Bonsoir ! Un nouveau chapitre mais d'un autre point de vue ! Merci pour les rewiews, les follows et les favs, c'est super sympa !
Disclaimer: PJO ET HDO appartiennent à Rick Riordan.
Je me réveillai. Un affreux mal de crâne à la tête, souvenir de ma dernière dispute avec Annabeth. Les choses allaient plutôt mal en ce moment. Elle continuait de tout me reprocher, et j'avais craqué. On s'était disputés. Encore. Comme à chaque fois qu'on se voyait. J'avais même pensé à rompre, mais j'avais renoncé en me disant que ça allait s'arranger. Ça ne s'était pas arrangé.
Ma tête me fit plus mal, je commençais à voir flou. Je devais arrêter d'y penser, je ne faisais que remuer le couteau dans la plaie. Déjà si profonde.
Je me levai. Entrai dans la salle de bain. Je passai devant le miroir. Simulai un sourire. Raté, bien sûr, vu les poches que j'avais sous les yeux, et mon teint, presque aussi pâle que celui d'un mort.
C'était comme si je mourrai petit à petit.
J'enfilai un tee-shirt turquoise sur mon blue jean en entrant dans la cuisine. Le grésillement des œufs sur la poêle résonnait dans la pièce. Maman était encore partie en laissant le gaz allumé. Je l'éteignis. La lumière entrait à flot par les fenêtres. Une belle journée à prévoir. Je pourrais en profiter pour me changer les idées. Je petit-déjeunai rapidement. Je filai dans la salle de bain, créai un arc-en-ciel. Je tâtai les poches de mes jeans, et sortis quatre drachmes, une pour chaque garçon : Jason, Léo, Frank et Nico. Je commençai par Léo. Il était couvert de crasse et eut à peine le temps de me répondre entre deux explosions. Il avait l'air de ne pas avoir dormi de la nuit. Ensuite, Frank. Sa voix était traînante et ses yeux mi-clos. Il me répondit la tête sous l'oreiller. Jason transpirait comme s'il sortait de l'entraînement. Il prit son temps pour répondre, comme d'habitude. Mais de tous les appels, celui avec Nico fut le plus bizarre. Il était la tête à l'envers, sur son sofa, et commença à rouler dessus en bougeant de tous les côtés et se retrouva devant moi. Il portait un léger débardeur noir, qui sculptait son torse et mettait en avant la musculature de ses bras. Il avait un élastique à cheveux dans les mains. C'était ce qu'il était entrain de retirer, alors. Dommage, j'aurais préféré le voir les cheveux attachés. Ça devrait plutôt bien lui aller. Je me rendis compte que je le regardais depuis bien trop longtemps mais ne laissai rien paraître. Cependant, ces pensées me troublèrent. Je lui demandai si il avait quelque chose de prévu aujourd'hui. Il prit cette mine renfrognée qu'il avait quand il réfléchissait. Sa bouche se tordait en une petite moue et ses yeux noir onyx se perdaient dans le vide. Je souris malgré moi. Cet air lui allait bien. Il avait l'air moins renfermé, plus mignon. Je débitai rapidement le lieu de rendez-vous sans même entendre sa réponse et coupai précipitamment la conversation. Je voyais mon reflet dans le miroir. Rouge Pivoine.
Les rues étaient pleines et il était dur de se frayer un chemin dans la foule. Plusieurs groupes de touristes prenaient des photos de tout ce qu'ils voyaient, des petites boutiques de souvenirs au immenses buildings. Je remarquai une silhouette menue, à la chevelure brune, tentant de se dépêtrer de la foule. Je me dépêchai (autant que je pus) de la rattraper et agrippai son bras. Nico se retourna, me jetant un regard effrayant. Puis ses yeux s'écarquillèrent et il se dégagea. Il se mit à fixer ses chaussures, ses oreilles avaient une teint rosée. Je me rapprochai et lui soufflai:
"Salut.
-Euh, ouais...Salut."
Il n'avait pas l'air bien. Spontanément, je posai la main sur son épaule. Il m'inquiétait. Il était plus pâle que d'habitude et portait du blanc. Pas très habituel chez lui.
"Je n'aime pas qu'on me touche."
J'eus un pincement au cœur sans en comprendre la raison. Peut-être était-ce parce que je n'étais pas habitué à ce qu'on refuse mon aide. J'avais tout essayé avec lui. Il se renfermait à chaque fois un peu plus. J'avais une sensation étrange dans la poitrine. Ça faisait mal.
Je m'écartai de lui, et avançai vers les autres.
