Bonjour à tous !
Voilà la suite de notre histoire de "mafioso" pour reprendre les termes de ce cher Cobra. La conquête du monde est un processus long, très long, qui nécessite des infos, des contacts et de l'argent.
Il est donc temps de s'assurer que tout ça soit à notre disposition. En avant la musique, asseyons nous à la table pour écouter le plan de conquête du monde de Fushisho Marco.
Malgré ces trois longues années, Marco était surpris de voir que personne n'avait perdu ses habitudes. Ceux en chargent du marché noir avaient rapidement retrouvé leurs contacts et négociaient d'une main de maître la vente et l'achat de tel ou tel produit, tout en surveillant les demandes pour cette substance assez dangereuse qu'était l'akuma no mi. Combien de personne avaient cherché à s'en approprier les soi-disant merveilleuses capacités pour finir par devenir fou de douleur sous l'effet du produit dans leur organisme ? Le taux de survie devait être dans les 2-3%.
Pour avoir été un cobaye forcé du test de la substance dans la zone 51, Marco comprenait parfaitement pourquoi peu étaient ceux qui restaient vivants avec ça.
Appuyé contre un mur de la salle de contrôle, disponible si on le demandait, Marco lisait un énième journal à la recherche d'informations juteuses sur lesquelles mettre ses dents. On ne parlait pas encore de leur reformation, même si la vague de crimes qui avait précédé leur montée au pouvoir était toujours à la Une.
Il leva le nez quand Izou vint le voir avec un rapport qu'il venait de recevoir.
- Des nouvelles de Lei Ying Lo ? demanda Marco.
- Oui, même si notre présence en Asie est encore très mineure, fit Izou.
- Oh, mais ça viendra, yoi. Dis-moi tout.
Revenant au rapport, Izou le résuma pour le blond qui pliait son journal :
- Prénom Lei Ying. Nom Lo. Chef indiscuté du crime organisé dans toute la Chine et l'Asie du Sud-Est. On pense qu'il a quelques relations avec les Yakuza, mais son appartenance à une Triade est avérée. C'est un Chef Dragon.
Marco se caressa le menton pensivement. Comment prouver à cet homme, qu'on voyait que trop rarement, sa façon personnelle de faire affaire ?
- Mets-toi en contact avec Jimbe. Dis au Oyabun qu'on se remet en marche pour faire trembler le monde et qu'on a besoin d'infos sur cet homme. Suivant ce que tu obtiens, on verra l'approche qu'on aura pour ce gars. Il est possible que pour Lei Ying, on fasse jouer nos casse-cous de première, yoi.
- Edwin sera content, depuis la mort de Frey, ils n'ont eu que des missions mineures. La seconde flotte croule sous l'ennui.
- Plus pour longtemps.
Marco remercia Izou pour le rapport qu'il lui donna et l'androgyne s'en alla. Le blond avait confiance en lui, il savait qu'il parviendrait parfaitement à se mettre en contact avec les Yakuzas. Jimbe étant un ami de longue date, il serait simple d'entrer en contact avec lui.
- Des nouvelles intéressantes niveau crime, yoi ? demanda-t-il à voix haute à ses hommes au travail.
- Les principales mafia et organisations criminelles sont infiltrées ou sous surveillances, Marco-san ! informa un gars.
- J'ai des choses intéressantes sur la tête du crime en Inde ! annonça un autre.
- Et le rapport ?
- Il arrive, je suis pas Speedy Gonzales !
Cela fit sourire Marco, presque rire.
Sans ces foutus dessins animés, ils ne seraient pas là aujourd'hui dans un élément qui les unissaient tous et leur était familier : le crime. (bêta : c'est quand même moche de finir comme ça à cause de Minus & Cortex !)
L'homme vint finalement rejoindre Marco avec son rapport, laissant son poste à l'ordinateur et au téléphone à un autre. Là, il présenta tout ce qu'il savait du réseau illégal.
Armand Krishan, un métisse anglais et indien, reste du colonialisme anglais, était vu comme un Robin des Bois par le peuple, ce qui le protégeait plus ou moins du Gouvernement. Sa popularité était sa force et sa façade. Mais derrière, l'affaire était moins reluisante. Corruption, chantages, extorsion, détournements de fonds, kidnappings et financement de centre illégaux de médecines orientés vers la production de drogues.
- Ooooh, jolie cv… sourit narquoisement Marco. On a des preuves de ce que fait ce charmant homme ?
- Quelques-unes qui ont permis de dresser cette liste.
- Creuse un peu plus, et on enverra des négociateurs lui apprendre notre façon de jouer les maîtres chanteurs nous-mêmes, yoi. Prends autant d'hommes que tu jugeras nécessaire et filez là-bas avec Fossa. Fondez-vous dans la masse et envoyez-nous un rapport régulier avec une copie des preuves accumulées. Quand on aura assez de saletés sur cet homme, on le rencontrera.
- A vos ordres !
Après un salut, l'homme fila hors de la pièce. Un autre le remplaça presque immédiatement, disant qu'il était au poste de sécurité sur les caméras extérieures.
- Akagami no Shanks est là. Lui et ses hommes viennent d'entrer dans le bar de l'hôtel. Vu leur comportement, ils n'ont reconnu aucun des nôtres et prennent seulement du bon temps.
Shanks… ?
Marco avait un peu de respect pour cet homme, mais sans plus. Toutes ces années à essayer de le recruter lui restait en travers de la gorge comme une insulte envers Shirohige.
