Beautés Désespérées

Chapitre 2

Chaque enfant perçoit son père à sa façon, certains verront en lui un puits de connaissance, d'autres distingueront un héros ou bien un fan #1 de leurs exploits quotidiens. Pour Shikamaru Nara, ce qu'il percevait de son père n'avait rien de très élogieux.

« Tu n'y vas pas un point c'est tout, exprima fermement Yoshino en le menaçant de son doigt.

- Mais, j'avais promis à Inoichi, insista Shikaku.

- Non, ce soir, tu te pointes avec moi à cette réception et tu agis en parfait époux, ordonna-t-elle.

- Mais, c'est inutile que je sois là, elle n'a même pas de mari, argumenta-t-il.

- Aucune importance, sois à l'heure, fit-elle en sortant pour faire des courses.

Alors que son père saisit le combiné pour appeler son meilleur ami, Shikamaru poussa un soupir de découragement.

« …Oui, c'est Shikaku…Je t'appelle pour annuler notre soirée … oui, c'est ça, on remettra ça à une autre fois. Bye. »

L'évidence brillait par elle-même et il fut contraint de constater que c'était Yoshino qui portait les culottes.

***

Tous les dimanches matins, Mikoto Uchiwa s'affairait à préparer son hebdomadaire brunch familial. Comme à son habitude, Fugaku lisait son journal en silence tandis que son fils cadet se persuadait que même s'il tombait raide mort sur la table, le patriarche ne le remarquerait pas.

« Bonjour Papa, salut Sasuke!, salua Itachi qui s'installa à table aux côtés de son père.

- Tu es revenu bien tard hier soir, reprocha Fugaku en déposant son journal.

- Les copains organisaient une petite fête, s'expliqua Itachi, alors je suis resté plus longtemps par politesse.

- Par politesse, ironisa Sasuke avec un air hautain.

- De toute façon, je suis rentré assez tôt pour voir Mme Inuzuka qui tentait d'escalader les marches de sa maison complètement ivre, ricana Itachi tandis qu'un sourire se dessinait sur le visage de son paternel.

- Itachi, je t'interdis de dire du mal de mon amie, disputa Mikoto en déposant les couverts sur la table. Je sais que c'est une famille aux mœurs bien étranges mais Tsume n'a pas eu la chance d'avoir un mari très convenable.

- Au moins, ils n'ont pas besoin de se promener avec un bâton dans le cul, murmura Sasuke sur un ton qu'il aurait voulu plus discret alors que sa mère le regardait bouche bée, que son frère étouffait un fou rire et que son père rougissait de colère.

- Petit insolent, cracha Fugaku en giflant le visage de son fils cadet.

- Fugaku, s'écria Mikoto horrifiée tandis que le fils aîné s'était levé prêt à intervenir.

- Ce genre de langage n'a pas sa place dans notre demeure et cette attitude n'est pas digne d'un Uchiwa, sermonna Fugaku tandis que le cadet couvrait sa joue meurtrie. Il serait peut-être temps que tu prennes exemple sur Itachi.

- Je suis désolé, cela ne se reproduira plus, s'excusa Sasuke en lançant un regard glacial à son frère aîné. Puis-je me retirer dans ma chambre?

- Bien sûr que si, mon chéri, autorisa Mikoto en jetant un regard désapprobateur à son époux.

Vivre dans l'ombre d'un frère surdoué, était le quotidien de Sasuke Uchiwa. Bien qu'il n'avait rien à envier au fils aîné, le cadet souffrait du manque de reconnaissance de son géniteur et jalousait l'attention exclusive portée par son paternel à l'endroit de son grand frère.

***

Bien qu'elles soient bien plaisantes sur le moment, les soirées bien arrosées perdaient de leur éclat le lendemain matin. Kurenai Yuhi en subissaient actuellement les conséquences. Le premier symptôme était le mal de tête caractéristique qui s'accompagnait habituellement d'une légère amnésie des événements de la veille. En tentant de reconstituer les faits marquants, Kurenai réalisa qu'il n'y avait rien de bon à se souvenir car Tsume s'était plainte de son rejeton toute la soirée ce qui avait stimulé son envie de se saouler.

