Titre: ELITE
Genre: UA non magique. Dramione. Drama/Romance
Disclaimer: Tous les personnages sont à JKR... Et ceux que vous ne reconnaîtrez pas sortent de mon imagination.
Dans un des appartements les plus luxueux du centre de Londres, Harry Potter, célèbre avocat de renom était affalé sur son canapé en cuir, un pot de glace Ben et Jerry saveur Cookie Cream dans une main, un verre de Chardonnet dans l'autre. Et depuis la veille, il regardait inlassablement la nouvelle saison de Keeping up with the GreenGrass, la chose la plus nulle qu'il existait sur cette planète. Pourtant, voir Daphné GreenGrass en train d'expliquer comment elle comptait s'habiller pour la prochaine fashion week le distrayait plus que de tuer des gens avec sa Xbox One sur GTA. Et alors qu'il reprenait une cuillérée de sa glace préférée, son iPhone émit un énorme bruit de tracteur. « Ouais ? Allo ? » grommela Harry en baissant le son de sa TV.
« Si tu m'appelles pour me dire que Ron vient encore de remporter une affaire d'adultère et qu'il a obligé le coupable à se promener dans la rue avec un tee-shirt ou il était inscrit « Je suis une pute catholique et polygame.», tu peux tout de suite raccrocher. Et si jamais ce n'est pas ça et qu'à la place il à infliger comme sentence le lavage intensif des vitres du palais de Buckingham avec une brosse à dents, je m'en contrefiche. »
Il piocha un bâtonnet rose orangé dans un sachet en plastique en provenance de Dumby's candies ou était écrit en toutes lettres patacitrouilles. Portant nonchalamment le bonbon à sa bouche, il acquiesça à ce que son interlocuteur lui disait, vaguement intéressé par l'affaire.
« Tu n'as cas demandé à Ron de prendre en charge cette affaire. Je ne travaille pas pour une telle futilité. ET tu sembles oublier, mon cher Dean, que je ne suis pas branché par les affaires de divorce banales ! La preuve en est avec le dernier procès… » marmonna Harry en reprenant de la glace.
« Mais justement, si tu me laissais parler, il ne s'agit pas du tout d'une affaire de divorce banale ! » s'exclama Dean Thomas, le bras-droit d'Harry. « Un gros buzz, la presse à scandale va se jeter dessus quand elle l'apprendra et Cornélius n'en fera qu'une bouchée ! »
« Et bien dis-moi ! » s'impatienta Harry en se redressant vivement.
« Le divorce entre Cho Chang et Cédric Diggory. Tu seras l'avocat de Chang, j'ai passé un coup de fil à Seamus et il m'a assuré que Ron prendrait en charge Diggory. L'affaire du siècle. »
« Et en quoi le divorce de deux sportifs de haut niveau est-il une affaire du siècle ? » demanda l'avocat d'un ton blasé.
« Parce que Diggory a trompé Chang avec un joueur de l'équipe adverse, Justin Flint-Fletchey ! » s'exclama Dean d'un ton très enthousiaste. « Et c'est Chang qui a fait la demande de divorce, elle les a surpris au lit alors qu'elle rentrait de l'entrainement. »
« Mais encore ? »
« Eh bien, tu es légèrement désavantagé par rapport à Weasley, Chang est actuellement en compétition de surf à Hawaii et ne rentre que dans 3 jours. Mais le procès n'aura lieu que dans un mois. »
« C'est gentil de me prévenir à l'avance. » grogna sarcastiquement Harry. « Ron est déjà en train d'étudier le cas ? »
« Oui et tu devrais également commencer. Car je suis sûr que tu es sur ton canapé à te morfondre en avalant toutes les pires cochonneries au monde et tout ça à cause de ton dernier procès. C'est malsain et inutile alors bouge-toi les fesses et rejoins moi au bureau. »
« T'es pas ma mère Dean ! » grogna Harry. « Cela dit, je te rejoins quand même dans une demi-heure, au ministère, dans mon bureau. »
« Entendu. »
« Attends ! » s'exclama soudainement Harry. « Cédric et Julien…. »
« Justin ! » le reprit Dean…
« Qu'importe ! » balaya l'avocat. « Avaient-ils déjà couchés quand Cho les a surpris ? » demanda l'avocat d'un ton intéressé.
« En quoi cela peut-il t'aider à lui faire gagner le procès ? » marmonna Dean, blasé.
« Juste pour savoir, s'ils n'ont pas vraiment joué à touche-pipi mes arguments seront moins persuasifs et forcément, s'il s'agit juste d'un adultère buccale et corporel c'est forcément moins attrayant… En revanche… »
« STOP ! Je ne veux pas en savoir plus. OUI, ils avaient déjà couché. Et ce n'était pas la première fois ! Maintenant que tu sais tout, enfile des vêtements et magnes-toi ! » s'exclama l'afro-britannique à travers le combiné.
« Ok, on se détend, Deanou d'amour. » capitula enfin Harry en se levant de son canapé. « On se voit plus tard ! » lança-t-il avant de raccrocher et de jeter le téléphone quelque part dans les replis de son sofa. Il y était resté tellement longtemps que la marque de ses fesses était bien dessinée….
Harry éteignit sa télé, rangea son pot de glace avec regret et enfourna 2 patacitrouilles dans sa bouche avant de filer vers son dressing. Il en sortit un costume deux pièces avec une chemise blanche et des pompes cirées toutes neuves, exportées tout droit d'Italie, une pure merveille. Il attrapa par la suite lunettes, téléphone, sac et parapluie et c'est en bougonnant qu'il prit une longue veste noire et quitta son loft pour se rendre au bureau.
« Bien le bonjour monsieur Potter, puis-je vous prendre votre veste ? » demanda une des hôtesses d'accueil alors qu'il passait tout juste le pas de la porte.
Il lui tendit avant de consulter rapidement son agenda électronique. Alors qu'il entrait dans le grand hall circulaire donnant accès à son cabinet et celui de Ronald Weasley, il aperçut une femme tapoter impatiemment du pied sur le parquet vernis. Un rapide coup d'œil et il perçut rapidement de quel milieu social venait la femme.