Pourtant, il vit l'opportunité de discuter avec le rouquin pour ce qu'il était. Une connexion de plus pour parvenir jusqu'à son but ultime.
L'homme n'accepterait peut-être pas, mais au moins, Marco pouvait s'assurer qu'il ne serait pas un obstacle dans sa course folle pour la mort. Il n'avait pas l'intention de rencontrer le reste des Yonkou, mais discuter avec Shanks pourrait être utile.
- Je vais le rencontrer, yoi.
Marco tourna les talons dans un envol de son manteau blanc et alla rejoindre ce qu'on avait rebaptisé le « Nid ». Son sanctuaire, ses appartements de grand manitou.
Il passa les portes de sécurité en engueulant au passage les deux idiots qui ne trouvaient rien de mieux que de monter la garde devant sa porte alors qu'il avait clairement dit être contre cette idée, et contourna sa table de réunion pour rejoindre son bureau. Il déposa avec soin son manteau sur le fauteuil design qui allait avec le bureau incurvé en bois d'ébène et ressortit, marchand cette fois vers la sortie, dépassant le portillon de sécurité qui s'assurer qu'aucun indésirable ne vienne se balader chez eux.
Dehors, le soleil se couchait sur le sable encore chaud de la canicule de la journée. Il s'arrêta un instant pour contempler l'horizon et la Méditerranée qu'il avait face à lui. Dans le lointain, il était presque certain qu'en plissant des yeux, il pouvait apercevoir les lumières d'Ibiza.
Finalement, il tourna les talons et marcha avec détermination vers l'hôtel.
Il y avait encore peu de touristes, mais ça viendrait, surtout que les logements du côté d'Ibiza étaient généralement hors de prix pour ceux qui voulaient participer aux fêtes endiablées des étés hispaniques de l'île. Ce qui était normal quand on prenait conscience que la Jet-Set en faisait son terrain de jeu. Mais les Shirohige prenaient avantage de la situation avec leur hôtel à un prix abordable et une navette pour l'île voisine. Ils auraient bientôt beaucoup de clients, surtout avec juin au tournant. Ceux qui normalement ne viendrait jamais mettre les pieds à Ibiza à cause du prix, se jetteraient sur l'occasion et rempliraient les poches des Shirohige.
Marco ne regarda même pas l'hôtel au style à la fois européen et arabe, tel qu'on en trouvait si souvent en Andalousie. Sur le perron de l'hôtel, il secoua ses pieds pour faire tomber de ses spartiates un maximum de sable avant d'entrer sous le regard amusé de l'homme qui s'occupait de la réception. Oui, d'autres chaussures seraient plus appropriées, mais il tenait bien trop à ses spartiates pour en changer. Il parcourut le hall pour prendre le tournant à gauche et passer dans le bar/restaurant.
Comme on lui avait dit, quelques gars du rouquin était en train de boire et déconner dans les lieux. Le rouquin lui-même était en train de faire du gringue à une de ses sœurs qui faisait office de serveuse. Demoiselle qui remarqua d'ailleurs son capitaine et leva un sourcil à son attention en question silencieuse.
Le blond se contenta de hocher la tête.
La femme adressa quelques mots au rouquin jamais sobre qui tourna la tête vers Marco. Ses yeux jaillirent de ses orbites avec un certain comique et sa mâchoire tomba au sol. Marco lui fit un signe de la tête de le rejoindre à l'extérieur et tourna les talons.
Il sauta, prenant brièvement sa forme d'oiseau de feu turquoise et or pour rejoindre le toit de l'hôtel et s'assit là, ses jambes dans le vide. Quand Shanks sortit à son tour, le Phénix poussa un sifflement perçant qui fit lever la tête au capitaine pirate.
- En voilà un de bonne humeur, nota Thatch en déposant le repas sur une table du mess en voyant Marco avec un autre journal en main.
- J'ai plus ou moins réussi à éviter une nouvelle demande de recrutement de cet idiot de rouquin et en faire un allié sur certains points pour le plan. Tant qu'on blanchit l'argent qu'il récolte, il est prêt à nous servir d'yeux sur les Yonkou. J'ai pas envie d'avoir Big Mum ou Kaidou à dos pour le moment, yoi. Il restera dans les environs jusqu'à ce que je réunisse toutes les têtes que je veux rassembler pour ce plan, yoi. Il m'a aussi parlé de choses très intéressantes qui devraient avoir lieu sous peu au Japon et qui nous seraient utiles.
Marco posa son journal et se servit une louche du ragoût du cuistot avant de passer la soupière à Vista qui venait de se mettre à table avec Kennichi et Blenheim. Bientôt, Thatch termina son service et vint se mettre lui aussi à table ronde du mess.
- Quoi que ce soit d'intéressant ? demanda Marco en prenant ses couverts.
- On a une possible porte d'entrée dans le crime américain, pointa Blenheim. Dis-lui Thatch.
Le cuisinier s'installa confortablement sur sa chaise en bois et se servit une généreuse portion avant de mettre Marco au parfum :
- Marvin de Luca. C'est le Don de la mafia Nord-Américaine. Sa famille a commencé à faire parler d'elle durant la Prohibition.
- Fabrique ou vente, yoi ? se fit préciser Marco.
- Pourquoi se contenter d'un quand on peut faire les deux, vieux frère ?! Ils avaient des tas de distilleries clandestines et presque quarante-cinq pour cent du monopole de la contrebande d'alcool. Aujourd'hui, Marvin a diversifié les affaires de sa famille. Il trempe dans les salles illégales de jeux d'argents, les affaires de rackets, et la prostitution. Mais seulement aux USA.
