Disclaimer : Game of Thrones n'est pas ma propriété, sinon Lancel serait le roi des Sept Royaumes.
Résumé : Quand Lancel Lannister se retrouve par accident dans notre monde, il n'a pour guide qu'une jeune femme un peu folle qui semble l'adorer pour une raison qui lui échappe. Avec tout cette étrangeté autour de lui, la cohabitation dans ce nouvel univers se passera-t-elle bien?
Lancel à Dunkerque
Chapitre 1 : Arrivée en terre inconnue
Le ciel était d'un gris sombre, la pluie battait les carreaux et des éclairs, accompagnés par le grondement du tonnerre, égayaient la charmante ville portuaire de Dunkerque, située dans le Nord de la France. Ce qui ne sembla guère déranger Marina dans son marathon de Game of Thrones. Avant le début de la saison 5 et ayant fait l'acquisition de la saison 4, elle s'était dit que cela serait bien de se faire les quatre saisons à la suite, juste pour le plaisir. Elle avait tout prévu : les coussins bien moelleux, du Docteur Pepper à outrance, de quoi grignoter allègrement ( ce qui ferait grincer des dents son médecin ), de quoi broder parce que c'était toujours chouette d'avancer un ouvrage tout en avançant dans une série. Parfaitement calée sur son canapé devant son écran cathodique, elle revoyait la scène où Tyrion Lannister entamait le chantage qu'il allait faire subir à son jeune cousin Lancel.
- Mon pauvre bébé chevalier...
Lancel était le personnage préféré de la spectatrice et si sa présence dans une scène était toujours source de joie, elle éprouvait toujours de la peine pour lui quand il était dans de telles situations.
- Bordel, Tyrion, je t'aime bien mais là, si je le pouvais, je te buterais !
Comme elle aurait aimé pouvoir se glisser dans sa télé et aller secourir son précieux Lannister des griffes de son cousin trop intelligent pour son propre bien ! Instinctivement, ses doigts se portèrent à son collier Lancel qu'elle avait fait faire sur Etsy, un collier fait à partir d'une capsule de bouteille de couleur cuivre, avec la photo de son écuyer préféré protégée par une matière transparente et solide. Au même moment, le tonnerre gronda très fort et la télévision, ainsi que les lumières, commencèrent à grésiller.
- Ah non hein ! Tu ne me lâches pas pendant une scène avec Lancel ! Pesta-t-elle
Un autre coup de tonnerre, suivi d'un grésillement plus long avant une brève plongée dans le noir. Et alors que sa télévision s'éteignait pour se rallumer aussitôt, après un éclair aveuglant, Marina crut alors avoir consommé trop de soda. Devant elle se tenait LE Lancel Lannister ! Le même que dans la scène qu'elle regardait ! Aucune différence, sa parfaite copie carbone ! Les mêmes habits, la même taille, tout était identique. Il avait un peu titubé avant de se rattraper à un meuble pour se stabiliser, comme s'il venait de subir un choc violent. Elle le regardait, complètement médusée. Elle avait sous ses yeux gris vert l'un des personnages qu'elle adorait, pour lequel elle vouait une dévotion et une passion rares. Même pour elle. Et comme elle l'avait écrit un jour, dans un moment de lucidité, elle se retrouvait face à lui sans savoir quoi faire, quoi dire, comment agir. Elle se contentait d'être là, à l'observer dans toute sa splendeur. Avant de remarquer son air parfaitement sonné. Là, son instinct reprit le dessus.
- Vous allez bien ? Lui demanda-t-elle
Cela lui faisait très étrange de parler à un être issu de la littérature porté ensuite sur petit écran et sa question était clichée au possible, elle en avait bien conscience.
- Mince, il ne parle peut-être pas ma langue... Ca serait normal, la série est en anglais normalement... Bon, c'est pas un problème, j'suis considérée comme bilingue au niveau européen mais... Pensa-t-elle
Entendant une voix féminine, Lancel tourna la tête vers la source du bruit. Il se trouva alors dans un endroit étrange et parfaitement inconnu. Un cube gris émettait des images mouvantes et produisait des sons. La décoration des lieux, les meubles, les lustres qui brillaient sans bougies... Et puis, sans doute la maîtresse de maison, qui le détaillait du regard, avec un air de surprise mais aussi... d'émotion ? Pourquoi était-elle émue ? Ils ne se connaissaient pas ! Pourtant, elle semblait l'avoir reconnu. Il prit le temps de l'étudier un peu. Elle était nettement plus petite que lui, elle devait sans doute lui arriver à l'épaule ou à peine au-dessus. Elle avait des cheveux mi-longs blonds teints, cela se voyait, une racine d'un blond cendré se fondait avec la masse plus claire. Elle ne portait aucun maquillage, ce qui laissait voir quelques imperfections discrètes sur sa peau très claire. Elle était assez rondelette, elle avait de bonnes cuisses et malgré une espèce de chemise ample à manches courtes qui portait le symbole et la devise de la maison Stark, il pouvait deviner un petit ventre qui n'était pas du à un heureux événement. Ses bras étaient parsemés de grains de beauté d'un marron fort clair également. Il remarqua aussi ses ongles rongés et non vernis. Il se demanda un instant si son poids et ses ongles étaient liés ensemble par l'angoisse. Avant de se rappeler que lui aussi, ses ongles avaient morflé à cause du même traitement, débuté à cause du même mal sauf que lui avait gardé son appétit de moineau. La demoiselle aimait peut-être tout simplement la nourriture et voyant cette espèce de pantalon qui moulait ses jambes, elle ne semblait pas avoir de problèmes avec son apparence. Ses pieds étaient nus, mais une paire de chaussons, tout aussi étrange que le reste, était non loin d'elle. Elle portait à son cou un collier court avec... Son portrait ? C'était officiel, elle le connaissait mais lui non. Par chance, elle semblait parler le même langage que lui, avec un léger accent certes, mais il la comprenait. Elle avait l'air sincère dans son inquiétude pour lui. Ouf. Il était tombé sur une personne étrange mais qui n'était pas cruelle.
