DISCLAIMER
Ce charmant manga et tous ses personnages sans la moindre libido appartiennent à l'eunuque Tite Kubo et non à moi ; mes fantasmes et délires, par contre, restent mon entière propriété intellectuelle.
Une bonne demi-heure s'était écoulée depuis mon... Eh bien, depuis ma pâmoison de tafiolle. Je m'étais réveillée dans une chambre nue et impersonnelle, secouée par un jeune homme banal, dans un accoutrement moins banal, qui m'avait donné en rougissant un kimono noir semblable au sien, emprunté à l'académie, manifestement bien trop grand... Mais accueilli avec plaisir - ainsi qu'une bonne douche qui, elle, m'avait été refusée - et bien nécessaire pour supplanter ma tenue déchirée et brune de sang séché que je m'empressai de jeter (sur la tête du mec, et en sortant).
On m'expliqua rapidement (Blanc, cette fois, et pas le freluquet qui m'avait alpagué à mon réveil), lorsqu'on vint me chercher, où j'étais tombée. Il parut surpris de savoir que j'avais atterri ici sans savoir où je tombais, sans perdre ma mémoire, et envoyée par quelqu'un, qui n'était manifestement pas de ses collègues. Et en tout cas pas aussi appétissant que lui, loin s'en fallait, comme je m'empressai de le vérifier en laissant mon regard le parcourir de haut en bas tandis qu'il réfléchissait. Puis, cherchant ses mots, il me parla du Rukongai, de la Soul Society, des Shinigamis dont il faisait partie, de leur rôle, combattre les Hollows, de ces derniers aussi. De l'énergie spirituelle dont je semblais n'être pas dépourvue. Il me conseilla d'en faire un avantage, de le retourner contre ceux que je m'apprêtais à voir et qui auraient bien aimé m'imputer – puis me faire payer – cette situation inhabituelle qui bouleversait leurs journées réglées comme du papier à musique – le morne ennui de ceux qui ont trop vécu, j'imagine. Lui m'assura que c'était juste des vieux coincés avant l'âge, sûrement tous puceaux, à l'esprit étriqué et complètement fermés sur tout ce et tous ceux qui pouvaient être différents de leurs idées concernant la normalité et la retenue nécessaire à toute vie en société. Un petit couplet aussi impertinent que marrant, débité avec un sourire en coin carrément diabolique. Il me rassura toutefois ; il ne me laisserait pas me faire croquer toute crue par ces infâmes dictateurs... Ledit sourire toujours présent semblant suggérer qu'il préférait s'en charger lui-même, de me bouffer. Je le rassurai (bien que c'est moi qui aurait due être rassurée), j'étais bien assez manipulatrice pour les diriger où je voulais sans même qu'ils ne s'en rendent compte, même et surtout si ils me détestaient...
Je ne croyais pas si bien dire. J'ai subi un interrogatoire en règle, au milieu d'une bonne dizaine de Capitaines me regardant fixement, certains franchement peu rassurants (ce mec qui se grimait comme un panda, par exemple, ou cette petite avec de longues tresses surnommée Plate par mon esprit si fertile, chose que cependant je ne dirais pas devant sa tronche de psychopathe...brrrr.), d'autres juste dotés d'un regard ramenant à l'air glaciaire... Certains encore me regardaient d'un air juste intéressé, d'autres avec des yeux concupiscents, un peu de tout.
