Bonjour / Bonsoir / Bonne nuit tout le monde !
Merci beaucoup pour les retours que vous m'avez donné, ça me fait super plaisir et ça donne la super pêche ! J'espère que vous apprécierez autant la suite.
Bonne lecture :)
Disclaimer : Hetalia appartient... ben... au big boss Himaruya. Seulement. Snif.
Au meeting suivant, soit environ dix jours plus tard. Alors que Ludwig était déjà prêt à discourir pendant trois heures – sans que personne ne l'écoute vraiment – sur des sujets allant de la requalification de l'appellation du lait de soja à la crise financière du marché du tissu européen, les trois nations complices arrivèrent légèrement en avance, se plaçant stratégiquement mais avec nonchalance aux meilleurs postes d'observations de la salle. Le sortilège allait tourner à plein régime.
Moins d'une demi-heure plus tard Bella et Elizabeta jubilaient, et Alistair aurait sans doute été bouche bée si son self-contrôle et sa volonté de maintenir sa réputation de mec blasé ne l'avaient pas retenu. Les coeurs roses et rouges brillaient tellement de tous les côtés qu'on aurait pu se croire dans une galerie commerciale le jour de la saint-valentin. Qu'Arthur ait un penchant pour Francis, il s'en doutait, mais au point d'avoir un énorme coeur rouge rubis sur la poitrine quand il s'adressait à lui... Quoi qu'en regardant attentivement, il décelait des pointes noires à quelques endroits, révélatrices de haine, jalousie ou peur.
Pour la première fois depuis un bon moment, il ressentait quelque chose pour son benjamin qui ressemblait presque un peu à de la peine. Ou alors c'était de la consternation devant son incapacité crasse à gérer ses affaires sentimentales. Plus probablement la deuxième option. Surtout en voyant un coeur/joyau quasiment identique chez son homologue français. Quels idiots... Avoir un tel degré d'attirance et ne pas le montrer, c'était d'un stupide. Encore que Francis essayait un peu, mais jouer sur l'aspect sexy-aguicheur n'était pas vraiment le meilleur moyen d'attirer Arty sur le plan amoureux. Enfin c'était toujours mieux que déclarer une guerre pour que l'autre le remarque, en mode tentative de séduction foireuse, comme son imbécile de frangin l'avait fait avec la guerre de Cent Ans.
Il arrêta de les regarder pour inscrire rapidement leurs caractéristiques (attirance, vers qui et type de coeur) sur un bloc-note, en gaélique écossais. Le papier était encore ce qui se piratait le moins bien (coucou Alfred), et de toute façon personne ou presque hors d'Ecosse ne parlait cette langue. Il choisit ensuite – puisqu'il était question de lui – de se focaliser sur son neveu, en train d'expliquer que ses super héros robots allaient suffire pour sauver la planète. Le problème, c'est qu'il ne s'adressait à personne en particulier. Il fallait que quelqu'un lui réponde ou focalise son attention, ne serait-ce que quelques secondes. Le rouquin remarqua le léger froncements de sourcils d'une de ses complices, visiblement agacée aussi par ce manque de bonne volonté.
- Kolkolkol... les supers héros ça ne fonctionne pas en dehors d'un film, tu es au courant ?
- Bien sûr que si, ruskof ! Justement parce que je suis un héros avec un pays de héros !
La dispute aurait pu continuer un moment si Ludwig n'avait pas ramené à l'ordre les protagonistes, avec son autorité habituelle, et en profita avec un gros soupir de lassitude pour décréter une pause. S'il avait été un peu plus attentif, il aurait noté l'air passablement surpris de deux ou trois nations. Alistair tissa un petit sort rapide pour effacer sa présence et rejoindre les deux filles, un poil surexcitées après ce qu'elles avaient vu.
- Un coeur rose ! Rose ! On s'est plantées sur toute la ligne !
- J'avoue que là... Mais c'était tellement plus évident de les caser autrement.
- Le pire c'est qu'on aurait dû s'en douter en plus, ils sont en affrontement quasi non-stop depuis 45, ça cachait forcément quelque chose...
- Bon, fit Alistair, on dirait que vous l'avez vu aussi ?
- Comment aurait-on pu louper ça... répondit Bella d'un air tristounet.
- On était persuadées qu'Ivan était intéressé par Yao, expliqua Elizabeta pour répondre au regard interrogateur, et voilà que maintenant on se rend compte qu'il craque pour Alfred. Je suis déçue. En plus cet idiot n'avait qu'un petit coeur rose pâle, ça va être impossible de le faire assez évoluer pour les mettre ensemble !
- Perso je suis pas emballé par l'idée d'une méga puissance Russie-Amérique...
- C'est pas la question ! répliqua Belgique. Vous avez noté qui d'autre au fait ? Histoire qu'on fasse les échanges avant d'y retourner pour ne pas trop doubler les infos inutiles.
