Yo ! Bon, bien entendu, comme j'ai commencé à poster, je n'arrive plus à écrire. It sucks to be me, it suck to be me … Bref.

Mais je poste quand même, et je vous remercie pour les reviews, Laemia, Leptitloir, Slyn et Hylliy ! Plein d'amour sur vous !

Bonne lecture !

You know I'm no good

Chapitre 2 : Marguerite

Quand j'ai vu Marguerite, Marguerite m'a dit « T'approche pas trop de moi »,

Moi j'ai pas écouté tu vois, et j'suis là comme un con, à effeuiller les pétales,

De tulipes de camélias, de roses et puis de lilas.

(Damien Saez)

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Je suis devenu un habitué du café d'Axel – enfin, il n'était pas vraiment à Axel, mais c'était comme ça que je l'appelais dans ma tête – en commençant par y passer presque tout le week-end, j'avais trouvé l'échappatoire parfait à la vaisselle et aux courses. Je te remerciais mentalement pour ça. Quand les cours m'ont repris à la gorge le lundi, j'avais des cernes, pour changer. Cette fois, elles étaient due à mes nuits à penser à toi.

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Il avait l'air inoffensif. Et blessé, un peu. Il avait passé le samedi et le dimanche avec nous et il continuait à être un mystère complet. Il devenait pâle, ses yeux se cernaient mais il ne nous disait rien à ce sujet, et nous non plus. Même comme ça, il était beau. Il me plaisait de plus en plus.

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La nuit entre mercredi et jeudi avait été désastreuse. J'avais passé la fin de l'après-midi avec toi, comme sur un petit nuage, et j'avais été tellement bien que mon lit me paraissait comme du béton. Je prévoyais de revenir vendredi – je l'ai fait, d'ailleurs, je t'avais dit que je le ferais et je l'ai fait – et je me repassais tout en tête. Tout ce qui faisait que me vie était plus jolie depuis que je t'avais rencontré. C'est encore parfaitement clair dans ma tête aujourd'hui. Ça m'avait amené à repenser à tout ce que j'avais déjà fait foirer. Et j'ai eu peur de commettre à nouveau les mêmes erreurs. Ça a pas loupé.

Je nous regarde maintenant, regarde ce que l'on s'est fait, regarde tout ce qu'on s'est volé.

J'aurais dû te dire non.

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17 février

Les vacances. Enfin. Il avait fini les cours, pendant deux semaines, il n'entendrait plus parler de nul-ne-sait quelle guerre à deux balles menée par des mercenaires, de syncrétique ou même d'idéogrammes.

Maintenant, il devait aller au café d'Axel. Quand il y était, il était bien. Quand il n'y était pas, il était à la fois stressé à l'idée d'y aller et impatient de revoir Demyx. Ça faisait trop longtemps que quelqu'un ne lui avait pas autant plu. S'il écoutait sa raison, il mettrait terme à cette relation au plus vite, avant qu'il y aie quelque chose de précieux à détruire. Il détruisait toujours tout, avec son sale caractère, et Demyx ne le savait même pas. Demyx disait qu'il lui plaisait, mais il n'avait eu qu'un aperçu infime de Roxas. Il ne l'avait jamais vu en colère. Oh, le blond n'était pas particulièrement colérique de base – sans quoi ça serait tout bonnement catastrophique – mais s'il était en colère, vous le saviez d'office. Il était violent, souvent plus dans ses propos que dans ses gestes. Roxas avait toujours su où appuyer pour faire mal.

Et il avait fait mal à tellement de gens jusque là … Demyx ne devait pas faire partie des cœurs brisés qu'il avait laissés derrière. Il ne devait jamais être un des cadavres que Roxas empilait. Il poussa la porte du café.

« Ah, Roxas ! Je t'attendais, dis-moi, tu es pour ou contre les coquillettes ? »

Roxas plissa les yeux. Axel avait les bras croisés sur son torse et semblait s'accrocher fermement à une idée qu'il avait en tête.

« Bah, pour, je dirais.

—Ha ha ! »

Demyx pointait un doigt victorieux vers Axel, qui eut un claquement de langue.

