Note : Voici enfin le 2ème chapitre de cette histoire qui commence à prendre de l'ampleur. Moi qui la voulait courte… bref, dans ce chapitre, Seiya grimpe et un jour finira bien par arriver en haut (si si, c'est prévu ), Shion et Dohko partent aux Maldives où ils rencontreront deux autres personnages qui prendront beaucoup d'ampleur : Julian/Poséidon et son inséparable Sorrento.
Je remercie mes fidèles lecteurs et lectrices, et Artémisia pour ses corrections.
Seiya se demandait bien tout ce que pouvaient cacher tous ces sous-entendus. Il atteignit la terrasse du temple du cancer un peu songeur, et ne vit personne. Il pensa avec un fort espoir qu'Angelo, autrefois Deathmask, n'était pas là. Il traversa un temple refait à neuf, meublé avec simplicité et de manière assez spartiate et qui sentait bon. Le cancer est assez maniaque. Bref, rien à voir avec ce que ce temple avait été autrefois.
Seiya trouva Angélo et Aphrodite sur la terrasse derrière le temple, aménagée en solarium. Tous deux prenaient un bain de soleil en maillot de bain sous un parasol. Angélo retira ses Ray-Ban aussi surpris que s'il voyait un fantôme.
- Tiens, Pégase, fit-il en retirant sa cigarette de sa bouche.
Aphrodite sembla se réveiller en sursaut et fit un bond hors de chaise longue en se prenant le parasol sur la tête.
- Ouille ! Ca alors, fit-il en remettant le maudit parasol à sa place, je ne m'attendais pas à te voir. Je te croyais mort, pardonne mon ignorance.
Décidément le poisson ne changerait jamais, la subtilité n'avait jamais été son fort.
- Ne t'en fais pas, je l'étais presque après tout, répondit Seiya en haussant les épaules.
- Tu as le temps de boire un verre ?, demanda Angélo en montrant une bouteille de whisky sur la table à côté de lui.
- Euh, non, c'est gentil, mais je ne peux pas m'attarder. Une autre fois, peut-être ?
- Te gêne pas p'tit, fit Angélo un léger sourire aux lèvres et en rallongeant sur sa chaise. Ma porte t'est toujours ouverte.
- C'est gentil, fit Seiya très gêné, je repasserai alors, dit-il en se disant qu'il ne repasserait pas, il n'avait pas grand chose à dire à ce mafieux.
Il se sentit soulagé de voir s'éloigner derrière lui le quatrième temple. Ce n'est pas qu'il détestait Angélo, mais maintenant qu'il avait officiellement mis au placard son rôle de Deathmask, il avait pris officieusement l'habit du mafieux, et Seiya le sentait à plein nez. Il voyait assez de Yakusas au Japon pour ne pas reconnaître la pègre là où elle était. Il se promit donc d'en parler à Shion dès qu'il le reverrait.
…
Et pendant ce temps-là, à Jamir, Shion jardinait toujours. Les tomates poussaient bien, en plus elles avaient bon goût, rien à voir avec celles infâmes qu'on trouvait en supermarché. D'ailleurs c'est bien simple, depuis sa résurrection, il ne trouvait rien de bon, même son thé au jasmin avait un goût de savon. Il avait d'abord pensé que c'était le prix à payer pour être revenu d'entre les morts, jusqu'à ce que Shiryu, le chevalier du dragon, élève de Dohko, ne lui en rapporte du frais de Chine. La différence était telle, qu'elle ne pouvait pas venir de lui.
Le moral revenait bien, il pensait à sa production de tomates. Il avait même envoyé le pauvre Dohko lui chercher de l'eau à la source de vie pour arroser ses tomates ! Et Dohko, bien sûr, en ami dévoué, était allé risquer sa vie pour des solénacées.
Le soir venu, Dohko boudait ses tomates à la vinaigrette. Il voulait rentrer, le sanctuaire lui manquait, et il voulait croiser Seiya, avant que celui-ci ne s'en aille.
- Tu n'as pas faim ?, demanda Shion inquiet.
- Non, pas trop... je rêve d'un bon steak saignant avec des frites, de sandwich Kebab et de pizza si tu veux tout savoir ! J'en ai marre des tomates !
- D'accord..., soupira Shion, je ne peux pas t'en vouloir, et je reconnais que Jamir n'est pas folichon. On part demain.
- On rentre au sanctuaire ?
- Non, je pensais à l'Italie en fait. Tu voulais manger des pizzas.
Dohko retrouva le sourire, une idée lui revint en mémoire, ou plutôt une information arrachée tant bien que mal à Kanon quelques jours plus tôt.
- J'ai une meilleure idée si tu ne veux pas rentrer.