"Vous êtes prêts ? Allons-y."
Mon ton était un peu froid, mais les autres ne semblèrent pas s'en rendre compte. Sur le chemin, je n'écoutais la discussion de Léo et de Frank que d'une oreille, trop préoccupé par mes pensées de ce matin. J'étais confus. Mais en même temps, c'était comme si c'étaient des paroles anodines. Non. Je les avaient ressenties dans tout mon corps, jusque dans mon cœur. Comme un doux frisson.
"Et vous, vous en pensez qu-... Par Héphaistos, ne me dites pas que le grand Nico di Angelo, fils d'Hades, est rouge comme une tomate !"
Attendez, quoi ? Je me retournais vivement pour faire face à un Nico rouge pivoine. Ses mèches recouvraient ses yeux d'obsidienne mais la couleur écarlate de ses oreilles était encore visible. Il tentait vainement de cacher ses joues avec le dos de sa main.
"C'est la chaleur", débita-t-il.
Je me tournai vers Jason, ancrant mes pupilles dans les siennes.
"Qu'est-ce que tu lui as fait, Jason ?, dis-je, d'un ton très légèrement anxieux, qui me surprit tout de même.
-Rien, j't'assure", répondit-il.
Je me tournai vers Nico.
"Nico, ça va ?"
Il se tendit, et je crus voir la rougeur de ses oreilles s'accentuer.
"Fais chier. J'me casse."
Il se retourna et commença à partir. Je voulus attraper son poignet, mais me retins.
"Attends, Nico, tu-"
Il était déjà trop loin.
"...Merde."
Je me tournai vers les autres. Frank et Léo avaient la bouche pendante et Jason semblait inquiet.
"Prenez la deuxième rue à gauche, jusqu'à un vieux cinéma demandez la salle numéro 87, j'arrive."
Et je me mis à courir. Je ne voyais pas très bien où j'allais, mais je m'en fichais. Je voulais juste le retrouver. Je le recherchai pendant des heures, mon cœur battant de plus en plus fort. Et si...?
Cette zone était l'une des plus dangereuse de Manhattan. Les monstres y pullulaient. Il y en avait de toutes sortes, des harpies, des empousai et même des gorgones.
Je tournai à droite. Si Nico... Si il mourrait, je l'aurai sur la conscience jusqu'à la fin de mes jours. Comme Bianca. J'arrivai à un rond point. Continuai tout droit. Il pouvait se défendre seul. Mais sans aucune arme... J'accélérai. Mes pieds me faisaient mal. Je pris à gauche, mon sang ne fit qu'un tour. Je ne contrôlais plus mes mouvements. Mes pieds martelèrent le sol avec fureur tandis que je fendis les trois harpies avec Turbulence. Elles se réduisirent en tas de poussière en hurlements de fureur. Je repris mon souffle. Je ne m'étais pas rendu compte que j'avais arrêté de respirer dès que j'étais entré dans le minuscule cul-de-sac. Nico ouvrit lentement les yeux.
"Ça...Est-ce ça va...?, soufflai-je entre deux bouffées d'air.
- Euh...Ouais."
Je sentis son regard sombre sur moi avant qu'il ne détourne la tête. Je me mis à le fixer. Plusieurs minutes passèrent. Il craqua.
"Quoi ?
- C'est juste que je ne m'étais pas rendu compte que tu avais autant grandi."
Le petit Nico, celui qui me poursuivait partout, avec des yeux brillants et me prenait pour son héros était parti depuis longtemps maintenant. Il avait été remplacé par cette personne brisée et reconstituée plusieurs fois, sans jamais pouvoir être complète. Il y a des blessures qui ne se referment pas. Il releva les yeux. Je ne pus m'empêcher de me noyer dans ce regard sombre, comme une mer d'encre. Cette fois ci, je ne résistais pas. Une brise passa.
"Je t'aime."
Ses joues s'empourprèrent immédiatement. Il... Il avait dit qu'il m'aimait. Mais pas de l'amour fraternel. Le type d'amour qui nous donne des papillons dans le ventre, nous rend triste et heureux à la fois. Le type d'amour qui fait que l'on braverait la mort pour le protéger. Je le voyais dans ses yeux. Je le regardai. Il était là, devant moi. Ses yeux noirs me fixaient avec appréhension.
Je me l'embrassai.
Ses lèvres étaient douces et fraîche. Il resta dubitatif quelques secondes puis répondit à mon baiser. Puis, peu à peu, le contact s'estompa. J'ouvris les yeux. Quelques volutes de fumée noire volaient devant moi. Il faisait nuit.