« Vous avez rendez-vous ? » demanda-t-il.
La femme tourna la tête vers lui, s'interrompant dans la rédaction d'un sms pour le détailler à travers ses lunettes en écailles perchées sur le bout de son nez. Ses grands yeux verts s'attardèrent sur la tenue couteuse de l'avocat tandis que son cerveau tentait de deviner qui venait de l'interrompre dans son activité favorite.
« Oui. J'attends Weasley. Je ne doute pas de ses compétences professionnelles mais il s'avère que la ponctualité n'est pas son point fort. »
Harry retint un rire. Ronald Weasley ne comptait effectivement pas la ponctualité dans ses compétences. « Il est vrai que mon collègue – il buta sur le mot- a parfois du mal avec les horaires. »
« Harry Potter. » se présenta-t-il finalement en tendant une main à la femme.
Elle le regarda étrangement et sa main ne bougea pas d'un pouce. « Qu'avez-vous donc ? Je ne vais pas vous manger ! » plaisanta Harry.
« En principe, je ne serre la main à personne. C'est une perte de temps, le monde est rude et la compétition fait rage. » répondit-elle. « Pansy Parkinson. » concéda-t-elle.
« Enchanté de faire votre connaissance Madame Parkinson. » dit Harry. « Pourquoi refuser tout contact avec une personne ? Se saluer en se serrant la main est un geste normal, cela se fait. »
« Ce n'est pas parce que cela ce fait qu'il faut le faire. » siffla la manager en jetant un rapide coup d'œil à son iPhone qui ne cessait de vibrer.
« J'aime votre sens de la réparti. » pouffa l'avocat. « Puis-je vous inviter à boire un café dans mon bureau en attendant que Ronald Weasley vous fasse l'honneur de sa présence ? » proposa le brun en ouvrant la porte de son office.
Pansy jeta un coup d'œil à sa montre Gringott argentée et accepta. Mais au moment où elle posait un pied habillé d'un escarpin en écaille sur la luxueuse moquette du bureau d'Harry une voix se fit entendre dans le hall.
« Non mais je rêve ! En plus tu me prends mes clients maintenant Harry ? » éructa la voix de l'avocat roux.
Harry regarda son meilleur ami et rival de procès foncer vers lui, un gobelet Starbucks à la main, son cartable en cuir balançant furieusement à son épaule.
« Rassures-toi, je comptais juste lui offrir un café le temps que tu daignes enfin nous faire l'honneur de ta présence. » susurra Harry en lui mettant une main sur l'épaule. « Et puis, tu peux toujours rêver de gagner le procès Chang ! Cette fois, tu ne l'emporteras pas au paradis » siffla le brun en entrant dans son bureau. « Au plaisir de se revoir Madame Parkinson ! »
« Madame Parkinson, désolée de l'attente mais un procès ayant un peu tardé m'a retenu prisonnier au tribunal. » s'excusa platement le roux en faisant entrer sa cliente dans le bureau voisin à celui de Harry.
Elle entra la tête haute et la porte se refermèrent sur eux.
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Lanikai Bay était une plage d'Hawaï très connue et populaire. Elle était l'endroit touristique le plus fréquenté et le repaire des surfeurs du monde entier, c'est là que les meilleures vagues prenaient vie. Et quasiment toutes les compétitions avaient lieu sur cette plage, mettant en concurrence des surfeurs venant des quatre coins du monde. L'eau était si turquoise que l'on se croyait dans un rêve quand on la voyait, le sable était d'un blanc si pure que l'on pensait marcher sur de la poudre d'argent. Et pour finir, la verdure tout autour était resplendissante, débordante de vie par tous les animaux qu'elle abritait. De beaux oiseaux colorés se manifestaient par moment, faisant profiter les habitants de l'ile de leurs chants imposants et mélodieux. Un vrai orgasme visuel et auditif pour n'importe qui venant sur le lieu.
Fleur Delacour, surfeuse française, championne juniore décorée plus d'une dizaine de fois venait ici pour la cinquième fois en deux ans, prête à remporter une énième médaille. Accompagnée de son coach, Olympe Maxime, elle foulait la plage d'une manière légère en regardant les belles vagues sur lesquelles elle allait surfer. Elle se présenta devant le stand de préparation et signa un registre de présence.
« Départ dans moins de 10 minutes. » l'avertit un des préparateurs en lui tendant un tee-shirt bleu. « Rappelles moi le nom de ton club ? »
« Beaubâtons, France. »
L'homme vêtu d'orange lui fit signe de rejoindre ses concurrentes sur la plage, un peu plus loin. Fleur capitula et enfila le tee-shirt en dégageant ses longs cheveux blonds et enfila un short noire par-dessus son maillot de bain.
« N'oublies pas que tu ne dois laisser personne, je dis bien personne, se mettre sur ton chemin. » lui souffla sa coach à l'oreille.
Et elle commença à lui masser les épaules tandis que Daphné GreenGrass, sa meilleure amie, lui rapportait une cannette de coca Zéro, boisson dont la sportive française était complètement dépendante et ce, malgré les nombreuses recommandations de ses entraineurs et proches.
« Tu vas y arriver Fleur ! Parce que tu es un soldat ! Et une championne française ! » s'exclama Daphné avec enthousiasme dans la langue de l'amour. « Ne laisse pas Chang te battre ! »
« Les six candidates sont priées de se mettre en place ! » s'écria la voix d'un des commentateurs dans les micros. « Le départ va être donné ! »
Fleur attrapa sa planche, aux couleurs flamboyantes de l'Espagne – elle l'avait reçu en cadeau lors d'une virée promotion pour une marque de maillots de bain à Ibiza - et couru rejoindre les autres surfeuses en faisant un bref signe à son coach et sa meilleure amie. « Tout va bien aller ! »
Les six surfeuses se jetèrent à l'eau quand le départ fût donné et commencèrent à ramer vers les premières vagues.