- Moi j'ai inscrit Francis-Arthur, double coeur rouge à pointes noires. Alfred et Ivan, mais ça on sait. Ludwig et Féliciano, coeurs respectivement rose et rouge. Et un coeur vert de Matthew pour Ivan (et rouge vers quelqu'un d'autre, mais ça, pensa-t-il, je le garde pour moi).
- Qui ça?
- Matthew. Canada. Mon neveu. Bordel, le gamin qui ressemble à Alfred mais plus calme et avec un ours en peluche géant dans les bras !
- Mouais... Là comme ça je vois pas. Et puis un coeur vert c'est pas hyper intéressant, répondit Hongrie en faisant la moue. Moi j'ai repéré Sadiq et Héraklès, coeurs roses. Antonio et Lovino, coeurs rouges mais Lovi avec pointes noires. Et cet imbécile de Gilbert avec un coeur rose mais je n'ai pas pu voir pour qui.
- Et moi, compléta Bella, j'ai vu un coeur rouge de Roderich pour toi, réciproque d'ailleurs, un coeur rose de Vash pour Lily, et coeurs roses entre Lukas et Matthias.
Ils se regardèrent, l'air communément assez satisfait. La suite promettait d'être palpitante, puisqu'à part quelques rares personnes, ils avaient identifié toutes les inclinations amoureuses. Il n'y avait plus qu'à les faire "subtilement" (dixit Hongrie) s'en rendre compte et tomber dans les bras de leurs âmes soeurs. Alistair avait haussé un sourcil moqueur en imaginant la façon dont s'y prendraient les deux paparazzis/conseillères matrimoniales. Il ne croyait pas une seule seconde à l'hypothèse d'interventions subtiles, mais se réservait le droit de les enregistrer afin d'étoffer sa collection – déjà impressionnante – de moments gênants. Il prit rapidement quelques notes sur ce qui avait été dit, referma son carnet et se dirigea vers la porte.
- Bon, c'est pas que je vous aime pas, mais j'y retourne. J'ai pas envie qu'on se demande ce que je fabrique pendant vingt minutes hors de la salle et à un autre endroit que le coin fumeurs ou la machine à café.
- Comme tu veux, nous on va rester encore un peu, répondit Hongrie. On a quelques petites choses à mettre en place...
Le sourire d'ange était totalement démenti par les yeux déterminés et brillants devant les possibilités d'enquêtes et d'actions. Pour un peu on aurait pu voir surgir une queue fourchue et des petites cornes rouges sur les deux nations.
-oOo—
Environ deux mois plus tard, il fut soudainement décidé par le gouvernement mondial, dans une volonté de coopération pacifique, que les allégories de leurs nations devraient passer deux semaines complètes par an à se côtoyer. En petite partie pour quelques réunions, en grande partie dans une volonté d'apaiser les tensions grandissantes. Lorsqu'une nation se sentait mieux, il arrivait que cela ait un retentissement sur l'humeur générale de son pays. Tous ne ratifièrent pas l'accord mais une grande majorité le firent, notamment parmi les européens, désireux plus que tous les autres d'éviter un nouveau conflit. Le Vieux Continent avait déjà été le théâtre de trop de guerres, de trop d'atrocités.
Les représentants qui participeraient furent donc prévenus par leurs dirigeants respectifs, certains prenant bien la nouvelle, d'autres... un peu plus réticents à l'idée de passer deux semaines avec leurs collègues. Et l'argument "Prenez ceci comme des vacances !" n'eut pas un très grand succès auprès d'Arthur, Ludwig et Lovino. Cependant, ils n'avaient pas tellement le choix et se retrouvèrent embarqués par leur frangins respectifs, bon gré mal gré, vers un bâtiment de la côte ouest des Etats-Unis à l'écart des principaux lieux touristiques. Une exigence politique. Tant de représentants au même endroit pouvait attirer les convoitises de nombreuses organisations criminelles, et il était hors de question de prendre le risque d'un enlèvement. Aussi le lieu fut-il tenu à peu près secret. A peu près, parce qu'il était improbable qu'un secret partagé par (entre autre) Alfred, Féliciano et Gilbert le reste bien longtemps.
Dans une optique de dignité et de respectabilité, les arrivées et l'attribution des chambres dans l'immense manoir se firent donc dans le plus grand des calme et la plus parfaite amabilité. Façon de dire qu'il y eut autant d'embrassades que d'insultes, et que tous se ruèrent dans les chambres en hurlant plus fort que les autres pour avoir les meilleures. La répartition prit à elle seule plus de trois heures, et encore ce n'était pas si long au vu du nombre de désaccords qui avaient eu lieu. C'était à Féli qu'on devait la solution, puisqu'il avait innocemment proposé qu'on tire au sort et sans magie qui aurait quelle chambre. Il y eut cependant quelques grincements de dents en constatant que les jumeaux italiens avaient hérité des deux plus belles suites au dernier étage. Arthur avait failli les accuser de tricherie éhontée, mais ça revenait à retourner au point de départ. Même s'il avait très clairement vu les deux se taper la main dans le geste signifiant universellement "bien joué !".
