Chapitre 2 : Beloved sister
Aomine aillant repris son bien, il n'avait plus qu'à amener le jeune chapardeur au commissariat le plus proche. Sa grande main serrait le bras fin du plus petit, son visage semblant ne jamais pouvoir se départir de son masque de colère. L'autre ne se se débattait même pas, conscient sans doute de son tort. Ce qui n'empêchait pas ses beaux yeux turquoises de lui montrer toute sa haine. Visiblement, il n'appréciait pas la poigne musclée du futur agent de police.
-Vous me faites mal !
-Je sais que tu vas fuir sinon !
Le bleu se mit en route, forçant le voleur à le suivre.
-Vous avez récupéré tout votre fric, non ? Vous pourrais bien me laissez partir ! Je le ferais plus !
-J'étais la personne numéro combien que tu as tenté de voler ce soir ? Combien de pigeons tu as réussi à rouler en leur lançant des excuses avec tes grands yeux innocents, hein ?
-Je me suis jamais fait chopper avant ...
Une certaine aigreur de sa voix fit se retourner le plus âgé. Le petit fantôme avait l'air de presque détester le fait qu'on ne l'ait jamais attrapé avant.
-Jamais ?
-Jamais
Les yeux cyans étaient rivés au sol, sa deuxième main blanche inutilement posée sur le poignet basané de l'étudiant.
-Tu fais ça depuis combien de temps ?
-Trop longtemps
-Tu gagnes beaucoup ?
Il releva ses yeux furieux ce qui n'effraya aucunement Aomine.
-Je refuse de vous payer en échange de votre silence !
Le bleu éclata de rire tandis que Kuroko gonflait ses joues, signe qu'il boudait.
-j'aurais honte de moi si je te proposais un truc pareil !
-... Alors quoi ?
Aomine leva pensivement le menton et lâcha le poignet.
-Ton âge, Kuroko Tetsuya ?
-Mais qu'est-ce que ça peut vous faire ?!
Les deux regards se confrontèrent et le plus petit céda le premier, annonçant un nombre qui choqua presque le bleu.
-Attends, t'as un an de moi que moi ?! Tu fais presque 10 ans plus jeune !
Kuroko haussa les yeux au ciel.
-Et donc ?
-Je sais pas encore mais je te garde sous la main ... T'as intérêt à te souvenir de moi, je suis- ...
-Aomine Daiki, étudiant à la faculté de Tokyo, spécialisation dans les métiers de la sécurité et de l'ordre.
Un silence s'installa avant que le bleu ne se mette à ouvrir la bouche démesurément. Kuroko leva sa main qui était restée libre tout ce temps et juste coincée entre son index et son majeur, la carte d'étudiant du plus vieux.
-... Pas étonnant qu'on soit tenté de vous voler, tout traîne dans vos poches de jean ...
Aomine lui arracha de la main.
-Tu devrais faire des tours de magie, toi ... On y verrait que du feu.
-Franchement, j'aimerai bien ! Mais c'est difficile de gagner sa vie simplement comme ça alors je suis bien obligé d'aller plumer quelques pigeons.
L'esquisse du sourire du plus jeune fit franchement rire le deuxième garçon.
-T'es pas commun toi ... Va étudier tes tours de magie et arrête de voler !
Kuroko haussa les épaules tout comme son sourcil droit.
-Donc, je peux m'en aller.
Aomine sembla réfléchir un peu et rouvrit les yeux pour fixer le turquoise mais il ne tomba que sur du vide.
-... Oy ?!
Mais son cri se heurta au silence de la rue. En digne voleur fantôme, le plus petit s'était éclipsé comme par magie, se fondant parmi ses homologues : les ombres. Pourtant, le futur agent de police savait qu'il allait le revoir. L'autre avait son nom et il ne risquait pas d'oublier ce visage si innocent qui cachait pourtant une espèce de renard, pro du vol.
Il haussa les épaules et continua sa route, interrompant seulement ses pas pour répondre à son portable.
-Ouais ?
-Viens à l'hôpital maintenant.
-Midorima ?
-Je ne suis pas certain qu'elle passera la nuit.
Il n'était pas dans les habitudes du jeune médecin d'être aussi catégorique et aussi froid. En vérité, le dire de cette façon était même contraire à l'éthique de l'hôpital qui se voulait aussi prévenant avec leurs patients et leurs familles.
La sueur dans le dos d'Aomine se glaça, tout comme son corps. Accélération de la maladie … état critique … venir la voir avant qu'elle sombre dans l'inconscience … risque qu'elle ne se réveille pas.
Le bleu entendait tout ça. Mais ça lui échappait. C'était ridicule enfin, elle allait bien, elle … était fatiguée mais elle l'avait toujours été.
Sa main contre son front, il sentait son cœur battre à tout va, son souffle augmentant nerveusement. Midorima avait raccroché. Il devait aller à l'hôpital. Lui tenir la main, caresser ses cheveux, dire qu'il resterait quand même là.
