Disclaimer: characters are not mine...
Salut ! Prêts pour la suite de l'histoire ? Alors la voilà.
P.S. Bunny, mdr devant ta review ! C'est pas de ma faute si tu es si influençable (lol).
« James Aronson »
« Lilian Rosenberg »
« Caitlin Ramirez »
« Xander Cameden »
« Patricia Neve... »
L'aîné reboucha son feutre et contempla le mur de leur chambre qu'il avait transformé en tableau blanc à l'aide de nappes en papier.
« Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Rosanna ne nous a rien appris.
- Les dossiers de la police ?
- Intimider des shérifs de campagne c'est une chose; se mesurer aux inspecteurs d'une métropole en est une autre. Ni toi ni moi ne pourrions les abuser très longtemps.
- Et les survivants internés ?
- On ira demain à l'hôpital.
-Quelque chose te chiffonne ?
Dean ne cessait d'examiner les photos collées sur le mur, au-dessus des noms des treize victimes.
- Onze personnes touchées de folies, deux tuées et une indemne... Pourquoi celle-là ? Pourquoi Rosanna Lawrence ?
- Si c'est une attaque ciblée... Elle avait peut-être quelque chose que les autres n'avaient pas, ou l'inverse.
- Oui, mais quoi ? Et en plus on ne sait même ce que l'on cherche ! Un démon ? Un sorcier ? Un monstre ? C'est trop large !
Et le jeune hommes s'écroula sur son lit.
- Pourquoi elle ? Elle a dit que l'un des morts était son ami.
- Son petit ami ?
- Apparemment non. Ils faisaient chambre à part.
- A dix-neuf ans ça ne veut rien dire...
-Obsédé ! Plaisanta Dean en lui balançant son oreiller, qu'il se reprit presque aussitôt sur la tête. Ah ! Toi tu cherches la bataille de polochons !
- Oh non ! Dean... Arrête... Fit le cadet en reculant jusqu'à l'autre extrémité de son lit. Ne fais pas ça !
-Trop tard !
Et son grand frère lui assena un coup de traversin sur l'épaule. Sam l'attrapa et tenta de le lui arracher, mais il était plus fort que lui. Il prit alors le sien et se mit debout, une lueur bagarreuse dans les yeux. Et pan ! Un coup dans la tête ! Et re-pan ! Dans les jambes ! Les deux garçons finissaient par viser où ils pouvaient, jusqu'à ce que des plumes volent dans toute la pièce. Mais la vie, c'était la loi de la jungle, et Sam se retrouva encore par terre, son frère assis sur lui, un sourire goguenard aux lèvres.
- J'ai gagné !
- Que tu crois. J'ai pas dit mon dernier mot.
- Tu veux tenter quelque chose ? Vas-y, je ne crains pas les chatouilles.
- Non, mais tu crains autre chose. »
Et rapide comme l'éclair, Sam pinça son frère, au niveau de la taille. Dean fit un bond de côté pour le fuir, trébucha et se retrouva dans la position inverse de celle qu'il occupait dix secondes plus tôt. Et ce n'étaient plus que des « aïe ! », des « au secours » et de vaines protestations.
« Rien du tout !
- Arrête, Sam ! Supplia-t-il en essayant d'attraper ses mains.
- Mais dis-moi... Ce sont de légères poignées d'amour que je sens là !
- Lâche ça ou tu es mort ! Ouille !
Dean se sentit rougir. Non seulement il avait chaud à se débattre comme ça, mais en plus la position qu'ils avaient commençait à devenir compromettante. Si seulement son frère voulait bien enlever ses mains de son ventre...!
- Ah non, pas là !
Sam commençait à attaquer la fine peau de ses hanches, à la limite du jean. C'était une torture, un geste trop dangereux. Il devenait fou. Ca allait mal finir !
- J'adore quand tu me supplies.
- Sam !
- Hé hé, c'est ma... »
Mais il s'interrompit soudain et tourna sa tête dans toutes les directions, aux aguets. Un silence de mort régna dans la chambre.
« Tu entends ça ?
Dean se redressa sur les coudes et tendit l'oreille, vaguement inquiet. D'abord il ne perçut rien. Puis soudain un cri s'éleva dans le couloir de l'hôtel, un hurlement de pure horreur.
- Nom de Dieu ! C'est quoi ça ? » Fit l'aîné.
Sam se dégagea à toute vitesse de sa position, tous les muscles tendus. Un remue-ménage se fit bientôt entendre dans les autres pièces, puis un autre cri résonna.
« Non ! Pitié, non ! Pardon. Pardon !