« Les six concurrentes encore en liste pour la demi-finale sont en orange : Madison Hunt, en noir : Cho Chang, en bleu : Fleur Delacour, en blanc : Olivia Anders, en jaune : Millicent Bulstrode et en rose : Vanessa Clarke ! » s'éleva la voix d'un des commentateurs. « Et on dirait que nos jeunes surfeuses ont repéré une légende du surf hawaïen, j'ai nommé Victor Krum ! »
Le public venu assister à la compétition se lava en un standing ovation parfait pour applaudir le sportif bulgare, venu lui aussi à Hawaï. Il salua la foule en levant une main comme la reine d'Angleterre et se rassit dans les tribunes VIP ou il avait été invité. Les surfeuses commencèrent à ramer vers le line up, allongées sur leurs planches, faisant le canard quand de grosses vagues surgissaient de nulle part. C'est quand un important set de vagues commença à déferler sur Lanikai Bay que les six concurrentes se mirent en position. Cho, la plus rapide s'avança sur la vague et se leva rapidement, dévalant avec grâce la vague, effectuant de temps en temps des virages bien maitrisés. Fleur se décida également à y aller et prit la seconde vague, dévalant elle-aussi la pente aqueuse avec grâce. Quand elle sentit la vague retomber, elle effectua un flip et se retrouva engagée dans un petit tube.
« Noir : Cho Chang, est en tête ! Bleu : Fleur Delacour, deuxième qui va chercher un 4-2 pour prendre la tête du classement, elle réussit à s'engager dans un petit rouleau ! Et jaune : Millicent Bulstrode, il lui faudrait un 5-4 pour se hisser à la tête du classement ! Je vous rappelle Mesdames, Messieurs que les trois premières seront qualifiées pour les régionaux de Sydney ! »
La foule applaudissait mais les surfeuses ne les entendaient pas. Elles ramaient le plus vite possible pour avoir l'énorme vague qui se précipitait droit sur elles. Fleur était au même niveau que Cho, l'anglaise et la française étaient au coude à coude au sommet de la vague.
« Oh mais il me semble que nous avons une bataille au coude à coude entre noir et bleu pour un important set de vagues ! Cho est la droite de Fleur. Noir : Cho Chang amorce un takeoff et c'est réussi ! La vague est à elle ! » hurla le commentateur dans son micro.
Fleur vit rouge quand elle vit que Cho venait de lui prendre la vague. Et elle vit doublement rouge quand cette dernière exécuta une descente parfaite, sous l'applaudissement du public et du jury.
« Elle exécute un bottom turn parfait ! Elle sait apparemment ce qui plait aux juges, c'est un haut score pour Cho Chang! » hurla la voix du commentateur.
Il ne restait plus que quelques minutes aux filles pour faire leurs preuves et même si les trois premières étaient sélectionnées, Fleur voulait être la première, c'est ce qu'elle avait toujours été et serait toujours. Elle rama donc avec encore plus de vigueur même si ses bras lui faisaient mal, que ses yeux étaient au bord de l'explosion de sel et que sa gorge recrachait à vitesse grand V l'énorme quantité d'eau qu'elle avalait en permanence.
« A 5 minutes du terme de cette finale c'est noir Cho Chang qui est en tête, bleu Fleur Delacour la seconde et rose Vanessa Clarke en troisième position ! » rappela l'examinateur.
Mais Fleur ne l'écoutait pas, elle sentait que quelque chose arrivait. Et elle n'avait pas tort, quelques secondes plus tard, une vague aussi belle que celle que Cho lui avait volé prenait forme. Elle rama encore plus vite, ne fit pas attention à l'eau qui brulait ses yeux et se positionna de façon à ce que la vague soit pour elle. Elle glissa et se leva directement quand la vague commença à retomber. Ce fut pour elle une victoire de sentir cette adrénaline. Voici la raison pour laquelle elle surfait, c'était sa passion, sa raison de vivre et ce, malgré tous les inconvénients que présentaient ce sport. Au diable les claques de vagues, les coupures sur le corail, les courbatures dans les muscles, les requins et le sel….
« Magnifique snap au sommet ! » hurla le commentateur. Fleur amorce son deuxième bottom turn et il passe une fois de plus ! Fleur Delacour se lâche totalement, elle pourrait décrocher un des plus hauts score technique de la journée alors que nous approchons de cette finale ici à Lanikai Bay ! » .
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Le Haul était le restaurant le plus huppé de la capitale Anglaise. C'était le lieu de rendez-vous pour les célébrités du monde entier cherchant un endroit pour savourer des mets savoureux concoctés par les meilleurs chefs cuisiniers du pays, triés sur le volet. C'était aussi l'endroit où les scandales les plus attendus de la presse people éclataient.
Perchée sur des talons d'une douzaine de centimètres, couverts de strass roses et brillants, Astoria GreenGrass, fille cadette du célèbre homme d'affaires Richard GreenGrass, s'avançait dans le hall du restaurant, sa troupe de caméras derrière elle, capturant tous les mouvements qu'elle faisait. Quand elle poussa la porte principale menant à l'immense salle de séjour, les regards se figèrent pour se braquer exclusivement sur elle, chose dont Astoria raffolait. Toute cette gloire rien que pour elle alors qu'elle n'avait rien – pour ainsi dire – fait de particulier.
« Miss GreenGrass, votre table est prête. » l'avertit un des serveurs. « Si vous voulez-me suivre… »
« Evidemment mon chou ! » répondit cette dernière d'une voix mielleuse remplie d'hypocrisie.
Astoria remua son popotin siliconé et s'avança avec la même grâce qu'une oie amputée. Moulée dans une combinaison rose bonbon, Astoria tentait de faire ce qu'elle savait faire le mieux, capter l'attention du public. A son coude se balançait insolemment un grand sac Louis Vuitton blanc crème d'où sortait la tête d'un petit chien.
« Amenez-moi de l'eau aromatisée à la fraise pour Dora. » exigea-t-elle, même pas assise.
« Tout de suite Miss. » répondit le serveur en se retirant pour aller chercher ce que la brune venait de lui demander.
« Voyez-vous, Dora ne supporte pas l'eau normale. » dit-elle en sortant son chien du sac tout en fixant les caméras. « Elle aime beaucoup l'eau à la fraise et ne boit que ça, depuis sa naissance. »
Astoria embrassa sa chienne chihuahua sur le museau avant de reporter son attention sur les caméras. « Voyez-vous, ce genre de chihuahua a besoin d'un confort particulier et c'est pour cela que je donne énormément de temps pour elle. Je l'ai récemment emmenée dans un centre de spa pour chien et elle a passé un après-midi complet de soins relaxants. Et tout ça pour la modique somme de 800 gallions ! » s'exclama-t-elle en riant. « C'est vraiment donné ! » rajouta-t-elle.
