Si vous êtes là, c'est que le premier chapitre vous a plu ou que vous êtes curieux, et j'en suis ravi. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, bonne lecture.
CHAPITRE 2 : L'avenir est devant nous...
PDV Annabeth
Je hais les punitions du camp, c'est officiel.
Je ne vais pas trop m'attarder dessus, ce n'est pas important, sachez juste que la pire torture parmi celles des mortels sont de simples blagues à côté de ce supplice.
Pourtant, s'il y a bien une chose que je hais plus que ça….ce sont mes rêves, aussi beaux soient-ils.
J'étais sous l'eau, mon élément favori. Sous l'eau cristalline j'arrivais à distinguer le soleil, régnant en Dieu sur le ciel démuni de nuages, quelques formes humaines semblaient s'esquisser au-dessus de la surface.
Je commençais à manquer d'air, mais je me sentais bien, je savais qu'il était là, pas très loin, et qu'il souriait.
Soudainement, mes poumons s'emplirent enfin d'air pur, un air marin savoureux. Je repris ma respiration, et me tournai. Oui j'étais en train de rêver, je rêvais de la plus belle journée de ma vie.
Nous étions le 18 Août de l'an passé.
Le jour où nous avions sauvé l'Olympe, les seize ans de Percy, et le plus beau cadeau d'anniversaire que j'ai pu lui offrir.
-Cervelle d'Algues...
-Oui ? me répondit-il avec son fameux sourire idiot.
-Tu veux faire quoi maintenant ? demandai-je en ajoutant une pointe de malice et de complicité dans la voix.
-Je ne sais pas trop...je suis sous l'eau, avec une fille d'Athéna plutôt canon qui viens juste de m'offrir le meilleur cadeau d'anniversaire de tous les temps, seuls...on se bat ?
Nous rîmes tous les deux en chœur, après la bataille, il nous fallait ce moment-là, rien que nous deux, mais évidemment, Percy ne faisait pas comme d'habitude.
-Je suppose qu'on peut refaire ce que nous faisions à la surface.
Il me prit au niveau du bassin, se rapprocha de moi et me susurra à l'oreille avant de m'embrasser :
-L'avenir est devant nous, maintenant.
La voix semblait pourtant...étrange, elle résonnait dans ma tête en écho, comme si l'eau n'approuvait pas ses paroles, qu'elle savait qu'Aphrodite ou les Parques voulaient encore jouer un peu avec nous.
Le décor changea.
Cette fois, Percy ressemblait plus à l'actuel : grandi (il me dépasse en taille maintenant !), plus musclé, un peu plus bronzé.
Nous étions le 2 Août dernier, le lendemain de la fête de Spes, Gaïa venait de retourner dans un profond sommeil sont elle ne se réveillera jamais.
Nous étions face-à-face, il venait de dire, de cracher de magnifiques mots -venant de sa part.
Lui qui maniait habituellement mal les mots venait de me faire la plus belle proposition qu'il soit.
"Enfin, après 6 ans, après tant d'épreuves, après avoir perdu tant de sang,
C'est terminé, maintenant.
Depuis tout ce temps, on a échappé à deux guerres, au Tartare, et la Terre-Mère.
Tu te rappelles de ma proposition, à bord de l'Argo II ?
Tu te souviens de ma promesse alors que nous étions sur le point de tomber dans le Tartare ?
Tu te souviens de ce que je t'avais insufflé, comme espoir pour toi et pour nous ?
Jamais, au grand jamais, je n'ai dit ces paroles en l'air, je hais les transports aériens.
Je ne te promettrai jamais quelque chose sans tenir cette promesse.
C'est la seconde fois que nous sommes des survivants de la guerre, des Héros comme on dit.
Tu te rappelles de tous ces films où le gars qui survit à l'horreur des Guerres des mortels se reconstruit ?
Je veux faire la même chose avec toi.
Tu sais, quand je disais que je ne voyais pas mon futur sans toi, c'est que je n'arrive pas à me défaire de mon futur avec toi.