- Ca se rapproche ! S'exclama Dean en sautant sur ses pieds.
-J'aime pas ça, mais alors pas du tout ! Fit Sam en sentant une sueur froide couler dans son dos malgré lui.
Son frère lui jeta un pistolet, en glissa un autre dans sa ceinture et arma son fusil à canon scié.
- Balles en argent ?
Il acquiesça d'un signe de tête.
- Allez, on y va ! »
Dean passa prudemment sa tête par l'ouverture de la porte. Dans le couloir, les gens sortaient et rentraient, complètement affolés. Les cris se faisaient toujours entendre, plus intenses, plus nombreux, accompagnés de paroles inintelligibles. Il mit un pied dehors et fit signe à son cadet de le suivre.
« Qu'est-ce qui se passe ? Mais qu'est-ce qui se passe ?
- Police ! Rentrez tous dans vos chambres !
Plus que jamais, la voix autoritaire du jeune homme fit de l'effet. Mais elle n'en fit pas autant que les lumières lorsqu'elles choisirent de toutes s'éteindre en même temps.
- Merde ! Sam ! »
Ce dernier lui lança une lampe et alluma la sienne. Le chasseur balaya le couloir devant lui: rien !
BANG !
Le bruit de la détonation lui déchira les tympans. A moitié sourd, il se retourna pour voir le canon du pistolet cracher son feu vers l'obscurité. Sauf qu'il n'avait encore jamais vu une obscurité qui avançait, qui plus est avec une forme de cape.
« Sam, dégage !
- Quoi ?
- Dégage je te dis !
Mais elle était trop près de lui maintenant. Dean écarta violemment son frère pour se placer entre lui et elle. Le double canon fit entendre sa voix et une odeur de sel chaud envahit l'atmosphère.
- Merde ! C'est pas un esprit !
- L'argent ne lui fait rien non plus !
- Alors cours ! »
Les deux frères s'élancèrent dans l'autre direction pour retrouver leur chambre et leur arsenal. La porte claqua. Dean se jeta sur son lit pour attraper son sac et Sam braqua son arme sur l'entrée. Tout à coup un puissant mal de crâne s'empara de lui, qui alla en s'amplifiant.
- Dean ?
- J'arrive ! Tiens bon !
- Deeaaan !
L'aîné lâcha tout au cri de détresse du jeune homme. Il sauta par-dessus le premier lit et le tira violemment en arrière pour l'éloigner de la porte. En quelques secondes l'épais battant fut criblé de balles.
- Laisse mon frère tranquille ! Dégage ! »
Mais elle s'en fichait, cette salope ! Et Dean vit sa forme de faucheuse, si bien décrite par la jeune Rosanna, passer à travers le bois et le regarder. Ses nerfs lui faisaient mal, et un tas de pensées décousues lui traversèrent soudain l'esprit. Ses examens... Quoi, ses examens ? Qu'est-ce qu'ils venaient faire là-dedans ? C'était confus, trop confus, et trop douloureux. Dans ses bras, Sam s'était évanoui; et il n'était pas loin d'en faire autant.
« Police ! Arrêtez ! »
Un cri collectif le sortit de son cauchemar. La créature hésita, l'observa encore une fois, puis recula et disparut de la porte aussi vite qu'un ombre. Quelques secondes passèrent, puis une explosion de coups de feu retentit.
« Sam ! Sam, réveille-toi ! Et m...! »
Il n'y avait rien à faire ! Dean attrapa leurs trois sacs et les envoya valser par la fenêtre, brisant le verre. Puis il saisit son frère et le souleva sur ses épaules.
« Humpf ! Un conseil Sam: arrête les frites ! »
Derrière, c'était la Berezina. Si les Winchester n'arrivaient pas à arrêter ce truc, alors aucun flic au monde ne le pourrait. Dean le savait, et ça ne lui donnait pas envie de s'éterniser ici. D'un puissant coup d'épaule, il envoya son petit frère rouler sur le capot de la voiture garée devant la fenêtre, sa sortie de secours à lui. Puis il sauta à son tour, jeta les sacs dans l'Impala et poussa son cadet, qui commençait à peine à revenir à lui, sur la banquette arrière.
Sa marche arrière fut si violente que Sam se tapa la tête contre la portière droite. Un coup de frein, un crissement de pneus, et la Chevrolet s'éloigna en trombes de l'hôtel plongé dans l'obscurité. Elle déboula sur la grand route et fila tout droit vers Reno, à tombeau ouvert.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
Sam émergeait lentement de son inconscience et sentit que son frère était en train de lui tapoter le front avec un mouchoir. Il était allongé à l'arrière de la voiture, sa tête reposant sur les jambes de Dean.
