Note de l'auteur _ Bonjour les d'jeun's ! Voilà le premier chapitre de cette fiction, beaucoup plus long ce qui en ravira plus d'un ! LOL. Peut-être même trop long alors j'espère que vous ne vous ennuierez pas car il ne se passe presque' rien... =P

Un grand merci pour tous vos reviews en tout cas ! Ça m'a fait très plaisir ^^' J'espère' que vous continuerez comme ça. Merci également à ma Zoé d'amour (faut que j'arrête les déclarations moi hein =p) de me corriger et de m'aider et puis voilà !

Bonne lecture !

.

.

Inexistence _ Chapitre 01

.

.

« Dès qu'il y a des gens qui bougent, les immobiles disent qu'ils fuient. »
Jacques Brel

.

.

L'atmosphère de la chambre était lourde et pesante. Le feu brûlait dans l'âtre de la cheminée sans jamais s'étouffer, entretenue par magie. Les reflets rougeoyaient sur les murs, dessinant des serpents sur le papier peint argent et vert. Sur la cheminée, ni photos, ni bibelots. Rien qui aurait pu rendre la chambre plus accueillante ou donner une quelconque personnalité au lieu. Elle était aussi rangée qu'une chambre d'hôtel. Pas un grain de poussière ne traînait. Les elfes de maisons passaient toutes les heures pour épousseter, à l'aide d'un chiffon, les meubles proches de la cheminée, se débarrassant de la suie et de la cendre restante des bûches.

Quelques vêtements étaient éparpillés sur le sol, sans doute jetés là depuis la veille. Les elfes de maison n'avaient pas osé y toucher. Ils savaient tous que le maître était très irritable quand ils touchaient à ses affaires. Dans un coin de la pièce, une malle était grande ouverte, laissant découvrir un petit désordre. Les robes de sorciers et autres uniformes y étaient tout de même assez bien pliés. Des livres -qui semblaient presque neufs, car ils n'étaient que très rarement ouverts- étaient empilés avec de petites fioles multicolores et un bric-à-brac innommable.

Tout ce bazar appartenait à un jeune homme de dix-sept ans, élève de Poudlard -école de Magie. À demi-nu sous des draps de soie, Drago Malefoy observait le baldaquin de son lit, le regard fixe. La chaleur des lieux lui pesait. D'habitude, tout était si glacial chez lui... Même en hiver, les cheminées restaient ordinairement éteintes. Cependant, une tempête de neige secouait le pays et, aussi inhumains soient-ils, les Malefoy pouvaient aussi avoir froid. Drago avait désormais trop chaud et une légère couche de sueur perlait sur sa peau d'albâtre. Ses cheveux blonds étaient ébouriffés et humides depuis la douche qu'il avait prise quelques dizaines de minutes plus tôt alors qu'il ne trouvait pas le sommeil. Ses yeux -couleur saphir grisé- semblaient transpercer le baldaquin. Il avait tendu ses bras, croisés sous l'arrière de sa tête, ses muscles crispés se dessinant parfaitement alors qu'il contractait ses tendons avec amertume, chaque veine semblant étrangement gonflée.

Le regard d'une femme passant par là aurait été irrémédiablement attiré vers son torse imberbe et aurait admiré la puissance de ses membres musculeux. Le regard d'un sorcier aurait été attiré par quelque chose de beaucoup moins plaisant... Un tatouage reposait sur l'avant bras de l'éphèbe. Un serpent ondulait calmement, et avec une sensualité certaine, sortant d'un crâne. La Marque des Ténèbres. Autour d'elle, la peau de l'adonis était boursouflée et écarlate, comme marquée par une allergie.

Drago Malefoy était enfin un Mangemort. Cela ne faisait que quelques heures, mais il sentait déjà la différence couler dans ses veines enflammées. Il était né en étant une personne singulière, les aristocrates étaient censés l'être. Mais devenir un Mangemort alors qu'il n'avait que dix-sept ans et quelques mois était simplement exceptionnel. Aucun élève de son année n'avait encore eu cet... Honneur ? Ce mot semblait sonner faux dans sa propre tête. Il se refusa donc à y penser et se redressa dans son lit, le drap s'abaissant sur son torse. Il enfouit son visage dans ses paumes. Ses mains -aux doigts longs et fuselés- tremblaient à peine, mais il semblait étonnamment piteux. Cet état ne lui allait pas.

Il quitta ses draps, qui s'écroulèrent au sol avec fluidité, puis avança dans sa chambre, ses pieds battant sur le parquet, si ciré qu'il put y voir son reflet. Chaque articulation, alors qu'il s'étirait, se dépliait avec élégance et il s'empara de sous-vêtements propres dans sa penderie avant de rejoindre la salle de bain. Son sang battait contre ses tempes.

