Bonjour ! Me revoici pour la partie deux. Elle est plus courte que les autres, mais j'espère qu'elle vous plaira.

Encore merci à Yukyo01 pour la correction !


Le chantage (Partie 2)

Une semaine plus tard, Harry était devant le miroir de la salle de bain du dortoir Gryffondor. Il entendait ses colocataires taper à la porte pour pouvoir prendre leur douche comme tous les matins et, comme tous les matins, n'en avait rien à faire.

Il mettait son bandage sur son torse, enserrant sa poitrine jusqu'à ce qu'elle soit douloureuse. Il avait prit l'habitude maintenant et n'était plus obligé de s'éclipser cinq fois par jour pour le remettre en place.

Ses camarades masculins ne comprenaient pas pourquoi ils n'avaient plus le droit d'entrer quand Harry se douchait car aucun d'eux n'étaient pudiques et ils ne se gênaient donc pas depuis leur première année pour faire des allées et venues dans la salle de bain occupée. Parfois, le Survivant les entendait élaborer des théories folles sur cette soudaine pudeur. La dernière en date étant qu'il était adepte du sado-masochisme et avait trouvé un Dom qui le couvrait d'ecchymoses.

Bien sûr, Harry s'en moquait et il trouvait même amusant d'entendre Neville suggérer qu'il avait été infecté par une sorte de cactus dans les serres et était maintenant recouvert d'épines sur les jambes. Le Survivant voulait juste prendre sa douche rapidement, sans regarder ses attributs, les touchant même au minimum et ensuite s'appliquer à faire en sorte que personne ne découvre sa nouvelle nature.

Il avait beaucoup réfléchi ces derniers jours et était venu à penser que déambuler vêtu en femme dans les appartements de son professeur de potions n'était peut-être pas ce qu'il y avait de pire. Au moins, il pourrait repérer les lieux pour une future blague et même emmener quelques farces des jumeaux pour les glisser dans les affaires de Snape… De toute façon, il devait avoir cette potion pour redevenir un homme, alors autant tirer les choses à son avantage. Si ce vieux bâtard pensait qu'il en tirerait une leçon, il se mettait la baguette dans l'oeil jusqu'au manche.

Harry avait prévu d'aller le voir après le cours de potion de l'après-midi pour dire qu'il acceptait l'offre. Il ne voulait pas que ses souvenirs soient oubliés. Il voulait garder tout cela précieusement pour s'en resservir plus tard. Enfin, c'était ce dont il essayait de se convaincre, car depuis que Bill lui avait avoué que Snape était celui qui les avait libéré, lui et le Professeur Lupin, il n'arrivait pas à retrouver son attitude hargneuse et revancharde.

Il avait entendu de nouvelles histoires sur son père et sa mère grâce à Remus qu'il avait appris à connaître après cet enfermement et avant son décès. Il aimait les Weasley comme sa propre famille et n'aurait pas supporté de voir Molly mourir de chagrin pour la perte de son fils aîné. Tout cela, il le devait à Snape et une infime - vraiment minuscule - part de son être lui en était reconnaissant.

Alors, il essayait de se convaincre que ce n'était pas ses affaires et d'oublier l'espion que pouvait être Severus Snape. Au lieu de cela, il se plaisait à penser que ses amis seraient fous de joie s'ils apprenaient qu'il avait réussi à piéger la chauve-souris des cachots.

Il accepterait donc l'offre de Snape. C'était sa courageuse décision.

Harry essayait encore de s'en convaincre lorsque la grande cloche sonna la fin de l'heure de potions.

Il tentait tant bien que mal de ne pas trembler, de ne pas montrer son désarroi alors qu'il se dirigeait vers le bureau après le cours. Gardant la tête haute, il attendit que le dernier élève sorte de la classe et que le professeur, qui était dos à lui, fouillant dans une étagère de fioles, remarque sa présence.

« Puis-je savoir quelle est la raison de votre visite, Potter ? »

Harry sursauta. Cette chauve-souris graisseuse avait-elle des yeux dans le dos ? Pourquoi savait-elle toujours tout ? C'était comme Dumbledore mais en plus flippant et sans citrouilles fluos sur les robes.

« Je suis venu accepter votre proposition, » répondit-il fermement. « Je fais cette… chose, et nous sommes quitte. Plus de chantage, de surnotation et nous gardons ce que nous savons pour nous. »

« Bien, » acquiesça Snape en se tournant vers lui.

« Mais je veux une clause spéciale, » ajouta précipitamment Harry.

« Je ne pense pas que vous soyez en mesure de négocier quoi que ce soit. »

« Je veux simplement être sûr que vous ne prendrez pas de photos, vidéos ou autres preuves de mon accoutrement. Après tout, je n'en ai pas de votre marque, » dit-il sournoisement.

« Bien. C'est vrai que l'idée d'avoir une photographie de vous, habillé en femme et de la publier dans la Gazette de Poudlard m'aurait plu, mais je n'ai pas de temps à consacrer à ces futilités. »

« La Gazette de Poudlard n'existe pas, » répondit Harry avant même de réfléchir.

