombes. Je frotte ma joue meurtrie. Il m'observe de toute sa hauteur sans même m'aider à me relever. Au contraire, il s'en va. J'aperçois alors qu'un bout de papier tombe de sa poche. Je le ramasse et je cours après lui pour le lui rendre. Il le regarde d'un air dégoûté car un bout avait pris un peu de terre. Je l'essuie donc avant de le lui tendre à nouveau. Il me fixe toujours sans le prendre gardant ses mains dans ses poches.
- Garde-la morveux...je n'en ai plus besoin de toute façon.
Je me permets alors de l'ouvrir et je découvre qu'il s'agit d'une partition. Il n'y a aucun titre dessus mais comme je ne sais pas la lire j'ignore si c'est une composition originale ou non. Je la replie avant de la ranger dans ma veste. Il s'en va cette fois-ci pour de bon.
Je rejoins Mikasa et mes parents pour rentrer à la maison. Je profite d'être revenu plus tôt pour prendre un bon bain. Une activité interrompue par l'appel de ma mère qui me demande de descendre. J'enfile une serviette en vitesse. Jean est en train de m'attendre sur le pas de la porte.
- Dépêche-toi de t'habiller, on a du pain sur la planche!
Je le regarde surpris. J'ignore totalement ce qu'il me veut.
- De quoi tu parles?
- On sort pour chercher des indices sur...
Je l'empêche d'en dire davantage en plaquant ma main sur sa bouche. Ma mère qui est au fond du salon nous fixe déjà d'un air sévère.
- Eren, de quels indices ton ami...
Il parlait des exercices de biologie donnés par madame Hanji. Tu le connais, il faut toujours qu'il s'y prenne à la dernière minute pour faire ses devoirs de vacances. Comme Marco n'est pas en état de les faire avec lui, il vient demander de l'aide.
- Tu me paieras ça Eren...me chuchote-t-il.
Je me retourne pour lui faire comprendre qu'il doit se taire et me laisser faire. Il se soumet sans me contredire pour une fois. Je dis à ma mère que nous n'en avons pas pour longtemps. Je l'invite à me suivre jusqu'à ma chambre avec Mikasa sur les talons. Elle a jugé bon de venir savoir de quoi il en retournait. J'ai juste la crainte que si cela va trop loin qu'elle raconte tout aux parents mais je préfère tout de même l'avoir près de nous que pas du tout.
Je referme la porte et Jean reprend son discours. Il nous explique qu'un petit groupe d'entre nous se chargerai de revenir sur le lieu de l'incendie pour tenter d'y trouver de nouvelles pistes. Elles pourraient nous ouvrir de nouveaux horizons pour expliquer le drame. Il serait constitué de Connie, Sasha, Armin, Mikasa, lui et moi. J'accepte mais Mikasa refuse. Elle nous en dissuade en nous disant qu'on n'entreprend pas ce genre de choses sur un coup de tête. J'admets qu'elle a raison. Nous ne ferions qu'inquiéter nos parents. Elle ajoute qu'il serait difficile de trouver quelque chose dans la pénombre et que nous passerions pour des vandales. Nous créerions ainsi plus de problèmes que de solutions. Jean est convaincu par ces paroles et abandonne le projet. Il nous rassure sur l'état de Marco avant de partir. Ce dernier se portait de mieux en mieux. Nous lui sourions en retour heureux d'apprendre cette nouvelle. Il s'en alla aussitôt après.
Le lendemain, nous sommes tous les trois assignés au service. Une saute d'humeur a dû prendre Pixis en se levant. Je ne vois pas d'autres explications. Il voulait qu'on le laisse se charger des boissons et des petits gâteaux. Je jette un rapide coup d'œil sur l'horloge. Nous sommes en début de matinée. J'attends Rivaille avec impatience. La valse des clients ne suffit pas à le faire disparaître de mes pensées même pour quelques heures.
Un homme pousse la porte d'entrée et mon souhait se voit exaucer. Il était toujours aussi soigneusement habillé avec sa veste noire et son regard quelque peu blasé. J'ai appris à reconnaître quelques unes de ses émotions. Il peut se montrer heureux malgré qu'il ne sourie presque pas. J'aimerai passer plus de moments ainsi et voir un air satisfait sur son visage tout simplement. Je précise à Pixis de préparer son thé avec attention. Le vieil homme me fait un clin d'œil en guise d'accord. Il semble avoir compris ce qui me travaille et tente de m'encourager à sa façon.