« Nuzarg. »

Sa voix claqua dans l'air, interrompant la sérénité apparente des lieux. Le bruit du plop d'un elfe de maison retentit dans la salle de bain immaculée. Drago n'accorda même pas un regard au dénommé Nuzarg et cracha :

« Fais-moi couler un bain. »

L'elfe de maison s'abaissa jusqu'à ce que son nez touche de sol et pépia :

« Oui, Monsieur Malefoy, bien sûr, Monsieur Malefoy. »

Il commença à s'afférer au travail, surveillant la température de l'eau ou des détails aussi sordides que le taux de bain moussant utilisé. Drago retira son caleçon dès que Nuzarg transplana à nouveau. Il plongea dans son bain, tressaillit lorsque l'eau atteignit son avant-bras, mais avec un grognement rauque tenta d'oublier la douleur, le désagrément que lui procurait son tout nouveau « tatouage ».

Il appuya sa nuque contre le rebord de la baignoire et essaya de se détendre. Des notes de musique lui parvinrent depuis le rez-de-chaussée. Il imagina les doigts graciles de sa mère glissant sur les touches du piano et s'assoupit, plongeant dans un demi-sommeil réparateur.

.

.

Au dernier étage du manoir Malefoy, le grenier renfermait sans doute plus de choses que le commun des mortels ne l'imaginait. Des livres de Magie Noire, des objets illicites, toutes sortes de babioles qui auraient pu envoyer Lucius Malefoy à Azkaban à vie. Mais les Malefoy n'allaient pas en prison. Ils étaient trop riches et trop puissants pour ça. Il y avait bien des objets interdits sous peine de prison, très dangereux, mortels même...

Mais le grenier du Manoir Malefoy dissimulait également le plus grand secret de la famille.

Dans une petite pièce close au coin du grenier, un matelas était posé sur le sol. Une boite en carton contenait toutes les affaires personnelles de celle qui habitait les lieux : quelques robes noires toutes simples, une paire de ballerine, une autre de collants -à n'utiliser que pour certaines occasions et un livre que lui avait un jour offert la personne qu'elle aimait le plus au monde. Il y avait également les sanitaires -le minimum- dans une cabine d'à peine un mètre sur un mètre.

Les misérables lieux appartenaient à une jeune fille de dix-sept ans, domestique des Malefoy. Vêtue d'une simple robe de chambre en coton, Keira observait le plafond, aussi moisie que son matelas, le regard fixe. Elle n'avait pas pu dormir à cause de la température glaciale de sa « chambre ». Sans couverture -ni quoi que ce soit de semblable- la tempête de neige au dehors l'avait givrée toute la nuit durant. Elle savait bien que le reste de la maison était chauffée. Mais c'était un luxe qui n'était pas permis à la race « inférieure » comme disait son maître. Elle avait l'impression que la fièvre s'emparait d'elle. Elle avait dû prendre froid. Une fine couche de sueur froide glissa sur sa peau aussi blême que du marbre, et elle l'essuya d'un geste rapide du dos de sa main transie.

Elle avait de longs cheveux d'un blond presque blanc qui ondulaient sur ses épaules -en raison de sa coiffe habituelle que constituait un chignon très serré lui donnant un air sévère- et ses yeux étaient d'une étrange couleur cobalt –tirant davantage sur le bleu- et brillant d'une lueur étonnante. Malgré le lieu où elle vivait, l'espoir luisait au fond de son regard. Elle glissa ses doigts derrières ses genoux pour les réchauffer, parcourue de frissons de plus en plus violents. Sa peau était plus blême que d'ordinaire et ses lèvres avaient pris une couleur violacée -assorties aux cernes assombrissant son regard, comme si elle avait reçu des coups. Elle en recevait parfois, quand elle ne faisait pas assez bien son travail pour son maître. Mais ce dernier préférait encore le sortilège Doloris pour la faire souffrir sans laisser de traces sur son corps pourtant meurtri. Ses os saillaient à chacun de ses mouvements sous sa peau quasi translucide comme celle d'un albinos. Ses veines aussi étaient distinctes.

Un dernier frisson la crispa violemment et elle fut prise d'une envie de vomir. Elle tenta de l'oublier et se leva en claquant des dents avant de s'emparer d'une de ses robes ternes. À force d'être portées -tous les jours, été comme hiver- elles étaient passées du noir au gris. Ses sous-vêtements étaient devenus grisâtres également et surtout trop petits pour elle malgré la maigreur effrayante de son corps qui semblait pouvoir être emporté par un coup de vent.