« Bonjour chérie, murmura Asuma qui entrait avec le petit déjeuner. Comment c'est passé ta soirée avec Tsume?

- Horrible, elle m'a parlé de son gamin toute la soirée, répondit Kurenai en invitant son amant à s'installer à ses côtés. Heureusement que nous n'avons pas ce genre de problème. D'ailleurs, c'est l'heure de prendre ma pilule afin qu'on ait pas à vivre ce cauchemar.

- Avoir des enfants est quelque chose de merveilleux, confronta-t-il. Pourquoi crois-tu que c'est cauchemardesque?

- Qu'est-ce que tu me racontes?, interrogea-t-elle. Tu n'arrives même pas à supporter ton neveu Konohamaru. Et puis, c'est quoi cette nouvelle manie de me parler d'enfants?

- Bien je crois qu'il serait temps qu'on songe à fonder une famille comme les autres couples, proposa-t-il. Ce serait bien, non?

- Excuse-moi, je crois que je vais être malade?, avisa Kurenai en se précipitant vers la salle de bain.

Bien entendu, les lendemains de veille pouvaient également s'accompagner de nausées à ne pas confondre avec les symptômes d'une grossesse.

***

Bien que Tsume avait passé la soirée à critiquer le comportement de son fils, elle ne pouvait qu'en prendre le blâme. C'était connu, père manquant, fils manqué. Elle était quand même responsable d'avoir mis son conjoint à la porte alors que Kiba n'était encore qu'un poupon. Elle était consciente du vide affectif qui habitait son rejeton alors que tous les bambins du quartier se vantaient que leur père était le plus fort.

« Tiens, prends ces comprimés, indiqua Hana en donnant les cachets à sa mère qui les avala dans une gorgée.

- Est-ce que Kiba est encore couché?, questionna Tsume en se frottant les tempes.

- Non, je crois qu'il est sorti promener Akamaru, répondit la fille aînée.

- Oh pitié, faites qu'il épargne le rosier des Hyuga, pria Tsume.

- Maman, tu peux m'expliquer ce qui s'est passé hier?

- Parfois, j'ai l'impression que Kiba fait des bêtises juste pour me punir, se confia Tsume. Il aurait tellement aimé avoir un père dans sa vie et ainsi prétendre avoir une famille normale comme les autres enfants de ce quartier.

- Oh minute, interrompit Hana, tu te trompes si tu crois que toutes ces petites familles sont parfaites. Leur structure est normale mais leur dynamique familiale est à chier. Ne te fie pas à ce qu'on essaie de te faire miroiter. On est peut être une famille monoparentale qui ne correspond pas aux critères des prétentieux bourgeois de ce quartier, mais au moins, on est authentique. Et, Kiba peut te remercier de lui avoir épargné les scènes de ménage que ces familles « normales » doivent subir.

- Tu crois sincèrement ce que tu viens de me dire ou bien tu dis ça seulement pour me consoler, demanda Tsume.

- Disons que c'est un peu des deux, avoua Hana en enlaça sa mère.

***

Lorsqu'on regardait l'aménagement paysager la devanture de l'imposante maison des Hyuga, on ne pouvait en déduire que Hiashi Hyuga était un homme strict, ordonné et soigné. Cependant, Kiba Inuzuka était l'anti-thèse de ce personnage et il allait lui prouver une fois de plus devant le rosier brûlé à l'urine de chien.

« Allez, magnes-toi, Akamaru, s'impatientait Kiba.

- Qu'est-ce que tu fais là?, questionna Shikamaru.

- C'est pas tes oignons, alors dégage!, riposta Kiba.

- Tu sais que tu parais louche à attendre devant cette maison, constata Shikamaru.

- Écoute, va voir ailleurs si j'y suis!, répliqua Kiba.