- Donc, si on lui prouve avec des simulations à l'appui qu'il peut se faire un bon paquet de fric à l'étranger grâce à nous, on pourrait le joindre à notre cause, comprit Kennichi.
- Vu le nombre de nos contacts, c'est chose facile à faire, ricana Blenheim.
- Vista, fais le tour de nos informateurs en Europe, Afrique, Asie et Amérique du Sud. Trouve les demandes des régions et assure-toi qu'on ait assez de docs à donner à cet homme pour qu'il sache ce qu'il peut gagner en faisant affaire avec nous, yoi. Mais je veux pas entendre parler de racket et prostitution. Encore moins de drogue. Chantage et contrebande d'armes et d'alcools, voire le jeu, c'est ma limite.
- C'est la limite de l'honneur d'un Shirohige, Marco, pointa Blenheim.
- On est d'accord, alors… autre chose de sympathique à me dire, yoi ?
- Hiken fait encore parler de lui, Nii-san, apprit doucement Kennichi.
Tout le monde regarda le jeune commandant.
- On lui doit la destruction d'un très gros cartel de la drogue colombienne. On m'a transmis l'information pendant que tu discutais avec le Roux. Si on s'aventure par là-bas, faudra être prudent tant qu'on ne sera pas certain qu'il n'ait pas été assigné sur une autre mission.
Hiken…
Personne ne pouvait dire quoi que ce soit de cette personne. Ceux ayant vu son visage, outre ses employeurs dans l'armée secrète de l'ONU, étaient ceux qui rejoignaient leur tombe. Aucun des survivants de ses missions de démantèlement des différentes organisations criminelles ne pouvaient dire quoi que ce soit de cet individu.
A la base, on prévoyait de l'appeler Spade, parce que cet homme laisser toujours sur sa route un As de Pique à peine cramée, avant qu'une lettre anonyme ne soit envoyée à différents journaux quand des rumeurs à son sujet commencèrent à courir.
Et ces lettres avaient fait sourire tristement Marco.
Dedans, la personne qu'on souhaitait nommer Spade refusait une telle appellation et suggérait Hiken à la place. Ensuite, il était dit qu'il ne faisait pas ça de gaité de cœur et que même les gentils de l'histoire pouvait être de gros manipulateurs.
Bien entendu, l'article avait dû être rapidement retiré par la censure, mais le mal était déjà fait.
On trouvait des copies innombrables sur le net.
Pour Marco, ce Hiken n'aimait pas son job pour les Nations Unies, même si c'était pour le maintien de la paix. D'une façon ou d'une autre, on le forçait à faire ce boulot en faisant pression sur lui. Chantage, otage… les possibilités étaient innombrables.
- Et si on le recrutait ? proposa Marco. Vous avez tous vus la lettre, elle est sortie avant la mort d'Oyaji.
Les autres hommes regardèrent Marco comme s'il était fou.
- Si tu veux risquer tes plumes sur ce coup-là, tu le fais seul, personne n'est assez cinglé pour entrer en contact avec ce gars-là, grommela Vista.
Marco eut un maigre rire mais laissa couler l'affaire.
Marco avait un sourire de requin en lisant la lettre de Nikita Leonov. Le boucher à l'affro de St Pétersbourg refusait de se plier à la proposition du Phénix. Malgré le fait qu'il soit russe, il gardait, avec son affro et sa couleur de peau sombre, la même obstination qu'on trouvait à Brooklyn.
Brise-moi ou je te briserai.
Le blond avait fait des offres très alléchantes. En échange d'un pied dans le réseau du crime russe et du passage sous sa juridiction du réseau de Leonov, il s'assurait de le mettre en relation avec un nettoyeur de grand talent qui permettrait au criminel de continuer ses parties de chasse à l'homme qui l'obsédaient tellement, lui évitant ainsi la prison, voire de finir ses jours dans un des nombreux goulags encore en activité. Ce n'est pas parce que le Communisme était quasiment mort que certaines de ses idées n'étaient plus là.
- Affro sur caméra externe 16, annonça un agent de sécurité.
Le chef se pencha sur l'écran en question et sourit plus largement en voyant l'homme assez bien fringué avec deux épées dans le dos, cherchait visiblement sa route à la sortie du port de l'île.
- Tu es donc venu, Nikita. Où est Vista, yoi ?
- Vingt-trois, dans l'hôtel.
- Contactez-le. Qu'il me ramène Nikita par la peau des fesses au besoin, yoi. Je vais vite lui apprendre comment on traite les gamins qui pètent plus haut que leur cul, chez les Shirohige.
Il tapota l'épaule de l'homme qui prenait contact avec Vista.
Marco quitta le centre de sécurité et alla rapidement rejoindre Thatch en salle d'entraînement qui faisait une passe d'arme avec un de ses hommes. Il siffla son meilleur ami qui rompit l'engagement.
- Vista est parti nous chercher une tête de mule. Une petite idée de comment on peut le mettre à genoux et bien en rire, yoi ?
Thatch eut un sourire vicieux et passa un bras autour des épaules de son ami.
- Tu te souviens de ce batteur-mixeur géant que j'ai demandé qu'on achète ? Tu sais, ce truc que tu disais être totalement inutile, mais que tu m'as laissé avoir, parce que je suis ton super meilleur frère ?
- Retire super et meilleur de ta phrase, yoi. Ton point ?
- Laisse-moi te prouver son utilité avec cette tête de mule.