Elle se déshabilla à une allure déroutante -voulant passer le moins de temps possible nue- et se rua à l'intérieur de la douche, le corps pétrifié. Elle actionna le bouton de déclenchement de l'eau et un jet glacé aspergea sa peau. Elle retint un cri, des larmes perlant aux coins de ses paupières. Elle cessa de respirer, incapable de le faire comme si elle avait plongé dans une glacière. Tout son être fut envahi d'une nouvelle douleur. Elle mourrait simplement de froid. Ses os se contractaient avec violence et elle vacilla, sur le point de s'écrouler. Elle se rattrapa aux murs crasseux et appuya une nouvelle fois sur le bouton de la douche pour l'éteindre. Elle se sécha très vite avec une petite serviette de bain -grisée également- avant d'enfiler sa robe.

Elle était trop étriquée à la poitrine -même si la jeune fille n'en avait guère- et trop courte également. Mais elle n'avait pas osé en demander une nouvelle. Supplier aurait été un terme plus précis. Et Keira n'aimait pas supplier... On ne suppliait pas lorsqu'on n'existait pas.
Après avoir terminé de se préparer, elle quitta son grenier, se sentant misérable et toujours souffrante. Elle n'aurait en aucun cas le droit de se plaindre durant la journée. Nuzarg lui préparerait peut-être un petit quelque chose pour qu'elle se sente mieux. L'elfe de maison s'était pris d'affection pour l'adolescente qui n'avait pas une vie plus simple que la sienne. Monsieur Malefoy la traitait même avec plus de sévérité, l'humiliant à chaque possibilité qui lui était offerte, la méprisant à chaque regard.

Elle descendit aux étages inférieurs où la chaleur des lieux lui redonna le sourire -qu'elle devrait dissimuler par la suite, car elle ne devait être trop expressive. Un indice de bonheur lui aurait sans doute valu un ou deux Doloris et quelques jours au pain sec et à l'eau. En y pensant, elle se permit un nouveau sourire. Des patates et de l'eau ou du pain sec et de l'eau ? Quelle diversité ! Peut être pourrait-elle jouer les rebelles aujourd'hui... L'idée la tentait bien et elle s'imagina une multitude de scénarios différents qui se terminaient toujours de la même façon : l'Endoloris.

Les premières notes de piano lui parvinrent et un étrange sentiment de mélancolie la submergea peu à peu. L'air connu, doux et mélodieux, lui aurait sans doute arraché des larmes si elle avait été seule. Pourtant, autre chose attira son attention. Une porte s'ouvrit à sa gauche et un jeune homme blond en sortit. Il était rentré ! Un nouveau sourire, plus étourdissant, éclaira son visage. Le garçon se tourna vers elle, sentant son regard qui lui vrillait le dos. Un admirable petit rictus en coin apparut, tout en retenu comme toujours.

« Bonjour, Keira, articula-t-il finalement en avançant d'un pas.

– Bonjour, Mons... »

Le regard de Drago se fit sévère et elle s'empourpra un peu, se permettant un pas à son tour. Il lui avait, un jour, interdit de l'appeler Monsieur. Elle n'avait pas à le faire -sauf en public bien évidemment où un tel comportement l'aurait sans doute conduit à une mort lente et douloureuse.

« Drago. »

Il eut un court silence et elle dût se retenir de le serrer contre elle. Les périodes où il quittait le manoir pour étudier dans son école de Magie paraissaient durer des siècles. Il amorça lui-même un pas pour l'enlacer et elle jeta un coup d'œil au couloir. Il était vide -comme toujours. L'étreinte fut formelle. Quiconque en aurait été témoin se serait dit qu'elle était obligatoire. Mais Drago et Keira savaient tous deux que ce n'était pas le cas. Il n'aimait guère les contacts physiques -du moins, ceux qui restaient platoniques- et elle avait certaines barrières à ne pas franchir.

« Comment se sont passés vos cours ? lui demanda-t-elle timidement, ne voulant passer au tutoiement pour le moment.

– Binns est toujours mort, le garde chasse toujours pleurnichard, Potter et ses adorateurs toujours aussi agaçants. Et toi ? Comment les derniers mois se sont-ils passés ? l'interrogea-t-il avec sérieux, véritablement nerveux en imaginant ce qu'elle avait pu surmonter.

– Bien. » mentit-elle.

Il la contempla, jaugeant son apparence, s'expliquant chaque bleue, chaque cicatrice. La pâleur de ses joues le saisit et il grimaça, une rage fulgurante déformant ses traits.