Je me lance pour lui apporter sa tasse. Je la dépose délicatement mais Mikasa arrive derrière pour la retirer aussitôt. Elle s'excuse en prétextant que cette tasse possède un défaut. Je ne la crois pas évidemment car je la lave tous les jours. Si elle présentait la moindre petite faille, je l'aurai remarqué. Elle n'a pas dû digérer le moment intime que nous avons eu tous les deux l'autre fois. Elle s'en va en chercher une autre et de servir un nouveau thé. La tasse fut posée plus violemment, d'un coup sec. Rivaille observe l'objet sans même sourciller. Il en boit quelques gorgées avant de me fixer tout en m'invitant à m'asseoir en face de lui. Il s'attend à ce que je lui demande quelque chose.
- Excusez-moi mais pour l'autre jour, j'y ai repensé et en fait...
- Accouche gamin!
- Voudriez-vous bien m'apprendre à jouer du piano?
Je l'ai dit d'une traite. Je peux lire sur son visage qu'il est stupéfait. Je le suis tout autant pour avoir oser le demander. Il ne répond pas. Un silence pesant s'installe. Je vois Mikasa du coin de l'œil en train de rager intérieurement. J'attends de lui un signe, un geste même le plus petit qu'il puisse exister mais rien. Une sorte de vide nous sépare.
La porte s'ouvre sur Erwin. Il est venu chercher Rivaille pour l'accompagner jusque chez lui. Ce dernier remet sa veste noire sans un bruit comme à son habitude.
- Je reviendrai, lança-t-il sans se retourner.
Je prends ces deux mots pour un oui.
Reiner et Bertholt sont revenus. Le blond bien baraqué s'était encore fait jeter par les filles et il me raconte toutes ses mésaventures pour ne pas changer. Il s'arrête quand il remarque qu'un autre élément avait mon attention. Madame Hanji était à l'entrée tout sourire accompagnée d'un grand homme aux cheveux cendrés. Nous l'avions vu à l'enterrement et il a été présenté comme son fiancé. Nous avons appris seulement après que son prénom est Mike.
Il s'avance vers moi pour me renifler une fois encore. Je recule et s'attaque ensuite à Mikasa puis Armin. Hanji explique qu'il est enquêteur au sein de la police et que c'était l'un de ses tics. Il est chargé de s'occuper de cette mystérieuse affaire d'incendies. Je prends place au comptoir pour entendre ce qu'il a à nous dire. C'est tout le contraire qu'il se produit. Il commence à nous poser différentes questions sur le sujet en précisant qu'il avait préféré attendre quelques jours pour en discuter à froid avec nous sur la situation. Il nous interroge chacun à notre tour. Nous lui donnons notre version des faits qu'il inscrit dans un petit carnet. Il ajouta qu'il était déjà passé chez Jean pour prendre également son témoignage. Marco étant encore convalescent, il passera chez lui plus tard.
Je me dis que cette façon de procéder est la bonne. Malgré que nous en étions encore tous affectés d'une façon ou d'une autre, le plus gros était passé. Jean était déjà mort d'inquiétude pour son petit-ami même après son réveil et il aurait été mal venu de commencer un interrogatoire dans cette situation. J'ai encore le souvenir de les voir s'embrasser dans la chambre peu lorsque nous sommes passés rendre visite la dernière fois. Je les observais par la fente de la porte n'ayant pas le courage de les déranger. J'attendais qu'ils finissent pour pouvoir entrer. Marco rougissait sous les caresses de peur qu'une infirmière les surprennent à cet instant. Je les ai trouvés touchant même si Marco est trop bien pour l'autre abruti.
Cela me fait penser à Rivaille. J'ai ce genre d'envie quand il est près de moi. J'ai envie de lui faire oublier ce qu'il a vécu, atténuer cette tristesse qu'il garde en lui. Je la sens, il n'y a des choses qui ne trompent pas.
Reiner me coupe dans mes pensées en me saluant une dernière fois. Mike qui s'était mis au fond du café commence à ranger ses affaires. Il a fini son rapport et rentre avec sa fiancée. Cette dernière n'a pas arrêté de nous parler des toutes les expériences scientifiques récemment faites. Le seul résultat notable étant qu'elle a réussit à faire fuir le peu de clients qu'il restait.
Je prends l'initiative de ranger les meubles et d'y passer un coup de plumeau. Mikasa m'aide à tout déplacer. Je m'occupe de l'arrière boutique éternellement en désordre. Les chats du quartier s'amusent à déchirer les sacs poubelle. Quelques détritus jonchent la ruelle comme à l'accoutumée. Je me mets à les ramasser avant de regarder en direction de l'immeuble en face. Rivaille est à son balcon, assis dans un petit fauteuil à lire un livre, son chat sur les genoux. Il appréciait les douces caresses de son maître sur son dos tandis que ce dernier restait plongé dans sa lecture. Je m'imagine venir près de lui. Il relèverai alors la tête pour que je puisse l'embrasser.
C'est là que je remarque qu'Erwin sort du bâtiment. Mon cœur se serre étrangement avant que quelqu'un me donne un coup sur la tête.
- Eren, tu ne devrais pas t'attacher à ce nain.