« Vous êtes nazes, vous savez pas c'que c'est, des vraies pates. »

Roxas rit un peu avant de reprendre un visage normal. Il devait rembarrer Demyx avant qu'il tente quelque chose. Aujourd'hui, donc. Il s'assit à côté du guitariste et commanda un café. Le blond se tourna vers lui, grand sourire aux lèvres.

« T'as fini les cours, pas vrai ?

—Hm ? Ouais. »

Roxas essayait d'être un peu distant. Ça suffirait peut-être à refroidir l'autre.

« Parce que j'me disais, du coup, on pourrait faire des trucs ensemble. Autre chose qu'au café. J'veux dire, j'suis content quand j'te vois ici, mais desfois j'suis pas ici et j'voudrais qu'on se voie, tu vois ? Sortir. En quelque sorte. Ensemble. »

Ah bah non. Roxas prit son expression la plus neutre en stock.

« Demyx … Je pense pas que ce soit une bonne idée.

—Ah … Tu … tu pars ?

—Non, non, mais …

—Nan, c'est moi, j'comprends si tu trouves que je vais vite. J'avais juste … envie de te proposer. Mais j'comprends vraiment, hein. Je te re proposerai plus tard.

—Je crois pas que ça soit possible. »

Le guitariste eut une mine déconfite.

« Bah pourquoi ? »

Roxas lui avait déjà dit qu'il était gay. Il avait aussi admis, plus ou moins implicitement, que Demyx lui plaisait. Le musicien eut un air de chien battu en prenant une gorgée de son chocolat chaud.

« J'ai fait quelque chose ?

—Bien sûr que non ! »

Roxas s'était précipité. Bien sûr que Demyx était parfait.

« C'est moi. Je suis pas une bonne idée, Demyx.

—Qu'est-ce que tu veux dire ? »

Le plus âgé avait l'air étonné. Il ne comprenait pas, pour le coup. Il était à peu près persuadé que Roxas était la meilleure idée qu'il aie eu – il faut dire que jusque là, côté amour, il avait toujours fait les mauvais choix. Roxas inspira un grand coup.

« J'attire que des emmerdes aux gens.

—Je sais me défendre ! »

Pour appuyer ses dires, il avait carré les épaules et levé les bras, contractant pour faire ressortir ses muscles – parce qu'il était bien évidemment encore en T-shirt. Roxas se pinça les lèvres.

« Mais c'est moi, les emmerdes. Demyx … tu me plais. Beaucoup. Mais si jamais tu en viens à tomber amoureux de moi, je vais te faire mal. »

Le musicien eut une moue pitoyable, parut sur le point de répliquer quelque chose, puis prit une autre gorgée de son chocolat.

« Et juste en tant qu'amis ? Si on se voit, mais juste en tant qu'amis, ça irait, non ?

—Je ne crois pas …

—Ça va aller ! Je te jure que je saurai m'y tenir ! J'attends rien de toi. Tu sais d'jà qu'tu me plais, mais c'est pas tout. Je … J't'apprécie, et j'ai envie de passer du temps avec toi. Que ça soit en tant qu'ami ou que potentiel copain, tout me va. »

Roxas réfléchit un long moment, trempant ses lèvres de café brûlant. Il risquait de blesser le guitariste, s'il le laissait espérer. Mais il le blesserait en refusant aussi. Et l'affection était réciproque. Roxas ne voulait pas perdre Demyx pour une bête attirance. Les choses à ce sujet avaient été tirées au clair, alors il n'y avait pas de raison.

« D'accord. Je t'apprécie aussi, tu sais ? »

Le visage du plus âgé s'illumina.

« Génial ! Tu fais quelque chose demain soir ?

—Nope. Tu as une idée ?

—En fait, je pensais me faire l'intégrale de Twilight à boire. »

Roxas eut un mouvement de recul. Si la seule proposition de Demyx, c'était de regarder le film le plus mal fait du monde, ça ne le tentait pas du tout. Mais … à boire ? Le guitariste dut comprendre son malaise.