Malgré la présence de Blanc derrière moi, présence vigilante et protectrice, je ne me sentais vraiment, vraiment pas rassurée. Ma classe naturelle, mon charisme si incroyable, ma façon extraordinairement énervante et modeste de me la péter, et mon don pour agacer mes interlocuteurs ne me semblaient plus vraiment autant de qualités... En tout cas, ces qualités avaient disparu de ma personne, étaient parties en courant même, terrifiées par l'aura de pouvoir et d'impatience des personnes présentes dans la pièce. J'ai parcouru l'assemblée du regard, le temps de dissiper ma crainte, même si elle sembla plutôt s'exacerber. Puis le vieil homme décrépit assis devant moi s'est rappelé à mon bon souvenir (enfin, bon...). Et le jet de questions commença, le méchant flic se foutant éperdument de ma bonne foi et du fait que je m'énervais de plus en plus. La cadence s'accéléra, mes réponses, débitées du tac au tac, devenant de plus en plus horripilantes pour lui. Je prenais le plaisir à souligner le non-sens d'une procédure pareille, qui rentrait clairement dans la tentative d'intimidation, et ainsi dans les menaces, à lui rappeler que mourir n'était pas un crime et que ses manières d'inquisiteur n'étaient pas du tout morales, à jouer les drama-queens et à geindre sur ma triste vie, ma non moins triste mort, et le sort qui s'acharnait sur moi en me faisant subir une pareille épreuve après tout ce que j'avais déjà subi... Je n'étais pas du tout convaincante mais mes paroles avaient assez de fond de vérité pour empêcher le Shinigami suprème de m'envoyer chier, d'autant plus que quelques légers sourires réprimés fleurissaient dans l'assistance et que certains souriaient largement, se retenant de rire de mes phrases théâtrales et de mes gestes non moins affectés. Puis quelqu'un rappela que rien ne laissait supposer une accointance suspecte avec un Hollow et qu'il fallait plutôt s'estimer heureux que j'aie été envoyée avant de subir le moindre dommage, fut-ce d'une manière aussi peu conventionnelle. Et bien sûr, ils se mirent à débattre sur bon dieu ce qu'ils allaient bien pouvoir faire une bestiole pareille (les mots différaient mais le ton y était) sans prêter attention au fait que la bestiole en question était là et appréciait manifestement peu que l'on parle d'elle comme si elle n'avait pas plus d'importance qu'une verre de sake ou un vase de belle-maman chérie.
Je bouillais silencieusement dans mon coin, bonne volonté qui, je le sentais, n'allait pas durer très longtemps si ils continuaient à parler de moi comme si je n'étais pas là.
Quand on aborda la question de mon énergie spirituelle, un petit malin crut bon de parler de m'envoyer à l'académie. Détestant l'école et ayant à cet instant décidé de me flinguer si ils m'y envoyaient, j'ai orné ma tronche d'un gigantesque sourire extatique à peine contradictoire avec mes pensées... Mais mon rictus eut l'effet souhaité. Le vieil homme, voyant sur mes traits un enthousiasme si fièrement affiché à cette idée, se prit à songer tout haut qu'il serait peut-être plus intelligent de m'intégrer sous les ordres d'un Capitaine qui serait chargé de mon apprentissage accéléré. Et si de l'extérieur je me rembrunis tout à fait visiblement, à l'intérieur de mouillais ma culotte de joie. Hin hin, mes stratagèmes marchent toujours, de toute manière. Je suis trop intelligente, trop manipulatrice, trop belle, trop stylée...
• Ta gueule.
...CONSCIENCE ADORÉE ! Où t'étais passé ?
• Ta gueule, j'ai dit. Au panier, allez.
...Okay, je vais me pendre mentalement pour avoir osé dire que tu me manquais, connasse. M'en fous, j'fais plus attention à toi.
• 3 684e fois que tu me le dis mon coeur.
...Pff, bref. Je n'ai rien entendu. D'ailleurs, j'ai même pas entendu ce que disait Vieux. Ah... Il prononce le nom de tous les Capitaines en m'observant, faisant mine de réfléchir à haute voix. J'ai envie de lui dire qu'il est grillé, mais n'exagérons pas, je l'ai assez titillé.
Blanc m'avait présenté rapidement les Capitaines lorsque nous étions entrés, mais avec ma mémoire de poisson rouge (un poisson rouge nageant dans l'alcool), je ne me souvenais plus vraiment de leurs noms. Peu m'importait au final, car, sachant avec qui je voulais atterrir, je ne me préoccupais que peu de ceux chez qui je ne voulais pas aller. Et Blanc, je me souvenais bien de son nom... Et si j'attrape le petit rigolo qui a insinué que ma mémoire ne marche que pour les noms se rapportant à un quelconque alcool, je le suspend par les poils de couilles avant de lui bourrer ses orbites énucléées de rognures d'ongle. D'ailleurs, en parlant de Blanc...
« Ichimaru Gin, Capitaine de la 3e Division !
‒ Vous déconnez là ? Vous croyez que j'ai envie de rester avec ce branquignole complètement taré ? Il me fout la trouille, on dirait qu'il veut m'bouffer quand il me r'garde ! » m'exclamais-je, espérant être convaincante.