Le serveur arriva avec une petite écuelle remplie de la fameuse eau et il la posa sur le sol. Mais l'ongle verni de rose d'Astoria vint alors se planter dans son avant-bras avant même qu'il n'est le temps de se relever complètement.
« Mon chou, il ne faut jamais poser l'écuelle de Dora par terre, tu pourrais la vexer enfin ! Pose-la sur la table, après tout, elle peut manger avec moi vu qu'elle est comme ma fille. »
Se retenant d'hausser un sourcil, le serveur se dépêcher de contenter cette extravagante cliente. Règle d'or, ne jamais contredire un membre de la famille GreenGrass sous peine de se faire rayer définitivement de tous les restaurants peuplant ce bas-monde.
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« Bonjour monsieur Binns. Serait-il possible que je vous rende ma thèse sur Shakespeare maintenant ? Parce que je ne pourrais pas assister à vos cours durant la semaine qui arrive. »
Le professeur de littérature releva les yeux et commença à fixer l'élève qu'il avait en face de lui. Elle était grande et élancée, possédait un visage rieur avec de grandes prunelles ambrées et des cheveux négligemment attachés en un chignon flou.
« Et pour quelle raison Miss ? »
« Il se trouve que j'ai signé un contrat avec l'agence Hogwart après avoir été recrutée par Monsieur Zabini à Milan. Et il se trouve que pour honorer ce contrat, je dois poser aux côtés de certains autres mannequins et plusieurs marques dont je suis l'égérie ont organisé des séances shooting. Et j'ai aussi un défilé vendredi…. J'en suis navrée monsieur…. »
Binns soupira avant de tendre nonchalamment la main à sa plus studieuse étudiante qui lui remit, ravie, un dossier de feuilles bien écrites. « Merci infiniment monsieur ! » s'exclama-t-elle avant de s'éclipser par la grande porte.
« C'est pas que j'ai l'habitude hein ? » marmonna le vieux professeur en reportant son attention sur des copies d'élèves.
Quand Hermione posa le pied dehors, elle eut juste le temps d'enfiler une paire de lunettes pour se protéger de tous les flashs qui l'asseyaient de toutes parts. Décidant de les ignorer, elle sortit son téléphone et commença à regarder tous ses sms et appels en attentes, la plupart venant de Pansy Parkinson. Et Hermione commença sérieusement à se demander de qui Pansy était-elle l'agent ? Agissait-elle de la sorte avec Draco également ou le faisait-elle exprès avec elle ?
Elle eut à peine le temps d'ouvrir le dernier message hargneux et menaçant de la manager de Draco que son téléphone se mit à sonner, affichant le nom de son propre agent.
« Allô ? »
« Hermione, comment vas-tu ? » s'exclama la voix calme de Blaise. « J'espère que tu n'as pas oublié le diner au Slytherin dans deux jours avec Draco ? »
Hermione soupira doucement, baissant les yeux tout en tentant de ne pas se laisser déconcentrer par les personnes qui la fixaient avec intérêt. « Non je n'ai pas oublié. D'ailleurs, comment je m'y rends ? »
« Alfred passera te chercher à 19h30 précises à l'agence pour te conduire au restaurant. Pansy a déjà organisé la venue de Draco et prévenu le restaurant. Et si tu ne tiens pas à recevoir plus de menaces de torture, habille toi convenablement, tu sais à quel point Pansy est intransigeante quand il s'agit de mode. » la prévint le manager.
Le jeune mannequin grommela avant de se diriger vers la route pour attraper un taxi. « Ok. » répondit-elle simplement en levant la main. « Pansy sera présente ? »
« Non, elle s'occupe de ton dossier pour le moment….. »
« Qui est mon agent ? » le coupa Hermione d'un coup. « Parce que… Pansy à l'air de s'occuper beaucoup de nous… enfin je veux dire… »
« C'est normal, Pansy s'occupe toujours de ce genre de choses alors que je m'occupe des détails administratifs et économique. Elle est plus douée que moi dans ce qui est d'organiser un shooting en choisissant le moindre vêtement que portent ses égéries. » répondit Blaise, un soupçon d'amusement dans la voix.
« Ah d'accord, ne soit pas vexé surtout… Je ne disais pas ça méchamment. »
« Pas de soucis. Depuis le début de notre collaboration Pansy fait cet effet à tous les mannequins et clients dont elle s'occupe avec moi. »
Hermione s'esclaffa, discuta encore quelques instants et raccrocha.
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La cathédrale de Westminster était toujours très peuplée en fin de semaine. La salle était remplie par les fidèles si bien que certains étaient contraints de rester debout pour se recueillir. C'est pour cette raison qu'il était préférable d'y aller en plein milieu de semaine, quand la plupart des habitués travaillait. Ce mercredi, la salle devait être occupée par moins de dix fidèles, certains occupés à prier, d'autres allumant des cierges ou d'autres encore faisant le signe de croix devant l'eau bénite à l'entrée de la cathédrale.
Et alors que le calme régnait sur la vaste salle, les lourdes portes de bois s'ouvrirent avec fracas pour laisser passer une silhouette à carrure masculine. Vêtu d'un costume noir, Hugo Boss, des ray-ban aviateurs sur le nez, Rodolphus Lestrange avançait d'un pas pressé dans l'allée, n'ayant vraiment rien à faire de déranger les autres personnes dans leurs recueils sacrés.
« Où est le prêtre ?! » s'exclama-t-il en s'arrêtant devant l'autel, essoufflé. « Je dois le voir, il s'agit d'une URGENCE ! »
Tous se tournèrent vers lui, le fusillant du regard, assez énervés d'être interrompu de la sorte. Rodolphus scrutait les horizons désespérément, recherchant activement du regard celui à qui il disait tout depuis ses 10 ans.
