Auteur : Crazyitachi-la-malade-de-Shaka
Et un special thanks pour tout ceux qui me suivent depuis mes débuts sur le fandom bleach! JE VOUS AIME! :3
CHAPITRE 2
Juste un problème
Grimmjow afficha un large sourire devant la mine d'Ichigo. Ce dernier avait les joues légèrement roses et dans les yeux une lueur qui, loin de se vouloir choquée, invitait à continuer. Le bleuté l'attrapa à la taille et le fit basculer sur le lit.
« Hé ! Grimmjow ! Pas ici !
-Ça veut dire que t'es pas contre… J'sens que j'vais m'éclater ! »
Ichigo repoussa son vis-à-vis d'un bras, n'ayant pas envie de finir dans son lit. Il était venu pour une soi-disante urgence, pas pour tirer un coup !
« T'es vraiment un crétin, Grimm !
-Pour ça qu'j'suis irrésistible !
-Débile !
-Ça en devient sauvage là… »
Ichigo se figea. Il tourna lentement la tête pour voir le regard de prédateur de son patient combiné à un léger tic : la langue qui passe sur ses lèvres. C'était quoi ça ? Un fauve qui se lèche les babines avant d'aller manger ?
« Mais ! On est dans un hôpital !
-Pas grave, c'plus drôle ! »
D'un geste, Grimmjow plaqua de nouveau le plus jeune sur le lit et s'assit sur lui avant qu'il n'ait le temps de se débattre. Il lui prit les poignets dans ses mains et les leva au-dessus de sa tête.
« T'sais à quel point t'as un corps choquant ?
-Qu… Quoi ? »
Grimmjow bougea le bassin d'une manière suggestive.
« J'sens déjà une légère bosse dans ton pantalon… »
Ichigo s'empourpra immédiatement et détourna la tête tout en tentant de s'enfuir. Il n'avait aucune envie de passer à la casserole dans ces conditions ! Il secoua la tête.
« Laisse-moi ! Je… »
Le jeune homme eut un hoquet. Ses mains étaient libérées, mais quelque chose d'étranger venait d'entrer dans son pantalon. Il voulut se reculer au fond du lit, histoire de ne pas se laisser avoir aussi facilement, mais la main de Grimmjow se referma autour de lui.
« Ah ! Non… Arrête, je… »
Ichigo serra les dents. Il essaya d'écarter les mains qui l'emprisonnaient mais Grimmjow le repoussa sur le dos. Il tenta de se redresser mais la main se resserra d'un coup, lui arrachant un gémissement surpris.
« Non, non... Grimm, je…
-Tss, t'sais pas t'taire et prendre ton pied, hein ?
-Crétin… »
Grimmjow afficha un large sourire amusé. Il se pencha un peu, gardant bien dans sa main son 'moyen de pression'.
« Oh, tu vas faire genre j'aime pas qu'on me touche ? Tu bandes déjà dur, Ichi ! »
Le jeune homme crispa les yeux et serra les dents. La main autour de lui le brûlait tellement… Il ne pouvait pas dire qu'il n'aimait parce que ça aurait été dire qu'il mentait mais… Il tenta d'écarter la main de Grimmjow.
« Arrête…
-Dis comme ça j'le prends pour un 'continue' très langoureux.
-Crétin ! »
Grimmjow se lécha les lèvres et, d'un coup, retourna Ichigo sur le ventre. Ce dernier poussa un gémissement étonné. Maintenant à quatre pattes, il se sentait encore moins en sécurité et il n'eut même pas le loisir de tenter de s'échapper. Grimmjow avait baissé son pantalon et son sous-vêtement et s'occupait à le masturber activement. Il serra les poings et enfouit sa tête dans l'oreiller pour étouffer ses gémissements qui allaient en s'augmentant.
« Ah… Grimm, arrête, je…
-Shh, et si tu t'taisais pour en profiter ?
-J'te hais… »
Ichigo écarquilla tout à coup les yeux, sentant que les gestes s'étaient durcis de manière presque brutale. Il se cambra d'un coup, offrant aux yeux du bleuté une magnifique chute de reins qui ne fit qu'attiser son désir. Il sourit, montrant ses dents.