La vie parfaite, imagine : aucun monstre à combattre pour assurer notre survie.
Pas d'inquiétude de savoir où on va, qui on rencontrera.
Notre vie, ensemble, à deux, ou à trois si l'envie t'en prends.
Je vois peut-être un peu trop loin pour toi, ou peut-être que..."
Percy ne put terminer sa phrase, ses lèvres prises subitement dans les miennes, j'étais soulagée et heureuse comme personne n'aurait pu l'être. Toujours enlacée dans les bras de mon amour improbable, je réussis à dire, sur le ton à la fois le plus doux et le plus piquant possible en souriant :
-Tu sais, tu n'avais pas besoin de compliquer ta demande, tu pouvais me poser la question simplement.
-Aphrodite a déjà bien compliqué notre relation, ce n'est pas ma demande qui va changer grand-chose.
-Idiot.
-Je ne serais pas Percy Jackson si je ne l'étais pas.
-Je n'imagine pas pour la demande de mariage...dit-je avec un clin d'œil.
-Le bouquet final ? répondit-il le plus innocemment possible.
Il reçut une petite claque sur l'arrière du crâne de ma part en riant.
-Alors...tu voudrais bien étudier avec moi à la Nouvelle-Rome ?
Et, en volant un ultime baiser rapide à sa Cervelle d'Algues, son Puits de Sagesse répondit, simplement :
-L'avenir est devant nous, maintenant.
Un "OUAIS D'ENFER !" retentit dans tout le camp.
L'avenir est devant nous.
Deuxième fois que cette phrase me secouait la tête, l'écho était plus fort que le précédent, il me frappait de coup de poignard, des éclairs dans mon cerveau.
Et la scène changea quand Nico arriva.
Le noir, le froid et la Mort semblaient avoir soudainement prit le contrôle de mon esprit, ils voulaient m'emporter et personne ne pouvait me sauver de ce monde pessimiste et accablant, horrible et cruel, sans pitié pour les innocents comme pour les coupables.
C'est ainsi que le monde a été construit, c'est le monde dans lequel je vis.
Je me sentais faible, ridiculement faible, je n'avais aucune chance de sortir de ce monde et de ce malheur, sans place à un futur propice à la paix et au changement. J'avais terriblement peur de ce qu'il pouvait m'arriver, de ce que je pouvais voir, de ce que je pouvais entendre. Je ne savais absolument pas où j'étais, mes repères s'étaient égarés dans ce désert de froid, dans cette tempête de vide.
Enfin, ce noir oppressant s'estompa, laissant place au...noir de la nuit, au milieu de New-York, éteinte.
ÉTEINTE ? Oui, il n'y avait personne dans les rues de la ville, aucune voiture ne circulait, aucun habitant ou touriste ne foulait le sol, aucun bruit, même l'Empire State Building semblait mort, L'Olympe semblait ne plus vivre, comme si les dieux ont été tués.
Autre chose me troublait...je ne me sentais pas présente. Je n'étais qu'un témoin de cette saugrenue scène, qu'une personne tenant la caméra et qui n'intervenait pas.
Je n'étais qu'une forme spectrale, pas comme un fantôme, plutôt comme une âme en peine, cherchant un lieu où capter ses souvenirs...les pires souvenirs de sa vie.
Une série d'images subliminales apparaissaient à une vitesse épileptique devant moi, me valdinguant entre plusieurs scènes, plusieurs éléments qui me faisaient mal, littéralement.
Ma tête tournait, fatiguée par le manège macabre qui se tenait devant mes yeux : une épée, du sang coulant, trois enfants courants, un horrible sourire satisfait, un regard désespéré, une fille pleurant, une falaise, du feu, une explosion terrible.
Sacrifices, de merveilleux sacrifices
La voix d'Arachné grouillant dans mon cerveau, mon rêve était devenu une sorte de galeries d'images kaléidoscopiques horrifiques : mes pires souvenirs se déroulaient devant mes yeux et s'attardaient dès que j'en reconnaissait un.