« J'AI BESOIN DU PRETRE ! » hurla-t-il de nouveau. « AMENEZ-MOI LE PRETRE ! »
Dans son office derrière l'autel, le père Grégoire releva la tête quand il entendit la voix devenue aigüe de Rodolphus Lestrange. Soupirant d'un air las, il roula des yeux avant de verrouiller son iPad sur lequel il faisait des achats sur Amazon. Rangeant son nouveau gadget récemment acheté dans un tiroir qu'il ferma à clé, il attrapa sa bible, l'embrassa en même temps que sa croix de bois accrochée à son cou avant de sortir pour affronter l'agent.
« Rodolphus ! » s'exclama-t-il en levant les bras vers lui. « Venez donc vers le confessionnal, vous connaissez le chemin et pour l'amour de dieu cessez-donc d'hurler ainsi dans l'église ! »
Rodolphus tourna la tête vers le père et souffla de soulagement en le voyant lui indiquer le chemin de son lieu devenu favori. Il se dirigea d'un pas pressé vers le confessionnal, poussa la porte et prit place sur le tabouret. Il attendit donc quelques secondes pour que le prêtre lève le rideau sur la grille les séparant.
« Mon père, Dieu soit loué, j'ai besoin de vous parler à tout prix ! » attaqua directement l'homme en faisant le signe de croix.
« Je vous écoute mon fils… » marmonna le père. « Que vous est-il encore arrivé ? »
« J'ai pêché. »
« Je m'en doute bien mon fils. A chaque fois qu'il vous arrive un problème quelconque vous venez ici dans la minute et au vu de votre état actuel je pense que quelque chose de grave vient de vous arriver aujourd'hui. »
« J'aime Bella. Je l'aime énormément. Je sais que c'est la femme de ma vie, la seule et l'unique. Mais… c'est terrible….. » murmura Rodolphus d'une voix désespérée. « Savez-vous qu'elle est actuellement hospitalisée à St Mangouste ? »
« …Non ? »
« Son abruti d'assistant lui a rapporté du melon et elle, ne se doutant pas de l'erreur en a mangé. Elle a fait une crise d'anaphylaxie et est actuellement en soins intensifs. » gémit Rodolphus en prenant sa tête dans ses mains. « Et maintenant, je suis coupable. »
« En quoi, l'accident de votre triple ex-femme est-il de votre faute mon fils ? » demanda patiemment le prêtre. « Dites-moi pourquoi vous sentez-vous responsable ? »
« Parce que j'étais chez Jenny à ce moment-là. Et c'est moi qui ait engagé cet assistant en pensant qu'il ferait un bon travail pour elle, je suis son ex-mari mais également son agent, je devais la protéger…. »
« Triple ex-mari Rodolphus. Vous n'êtes plus mariés…. Donc vous ne lui devez plus rien. » lui rappela le père Grégoire.
« Mais Bella restera pour toujours la femme de ma vie. Je me suis engagée deux fois de la protéger jusqu'à ce que la mort nous sépare et j'ai échoué deux fois. »
« Cessez-donc de vous tourmentez pour cela mon fils, le mieux serait d'aller la voir et de rester avec elle. Pas de vous tourmentez pour cela, il s'agit probablement d'une erreur et n'allez pas renvoyez toutes les personnes impliquées dans ce fâcheux accident comme vous l'avez fait la dernière fois. » l'avertit le père Grégoire d'une voix posée.
« L'erreur doit être punie mon père. »
« Ne dites pas cela, ce n'est pas ce que veut Jésus. »
« Bon d'accord. » concéda finalement l'agent de Bellatrix. « Eh bien merci mon père vous êtes trop bon, je suis certain que vous aurez une place VIP au paradis. »
« A votre service mon fils. » dit le prêtre en regardant l'homme en face de lui.
Ils se saluèrent et Rodolphus alluma une bougie avant de partir, au cas où, on ne sait jamais…. Il partit en faisant autant de bruit qu'à l'arrivée, faisant gronder le moteur de sa nouvelle BMW juste devant la cathédrale tandis que le prêtre retournait dans son office pour consulter avec plaisir la merveilleuse page d'Amazon.
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La foule anglaise s'était agglutinée contre les vitres de l'aéroport. Une masse noire de personne se bousculait pour pouvoir apercevoir ne serait qu'une seule fois la fine silhouette de Narcissa Black. Le chaos était au maximum quand toute une bande d'agents de sécurités baraqués comme des hockeyeurs arrivèrent, faisant évacuer les personnes afin de laisser le passage libre. Tous les appareils professionnels ou non étaient braqués sur la sortie du terminale 2F, endroit d'où ne tarderait pas à sortir le mannequin.
Et ils la virent, en chair et en os.
Narcissa, revenant tout juste de Monaco, s'avançait d'un pas sûr dans le grand hall, moulée dans un pantalon cigarette noire s'arrêtant au-dessus de la cheville, accompagnée d'une chemise verte émeraude taillée en carré et d'une paire basique de louboutins. Les flashs la mitraillaient sans relâche mais le top ne cillait pas, restait de marbre. La foule observait la manière qu'elle avait de récupérer ses affaires, celle qu'elle avait quand elle se passait une main lasse dans les cheveux coiffés en un chignon banane à présent flou, quand elle regardait la montre Gringott à son poignet. Elle se dirigea d'un pas rapide vers l'homme et prit ce qu'il avait dans les bras avec toute la précaution du monde.
Puis, toujours calme et détendue, elle sortit et enfila une paire de lunette de soleil avec une bordure en écaille signée Fendi et sortit pour atteindre la limousine noire qui l'attendait dehors. La foule faisait presque un barrage si bien que Narcissa eut le plus grand mal du monde à se frayer un passage jusqu'à sa voiture.
« LAISSEZ-PASSER ! » hurla Wilfried, un des gardes du corps. « POUSSEZ-VOUS ! » cria-t-il de nouveau en se frayant lui-aussi un passage.
La blonde piétinait le sol et s'impatientait de pouvoir enfin être au calme. Malgré son apparence froide, la panique l'envahissait peu à peu et elle commençait légèrement à suffoquer, la foule était toujours oppressante et gênante.
« LAISSEZ-PASSEZ ! » répéta Wilfried.