« Oh oh, le p'tit prince qui me hait ? T'sais qu'ça fait que m'exciter un peu plus ? »
Le jeune homme sentit que l'autre main venait découvrir le reste de son corps, taquinant deux tétons durs sur le chemin. Les réactions ne se firent pas attendre. Ichigo s'écroula sur le lit, haletant et sentant qu'il allait bientôt rendre les armes. Il adorait toutes ces sensations, cette brûlure qui le consumait, ces caresses qui le faisaient vibrer…
« Ah… Grimm… Je…
-Ah, tu t'laisses enfin aller ?
-Cont… continue… »
Le bleuté s'enorgueillit et colla son bassin contre celui du plus jeune. Il accentua en même temps ses gestes.
« Tu la sens ? Tu la veux ? Dis-le moi… »
Ichigo rougit et se mordit la lèvre. Jamais il ne pourrait dire des trucs pareils ! Pourtant, il en avait tellement envie… Il opta pour une autre méthode et bougea le bassin pour provoquer son vis-à-vis.
« Grimm…
-J'veux la formule magique, Ichi… »
Ichigo secoua la tête. Il était à deux doigts de jouir tant les sensations étaient divines et on le faisait mariner ? Hors-de-question ! Il posa sa main sur celle de son amant et se cambra un peu, pour mieux la ressentir le brûler. Il gémit encore un peu et murmura, gêné :
« Prends-moi…
-Ah, ça sonne bien c'te phrase. Mais d'où un p'tit innocent comme toi la connais ?
-Crétin !
-De si doux mots d'amour… »
Grimmjow se pencha et alla souffler sur le lobe de l'oreille, savourant les frissons qu'il venait de faire naître. Il était sur le point d'occuper ses doigts quand un bip les interrompit. Ichigo grogna. On l'appelait pour une urgence. Il voulut se redresser mais Grimmjow le retint.
« T'vas pas partir dans cet état, nan ? »
Ichigo secoua la tête. Son membre était tellement tendu qu'il en avait presque mal et il ne pouvait vraiment pas partir comme ça.
« Finis-moi… »
Grimmjow s'exécuta avec un large sourire, accentuant de plus en plus ses gestes. Bientôt, il obtint le fruit de ses attentions et Ichigo jouit en poussant un cri bref étouffé dans l'oreiller. Haletant, le jeune homme n'eut pourtant pas le temps de savourer son orgasme qu'il se releva, titubant légèrement. Il se rhabilla, rapidement toujours, en récupérant son souffle. Il venait de fricoter avec Grimmjow, ils ne s'étaient même pas embrassés. Alors autant le dire, tout ce que recherchait son patient, c'était tirer un coup avec un jeune homme mignon et bien fait. A y penser, il eut un coup au cœur et son visage s'assombrit.
« Bah alors, ça t'a pas plu ? J'avoue que pas pouvoir aller jusqu'au bout c'est frustrant mais d'là à tirer cette tronche…
-J'ai du boulot, je dois y aller.
-Hm… T'as qu'à r'venir si t'es si frustré ! A n'importe quelle heure du jour ou d'la nuit ! »
Grimmjow était assis, fier et ne se rendant pas compte le moins du monde de l'état du plus jeune. Il l'attrapa à la taille et murmura quelque chose qui fit rougir Ichigo jusqu'aux oreilles… mais qui le mit également en colère. Il repoussa Grimmjow d'un geste et remit sa blouse de médecin avant de quitter la pièce.
CCC
Le lendemain matin, Grimmjow s'étonna d'entendre frapper avant d'entrer. Une petite fille se présenta dans sa chambre, accompagnée d'une autre. A en croire les médicaments qu'elles tenaient dans leurs mains, elles devaient être des sortes d'infirmière. La brune se présenta. C'était un Kurosaki, bougonna Grimmjow, mais pas celui qu'il voulait. Il voulut demander où était Ichigo, savoir si ce dernier avait réellement pris la fuite, mais il se retint. Qu'est-ce qu'on penserait de lui, hein ? A coup sûr, Ichigo était juste sur une opération importante et vu que son état allait en s'améliorant, il allait pas rester à le veiller. Bah, c'était normal mais dommage qu'il faille déjà arrêter les petits jeux. Surtout qu'il venait à peine de commencer !