- Pas grand-chose de plus que ce que tu sais déjà. Tu as une vilaine écorchure, mais sinon ça va.
Le jeune homme essaya de se redresser, mais la douleur lui arracha une grimace.
- Reste tranquille. Tu auras mal pendant quelques jours; j'ai été obligé de te faire passer par la fenêtre, c'était la seule issue possible.
- Tu l'as eue ?
- Non. Les flics sont arrivés et elle a préféré s'intéresser à eux plutôt qu'à nous.
- Dean... C'était quoi cette chose ?
- Je ne sais pas, Sammy. Je ne sais pas.
- C'est sûrement pas une coïncidence si elle s'est attaquée à notre hôtel.
- Chut... Essaye de dormir. On s'occupera de tout ça plus tard. »
Dean se tut et laissa son frère fermer les yeux. Certes, cette visite inopportune n'était certainement pas le fruit du hasard, mais il n'en concluait rien pour l'instant. Jamais il n'avait rencontré de créature capable de le suivre à la trace, encore moins de le retrouver dans une ville de plus de cent mille habitants. Et cette douleur... cette confusion qu'elle avait éveillée dans sa tête... Onze personnes étaient devenues folles à cause de ça: il allait falloir découvrir pourquoi.
Sam se pelotonna sur la banquette, contre lui, sa tête toujours posée sur sa cuisse. Il le laissa faire, se forçant à n'avoir aucun geste de tendresse avant que son cadet ne se fût endormi. Mais lorsque ce fut le cas, il se laissa aller. Ses doigts rabattirent quelques mèches sur la blessure. Sa main gauche vint se poser sur son épaule tandis que la droite se refermait sur son Colt, contre la portière. Ce serait tout pour cette nuit: une caresse dans ses cheveux, une paume contre son corps. Il ne se permettait jamais plus de quelques gestes, distribués avec parcimonie et toujours durant son sommeil. Quelques gestes pour tant d'amour !
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Dean sifflait un air de Joe Walsh lorsque son frère sortit des toilettes où il était allé se changer. Brusquement arraché à sa contemplation des casinos flamboyants par la vue d'un agent du bureau fédéral, le jeune homme cligna des yeux pour se rendre compte que l'agent en question était en réalité son cadet qui avait remis son costume des Blues Brothers.
« Tu comptes entrer dans l'asile comme ça ?
- Exactement. On ne pénètre pas dans ces centres de soins comme dans un supermarché. Il faut montrer patte blanche.
- Et tu te fais passer pour quoi, là ? Un type du bureau de la Santé ?
- Non.
- Un représentant en produits pharmaceutiques ?
- Non plus. Ils connaissent beaucoup trop ce genre de personnes.
- Alors tu es quoi ?
- Un avocat.
Dean ouvrit de grands yeux avant de se frapper mentalement. Si Sam connaissait un sujet, c'était bien celui du Droit. Cette carrière qu'il avait failli embrasser...
- Bon, d'accord: tu joues les pingouins. Et moi je fais quoi pendant ce temps ?
- Joue au casino. De toute façon c'est ce que tu vas faire dès que j'aurais le dos tourné.
- Pas faux.
- Par contre j'ai besoin de la voiture.
- Sam... !
- Je sais: s'il y a une seule bosse, je pourrais m'acheter des chaussures de marche.
Son grand frère lui lança les clés et le regarda s'éloigner avec une certaine affection dans le regard.
- Hé, Sam ! Pendant que tu y es, remets de l'essence ! »
L'infirmier en chef examina la carte que le cadet des Winchester lui avait remis: une carte de membre du Barreau, fabriquée à l'insu de son frère. Sam ne cilla pas, attendant patiemment qu'il se décide. Jamais il ne s'était senti aussi à l'aise dans un rôle. Il maîtrisait son sujet, il était plus que crédible. Et ce type en veste blanche ne résistait que pour la forme.
« Vous venez pour quelle raison, déjà ?
Le jeune homme soupira d'un air excédé.
- Je suis envoyé par la famille de mademoiselle Lilian Rosenberg, pour établir un rapport circonstancié concernant l'état mental de ma cliente. Mademoiselle Rosenberg avait certaines... responsabilités; il nous est nécessaire de savoir si elle peut encore les assumer aujourd'hui.
Ah ! Ce vieux balourd se décidait enfin à lui rendre sa carte ! Il y avait un mieux. Il lui ouvrit une porte et le laissa passer en premier, puis le guida à travers les couloirs. Sam en profita pour le faire bavarder.
- Vous pouvez me décrire son cas ?
