NOUS VIVRONS AVEC ASSEZ DE TEMPS POUR AVOIR TOUJOURS PLUS DANS NOS MAINS
Tu sais, je n'ai jamais rien demandé en particulier de toi. Ta présence me suffisait. Le fait que tu sois là, que tu me parles, que tu respires, tu sais, rien que ça me suffisait. Mais je crois ne pas être aussi patient que tu le crois. J'aimerais juste parfois être libre tu sais. J'ai l'impression parfois que c'est au dessus de moi. Comme un oiseau maintenu en cage qu'on aurait coupé les ailes, ou, encore, je sais pas, comme quelqu'un devenu aveugle après avoir fixé trop longtemps la lumière du soleil. Et le pire, vraiment le pire, c'est que tu ne me demandes rien. Jamais une fois tu ne m'as obligé, ou menacé de faire quoi que ce soit. C'est simplement moi, l'idiot, maintenu à la gorge par une main de fer que je tiens moi-même.. Je dois être maso, tout compte fait. N'empêche que cette prison que je me suis bâti à partir de toi va me tuer. Je respire ton air purifié, je bois tes paroles sacré, je ne vis que pour avoir le privilège de te côtoyer. Et ça me tue Mel, je te jure. Tu as fini par t'accoutumer au fait que je serai toujours prêt à tout faire pour toi, que ce soit de prendre un vol jusqu'au Japon rien que pour tes caprices de supériorité ou me jeter dans une mission suicide pour te faire triompher. Merde. Je me suis fait ennemi de l'humanité pour toi, tu t'en rend compte? Bon je me plains mais, tout ça en vaut la peine. Les souffrances que tu m'engendres sont parfois plus douces que les plus langoureuses caresses que je t'imagines me faire. Mais le temps court vite, et il a passé trop rapidement devant moi pour que je l'attrape. T'avoir pour moi prend trop de temps. Je ne peux plus simplement me contenter de t'avoir à côté de moi. Je te veux, là, tout de suite, dans mes bras, prêt à t'attraper peu importe la vitesse à laquelle toi tu passeras, je suis prêt pour toi. Et si j'étais doté de quelconque pouvoir divin me permettant d'arrêter le temps, je l'arrêterais pour toi. Mais je ralentis au même rythme que ma durée de vie et je sais qu'il ne me restera bientôt plus beaucoup de temps. Tu m'avais dit, justement une fois, ivre de victoire d'avoir le fameux Death Note en ta possession ou d'alcool, je ne sais pas trop, qu'il nous fallait prendre notre temps, parce que la vie passait à un temps fulgurant et que plus longtemps nous attentions, toi et moi, plus longtemps nous serions réunis, et notre ligne d'arrivée serait la lus belle de toutes. Je suis certain que tu ne pensais pas que j'attendrais aussi peu longtemps. Je suis désolé de t'apprendre que la plus importante promesse que je t'ai faite est celle que je ne pourrai pas tenir. Mais un jour nous vivrons ensemble. Nous vivrons sans toute cette pression mise envers nous pour exceller. Nous vivrons avec assez de temps pour toujours en avoir toujours plus dans nos mains. Et la vie sera plus belle. Un jour, toi aussi tu ralentiras, et j'espère que tu penseras à moi quand tu seras sur le point de t'arrêter. Car je t'attendrai. Parce que même si je suis en train de me briser, mon cœur surtout, j'ai donné beaucoup pour toi, et je te donnerai toujours tout, parce que j'en ai pris beaucoup, moi aussi. Et même si tu m'as ouvert ton âme, que je suis le seul auprès du quel tu te confies, je sais quand tu mens, et ça aussi, ça me tue. Ce n'est ni tes mots ni ta gestuelle qui te trahissent. J'aimerais être poétique et dire que je vois le mensonge à travers ton regard, mais c'est tout aussi banal et ordinaire que le fait de le savoir. Parce que je peux te prévoir, et personne ne connait la tempête Mello aussi bien que moi. Je peux prévoir les averses à des kilomètres à la ronde, et je peux ressentir dans le fond de mes tripes les rafales de vent mensongères qui m'affligent de leurs secousses à chaque fois que tu ouvres la bouche pour les déferler. Je prévois tes mensonges; je ne me laisse par contre jamais asperger par tes averses, je m'y suis habitué, je sais comment contrôler l'orage. Ils ont beau me percuté à chaque fois, par exemple, la fois où tu as quitté la Wammy's sans même m'en informé. J'ai su te pardonner, comme je l'ai ensuite fait pour toutes les autres choques que tu m'as cachées, parce que je t'attendais, et encore une fois je le ferai. Tu paraissais bien, tu sais, avant qu'on se sépare pour tout mettre en place. Je suis heureux que ce soit la dernière image que je garde de toi. Comme à ton habitude, tu étais beaucoup trop bien vêtu pour la tâche que nous allions exécuter. C'est du toi tout craché. En bout de ligne, je m'égare et je fais des liens avec tout et n'importe quoi, et toi-même tu dois être ennuyé et perdu dans mon baratin, mais je tenais juste à te dire, que malgré tout, malgré toutes ces choses que nous n'avons pu faire, malgré tout ce que je déteste d'une telle intensité que je finis par les adorer, malgré le temps si court qui nous a été alloué, je n'aurais jamais pu rêver d'une fin aussi douce et éthérée; une fin en sachant que j'ai vécu dans le même monde que la personne que j'ai le plus aimé.
Je dois y aller. J'entends les sirènes se rapprocher, et je sens qu'ils ont prévu la totale pour…
La tonalité a coupé. Veuillez enregistrer votre message de nouveau.
Merde, mon temps a été écoulé.
Il arrêta sa voiture à mi-chemin, leva les bras en signe d'abandon, et tenta vainement de prendre l'arme derrière son dos, sachant pertinemment qu'elle ne lui serait d'aucune utilité au moment où son corps sera criblé d'une vingtaine de balles.
Ceci conclut ce deuxième One shot! J'espère que vous avez eu autant de plaisir à le lire que moi à l'écrire. Comme je l'ai dit, les OS ne sont pas tous reliés, même si dans ce cas-ci, on pourrait voir celui-ci comme la suite logique du premier. Bref, encore une fois merci pour votre attention, en espérant vous retrouver pour le prochain!
N.M xx