Hier matin, malgré cet espèce d'accès de colère de l'autre soir, Grimmjow avait envie de faire une blague à son petit médecin et il l'avait donc bipé pour une urgence, qui n'en était pas vraiment une évidemment. Ichigo s'était approché pour ausculter le 'grand blessé' et là, Grimmjow ne savait pas trop pourquoi, mais ça avait dégénéré. Il avait balancé franco à Ichigo qu'il voulait le mettre dans son 'pieu' tout de suite et prendre du bon temps, le plus jeune s'était évidemment un peu débattu et avait fini par se laisser faire. Il en était sûr, Ichigo avait adoré ! Mais pourtant, il était parti sans rien dire et le visage sombre. Prenait-il la fuite en bonne petite vierge effarouchée et terriblement frustrée ?
« Voilà vos médicaments, Monsieur ! s'exclama joyeusement celle aux cheveux clairs.
-Vous avez besoin qu'on vous refasse vos bandages ?
-Nope. C'est ok.
-Bon… Nous y allons alors. N'hésitez pas à nous appeler au besoin.
-Ouais ouais… »
Elles n'avaient rien dit sur leur frère… Bon, en même temps, il était certes un patient unique, mais l'aîné ne devait pas passer des heures à parler de lui non plus. Grimmjow regarda l'horloge à cristaux liquides à son chevet et râla. Sans son médecin, il s'ennuyait ferme. Personne à embêter, à taquiner… Rien à mater ! Parce que, mine de rien, avec sa tête un peu effarouchée et en colère, il était à dévorer sur place le petit Ichigo ! Très alléchant… Il leva la tête, rêveur. Il aimait bien ce médecin, il était marrant et au moins, il s'ennuyait pas quand il était là…
Il prit la télécommande de la télévision et alluma. Zap. Une émission nase. Zap. Une série policière. Zap. Un feuilleton à la con. Zap. Une série X ? Ah mais zut, c'est brouillé la 4 ! Zap. Un documentaire animalier sur les panthères. Bah voyons ! Zap. Encore un truc policier. Berk ! Zap. Et comment ça la 7 c'est brouillé ? Y'a même pas la TNT ? C'quoi c't'hosto ?
Telles étaient les pensées de Grimmjow sur le moment. Quand on parlait de torpeur du néant télévisuel, il fallait avouer qu'il y avait un peu de vrai. Le bleuté grogna et finit par mettre un casque et écouter de la musique sur son mp3. Il s'allongea, les bras derrière la tête en fixant le plafond.
« P'tain, c'trop chiant d'être blessé… »
Il aurait bien aimé s'en aller tout de suite, mais il avait encore des difficultés à tenir sur ses jambes tout seul. Habituellement, il s'appuyait sur son petit médecin pour rejoindre la salle de bain ou pour se promener un peu.
« P'tain, ça aussi ça m'manque… »
Grimmjow serra les dents. Il allait devenir fou à rien faire comme ça. Une chose était sûre, quand Ichigo reviendrait, il lui dirait le fond de sa pensée !
« P'tain j'arrête pas d'penser à lui et re P'tain ! J'fais que dire P'tain et ça me gave ! »
Grimmjow se tut une seconde. Ouais… Il virait fou c'était certain. Il fallait qu'il sorte un peu. Il appuya sur le bouton d'appel, et quelques minutes plus tard, les deux sœurs entraient.
« J'voudrais un fauteuil pour m'promener un peu.
-Euh… On va vous trouver ça, mais n'allez pas trop loin !
-Où t'veux qu'j'aille ?
