Désolé pour le retard ^^".

Je viens de commencer mon premier boulot et j'ai pas eu beaucoup de temps libre. Pour me faire pardonner un chapitre long, la suite arrivera quand elle arrivera.

Les 2 chapitres comportent plusieurs points de vue, je vous laisse deviner de qui il s'agit :)

Enjoy!


J'étais rentrée au loft dans un état second, n'arrivant même pas à me souvenir si j'étais rentrée à pieds ou en taxi. Cette histoire avec papa me rendait de plus en plus inquiète, il n'avait pas pour habitude de disparaître comme ça sans dire où il allait. D'habitude il laissait un petit mot ou m'envoyait un SMS pour ne pas que je m'inquiète et je faisais exactement la même chose quand je sortais avec des amis ou Ashley… Le simple fait de penser à mon petit ami me fit monter les larmes aux yeux, j'aurais tellement voulu qu'il soit là pour me rassurer, me murmurant des mots doux aux creux de l'oreille.

Cette nuit là, je ne dormi presque pas, faisant le pied de grue devant mon téléphone, priant tous les dieux de recevoir un appel de mon père. Mais rien. Je n'avais dormis que quelques heures, rien de bien réparateur. Quand je descendis à la cuisine, je trouvais Grand-mère au comptoir, un verre de vin devant elle. Elle paraissait ailleurs et j'espérais qu'elle n'avait pas passée la nuit à noyer son chagrin dans l'alcool.

- Grand-mère ?

- Oh ma pauvre chérie ! Lança-t-elle avant de me prendre dans ses bras. Je suis sûre que ton père va bien.

- J'en conclus que tu n'as pas plus de nouvelles que moi…

- Non chérie. Je suis désolée.

Je remontais dans ma chambre après avoir prit un semblant de petit déjeuner et me jetais sur mon téléphone pour joindre mon père. Je raccrochais dès que je tombais sur sa messagerie et réitérais l'opération. Si je devais bousiller mon forfait pour m'assurais qu'il aille bien et bien soit.

XxXxXxXxXxXxXxX

J'avais donné rendez-vous aux garçons à la morgue, je ne voulais pas que Gates puisse entendre notre discussion, elle serait capable de dire que ce n'était pas à nous de nous occuper de cette affaire prétextant le fait que Castle ne soit pas flic. Mais même si elle apprenait sa disparition, elle ne m'empêchera pas de le retrouver, même si pour cela je devais perdre mon poste. Et j'étais au moins sure d'une chose : contrairement à Gates, j'aurais le soutien de toute la 12th parce que pour tout le monde Castle était l'un des nôtres.

- C'est quoi cette histoire avec Castle ? Demanda Ryan

Je le regardais un instant et lu dans ses yeux qu'il était vraiment inquiet pour l'écrivain. Quand je regardais Esposito et Lanie, la même inquiétude se lisait sur leurs visages. Je soufflais pour me donner du courage mais surtout pour ne pas fondre en larmes devant eux.

- Alexis est arrivée en pleurs chez moi hier soir en disant que son père avait disparu. Elle a contacté l'éditrice et l'agent de Castle mais elles ne savent rien. Elle s'est également rendue à l'aéroport mais là encore, elle est revenue les mains vides.

- Elle ferait une bonne enquêtrice. Lança Esposito

Sa remarque nous fit tous sourire et nous permit de nous détendre un tant soit peu. Nous étions tous des policiers qualifiés et nous devions agir en professionnels même si cette enquête nous touchait plus que les précédentes. La sonnerie de mon téléphone me fit sursauter et trois paires d'yeux me scrutèrent.

- Beckett… Très bien, on arrive.

- C'était Castle ? Demanda Lanie

- Non, Alexis. Je lui avais demandé de passer au poste si son père n'était pas rentré dans la matinée. Elle m'attend en haut.

Quand nous regagnâmes nos bureau, Alexis se jeta littéralement sur moi en me répétant ''Il ne répond pas, ce n'est pas normal''. Elle était à bout, ça se voyait à ses yeux rougis et bouffis ainsi qu'a son teint pâle. J'étais toute aussi inquiète qu'elle mais j'arrivais à mieux le cacher, je n'avais pas trop le choix, je devais rester maitre de mes émotions pour résoudre cette enquête qui promettait d'être dure. Je la pris dans mes bras dans une étreinte rassurante et elle fondit en larmes contre mon cou. Ses pleurs attirèrent bientôt tout le service, du coin de l'œil je vis Karpowski mimer avec ses lèvres un ''Qu'est-ce qui se passe ?''auquel je répondis un ''Rien''.