« Pas d'eau chaude ? Ni de couvertures dignes de ce nom ? »

Il avait craché ses mots avec une violence et une rancœur si effrayante qu'elle frissonna avant de baisser les yeux, ne désirant pas lui dire la vérité -qu'il connaissait déjà au fond. Pourquoi voulait-il qu'elle se répète, qu'elle lui raconte ses malheurs ? À quoi servaient ses mots quand il constatait qu'elle était si chétive ? Il releva le visage de Keira, passant ses doigts sous son menton, la forçant à le regarder dans les yeux.

« Quand ils seront couchés ce soir, rejoins-moi. Tu pourras prendre un vrai bain... Et dormir dans un vrai lit. »

Elle le contempla, choquée. Devenait-il suicidaire ? L'inquiétude et l'effarement durent se lire dans son regard, car il sourit à nouveau -se rappropriant les accents railleurs et traînants qu'elle connaissait si bien.

« Voyons ma chère... Seriez-vous en train de vous défiler ? En quatre mois, vous êtes devenue une trouillarde ? »

Il se moquait ouvertement d'elle, la taquinant, la provoquant pour qu'elle accepte son invitation. Elle n'eut pas le temps de répondre qu'une voix froide claqua l'air, givrant tout comme seuls les Détracqueurs pouvaient normalement le faire. Ils n'étaient pas humains... Et l'homme qui parla ne l'était sans doute pas plus. Lucius Malefoy articula avec dédain :

« Je ne crois pas que ta place soit ici. »

Il se déplaça et Drago s'éloigna un peu d'elle, permettant à son père de faire face à Keira qui baissa les yeux. Faire autrement aurait été le défier. Elle n'eut pas le cran de le faire... Il était si méprisant qu'elle jeta un coup d'œil à Drago dont les poings s'étaient ostensiblement crispés, ses tendons se dessinant sous sa peau blême. Elle l'entendait presque respirer -plus fort, comme s'il tentait de contenir sa rage.

Lucius Malefoy se redressa de toute sa hauteur, se rendant plus grand. Il n'en avait pas réellement l'utilité, Keira se tassait déjà sur elle-même, mais il voulait bien lui montrer qui était le maître. Elle n'eut guère besoin de se le rappeler. Elle le savait. Keira n'existait pas. Elle était invisible, sauf pour les crises de nerfs du Sir Malefoy. Pendant ces courtes -mais si pesantes- minutes de silence, il la domina tout entière, avant de quitter les lieux en lui ordonnant d'aller à la cuisine -là où était sa place. L'inexistante avait donc une place réservée ? Il interpella alors son fils pour que ce dernier le suive, ayant sans doute envie de discuter de son insertion dans les rangs du Seigneur.

Drago esquissa un triste sourire en se tournant vers Keira, qui n'avait pas bougé d'un pouce, stupéfiée. Il embrassa le sommet de son front, rare marque d'affection qu'il lui prodiguait lorsqu'elle en avait vraiment besoin, avant de chuchoter:

« Nous nous reverrons plus tard, petite sœur... »

.

.

Le soleil se levait derrière les montagnes enneigées de Snowdon à l'Est de la Grande-Bretagne. Une tente était secouée par le vent au milieu d'une imposante forêt. Chaque branche semblait sur le point de se briser pour mieux s'envoler, chaque arbre menaçant avait la possibilité de se tordre avant de tomber à terre, écrasant le minuscule logis d'infortune du voyageur. Un fatras d'objets étranges reposait sur le sol glacé et quelque peu humide. Un sac à dos traînait dans un coin et une sorte de kitchenette détonnait. Un moldu passant par là aurait trouvé cette tente stupéfiante de par sa taille -elle semblait plus spacieuse à l'intérieur qu'en apparence extérieure, et par l'inhabituel confort qu'elle comportait.

Accroupi au sol, un jeune homme de dix-sept ans environ rangeait ses affaires, prêt à quitter une nouvelle fois le lieu où il s'était installé pour dormir quelques heures. Un froid glacial pénétrait dans sa tente, mais grâce à un sortilège de réchauffe, il était plutôt à l'aise. Harry Potter remonta ses lunettes sur son nez, avant d'accrocher une épée à sa ceinture. L'épée de Gryffondor. Elle lui avait servi à de multiples reprises ces dernières semaines. En particulier depuis le jour où -en cherchant des informations à Godric Hollow- il avait brisé sa baguette magique.

Il avait réussi à en voler une à un Mangemort qui avait tenté de le suivre après qu'il ait malencontreusement prononcé le nom de Voldemort -ce qu'il n'avait en aucun cas le droit de faire depuis le début de l'année car il était tabou. Mais la baguette ne fonctionnait pas assez bien avec lui. Il se servait donc de l'épée comme d'une arme, l'utilisant pour détruire les Horcruxes et tuer ses ennemis.

