Salut à tous,

Voici le premier chapitre de « les revoir ». Changement total de lieux et de personnages par rapport au prologue.

Merci à Deirdre, Virg05 et Molly59 qui ont pris le temps de me laisser une review! Ca me fait très plaisir.

Toujours merci à ma beta-reader et à Molly59 pour le petit mot qu'elle a laissé à propos de « les revoir » sur sa propre fic.

Disclaimer : Rien est à moi ! Bien évidemment !

Allez, j'arrête de bavarder et je vous laisse à votre lecture.

Chalini

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Chapitre 1

Orphelin

- Harry ! Tu rêves ?

Harry Potter sursauta. Ron venait de lui donner un grand coup de coude dans les côtes, le ramenant brutalement au long exposé sur les métamorphoses humaines du professeur Valiny. McGonagall avait abandonné son poste d'enseignante et était devenue directrice du collège Poudlard, suite à la mort de Dumbledore. Bien que petite et fluette, Mme Valiny, sa remplaçante, savait imposer le respect à ses élèves et beaucoup avaient déjà reçu des retenues pour manque d'assiduité à son cours.

- Que se passe-t-il, Harry ? demanda Hermione.

- Rien, tout va bien, ne vous inquiétez pas, chuchota le survivant.

Harry eut conscience de ne pas avoir eu l'air très convaincant car ses deux meilleurs amis ne cessaient de lui jeter des regards inquiets. Et ils avaient raison de s'inquiéter : Harry Potter n'était pas dans une forme olympique. Depuis la mort de Dumbledore, le jeune homme ne parvenait plus à être heureux. Il avait toujours pensé que le vieux directeur de Poudlard serait toujours là pour veiller sur lui, que le temps n'aurait pas d'emprise sur lui. Et avec son départ, c'était toute la joie de Harry qui s'était enfuie. Il l'avait laissé là, seul, avec ses doutes, ses inquiétudes et le poids d'un destin trop lourd pour les épaules d'un jeune homme qui n'avait rien demandé. Harry se sentait encore plus orphelin, maintenant que Dumbledore et Sirius avaient disparu. La mort de son parrain avait été un choc dont il ne s'était jamais remis complètement, malgré les apparences, et la mort de Dumbledore avait fait remonter ces tristes souvenirs. Tout semblait s'être arrêté ce jour-là pour Harry, qui sentait le désespoir le gagner sans pouvoir lutter davantage. Ses meilleurs amis l'avaient encouragé à reprendre les entraînements de l'A.D. « Dumbledore n'aurait pas voulu qu'on se laisse gagner par le désespoir », avait fait remarquer Hermione. Harry avait rétorqué que personne ne souhaiterait à nouveau suivre des cours avec lui. Mais il s'était trompé : beaucoup d'anciens de l'AD étaient venus assister à la première réunion, qu'il avait fini par organiser sous la pression d'Hermione. Certes, ils étaient moins nombreux que deux ans auparavant, mais Harry avait été étonné de voir ses camarades bien décidés à se préparer à devoir affronter des mangemorts. Peut-être n'en étaient-ils pas réellement conscients, mais Harry savait que ce n'était qu'une question de temps. Il avait donc retrouvé avec plaisir les anciens de l'A.D. qui étaient encore à Poudlard, et quelques nouveaux les avait rejoints.

