Chapitre 2 : On a toujours quelque chose à perdre…

Draco Malfoy était dans la salle commune. Il était tôt, attablé devant son bol de café noir, il lisait le journal. Cela faisait deux semaines qu'ils leur rabattaient les oreilles avec cette histoire de Mangemorts. Toujours cette Granger qui avait survécu… « Ah ! soupirait-il souvent, elle aurait dû crever, pourquoi donc l'avaient-ils épargnée ? »

D'ailleurs, elle n'était plus que l'ombre d'elle-même, revêtant souvent du noir (sa façon de porter le deuil, sans doute), des cernes sous les yeux, elle était bizarre. En cours de potion, ses mains tremblaient, elle se trompait d'ingrédients, avait des moments de panique et parfois, en plein cours, elle devenait toute blanche, mordant jusqu'au sang sa lèvre inférieure, et serrait de sa main droite son bras gauche. Elle enfonçait ses ongles à travers son pull, ses jointures en devenaient blanches. La rage se lisait dans ses yeux, ainsi que les larmes retenues.

La jeune femme ne remplissait son rôle de préfète que lorsque c'était indispensable. Certes, elle n'avait jamais partagé les quartiers communs de préfet de Serpentard et de Griffondor, ce qui n'avait pas gêné le grand blond. Cependant, elle avait toujours rempli son rôle, son tour de garde, mais là elle errait dans les couloirs plus qu'elle ne faisait sa ronde, donnant au Serpentard une charge supplémentaires. La sorcière ne traînait plus avec Potty ni la Belette, et il l'avait même vu se brûler les yeux à force de regarder les ouvrages interdits de la bibliothèque traitant de la magie noire…

Le jeune homme avala son café brûlant et sortit. Il faisait très froid, l'herbe gelée craquait par endroits, mais un beau soleil éclairait ce paysage glacé. Draco aimait l'hiver. Il était tôt et il avait envie de marcher. On était samedi, il avait un devoir de potion à rendre pour lundi et son week-end de libre. Il arriva devant le lac gelé. Quelqu'un avait eu la même idée que lui car, sur le banc à sa gauche se découpait un ombre emmitouflée dans un long manteau brun. Sans y faire attention, le sorcier s'assit sur le banc devant lui. Il avait besoin de réfléchir. Il tira une lettre de son père qu'il relut encore une fois. Son père à qui il obéissait au doigt et à l'œil, ce Mangemort violent et stupide qu'il haïssait et qui lui disait que compte tenu de certains évènements qui allaient se produire, il n'aurai pas la Marque avant plusieurs année.

Peu importait à Draco, il ne tenait pas spécialement à devenir un Serviteur du Seigneur des Ténèbres, il aspirait juste à échapper au pouvoir de son père, à n'avoir plus ni Dieux, ni Maîtres…l'Anarchie… ? Non, juste la liberté.

Il tira un paquet de cigarettes moldues de la poche de sa cape, une invention bien agréable ! Délicatement, il en prit une entre ses doigts et alla pour l'allumer quand ses yeux s'arrêtèrent sur son briquet ; le briquet des Malfoy ! Avec rage, il le jeta sur le lac, brisant la glace, celui-ci sombra dans les eaux noires. L'Ombre devait dormir ou être perdue dans ses songes car elle sursauta. Draco sourit et remonta le col de sa cape, cachant le bas de son visage ; il faisait froid. Il sortit une allumette de sa poche qu'il craqua négligemment sur la semelle de sa botte droite et avec laquelle il alluma sa cigarette.

Le jeune homme tira une bouffée, puis une autre. Ses muscles se détendirent et son esprit se mit à vagabonder. Il songeait à une île déserte au beau milieu de nulle part, l'île d'Avalan ou étaient cachés les arcanes sécrètes de magie noire et blanche, datant de la période où il n'y avait entre les deux aucune distinction, quand une voix féminine le fit redescendre sur terre. C'était une voix douce et tremblante. « Excuse-moi, tu n'aurais pas une cigarette ? » L'Ombre s'était levée du banc mais n'avait pas bougé, le visage tourné vers le lac. Des boucles entre le châtain et le roux s'étaient échappées de sa capuche et dansaient dans le vent.

Le sorcier marmonna un « Si, bien sûr » et, tandis qu'il fouillait dans sa cape, la silhouette se rapprocha. Elle était debout à ses côtés et, quand il lui tendit le mince rouleau blanc, leurs regards se croisèrent :

« Malfoy !

-Granger ! »

S'ensuivit un silence gêné et surpris. Elle lui demanda si elle pouvait s'asseoir à ses côtés. Il acquiesça et profita du moment où il lui allumait sa cigarette pour la dévisager. Elle avait un joli minois, il faut l'avouer. Un de ceux que les hommes rêvent de tenir entre leurs mains. Ses cheveux bouclés couleurs feuilles d'automne encadraient son visage. Elle avait un petit nez retroussé et les plus beaux yeux que Draco ait jamais vus. Ils oscillaient entre le marron et le vert, bien dessinés et entourés de cils noirs. Ces sourcils arqués rendaient son regard pénétrant. Il ne pouvait s'empêcher de détailler ses yeux et s'aperçut qu'ils étaient d'un marron doré avec des éclats verts et que gravitaient dans l'iris des pépites d'or. Ses yeux étaient comme deux soleils d'automne. Merde, c'était cette Sang de Bourbe de Granger qu'il avait devant les yeux, pas une nymphe !

Il reprit et cessa de la dévisager.

« Je ne savais pas que tu fumais Granger, dit-il pour penser à autre chose que les deux astres dorés perdus dans le vague.