Malheureusement trop. Je sens comme un froid glacial venant de Blanc alias Gin et je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir que son sourire est devenu un rictus crispé. Il n'a pas compris... J'espère qu'il n'est pas peiné. De toute évidence, il répugne tout le monde, et il ne doit pas avoir beaucoup d'amis... Je ne comprends pas pourquoi. Moi, il m'a l'air adorable, et marrant qui plus est, pas comme toutes ces tronches de coincés du cul. Enfin, adorable... Disons que c'est mon type de mec, ce sera plus exact.
« Je ne vois pas pourquoi je perdrais mon temps avec une gamine néophyte. »
Sa voix claqua dans le silence qui avait suivi ma tirade. Je frissonnai. Merde, et j'imagine qu'il va être dur de le forcer à écouter mes explications... J'espère qu'il va pas aller jusqu'à m'agresser. Enfin. On verra. Je sentis le vieux sourire intérieurement.
« Ma décision est arrêtée. Vous pouvez aller. »
Mon nouveau supérieur hiérarchique - fichtre, ça fait bizarre - tourna les talons et s'en alla sans un mot. Je me suis relevée, trébuchant sur les pans du kimono trop long que l'on m'avait donné pour remplacer mes vêtements déchirés par l'accident, puis je l'ai suivi. Une fois dans le couloir, je l'ai carrément poursuivi, l'appelant doucement pour finir par gueuler.
« Eh ! Blanc ! Putain, tu réponds quand on te cause mec !
‒ Capitaine Ichimaru. »
Ouais.. Non, j't'ai pas demandé comment t'appeler, mec... J'ai tenté de lui expliquer. Mais pas une réponse, autant parler à un mur. J'ai tenté une dernière fois, puis j'ai abandonné. Quelle tête de mule.
« Mais puisque je te dis que c'était fait exprès !... Oh, et puis vas-y, boude ! »
• Hin hin hin, mais quelle conne tu fais...
J'ai senti mes sourcils se froncer tandis que c'est moi qui prenait un air boudeur. Je l'ai suivi sans un mot jusqu'au bâtiment de la Division - si j'avais bien suivi ce qu'il m'avait vaguement expliqué avant le conseil, vous savez au moment où on m'a filé un kimono trop grand. Blanc ordonna à un mec à l'air vaguement désespéré – genre flingue sur la tempe et corde au cou en permanence - de s'occuper de moi et se cassa avant même que je puisse dire un mot. Ma conscience avait raison pour une fois, mais quelle conne... Enfin, c'est aussi de sa faute, à lui, il n'avait qu'à comprendre. Et de la faute à Vieux aussi, tiens. Et de la faute à l'autre pétasse aux yeux roses (re-air dégoûté).
« Bon, on va où, le dépressif ?
‒ Pardon ? demanda le jeune homme, manifestement surpris.
‒ Oh, laisse tomber, une manie. Quand j'connais pas les gens je les appelle par des surnoms pourris selon leur tête.
‒ Je m'appelle Kira, fit-il en rougissant de gêne.
‒ Et alors ? lui demandai-je. Ça ne change en rien le fait que je ne te connais pas. De toute façon, j'retiens jamais les noms des gens, c'est plus simple comme ça et tout le monde comprend de qui je parle. »
Il resta coi. Apparemment, c'était pas la première fois qu'on le vannait sur sa gueule. En même temps... Il devait bien se regarder dans un miroir de temps en temps, et voir un miroir faire une dépression (un miroir qui pleure, hin hin) en reflétant notre visage, ça devait faire comprendre bien des choses.
Je le suivis jusqu'à l'étage, où quelques studios accueillaient les Shinigamis n'ayant pas les moyens de vivre autre part, comme m'expliqua si bien Dépressif alias 'Kira'. Puis il me laissa, en ajoutant qu'il enverrait quelqu'un me fournir un sabre d'entraînement et un uniforme (à ma taille, cette fois-ci, glissa-t-il en rougissant devant mon décolleté qui baillait). Je l'ai regardé en ricanant et en faisant mine de détacher ma ceinture. Le voyant prestement s'enfuir, bégayant qu'il allait donner ses ordres de suite, j'ai carrément éclaté de rire avant de me diriger vers l'appartement. Et c'est là que j'ai commencé à comprendre qu'il y avait un problème...