- Ah oui ? Et laquelle ?, demanda Shion surpris.
- Les Maldives !
- Les Maldives ? Tu te plains de Jamir pour aller dans un autre trou paumé ?
- Un trou paumé de l'océan indien avec une mer turquoise, du sable blanc et des cocotiers !
- Tu en as marre du jus de tomates, tu veux boire du jus de coco ?, ajouta Shion sur le ton de la plaisanterie.
- Tu as tout compris !
- Bon, ben, fais ton baluchon alors. De toute façon je voulais parfaire mon bronzage.
Les Maldives, le sable blanc, la mer turquoise, le ciel bleu, les cocotiers, et plus de filles qu'au Sanctuaire, c'est un fait. Dohko comprenait mieux pourquoi Kanon y passait le plus clair de son temps. Il avait laissé Shion aux bons soins de 3 minettes locales. A ce tarif, sa dépression ne serait plus qu'un mauvais souvenir dans peu de temps. Il fallait faire vite. Il trouva un bateau rempli de touristes de toutes nationalités confondues pour se rendre à Soneva Gilly, coin paradisiaque s'il en est des îles de l'archipel. L'objet de sa recherche, devrait, selon Kanon, se prélasser au soleil dans le coin. Fallait-il encore le trouver parmi le flot de touristes.
Il cherchait depuis près d'une heure quant il sentit un cosmos dans les parages. D'un seul coup d'œil il repéra un jeune homme qu'il n'avait jamais vu, mais qui dégageait un cosmos pour le moins inquiétant. Il savait qu'il n'avait pas à faire à Poséidon, il avait vu des photos de Julian Solo dans les magazines. Mais peut-être le jeune homme en question n'avait rien à voir là dedans, c'était peut-être un simple civil...
Le jeune homme était tranquillement assis à siroter religieusement une Margarita quand il tourna un regard transperçant sur Dohko. Un sentiment de malaise l'envahit, ce jeune garçon, si beau d'apparence avait le regard d'une bête assoiffée de sang. Il sentit son corps se paralyser et regarda sans pouvoir réagir le jeune homme s'approcher de lui un sourire malsain aux lèvres.
- Tu es un chevalier d'Athéna, n'est-ce pas ?, fit le jeune homme d'une voix douce et sensuelle en diable, très légèrement teintée d'un accent italien.
- Qui es-tu ?, demanda Dohko, qui essayait de se désenvoûter. Pourquoi Shion n'était jamais là quand on avait besoin de lui ?
- Je me nomme Sorrento de Sirène, Marinas de Poséidon. Et toi ? Je ne t'avais encore jamais vu.
- Je suis Dohko, chevalier d'or de la balance, répondit ce dernier en essayant de rompre ses liens invisibles dans un suprême effort et surtout sans créer une émeute parmi les touristes en faisant appel à son cosmos. Mais les liens se défirent d'eux mêmes, comme par magie.
- Toutes mes excuses, fit Sorrento en s'inclinant respectueusement, je ne savais pas que j'avais à faire au vieux sage des 5 pics. C'est un honneur. Votre réputation vous précède.
- Excuses acceptées, fit Dohko beau joueur. Vous êtes seul ici ?, hasarda-t-il.
Sorrento le regardait toujours et son regard se fit plus transperçant encore. Ce garçon devait être un redoutable adversaire au combat.
- J'ai peur de ne pas saisir le sens de votre question.
- Je crois que si, au contraire. Je cherche ton maître, Julian Solo. Je ne demande qu'à lui parler. Rien d'autre.
Sorrento se détendit légèrement.
- Je vais vous conduire à lui, mais je ne vous promets pas qu'il accepte de vous parler.
- Et pourquoi cela ?
- C'est un dieu, et comme tous les dieux, il fait ce qui lui plait. Ensuite, il a quelques ressentiments à l'égard d'Athéna.
- Je comprends.
Sorrento le conduisit jusqu'à un petit bungalow sur la plage, assez coquet et Dohko se disait qu'il y resterait bien toute l'année. C'était certes assez spartiate, mais dans un endroit pareil, le luxe est superflu.
Julian Solo, qui faisait rebâtir son temple sous-marin, étudiait justement des plans d'architectes assis à une table de jardin. Il était tellement absorbé, qu'il ne fit même pas attention à ses deux visiteurs.
- Hum... Julian ?, demanda Sorrento. Je te présente Dohko, le chevalier d'or de la balance.
- Et le vieux maître des 5 pics en Chine, compléta Julian.
- Lui-même, fit Dohko en courbant la tête, enchanté.
- Je veux bien vous parler, parce que vous êtes un sage, pas parce que vous êtes chevalier d'or.
Dohko sourit intérieurement et se demanda ce qu'en aurait pensé Shion.