-Bon… Nous revenons tout de suite. »
Après un court laps d'attente, Grimmjow se retrouva assis sur une chaise roulante. Okay, ça le gavait aussi souverainement ça, mais bon, si c'était le seul moyen pour se balader sans se mettre à dire des trucs débiles tout seul devant la télé…
Il commença par visiter l'étage de la clinique. C'était plutôt grand en fait… Il croisa plusieurs patients qu'il rembarra avec son tact et sa sociabilité légendaires avant de continuer son petit bonhomme de chemin tranquillement. Le seul hic, c'est qu'au bout d'une heure il avait fini son tour… Et la clinique Kurosaki, c'est pas comme la Japan Expo, quand on a fini son tour, on a tout vu.
Il retourna donc bon gré mal gré dans sa chambre après avoir, bien entendu, tenté de s'échapper au centre commercial pour s'acheter une bière, mais, grillé, il refit un tour sans se lasser vraiment… Point positif, il musclait ses bras !
Un jour plus tard, la rengaine était toujours la même. Ichigo n'était toujours pas revenu et Grimmjow s'ennuyait toujours autant. Son grand jeu était de créer toute sorte de projectiles pour les tirer sur les oiseaux qui passaient devant sa fenêtre. Voyant cela, les deux sœurs avaient fini par lui prêter une console de jeu portable. Elles l'avaient même descendu dans leur maison pour qu'il regarde la télé. Mine de rien, même s'il avait un sale caractère et des manières spéciales, Grimmjow avait la classe et était plutôt cool du point de vue de deux fillettes.
Donc, en bref, il s'ennuyait encore, mais moins. Celui qui lui manquait, c'était surtout son petit médecin. Allons bon, avait-il choisi la tactique du je-me-cache-pour-te-faire-mariner ? Venant de la part du plus jeune, cela l'aurait étonné. Et puis, Ichimaru avait été très… persuasif dirait-on, concernant qui devait soigner qui. Alors quelle était la raison de cette disparition ?
Il lui aurait été facile de le demander aux deux gamines, mais il avait trop de fierté pour. Autant avouer qu'il en pinçait pour leur frangin et ça, hors de question ! Le grand Grimmjow Jaggerjack n'en pince pour personne ! Sauf peut-être lui-même ? Naaa ! Ichigo reviendrait et c'était certain, il lui ferait sa fête !
Le lendemain, après une excursion dans la clinique, Grimmjow regagna ses pénates. Il fut surpris d'y trouver le père Kurosaki à l'entrée et qui semblait donner des instructions à ses deux filles. Quand Grimmjow fit mine d'entrer, il dut attendre un instant.
« S'passe quoi là ? J'veux rentrer dans ma chambre.
-Attendez un instant s'il vous plaît. Karin, Yuzu, c'est bon, vous pouvez y aller ! »
Les deux petites quittèrent rapidement la pièce, occupées ailleurs. Isshin s'avança dans la chambre et fit signe à Grimmjow d'entrer. Ce dernier ne se fit pas prier.
« C'quoi c'délire ! J'veux pas d'un parasite dans ma piaule, j'me fais d'jà assez chier comme ça !
-Il va rester.
-Mais ! Vous m'piquez d'jà mon médecin et maint'nant on m'impose un boulet ! Où va l'monde ? J'veux tout d'suite me casser !
-… Nous ne pouvons pas rester auprès de lui toute la journée, vous êtes la seule personne qu'il connaisse un peu ici.
-Eh ? Mais d'qui vous parlez ? »
Intrigué et suspicieux, Grimmjow s'approcha du lit qui avait été installé et blêmit légèrement. Reprenant contenance, il lança :
« … Lui est arrivé quoi ?
-Il a pris la voiture il y a deux jours pour sortir se calmer les nerfs. Mais il s'est fait percuter par un conducteur ivre. Nous ne l'avons retrouvé que ce matin…
-Mais…
-Il est dans le coma depuis et… nous ne voulons pas le laisser seul au cas où. »
Grimmjow soupira, gardant le silence. Il n'aurait jamais pensé que les choses puissent tourner ainsi… Quelle malchance ! Mais maintenant il comprenait pourquoi personne n'était venu ce matin et pourquoi les sœurs n'avaient rien dit : elles ne savaient rien.
« J'vais m'occuper d'lui, vous inquiétez pas.