Aomine se mit à courir.
Maison familiale des Kumako. Le silence jusqu'ici uniquement dérangé par le miaulement d'un chat fut soudainement brisé.
Une nouvelle crise de toux plia en deux la jeune fille. Ses cheveux roses se balançaient autour de ses épaules à chaque quinte, l'impression de sentir ses poumons chauffés au fer blanc n'aidant pas.
Il y avait foule d'employés autour d'elle, frottant son dos, lui proposant à boire. Son regard se porta sur la couette du futon. C'était trouble comme après chaque crise. Elle avait tellement mal.
-Tsubaki-sama, vous devriez- ...
-Ça ira.
Cherchant doucement de l'oxygène, la jeune fille ferma les yeux et repoussa la femme près d'elle d'un mouvement doux.
-Je me sens déjà mieux, vous devriez tous allez retourner dormir.
Lentement, les employés de la maison quittèrent la chambre non sans lui laisser tout un tas de recommandations. Reposant sa tête sur son oreiller, Tsubaki regarda le plafond. Son frère aîné aurait été à la maison, il aurait refusé de quitter sa sœur. Son Sister Complex n'était pas des plus pratique.
N'arrivant pas à retrouver le sommeil, la rosette quitta ses draps et se dirigea vers la porte coulissante de sa chambre qui ouvrait sur l'extérieur. La maison datant de plusieurs siècles avait pourtant été rénovée depuis mais son père avait choisi de garder ce style ancien. Histoire de ne pas faire tâche puisqu'elle était près du dojo familial. Tout comme ses frères et son père, la très jeune héritière -bien que les moyens de sa famille restent corrects- savait pratiquer les arts martiaux. Et sans se vanter, puisque Tsubaki était d'une modestie inégalable, elle était plutôt douée, aillant déjà gagné contre son propre père, jusqu'ici invaincu.
S'asseyant contre un rebord en bois, la jeune malade serra ses genoux avec ses bras frêles. Avant, elle se défoulait en courant ou en tirant quelques paniers de basket quand elle était réveillée et que le sommeil fuyait. Maintenant, l'étudiante était pliée en deux, à chercher son souffle dès qu'elle s'y mettait sérieusement. Ses chats étaient tous ailleurs, elle aurait pourtant aimé les câliner pour se rassurer un peu …
Quelle maladie ignoble quand même … Tsubaki qui était une brillante sportive, accomplie à bien des niveaux, s'épuisait en un temps recors. Elle était calme, posée, intelligente et mignonne. Mais plus capable de jouer au basket comme elle l'aimait. Et ça … c'était un châtiment tellement cruel !
La tête rose se tourna vivement vers la porte de la chambre qui laissait apparaître une petite tête brune. Shun, son petit frère.
-Tsuki-nee-chan ... J'ai des pockys.
Était-ce un moyen de paiement pour pouvoir accéder à la pièce ? N'empêchait que la grande sœur lui fit un signe de la main pour qu'il s'approche, ne refusant jamais les bâtonnets, son péché gourmand. Trottinant jusqu'à la fille, le garçon s'installa entre ses jambes qu'elle avait au préalable lâché et ouvrit le paquet. Tsubaki attrapa le biscuit et le croqua doucement.
-Tu tousses beaucoup en ce moment, hein ?
Elle ne répondit pas malgré le désir de l'entendre parler qu'elle lisait dans les yeux gris de son petit frère. Il avait de beaux yeux, Shun, ils ressortaient tellement bien avec ses cheveux noirs, hérités de leur père. Tsubaki et son frère aîné étaient assortis dans le rose, bien que le garçon ait longtemps détesté cette couleur …
L'ancienne basketteuse, pourtant promise à un si bel avenir, posa son menton sur le crâne du jeune garçon qui dévorait les pockys à vue d'œil. Quel gourmand, celui-là aussi … Tsubaki n'était pas une personne très loquace sans toutefois atteindre le niveau d'une personne détestant parler aux autres. Si elle n'avait rien à dire, elle ne disait rien, point.
L'un de ses chats apparut de derrière un buisson, son poil roux brillant avec la lune, son croissant moqueur semblant rire des malheurs de la rose. La main féminine se glissa dans le dos de l'animal qui ronronna au bout de quelques instants avant de laisser la fratrie seule, son petit corps se roulant bientôt en dans les draps d'un futon ouvert.
-Shun-kun ... devrait dormir.
-Pas sommeil.
Tsubaki non plus n'avait pas envie de dormir cela dit. Elle savait qu'elle allait forcément encore se réveiller à force de tousser alors à quoi bon se remettre au lit ?
-Tu veux rester avec moi ?
-Oui !
Le plus petit garçon de la famille lui adressa un grand sourire avant de se concentrer à nouveau sur ce qu'il était en train de faire : finir subtilement la boîte de pockys. Tsubaki tendit la main et vola un bâtonnet rose des mains de son benjamin avant de croquer dedans.