« Je l'aurais créée juste pour l'occasion, » déclara Snape avec un sourire mesquin. « Quoi qu'il en soit, je n'en ai pas le temps avec la quantité d'âneries que je dois corriger ce semestre alors j'accepte votre clause. »

Snape ramassa la pile de copies sur son bureau et se déplaça vers le fond de la pièce. Il se posta devant un tableau et murmura quelque chose d'incompréhensible. Le portrait s'ouvrit et l'homme passa par le tunnel dérobé qu'il cachait. Avant que le tableau ne se referme, il se tourna et regarda Harry.

« Ce soir après le repas, ici même. Ne soyez pas en retard. »

Le portrait se referma ensuite avec un bruit de verrouillage discret, laissant un Harry Potter légèrement étourdi et bouche bée.

Déjà ? Il ne s'attendait pas à ce que son humiliation s'organise aussi rapidement. Et puis d'ailleurs, comment Snape pouvait-il avoir si vite des vêtements féminins ? Avait-il des penchants inavouables ? Allait-il les emprunter à un autre professeur comme le Professeur McGonagall ou, que Merlin le préserve, avait-il une femme ? Des enfants ?

Un mini-Snape en genouillère ne serait définitivement pas quelque chose qu'il pourrait gérer sans préparation préalable.

Harry regarda autour de lui dans l'espoir de détecter ce qui le mettrait sur la piste. Il vit l'étagère vitrée dans laquelle Snape fouillait précédemment et un sourire vicieux apparu sur ses lèvres. Snape l'avait laissé seul dans cette pièce et Harry était certain que cette étagère contenait des potions très intéressantes.

Il se dirigea derrière le bureau et, avec détermination, agrippa la poignée de la vitrine. Aussitôt la voix froide et sombre du professeur Snape résonna dans la pièce.

« Cinq points en moins pour Gryffondor. »

Harry sursauta à nouveau et, sans même lâcher la poignée, se retourna pour regarder l'endroit où se trouvait Snape quelques secondes auparavant. Mais le tableau était bien fermé et il ne le vit nulle part. Il se tourna encore et actionna de nouveau la boule de fer, pensant à un effet de son imagination.

« Dix points en moins pour Gryffondor. »

Le bâtard graisseux avait piégé sa réserve de potions ! À tous les coups, il était prévenu en temps réel et Harry ne voulait pas plus d'ennui qu'il n'en avait déjà. Après un dernier regard de regret à l'étagère tentatrice, certainement bourrée de breuvage aux effets multiples, Harry prit ses robes à son cou et quitta la salle de classe de son professeur détesté.

Il pouvait imaginer Snape faisant ce qu'il aimait faire d'habitude, comme torturer de petits mammifères et souriant d'un air narquois devant les tentatives infructueuses de son élève honni…

Harry se précipita donc dans la salle commune des Gryffondor pour faire quelques devoirs en attendant le dîner. Il avait pourtant du mal à se concentrer à cause de l'épreuve qu'il affronterait le soir-même, imaginant ce qu'il pourrait se passer.

Il était sûr que Snape ne se contenterait pas de lui donner un jeans taille basse et un top à bretelles avant de lui demander de s'asseoir confortablement pour lire un livre. Non… il allait l'humilier. Peut-être qu'il lui apporterait un costume de soubrette et lui demanderait ensuite de faire le ménage. Peut-être qu'il se contentera de lui demander de se mettre à quatre pattes pour faire un repose pied. L'oncle Vernon lui avait déjà fait faire ça et ce n'était pas très agréable, mais au moins les jambes de Snape seraient moins lourdes…

Peut-être que Snape lui donnerait un bikini… Et peut-être qu'il serait lui-même vêtu d'un body en dentelle fushia… Qu'il lui demanderait de lui tresser les cheveux en mangeant de la glace vanille-fraise. Et ensuite…

« Ça va vieux ? » fit une voix à ses côtés, le sortant de son cauchemar. « T'es tout pâle, » continua Ron.

« Ouais, » répondit Harry d'une voix tremblante. « J'ai juste… faim. »

« Pauvre vieux, » dit Ronald plein de compassion. « Je sais ce que c'est et crois-moi, je te soutiens, mais je dois aller dire à Hermione que j'avais raison et que je ne suis pas le seul homme à souffrir atrocement quand son estomac est vide. »

Avec une tape dans le dos, Ron partit à toute vitesse et avec la délicatesse d'un troll vers la bibliothèque pour plaider sa cause auprès de celle qu'il aimait en secret depuis tant d'années.

Ça eut au moins le mérite de faire rire Harry qui vit ses appréhensions s'éloigner quelque peu de lui. Il rangea ses affaires en remarquant que les quelques lignes qu'il avait écrites sur son devoir de botanique portaient sur la métamorphose d'une oie en peigne. Il n'était décidément pas concentré…

Après avoir rapporté son sac dans le dortoir, Harry redescendit et se dirigea vers la Grande Salle pour son repas. Il savait que Dean, Ginny et Neville étaient déjà descendus, il ne serait donc pas seul en attendant Ron et Hermione. Car il était certain qu'ils viendraient. Même s'ils étaient sur le point de se mettre ensemble, ce que le rouquin attendait depuis plusieurs mois, Ron ne raterait pas le dîner.