- Personne ne sait que je suis là..., commença Dohko.
- Qui vous a dit que j'étais ici ? Nous somme 2 à le savoir, Sorrento et moi-même.
- Vous oubliez une troisième personne.
- Ah, lui...
- Oui, lui... donc je vous disais que personne ne sait que je suis venu vous chercher.
- Pas même votre grand Pope, qui se prélasse au lit avec 3 demoiselles ?
- Comment vous savez ça ?, fit Dohko surpris
- Je suis un dieu, répondit Julian en haussant les épaules.
C'était, en effet, d'une logique implacable.
Seiya montait sans relâche. C'était dans ces moments là qu'il détestait le plus Athéna. Et l'attente était insupportable. Qu'est ce qu'on lui cachait au juste avec des sourires en coin ? Enfin, le 5ème temple, celui du lion, se profilait. Il se demandait ce qu'il allait bien trouver après les surprises des autres temples.
Il arriva dans un temple extrêmement bien tenu, il ne s'attendait pas à un temple si bien rangé et propre. Surtout qu'à leur dernière rencontre, pas longtemps avant sa presque mort, Aiolia lui avait clairement dit qu'il ne souhaitait pas refaire son temple. Une bonne odeur de cuisine lui arrivait aux narines et lui rappela qu'il n'avait encore rien dans l'estomac.
- Mais c'est mon vieil ami Seiya !, clama une voix qu'il reconnaitrait entre mille.
- Aiolia ! Comme je suis content de te voir !
Seiya fit semblant de s'intéresser au décor et dit au Lion :
- Je croyais que tu ne voulais pas refaire ton intérieur ?
Aiolia sourit à la remarque.
- Il y a des moments où il ne sert à rien de s'entêter. Et puis, ce temple était une véritable ruine.
- C'est vrai, admit Seiya, on n'y était pas allés avec le dos de la cuillère pour le démolir !
- C'est bien que tu le prennes comme ça !
- Ben disons que comparé à ce que j'ai vécu après, je compare ça à un bon souvenir malgré tout.
- Tu restes déjeuner avec nous, j'espère !
- Euh, nous ?
A ce moment là Seiya vit apparaitre Aiolos en petit tablier sortir de la cuisine. Il en resta bouche bée. Athéna avait vraiment ressuscité tout le monde.
- Il me semblait bien avoir entendu des voix, fit le cuistot.
- C'est toi qui fait la cuisine comme ça ?, demanda Seiya, malgré tout heureux de le voir en vie et heureux de l'être visiblement.
- Mon frère est incapable de s'occuper lui, alors…
Trop content de tomber, pour une fois depuis son retour au sanctuaire, sur des gens « normaux », il accepta de bonne grâce l'invitation, Athéna pouvait bien attendre qu'il se sustente avec la délicieuse Moussaka fumante qu'Aiolos venait de mettre sur la table.
…
Le ventre plein et prêt à reprendre son interminable ascension, Seiya se demandait encore et encore ce qui pouvait bien arriver à Saori. Saga avait dit qu'elle s'ennuyait, certes, mais ça n'expliquait pas les cachoteries qu'on s'amusait à lui faire. Malgré la lourdeur de son estomac et la chaleur de l'après-midi, il pressa le pas.
La maison de la vierge, enfin ! Mais Seiya ne se sentait pas vraiment d'affronter, ne fut-ce que verbalement, le chevalier Shaka. Il était bien gentil, mais il avait le don d'être agaçant avec ses discours qui n'en finissaient pas. Il entra, malgré tout, et parce qu'il le fallait bien. Il se promit tout de même de demander à Shion le chemin du raccourci pour se rendre directement à la maison du Pope. Il se rappela soudain qu'il aurait aussi bien pu le demander à Saga ! Il se tapa le front de dépit. « Quand on n'a pas de tête, on a des jambes » dit le dicton. Non mais quelle tête de linotte !
Il entra dans le temple et ce qu'il vit l'émerveilla. Shaka, avait créé l'illusion du jardin d'Eden, avec sa foret, ses parterres de fleurs, ses collines, ses cascades d'eau clair, en bref, rien ne manquait pas même le chant des oiseaux. Au détour d'un chemin il trouva Shaka dans la position du lotus, à 50 centimètres du sol. Seiya discerna un petit sourire sur les lèvres du chevalier, signe que celui-ci l'avait reconnu.
Abandonnant sa position favorite, notre Bouddha réincarné vint à la rencontre du chevalier divin :
- Seiya, Je m'attendais à te revoir un jour ou l'autre.
- Ah, d'habitude on me dit plutôt qu'on ne s'y attendait pas.
- Mais « on » ne connait pas Bouddha.