« NARCISSA, COMMENT ETAIT CE SEJOUR EN FRANCE ? »
« SEREZ-VOUS PRESENTE AU DEFILE DE DIOR LA SEMAINE PROCHAINE ? »
« COMMENT VA DRACO ? »
« QUELLE EST LA MARQUE DE VOTRE CHEMISE ? »
« EST-CE-VRAI LES RUMEURS ANNONCANT VOTRE DIVORCE AVEC LUCIUS ?! »
« NARCISSA ! NARCISSA ! NARCISSA ! NARCISSA ! »
Sa tête tournait. Elle allait faire une crise si ça continuait.
« S'il-vous –plait ….. » murmura-t-elle à l'intention de Wilfried. « Faites les tous partir. »
« DEGAGEZ ! » hurla le garde du corps. « Vite, montez madame ! » s'exclama-t-il en ouvrant la portière et en soulevant les deux gamins en même temps pour les mettre dans la voiture.
Narcissa entra en toute hâte et ce fût seulement quand la voiture démarra qu'elle se permit un léger soupir, bien que le protocole soit contre. Elle appuya sur le bouton central de sa manette de commande et laissa la vitre noire s'abaisser. « Gérard, direction le manoir. Passe par les routes les moins encombrées je veux rentrer vite.»
« Bien madame ! » répondit le chauffeur en s'engageant sur la route principale, adjacente à la sortie de l'aéroport.
Narcissa enleva enfin ses lunettes de soleil, les rangea dans leur boite et commença à consulter ses messages en attente. La plupart venaient de Lucius, apparemment désireux de savoir quand sa femme serait de retour à Londres.
« Madame, il y a des travaux sur les routes nationales. Un convoi spécial bloque le passage. » l'avertit Gérard par l'interphone. « Que souhaitez-vous faire ? »
Narcissa resta pensive quelques instants avant de finalement se décider. « Passe par le centre alors, qu'importe. Evite juste l'allée centrale, sinon nous serons bloqués. »
« Bien ! » s'exclama le chauffeur.
Ce fût seulement une demi-heure plus tard qu'elle arriva devant l'immense propriété des Malfoy, à son plus grand plaisir. Elle fit décharger ses affaires et avança d'un pas léger vers l'immense entrée. Elle fût accueillie par les employés de maison qui s'inclinèrent légèrement devant elle, la gratifiant de douces paroles.
« Bien le bonjour Madame, j'espère que ce séjour a été agréable. »
« Mes respects Madame. Bienvenue au manoir. »
Elle les salua d'un signe de tête avant de se diriger vers le bureau de son époux, au second étage, endroit qu'il accaparait presque entièrement. Lorsqu'elle fût devant la porte de bois vernie, elle toqua légèrement avant d'entrer dans la vaste salle. Narcissa se retrouva donc dans une salle circulaire, bordée de fenêtres amenant une douce lumière éclatante. Une immense photo d'elle était accrochée au-dessus du couteux bureau en verre de son époux qui relevait immédiatement la tête en voyant sa femme passer le seuil. Le sol était recouvert d'un tapis émeraude assorti à sa chemise, des fauteuils en cuirs étaient entreposés dans le coin ou Lucius buvait avec de futurs collaborateurs et un plateau d'argent sur lequel était posée une bouteille de Whisky pur feu et des verres, était entreposé sur la table basse.
« Madame Malfoy, quel plaisir de vous revoir. » susurra le blond en se levant. « Avez-vous fait un bon voyage ? » demanda-t-il en s'approchant dangereusement de Narcissa.
« Mais très certainement Monsieur Malfoy….. » répondit-elle sur le même ton. « Qu'en advient-il de vous ? »
Lucius captura les lèvres de sa femme pour l'embrasser fougueusement. « Le travail et éternellement le travail. Mais ne parlons pas de cela maintenant veux-tu ? » murmura-t-il à son oreille.
Pris dans une chaleureuse étreinte, le couple Malfoy faillit ne pas attendre le bruit strident du portable de Lucius. Grommelant dans sa barbe inexistante, l'homme d'affaire attrapa l'iPhone sur le bureau et décrocha, se promettant de virer le premier imbécile venant le déranger pour des futilités.
« Mettez tout sur le compte professionnel de David Burns et verrouillez l'accès aux membres exclusifs. Boquez l'accès aux enfants, il s'agit d'une demande exclusive de Monsieur Burns. Et cessez de m'appeler pour un problème aussi peu important. »
« Ou en étions-nous ? » demanda-t-il à Narcissa une fois son téléphone coupé.
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Le lendemain matin, le soleil se levait doucement sur Londres, éclairant la ville de faibles rayons lumineux. Les londoniens se réveillaient doucement, sortant peu à peu des bras de Morphée. Le réveil n'avait pas encore sonné mais Lucius Malfoy était déjà bien éveillé, fixant avec peu d'intérêt le plafond au-dessus de lui. Le soleil tentait vainement de s'infiltrer à travers les fins rideaux de toile blanche, chassant peu à peu l'obscurité qui régnait dans la chambre. Telle une marionnette programmée, Lucius se leva d'un bond quand le réveil sonna, mettant fin à sa longue contemplation. Il se dirigea d'un pas rapide vers a salle de bain pour se préparer à affronter une longue journée de travail.
Quand il sortit une vingtaine de minute plus tard, propre, coiffé et impeccablement vêtu, son regard se posa immédiatement sur sa femme, assise dans un fauteuil près de la grande baie vitrée, seulement vêtu d'un léger kimono blanc cassé. Il se rapprocha doucement d'elle pour poser un baiser dans sa nuque. Le mannequin tourna la tête d'un quart pour planter son regard de glace dans le sien d'acier. Le regard de Lucius s'attarda sur elle avant de descendre sur une scène qu'il aimait secrètement admirer.
Dans les bras de Narcissa, son dernier né, un petit garçon de cinq mois aux grands yeux bleus plein de vie partageait un pur moment de tendresse avec sa femme. Le kimono de Narcissa était entrouvert et la petite main de l'enfant était posée sur le sein de la blonde qui regardait avec émerveillement son bébé s'agripper à elle pour boire.