Harry s'installa sur un banc à côté de Ginny qui se servait dans le plat de crudités. Elle lui fit un sourire et le servit également.

« Merci, » dit-il avec un soupir.

« Tu as l'air fatigué… Mauvaise journée ? »

« Mauvaise semaine… Voire plus ! » répondit Harry en soupirant.

« Le week-end te fera du bien. »

« Oui, si j'en ai quinze d'affilée. »

Ginny ricana et entama sa nourriture sous les bourdonnements joyeux de la Grande Salle. Harry, quant à lui, avait un peu plus de mal à se mettre dans l'ambiance du repas qu'il aimait tant habituellement. Son regard ne cessait de se fixer sur le Professeur Snape qui mangeait tranquillement. Celui-ci grognait de temps en temps pour acquiescer - ou non - au babillage incessant du Professeur Trelawney à sa droite.

Pourtant, pour un oeil avisé, il paraissait étonnement joyeux. Peut-être pas joyeux, mais il avait un rictus satisfait sur le visage. Le même que celui qu'il avait lorsqu'il surprenait des Gryffondors hors de leur dortoir après le couvre-feu.

Déglutissant de façon sonore, Harry le regarda quitter la table en lui adressant un dernier regard moqueur. Le jeune homme tenta un coup d'oeil vers Bill qui était en pleine conversation avec Sinistra et ne semblait pas conscient que son aide était requise. En même temps, qu'aurait-il pu faire ?

N'ayant guère d'appétit après ça, le Gryffondor repoussa son assiette et, sans un regard pour Ron et Hermione qui arrivaient et paraissaient inquiets, annonça qu'il avait une retenue. Il se leva et, le pas lent, la mine morne, les épaules basses, se dirigea vers ce qui semblait être le pire moment de sa vie. Comparable au moment où Dudley lui avait volé ses lunettes et remplacé le mouchoir en tissu dans sa poche par l'une des gaines en dentelle de Pétunia. Au moment où Harry l'avait sorti devant toute la classe et l'institutrice pour s'essuyer le nez, il avait cru mourir de honte.

Le Gryffondor n'arrêtait pas de se dire que ça ne pouvait pas être si grave, pourtant une voix dans sa tête - qui ressemblait étrangement à celle de Snape - lui disait qu'il allait souffrir ce soir. Il se demanda un instant s'il n'avait pas des dons de voyance, ou si son professeur ne s'était pas infiltré dans sa tête pour le terrifier, mais il n'eut pas le temps d'élaborer cette théorie qu'il se retrouva devant la porte de la salle de classe.

Il commençait à comprendre l'état rêveur quasi-permanent de Luna. Ça devait être plus agréable d'imaginer des petites créatures magiques perchées sur les épaules des gens que d'affronter des situations comme celles-ci.

Avec un soupir à fendre l'âme, Harry toqua à la porte et entra dans la pièce. Snape n'étant pas présent, il s'avança vers le tableau qu'il n'avait pas pris le temps d'observer auparavant. C'était d'ailleurs étrange, car il pensait connaître chaque centimètre carré de cette salle, vu le nombre de fois où il s'y était ennuyé, où il l'avait nettoyé. Pourtant, il n'avait aucun souvenir de cette toile.

C'était une jeune femme aux cheveux noirs. Elle était mince et avait une poitrine assez conséquente, mais le plus marquant était qu'elle était totalement dévêtue. Cachant ses parties intimes, un énorme serpent ondulait paresseusement sur son corps. Elle était debout, droite devant le mur sombre de ce qui semblait être une caverne. Serrée fermement dans sa main, une petite fiole de potion bleue. Cette toile faisait penser à une version tentatrice d'Eve et le serpent. En réalité, ce tableau était très sensuel et même déplacé dans cette salle de classe. Harry était persuadé qu'il l'aurait remarqué en temps normal. Il devait y avoir un charme pour le cacher, sinon les cours de potions auraient été bien plus intéressants. Enfin… Certainement… Et pas pour lui.

Il n'avait pas entendu le mot de passe donné par le professeur alors, à tout hasard, il frappa sur le tableau.

« Hé ! » cria la jeune femme. « Misérable gueux ! De quel droit te permets-tu de me frapper ainsi ?! »

« Pardon, pardon… » dit précipitamment Harry, relevant les mains en signe d'apaisement. « Je voulais juste voir le Professeur Snape. Il m'a dit de venir mais je n'ai pas le mot de passe. »

Elle ricana.

« Oui… c'est toi l'enfant pas très intelligent au fond de la salle, toujours débraillé avec les lunettes de travers. »

« Hein ? Mais… »

« Combien de fois j'ai jubilé de te voir à quatre pattes en-dessous de moi à lessiver le sol... » gloussa-t-elle avec mépris.

« Mais je… »

Un bruit léger se fit entendre alors que le tableau basculait sur la droite, laissant apparaître le passage sombre. Severus Snape était derrière, toujours aussi terrifiant.

« Merci Pétunia, » dit-il au portrait sans même le regarder.

« Ne m'appelle pas Pétun- » hurla la femme avant d'être interrompue par un sort de silence.

« Entrez Potter, » ordonna Snape avec un mouvement de tête sec.