« Je l'ai jamais faite mais je l'ai fait pour pas mal de films. Pour Twilight, les règles sont : chaque fois que le mot 'Vampire' est prononcé, buvez une gorgée, chaque fois qu'on voit un torse nu, buvez deux gorgées, chaque fois que Bella regarde dans le vide, buvez une gorgée, ce genre de trucs. J'ai les règles complètes sur un bout de papier. »

Ah, dit comme ça, ça ne paraissait pas si horrible. Roxas acquiesça. Il n'avait jamais fait de jeu à boire de ce genre – il avait déjà fait des jeux à boire, mais vraiment peu – et avec Demyx, l'expérience le tentait bien.

« Ça marche.

—Ok. Viens chez moi vers vingt heures, je te donne l'adresse. Y aura des trucs à manger mais je compte pas faire à dîner. »

Roxas acquiesça. Il allait être seul avec Demyx, dans son appartement. Mais entre deux amis, ça n'était pas important, n'est-ce pas ? Il récupéra l'adresse, notant que ça n'était vraiment pas loin de chez lui et laissa la conversation filer vers un autre sujet.

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Je t'avais prévenu. Je t'avais dit de pas tomber amoureux de moi – mais, plus tard, j'ai été tellement heureux que tu m'aimes. Parfois, je me dis que si tout était à refaire, je referais pareil. Pourtant, j'aimerais tant ne jamais t'avoir blessé.

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Il m'avait prévenu. De toute façon, je crois que même s'il m'avait détaillé tout ce qui allait se passer ensuite, j'aurais foncé tout pareil. En tout cas, c'est ce que je veux croire. Parce que j'était déjà un peu amoureux de lui, vous savez ? Il était mon premier véritable coup de foudre. Les autres, ceux avant Roxas, c'étaient des crushs. Des gens qui m'attiraient, et c'était tout. Roxas, j'étais tombé amoureux comme on tombe de rebord d'une falaise, sans s'y attendre, d'un coup, et on n'a pas eu le temps de comprendre qu'on est déjà dans l'eau.

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« Mon dieu mais il retire encore son T-shirt ? Pourquoi il en met un à chaque fois alors ? »

Roxas explosa de rire en buvant une gorgée de son verre de gin tonic. C'était aussi amusant que ce qu'il avait espéré. Voire plus. Déjà bien soûl, Demyx faisait des vannes à chaque fois qu'il ouvrait la bouche, et il fallait dire qu'il était bavard. Oh, ça ne volait jamais bien haut, mais un Roxas alcoolisé était assez simple à faire rire. Il était bon public – bien plus que d'ordinaire.

Roxas regardait le film exclusivement pour savoir quand boire – et qu'est-ce qu'il était niais. En fait, les gens qui avaient tourné Twilight étaient totalement passés à côté du potentiel comique du bordel. Un parfait nanar, et ça serait encore mieux dans dix ans, quand en plus les effets spéciaux feront horribles – déjà qu'ils sont cheap maintenant.

Bref, Roxas passait une excellente soirée. Demyx était l'hôte idéal. Il avait prévu tellement de gâteaux apéritifs que même si Roxas n'avait rien mangé avant de venir, il n'aurait pas eu faim, il avait rangé son salon – et Roxas savait que la pièce avait été expressément rangée parce que d'une, le reste de l'appartement était incroyablement désordonné, de deux il y avait plusieurs choses non-identifiées planquées sous le canapé. Et il savait mettre Roxas à l'aise.

« Mais Edward mériterait d'avoir un ordre de restriction au cul pour ça, pas qu'elle trouve ça romantique ! »

Il but à nouveau, deux gorgées, cette fois, et quitta vivement la pièce pour se vider la vessie. L'alcool était un diurétique et soûlait, ce qui était une très mauvaise combinaison. Quand il revint, il vit Demyx, les yeux plissés sur ses genoux, en train de tripatouiller il ne savait quoi.

« Ah, Roxas, ça te gêne si je fume ? »

Le plus jeune fronça les sourcils. Il n'avait jamais vu Demyx fumer. En y regardant de plus près, il vit que le musicien roulait un joint – donc, pas une cigarette. Il fit non de la tête. Demyx était chez lui, et puis il avait laissé Roxas fumer ses cigarettes. Après une gorgée de son ti punch, le musicien alluma le pétard.