Je voyais Thalia courir avec Luke et moi, j'avais sept ans, ce fut la longue période de ma fugue, de mon arrivée à la colonie, je voyais Thalia mourir sous mes yeux.
Je voyais ma belle-mère me criant dessus et m'insultant.
Je voyais l'explosion du Mont Saint-Helens, où j'ai cru le perdre.
Je reparlais avec ma mère, ce jour horrible où elle était sur le point de me renier.
Je rechutais et revivais dans le Tartare.
"Je n'en ai rien à faire de ton..."
Son nom se perdait dans mon esprit, mes dieux !
"L'avenir est devant nous, maintenant" ? retentissait sa voix qui avait pris un ton horrible, grave, sifflant. Mes sensations s'emmêlèrent, des centaines d'araignées semblaient remonter le long de mes jambes, de mon dos, de ma bouche.
J'étais réduit à une boule de néant, sans la moindre raison de vivre, j'avais vécu trop de malheurs, je devais mourir, étouffée par la chaleur et la peur qui me manipulaient, par ma solitude et mon désespoir, par le poison qui semblait enduire mon corps.
L'ultime scène apparu devant moi, j'étais de nouveau intégrante des évènements...et ma douloureuse métaphore se réalisait. J'étais happée, emportée pour de bon par une immense vague de poison, noire et visqueuse à la peau, acide au goût et brûlant ma gorge.
Je vis enfin qui était responsable de mon heureux trépas, je le remerciai de ma mort, à la fois douloureuse et belle, de cette magnifique vague mortelle...
Envoyé par lui.
Envoyée par Percy.
Mon réveil fut rude et pour le moins étrange...
Je ne me trouvais pas dans le bungalow d'Athéna.
D'après ma vue encore brouillée, je me trouvais dans un lit drapé en tissu blanc, confortable sans être luxueux, sous une couette plutôt fine -tant mieux, j'avais chaud et j'étais trempée de sueur- du même blanc papier.
Mon lit était rudimentaire : un simple sommier en bois reposant sur quatre pieds et sur lequel se tenait mon matelas, ni dur ni mou. Ma vue se clarifiant, je me rendis compte que je connaissais cet endroit : l'infirmerie du camp. Je tournai laborieusement la tête vers la droite, sentant ma main prise par une autre plus puissante : sa main.
Il soupira de soulagement, ses yeux affichaient cependant malgré eux un certain affolement et une crainte que je ne comprenais pas.
-Tu te sens bien, Puits de Sagesse ?
-Je...j'ai chaud, réussis-je à dire en déchirant ma gorge sèche.
-Normal, quand je t'ai trouvé ce matin, tu avais dans les quarante de fièvre !
-Pardon...ce...ce matin ? demandai-je, interloquée.
-Il est dix-sept heures six, Annabeth, ça fait depuis au moins sept heures que je suis là.
Dans un ''QUOI ?!"soudain, je me relevai soudainement, avant de comprendre, via mon mal de tête, que ce n'était pas forcément la meilleure idée que j'ai pu avoir. Des étoiles dansaient devant mes yeux, des perles de sueur coulaient de mon front brûlant, je n'étais évidemment pas rétablie.
-Rallonges-toi Annabeth, m'ordonna Percy du ton le plus doux qu'il pouvait.
Il lâcha ma main afin de passer l'une derrière ma nuque, et l'autre au niveau de l'estomac, et me fit basculer en arrière lentement.
-Merci.
-Ce n'est rien Annabeth.
Je pris un peu de temps pour regarder un peu plus son visage : deux vagues bleu-violacées se peignaient sur son visage, blanc et blême comme une toile de peinture vierge, ses cheveux encore plus en bataille que d'habitude semblant avoir subi un sosie de Katrina*, ses yeux vert océan qui semblaient être à marée basse…et deux longues griffures perlant de petites gouttes de sang qui coulaient sur son visage blême.
-Oh mes dieux ! Percy !
Je passai les doigts le long de sa blessure, rugueuse et encore légèrement sanglante, rosée comme si elle tétait récente, profonde et dégoûtante. Il me reprit la main pour la reposer sur le lit…avec une main qui affichait les mêmes blessures que sur son visage, trait pour trait.