-Il y a tant de choses que tu ne sais pas sur moi, Malfoy, répondit-elle en tirant une bouffé avec un plaisir non dissimulé, j'ai commencé l'été dernier, mais j'ai arrêté en sixième année, et toi ?

-Je fume de temps en temps, dit le jeune homme, quand l'envie m'en prend j'en grille une, jamais plus de trois par semaine, des fois une tous les deux jours, ça dépend. »

Draco n'en revenait pas, il était avec sa pire ennemie en train de discuter comme s'ils étaient de vieux amis. Sidéré, il ne put rien dire de plus. Tous deux fumaient. Le Serpentard écrasa son mégot contre la semelle de sa botte, tandis que sa voisine terminait la sienne, qu'elle écrasa à son tour. Draco ouvrit une petite boîte ronde en métal, y déposa la fin de sa cigarette et récupéra le mégot d'Hermione qui le regardait avec surprise.

« Je n'aime pas les gens qui fument car ils jettent leur clope n'importe où, et ça m'énerve. »

Soudain, la jolie Griffondor se leva et noya son regard dans les yeux gris du jeune homme.

« Malfoy, tu es la seule personne à qui je peux dire ça, malgré que ça me coûte. Aide-moi je t'en supplie ! »

Elle avait l'air paniquée. Il la regardait sans comprendre. Avait-elle eu une dispute avec Potty, ou encore la Belette ? Il n'aimait pas quand les femmes paniquaient, et surtout pas Granger qui d'habitude restait calme. Lui, l'aider ? Venir en aide, sauver une Sang de Bourbe, Griffondor de surcroît ! Ah ça non, il n'en était pas question ! La jeune femme du sentir venir son refus car elle ajouta « Si tu m'aides, je ferai tout ce que tu voudras ! »Ouhla ! Granger devait avoir un sérieux problème, vraiment tout ce qu'il voudrait…Mhhh ! Voilà qui lui donnait des idées… le serpent en lui se réveillait…

Elle coupa court à ses réflexions, retirant son manteau. Draco la regarda faire, intéressé et quelque peu déçu que ça s'arrête là. Elle remonta alors la manche gauche de son pull, dévoilant ce que le jeune homme n'aurait jamais cru voir sur cette fille. Incrédule, il posa ses doigts sur le tatouage, effleurant la Marque… Il remarqua qu'elle tremblait et avait la chair de poule à ce contact ; les poils de son bras se hérissaient, comme refusant ce signe. Il était choqué qu'une peau si douce, si pure, puisse être ainsi profanée.

« Qui t'as fait ça ? murmura-t-il »

C'est alors qu'elle éclata en sanglot, tombant à genoux à ses pieds. C'était une Sang de Bourbe, c'était sa pire ennemie côté féminin, c'était Miss-Je-sais-tout, mais à ce moment là c'était une femme brisée qui pleurait. Il la releva, la prit sur ses genoux et l'entoura de ses bras protecteurs. Par Merlin ! C'était Granger qu'il serrait contre lui ! Elle dû avoir la même pensée car elle se dégagea brusquement et cracha :

« Ton père, sûrement ! »

Le silence se fit tandis qu'elle se rhabillait

« Je me souviens de la bataille, d'un coup sur ma tête, puis plus rien. Quand je me suis réveillée, j'était à l'infirmerie, j'ai vu la Marque quand je me suis douchée. Personne ne le sait à part toi, et si tu révèles quoi que ce soit je te fais mourir dans d'atroces souffrances !menaça-t-elle, je suppose que les Mangemorts m'ont capturée, marquée, puis rendue… Mais pourquoi ? Et puis… est-ce qu'ils ne m'ont fait que ça… ? »

La gorge de Draco se noua un instant. Son père aurait-il pu abuser de la Sang de Bourbe qu'elle était ? Non, il ne pensait pas, quand à la tatouer… Les Mangemorts devaient avoir quelque chose derrière la tête, et ça ne lui plaisait pas du tout. Demander des nouvelles à son père était dangereux…

« Je ne pense pas que mon père t'ait violée, répondit-il crûment, par contre je ne réponds pas des autres Mangemorts… Quant à la raison pour laquelle ils t'ont marquée, le j'ignore. J'enverrai à mon père un message du genre « Pourquoi avoir laissé la Sang de Bourbe en vie ? », je n'éveillerai pas de soupçons. Je suppose que tu veux aussi que je t'aide à la faire disparaître ? N'étant pas tatoué je ne sais rien, pourtant, c'est la marque d'un pacte, or, il faut que les deux partis soit en accord. Il y a donc peut-être une chance… mais je ne te promets rien…

-J'avais cherché dans les livres de magie noire. Il me manque cependant des connaissances… ajouta-t-elle, ton aide là aussi pourra m'être utile.

-OK Granger, mais n'oublie pas, tout à un prix et pour l'instant tu es liée à moi par notre marché, mais aussi à Voldemort par ta marque. De qui préfères-tu être l'esclave ? demanda-t-il d'un ton lourd de sous entendus et de menaces.

-Malfoy, susurra-t-elle, les yeux brûlants de haine et de détermination, je n'ai plus rien à perdre, il ne me restait que mon honneur, et je viens de le bafouer, je préfère mourir qu'appartenir à Voldemort, mais je préfère faire ce que tu veux plutôt que mourir de vaincue.

-On a toujours quelque chose à perdre Granger… rétorqua-t-il malicieusement en s'éloignant, sinon tu ne serais pas là…

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Les auteurs vous remercient d'avoir lu ce nouveau chapitre, nous partons en vacances, donc pas de nouveaux chapitres avant un mois, mais en contre-partie, le début d'un court OS.