« A ce soir... » murmura le blond en ré-embrassant sa femme dans la nuque. Il regarda une dernière fois son fils cadet et sortit de la chambre, avec un certain regret.
Narcissa regardait le paysage. Les grands nuages s'écartaient pour faire de la place au soleil qui brillait déjà haut dans le ciel bleu, aussi bleu que l'océan. Son regard s'attarda sur la forêt en face d'elle, l'endroit préféré de Draco, l'endroit où il faisait à cheval des promenades sans fin…. Elle se souviendrait éternellement du jour ou son fils avait fait cette chute. Cette même chute qui avait tué Hugo, l'étalon de Draco.
Le mot tristesse n'était même pas assez fort pour expliquer ce que Draco avait ressenti, pour expliquer le malaise et la rage que son fils avait éprouvé à la suite de ce terrible accident ou il ne s'était cassé « que » l'humérus.
« Cette vie pue. Elle me répugne et je préférais crever ! » avait-il dit – craché était le terme exact – quelques mois plus tard.
Et elle avait suivi la montée à la gloire de son ainé. Quelle joie avait-elle ressenti quand elle avait vu la toute première couverture de magazine mettant en scène son Draco, son fils dont elle était si fière. A seulement 22 ans il était devenu en un temps record le visage anglais dont les photographes s'arrachait littéralement le shooting. Et secrètement, Narcissa espérait que son deuxième fils, plus tard, saurait connaitre cette même gloire.
Quand elle sentit Ian lâcher son sein, apparemment assez nourri, elle le souleva doucement pour lui tapoter doucement le dos. Puis, elle cacha sa poitrine en rabattant les pans de son vêtement sur elle. Elle changea son fils et le laissa à la gouvernante, Dolores Ombrage le temps de se préparer à sortir. Quand elle sortit de la salle de bain, elle avait revêtit une simple robe noire Eli Saab avec ses escarpins préférés, vernis à semelles rouges. Puis, se dirigeant d'un pas vif vers le guéridon de l'entrée, elle attrapa son sac Hermès, fourra iPhone, agenda et rouge à lèvres et gants avant de se tourner vers son employée.
« Dolorès, je vous laisserais installer Ian dans l'avalanche 1500 le temps que j'arrive. Il faut que je donne les instructions à Dobby pour le diner de ce soir. »
Dolores approuva d'un signe de tête et partit installer le cosy dans une des nombreuses voitures de luxe que les Malfoy possédaient. La petite bonne femme vêtue de rose bonbon, ancienne gouvernante de Draco, se dandina vers l'immense voiture, la déverrouilla et installa l'enfant à l'arrière en prenant toutes les précautions du monde, jamais Lucius Malfoy ne la laisserait vivante si jamais un seul millimètre du corps de Ian était meurtri.
Quand elle entendit les talons hauts de sa patronne claquer sur les dalles en pierre, elle referma la portière de la voiture après avoir adressé un petit sourire au bébé. « Sois bien sage avec ta maman hein mon petit Ian ! »
« Gérard, en route ! » fit la voix calme et posée de Narcissa. Elle s'engouffra dans la voiture, mit de grosses lunettes noires sur son nez et disparût peu à peu de la propriété Malfoyenne.
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Apprêtée d'un simple pantalon fluide noir assorti d'un haut blanc transparent de chez American Vintage laissant entrevoir un peu de son ventre ultraplat, Hermione posait simplement en regardant fixement l'objectif du photographe. Elle mit négligemment ses mains dans les poches de son pantalon et tourna la tête, laissant sa longue queue de cheval – œuvre de la coiffeuse que Pansy avait expressément envoyé pour elle - tournoyer autour d'elle. Puis, en vraie pro qu'elle était, elle se remit de face et fronça très légèrement ses sourcils à la Cara Delevingne, de façon à ce que son regard s'accentue.
« Ne bouges pas. Reste comme ça. C'est bien. Parfait. Tu es magnifique comme ça Hermione chérie. » s'exclama Gustavo, le photographe.
Elle s'exécuta et resta parfaitement immobile, fixant le beau Gustavo avec patience. Quand elle le vit lâcher l'appareil, elle se redressa et attrapa la bouteille d'eau que lui tendait Blaise.
« N''oublies pas que ton déjeuner de demain avec Draco, c'est très important. Le shooting est bientôt fini et Clarence passera te chercher pour t'emmener à l'agence ou Lavande t'attends avec une large palette de tenues. »
Hermione fronça de nouveau ses sourcils mais pas pour l'objectif. « Je suis parfaitement capable de me préparer seule tu sais. Je suis certaine que c'est Pansy qui est derrière tout ça. Si ça peut te rassurer je ne comptais pas mettre mes baskets. »
Blaise se contenta de remettre les mains dans les poches de son pantalon noir. « Je sais bien Mione mais c'est surtout pour être sûr que tu ne sois pas en désaccord vestimentaire avec Draco. Pansy est un peu perfectionniste sur les bords et légèrement incontrôlable quand il s'agit d'un projet important. »
« Non sans blague ? » répondit Hermione avec un ton ironique.
« Allez fini ce shoot pour aller te préparer. Pansy nous tuera tous les deux si jamais tu n'arrives pas à l'agence dans les temps qu'elle a imposé. » reprit Blaise en désignant l'endroit ou Hermione s'était fait photographiée sans relâche pendant plus d'une heure. « Et surtout restes comme tu es, cette affiche sera affichée aux quatre coins du pays. Et même dans le monde ! »
Hermione acquiesça et se redirigea d'un pas peu motivé vers la scène. Pendant ce temps, le métis sortit son téléphone et composa le numéro de Pansy.
« Vous êtes bien sur le répondeur de Pansy Parkinson. Si vous jugez que ce que vous avez à me dire est assez important laissez un message et je vous répondrais si je ne suis pas trop occupée, ce qui est peu dire. Sinon, passez votre chemin. »
« Oui c'est Blaise. Je constate que tu as ENCORE changé de répondeur et que celui-ci n'est pas plus sympathique que ses anciens camarades. Et ce que j'ai à te dire est de la plus haute urgence alors ne RACCROCHE PAS avant d'avoir ENTENDU ce que j'ai A TE DIRE, la semaine prochaine Hermione à un shooting prévu pour Alexander McQueen mais c'est à la même heure que celui qu'elle a avec Draco, DONC tu le déplaces ou j'annule celui d'Alexander ? Et aussi, sans doute Lucius Malfoy t'aurait-il averti, ainsi que toutes les grandes maisons de mode avec lesquelles Draco travaille qu'il sera indisponible samedi pour cause de réunion familiale ?