-Merci du fond du cœur. Nous repasserons régulièrement pour le voir.
-Ouais. »
Le médecin remercia encore son patient et quitta vite la pièce. Devant le lit, assis sur son fauteuil, l'homme aux cheveux bleus serra les poings. Puis, se calmant progressivement, il passa sa main sur le front de l'endormi, caressant ses courts cheveux orange.
« Tu vas pas m'faire l'coup du comateux pour que j'craque, hein… »
CCC
La journée s'écoula, terriblement lentement et silencieusement. Les deux sœurs passaient régulièrement. Yuzu pleurait beaucoup au chevet de son frère mais sa sœur la rassurait. Grimmjow observait cela d'un œil distant. Il n'avait pas signé pour des démonstrations bruyantes d'affection… Et cette gamine qui faisait que chialer en couinant des « Ichi-nii » à tout va, ça le gavait tellement ça ! Il se crispa sur les pages de son manga. Zen, se disait-il. Il devait rester zen et ne pas se jeter sur cette gamine horripilante. Nan mais qui allait lui expliquer que ça servait à rien de gueuler ? Son frère ne pouvait pas l'entendre !
« P'tain ! Mais tu vas la fermer, oui ? Tu m'casses les oreilles ! »
Gros blanc. Grimmjow fixa la petite du regard, l'intimidant. Mais c'était sans compter la deuxième qui, contrairement à l'autre, n'avait pas peur du fauve bleu… Elle lui sauta dessus et lui asséna un coup de poing bien placé dans le ventre.
« Rha ! C'est un trait d'famille le côté j'bute du Jaggerjack ou quoi ? J'vais pas la tuer ta sœur, j'veux juste qu'elle la ferme !
-Parle pas à Yuzu comme ça !
-M'en fous ! Vous m'faites tous chier les Kurosaki ! L'autre est dans l'coma, il vous entend pas ! Alors contentez-vous d'lui caresser la tête ou j'sais pas, mais en silence ! »
Regards noirs échangés. La rixe aurait pu durer longtemps si le petit beeper des sœurs ne s'était pas mis à sonner. Elles lancèrent un regard attristé à leur grand frère avant de quitter la chambre, silencieuses. Grimmjow se tut aussi. Il soupira et leva les yeux.
« Tu m'rends nerveux à pas t'réveiller… »
En fin de journée, il n'y avait toujours aucune amélioration. Le jeune homme ne montrait pas le moindre signe de réveil et dormait paisiblement, inconscient de la peine qu'il causait. En début de soirée, les deux sœurs toquèrent, armées de draps de bain, d'éponges et de savon.
« On peut entrer, M'sieur ?
-Allez-y… Vous faites quoi ?
-On va le laver… ça fait déjà quatre jours…
-J'vois. Bah faites, hein. »
Assis sur un fauteuil, écoutant de la musique en jouant à la PSP, Grimmjow observait la scène du coin de l'œil. Les deux petites y mettaient de l'ardeur, leur frère était entre de bonnes mains. Un quart d'heure après, elles se regardaient en rougissant.
« Mais je peux pas…
-Moi non plus ! Bon, tu crois que papa voudra bien ?
-Il va s'énerver… Juste pour ça ?
-Bah je sais pas… »
Grimmjow leva les yeux au ciel.
« Y'a un blem, les filles ?
-Euh… C'est-à-dire qu'on a lavé la plus grande partie mais… »
L'homme afficha un large sourire, amusé de la gêne des deux gamines.
« Bah, laissez-moi faire, j'sais à quoi ressemble un mec.
-Mais…
-J'vais pas vous l'manger vot' frangin ! »
Quoique…
« Alors ?
-Bon, d'accord, on revient dans quelques minutes. »
Grimmjow se leva et se plaça devant le lit. Il pouvait tenir debout plusieurs heures maintenant mais il restait ici car encore trop fragile. Il passa ses doigts sur les joues du jeune homme. Il ne réagit pas, il n'y avait pas cette rougeur si amusante… Il serra les dents.