- C'est bon Mikasa, je sais ce que je fais...
- Non, tu ne sais pas. Tu laisses trop facilement tes émotions te contrôler.
- Arrête un peu avec ça, j'ai passé l'âge d'avoir une nounou.
Je mets fin à la discussion en allant chercher le vélo.
POV Mike
Tap...tap...tap...
- Tu reprends un de mes tics?
- Erwin...
- Comme d'habitude Mike, tu n'as pas besoin de te retourner pour savoir qui est là.
En effet, c'est souvent le cas. Cela fait maintenant plusieurs heures que je suis dans mon bureau au commissariat. Je recherche des indices sur cette affaire d'incendie à partir de témoignages. Je suis allé sur le terrain avec une équipe mais nous n'avons rien trouvé de concluant. Je réfléchis aux éléments que je pourrais rattacher entre eux mais là aussi je ne vois rien qui puisse nous aider.
Tap...tap...tap...
Erwin me fait remarquer que je viens encore une fois de taper ma feuille avec la mine de mon crayon. Lui aussi est du genre à s'attarder sur les détails. Je lui demande d'ailleurs ce qui l'amène. Il me tend alors un dossier. Il me dit que ce n'est pas en relation direct avec notre affaire mais que cela restait malgré tout suspect à ses yeux. Je feuillette un peu pour m'apercevoir qu'il s'agit d'un dossier médical. Celui de plusieurs personnes. Il ajoute que ces fiches ont sûrement été falsifiées pour une raison mais qu'il ignore laquelle. Je scrute alors chaque feuille plus attentivement. Il me semble que tout est en règle à première vue. Je connais Erwin et je pense qu'il me cache quelque chose. Je vais devoir enquêter pour obtenir le fin mot de l'histoire.
Je referme le tout avant de le déposer dans un tiroir. Je m'en occuperai plus tard. On discute un peu pendant que je prends ma pause. Il me parle notamment de l'état de Rivaille. Selon ses dires, il irait mieux depuis qu'il fréquente ce café. Cela me rappelle que je n'ai toujours pas vérifié les antécédents du gérant même si à priori il ne semble pas être concerné de près ou de loin à l'affaire. Je relis une dernière fois mon calepin mais sans succès.
Erwin est toujours assis en face de moi à boire une tasse de café. On échange nos idées pour tenter d'aboutir à quelque chose de plus concret. On revérifie l'emplacement des incendies, feuilletons les dossiers de chaque protagoniste, relisons minutieusement chaque témoignage. Quelques pistes sont dégagées grâce à son aide. J'irai les vérifier dès qu'un moment me le permettra. Ses conclusions sont souvent plus poussées que les miennes. Je ne comprends toujours pas pourquoi il a préféré s'engager chez les hommes du feu plutôt que chez nous. Il m'avait un jour répondu que dans la police, nous ne sommes pas toujours appelé sur le moment où se produisent les faits. C'est une vision comme une autre.
Il décide de partir. Je le salue brièvement avant de retourner à mon travail. Je n'ai que quelques minutes pour m'y replonger que je sens un poids contre mon dos.
- Alors mon chéri, on bosse tellement qu'on a même plus le temps de rentrer à la maison?
J'étais tellement absorbé par mon boulot que je n'ai pas vu le temps passer. L'horloge sur mon bureau affichait déjà une heure tardive. Elle m'enlace un peu plus fort en posant sa joue sur ma tête. Elle s'écarte un peu pour que je puisse l'admirer. Elle m'embrasse alors tendrement ce qui est plutôt rare. Elle est du genre fougueuse en général. J'ouvre mon tiroir pour sortir quelques objets personnels et le dossier par la même occasion. Elle le repère sur le bureau et le prend. Elle jette un œil avant de déclarer qu'elle se renseignerait sur ces cas. Je me retourne quelque peu étonné.
Apparemment, quelque chose la chiffonne et elle aimerait vérifier si ses doutes se confirment. Je lui laisse donc les fiches médicales. Elle me tire ensuite par le bras pour que je me dépêche de prendre mes affaires pour rentrer. Elle m'emmène de force et j'ai à peine le temps de saluer mes collègues avant de partir. Inversement, elle crie un « au revoir tout le monde » que tout le service a entendu et répondu. J'ai vraiment l'impression que des fois, elle me fait de l'ombre.
POV Eren
Je me déchausse une fois entré. La délicieuse odeur du souper arrive déjà jusqu'à mes narines. Je m'installe dans le canapé en attendant que ma mère nous appelle pour manger. Mon père est de garde aujourd'hui, il devrait revenir tard dans la soirée. Ma mère épluche ses tomates sur le comptoir qui sépare le salon de la salle à manger.
- Eren, tu as l'air contrarié...me confie ma mère.