Dans un mouvement fluide, il se retourna et guida Harry dans les ténèbres du tunnel.

Le Gryffondor expira un grand coup avant de suivre son professeur. N'y voyant presque rien, il se fia aux bruits, chose qui ne lui parut pas très avisé lorsqu'il se cogna au dos de Snape, recouvert de capes épaisses. Celui-ci s'était arrêté devant une porte en bois et ricana lorsqu'il entendit le couinement douloureux du jeune homme.

« Voici mes quartiers Potter, » dit-il en le laissant passer. « Je vais vous prier de ne rien déranger, de ne rien toucher. J'ai prévu quelques petites choses pour vous occuper et se sera bien suffisant. »

Harry posa ses yeux sur la pièce devant lui. Elle était plutôt petite et sombre, ornée de chandelles et de torches. Un feu dans la cheminée ronronnait tranquillement devant un petit salon doté d'un canapé et de deux fauteuils. Le mur par lequel ils venaient d'entrer était en réalité une immense bibliothèque remplie de livres, celui d'en face comportait une porte qui devait mener au couloir principal des cachots et celui de gauche une petite cuisine à côté de laquelle se trouvait une autre porte entrouverte et menant à une chambre.

Ce qui stupéfia Harry était l'ordre impeccable qui régnait en ce lieu. Chaque élément semblait avoir été posé avec une précision mathématique. Les deux sculptures de serpent sur le manteau de cheminée, posées dans une symétrie parfaite, le pot rempli d'une plante noire et visqueuse, placé à l'exact milieu de son socle. Les livres rangés par taille et par couleur.

Il n'y avait pas un vêtement sur le sol, ni même un papier sur la petite table. Tout était tellement propre que les grains de poussière semblaient se désintégrer dès qu'ils touchaient une surface plane. À bien y réfléchir, Snape aurait bien pu inventer un tel sortilège…

En tout cas, c'était bien loin du bazar habituel régnant dans le dortoir des garçons et Harry avait même peur d'avancer plus loin sur le parquet ciré.

« Qu'attendez-vous ? » grogna Snape en le poussant légèrement entre les omoplates. « Allez dans le salon, je vais préparer vos vêtements. Ne touchez à rien. »

Harry s'avança à petits pas jusqu'au canapé et observa encore son environnement.

Snape était vraiment maniaque… Le Gryffondor se demanda soudainement si ce n'était pas l'une des caractéristiques des sociopathes violents… Mais peut-être avait-il regardé trop de films policiers chez les Dursley, par la petite lucarne de la porte sous l'escalier.

Avec un sourire sadique, Harry leva le doigt et appuya sur la base de la statuette de serpent pour la déplacer. Oh, juste quelques millimètres… un centimètre tout au plus... Il était curieux de savoir si Snape le remarquerait.

Après son méfait, Harry recula légèrement et prit l'air le plus innocent possible.

Quelques secondes plus tard, Snape entra à nouveau dans la pièce et avant même de regarder Harry, posa les yeux sur les objets de son salon. Un tic nerveux agita sa paupière alors qu'il fixait sa statuette de serpent. Il ne fit cependant pas de commentaire et regarda le Gryffondor qui faisait de son mieux pour ne pas rire.

« J'ai posé vos vêtements sur le lit. La salle de bain est attenante si besoin. »

Avec sa nervosité retrouvée, Harry se dirigea vers la chambre. Il ne regarda pas la décoration, totalement focalisé sur la tenue choisie par son professeur.

C'était un ensemble tout à fait banal d'uniforme scolaire. Mais un uniforme féminin. Il y avait donc une chemise blanche, une jupe arrivant au dessus du genou, des chaussettes basses et des escarpins vernis. À sa plus grande horreur, Snape avait ajouté une cravate Serpentard, une culotte verte en dentelle et un soutien-gorge assorti.

Déglutissant et sachant que cela aurait pu être bien pire - après tout, il lui avait épargné le mini-short rose, le décolleté plongeant et les talons aiguilles - Harry commença à se dévêtir. Ne voulant à aucun moment être totalement nu dans la chambre de son professeur détesté, il n'enleva que son pantalon et son caleçon avant d'enfiler la jupe à toute vitesse. Avec une grimace, il mit la culotte qu'il trouva fort désagréable, quoique mieux adaptée que son ancien sous-vêtement, ainsi que ses chaussettes et ses souliers.

Regardant le bas de son corps, il se trouva ridicule. Il avait des poils noirs sur les jambes et des pieds bien trop grands.

Avec réticence, il enleva son pull, sa chemise et son bandage. Il passa ensuite un moment à retourner le soutien-gorge dans tous les sens pour essayer de comprendre comment l'enfiler. Après un grognement, il le plaqua sur son torse à l'aide de son bras gauche, enfila ses bras dans les bretelles et essaya d'accrocher l'attache dans son dos avec la main droite.

Après une longue série de jurons, il réussit finalement à attacher cette chose comparable pour lui a une camisole de force et ajusta chacun de ses seins dans les bonnets, essayant de les toucher le moins possible. Il ne savait pas vraiment à quoi devait ressembler une femme de son âge en sous-vêtements mais était persuadé de ne pas être trop loin du compte.