Il poussa un profond soupir, n'ayant guère envie de quitter sa tente, de la replier et de s'en aller encore. Il prendrait son éclair de feu cette fois ci. Marcher ne le tentait pas. Il voulait aller vers le sud, retrouver un peu de soleil. Il ne savait pas où chercher le dernier Horcruxe -un objet appartenant sans doute à Serdaigle. Il avait déjà détruit le médaillon de Serpentard, la coupe de Poufsouffle. La bague de Gaunt avait été détruite par Dumbledore l'année précédente -le condamnant par la même occasion. Harry avait lui-même détruit le journal de Jedusor à douze ans. Il savait que le serpent Nagini et Voldemort seraient détruits en derniers. L'objet manquant devait porter le blason de Serdaigle... Il avait beau y réfléchir, il ne voyait pas. Hermione lui manqua un instant. Sa meilleure amie aurait sans doute connu l'existence d'un tel objet.

Mais comme Ron, comme Ginny, elle n'était pas là pour l'aider. Penser à ses amis lui provoqua un petit pincement au coeur et il tenta de se reprendre avant de craquer. Si sa "mission" ne finissait pas bientôt, il aurait besoin d'une potion d'euphorie...

Il se rallongea sur son lit, n'ayant pas le courage d'aller plus loin. Il savait que Noël approchait. En quittant Poudlard, il avait espéré être rentré pour les fêtes. Il avait déjà le cadeau d'Hermione, celui de Ginny. Il leur avait acheté à une période qui lui semblait bien lointaine désormais.

Hedwige hulula en entrant dans la tente après avoir chassé et Harry lui marmonna avec mauvaise humeur:

« Je t'ai déjà dit de ne pas rentrer ! »

Il savait que sa chouette le comprendrait. Cela aurait pu le faire repérer. Elle était trop facilement reconnaissable. Elle hulula à nouveau pour seule réponse et il respira profondément en la regardant. Il n'avait encore envoyé aucun courrier à personne et fut envahi d'un désir de le faire. Il se leva et sortit un rouleau de parchemin humide de son sac à dos puis un crayon noir -son seul moyen d'écrire, avant de déchirer un morceau de papier et se mit à griffonner nerveusement dessus tout ce qu'il voulait leur dire... Ou plutôt lui dire.

Ginny,

Je suis désolé d'être partie comme ça. Je sais que tu dois m'en vouloir, mais j'espère que tu me pardonneras à mon retour. Surtout que le moment n'était pas particulièrement bien choisi.

Je ne peux évidemment pas te confier où je suis, mais pourrais-tu dire à Ron et Hermione que j'ai beaucoup avancé. Ils comprendront. Je t'expliquerais tout à mon retour. Je ne sais pas encore quand ça sera. J'aimerais vraiment pouvoir t'en dire plus... J'aimerais vraiment être près de vous.

J'espère que vous allez tous bien et que je vous retrouverai tous très bientôt.

Je t'aime, Ginny...

Harry.

Ps: Pourrais-tu garder Hedwige ? Elle finira par m'attirer des ennuis...

Il accrocha ensuite la lettre à la patte de sa chouette et lui expliqua ce qu'elle devait faire. Alors qu'elle s'envolait, le quittant définitivement, il commença à ranger ses affaires à nouveau, plus prêt que jamais à se battre sans relâche jusqu'à ce qu'il puisse rentrer chez lui.

.

.

Le Terrier bringueballant tanguait à chaque bourrasque. La neige violentait les vitres, provoquant des tremblements irréguliers et assez désagréables. Le soleil ne semblait pas vouloir percer les rideaux de nuages noirs assombrissant le monde alentour.

Dans une des chambres de cette maison des plus singulières, deux jeunes filles discutaient, éclairées par des bougies, à cause d'une coupure d'électricité dans tout le comté et ne voulant pas alerter les parents de l'une d'elle qui dormaient non loin de la pièce. Leurs voix se faisaient plus basses que des murmures pour ne pas se faire entendre par qui que ce soit passant dans le couloir de cette maison où une vingtaine de personnes couchait cette nuit là. La rouquine -la plus petite- était allongée sur son lit. La brune elle, était étendue sur un matelas au sol. Ses boucles s'éparpillaient autour de son visage éreinté par les battues effectuées un peu plus tôt dans la journée. Ses grands yeux chocolat étaient cernés de noir et se fermaient par intermittence, quand la fatigue avait raison d'elle. Il était près de huit heures du matin, mais il faisait encore complètement nuit. Cette atmosphère assombrie durait depuis plusieurs jours, déteignant sur le « moral des troupes » comme disait Arthur Weasley. Moral qui était déjà au plus bas.