- J'ai besoin de ce Leonov vivant pas en bouillie humaine, idiot.
- Oh, t'en fais pas, Marco. Tu l'auras vivant. Il aura légèrement le mal de mer, mais il sera vivant. Parole de scout. Sur la tête des canards !
Marco regarda Thatch comme s'il se foutait de lui et se détourna finalement.
- Je suis certain maintenant qu'on n'aura jamais de canards dans le petit étang artificiel derrière l'hôtel puisque tu viens de les tuer à l'instant, yoi.
Thatch eut un air totalement blessé.
L'homme était difficile à louper.
Yassop avait même demandé si c'était une de leur recrue, parce que des mecs avec une affro immense et deux épées dans le dos, si ce n'était pas des pirates, qu'est-ce que ça foutait dans le coin, quoi ?!
Vista était allé à sa rencontre avec un petit sourire aux lèvres.
- Nikita Leonov ?
L'homme fixa Vista de derrière ses lunettes de soleil et porta une main au manche d'une épée qui dépassait de son épaule.
- Exact, c'est Fushisho qui m'envoie. On peut faire ça de deux façons, soit tu viens gentiment, soit tu auras affaire à la connerie hors norme de Thatch. A toi de voir, lui dit en souriant Vista tout en lissant ses magnifiques moustaches.
- Je parle pas aux laquais. Je veux la tête pensante, lui dit l'homme avec un puissant accent russe.
- Ah, mon égo ! gémit faussement Vista. Gamin, je suis un de ses commandants. T'es trop jeune pour vouloir te frotter aux serres du Phénix.
- Alors, je vais te trancher.
Nikita dégaina et dans un tourbillon, abattit en un coup mortel ses lames sur Vista… qui n'était déjà plus là. Le russe se raidit en sentant une lame sous sa gorge.
Vita avait sorti une de ses rapières et en un coup de vent, s'était mis derrière l'invité avec aisance, son arme faisant une estafilade sanglante sous le menton de Nikita.
- Tu veux tenter une passe d'arme avec moi ? demanda Vista.
Nikita fit la chose intelligente de lâcher ses katanas.
- On est d'accord. Allez, viens, allons voir Marco et tu vas lui dire en face qui est le plus fort.
En un tour de main, Vista lui banda les yeux.
On avait une base secrète ou on n'en avait pas.
Veillant à faire de larges détours pour éviter que l'homme compte les pas jusqu'à la base, Vista le conduisit jusqu'à la porte dérobée dans l'ombre de l'hôtel, à flanc de montagne. Plusieurs fois, Nikita tenta de prendre la fuite, mais jamais avec succès. Le commandant qui l'escortait ne se laissa pas avoir.
Il passa le check-point avec un signe de tête pour les hommes de garde à celui-ci.
- La tête de piaf ? s'enquit Vista.
- Avec Thatch-taisho, au mess.
- Ah bah il semblerait que notre ami russe ne pourra pas échapper aux conneries de notre cuistot favori.
Marco se détourna de son café et du journal en voyant Vista arriver avec Leonov qui avait les mains levées et les yeux bandés. Un signe de la tête et le bandeau fut retiré.
- Nikita Leonov… la balade a été agréable j'espère, yoi, salua Marco en s'asseyant sur le bord d'une table.
Le fait que l'homme tente de lui cracher au visage voulait tout dire.
Tente parce Marco esquiva le crachat avec aisance.
En deux pas, il fut sur le russe et lui flanqua un coup de poing dans la figure, lui brisant le nez et le faisant tomber à terre. Marco s'accroupit sur lui et lui saisit sa chemise avec un petit sourire moqueur.
- J'ai besoin du réseau russe, avec ou sans toi à sa tête. Je te laisse deux chances. La première, maintenant, tu te plies sans lutter à mon autorité et je peux te mettre en contact avec le nettoyeur qui assurera qu'aucun gouvernement ne veuille ta tête pendant quelques temps.
- Souka sine !(fils de p*** en russe).
- Charmant, yoi. On va passer à la solution de Thatch et si ça ne marche pas, tu finiras au congélateur. THATCH !
La voix joyeuse du cuistot sortit des cuisines et bientôt, il débarqua avec un de ses gars qui portait avec lui… un mixeur/batteur grand comme un homme et large comme quatre. Derrière lui, deux autres gars portaient un bol clairement fait pour l'appareil vu que n'importe qui aurait pu l'utiliser comme baignoire.
Avec aisance, Marco se releva, entraînant Nikita tout aussi grand que lui dans le mouvement sans s'occuper du nez et de la lèvre en sang de l'individu.
Déjà, sous le regard des quelques spectateurs de la scène, Thatch venait de déposer le batteur dans un coin et de le brancher. Il mit en place le bol, la partie avec le fouet soulevée en attendant la suite.
- C'est assez grand pour lui, pointa le cuistot avec un grand sourire en montrant le bol/baignoire.
En secouant la tête, Marco entraîna Nikita jusqu'à l'appareil et le planta devant le bol.
- Rentre dedans, yoi.
Le russe le regarda comme s'il se foutait de lui.
- Fais-le ou je t'y mets, recommanda Thatch.
- C'est une blague ?
Un pied au cul plus tard et Nikita était assis au fond du bol, sa tête et son énorme affro dépassant du rebord. Thatch remis en place le fouet géant de la machine, bloquant définitivement au fond le russe.
- Oh et dernière chose avant que Thatch ne commence, Leonov, intervint Marco en s'appuyant contre l'appareil.