- Ça fait dix minutes qu'il t'observe depuis la troisième fenêtre, informa Shikamaru.

- On s'en fiche, il sait que c'est moi de toute façon, s'exaspéra Kiba.

- Yo, qu'est-ce qui se passe?

- T'es qui toi?, demanda Shikamaru à l'adolescent. T'es nouveau dans le quartier?

- Ouais, mon nom est Naruto Uzumaki, se présenta-t-il.

- Ben moi, c'est Shikamaru Nara, s'introduisit-il, et lui, c'est Kiba Inuzuka. Ça fait une semaine qu'il vient faire pisser son chien sur cet arbuste pour une raison inconnue sans aucun résultat.

- Bien sûr que j'ai eu des résultats, se vanta Kiba, il est venu chialer à ma mère.

- C'est minable comme résultat, se navra Naruto.

- Parce que tu as de meilleures idées, défia Kiba.

- Admire l'artiste, s'exclama Naruto en descendant sa fermeture éclair.

- Galère! Mais, t'es complètement taré, s'écria Shikamaru tandis que Naruto se soulageait sur l'arbrisseau. Viens Kiba, on se tire d'ici!

- Sales petits vauriens!, hurla Hiashi hors de lui courant à la suite des adolescents.

Bien que cette farce était d'un ridicule déconcertant, je me surpris à sourire malgré moi en me disant qu'une partie de moi vivait dans cet imprévisible phénomène.

***

- Sasuke, interpella Mikoto en frappant à la porte de la chambre, est-ce que je peux entrer?

- Qu'est-ce que tu veux?, demanda sèchement Sasuke en ouvrant la porte.

- Je sais que tu es en colère contre ton père, mais je suis certaine qu'il regrette son geste, plaida Mikoto.

- Si tu es venue pour l'excuser, ce n'est pas la peine de venir me parler, l'informa Sasuke.

- Ton père n'est pas d'un naturel démonstratif, j'en suis bien consciente, défendit Mikoto, mais je peux t'assurer qu'il t'aime beaucoup.

- Alors, pourquoi suis-je invisible à ses yeux?, sanglota Sasuke. Pourquoi ne voit-il qu'Itachi?

- Oh! Sasuke, tenta de consoler Mikoto en enlaçant son fils. Je suis sûre qu'il ne le fait pas exprès.

- Jure-moi que tu seras toujours là pour moi et ce quoi qu'il arrive, implora Sasuke en étouffant un sanglot.

- Je te le promets, mon chéri, consentit Mikoto en resserrant son étreinte.

Bien que cette demande semblait anodine aux yeux de Mikoto, cette dernière ignorait que cette promesse serait plus ardue à tenir qu'elle le croyait.

***

- Merci beaucoup, Naruto, railla Tsunade en tirant l'adolescent par le bras. Première journée dans cette banlieue de snobes, et déjà, tu me fais honte.

- Vous auriez dû voir la tête de ce type, rigola Naruto.

- C'est ici, indiqua Shizune, malheureusement nous sommes en retard.

- Rassure-toi, Shizune, la reine des snobes va me le faire remarquer, ironisa Tsunade en sonnant à la porte.

- Oh! Vous êtes en retard, remarqua Mikoto en ouvrant la porte.

- Eh oui, on a eu une urgence mictionnelle, plaisanta Tsunade en jetant un œil à Naruto.

- Oh…, fit Mikoto surprise par cette réponse, eh bien, je vous invite à passer au salon et je vous informe que la salle de bain est au fond du corridor.

***

Tandis que les vieilles connaissances célébraient leurs retrouvailles, les quatre adolescents présents éprouvaient tous la même déception. En effet, à l'adolescence, la perception que les enfants ont de leur père se détériore. Le héro déchu prend alors différentes tournures que ce soit la forme d'un homme soumis aux caprices de son épouse, l'image d'un homme violent et autoritaire ou bien l'aspect d'un déserteur de famille. Par contre, certains rêveurs conservent l'espoir que leur père soit un véritable héro.