Les Shinigamis me paraissent curieusement petits par rapport aux japonais (qui ne brillent pourtant pas par leurs capacités de basketteurs), mais je ne m'étais pas posé plus de questions que ça, prise dans ce maëlstrom de nouveautés. Cependant, dans le calme, le tourbillon s'étant apaisé, il me paraissait d'un coup évident que c'était moi, le problème. Jamais des embrasures de porte n'avaient été aussi basses, et j'avais presque le vertige en regardant mes pieds. Les meubles étaient d'un coup de dimensions bien plus réduites, et je commençais à comprendre la vraie raison pour laquelle on m'avait débarassé de mes vieux habits... Comment se pouvait-il... Putain, je n'avais pourtant rien remarqué en me déshabillant ! Je me sentais étrange. Trop lourde, trop grande, trop maladroite et malhabile. Et ma tête me pesait singulièrement. Il était temps d'avoir confirmation de mes craintes. Je suis allée jusqu'à la salle de bain, me suis regardé dans le miroir.
Et j'ai hurlé.
• Ninhinhinhin...
« AAAAAAAAAAAAAAAAH...! »
Le blondinet surgit brusquement dans la petite pièce, alerté par mon cri strident, les bras encombrés d'affaires de toilette, de tenues réglementaires, et d'un sabre de bois posé en équilibre sur le tout.
Il m'a trouvé au milieu de la petite salle carrelée, face au miroir, tétanisée. J'avais toujours été frêle, petite, avec un visage et un corps enfantins, une fragilité qui venait de ma santé déficiente. Et j'avais les cheveux en bordel, courts et teints en bleu. Cependant, le reflet que je contemplai d'un air effaré était celui d'une belle jeune femme, grande, mince et musclée. De longs cheveux d'un profond noir d'encre – ma couleur naturelle - cascadaient dans mon dos. Au milieu du visage ovale et bien ciselé, deux grands yeux aussi profonds que la nuit, farouches et en amandes, me fixaient. Hébétés. Les miens.
« Viiiite ! criai-je au dépressif. Une paire de ciseaux et d'la teinture bleue ! »
Deux jours après, libérée de cette lourde chevelure noire, troquée contre une courte crinière bleu vif et moulée tant bien que mal dans un kimono de fonction à ma taille, je marchais d'un bon pas jusqu'à la 3e Division. On m'avait laissé le temps de m'installer, puis, le lendemain, Dépressif était revenu m'expliquer un peu mieux la fonction de tous les services, m'avait montré l'emplacement du mien, puis m'avait fixé rendez-vous à l'entrée. J'espérais juste qu'il ne m'y attendrait pas avec un bouquet de fleurs. Ou alors seulement des fleurs sauvages, les roses et les lys n'étaient pas mon truc. Les fleurs sauvages, au moins, ça sentait autre chose que le parfum pour catin, et en plus, ça attirait les abeilles. Ensuite, on les suivait, on balançait du gaz moutarde pour les buter, on piquait le miel et on mourait empoisonné, sauf si on s'était mithridatisé¹... Oups, je m'égare encore. M'enfin, j'étais arrivée devant la Division, et le blondinet était là, les bras ballant, sans chocolats ni bouquet à la main. Tant mieux. Pas qu'il ne soit pas gentil...mais justement, j'faisais pas trop dans les gentils, ni dans son physique, d'ailleurs. Moi, mon style, c'était plutôt les mecs grands, très minces, musclés, avec des traits fins, des cheveux doux et lisses, plein de dents et surtout, des gros psychopathes dégénérés pervers et alcooliques. Évidemment, peu de mecs correspondaient à mes critères, ici.
« Salut ! On va faire quoi ? lui demandai-je sitôt à sa hauteur.
‒ Visiter rapidement les différentes Divisions. Je te présenterais les Capitaines. Ichimaru-sama m'a demandé de faire ça, il paraît qu'on pourrait t'envoyer en stage dans une autre Division.
‒ J'vois pas pourquoi ce serait utile, ai-je assuré, fulminant intérieurement contre Vieux. La 3e me paraît très bien, à moi.
‒ Oh ! je suppose que c'est pour que tu puisses étudier les différentes capacités et manières de combattre des Shinigamis selon leur fonction... » considéra le Vice-Capitaine.
J'ai clôt la conversation en me dirigeant de moi-même vers la 1re Division. Dépressif m'a rattrapé et m'a arrêté.