« T'as intérêt à vite te réveiller, Ichigo… »
Grimmjow n'eut pas besoin de retrousser ses manches, la chose étant déjà faite, et saisit l'éponge qu'il humidifia avec du savon. Il redressa Ichigo, le coinça contre lui et alla nettoyer le reste du corps. Malgré le côté dramatique de la situation, le plus âgé s'était avoué que son petit médecin était, comme il l'avait vu, décidément bien gâté par la nature. Un sourire torve aurait pu éclairer son visage, mais il n'était pas assez sans cœur pour que cela soit.
Il rhabilla Ichigo et le regarda attentivement. Grimmjow avait l'air triste ainsi. Curieusement, c'était dans ces moments-là qu'il était le plus calme et le plus absent. Il semblait loin de la terre, perdu dans ses pensées, perdu dans sa contemplation de ce visage où les rondeurs de la jeunesse s'effaçaient sûrement. Et puis, c'était dans ces moments-là qu'il se rendait compte d'une chose…
Il avait craqué pour son petit médecin.
« T'vois c'que t'as fait d'moi, crétin ? Alors reviens vite… »
Grimmjow passa l'éponge sur le visage avec douceur. Il le tapota ensuite délicatement d'une serviette propre et couvrit le jeune homme de sa couverture. Il perdit un instant ses doigts dans les cheveux courts et se recula vite en entendant les sœurs revenir.
« C'est fini ?
-Ouaip. Vous lui dites bonne nuit, j'vais m'pieuter moi.
-Oh, très bien !
-On s'en va alors. »
L'homme regarda les filles partir avec le matériel avant de reposer ses yeux sur l'endormi. Il pourrait le regarder ainsi durant des heures sans se lasser. D'ailleurs, c'est ce qu'il fit toute la nuit. Il prit son fauteuil qu'il déplaça devant le lit et s'assit. Et, pendant des heures, pendant toute la nuit, en silence, sans un geste, il contempla le jeune homme au visage serein. Puis, le matin arrivant, Grimmjow remit la chaise à sa place et somnola quatre petites heures avant l'arrivée des deux sœurs.
Cela devint vite une habitude. Trois jours plus tard, rien n'avait changé. Les pleurs de la plus petite, le contrôle de la benjamine, les regards inquiets du père et les veilles de Grimmjow. Chaque journée était la même : silencieuse, longue et triste et chaque nuit identique. Tout ce qui changeait était l'état de santé de Grimmjow qui récupérait décidément très vite. On commençait à parler de sortie, mais, curieusement, il n'était plus très pressé de s'en aller. Il ne voulait pas laisser Ichigo seul dans cette clinique. Il savait que, même s'il s'en maudissait, il se sentirait coupable de l'abandonner.
Un soir, les trois demandèrent à Grimmjow s'ils pouvaient manger dans sa chambre. Ils se retrouvèrent donc à dîner en famille, plus un. L'homme se trouva un peu intrus sur le coup mais, finalement, est-ce qu'en s'occupant de l'aîné il n'avait pas gagné la confiance de la famille Kurosaki ? Peut-être… Mais lui, il s'en fichait pas mal de ça. La seule personne qu'il voulait ne pouvait l'entendre.
Les quatre restèrent debout jusqu'à minuit au moins, puis, voyant que les plus jeunes tombaient de sommeil, Isshin décida d'aller les coucher. Il prit congé de Grimmjow et le laissa seul, dans le silence.
L'homme n'avait plus besoin de réfléchir. Maintenant qu'il était seul, il allait prendre son fauteuil et le mettre devant le lit pour continuer de contempler Ichigo. Comme toutes les nuits. Et, comme à chaque fois, elle finirait par se lever et laisser place au matin. A un matin toujours aussi gris et sans soleil…
Quelques heures plus tard, Grimmjow se surprit à sentir ses paupières tomber. Il soupira et alluma la lumière. Il ne voulait pas dormir. Il voulait le regarder et…
« Hnn… »
Grimmjow se figea et se redressa d'un bond, penché sur le lit. Ce bruit, c'était…
« Ichigo ? »
Les doigts remuèrent légèrement. Les sourcils se froncèrent et les yeux se crispèrent. Se réveillait-il ?