Hermione Granger s'appuya sur son avant-bras, retenant un bâillement. Ses yeux picotaient sous la fatigue qu'elle traînait depuis plusieurs jours. Déjà, à Poudlard, les cours et surtout le reste lui donnaient le tournis. Elle avait espéré pouvoir se reposer pendant les vacances de Noël. Cependant, la disparition de Percy Weasley avait changé ses plans.

Il était simplement sorti, juste pour quelques heures... Mais n'était pas revenu. Depuis plus d'une semaine, les membres de l'Ordre et chaque famille pouvant être d'une quelconque utilité le recherchaient. À leur retour de l'école, les adolescents avaient également dû mettre la main à la pâte.

Le regard de la lionne se fit plus triste en pensant à la macabre découverte qu'ils pourraient faire s'ils retrouvaient le corps de Percy. Combien de personnes perdaient leurs proches à chaque seconde dans ce monde ? Même la Gazette du Sorcier ne les comptait plus depuis longtemps.

« Tu crois qu'il va bien ? »

La voix chevrotante de Ginny tira Hermione de ses pensées devenues incohérentes en raison de la fatigue. La plus jeune de cette grande famille qu'était les Weasley ne parlait pas de son grand-frère en prononçant ces mots mais, de la seule personne au monde qu'elle ne pouvait imaginer perdre. Harry. Le symbole du combat de l'Ordre avait quitté tous ses amis sans leur donner une quelconque explication. Beaucoup de gens pensaient qu'il avait fui, trouvant la guerre trop dangereuse pour lui. D'espoir du monde Magique, il était devenu un lâcheur -selon les termes de certains-, un trouillard -pour d'autres, un imposteur -pour les plus sournois.

Hermione Granger et Ronald Weasley savaient que ce n'était pas le cas. Leur meilleur ami était parti remplir la mission qu'ils pensaient pouvoir accomplir avec lui. Mais Harry Potter, comme toujours, n'en avait fait qu'à sa tête. Chercher les Horcruxes de Lord Voldemort seul était stupide, incompréhensible, tout simplement fou... Et Hermione lui en voulait de prendre de tels risques. Ils n'avaient pas eu de ses nouvelles depuis près de deux mois. Soixante-huit jours, huit heures et quatorze minutes exactement. Ginny s'en souvenait. Elle avait été la dernière à le voir, profitant de la première -et ultime ?- nuit en compagnie du garçon qu'elle aimait depuis ses dix ans.

Hermione se redressa pour contempler le visage rose de sa meilleure amie.

« Je suis certaine qu'il va bien. S'il avait été attrapé, tous les journaux en parleraient. Il doit être quelque part, non loin de nous... Sauf que nous ne pouvons pas le voir. Tenta-t-elle de la rassurer avec tendresse.

–Il serait revenu aider s'il savait pour Percy. Répliqua Ginny avec fougue, haussant le ton. Il serait venu... et il n'est pas là !

–Harry n'a sûrement pas accès à ce genre d'informations là où il est. Contra la brune. Il... reviendra dès qu'il le pourra. »

Ginny se tut un instant et des larmes apparurent aux coins de ses yeux marron, d'une profondeur inégalable. Elle ne pleurait presque jamais, mais dans une telle situation, elle ne put s'en empêcher. Entre son frère disparut et son petit ami tout aussi introuvable, elle eut peur de perdre la raison. D'une voix décousue, elle haleta.

« Il reviendra, d'accord... Acquiesça-t-elle comme pour s'en convaincre. Mais dans combien de temps ? Et dans quel état ? »

Hermione se rallongea complètement sur son matelas sans répondre. Elle n'avait pas de réponses à ces deux questions qu'elle ressassait elle-même -trop souvent- depuis quelques semaines. Mais à quoi aurait-il servi de se laisser abattre ? L'espoir était la seule chose qu'il leur restait. La seule chose qu'ils ne devaient jamais abandonner.

Quelques heures plus tard, leur courage était cependant mis à rude épreuve. Dans les forêts près de Loustry Sainte Chaspoule, les fougères semblaient trop hautes, les arbres trop grands... Les membres de leur escouade avaient l'impression de voir toujours les mêmes choses. C'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Ils marchaient depuis des heures à la recherche d'un seul indice leur prouvant que Percy Weasley avait pu passer par là.

Finalement, un des membre du groupe -un grand rouquin à l'allure dégingandé- s'installa sur un tronc avec sa gourde d'eau. Son visage aux traits tirés avait perdu l'air bienveillant ou parfois ronchon qui le caractérisait si bien autrefois. Ses yeux bleus n'étaient plus aussi brillants. Une couche de poussière et de boue recouvrait sa peau par endroits, formant presque un masque. Il passa sa main dans ses cheveux avec une profonde lassitude.