- Il a demandé à Rivaille de lui apprendre à jouer du piano, répondit Mikasa à ma place.
- Ce nom me dit vaguement quelque chose...dit ma mère, songeuse.
- Si tu t'intéresse à la musique classique, c'est normal...j'ajoute.
- Quoi? Rivaille? L'un des pianistes les plus célèbres du pays?
- Ouais...lâchais-je en rabattant un coussin contre moi.
- Mais...il n'a pas été récemment victime d'un accident de voiture qui lui a coûté sa carrière?
- Les médecins ont dit qu'il ne serait plus aussi performant pas qu'il ne savait plus du tout jouer, lançais-je à ma mère.
Mikasa me regarde l'air énervée avant de se remettre à parler.
- C'est ce que tu as lu dans des magazines, maintenant va savoir la vérité...
- Pour l'avoir entendu jouer, je t'assure qu'il a encore du potentiel.
- Ce n'est pas à toi de juger ce genre de choses...
J'avoue qu'elle marque un point. Je suis très loin d'être un spécialiste en la matière. Sa technique peut me paraître incroyable malgré sa blessure, en vrai, il se pourrait très bien qu'elle soit médiocre. Ma mère s'arrête de préparer le repas. Elle préfère se poster devant moi pour continuer la conversation.
- Pourquoi cette demande, Eren?
- T'en as pas marre qu'on te brise ainsi dès que tu essayes de viser un peu trop haut?
S'il a envie de continuer la musique, ce n'est pas un groupe de personne qui doit l'en empêcher sous prétexte qu'il est devenu moins bon.
- Eren...me souffle-t-elle.
- Je suis sur qu'au fond de lui, il n'a pas renoncé.
Oui, j'en ai la certitude depuis que je l'ai vu donner vie à ce piano. S'il avait vraiment abandonné, il ne se serait pas pris cette peine.
J'allume la télévision pour couper tout contact avec ma famille. J'ai pris ma décision et je n'ai pas envie de me justifier. Je préfère agir que de me perdre dans de beaux discours. Le dialogue n'a jamais été mon fort, c'est plutôt celui d'Armin. D'ailleurs, ce dernier m'a envoyé un message pour voir ce qu'il se passe aux infos. Je change donc de chaîne.
Un nouvel incendie a encore fait des ravages. On décompte plusieurs morts et blessés graves. Il faudrait que la police attrape les enfoirés qui pourrissent ainsi la vie des autres. Ce ne sont plus des hommes à mes yeux. Ils sont bien en dessus de ça.
Un peu comme le voleur qui a tué les parents de Mikasa. Il s'était introduit dans la maison pensant qu'elle était vide. Ce n'était malheureusement pas le cas. Il tira alors sur le père en premier à cause de la surprise. Pris de panique, il avait tenté de s'enfuir mais la mère se trouva elle aussi sur son chemin. Mikasa était restée près de la rambarde d'escalier. Le voleur n'a pas eu le courage de tuer la gamine qui était pourtant le seul témoin pouvant le mettre en danger. C'est justement cette erreur qui le mit par la suite derrière les barreaux. Mon père devait aller chez eux le lendemain. C'est ainsi que les corps ont été découverts. Mikasa n'avait appelé personne ne sachant pas qui pouvait l'aider. Elle était encore sous le choc et pleurait. Nous l'avons donc recueillie peu après chez nous.
Ma mère nous appelle pour passer à table. Le repas se déroule dans un silence pesant. Je monte ensuite dans ma chambre en me plongeant dans mon lit. Je sors mon téléphone de ma poche et je le contemple. J'aimerais posséder son numéro, lui parler tout simplement voire un peu surpris de la voix qu'il pourrait avoir avec cet appareil. J'aimerais être près de lui à le regarder dormir et passer mes doigts dans ses cheveux d'un noir corbeau et peut-être même poser mes lèvres tendrement sur les siennes.
Je ne comprends pas l'inquiétude de Mikasa. Il se donne un air distant voire quelques fois violent mais je sens qu'il n'est pas une mauvaise personne. Je l'admire et même peut-être plus. J'espère que les leçons nous permettront de nous rapprocher et de lui redonner le goût de jouer pour les autres.
Voilà, cela se termine avec moins de suspense que le premier mais j'espère malgré tout vous retrouver pour la suite.
Je sais que certains vont peut-être trouver bizarre le couple avec Mike et Hanji mais je tenais à les mettre ensemble dans cette histoire. Allez savoir pourquoi. Pour le "tic" d'Erwin, c'est un truc que j'ai remarqué dans l'épisode 15 lorsqu'il parle avec Mike, il tape de son crayon en réfléchissant. Du coup, je l'ai mis à Mike aussi. C'était la petite anecdote^^
Le prochain chapitre devrait être poster ce mercredi au soir. Je vous dis donc à bientôt et n'hésitez pas à laisser une review!