Avec un sourire moqueur, Marco répondit en russe à son invité :
- Zatknis', idi na khuy (La ferme, j'te b***).
Et avant que Nikita ne puisse répondre, Thatch lança la machine. Bientôt, on put entendre les hurlements du russe alors que la machine le faisait tournoyer très vite autour du fouet qui lui faisait pression sur le bassin.
- Il a l'air d'apprécier le tour de manège, nota Thatch d'une voix un peu trop guillerette.
Il fit une pause et souleva le fouet.
- Tu t'amuses ? demanda le cuisinier.
L'insulte voulait tout dire.
- Pas tout à fait encore, yoi, suspecta Marco avec un sourire.
Thatch remit le fouet en place et relança la machine.
Ce n'était pas une méthode de torture très traditionnelle. Mais il n'y avait qu'un risque ici : rendre Nikita malade, et ça arrangeait Marco qui le voulait vivant. Le fouet servait surtout à le maintenir en place pendant que le bol tournait vite sur lui-même, donnant rapidement le tournis au russe.
- Tu reconsidères tes options ? s'enquit Thatch en arrêtant de nouveau l'appareil.
- NON !
- Ok. Bye bye.
Et ce fut reparti pour un tour.
Marco s'assit sur une chaise et regarda d'un air vaguement amusé les conneries de Thatch comme la majorité des gars qui avaient fini par s'accumuler dans le mess. Quelques-uns avaient même poussé le vice jusqu'à filmer la scène. Nikita qui tournoyait dans l'appareil à en être malade et Thatch qui souriait comme un gosse.
- On peut faire ça toute la nuit, pointa Thatch en arrêtant de nouveau la machine.
- J'me rends ! gémit Nikita.
- Eh ben voilà…
Thatch souleva le fouet et avec force, tira l'homme du bol, le laissant s'effondrer en chancelant sur le sol du mess, juste aux pieds de Marco.
- Tu vas faire un gros dodo, puis, tu rentreras chez toi. Le nettoyeur sera déjà là quand tu débarqueras à l'aéroport de St Pétersbourg. Sache que si le jour de la réunion, tu n'es pas là, toutes les preuves qu'il aura effacées te concernant finiront sur le bureau de Poutine en personne, yoi. Nous sommes d'accord, j'espère.
Le marmonnement indistinct du russe malade voulait tout dire.
- Un volontaire pour le mettre dans le prochain avion pour la Russie ?
Marco n'arrivait pas à y croire que Dragon accepte la rencontre, sans demander quoi que ce soit, à part écouter les idées du Phénix pour « changer le monde ». Venant du Révolutionnaire, le blond ne savait pas vraiment comment le prendre, mais c'était déjà quelques soucis en moins.
Pour le coup, il ne restait que deux hommes à contacter.
Le premier était devenu un marchand d'armes alors qu'il était un ancien agent de la CIA.
Et des armes, Marco en avait besoin.
Nigel Ewing était celui qui refilait presque toutes les armes qui mettaient le continent africain à feu et à sang. Il avait été vu dernièrement en train de descendre le Nil avec une armée de partisans et un arsenal effrayant.
Sauf que voilà, le gars ne bossait pas avec n'importe qui. Et en trois ans, la réputation des Shirohige était tombée dans l'oubli.
Jozu avait proposé de faire deux trois vols spectaculaires et autres magouilles pour que Nigel comprenne que les Shirohige, même sans Edward Newgate, étaient encore une force à craindre dans les environs. Et cela avait commencé par l'affaire des Ming, en Chine. Des pilleurs de tombes avaient désacralisé la crypte de la dynastie Ming et avait foutu le camp avec un butin important. Si une partie avait été récupéré et s'apprêter à rejoindre un musée, il en restait une autre dans la nature, entre les mains des voleurs qui avaient la justice aux fesses.
Izou et Jozu avaient agi de concert sur ce coup-là.
Pendant que Jozu était allé à la rencontre des voleurs dans leur usine désaffectée pour leur offrir une porte de sortie en échange d'une partie de leur butin, Izou s'était incrusté avec quelques hommes dans le transfert d'un vase Ming dans un musée, pour le voler au nez et à la barbe des forces de sécurité.
Cela avait fait bien rire Marco qui pouvait admirer à présent les deux magnifiques vases Chinois dans leur salle au trésor. Ensuite, pour attirer l'attention de l'élusif Nigel Ewing et de son affro épique, quelques gars étaient allés voler un tapis persan d'un Cheik Arabe, qui devait être offert en cadeau en échange d'une protection contre cette étrange vague de crimes.
Le tapis bien précieux avait donc rejoint les vases dans leur collection.
Bien entendu, ils ne s'étaient pas arrêtés là.
Ils avaient accompli d'autres crimes, surtout en Afrique, dont un consistant à blanchir les livres de comptes d'un casino en Afrique du Sud. Suite à cela, ils avaient eu assez de poids pour faire pression sur le casino en lui-même qui leur avait fourni gratuitement et gracieusement les papiers et autorisations nécessaires pour qu'eux-mêmes puissent en ouvrir un sur leur île.
Un autre moyen de se faire des ronds et de blanchir de l'argent.
Ces crimes avaient fini par attirer l'intérêt d'Ewing qui avait donc accepté le contact et se présenterait donc à la fameuse réunion.
Celui qui posa le plus de difficulté ou plutôt, d'embarras, ce fut le parrain respecté de l'Est de Londres. Bob Caine, dit « Barking Bob ». Il n'avait certainement pas l'intention de passer sous la coupe des Shirohige sans se battre.