« J'bouge plus. » grommela-t-il alors.

Ron Weasley n'avait jamais été du genre à abandonner une bataille avant même que celle-ci ne commence. Mais il avait l'air si épuisé que son père cessa de marcher.

Le petit groupe était composé de trois hommes et deux jeunes filles: Arthur, Bill, Ron et Ginny Weasley ainsi qu'Hermione. Tous sales et fatigués. Ginny s'appuya contre son grand-frère, sa tête lui tournant et Bill passa sa main dans ses cheveux avec douceur.

« On devrait rentrer, papa. Il commence à faire nuit. On marche depuis des heures... On reprendra les recherches demain. »

Ron acquiesça, le souffle court et Hermione s'installa près de lui, une douleur lancinante sur le côté.

« Je n'en peux plus... » Se plaignit-elle.

Et pour la première fois, elle se rendit compte que ces mots avaient un sens dans sa bouche. Elle n'en pouvait vraiment plus. Le monde semblait avancer au ralenti depuis quelques semaines. Tout passait étrangement lentement et pourtant, elle avait le sentiment de ne pas avoir le temps d'agir sur les événements. C'était un paradoxe qu'elle avait du mal à saisir, et elle se demanda si un retourneur de temps lui servirait.

Neuf semaines plus tôt, Harry était parti. Huit semaines plus tôt, Rogue était revenu lui et leur avait expliqué des milliers de choses dont personne ne se doutait, omettant pourtant certains détails. Hermione avait eu l'impression qu'il leur cachait quelque chose. Cinq semaines plus tôt, ses parents avaient été retrouvés morts, la marque des ténèbres volant au-dessus des maisons saccagées. Une centaine de moldus de la rue où elle vivait enfant avaient été torturés et assassinés sans qu'elle ne puisse rien y faire.

La vie continuait... Continuait encore sans s'arrêter, ne lui laissant pas le temps de reprendre son souffle.

Voilà que Percy disparaissait. Percy qui avait retrouvé sa famille quelques semaines plus tôt, reniant pour cela le ministère corrompu et risquant de fait sa vie. Tous savaient qu'il n'y avait presque aucune chance de le retrouver vivant, mais personne n'osait prononcer ses doutes à haute voix. Comment auraient-ils put dévoiler à cette famille si unie et généreuse que l'un de leur fils devait être mort depuis longtemps ? Les pleurs de Molly étaient déjà assez pesants.

L'espoir faiblissait tant chez chacun qu'Hermione songea que Voldemort était bel et bien un fin stratège. Personne n'organisait réellement une guerre et la plupart des sorciers vivaient enfermés dans leurs maisons, ne voulant pas penser au retour du Seigneur des Ténèbres. Ils préféraient ignorer toutes les horreurs se déroulant autour d'eux, fermer les yeux pour ne pas avoir à y croire. La solution de lâcheté par conséquent. Lupin disait qu'il valait mieux que ces sorciers ne choisisse pas le camp de Voldemort et préfèrent se terrer plutôt qu'avoir à les retrouver sur un champ de batailles dans quelques mois.

Ron passa son bras par-dessus l'épaule de la brune avec tendresse. Depuis le départ de Harry, il semblait complètement ailleurs. Il était désagréable avec à peu près tout le monde -y comprit sa famille. Seules Hermione et Ginny recevaient encore ses faveurs. Il leur parlait plus qu'autrefois, tentait de leur rendre le sourire par tous les moyens. Il était le seul garçon du groupe désormais et trouvait apparemment que cela impliquait de nombreuses responsabilités. Il voulait tenir le rôle d'Harry, soutenir et unir ses amis et sa soeur autour de lui. Et les deux jeunes filles étaient sans doute les plus aptes à saisir ce qu'il ressentait.

Son meilleur ami lui manquait. Comme il manquait à Hermione et à Ginny. Sa petite soeur complètement amoureuse qui se traînait comme une âme en peine. Qui d'autre aurait pu la comprendre ?

Arthur essuya son crâne dégarni alors qu'une goutte de pluie y tombait.

« Alors, rentrons... » Chuchota-t-il, une pointe de déception dans la voix.

Ron et Hermione se redressèrent et ils firent tous demi tour, marchant dans la boue et dans la pluie pendant une bonne heure avant d'être de nouveau devant leur maison.

Le Terrier était rempli, comme tous les jours depuis la disparition de Percy. Molly Weasley préparait un repas dans une énorme marmite, voulant avoir assez de nourriture pour tout le monde. Ginny et Hermione l'aidaient comme elle le pouvait. Bill et Arthur discutaient dans le salon alors que Ron était allé se doucher pour ne pas avoir à supporter ces conversations.