Inexplicablement fier de lui, Harry enfila sa chemise et sa cravate qu'il noua correctement malgré le fait qu'il soit déstabilisé par la forme de son torse et faillit hurler de victoire lorsqu'il eut fini de s'habiller. Il était sûr d'avoir mis plus d'un quart d'heure pour enfiler toutes ses choses mais avait enfin terminé et en était heureux.

Essayant de ne pas penser à l'humiliation qui l'attendait, Harry ouvrit la porte de la chambre et s'arrêta sur le seuil, les bras croisés.

« C'est ridicule, » dit-il avec défi.

« C'est censé l'être, » répondit Snape depuis le fauteuil.

Il ferma le livre qu'il était en train de lire et d'un sort, le renvoya sur son étagère avant de se lever d'un geste gracieux et de marcher vers lui.

« Pour le restant de cette soirée, je vais vous appeler Miss Potter, » dit-il ensuite avec un sourir cruel.

Le professeur allait dire quelque chose lorsqu'il fut interrompu par la porte d'entrée qui s'ouvrit calmement, laissant apparaître Lord Malfoy en personne, occupé à enlever son chapeau.

Aussitôt et avec une vitesse surprenante, Snape leva le bras et poussa violemment Harry dans la chambre.

« Lucius, que fais-tu ici ? » demanda le professeur, son masque de froideur en place.

« Conseil d'administration, » répondit le Lord blond avec dédain. « Narcissa est chez sa soeur alors je me suis dit que je pouvais te rendre une petite visite. »

« Et ce, bien sûr, sans t'annoncer. »

« Tu me connais mon ami, je ne demande pas la permission d'entrer. J'entre. »

Harry, dans la chambre, les fesses sur le sol froid, écoutait la conversation, terrifié. Snape avait-il appelé un ami pour se moquer de lui ? Était-ce un piège ? Non... Rien de tout ça…

« Bien. Installe-toi et sers-toi Lucius, j'ai quelque chose à régler, » dit Snape avant d'entrer dans la chambre, fermant soigneusement la porte derrière lui.

Harry allait parler mais Snape lui fit signe de se taire et lança un sortilège d'insonorisation sur la pièce.

« Vous vous foutez de moi ?! » cria finalement le Gryffondor.

« Taisez-vous Potter, » ordonna Snape en continuant son chemin vers la salle de bain. « Cette visite n'était absolument pas prévue. Malheureusement, nous en payerons les conséquences. Je suppose que vous n'avez pas apporté votre cape maléfique avec vous. »

Harry réfléchit un instant avant de comprendre de quoi il s'agissait : sa cape d'invisibilité !

« Non… » dit-il, morose. « Elle est dans mon dortoir… »

« Quand je dis que vous êtes inutile… » grogna Snape en fouillant dans les placards.

Il revient à toute vitesse et tendit à Harry un flacon contenant un liquide cuivré.

« Trois gouttes, » dit-il de façon succincte avec un faux air de Madame Pomfresh.

Ça devait être délibéré car Harry, avant même de réfléchir, comme s'il avait été programmé pour obéir à son infirmière préférée, bu les trois gouttes de potion à l'aide de la pipette accrochée au bouchon.

Snape soupira, tenant l'arrête de son nez entre son pouce et son index, semblant désespéré de voir à quel point il était facile de berner un Gryffondor. Il devait aussi se demander comment Harry pouvait être encore en vie avec tout cela.

Pourtant, en ce moment même, Harry n'en avait strictement rien à faire. Il avait l'impression d'être sur un petit nuage de coton, comme si plus rien était important. Il sursauta lorsque Snape l'attrapa par les épaules pour lui faire face.

« Potter, nous n'avons pas le temps de disserter sur votre inconscience, ni sur mon étique. Ce que je vous ai donné est une potion désinhibitrice. Malfoy est le bras droit du Seigneur des Ténèbres, il ne doit pas savoir que vous êtes ici. »

Ce simple fait eut le pouvoir de ramener un peu Harry sur terre.

« Pourquoi ne pas simplement me cacher dans cette chambre ? »

« Idiot, » grogna Snape. « Ne voyez vous pas que la salle de bain est ici ? Si Lucius passe une partie de la nuit ici, comme je le pressens, et a besoin d'aller aux latrines, il passera par là. Cette chambre est tellement petite que même si vous êtes à l'opposé de la porte, il sentira votre présence, votre magie. »

Avec un regard d'avertissement, Snape prévint le Gryffondor de ne plus dire d'ânerie et celui-ci, avec un sourire rêveur, mima un verrou sur sa bouche.

« Je vais vous faire passer pour mon escorte. Et pas d'objection à cela, » prévient Snape dès qu'il vit le jeune homme ouvrir la bouche. « C'est la seule explication pour qu'il trouve une jeune femme dans ma chambre. »

« Jeune femme ? » mima Harry avec ses lèvres, sans pour autant sortir le moindre son.