Et pour ça, il avait l'intention de les mettre eux à genoux.
En inondant leur jolie petite île de faux touristes tous envoyés pour les réduire à néant.
Marco avait rapidement découvert qu'il n'était pas bon de garder la seconde flotte dans l'ennui. Ils s'étaient déversés sur les envahisseurs. Sauvages, invisibles et assassins, apportant la mort dans leur sillage. Ils avaient ensuite pris un des hélicoptères (un de leurs premiers achats suite à leur installation) pour se rendre à Londres et faire pleuvoir sur la capital anglaise les corps des hommes envoyés par Caine. Pas que ça arrête l'homme qui leur envoya une seconde, puis une troisième vague, toujours par groupe de six.
Pour la troisième livraison, la seconde flotte avait déposé avec chacun des corps des photos. Chacune des photos montraient Bob les jours d'avants, occupé à ses affaires, ne réalisant même pas la présence des hommes du Shirohige à proximité, pourtant bien présents sur les clichés et prêts à le tuer.
Le message avait été clair, et Bob s'était plié.
La réunion avait lieu dans l'hôtel, dans une des grandes suites. Marco n'était pas assez fou pour les faires entrer dans le repaire.
Krishnan, de Luca, Lo, Leonov, Ewing et Caine représentaient les réseaux criminels classiques des différents continents.
Akagami, secondé par Benn, était là pour les pirates.
Dragon, accompagné par un jeune homme de vingt ans, aussi blond aux yeux bleus que l'était Marco, représentait les révolutionnaires.
Assis autour d'une longue table, une carte déroulée devant les yeux avec quelques photos, tout le monde attendait de voir ce que dirait le Phénix qui était toujours debout, les mains appuyées sur les bords de la table.
Il leur exposa clairement ce qu'il prévoyait de faire dans des termes qui seraient mieux compris par ces hommes :
- J'ai l'intention de faire un gros nettoyage en ce monde et pour ça, j'ai besoin de vous tous. Que ce soit pour me couvrir, pour les fonds ou les armes, yoi. Mon but est simple. Mettre en place une arme assez puissante pour faire peur, mais réutilisable, et avec plusieurs niveaux de dangerosité. Une arme qui n'aurait rien à envié aux Armes Antiques.
- D'où la demande un peu spéciale que tu m'as demandé de transmettre à Ivankov, comprit Dragon.
- Ce n'est que le niveau un, yoi. L'Arme doit être dissuasive dans un premier temps, mais si le nettoyage n'a pas lieu, elle sera utilisée. Si malgré les exemples et la menace, rien ne change, dans ce cas, on peut s'attendre à beaucoup de morts.
- Maaa, c'est bien beau, tout ça, lui pointa Marvin de Luca en tirant sur son cigare avec son accent de mafioso. Mais tu vises quoi exactement pour avoir besoin d'autant de monde ?
Le sourire de Marco se fit vicieux.
- Mettre le monde sans dessus-dessous. Briser l'ordre établi pour que tout soit remis à zéro. Et dans cette reconstruction, certain auront du fric à se faire.
Il regarda les mafieux à table qui esquissèrent un sourire au sous-entendu.
- D'autres auront une opportunité en or pour avancer dans les échelons et asseoir un peu plus leur pouvoir sur des chieurs de première qu'il n'est pas nécessaire de nommer, yoi.
Marco avait dit ça en adressant un sourire de coin à Shanks et Benn qui comprenaient très bien de quoi il était question, au point que Akagami se mit à rire.
- Et pour toi, Dragon, ça veut dire une occasion inespérée de profiter du chaos afin de porter un coup là où ça fait mal pour les différents gouvernements, pour les réduire en cendres et en voir d'autres, que j'espère plus juste, à la place, yoi.
Le blondinet en haut de forme se détourna de son poste derrière son patron pour masquer son rire alors que Dragon avait un fin sourire.
- C'est une langue bien dangereuse que voilà, nota Krishnan avec son lourd anglais tinté d'accent indien.
- Jimbe-oyabun vous soutien, ce qui veut dire que les Yakuza sont déjà avec vous, pointa Lo. Cet homme est connu pour ses sages décisions, je ne peux que m'aligner sur son choix et transmettre vos mots aux autres Triades Chinoises.
- C'est bon pour moi, même si je me demande comment tu comptes t'y prendre pour faire une arme qui rivalise avec les infâmes Armes Antiques, man, nota Ewing.
- A notre époque, la science peut presque tout faire, yoi. Une fusée fera l'affaire. Elle mettra en orbite un satellite qui s'assurera d'apprendre le respect à tous et à toutes.
Le 'bullshit' de Caine ne tomba dans l'oreille d'un sourd et l'instant suivant, il se retrouva mort, une plume de feu bleu enfoncé dans un œil jusqu'au cerveau. Le Phénix se tenait derrière lui après lui avoir enfoncé l'objet. Il laissa le corps de Caine tomber sans vie sur le sol, la tête vers le ciel pour ne risquer aucun incendie.
- M'insulter ne sert à rien, outre m'agacer. Déjà qu'il cherchait les ennuis à faire fuir les touristes avec ses attaques, si en plus, il insulte mon plan ainsi, c'est plus que certain qu'il allait finir entre quatre planches, yoi.
Marco revint à sa place, posant ses mains sur le dossier de son siège dans l'étrange silence des mafieux.
- Si vous n'êtes pas d'accord avec mon plan, je n'attends que des critiques constructives. Le reste, gardez-le pour vous. On est d'accord, yoi ?