- … bonne réponse, fit Seiya qui ne savait plus quoi répondre.
- Que viens-tu faire parmi nous ?
Tiens, Bouddha ne lui avait pas dit ça ?
- Je viens voir Athéna.
- Ah, tu fais bien.
- Pourquoi ?
- Personne ne t'a rien dit ? C'est peut-être mieux que tu le découvres par toi-même.
- Mais qu'est-ce qui se passe ici, enfin ?, éclata Seiya qui n'en pouvait plus de toutes ces cachoteries inutiles et puériles.
- Crois-moi, tu le découvriras bien assez tôt.
Julian avait écouté, d'une oreille distraite, le discours de Dohko.
- Vous êtes sûr ?
- Absolument.
- C'est de la haute trahison ! Athéna pourrait vous jeter dans la prison de cap Sounion si elle apprenait cette conversation, fit Poséidon avec un sourire de délectation.
- Dont une personne que vous connaissez a réussi à s'en échapper.
- Encore lui !, rugit l'empereur des mers.
- Oui, lui.
- Pff, de toute façon, à part Sorrento, je n'ai plus de Marinas.
- Si un.
- Encore lui !
- Ben oui.
- Foutez-moi le camp ! Vous et vos idées saugrenues, quel âge avez-vous vraiment ? Quittez mon île immédiatement.
- Votre île ?
- Tout ce qui se trouve sur l'eau m'appartient !
Dohko quitta Julian Solo et Sorrento dépité. Il ne s'attendait pas à un refus aussi catégorique. Qu'il ait du mal à le convaincre, normal, mais un refus, non. Tant pis, restait Seiya, mais malgré son amitié pour le jeune homme, il doutait du résultat.
Il retourna auprès de Shion qu'il trouva dans le jacuzzi. Certains savaient se détendre pendant que d'autres se faisaient envoyer balader. Il quitta ses vêtements et rejoignit son ami dans l'eau.
- Ah Dohko, mon ami ! Mais où donc étais-tu passé ?
- Je… je discutais avec de vieux amis.
- Ah, et qui donc ?, fit Shion surpris, sûr qu'il était d'être seul ici au milieu d'inconnus.
- Julian Solo.
- Poséidon ?
- Lui-même, soupira Dohko amèrement.
- Tu savais qu'il était là, n'est ce pas ?
- Kanon me l'avait dit.
- Ah oui… et que voulais-tu lui dire au juste ?
- Et bien, je voulais lui suggérer d'enlever Athéna.
- QUOI ?, s'étrangla Shion se levant d'un bon.
- Oh ne t'inquiète pas, il a refusé.
Shion le fusilla du regard et se rassit.
- Non mais tu te rends compte de ce tu as fait ? C'est de la haute trahison !
- C'est aussi ce qu'il m'a dit.
- Mais pourquoi ?
- Pour toi ! Et pour la réveiller elle.
- C'est trop d'honneur, siffla Shion. Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Qu'elle n'était plus digne de Julian Solo.
- Mouais, c'est pas faux.
Poséidon n'arrivait plus à se concentrer depuis le départ du chevalier de la balance.
- C'est à peine croyable. Tu te rends compte de ce qu'il m'a demandé ?
- C'est surprenant, en effet. Mais cela ne doit pas vous troubler. Vous avez bien fait de refuser.
- C'est tout de même bien tentant.
- Tout cela n'est que dans leur intérêt, vous n'auriez récolté que des ennuis, encore une fois.
- Qu'est ce qui est pire que d'avoir son âme enfermée dans une urne, qui sent le renfermé de surcroit ?
- Seiya et ses amis sont des chevaliers divins maintenant, ils ont le pouvoir de vous détruire tout à fait.
Poséidon se leva d'un bond. Non mais quelle impertinence ! Mais raison était d'avouer que son plus fidèle serviteur n'avait pas tort.
- De toute façon Athéna n'est plus elle-même, son âme a quitté Saori Kido pour repartir en Olympe. Et Saori ne m'intéresse plus.
- Qui intéresserait-elle encore ?, fit Sorrento comme pour lui-même.
- Et si elle mourrait ?, fit Poséidon comme pour lui-même.
- Pardon ?
- Saori ! Réfléchi une seconde, Athéna est en Olympe et son réceptacle n'a plus rien de divin. Rien ne m'empêche plus de conquérir la Terre.
- Oui, mais les chevaliers divins ?
- Quand ils verront leur « déesse », m'est avis qu'ils préfèreront me prêter allégeance.
Sorrento ne pariera pas là-dessus, mais ne répondit guère.
Notre ami Poséidon ne manque pas d'idées. J'espère que cette histoire vous plait toujours.
A bientôt dans le prochain chapitre et dans vos reviews.