-Ce n'est rien, Puits de Sagesse, repose-toi un peu.
-Percy, que s'est-il passé ?
-Ce n'est pas important, repose-toi, dit-il en essuyant le sang sur son visage avec le dos de sa main libre.
-Persée Jackson, tu vas me répondre immédiatement à ma question ou je te jure que tu sauras ce que voudra dire : se faire plaquer.
-Comme à La Nouvelle-Rome ? tenta-il.
-Non.
J'avais adopté un ton sec au possible, mais il me fallait des réponses à mes questions, je n'arrivais toujours pas à croire que j'ai pu dormir aussi longtemps, et avec ce que Percy porte sur le visage, c'était intenable.
-Tu n'es pas en état, Annabeth, je t'en prie, repose-toi.
-Persée Jackson, tu sais que je hais les questions sans réponses, de plus je reviens de plus de douze heures de sommeil, je ne pense pas dormir avant demain soir, alors j'exige une réponse, sinon je ne serai qu'un simple souvenir pour toi.
Et, dans un soupir, il céda.
PDV Percy
Je n'avais pas sommeil.
Je ne pensais pas pouvoir dire cela après avoir -de nouveau- nettoyé la vaisselle du camp, mais Morphée ne voulait pas me prendre dans ses bras. En général, et avec de longues années d'expérience en la matière, j'appréhendais la phase « rêve » durant mon sommeil, mais à ce moment-là…ça ne m'annonçait rien de bon étrangement. Mais sur le moment je ne m'en plaignais que peu.
Enfouis sous mes draps, mes pensées filaient à vive allure dans ma cervelle d'algues, je pensais à tout et à n'importe quoi.
Je pensais à Tyson, vivant toujours chez Papa comme Chef des Armées « au cas où » par sécurité, mais il a eu la possibilité d'emmener Ella -sa petite copine, une harpie foldingue- avec lui sous l'eau.
Je repensais à ma mère que je n'avais pas vu depuis ma disparition, en espérant que Paul et elle allaient bien avant de me jurer de leur envoyer un Iris-mail.
J'essayais de ne pas penser à Léo, il n'était pas mort, je le savais, mais penser à lui, à son sacrifice, ça fait trop mal, ça rouvre des cicatrices encore bien ouvertes.
Je pensais pour me réconforter à Grover et à Jason, qui accomplissaient leurs missions respectives, l'un pour la nature, l'autre pour l'unité des demi-dieux, les deux innovants à leur manière, j'étais sûr qu'on retiendrait leurs noms pour ça, pour le fait qu'ils aient été des êtres innovants, tandis que moi, je souhaitais n'être retenu que pour avoir participé à certaines batailles, comme n'importe quel héros.
Je ne voulais pas la gloire, juste une simple reconnaissance.
Je ne voulais pas plaire aux autres filles de la colonie, juste mon Puits de Sagesse.
Je ne voulais pas d'une fausse vie courte, mais une vraie longue existence.
Je ne voulais pas rêver, juste vivre.
Un peu d'optimisme dans ce monde...ça fait du bien, n'est-ce pas ?
Ma nuit se résuma finalement qu'à une courte succession de micro-siestes, sans songes, juste assez pour calmer mes yeux et annihiler le mal de tête qui commençait à arriver...classique des insomnies, n'est ce pas ?
Huit heures du matin sonnantes, je décidais de sortir de mes draps, absolument pas reposé du tout, me préparais du mieux que je pouvais (c'est à dire passer un peu d'eau sur mon visage et changer de vêtements, celui qui veux me coiffer est suicidaire) avant de me poser à la table de Poséidon, en essayant d'éviter les regards qu'on pouvait me lancer.
Bon, pour être honnête, il n'y avait pas tout le monde qui me regardait, quelques tables s'en fichaient de moi (je les en remercie) ...les tables de Zeus, d'Héra et de Poséidon.
Ouais.