« Avez-vous oublié votre tenue ? » ricana Severus. « Vous devez être aussi loin de Harry Potter que possible. Maintenant que vous avez des attributs féminins et que personne n'est au courant, nous allons en profiter. Mais nous avons déjà assez perdu de temps. »

D'un mouvement vif, Snape sortit sa baguette et pointa la jupe d'Harry. Celle-ci raccourcit indubitablement jusqu'à arriver à mi-cuisse. Il fit la même chose avec les chaussettes blanches qu'il remonta jusqu'au dessus du genoux et les chaussures dont il rehaussa les talons sans pour autant les affiner pour éviter les chutes. La chemise blanche boutonnée jusqu'en haut devint légèrement décolletée et la cravate fut défaite pour pendre de chaque côté.

Snape fit boire une nouvelle potion à Harry qui, complètement hagard, accepta d'en avaler les quelques gouttes. Aussitôt, les cheveux du Gryffondor poussèrent un peu pour former un carré court dont les mèches folles partaient dans tous les sens. La frange fut fixée pour qu'elle ne se dégage jamais de la célèbre cicatrice en forme d'éclair. Le professeur posa un glamour sur sa pomme d'Adam et changea aussi la forme de ses lunettes pour qu'elles soient rectangulaires avec des montures plus importantes. Un dernier coup de baguette enleva tous les poils de ses jambes et, au lieu de s'offusquer de tous ses changements, Harry se retrouva à se demander comment, par Morgan, Snape connaissait tous ces sorts.

S'il s'était regardé dans le miroir, il aurait vu qu'il ressemblait maintenant beaucoup à une jeune femme. S'il avait un jour regardé un magazine cochon rempli de femmes sexy, il aurait pu savoir qu'il ressemblait beaucoup au genre "bibliothécaire sexy" ou même "secrétaire coquine" dans les posters au milieu du livre.

« Maintenant Potter, vous êtes Holly. Vous êtes une escorte que je paye pour ses services et vous faites ce que je vous demande de faire, sans questions, ni protestations. Ne parlez pas. Votre voix est trop grave pour une femme. Tout se passera bien, » dit fermement le Professeur Snape.

Harry acquiesça. Il était certain que s'il avait été dans son état normal, il aurait protesté, vociféré... pourtant, tout ce à quoi il pouvait penser actuellement, c'était que ça avait l'air amusant.

Il n'aimait toujours pas être une femme. Il n'aimait pas subir les courants d'air à cause de la perte de ses poils, ou voir son dos souffrir à cause d'une poitrine dont il n'avait pas l'habitude. Il n'aimait pas les talons. Il n'aimait pas les jupes, mais il avait toujours aimé jouer à être quelqu'un d'autre.

Néanmoins, lorsqu'il fut poussé hors de la chambre, il fut reconnaissant pour la potion désinhibitrice. Déjà avec elle, il était terrifié de se retrouver face à Lord Malfoy qui avait essayé de le tuer à maintes reprises. Sans cette potion, il aurait sûrement dit une chose stupide et arrogante, uniquement pour contrarier son ennemi et se serait pris un retour de baguette mémorable.

Oh, Snape l'aurait sûrement sauvé, comme Dobby l'avait fait, ou chacun des membres de l'Ordre, mais depuis la fin de sa cinquième année, Harry avait réussi à éviter de se mettre dans le pétrin et, aussi étrange que cela puisse paraître, il avait envie de continuer.

Il marcha derrière Snape, tête baissée et pas très stable sur ses talons.

« Tu m'excuseras Lucius, j'avais quelque chose à finir, » dit Snape.

Harry, même s'il ne pouvait pas le voir, put entendre son professeur replacer ses robes. Il savait aussi qu'un sourire moqueur se dessinait sur son visage. Lorsqu'il comprit l'allusion, il se mit à rougir férocement mais garda bien la tête basse pour ne pas le faire remarquer.

« Tu ne t'offusqueras pas si elle ne te salue pas correctement. Elle est muette. Tu sais à quel point j'ai horreur que les femmes jacassent, » reprit Snape.

« Oh oui, je te connais mon ami, » ricana Lucius. « D'ailleurs, je pensais que tu préférais les hommes. »

Harry releva subitement la tête, mais la rabaissa tout aussi vite lorsqu'il vit le regard minutieux de Malfoy sur son corps. Snape était gay ?!

« C'est vrai, » répondit le Maître des potions, d'une voix légèrement serrée. « Mais regarde-la. Elle a les jambes musclées, une poitrine assez misérable et des épaules larges, elle ressemble à un homme. Il m'arrive parfois d'avoir besoin de la douceur d'une femme entre mes doigts et elle est un bon compromis... »

« Je vois, » répondit simplement Malfoy.

« Holly, va faire du thé, » ordonna Snape sans un regard.

Harry hocha la tête et partit dans le coin cuisine pour préparer ce qui lui avait été demandé. Un nouveau ricanement retentit derrière lui et il fut certain que Malfoy se moquait de sa démarche hésitante. Il préférait néanmoins ne pas savoir ce qu'il imaginait qu'ils avaient fait.

« Un morceau de choix, » commenta Malfoy.

« Effectivement. »

« Aurais-tu un penchant pour tes élèves Serpentards ? Elle est jeune et j'ai bien remarqué l'uniforme... »

Le Survivant écoutait les deux hommes discuter alors qu'il cherchait une théière et deux tasses dans les placards de la cuisine.