« Non, pas la 1re... Apparemment, ta présence ne risque pas d'être requise là-bas, souffla-t-il. Je dois t'emmener à la 2e. »
J'ai réprimé un ricanement. Vieux m'imposerait peut-être ces stages de merde, mais il tenait trop à sa tranquillité pour m'imposer sa présence. C'était plutôt un bon point. De plus certains Capitaines avaient l'air sympas, et quelques uns de ces stages promettaient d'être plutôt marrants. De l'autre côté... Si une partie des chefs était cool, une autre partie, elle, était son pendant diabolique et glacial. Ça n'allait pas être tout le temps de tout repos psychologique... Bah, du moment que j'évitais la paperasse... Dépressif n'avait pas oublié de préciser que ce calvaire faisait partie intégrante du métier de Shinigami.
Nous entrâmes dans la 2e, et, à peine ai-je passé le seuil qu'il me parut évident qu'elle, elle ferait partie du côté obscur de la Force... Une onde glacial me tétanisa, portée par son regard non moins glacial. Plate se tenait devant moi, et ne semblait pas du tout être le genre de femme à vénérer une peluche à mon effigie. Je dirais même qu'elle semblait tenter de m'assassiner mentalement, et je me sentais en effet limite suffoquer. Puis elle se tourna vers Dépressif et prononça son nom d'un ton très...expressif. Ledit jeune homme se reprit et nous présenta rapidement. Je suis restée un moment silencieuse, puis l'ai salué rapidement.
Et nous nous sommes fait congédier. Au moins ce fut rapide...bien que non sans douleur.
La visite de la 4e fut bien moins éprouvante, bien qu'aussi rapide ; des Shinigamis revenant tout juste de mission avaient un besoin urgent de soins médicaux. Le Capitaine, tout de suite surnommée Tresse par mon esprit si fertile, était affable et douce, mais je l'ai trouvé aussi flippante que Plate, dans un autre genre.
La visite de la 5e Division, aux mains de Thé, se passa bien. Nous prîmes, justement, le thé avec ce dernier, lui aussi affable, souriant, parfait, bien trop parfait d'ailleurs. Ses beaux yeux, luisant doucement derrière les verres de ses lunettes, provoquèrent un frisson le long de mon échine lorsqu'ils se posèrent sur moi, et j'avais depuis longtemps appris à me fier parfaitement à mes réactions physiologiques, ces dernières constituant mon meilleur instinct. Mais il était cultivé, intelligent, tout à fait sympathique, et ce fut un moment très agréable, pour changer.
La 6e... Que dire sur la 6e ? Le scénario de la 2e se répéta presque à l'identique, grâce à ce coincé du cul noble et chaste qu'était Banquise. Nous en sortîmes tous deux assez fatigués pour décréter arrêter les frais aujourd'hui. Nous prîmes un déjeuner rapide tandis qu'il complétait les explications de la veille grâce à un petit cours d'histoire accélérée, puis je suis partie faire une petite escapade dans le Seireitei tandis qu'il allait faire son compte-rendu à son Capitaine adoré. J'eus la stupidité de marcher sans faire attention et j'ai brusquement trébuché sur une jambe nue allongée sous un arbre. Je me suis cassée la gueule aussi majestueusement que possible, puis je me suis relevée pour m'excuser auprès de la jambe. Et c'est ainsi que je me fis mes premières amies post-mortem.
LE MOT DE LA FIN
¹Un roi qui prenait tous les jours une petite portion de poison, pour neutraliser les tentatives de meurtre de ses opposants. La première vaccination de l'histoire, en somme. On ne saura jamais si ça a marché, il est mort poignardé...
Je noterais aussi ici, à partir de maintenant, les équivalences entre surnoms et personnages.
Vieux : Yamamoto.
Plate : Soi Fon.
Blanc : Gin.
Tresse : Unohana.
Thé : Aizen.
Banquise : Byakuya.
Panda : Mayuri.
Dépressif : Kira.
Son changement d'apparence a bien une raison (un peu biscornue, peut-être). C'pas juste pour le style (elle aurait très bien été en petite bestiole maigrelette).
Bon, je publierais le vendredi, à présent.
Tant que j'y pense, petit message à Kohana-Nami Niji et Cassis (et aux autres) : Oui oui, on verra Ichigo (et d'autres), et la fanfic recoupe le manga, mais l'histoire présente se passe avant le début du manga, il faudra donc attendre un peu avant de voir le rouquin.