Les ''Arès'' me fixaient de leur habituel regard meurtrier mêlant moquerie et haine incontestable (bien que pour Clarisse, le regard était moins soutenu), les filles d'Aphrodite (sauf Piper) me lançaient toujours leur regard qui se voulait attendrissant, mais qui est juste effrayant et écœurant.
Les ''Athéna'' me regardaient toujours de trois manières différentes : de la surprise pour être encore en vie (du fait que je sois avec Annabeth.), un certain respect de la part de certains pour plusieurs choses (encore une fois Annabeth), et pour d'autre une indifférence totale qui se résumait juste à une tolérance énorme pour m'épargner (et une troisième fois Vous-Savez-Qui).
Parmi les enfants d'Athéna, je recherchais justement l'une des filles en particulier...pour me rendre compte qu'elle n'était pas là, étrange.
Je décidai de ne pas prêter attention à cela, ça lui arrive parfois de tarder quand il y a des retardataires, et pris la direction des arènes pour l'entraînement à l'épée -je vous rassure, je ne fais pas que ça de la journée, je vous raconte l'essentiel- enfin bref, les arènes étaient prises aujourd'hui.
Plusieurs dizaines de sang-mêlés s'entraînaient aux différents exercices, ils étaient tellement nombreux que je ne trouvais pas Annabeth.
Elle n'y était pas.
Piper se tenait adossée à l'une des rambardes des gradins en armure de guerrière, Katoptris attachée à sa taille, regardant dans le vide, réfléchissait-elle à quelque chose ou attendait-elle qu'un assassin ait fini de torturer son mannequin ?
Je m'approchai d'elle, sourire aux lèvres, la tirant de sa rêverie
-Salut Piper.
-Ah, tiens, salut Percy, tu vas comment ? me demanda-t'elle en souriant.
-Je vais bien, j'ai envie de tuer des monstres mais il y en a plus, du coup je vais voir si un mannequin veut bien se sacrifier. Et toi, tu te sens comment ?
-Je vais bien, dit-elle en riant à ma blague, je manque juste un peu de sommeil -mauvais rêve.
-Mauvais rêve ?
-Ne t'inquiète pas, c'est juste un rêve comme les mortels, ça arrive -rarement.
-Si tu le dis, au fait, un petit combat pour se réveiller ?
-Un vrai combat ?
-Bien, je n'ai pas Annabeth sous la main, je vais donc me contenter de te faire mordre la poussière.
-Ah oui ? me demanda-t'elle en plissant les yeux et avec un petit sourire au coin des lèvres.
Et, d'un mouvement rapidement vif (terme inventé par mes soins), elle dégaina Katoptris et m'assena un coup qui aurait pu me toucher les côtes si je n'avais pas esquivé de justesse la lame, tout en dégainant Anaklusmos et en commençant à combattre mon adversaire.
Au bout de cinq minutes, l'affaire était pliée, le poignard de Piper était planté dans le sol en piquet.
-Bien joué, Pip's, tu t'es améliorée, lui dis-je, essoufflé avec toute la sincérité du monde.
-Merci, mais le combat n'était pas équitable, tu es là depuis plus longtemps que moi ! remarqua Piper en se plaignant d'un faux air de damnée.
-A la guerre comme à l'entraînement Piper.
Je l'aidai à se relever, en bon ami et adversaire loyal que je suis, avant de me faire aborder par Travis, son habituel sourire de blagueur greffé au coin des lèvres.
-Salut Travis, qu'est-ce que tu fais par ici ?
-Salut Perce, je viens de terminer une petite préparation avec Connor, je viens juste me détendre, voir des combats épiques...un peu comme celui d'hier.
Il avait terminé sa phrase sur un ton à la fois moqueur et satisfait, je serais des dents, mais pris la décision de ne pas lui en vouloir, depuis hier grâce à eux, j'ai moins de filles (en général) qui me courraient après -néanmoins je les respecte pour leur courage quand elles m'abordent à cinq cents mètres d'Annabeth.
-C'est malin, hein ? Au fait, en parlant d'Annabeth, tu ne saurais pas où elle peut se trouver ?