Demain, son père allait sûrement encore lui parler de cette histoire de transplantation pulmonaire …
L'espèce de cagibi dans lequel vivait Kuroko n'offrit que du silence au garçon quand il ouvrit la porte. Un ridicule deux pièces qui était pourtant sa fierté. Cet endroit, il se l'était payé seul ! La première chose qu'il pouvait considérer à lui.
Son petit chiot dormait en ronflant de toute son âme sur le lit. Le turquoise esquissa un sourire plein d'amour pour le petit animal aussi abandonné que lui. Ils s'étaient mutuellement trouvés un jour comme poussés par une puissance supérieure. En fouillant un bestiaire canin un jour à la bibliothèque, le jeune magicien herbe avait découvert que son nouvel ami était un Malamute d'Alaska … et que par conséquent, il allait considérablement grandir et grossir au fur et à mesure des années.
Le garçon se dirigea vers sa ridicule cuisine et ouvrit son frigo. Là, dans la porte, se trouvait une espèce de conserve quelconque qui, en s'ouvrant, laissait apparaître une jolie liasse de billets bien serrés. Ses gains pour ainsi dire. Glissant le petit billet volé à Aomine discrètement parmi ses congénères, Kuroko referma le frigo et se laissa tomber sur le lit, réveillant son chien qui s'empressa de venir lécher sa main. Ce qu'il aimait le plus chez l'animal, c'est l'amour débordant qu'il lui témoignait.
-Nigo, regarde ...
Sortant une balle de sous son oreiller, le turquoise la fit sauter en l'air plusieurs fois, suivit par les yeux aussi céruléens que les siens. Il recommença encore et encore l'opération avant de serrer le poing sur la balle. Le chiot pencha la tête et attendit la suite.
Quand son jeune maître ouvrit la main, le chien ne put que contempler le fait qu'elle était vide. Aboyant brusquement, il se releva sur ses courtes pattes et flaira son maître. Kuroko sourit et le caressa gentiment.
-Laisse tomber, tu trouveras jamais le truc.
S'allongeant correctement, le garçon ferma les yeux, se fichant totalement de dormir encore habillé.
-Un jour, tu verras ... Je serais un super magicien et on vivra comme des rois ...
Plus de misère, plus de vols ...
Un masque sur la bouche, il était évident que Satsuki n'allait pas bien. Sa poitrine se soulevait vite, son air pâle était carrément affolant.
-Pourquoi c'est allé si vite ?
-Aomine, le cancer est une maladie qui ne se contrôle toujours pas. Les médicaments ne servent qu'à alléger sa souffrance, ralentir l'avancée de la maladie est presque miraculeux.
Midorima avait son air sérieux des mauvais jours. Visiblement, il se sentait également très concerné par l'état de sa patiente. Les parents de la demoiselle tenaient sa main, leurs visages inondés de larmes.
-Il y a des traitements plus efficaces, non ? Elle a l'air de tellement souffrir ...
-Il y a bien quelque chose ...
Quelle était cette étrange retenue venant du jeune médecin ? Ce n'était pas habituel parce que Aomine sentait le « mais » à plein nez.
-... ça va coûter vraiment très cher ... Ses parents n'ont pas les moyens, tu es le mieux placé pour savoir ça.
La famille Momoi avait beau pouvoir se faire plaisir souvent, elle ne roulait pas pour autant sur l'or.
Le bleu serra les dents, une main sur son front.
-Et ... si je les trouve, ces foutus moyens ? L'hôpital pourra s'occupe de ta solution miracle ?
-Elle ne servira qu'à améliorer le temps qu'il lui reste ... Momoi ne guérira jamais.
-Je le sais, bordel !
Le vert le fixait derrière ses lunettes, l'enjoignant silencieusement de faire doucement.
-Si tu trouves les moyens, je te promet que je ferais tout ce que je peux. Et je donnerais également de ma poche.
-Toi ?
Il remonta ses lunettes et regarda le bleu.
-Disons que je m'y suis plus ou moins attaché à ta copine.
-C'est pas la mienne ... c'est celle de Bakagami.
Midorima haussa les épaules. Les résultats que venaient de lui passer l'infirmière étaient déjà plus appréciables que ceux étudiés avant d'appeler l'ami d'enfance.
Quelle que soit la crise que venait de traverser la rose … pas sûr qu'elle survive à une autre comme ça. L'échéance allait arriver plus vite que prévu, ça semblait couler de source.
Lali oh ! Un gros coucou à Pocky-s-chan à qui appartient l'adorable Tsubaki ! Sincèrement, c'est tout un combat de faire en sorte qu'elle ne parle pas trop ...
Merci à ma Beta Reader : Dop ! Je vous conseille de faire un petit tour sur sa fic, ça lui fera énormément plaisir !
En espérant que ce chapitre vous plaise aussi ~