- Je... Ca va. Je vais bien.
A la vérité, il se sentait encore secoué et la tête lui tournait en plus de lui faire mal. Il avait du se heurter le crâne en tombant. Il entendit ensuite la jeune femme lui proposer de s'asseoir sur cette chose noire et sombre qui ressemblait aux sofas de chez lui. Il accepta bien volontiers. C'était froid, la matière lui était inconnue mais c'était confortable. Et il devait y avoir un mécanisme pour en faire un lit ou autre car, en se penchant, il remarqua que le dossier s'abaissait avec le poids de son dos pour lever ses jambes et le mettre en position allongé. Surpris, il se redressa aussitôt. Tout était mélangé dans son esprit. Il discutait avec Tyrion puis il y avait eu comme un grondement d'orage qui les avait coupés. Il s'était senti attiré par l'arrière, dans le noir presque total. Il se rappelait aussi la voix soudainement paniquée de son cousin qui l'appelait. Peut-être l'avait-il rêvé ? Après tout, il était en train de le menacer de mort aux mains d'un roi fou... Il ne savait pas s'il devait se sentir soulagé d'être loin de toute cette machination qui se montait autour de lui, qui allait le bouffer littéralement car bien trop grande pour lui, ou inquiet d'être sur une terre dont il ne savait rien et dans la demeure d'une jeune femme anonyme. Son tic revint, celui de poser son pouce et son index sur chaque côté de la base de son nez.
Marina l'observait en silence. Il avait l'air fatigué. Mais surtout, il était exactement comme elle se l'était imaginé, comme elle l'avait rêvé chaque nuit : Lancel était un jeune homme enfant, qui avait du grandir trop vite et cela se passait bien mal. Elle avait vraiment mal au cœur pour lui. Discrètement, elle se mordit un coin de la lèvre pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. La douleur lui fit comprendre que le Lannister cher à son cœur était bien dans son petit appartement.
- Vous voulez boire quelque chose ? Lui proposa-t-elle après un moment de silence
Il la regarda, comme s'il avait oublié qu'elle était là. Elle ne lui en tint pas rigueur compte tenu des circonstances.
- Merci.
Elle lui apporta un grand verre d'eau bien fraîche. Il la remercia d'un faible sourire avant d'avaler le contenu d'un trait. Il ne s'était pas rendu compte qu'il était assoiffé. Puis, il se dit que, vu que la demoiselle semblait coopérative, il pouvait toujours lui poser des questions sans se faire rabrouer.
- Qui êtes-vous ?
- Je m'appelle Marina. Lui répondit-elle avant de lui préciser son nom de famille
- Où suis-je ?
- Chez moi.
Lancel se retint de lui sortir une pique irritée. Elle n'avait pas tort et en plus, s'il se la mettait à dos, il pouvait être mis dehors. Il serait bien avancé alors.
- Plus précisément ?
- A Dunkerque, en France. Le nord du pays.
Voyant son incompréhension, elle mentionna une terre nommée Europe. Il était perdu. Génial. Comment rentrer chez lui ? Et par les Sept, où diable était-il ?! En quelle année ?! Il respira un bon coup pour se calmer.
- Tyrion t'a vu te volatiliser. Je ne suis pas important à ses yeux mais je reste un Lannister, ils lanceront des recherches pour moi... Mais... OncleTywin l'a fait pour Oncle Gerion et on ne l'a jamais retrouvé... Je ne veux pas rester coincé ici...
La propriétaire des lieux voyait toute une gamme d'émotion passer sur le visage de son idole et elle se retenait de l'enlacer pour un gros câlin consolateur et limite maternel, un comble pour celle qui se vouait à une vie de nullipare. Parce que, dans le fond, elle avait une réserve timide et Lancel ne la connaissait pas. Il pouvait la rejeter, par pudeur ou par peur, ce qui serait parfaitement compréhensible. Elle passerait de la fille étrange mais charitable à la fille dérangée. Mais que faire ? Que dire ? Elle préférait être maladroite qu'ingrate mais elle était impuissante.
- Au fait... Je m'appelle Lancel. Lancel Lannister. Lui lâcha-t-il après un silence douloureux. Mais vous le saviez déjà, je suppose, quand je vois votre pendentif.
- Enchantée, Lancel. Je le savais mais j'aime les présentations. Lui répondit-elle avec un sourire
Il ignorait si c'était la fatigue ou l'impression d'être malade suite à un moyen de transport houleux, cependant il ne put retenir un léger rire. Okay, la fille était bizarre mais elle était amusante. Ce qui ne le sortait pas pour autant de la mouise dans laquelle il se noyait.
- Je suppose que vous ne savez pas comment je peux rentrer chez moi.
- Si je le savais, il y a déjà longtemps que je serais venue coller un pain à ce putain de roi ivrogne, Robert ou pas Robert. Merde, on ne traite pas son écuyer comme ça !
Lancel tomba des nues avec ces mots. Elle connaissait son passé. Son histoire. Ce qui semblait logique dans le fond, vu qu'elle le connaissait déjà d'apparence et de nom. Mais il sentit ses entrailles se nouer. Quelqu'un voulait le défendre. Le protéger. L'aider. Quelqu'un était de son côté et ce, pour la première fois depuis très longtemps. Et cela le touchait au plus profond de son être. Quelqu'un l'avait compris. Il sut alors qu'il était peut-être ailleurs, mais il était en sécurité.
Il avait une alliée.
A suivre