L'A.D. était un grand réconfort, mais Harry se sentait toujours désespéré. Ron et Hermione étaient toujours là pour lui, mais ce n'était pas la même chose. Depuis son entrée à Poudlard, Harry n'avait cessé d'admirer Dumbledore: pour son calme à tout épreuve, son côté énigmatique et même un peu loufoque, pour ses connaissances infinies et sa sagesse. Il avait appris à le connaître au cours de tous les moments qu'ils avaient passé ensemble, même si, il le savait bien, Dumbledore conservait tous ses mystères. Au fil des années, l'admiration qu'Harry lui vouait s'était transformée. Dumbledore le lui avait d'ailleurs dit lui-même: il ressentait pour lui des sentiments qui dépassaient ceux d'un directeur de collège pour son élève. De la même façon, pour Harry, Dumbledore était bien plus que le directeur de Poudlard: il était devenu presque un père de substitution. Son décès avait fait remonter le manque affectif qu'Harry s'évertuait à en fuir généralement au plus profond de lui. Ce manque affectif avait été en partie comblé par le bref temps qu'il avait côtoyé Sirius et bien sûr par Dumbledore qui demeurait une oreille attentive. Mais la disparition de ses deux hommes avait ravivé cette douleur qu'Harry connaissait bien. Cette année-là, l'absence de ses parents ne lui avait jamais autant pesé et au fil du temps, un projet fou avait germé dans son esprit.

Il fit un timide sourire à ses amis. Hermione fronça les sourcils et reporta son attention sur le cours. Harry fit un effort pour l'imiter, mais il était incapable de se concentrer. Il lui semblait que plus jamais il ne pourrait avoir une vie scolaire normale. Seuls quelques mois le séparaient de ses ASPICS mais tout ce qu'on leur racontait en cour lui paraissait fade et inintéressant. Seuls la quête des horcruxes et ce grand vide qui occupaient son cœur l'habitaient. A quoi bon se concentrer sur des examens alors qu'il savait que d'ici peu, il devrait tuer ou être tué ? Tout ce qu'on pouvait lui raconter n'avait plus tellement d'importance à ses yeux. Tout lui semblait loin, inaccessible, frivole. Oui, il était un être marqué, il avait jamais été l'enfant insouciant qu'il aurait pu être si Voldemort n'avait pas vu en lui un danger potentiel à éliminer coûte que coûte. Il aurait grandi heureux, entre ces deux parents, attentifs à son bonheur. Il aurait peut-être eu un frère ou une sœur avec qui il aurait tout partagé. Son regard se fixa quelque part dans le vide, de nouveau la rêverie l'emporta.

Il avait onze ans, Sa mère le serrait très fort dans ses bras. C'était 1er septembre, sur le quai 9 ¾ de la gare de King's Cross. Elle lui recommandait d'être sage, de ne pas faire de bêtises.

- Tu vas me manquer, mon chéri, disait Lily Potter, la voix remplie d'émotion. Tu as grandi si vite. Mon petit bébé va déjà à Poudlard !

James Potter souriait, donnant l'accolade à son fils.

- Ne sois pas trop sage, mon fils ! Si les Maraudeurs pouvaient revivre un peu en toi… Tu sais, je ne te cache pas que ça me ferait très plaisir.

Lily lui lançait un regard noir et James haussait les épaules.

- En parlant des Maraudeurs...

James Potter sortit un petit paquet de sa poche.

- J'ai quelque chose pour toi. Si tu savais comme elle nous a été utile, à Sirius et à moi.

- Mais qu'est-ce que c'est? demandait Harry.

Le visage de son père s'éclairait d'un mystérieux sourire.

- Une cape d'invisibilité, murmurait James. Il suffit de la mettre sur toi et tu deviendras invisible.

- Comment?

La locomotive du Poudlard Express émettait un sifflement.

- C'est l'heure, mon chéri, disait sa mère. Bon semestre et écris-nous régulièrement.

Harry souriait à ses parents, sa mère l'embrassait une dernière fois et, traînant sa grosse valise, il grimpait dans le train juste avant que le Poudlard Express ne se mette en marche. Par la fenêtre, il observait ses parents qui lui faisaient de grands signes. Son cœur était lourd : c'était la première fois qu'il quittait le cocon familial où il était si bien, si choyé. Il continuait de les regarder par la fenêtre, jusqu'à ce que le train soit trop loin pour qu'il puisse les distinguer...