- Tu ne changes pas, Marco, nota Benn en s'allumant une cigarette sur les flammes de la plume toujours dans l'œil du cadavre.
Le Shirohige ne lui répondit pas, se contentant d'observer un étrange échange de regards entre le blond révolutionnaire et Shanks. Quel que soit le sujet de l'échange silencieux, Shanks venait de hocher la tête avec une mimique rassurante en arrangeant sa cape sur ses épaules avec son bras unique.
- Quelque chose à rajouter ? demanda Marco.
- Tu comptes commencer l'affaire comment ? s'enquit Leonov en essayant de ne pas regarder trop fréquemment le corps de Caine.
- Actuellement, au Japon a lieu une exposition scientifique. La semaine prochaine, il y aura la démonstration de l'Analyseur au Brillant Bazar de Boffin, à Tokyo. Les rats de bibliothèque qui se sentent l'esprit scientifique suggèrent de voler l'appareil et quelques-uns de ses accessoires afin de booster notre plan, yoi. Avec ça, mettre au point un satellite avec une programmation spécifique ne devrait pas être trop difficile. Quant à la fameuse programmation… on va commencer sympathiquement dans un premier temps pour mettre le chaos. Dragon ?
- Sabo, je te prie, donne-lui le cadeau d'Ivankov, demanda Dragon en s'adressant à son bras droit.
Le blondinet prit la valise à ses pieds et alla la poser devant le Phénix.
- J'aimerais vous parler en privé plus tard, chuchota Sabo alors qu'il ouvrait la mallette sécurisée.
Marco hocha la tête.
Une fois la valise ouverte, on pouvait voir sur les deux pans intérieurs des longues rangées d'éprouvettes contenant un liquide rose d'un côté et mauve de l'autre.
- Ceci est un cadeau d'Iva-san, présenta Sabo à l'adresse de la table. Ses hormones ayant une fonction de changement définitif, il a transmis de quoi mettre en place le changement, puis l'annuler. Le seul cas où ça ne marchera pas, c'est sur les femmes enceintes.
Mettre Ivankov et changement dans une même phrase ne voulait dire qu'une chose : changement de sexe plus ou moins forcé. Cela fit rire les autres criminels.
- Si c'est pas suffisant, je m'assurerai de mettre au point le nécessaire pour changer tout le monde en pirate, yoi. Les deux premiers niveaux visent donc un chaos encore contrôlable. Et je reste gentil, expliqua Marco en refermant la mallette. L'étape suivante, si le message n'est toujours pas compris, sera de changer la force gravitationnelle de ce monde. Et pour conclure, en dernier recours… déclencher des ondes sismiques qui réveilleront volcans, tsunamis et tremblements de terre. Vous êtes tous partants ?
Marco n'eut que des réponse positives.
- Alors trinquons à notre alliance et à ce qu'elle nous apportera, yoi.
Et il désigna le minibar de la suite hôtelière. Chacun se prit un verre et on servit les alcools pour discuter affaire. Profitant du brouhaha et des hommes formant des connexions entre eux, Marco s'isola avec le blondinet qui déposa son chapeau haut de forme sur la table autour de laquelle ils s'étaient réunis auparavant, un verre de vin blanc en main. Il avait une intéressante marque de brûlure sur le visage, mais ce qui intéressait le plus le Phénix, outre le possible message de ce garçon, c'était sa posture, assez élégante et propre malgré le fait qu'il soit assis au bord de la table. Tout comme le choix qu'il avait fait au niveau de l'alcool ou sa façon de tenir son verre dans sa main gantée. Sa tenue pour le moins élégante et aristocrate prenait un tout autre sens.
- Un aristo dans la Révolution ? nota Marco à voix basse.
Le sourire aigre de Sabo voulait tout dire.
- On ne choisit pas sa naissance, malgré tout ce que l'on a pu me dire quand j'étais gosse. Et cela n'a pas d'importance, parce que j'ai grandi avec deux D. qui tiennent plus de bêtes sauvages qu'autre chose, et qu'ils sont ma famille, que le sang y soit ou pas. Mais j'admets qu'on peut pas changer certaines choses quand on les apprend dans la douleur.
En disant ça, il but une gorgée de son verre avant d'offrir un sourire espiègle.
- Shanks-san pourra vous le dire, mais je peux descendre tout aussi bien une bouteille de rhum comme un pirate, avec la même facilité que je savoure ce malheureux verre de vin blanc.
Marco ricana en sirotant sa bière.
- Tu voulais donc me parler, yoi ?
- Mh. Vous… avertir et vous demander une faveur serait plus juste.
Le plus vieux leva un sourcil, attendant qu'il en dise plus.
- Je connais votre histoire ou du moins celle de votre équipage. Je sais aussi que vous aviez un accord avec la vieille Tsuru-chûjo… vous vous rangiez et les primes étaient annulées. Je crois savoir que vous avez fait ça pour votre équipage. Pourquoi avoir repris les armes ?
- Parce que j'ai réalisé que je n'étais pas fait pour une vie normale, yoi. Au départ, je voulais faire ça seul, mais il s'avère que personne n'aimait cette vie loin du drapeau noir. Comme être des pirates sans Shirohige n'avait plus aucun sens, j'ai opté pour cette idée en tant que baroud d'honneur. Essayer de changer le monde qui a fait de nous les monstres que nous sommes, expliqua calmement Marco.
- Je vois. Vous iriez jusqu'à mourir, donc.