- En termes non scientifiques ? Il ricana.
- Je maîtrise, ne vous faites aucun souci pour moi.
- Alors il vaudrait mieux que vous parliez à son médecin, le Dr. Hawke. Je ne peux pas vous dire grand-chose, sinon qu'elle se comporte comme les dix autres victimes du motel Eldorado. Ils sont tous placés ici en attendant que les expertises soient terminées. Ensuite...
- Sa raison est très altérée ?
- Altérée ? Mon Dieu, est-ce qu'elle a encore seulement une raison ? Elle... Ils passent tous leurs journées à répéter la même chose, la même phrase, différente pour chacun. Pour les faire dormir, il faut les mettre sous sédatifs. Ils ne perçoivent rien, n'écoutent pas quand on leur parlent, ne cessent de tourner en rond ou de se balancer d'arrière en avant. Vous voulez que je vous dise ? Je me demande vraiment quand ils vont y rester.
Sam haussa les sourcils.
- A ce point ? Sont-ils en danger ?
- Physiquement, non. Mais là-dedans, fit l'infirmier en tapotant sa tempe, là-dedans quelque chose a explosé. Je ne sais pas ce qu'on leur a fait, mais ils n'ont plus d'humain que le corps et la voix. Tenez, on y est. »
Ils s'arrêtèrent devant une porte qui ne comportait qu'une toute petite vitre, blindée. A l'intérieur, une jeune femme, prostrée sur son lit. Les yeux grands ouverts, elle serrait convulsivement ses fines mains sur ses jambes. Ses lèvres ne cessaient de bouger, mais l'insonorisation de la pièce rendait ses paroles inaudibles.
« Que dit-elle ?
- Vous voulez l'entendre ? Libre à vous. Mais ce n'est pas très agréable.
Il ouvrit la porte et le laissa pénétrer dans la chambre.
- Elle ne vous fera rien. Elle ne fait jamais rien. »
Sam s'approcha du lit et put enfin saisir le sens de sa litanie.
« J'ai trompé Harry. J'ai trompé Harry et il s'est tué. Oui, il s'est tué. C'est à cause de moi. Il s'est tué. J'ai trompé Harry...»
« Mademoiselle Rosenberg ?
Il se pencha vers elle et l'examina. Son corps ne portait aucune trace de violence. Discrètement, à l'insu de l'infirmier qui parlait avec un collègue, il répandit quelques gouttes d'eau bénite sur l'un de ses bras: aucune réaction. Cette demoiselle était vierge de toute possession; ou s'il y en avait eu une, elle avait pris fin depuis longtemps.
Lilian Rosenberg leva soudain les yeux vers lui et le regarda d'un air suppliant.
- J'ai trompé Harry. J'ai trompé Harry et il s'est tué...
- Je sais, fit-il, connaissant la suite.
- Il s'est tué. C'est de ma faute. Personne ne sait. C'est de ma faute. »
Tiens, une variante ! Ses mots avaient changé. Ses yeux le priaient, l'imploraient de faire quelque chose. Quelque chose, mais quoi ? Sam ne comprenait pas. Les deux jeunes gens s'observèrent ainsi pendant un moment, puis elle retomba dans le cercle infernal de ces phrases obsessionnelles.
Sam se redressa. Il sentait qu'il venait de laisser passer quelque chose d'important, et ça l'agaçait. Faisant volte-face vers la sortie, il demanda à voir le Dr. Hawke.
« ... Vous voulez donc savoir si votre « cliente » a encore toutes ses facultés ? Vous l'avez vue, je crois. La réponse n'est-elle pas éloquente ?
Sam retint un soupir d'agacement.
- Je veux un avis de professionnel. Mon jugement n'est rien, légalement parlant.
- Alors je vous répondrai que jusqu'à nouvel ordre, mademoiselle Rosenberg ne jouit plus de toutes ses facultés mentales. Sa raison et son jugement sont profondément altérés, si je puis me permettre cette litote. En réalité et en langage moins professionnel, Lilian Rosenberg est folle.
- Tous les survivants du motel sont-ils ainsi ?
- Tous, en effet. Chacun répète ses propres phrases, avoue son propre secret. L'un a trompé, l'autre a volé, un autre encore a trahi son ami... J'en ai même un qui s'accuse de viol sur mineur. »
Une question surgit tout à coup dans l'esprit du jeune homme. Est-ce que tous ces aveux étaient vrais, ou ces gens les avaient-ils inventés ?
Voili voilou ! en mode sait plus quoi dire après son chapitre. J'ai pas assez dormiiiiii !!
Bisous !