-Annie ? Si elle ne s'entraîne pas autre part, elle doit dessiner dans son bungalow.
-Dessiner ?
-Ben, ouais, elle a évoqué à un moment, d'une voix un peu forte, qu'elle avait quelques idées de plans pour un de ces projets-de-la-mort-qui-tue.
-Merci, vieux, dis-je en commençant à m'en aller.
-Au fait, si tu fais quoi que ce soit de louche avec Annabeth, on le saura !
Je levai un sourcil, essayant de comprendre un autre message que ce dont mon intellect m'avait fait comprendre.
-Si tu la trompe, on le saura vieux ! ajouta-t'il.
-Je serai mort deux fois avant que tu ne le sache, mais merci de me surveiller ! concluais-je en riant.
Il doit y avoir, allez, cinq cent cinquante mètres entre le bungalow des ''Athéna'' et les arènes, mais je réussis à adopter trois vitesses différentes.
Au départ, je marchais à vitesse normale en essayant de deviner ce que pouvait bien préparer le Puits de Sagesse. Des plans pour quoi ? Elle a redessiné et refait l'Olympe ! Cela devait être sa plus grande fierté n'est-ce pas ?
Puis, inconsciemment, j'augmentais progressivement la fréquence de mes pas quand j'étais à quatre cents mètres du bungalow, puis vers les trois cent j'augmentais la taille de mes pas, vers deux cent je courrais, vers cent je sprintais.
Une mauvaise intuition m'est venue sans le vouloir en tête, Annabeth n'avait pas besoin que je m'inquiète d'habitude, mais là tout était différent.
Je commençais à toquer normalement à la porte, me contrôlant pour qu'elle ne me prenne pas pour un fou, et l'appelai normalement...aucune réponse, mon inquiétude augmentait dangereusement, je commençais déjà à toquer plus franchement à la porte, tout en augmentant le volume de décibels sortant de ma bouche, mon front commençant à s'humidifier de sueurs froides. Alors que j'étais sur le point de défoncer la porte avec mon poing, me faisant alors passer pour un petit-ami psychopathe, la porte s'entrouvrit soudainement.
Je poussai la porte en bois, et une sale odeur de sueur et de peur me pénétrait violemment les poumons, me forçant à tousser bruyamment. Et je la vis, mais pas du tout comme je l'avais espéré.
Elle était toujours revêtue de sa tenue de nuit, trempé de sueur et lui collant à la peau, le visage rougi, les paupières levées mais ses yeux révulsés, la bouche ouverte où ne s'échappaient que de terribles gémissement horrifiants, tremblant et gigotant nerveusement comme une folle.
Je me précipitai vers elle en l'appelant pour la calmer, qu'est-ce qu'elle avait, bon sang ?!
-Annabeth, ça va, ça va calme-toi (disais-je la peur et la panique transpirant au travers de ma voix) LES GARS RAMENEZ QUELQU'UN !
Je vis un des jeunes arrivés de la colonie, un enfant d'Hermès d'environ quatorze ans, se précipiter vers l'infirmerie de la colonie appelant un médecin, répondant à ma détresse.
-Avenir...nous...
Ces quelques mots sortirent d'une voix rauque, comme possédée, de la bouche d'Annabeth, lui faisant échapper quelques larmes comme une troupe de soldats farouches qui pénétraient sur le territoire ennemi pour le mettre à feu et à sang. Les soldats avaient réussi à exploser mon cœur.
-Annabeth...
Avant que je ne finisse ma phrase, je fis l'énorme erreur de lui attraper la main, par élan d'affection.
Je vis alors des flashs, des images soudaines et terribles qui s'imprimaient dans ma rétine de manière inéluctable et irréversible.
Je voyais Thalia se faire tuer, cette nuit mythique, lors de son sacrifice héroïque, et un sourire sadique.
Je voyais ma ville littéralement morte, tout de ce qui donnait de la vie et de l'intérêt à New-York s'était endormi.
Je revoyais...non, celle-ci, je refuse d'en parler.