Le souvenir de Lord Voldemort coupa court à sa rêverie. À cause d'un seul homme tout avait été différent. Il avait dû vivre chez les Dursley, martyrisé par son cousin et ignoré par sa tante et son oncle. Ses adieux aux Dursley, le jour de son dix-septième anniversaire avaient été d'un froid mordant. Vernon lui avait instamment demandé de ne jamais remettre les pieds dans sa maison. Dudley était absent. Il avait semblé à Harry que Pétunia avait envie de lui dire quelque chose, mais qu'elle s'était ravisée au dernier moment. L'air grave, il avait jeté un dernier regard à la maison qui, malgré le comportement de ses occupants, l'avait protégé pendant toutes ces années. Il avait posé sa main sur le Portoloin avec lequel Arthur Weasley était venu le chercher. Un tourbillon de couleurs plus tard, ils avaient atterri au Terrier, animé depuis quelques jours par une effervescence toute particulière : le mariage de Bill et Fleur approchait.

- Bon anniversaire, Harry!

Harry avait été surpris. Dans la cour du Terrier, la famille Weasley au complet, Hermione, Lupin et quelques membres de l'Ordre comme Tonks affichaient un sourire resplendissant. Harry ne s'était pas attendu à un tel accueil.

- Ne reste pas planté comme ça, Harry, on aurait presque l'impression que notre surprise ne te plaît pas! lança Ron, d'un ton faussement boudeur.

Harry s'était rendu compte qu'il devait avoir l'air ridicule de rester là, bouche ouverte, yeux écarquillés. Il se ressaisit et sourit à tous ces visages heureux qu'il connaissait bien. A peine avait-il fait un pas vers eux que Molly Weasley le serrait contre elle, si fort qu'elle allait l'étouffer, mais ne semblait pas décidée à le lâcher pour autant.

- Harry ! Mon chéri ! Comment vas-tu ?

- Très bien, Mrs Weasley, mentit Harry.

Il aperçut Ginny dont le regard était fixé sur lui. Son cœur se serra. Pendant quelques instants, il plongea son regard dans les grands yeux verts de la jeune fille, qui lui sourit faiblement, puis détourna la tête.

La journée avait été très agréable et quelques jours plus tard, le mariage de Bill et Fleur s'était déroulé sans incident majeur, bien que Molly ait été au bord de l'apoplexie, car tout devait être absolument parfait pour la cérémonie. Bill était en pleine forme. Certes, son visage portait encore les marques de l'attaque de Greyback, mais il n'avait pas de séquelles, à part ces quelques cicatrices dont Fleur n'avait réellement rien à faire.

Harry avait donné le change, paraissant joyeux et en joué. Mais le fond de son cœur était tout chamboulé. Il passait son temps à éviter Ginny, avec qui il n'avait échangé que quelques politesses de circonstance. Il savait bien qu'il ne pouvait plus se comporter avec la jeune fille comme auparavant, déchirant un peu plus son cœur déjà si meurtri, mais il savait que pour sa propre sécurité, il ne pouvait pas céder à l'envie irrésistible qu'il avait de la prendre dans ses bras. Il se contentait donc d'éviter son regard dans lequel il avait lu tant de tristesse. Pendant les quelques semaines passées chez les Dursley au mois de juillet, Harry avait craint que, à cause de sa séparation d'avec la cadette de la famille, les Weasley refuseraient désormais de l'accueillir chez eux. Mais il s'était trompé. Personne n'avait mentionné les quelques semaines de bonheur qu'ils avaient vécu ensemble. Tous les membres de la famille s'étaient révélés aussi amicaux que d'ordinaire, ce qui avait énormément soulagé Harry. Il n'aurait pas supporté, en plus de la mort de Dumbledore, le rejet d'une famille qu'il considérait comme la sienne, même s'il aurait pu comprendre leur réticence à son égard. Ginny était la petite dernière, celle que tout le monde choyait et voulait protéger. Molly et Arthur considéraient Harry comme leur septième fils, et il rendait Ginny malheureuse.

