Chapitre 2 : It must be a bad dream
Le lendemain, en revenant de la salle d'autopsie, Gibbs marchait à grands pas et prit son arme de service dans son bureau.
- Qu'est-ce que Ducky a dit ? demanda Kate.
- Le quartier-maître s'est prit une balle dans la tête, elle vient de l'arme qu'on a trouvée près de lui. Il n'y a que ses empreintes dessus, hypothèse la plus plausible : suicide. Quant à sa femme, elle a été tuée par un objet contondant. Ducky pense à un marteau ou quelque chose comme ça. Ou alors quelque chose de très lourd.
- Alors... alors on y retourne, patron ? demanda McGee.
- Bonne déduction, McGee.
De retour sur la scène de crime, Gibbs donna à Kate l'ordre de fouiller le rez-de-chaussée, à Tony, celui de s'occuper du sous-sol, et demanda à McGee de se charger de l'étage, pendant qu'il fouillerait la cour.
DiNozzo descendit au sous-sol. Si le reste de la maison respirait le luxe, on pouvait dire que cet endroit laissait sévèrement à désirer : c'était sombre, poussiéreux et en désordre. Ils ne devaient pas y venir très souvent.
En cherchant un objet qui pourrait ressembler à l'arme du crime, l'agent remarqua quelque chose qui leur avait échappé la première fois qu'ils étaient venus : des traces dans la poussière près du mur du fond.
Appareil photo en mains, il s'approcha et prit quelques photos. Visiblement, le meuble couvert d'outils avait été déplacé récemment. Pourquoi l'avoir bougé ? Il n'y avait qu'une façon de le savoir : le faire et espérer que quelque chose serait dévoilé.
Le jeune homme poussa donc le lourd meuble de bois jusqu'à ce qu'il soit à l'endroit où on l'avait poussé avant de le remettre en place. Lorsqu'il posa son regard vers la portion de mur dégagée, il ne put s'empêcher de sourire : un cadenas. Un cadenas à clé.
N'ayant pas la fameuse clé, il se vit forcé d'improviser : il prit sur l'établi une pince solide (et lourde). Après deux ou trois essais, il cassa le cadenas, qui tomba sur le sol.
- Voyons la caverne d'Alibaba des Amberson...
Il poussa la « porte » ainsi libérée.
- Oh... mon... Dieu...
Tony n'en revint pas de ce qui s'offrit alors à ses yeux.
- On dirait que quelqu'un se prenait pour un grand scientifique, commenta-t-il pour lui-même en levant son appareil photo.
Après avoir pris plusieurs clichés, il s'approcha de la table, couverte d'éprouvettes, de fioles, de brûleurs, d'éléments de laboratoire en tout genre. C'était comme si l'équipement du laboratoire d'Abby s'était retrouvé rassemblé dans cette pièce minuscule.
- Hé ben Abby va bien s'amuser je crois...
Il sortit un sac de plastique de sa trousse et tendit sa main gantée vers une éprouvette, contenant un liquide blanc, qu'il prit pour la mettre dans le sac. Ce faisant, il fit accidentellement glisser une autre éprouvette qui devait être appuyée sur la première. L'éprouvette en question se cassa sur la surface de la table, répandant son liquide transparent.
Les scientifiques n'avaient donc jamais pensé à faire leurs contenants en plastique ?
Dehors, le téléphone portable de l'agent spécial Gibbs sonna. Il décrocha aussitôt :
- Gibbs.
- Gibbs, je crois qu'on a un énorme problème.
- Abby ? Qu'est-ce qui se passe ?
- J'ai analysé le sang que Ducky a prélevé sur la femme du quartier-maître Amberson, répondit la scientifique en parlant très vite. Il y avait dans son sang les traces d'un virus totalement inconnu et potentiellement dangereux, je ne l'ai pas encore étudié. Il y en avait aussi dans le sang du quartier-maître, dans une moindre mesure cependant. Et sur quelques-uns des prélèvements que vous avez fait dans la maison. Ce qui signifie...