Et, soudainement et mis à part tout ça, Annabeth agrippa violemment mon avant-bras, plantant ses ongles dans ma peau, et enfin me griffer -UNE SEULE MILLISECONDE D'ÉCART !- le visage comme si son poignard lui était littéralement revenu en main.
Je sentais à présent deux rivières de sang coulant le long de la joue, à l'endroit où elle m'avait touchée, l'air irritait la plaie.
Annabeth était désormais debout, comme possédée par le diable, toujours les yeux révulsés et la bouche ouverte comme pour aspirer la vie autour d'elle, tentant de m'attaquer - et de potentiellement me tuer, elle en était pas loin- et moi qui la retenait des deux mains en priant pour que les enfants d'Apollon ne mettent pas trop de temps.
La scène ressemblait à une dispute de couple qui a mal fini, ''un peu'' violente, elle avait réussi à me pousser, mais plus du côté du mur que de la porte.
Au final, Annabeth se figea, elle n'eut à peine le temps de se retourner qu'elle bascula, et tomba dans mes bras, laissant mon bon samaritain apparaître entouré par la lueur blanche émanant de la porte qui arrivait encore au fond du bungalow, une seringue à la main.
Essoufflé, choqué, blessé, je réussis à soupirer à l'adresse de mon sauveur :
-Merci, Will, tu as fait vite Docteur.
-De rien Perce, vite, il faut amener Annabeth à l'infirmerie, je ne sais pas ce qu'elle a, mais je pense qu'elle devrait aller mieux.
Ce sacré Will trouve toujours une manière de voir du positif quelque part, je l'aime bien.
Il mit alors ma copine sur une sorte de brancard apporté par ses frères et mit une couverture médicale sur son corps, ne laissant dépasser que le haut de son crâne, son nez, ses yeux qui s'étaient refermés, et sa tignasse blonde.
-Perce, tu m'aides ? C'est pas qu'elle soit énorme, mais elle ne manque pas de muscles !
Je riais de bon cœur, enfin du mieux que je pouvais, et aida Will dans son travail en prenant les poignées du brancard au niveau de la tête.
Au cas où vous me le demanderiez, oui, elle a un certain poids.
Lors de son transfert, l'intégralité du camp avait lancé un regard tantôt surpris, tantôt curieux, tantôt effrayés...bon, c'est moi qui devait leur faire peur : je criais à plein poumons aux autres de dégager le passage malgré les remarques de Will.
-Perce, évite de crier ou ils vont croire qu'elle est en train de mourir.
Justement, c'était la raison de ma panique.
Soudain, j'entendis le corps d'Annabeth soupirer :
-Merci...
Et le brancard s'allégea, comme si elle se détendait. Enfin, elle était calme, je l'entendais respirer normalement, et un très léger sourire se gravit du coin de ses lèvres. Quelques minutes après, elle reposait sur l'un des lits de l'infirmerie, inspirant et expirant normalement, je m'étais affolé pour rien visiblement.
Will inspectait toujours mes blessures sur le visage, après deux minutes de protestations de ma part, il essuyait surtout le sang qui coulait plutôt abondamment pour de "simples" griffures, pas besoin de pansements selon lui, ça cicatrisera vite.
Je tenais toujours sa main, brûlante comme un brasier, lorsqu'elle chuchotait quelques mots incompréhensibles, pour nous rassurer.
Et voilà, sept heures plus tard, mon Puits de Sagesse se lève enfin.
TO BE NEXT...
ET C'EST LA FIN ! ouf !
Ce chapitre était assez long à faire -d'autant plus que je l'ai raccourci par rapport à ce que je voulais- mais j'en suis très fier, et j'espère qu'il vous a plu.
N'hésitez pas à continuer à suivre la fic et aimez-vous, lisez beaucoup, protégez vous et rêvez.
Au fait, les péripéties arrivent...
EDIT DE DECEMBRE 2017 : Je reste assez fier de ce chapitre, même si la scène du rêve d'Annabeth peut sembler complètement tirée par les cheveux. Mais bon, ce n'est pas un rêve normal n'est-ce point ?