Après la répartition au hasard, il y eut encore quelques échanges, certains souhaitant se retrouver à côté de leurs amis (le Bad Touch Trio pour ne citer qu'eux). Puis Ludwig édita quelques règles de vie à suivre pour les deux semaines, notamment sur les tours en cuisine, en vaisselle et en ménage. Après que tout le monde ait fait plus ou moins semblant de l'écouter et qu'il ait annoncé l'établissement d'une liste qui serait affichée, chacun s'en alla défaire ses bagages, avec parfois quelques commentaires des amis/voisins de chambre.
- Pourquoi tu as pris autant de cartes mémoires pour ton appareil photo, Alistair ?
- Oh, une intuition...
-oOo—
- Bien joué, fratello ! Ces idiots ne se sont doutés de rien !
- Oh, c'était facile, pouffa Féli. Ils ne pensent jamais qu'on peut très bien s'entendre parfois...
-oOo-
- Alors les photos, c'est ok, l'imprimante c'est ok, le matos c'est ok... On est parées !
- Deux semaines juste entre nations... On pouvait pas rêver mieux ! De gré ou de force, ces imbéciles finiront par se déclarer !
-oOo—
Le dîner d'arrivée se passa dans une relative bonne humeur, après tout, trois réunions sur deux semaines dans un lieu quasi paradisiaque, ça poussait même les plus ronchons à faire un effort. Même si Arthur avait montré bruyamment son mécontentement en voyant qu'il avait l'interdiction formelle d'approcher de la cuisine pour faire autre chose que du thé. La soirée était belle, le paysage magnifique, la maison splendide, les températures agréables et la nourriture délicieuse. Ce fut donc en toute logique que la plupart des nations, fatiguées par un rythme de vie contraignant et plusieurs heures d'avion avec décalage horaire, allèrent se coucher rapidement.
Vers trois heures du matin cependant, deux conspiratrices se levèrent et descendirent en souriant les escaliers, à pas de loup pour ne réveiller personne. Elles avaient un petit travail silencieux à effectuer dans le hall d'entrée. Une fois leur mission secrète, nocturne, confidentielle, dangereuse et risquée réalisée, elles retournèrent se coucher en pouffant comme les collégiennes qu'elles n'étaient pas.
-oOo—
Le lendemain matin...
- WHO DID THAT !?
Le cri, ou plutôt le hurlement horrifié de la nation anglaise résonna suffisamment fort pour réveiller tous ceux qui étaient encore endormis, même au troisième étage. Entre inquiétude et curiosité, ils descendirent tous en quelques minutes (majoritairement en peignoir ou pyjama), pour tomber sur un Arthur complètement buggé devant un des murs du hall. Quelques moqueries sur la figure qu'il tirait se firent entendre, avant que tombe un silence religieux. Devant eux, sur le fameux mur, se trouvaient des photos. Des photos de chacun d'eux. Des photos de chacun d'eux avec un coeur coloré sur la poitrine. Et une jolie fiche imprimée indiquant à quoi correspondait chaque couleur.
Alistair, arrivé parmi les derniers, pouffa avant de prendre l'air de rien des photos de tout le monde. Pour ne pas paraître trop suspects, les instigateurs s'étaient également placés dans les clichés affichés. L'écossais avait accepté de faire une exception à sa clause pour l'occasion. Les portraits étaient de premier choix, puisque les paparazzis avaient eu des semaines et des gadgets digne de james bond pour capturer les meilleurs images possibles en toute discrétion.
Dans l'assistance abasourdie, personne ne pipa mot pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce qu'Alfred, d'une voix plus sérieuse que d'habitude, prit la parole.
- Je vais faire analyser ces photos. Elles doivent être truquées. C'est une très mauvaise blague, évidemment.
Il y eut un léger murmure et chacun s'empressa d'appuyer sa théorie. Il récupéra les clichés, puis passa quelques coups de fil pendant que certains remontaient s'habiller et que d'autres lançaient la préparation d'un petit-déjeuner. Celui-ci fut pris dans un calme rare et des discussions un peu forcées. Chaque nation se demandait, quel que soit l'auteur de la plaisanterie, comment il avait pu faire mouche concernant l'intensité de ses sentiments, et jusqu'où il était informé. Par ailleurs, chacun avait pu voir toutes les photos, y compris celle de l'élu de son coeur. Et donc, inévitablement, la question se posait de savoir à qui étaient destinés de si tendres sentiments... Même Ivan avait perdu son fameux sourire de nounours, et Féli semblait un peu renfermé.
L'atmosphère se détendit un peu quand Alfred revint, annonçant qu'il aurait la confirmation des truquages d'ici la soirée. Il proposa ensuite une baignade dans un coin peu éloigné et tranquille pour l'après-midi, et l'idée fut approuvée à l'unanimité.
Alors alors alors ? ça vous plaît ? Oui ? Non ? Peut-être ? Comme d'habitude n'hésitez pas à laisser une pitite review pour me donner votre avis (positif ou négatif), et à la prochaine !