- Qu'il faut évacuer la scène de crime tout de suite !
- J'ai appelé une équipe de spécialistes pour vous prendre en charge...
Sans même perdre une seconde pour raccrocher, l'ancien marine se mit à courir et entra en trombe dans la maison, faisant sursauter Kate qui, allongé sur le sol, regardait sous le sofa avec sa lampe de poche.
- Gibbs, qu'est-ce que...
- Sors de la maison, Kate ! DEHORS !
En voyant son patron aussi paniqué, la jeune femme ne posa pas de questions et sortit en courant, attrapant sa trousse au passage.
- Tony ! Tony, où es-tu ? DiNozzo !
- Je suis en bas ! répondit la voix du jeune homme.
- Sors ! Sors, tout de suite !
- Quoi ? Mais j'ai trouvé un truc complètement dingue, patron, vous devriez voir ça !
L'homme aux cheveux gris sentit son cœur manquer un battement et se sentit devenir dangereusement blanc.
- Justement, DiNozzo ! Prends ce que tu as et SORS !
Tony, à contrecoeur mais pressé par l'urgence dans la voix de Gibbs, prit sa trousse et monta l'escalier.
- J'ai trouvé une pièce dérobée... commença-t-il.
- Dehors, Tony !
Agacé par le manque d'explications, l'Italien se plia néanmoins aux ordres patronaux. À peine avait-il mis le pied dehors qu'un homme dans un de ces habits qu'on porte pour pénétrer dans des lieux contaminés l'attrapa par le bras pour l'entraîner vers la tente qui avait été précipitamment montée.
- Agent spécial DiNozzo, vous avez été exposé à un virus de souche inconnue...
« Oh, merde » songea Tony.
- Nous devons donc procéder à la décontamination immédiate...
Ils entrèrent dans la tente, où un homme – ou une femme, qui sait – portant la même combinaison s'occupait de Kate, jetant ses vêtements dans un sac de plastique qu'il referma hermétiquement.
- Dépêchez-vous, ordonna l'homme dans sa combinaison bleu vif, donnez-moi vos vêtements.
Sentant que la situation était très loin d'être une plaisanterie, Tony s'exécuta alors que l'autre personne arrosait le corps nu de Kate d'un liquide transparent à l'odeur nauséabonde, avec un appareil ressemblant à un pommeau de douche.
- C'est quoi, ce truc ? demanda le jeune homme en donnant ses vêtements à l'homme.
- Produit désinfectant, répondit-il en fourrant les vêtements de DiNozzo dans un sac de plastique, qu'il scella hermétiquement.
Le « pommeau de douche » de métal projeta sur la peau de Tony un liquide froid – très froid – alors qu'on donnait à Kate un jogging noir du NCIS. Lorsqu'elle sortit de la tente, McGee prit aussitôt sa place.
Lorsque Tony eut enfilé le Ô combien élégant jogging noir du NCIS, on le laissa sortir de la tente pour prendre Gibbs en charge.
- Dire que j'ai prié depuis mon entrée au NCIS pour ne jamais avoir à porter cette horreur, commenta le jeune homme en direction de Kate.
- Toi, tu pries ? se moqua la jeune femme.
- Façon de parler. C'est quoi cette histoire de virus ?
Il porta sa main à son nez.
- Merde, je pue, maintenant !
- J'en sais rien, répondit Kate. Je crois que Gibbs a reçu un appel.
- Ce truc est dégoûtant ! lança McGee en sortant à son tour de la tente de décontamination.
- Pour une fois, le bleu a raison, patron, intervint Tony en direction de Gibbs qui sortait de la tente bleue. Qu'est-ce qui justifiait tout ce branle-bas de combat ?
- C'est Abby qui a tiré la sonnette d'alarme, répondit l'ancien marine. Andrew et Lisa Amberson étaient porteurs d'un virus inconnu et Abby en a retrouvé des traces sur certains prélèvements que nous avons faits.
- Quel genre de virus ? demanda McGee.