Et il raccrocha.
« C'est tout bon Hermione chérie. Je te libère ! A la semaine prochaine ! » s'écria Gustavo en faisant un clin d'œil à la jeune mannequin.
Elle lui fit un petit signe de la main accompagné d'un sourire, se dirigea vers les cabines et en ressortit quelques instants plus tard, vêtue d'un petit haut en crochet noir avec un pantalon boyfriend déchiré aux genoux et apparemment un peu grand pour elle. Elle enfila une paire de tom's à rayures, mit son sac en bandoulière noire à frange sur son épaule et sortit du studio avec Blaise.
« Direction l'agence ? » demanda-t-elle sans vraiment attendre de réponse. Elle sortit une grosse paire de lunettes à bouts triangulaires bleu/rose pastel et la mit sur son nez.
« Ne me dis pas que tu les as achetées à Claire's…. » marmonna l'agent en désignant l'objet haut en couleur perché insolemment sur le fin nez de son modèle.
« Et si, elles sont mignonnes non ? »
« Je me serais attendue à ce genre d'objets de la part de Luna mais pas de toi. » se contenta de dire le métis en montant dans la limousine devant lui. « Allez-viens et enlève ça quand tu seras à l'agence si tu ne veux pas que Pansy décède sur place. »
Seul un sourire non-caché lui répondit.
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Lunettes Ray-ban ultra noires vissées sur le nez, chemise blanche Lorenzo ouverte sur le haut dévoilant ainsi un torse glabre et musclé et cigarette à la bouche, Draco faisait du trottoir son podium favori. La volupté de fumée s'élevait aussi de lui telle l'aura d'une superstar de cinéma à Hollywood. Le mannequin marchait en direction d'un prestigieux immeuble de Londres, d'un pas doux et nonchalant.
Quand il arriva quelques minutes plus tard devant l'immense enseigne, il jeta sa clope à peine entamée dans une bouche d'égout, pénétra dans le hall suivi de ses gardes du corps et s'engouffra dans l'ascenseur direction 5ème étage.
Quand le DING familier retentit, il sortit sans pour autant abandonner sa démarche nonchalante.
« Monsieur Malfoy, bienvenu. » s'exclama une hôtesse d'accueil au visage entièrement refait et à la chevelure rousse vif. « Monsieur Nott est prêt, veuillez-nous suivre. »
Il lui emboita le pas en l'examinant discrètement de la tête au pied, elle n'avait visiblement plus rien de naturel sur elle, la moindre parcelle de son corps semblait avoir été triturée par les mains d'un chirurgien esthétique. Même la peau de ses jambes semblait trop luisante et glabre pour être naturelle, elle avait dût passez une bonne dizaine de fois dans un centre d'épilation au laser pour obtenir un tel résultat.
Quand la blonde hyper oxydée se tourna vers lui, elle le sortit de sa contemplation. La dénommée Samantha, comme Draco pût le lire sur son badge, poussa une porte de verre pour le laisser pénétrer dans un grand bureau digne d'une pub Ikea. Puis elle referma la porte derrière lui en gloussant quelque chose d'incompréhensible dans un dialecte que Draco qualifiait de langue de troll.
Derrière le bureau, assis dans un siège de cuir, Théodore Nott Senior l'attendait, vêtu d'un beau costume gris souris. Le PDG l'invita à prendra place dans les sièges en face de lui et sortit tout un dossier pour le poser en face de son hôte.
« 4.5 Millions de livres. C'est le prix que les sponsors sont prêts à investir pour vous revoir dans une compétition de jumping cet été à Berlin. Tout serait pris en charge y compris le cheval. Nos meilleurs agents n'attendent plus que votre accord pour se décider sur l'animal, ils ont sélectionnés des perles rares dans le monde. » dit l'homme en regardant fixement le jeune mannequin en face lui.
« C'est fort aimable de votre part de vous occuper de ça mais il me semble avoir été très clair la dernière fois. » répondit froidement le jeune homme en fixant Nott. « Je ne veux plus faire de jumping ni de compétition et cela depuis plus de 4 ans. »
« Je sais bien que la mort de votre bête vous a fortement déstabilisé mais il faut passer au-dessus. Vous avez le même don pour l'équitation que pour le mannequinat, pour en avoir la preuve il vous suffit de regarder tous les prix que vous avez raflé la saison précédent l'accident. » reprit le PDG.
« D'abord veuillez employer son prénom, il en avait un et ce n'était pas pour rien. Ensuite, j'ai mis des années pour le dresser et le conditionner au jumping, le travail que j'ai effectué avec Hugo m'a pris beaucoup de temps et maintenant je n'en n'aie plus. Et je ne veux pas me relancer dedans, cet accident a certainement mis un terme à mon amour pour ce sport. Je me vois donc dans l'obligation de refuser cette généreuse offre. » dit le blond d'une voix froide qui tentait de ne pas paraitre peinée tout en poussant le dossier vers Nott.
« Mais les animaux que nous avons sélectionnés sont déjà dressés et entrainés ! Vous n'aurez plus qu'à les monter et à les transformer en champions, comme vous l'avez fait avec… Hugo ! » s'exclama Nott.
Draco se leva et quand il fût près de la porte se retourna pour faire face au visage perdu du PDG. « Si le travail est fait il n'y a rien de plaisant. Je ne montais pas Hugo pour le plaisir de le voir rafler prix sur prix et concours de beauté. Je le faisais parce que je m'en suis occupé depuis sa naissance. S'il valait plus de 2 Millions de livres c'était parce que ce cheval était aussi affectueux que puissant, magnifique et talentueux. »
Et c'est sur cette dernière parole que Draco quitta le bureau de Nott, le laissant perplexe.
Voila voila. Passez un bon début de vacances!