« T'en veux ? »

Roxas hésita. Il n'avait essayé le joint que deux/trois fois, pendant ses années lycée, ou avec Hayner. Mais l'alcool dans ses veines lui donnait le courage des braves. Il prit le tube et le ficha entre ses lèvres comme une cigarette. Ça avait bon goût. Sentant déjà sa tête tourner – mais c'était sûrement psychologique, il décida de s'arrêter là et remplaça le joint par une cigarette. Voyant que la pièce était en train de s'enfumer, il alla ouvrir une fenêtre et grimaça à l'air froid qui pénétra dans le salon. Il prit une couverture sur un fauteuil et revint s'asseoir, s'enfonçant dans les coussins pour plus de chaleur.

« File m'en un peu. »

Roxas se demanda si le guitariste voulait parler de sa cigarette avant de comprendre, et souleva les fesses pour tendre un bout de couverture à Demyx, qui se blottit bien confortablement contre lui. Roxas sentait son souffle dans son cou. Ça n'était pas bon, pas vrai ?

Le plus jeune se pencha en avant pour cendrer proprement, puis revint à sa place – après avoir bu une gorgée parce que Bella s'était remis les cheveux en place pour la millième fois.

Après avoir tiré une latte particulièrement longue, Demyx étendit le cou pour souffler la fumée. Roxas pouvait voir, illuminée par la télévision, la pomme d'Adam du blond. Elle était marquée. Quand le guitariste redescendit la tête, ce ne fut que pour la tourner vers Roxas.

« Tu reveux ? »

Ils étaient beaucoup trop près. Et Roxas sentait le regard de Demyx sur ses lèvres. Il aurait du se reculer, et peut-être qu'il voulut le faire, peut-être qu'il s'était juste trompé dans son mouvement, la faute à l'alcool et à l'herbe, parce qu'il était clairement en train de se rapprocher de l'instrumentiste.

Demyx sentit son cerveau basculer dans l'au-delà. Les lèvres de Roxas. Leur goût de gin et de tabac. Leur douceur, incroyable. Il avança le visage, pour profiter plus, posa son joint à l'aveuglette sur la table et posa la main sur la joue du blond. Roxas se recula. Se dépêcha de cendrer. Tira une taffe de sa cigarette.

« Euh … non. »

Ça faisait un peu mal à entendre, mais Demyx était trop soûl pour s'arrêter à ça.

« C'est pas si grave, Rox'. »

Personne n'avait appelé Roxas « Rox' » depuis des millénaires. Il releva le visage, prit une dernière bouffée de clope avant de l'écraser dans le cendrier. Demyx le regardait comme s'il était une œuvre d'art. C'était perturbant. Il le vit s'approcher sans vraiment comprendre, avant d'être en train de l'embrasser à nouveau. Et il en avait tellement besoin. L'alcool envoya chier les derniers restes de sa raison et il se redressa sur ses genoux pour prendre de la hauteur sur Demyx, surplomber le baiser. Ça n'avait rien de chaste, et cet échange résumait bien tout ce qu'ils ne s'étaient pas encore dit. Les mains de Demyx sur ses fesses faisaient miroiter un rêve devant ses paupières. Tout à coup, le sol avait disparu et Roxas comprit que Demyx le portait, trébuchant mille fois avant d'enfin le laisser tomber sur son lit.

Dans le salon, le joint à moitié entamé et le film continuèrent sans eux, les paquets de chips et les cacahuètes se fichant éperdument de leurs cris presque désespérés, de leurs gestes-promesses qu'il auraient voulu graver dans l'éternité, hésitants et embrumés.

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Marguerite c'est mes coups d'jus, c'est mes coups d'foudre, c'est mes coup d'blues,

C'est pas vraiment un bon coup mais c'est dans l'mile à tous les coups,

C'est la luciole au fond des nuits, c'est comme rouler sans le permis.

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Et voilà ! Le prochain chapitre viendra … quand il viendra. Mais ça va, là, je vous ai pas trop fait attendre, hm ? Ça sera un cover par Hannah Trigwell … une idée ?

Review ?