- Je mourrais pour chacun des hommes qui porte la marque d'Oyaji. Et malheureusement, la réciproque est vraie.
Sabo but une nouvelle gorgée de son verre et lui dit avec sérieux :
- Je sais de source certaine que les différents organismes militaires du monde sont au courant de votre culpabilité et du fait que vous êtes revenu au crime. Je sais aussi que sous peu, vous allez recevoir la visite de Super Agents pour vous empêcher de mettre votre plan à exécution. A commencer par Hiken.
- S'il y a bien une personne que j'aimerais rencontrer, c'est bien cet infâme Hiken.
Sabo posa son verre sur la table et se leva pour se mettre face à face avec son interlocuteur, un regard mortellement sérieux. Marco n'eut aucune réaction en sentant une lame de poignard lui chatouillé les côtes.
- Je rêve peut-être de changer le monde, mais il y a des choses qui passent avant ça. Que j'apprenne que Hiken a fini entre quatre planches par votre faute, et vous ferez mieux connaissance avec moi et mon petit-frère, Fushisho Marco, avertit froidement Sabo.
Marco prit le poignet de Sabo et fermement, même si sans violence, l'éloigna de sa personne.
- Hiken m'intrigue et au vu de cette tristement célèbre lettre aux journaux, je doute qu'il agisse de gaité de cœur, yoi. Je n'ai pas l'intention de le tuer. Je viserai même plus à le recruter. Je ne sais pas ce qui te lie à lui, mais tu peux dormir sur tes deux oreilles.
Le jeune révolutionnaire écarquilla les yeux un instant, avant de ranger son arme, sa posture plus relaxée, un sourire triste aux lèvres.
- Vous savez pas à quel point vous risquez d'avoir des difficultés à recruter quelqu'un qui accepterait à cœur joie votre demande dans d'autres circonstances. Quand vous en aurez marre de la tête de mule, transmettez-lui ce message pour moi : « il est temps pour Ace de penser à sa pomme et d'arrêter de vouloir protéger ceux qui sont déjà prêts à risquer leur vie ». Vous comprendrez quand vous serez face à Hiken. Et Hiken comprendra très bien aussi.
Marco eu un air perplexe mais haussa des épaules.
- Soit. Je garde ça en tête, yoi. Je peux te poser une question à mon tour ?
- Bien sûr.
- Tu as quel âge exactement ?
Sabo eut un sourire mystérieux en finissant son verre.
- Certainement pas l'âge que vous pensez que j'ai.
Trois hommes se faisaient face.
L'un, un aveugle d'un certain âge, avait un air de perplexité poli alors que les deux autres, largement plus vieux, avaient une tête absolument abasourdie.
- Tu as donné quoi à Ace ?! Rappelle-moi la mission que tu lui as donnée ?l demanda l'un des imposant vieillards en uniforme blanc avec une goutte de morve au nez et des cheveux coupés courts.
- Sakazuki Gensui a demandé à Ace-chan de se charger de l'affaire de ce Marco qui rassemble on ne sait pourquoi différents criminels au travers le globe, répéta l'aveugle. Elle est partie il y a quinze minutes.
- Dis-moi que j'ai mal entendu, Garp !? demanda l'autre vieillard avec son étrange barbe tressée. Il vient juste de confier la pire mission qui soit à la gamine de Roger !
- Et moi qui pensais que je n'aurai jamais à sortir le moindre avis de recherche à son nom… grommela le dénommé Garp. Sakazuki a juste fait la pire connerie du monde !
Cela fit rire l'aveugle.
- Ace-chan a été un loup muselé depuis l'âge de douze ans. Un jour ou l'autre, elle aurait fini par réaliser que la promesse que vous lui aviez faite ne serait pas tenue par Sakazuki. Il vaut mieux qu'elle rejoigne le Phénix qui saura s'assurer qu'elle ne ravage rien, plutôt que la laisser seule sur les océans. Seule et trahie. Et avec plus rien à perdre.
Garp soupira en se passant une main sur le visage.
- Nous allons donc voir combien de temps tiendra ce gosse avant qu'on ne doive mettre en marche la prime de Portgas D. Ace, grommela Garp. Tu peux au minimum t'arranger pour qu'on mette Portgas sur l'avis de recherche, Senny, et non pas Gol ?
- Après ces quatre années de service, on lui doit bien ça, de lui épargner le nom de Roger, Sengoku-san, pointa l'aveugle.
Sengoku soupira.
- Je verrai ce que je peux faire, Issho, Garp.
Et Sengoku s'en alla du bureau.
- Je devais déjà vivre, depuis la promotion de Sakazuki, avec l'idée que si un de mes petits-fils se faisait attraper, il finirait à l'échafaud en dépit des efforts d'Ace… et maintenant, je dois me dire que l'aîné va y passer aussi sous peu quand la langue acérée de ce piaf aura fait son œuvre, soupira Garp.
- On savait tous très bien qu'on jouait plus que littéralement avec le feu en la gardant en laisse aussi longtemps. Elle a seize ans, c'est l'âge de la rébellion généralement, nota paisiblement l'aveugle.
- Tu ne m'apprends rien de nouveau, Issho.
- Je sais, Garp-san, je sais.
- A quoi pouvait bien penser Sakazuki en l'envoyant contre Marco ?
Issho se laissa aller dans son siège en haussant des épaules.
- Certainement faire une pierre deux coups. Anéantir le retour des Shirohige et se débarrasser de l'enfant unique de Roger. Seul le temps nous dire ce que son idée causera comme dégât.