- À votre avis, McGee, pourquoi est-ce qu'Abby a parlé d'un virus inconnu ? répliqua Gibbs.
Tony se laissa tomber assis dans l'herbe, retirant la veste de son jogging. Le soleil tapait, on était en plein mois de juin... et ces idiots fournissaient des vêtements NOIRS ! Où avaient-ils la tête ? Décidément, l'idée devait venir de gens n'ayant jamais mis le pied sur le terrain.
- Et maintenant, on fait quoi, Gibbs ? J'étais tombé sur un labo caché, j'ai à peine eu le temps de prendre des indices avant que tu m'obliges à partir.
- La prochaine fois, si tu y tiens, il te laissera sur place, répliqua Kate en levant les yeux au ciel.
- Un labo ? Tu avais trouvé un laboratoire ? intervint l'accro au café, soudain inquiet.
- Dans une pièce cachée au sous-sol. J'ai eu le temps d'emballer deux éprouvettes avant que tu débarques. J'en ai cassé une en prenant la première, par contre.
- T'as CASSÉ une des éprouvettes ?
- J'ai pas touché, dit-il en haussant les épaules.
- Et les deux que tu as emballées, où sont-elles ?
- Dans ma trousse, répondit l'Italien en désignant le sac noir à quelques mètres de là. Merde, continua-t-il alors que l'ancien marine se dirigeait vers la trousse, je suis le seul qui trouve qu'on crève de chaud ?
Fronçant les sourcils, Kate posa sa main sur le front moite du jeune homme.
- Gibbs ! lança-t-elle d'un ton alarmé.
- Quoi ? demanda l'homme en revenant, trousse en main.
Pour toute réponse, la jeune femme prit la main de son patron et la posa sur le front de l'agent assis dans l'herbe.
Il était brûlant.
- Oh merde... Kate, appelle une ambulance.
Il déplia son propre portable d'un geste.
- Qui appelles-tu ? Oui, on a besoin d'une ambulance de toute urgence, un agent a été exposé à un virus inconnu et présente une forte fièvre...
- Abby ? Tony a trouvé un labo dans la maison.
- Oh mon Dieu, comment va-t-il ?
- Kate appelle une ambulance.
- Gibbs ! lança-t-elle d'un ton de reproche. T'as pas le droit de me dire un truc pareil au téléphone...
- Ils vont sûrement vouloir nous examiner aussi, alors je te fais parvenir par l'équipe de décontamination les deux éprouvettes qu'il a prises là-bas. Je veux que tu examines ça au plus vite, c'est ta priorité. Demande à Ducky de t'aider. Prenez toutes les précautions possibles, je crois que ça se propage dans l'air.
- Compris.
L'ancien marine raccrocha alors que Tony protestait :
- Écoutez, vous trouvez pas que vous exagérez ? Non, franchement...
Il se leva debout, dans un équilibre visiblement assez précaire.
- Les deux zigotos m'ont arrosé avec leur truc désinfectant, je vois pas ce qui pourrait...
Le jeune homme chancela dangereusement et fut retenu de justesse par McGee, sans lequel il se serait sans doute effondré sur le sol.
- Heum, tu devrais peut-être rester assis, Tony...
- Ouh... je suis bien d'accord...
Le jeune agent aida l'Italien à se rasseoir dans l'herbe, alors qu'une ambulance arrivait en trombe. Des secouristes en descendirent et se précipitèrent aussitôt vers DiNozzo.
- Vous avez été exposés vous aussi ? demanda un d'entre eux alors qu'on vérifiait les signes vitaux de Tony.
- Oui, répondit Kate.
- Dans une moindre mesure, précisa Gibbs.
Le jeune homme fut allongé sur une civière.
- Alors vous venez aussi. On devra vous examiner...
En arrivant à l'hôpital, ils furent séparés, car on envoya immédiatement Tony en quarantaine. Quant aux trois autres, ils se retrouvèrent dans une salle où un homme en combinaison de décontamination leur fit chacun une prise de sang.