« Hé, Ichigo, parle-moi… »
Le jeune homme remua la tête et leva une main, comme s'il était affolé. Grimmjow la saisit immédiatement dans la sienne et caressa la joue de sa paume pour le réconforter. Il était penché près de lui, il l'aidait à se réveiller doucement, à bouger lentement après tant de jours immobile.
« Vas-y doucement… Bouge d'abord tes doigts… Voilà, c'est ça, lentement. »
Ichigo entrouvrit les lèvres mais il avait du mal à parler. Il se força un peu.
« Gr… Grimmjow ?...
-Ouais, c'est moi… Etonné, hein ? »
Les joues d'Ichigo se teintèrent d'un très léger rose avant qu'un sourire ne vienne éclairer son visage. Il n'avait pas encore ouvert les yeux, ils étaient collés par le sommeil et il était trop faible pour arriver à les ouvrir. Grimmjow le vit bien et s'en amusa rapidement.
« Bah t'as plutôt l'air en forme !
-Tss… crétin…
-Tout de suite les mots d'amour ! Tu m'as manqué aussi, p'tit prince ! »
Ichigo soupira et posa sa tête dans la main du plus âgé. Elle était chaude et ça lui faisait du bien. Il avait comme l'impression d'avoir baigné dans une mer froide, perdu au large des côtes et s'éloignant toujours plus des secours. Et là, cette main à son réveil… cet homme…
« Combien de…
-Environ une dizaine de jours.
-Quoi ? Mais…
-Hé, calme-toi. Ç'sert à rien d'flipper, là…
-Oui, je… Mais… tu vas mieux ?
-Tranquille ouais, j'tiens d'bout, j'me promène dans la clinique, j'te lave quand t'es dans l'coma… »
Grimmjow scrutait le visage du plus jeune pour pouvoir se délecter de rougeurs. Il fut servi ! A ce niveau, toute la palette de rouge s'était mélangée sur le visage d'Ichigo.
« Qu… Quoi ? Mais !
-Bah, tes sœurs étaient trop gênées pour alors j'me suis dévoué !
-Pervers !
-Oui, et fier de l'être ! T'veux tester ? »
Grimmjow posa un genou sur le lit, près à monter, mais Ichigo le repoussa un peu.
« Laisse-moi au moins récupérer…
-Oh oh, ça veut dire qu'il est pas contre le p'tit prince ?
-Crétin !
-Je sais ouais… Bon, t'veux que'que chose ? A boire ?
-J'arrive pas à ouvrir mes paupières… Sont collées et je suis trop fatigué.
-Okay. »
Grimmjow posa ses pouces délicatement sur le visage et s'amusa à le caresser sans tout de suite faire ce qu'on lui demandait. Seulement, Ichigo ne s'en plaignit pas et savoura le contact. Dire qu'avant de tomber dans le coma, il était persuadé que l'autre n'était qu'un sauvage sans coeur… En fait, il l'aimait peut-être un peu. On ne veille pas une personne toutes les nuits pendant dix jours si on s'en fiche, non ?
« Ça y est !
-La… La lumière est éteinte ?
-Bah non ! L'est allumée regarde ! »
Le visage d'Ichigo devint livide. On voyait d'un coup une intense angoisse se refléter sur lui et cela inquiéta Grimmjow. Il avait compris.
« … C'est éteint, hein ? C'est une mauvaise blague ?
-… Je… Ichigo… C'est…
-Je… je vois plus rien… Grimm… Je vois plus rien ! »
Grimmjow ne répondit rien, choqué et incapable de trouver quoique ce soit à dire. Ichigo s'affolait à vue d'œil en répétant la même phrase sans relâche, mais… que dire ? Bah oui, si tu vois rien alors que la lumière est allumée c'est que tu vois plus rien ! C'était clair comme de l'eau de roche ! Sans ambiguïté ! Si tu vois plus rien…
C'est que tu es aveugle…
Alors je vais vous dire... Rangez-moi ces couteaux s'il vous plaît et souvenez-vous que j'ai mis la suite très vite...