« Tu sais bien que les filles de Miss Betty sont toujours très jeunes, » répondit Snape. « Quant à l'uniforme… Juste une petite fantaisie. »

« Je comprends mon ami. Penses-tu qu'il serait possible de partager ton bien ? » demanda calmement Lord Malfoy alors qu'Harry se penchait pour accéder au placard du bas, laissant sans le savoir, une magnifique vue sur sa culotte en dentelle.

Surpris par ces paroles incongrues, Harry se releva à toute vitesse et cogna sa tête dans le meuble. Il entendit une nouvelle série de ricanements et rougit d'autant plus. Il n'osait imaginer ce qui se serait produit s'il n'avait pas eu sa potion. Encore une fois, les choses se seraient mal passées.

Il n'était pas certain de savoir pourquoi il faisait confiance à Snape, peut-être que les différentes potions absorbées contenaient des traces d'une autre potion qui le rendrait obéissant et confiant en faveur de celui qui lui administrerait…

« Tu sais que je ne partage pas Lucius, » grogna Snape.

« Et c'est bien dommage ! » s'exclama Lord Malfoy. « Tu es trop possessif avec tes conquêtes, je te l'ai toujours dit. Alors même que ce sont des personnes que tu payes. »

Harry, dans son coin, souffla de soulagement et continua la préparation, écoutant les discussions futiles des deux hommes.

Lorsqu'il eut fini, il mit les deux tasses fumantes sur un petit plateau accompagné du pot de sucre et l'apporta aux deux Mangemorts. Il ne pensa pas au surréalisme de la situation, trop occupé à envisager toutes les possibilités pour la suite des évènements.

« Viens ici, » ordonna Malfoy alors qu'il avait déposé le plateau sur la table.

Harry jeta un coup d'œil anxieux à Snape qui hocha sèchement la tête. Il s'approcha donc, alors que l'homme blond se levait pour se tenir en face de lui.

« Intéressant… » souffla Malfoy, le regard fixé sur son visage. « Brune aux yeux verts… Tu as choisi la version féminine de Potter… » dit-il ensuite en promenant sa canne à manche en forme de Serpent sur la joue d'Harry.

L'ambiance était électrique dans la pièce alors que Malfoy le transperçait du regard, comme pour lire en lui. Snape était tendu sur son siège, le dos raide, les mains crispées. Harry, quant à lui, faisait de son mieux pour ne pas gigoter sur ses pieds, essayant de rester impassible, sans pour autant y parvenir.

« Lucius, » interpella Snape. « Je t'ai déjà dit de ne pas toucher à mes affaires, » dit-il finalement en enroulant de sa main le poignet d'Harry pour le tirer à lui et l'asseoir sur ses genoux.

Le Gryffondor bascula et se laissa tomber sur son professeur qui lui envoya un regard d'avertissement.

Harry ne savait pas pourquoi il avait droit à ce regard, mais il était certain qu'il n'allait pas aimer. Il ne sut pas s'il avait tort ou raison lorsqu'un instant plus tard, Snape se pencha en avant et posa ses lèvres sur les siennes.

Il se passa une seconde tout au plus, où personne ne bougea. Pourtant, dans l'esprit d'Harry, il eut l'impression que cet instant de malaise dura une éternité.

Snape était en train de l'embrasser.

Terrifié à l'idée de ce qui était en train de se produire, Harry ne bougea pas d'une baguette et se fut suffisant pour son professeur qui porta une main à sa joue droite et appuya légèrement son baiser.

Sans explication aucune, Harry commença à bouger ses lèvres alors qu'il s'avouait que ce contact était agréable. Un peu comme lorsque Bill l'avait embrassé.

La situation était différente. Snape faisait cela pour les protéger de la suspicion de Malfoy qui les observait depuis son fauteuil. Ils devaient être convainquant et Harry devait avoir l'air de quelqu'un d'expérimenté ou, en tout cas, pas timide. La potion aidait à cela, n'est-ce pas ? Snape avait tout prévu.

Harry sortit de ses pensées lorsqu'il sentit une main sur sa fesse gauche alors qu'une langue curieuse tentait des approches à travers ses lèvres closes. Après quelques secondes de doute, il finit par avancer sa propre langue à la rencontre de sa rivale.

Snape avait un goût de menthe fraîche, comme le faisait le sortilège d'hygiène dentaire qu'Harry connaissait bien. Et maintenant qu'ils étaient si proche, le Gryffondor pouvait sentir son odeur corporelle. Il sentait un peu le feu de bois, le bourbon, la poussière des vieux grimoires. Il y avait quelque chose de réconfortant dans ce parfum. Quelque chose qui lui donnait envie de se blottir contre ce torse, bien plus solide et large qu'il ne l'avait imaginé, pour se sentir protégé pour une fois dans sa vie.

Alors il le fit.

Harry se laissa choir dans les bras de l'homme qui l'entoura plus étroitement, sans plus penser à qui cette personne était, ce qu'il avait fait, ni au tatouage qu'il avait sur le bras. Plus rien ne comptait à partir du moment où cet homme prouva qu'il savait se servir de sa langue. Le chaume de ses joues procurait une sensation agréable, son long nez creusait la peau d'Harry et ses lèvres jouaient avec les siennes dans une danse parfaite.