Deux groupes étaient partis à la recherche de Percy. Les autres personnes présentes faisaient les plans pour les prochains jours, des recherches également sur d'autres personnes disparues. Ils avaient été le premier groupe à rentrer, les autres allant désormais plus loin, quittant les alentours pour fouiller les montagnes. Molly leur demandait avec acharnement s'ils étaient certains de ne rien avoir vu et les deux adolescentes répondaient à la négative en se jetant de tristes regards.

La porte d'entrée s'ouvrit à la volée et Fred, George, Charlie Weasley, Lupin et Tonks -son gros ventre pointant sous son manteau- entrèrent dans la maison, la mine sombre. Molly leur adressa un coup d'oeil plein d'espoir, mais Lupin soupira.

« Rien. Je suis désolé, Molly. Nous n'avons rien trouvés. »

La mère de famille sembla sur le point de craquer un instant et Ginny amorça un pas pour la prendre dans ses bras. Mais Molly releva la tête et dit simplement:

« Ce n'est pas grave. Nous finirons bien par le retrouver. »

Personne ne dit mot pendant plusieurs minutes, n'osant démentir ce qu'elle venait de proclamer comme une vérité inéluctable et elle finit par leur demander de s'asseoir pour le dîner.

Seul le bruit des couverts raclant contre les assiettes ponctua le repas, jusqu'à ce qu'une chouette des neiges entre dans la cuisine par la fenêtre entrouverte. Tous se retournèrent vers elle, une expression stupéfaite sur leurs visages sales.

« C'est Hedwige ! » hurla Fred en se levant pour attraper la lettre.

Mais la chouette s'envola jusqu'à Ginny -la seule destinataire. Les regards se portèrent sur elle, voyant un brusque changement d'attitude chez elle. De l'angoisse et la tristesse, elle était passée à un vif sentiment d'euphorie. Elle détacha le morceau de parchemin de la patte d'Hedwige en lui caressant la tête pour la remercier.

« Ouvre la ! » S'écria Lupin.

Les doigts tremblants, Ginny obéit et lu les mots d'Harry en silence, voulant les garder pour elle. Ses larmes lui brouillèrent la vue avant qu'elle ne puisse les arrêter et les autres y virent un mauvais présage.

« Il ne va pas bien ? Bredouilla Molly en blêmissant.

–Si... » Sanglota Ginny en relisant les mêmes mots une dizaine de fois.

Un premier « je t'aime » sur papier restait un premier « je t'aime », une première déclaration. Et dans les circonstances actuelles, il lui suffisait. De plus, Harry parlait de revenir. Elle relut une autre phrase et se tourna vers son frère et Hermione.

« Il me demande de vous dire qu'il a avancé... Qu'est ce qu'il veut dire par là ? » S'enquit elle en fronçant les sourcils.

Ron et Hermione échangèrent un regard, puis un immense sourire. Ils étaient les seuls à pouvoir comprendre ce que cela signifiait. Mais à quel point Harry avait-il réussi et à quel prix ? Même si il disait aller bien, ses deux amis savaient qu'il avait peut-être menti pour les rassurer, pour ne pas qu'ils s'inquiètent de son absence. Mais ce que leur avoua Ginny par la suite leur fit comprendre que peut-être, il disait vrai après tout.

« Il pense revenir... Il ne sait pas quand, mais il souhaite revenir. »

Un soupir de soulagement échappa à Hermione et Ron et Arthur se leva d'un bond, à la surprise de tous, se dirigeant vers la cuisine pour en ressortir quelques instants plus tard avec quelques bouteilles de bière au beurre, de whisky pur feu et de champagne moldu apporté par Fleur quelques jours plus tôt. Sa femme lui jeta un regard interrogateur, mais sans lui répondre, il se mit à servir tout le monde, en silence. Puis il s'empara de son propre verre et le leva.

« À la santé de Harry ! »

.

.

Note de l'Auteur _ Voilà, fin du chapitre ! lOl j'espère que ça vous a plu... Ce chapitre servait surtout à placer un peu les personnages, à vous faire comprendre ce qu'ils étaient devenu par rapport à ma fic ^^ et puis, non, Keira n'est pas morte ! xD ça m'a bien fait rire toutes vos idées de fantôme et d'esprit ou autres...j'vous jure, tous fous =p

Je posterais tous les samedis ou dimanches (dépend de moi et de ma Zoé)

Sur ces mots, reviews reviews mes amis xD (on ne se refait pas, n'est ce pas ?)

°¤ Bewitch_Tales ¤°