Gibbs, visiblement très stressé, se tapotait la cuisse droite avec ses doigts. Kate était silencieuse, les genoux ramenés contre sa poitrine, le regard posé sur le sol. McGee, assis entre les deux, était extrêmement mal à l'aise.
Après environ une heure, il osa rompre le silence :
- Il... il va s'en sortir, hein ?
- Bien sûr que oui.
La réponse était venue de Gibbs. Kate tourna son regard vers lui. Son patron, nerveux, continuait néanmoins de se tapoter la cuisse avec son index et son majeur droits, son regard perçant braqué sur le mur qui lui faisait face.
Bien sûr que Tony allait s'en sortir. Tony était solide. Il était plus fort que ce satané virus.
« Mon Dieu, faites que ce soit le cas » supplia-t-elle mentalement.
- Kate, tu crois que...
- Tais-toi, McGee, l'interrompit la jeune femme en se levant.
Se sentant désormais incapable de demeurer en place, elle faisait les cent pas. À son troisième aller-retour, l'homme revint.
- Agent McGee, Agent Gibbs, il n'y a aucune trace du virus dans votre sang. Vous pouvez quitter les lieux.
Le cœur de Kate manqua un battement alors qu'elle cessait brutalement de marcher.
- Et moi ?
- Nous avons trouvé des traces du virus dans votre sang. D'infimes quantités, mais nous devons vous garder en quarantaine aussi par précaution.
Il la prit par le bras pour l'entraîner avec lui.
- Attendez ! Je ne pars pas sans mon agent, lança l'agent spécial Gibbs.
- Monsieur, à partir de cet instant, l'agent Caitlin Todd est en quarantaine et ne doit pas être approchée, ainsi que l'agent DiNozzo.
- Retourne au NCIS, Gibbs, dit Kate en se forçant à lui faire un petit sourire. Fais avancer l'enquête. Je suis une grande fille... et je garderai un œil sur Tony pour toi.
La jeune femme fut emmenée dans la zone de quarantaine, qui ressemblait plus à une cage de verre qu'à autre chose. Elle franchit divers portes coulissantes avant d'arriver à sa « chambre » (entièrement faite de verre, parfait pour préserver son intimité), séparée de celle de Tony par une paroi de plastique transparent. L'endroit était plongé dans la pénombre, ce qui intrigua Kate.
- Pourquoi il fait si sombre ?
- Photophobie. L'agent DiNozzo se plaignait que la lumière lui déclenchait de violentes migraines.
- Et le verre, c'est pourquoi ?
- Le virus est inconnu. Vous n'êtes pas qu'en quarantaine, vous êtes en observation.
- Oh, voilà qui est rassurant.
- Si vous avez besoin de quoi que ce soit, faites-nous signe, agent Todd.
Il lui adressa un petit signe de la main avant de sortir. La jeune femme tourna alors son regard vers son collègue.
Tony était loin d'aller aussi bien qu'elle.
Allongé dans son lit, il ne bougeait pas. Un écran affichait son rythme cardiaque, il avait sous le nez un tube de plastique transparent et souple (appareil dont Kate avait toujours ignoré le nom) (NdA : Et moi aussi d'ailleurs, si quelqu'un pouvait me le dire pour ma culture générale, parce que j'ai cherché longtemps sans trouver) pour l'aider à respirer.
L'Américaine posa doucement sa main sur le plastique qui les séparait. Sans savoir s'il pouvait l'entendre (était-il seulement conscient ?), elle laissa échapper un :
- Mon Dieu, je dois être en plein cauchemar...
Lentement, il tourna la tête vers elle. Même dans la pénombre, elle perçut la souffrance dans son regard, et elle sentit son cœur se serrer encore plus lorsqu'il lui répondit faiblement :
- Je crois pas qu'on puisse faire tous les deux le même cauchemar en même temps, Kate...
Le mot de la fin : Haha, j'aime faire souffrir mes personnages... lol... bon, une tite review serait la bienvenuuuue :D (je fais dans les messages subliminaux, maintenant)