Qu'est-ce qui rendait ce baiser si bon, si intense ? Peut-être la domination que l'homme mettait là-dedans et qui contrastait très largement avec la douceur de celui de Bill. Peut-être était-ce l'ambiance spéciale des cachots. Peut-être était-ce la potion. Peut-être était-ce l'odeur apaisante… en tout cas, Harry savourait cet instant comme jamais il ne l'avait fait.

Il sentit la main sur ses fesses se déplacer dans son dos, les dents tranchante mordre légèrement ses lèvres, les doigts sur sa joue glisser vers sa nuque. Harry sentit tout cela, comme il entendit les paroles près de lui, sans pour autant les comprendre. Ses propres mains étaient vissées à la robe de l'homme, refusant de le voir s'éloigner.

Une porte claqua dans la pièce, mais aucun d'eux n'y fit attention, pris dans le baiser qu'ils échangeaient avec plus de fougue. Harry entendait ses propres gémissements sans en avoir le contrôle et au lieu d'en être terrifié, il était heureux de pouvoir s'exprimer comme il le souhaitait, d'autant que cela avait apparemment un effet bénéfique sur son partenaire qui le serrait de plus en plus près.

Pourtant, après un moment de baisers passionnés, ils se calmèrent. Les gestes devinrent apaisants, réconfortants, comme pour profiter un peu avant de réaliser ce qui venait de se passer. Avant de réaliser que Severus Snape avait embrassé l'Élu du monde sorcier, le chouchou de Dumbledore, le Golden Boy. Avant de réaliser qu'Harry Potter avait rendu son baiser à la chauve-souris des cachots, le Mangemort, le bâtard graisseux.

Se séparant lentement, ils s'embrassèrent encore à quelques reprises avec douceur et ouvrirent enfin les yeux. Harry fixa de ses prunelles vertes les puits sans fond de l'homme en face de lui. Jamais il n'avait remarqué à quel point ses yeux étaient profonds, beaux dans leurs ténèbres, dans leur simplicité.

Comme envoûté, il leva la main pour effleurer la joue de son professeur du bout des doigts et crut apercevoir ses paupières tomber légèrement à cette caresse, comme s'il s'efforçait de ne pas en profiter.

Après quelques secondes, Snape se leva, redressant Harry par la même occasion. Celui-ci s'attendait à être projeté au sol, mais fut surpris par les mains qui le stabilisèrent. Avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit, Snape l'avait relâché, lui avait tourné le dos et s'engouffrait dans sa chambre, fermant la porte derrière lui.

Jetant un coup d'œil autour de lui, Harry s'aperçut qu'il était seul ; Malfoy était parti.

Harry ne savait pas vraiment comment il en était arrivé là. Dans l'espèce de brume qu'était son cerveau, il se retrouva perdu et démuni.

Ce qu'il savait bien en revanche, était qu'il se trouvait actuellement dans les appartements de son professeur de potions détesté et qu'il devait partir au plus vite. La soirée était totalement partie à la dérive, d'une façon incontrôlable. Sortir avant que Snape ne revienne et ne décide de se servir de lui comme ingrédient de potion.

Sans se préoccuper des personnes qui pourraient passer dans le couloir et oubliant dans quelle tenue il était, Harry sortit par la porte qui donnait directement à côté du dortoir des Serpentards. Il fit quelques pas chancelants et, remarquant qu'il avait toujours ses chaussures à talons, les enleva, et continua son chemin.

« Harry ? » fit une voix à sa droite.

Le Gryffondor se tourna pour voir Bill Weasley, tenant une tasse fumante à deux mains, adossé à une fenêtre du couloir principal. Il n'avait même pas remarqué qu'il avait quitté les cachots et que dehors la nuit était éclairée par une lune presque pleine.

« Bill ? »

« Qu'est-ce que tu fais ici et dans cette tenue ? » demanda le rouquin en le regardant de haut en bas.

Posant sa tasse sur le rebord de la fenêtre, il s'approcha rapidement pour lui attraper les épaules.

« Que se passe-t-il ? » insiste-t-il.

« Punition… antidote… Malfoy… Pas découvrir l'identité… » bafouilla Harry, qui commençait à sentir ses sens se brouiller.

« Viens-là… » dit Bill en le guidant dans le couloir jusqu'au tableau d'un hérisson lisant un grimoire. « Mes appartements sont juste ici. Je ne peux pas te laisser traverser Poudlard comme ça. Je vais envoyer un elfe pour prévenir Ron et Hermione. »

Harry grogna une réponse vague et traversa la pièce, toujours conduit par le frère de son meilleur ami. Il sentit ce qu'il reconnut comme étant un matelas contre ses tibias et se laissa tomber dessus. Bill le laissa un instant, certainement le temps de prévenir ses amis et de se mettre en pyjama et, lorsqu'il revint, il le poussa pour le remettre dans le bon sens du lit avant de remonter les couvertures et de s'y glisser à son tour.


Voilà, j'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à me laisser une petite review, je vous répondrai avec plaisir.