Après le mariage, quelques membres de l'Ordre - Arthur et Molly avaient été inflexibles -, Ron et Hermione l'avaient accompagné à Godric's Hollow où il avait retrouvé les ruines de la maison qui avait vu le bonheur éphémère de sa famille. Tremblant d'émotion, il s'était recueilli sur la tombe de ses parents. Les membres de l'Ordre, Ron et Hermione s'étaient retirés discrètement et l'avaient laissé seul. Assis près de leurs tombes, Harry avait parlé longtemps à ses parents, leur confiant tout ce qui pesait sur son cœur de jeune homme. Il n'était plus le même, il était devenu mélancolique, triste et désemparé. Malgré un long moment passé auprès d'eux, il avait quitté Godric's Hollow encore plus désespéré qu'à son arrivée.

D'âpres négociations et discussions avaient permis la réouverture de Poudlard, sous la direction du professeur Minerva McGonagall. Des sorciers du monde entier avaient travaillé avec acharnement pour renforcer encore la sécurité autour de l'école. Finalement, malgré toutes ses protestations, Harry avait fait sa septième et dernière rentrée à Poudlard. Il avait voulu commencer immédiatement la quête des Horcruxes, mais Ron et Hermione lui avaient fait remarquer qu'apparemment Dumbledore pensait que Poudlard renfermait un des horcruxes de Voldemort. De plus, parallèlement aux cours de septième année qui pourraient peut-être l'aider à se préparer à ce qui l'attendait, il pourrait effectuer des recherches. Et pour cela, avait ajouté Hermione, la bibliothèque lui serait utile. Harry était sceptique, mais s'était finalement laissé convaincre. Toutefois, malgré leurs recherches acharnées, ils avaient fait chou blanc et cela tourmentait Harry au plus au point. Tout aurait tellement été plus simple si Dumbledore avait été là…

Dumbledore... A son insu, il lui avait fait un dernier cadeau. Lorsque Malefoy avait désarmé l'ancien directeur, sa baguette magique s'était envolée. Harry l'avait retrouvée par hasard dans le parc de Poudlard, alors qu'il se promenait seul, au lendemain de sa mort. Il marchait sans but précis, et ses pas l'avaient mené non loin du lieu où le corps de Dumbledore était tombé. Le corps avait été emporté, mais quelque chose avait attiré son attention. Une petite lueur sur l'herbe verte de la pelouse. Harry s'était approché, et avait eu la surprise de trouver la baguette de son mentor qui diffusait une lumière bleu clair. Doucement, Harry l'avait prise entre ses doigts. Une grosse boule s'était formée alors dans sa gorge et ses yeux s'étaient mis à piquer. Il était resté un long moment, immobile, la baguette à la main. L'idée de l'apporter à McGonagall l'avait effleuré, mais, égoïstement, il avait décidé de la garder pour lui. Depuis il la conservait comme un trésor inestimable.

- Harry! appela Hermione d'une voix douce. Le cours est terminé.

Harry releva la tête et regarda les derniers élèves quitter la classe. Le professeur lui jeta un regard inquiet, mais ne fit pas de commentaire et sortit à son tour. Harry rangea ses affaires comme un automate et s'apprêtait à s'en aller, lorsque la voix d'Hermione le fit stopper net. Elle n'avait pas bougé, avait croisé ses bras sur sa poitrine et le fixait attentivement.

- Harry! Tu ne peux plus continuer comme ça. Tu es pire qu'un zombie. Il faut que tu te ressaisisses. Tu es en train de dépérir. On te voit malheureux, mais on ne sait plus quoi faire pour t'aider.

Elle avait prononcé ces derniers mots d'une voix tremblante.

- Je sais, Hermione, murmura Harry. Je sais que je ne suis pas de bonne compagnie, ces derniers temps. Mais quelque chose me tient à cœur.

Hermione ouvrit la bouche, mais Harry ne la laissa pas parler.

- Je ne peux rien te dire pour le moment.

Harry savait exactement ce dont il avait besoin, mais son idée lui paraissait tellement folle qu'il n'osait pas la formuler tout haut. Mais Merlin seul savait combien il en rêvait...

A suivre…