- Depuis quand les pleurs d'une jeune fille attirent tout un service ?

Aïe ! Gates… Je l'avais presque oubliée. Sa présente allait compliquer l'enquête, je ne pouvais pas lui mentir, pas devant Alexis et Martha. Je devais la jouer fine si je voulais commencer une enquête.

- Capitaine, voici Alexis Castle et Martha Rodgers. La mère et la fille de Richard Castle.

Je vis le Capitaine tiquer au nom de Castle mais ça n'empêcha pas Martha de se diriger vers elle pour la saluer, Alexis ne lui fit qu'un tout petit signe de tête, ne voulant pas quitter mes bras. Je resserrais un peu plus mon étreinte et lui caressais doucement le dos. Je me souvenais à quel point j'avais souffert à la mort de ma mère et je ne voulais pas qu'il arrive la même chose à Alexis. Personne n'avait bougé et tout le service nous regardait, ce qui me donna le courage de continuer.

- Alexis pense que son père a été kidnappé et je la crois. Je lui ai demandé de passer pour prendre sa déposition et commencer une enquête.

- Vous ne commencerait aucune enquête. Ce n'est pas à nous de nous occuper de ça, c'est au service des personnes disparut.

- Mais Madame…

- Stop. Je ne veux rien entendre. Ce n'est pas votre job et si j'apprends que vous enquêtez malgré mes ordres, je vous vire. Est-ce clair ?

Alors là c'était le pompon. J'entendis des collègues murmurer des choses pas très agréables, tandis que d'autres s'indignaient. Alexis et Martha étaient choquées par l'attitude de Gates et je savais qu'elles pensaient que si ça avait été Montgomery, il n'aurait pas hésité et nous aurait dit que cette enquête était prioritaire. Je me détachais d'Alexis qui se fit encadrer par sa grand-mère et les garçons pendant que je m'avançais vers la femme sans cœur.

- Avec tout le respect que je vous dois Madame, je pense que vous vous trompez. Je sais que Castle peu être immature et énervant mais il nous a déjà aidés dans pas mal d'enquêtes. Il est mon partenaire même s'il n'est pas flic et je suis sûre que c'est ça qui vous dérange. Mais il faut vous faire à l'idée qu'il fait parti de notre famille depuis plus de 4 ans et rien ne changera cela. Sachez que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour le retrouver, quitte à ce que je perde ma plaque.

A la fin de mon monologue, tous les collègues applaudirent et je savais que j'avais gagnée. Gates ne pouvait pas se permettre de virer toute une division et si j'étais la seule à perdre ma place, je n'hésiterais pas une seule seconde et j'irais voir le maire.

- Très bien, faite ce que vous voulez. Mais vous êtes toute seule, je ne vous couvrirais pas si jamais il y a une bavure.

Je lui fis un bref signe de tête avant de rejoindre les garçons, pendant qu'Esposito s'occupait de l'emploi du temps de Castle, Ryan contactait tous les hôpitaux pour savoir si un homme correspondant au signalement de Castle n'avait pas été admit. Pendant ce temps j'interrogeais les proches, comme dans chaque enquête.

Deux heures plus tard je me retrouvais devant le tableau blanc, essayant de refaire la chronologie des événements mais la photo de Castle dans la colonne ''Victime'' ne m'aidait pas vraiment à me concentrer. Je fermais les yeux et me passais les mains sur le visage dans l'espoir de me détendre. C'est Esposito qui me ramena à la réalité.

- Il devait faire la dédicace de son dernier roman à Los Angeles en début de semaine et terminer par Miami avant de rentrer à New York. Son éditrice dit ne pas avoir eu de ses nouvelles depuis qu'ils se sont séparés à l'aéroport. Depuis plus aucunes traces.

- J'ai contacté tous les hôpitaux, ils n'ont admis personne correspondant à Castle.

- Nous savons qu'il a quitté Gina à 14h45 hier, l'embarquement étant à 15h, il aurait dû être à New York vers 18h… En clair, on n'a rien.

Dire que j'étais frustrée de n'avoir aucunes pistes était un euphémisme, j'étais littéralement folle de rage. Je m'emparais de mon téléphone et composais le numéro de Castle pour la millième fois de la journée et grognais quand je tombais une fois de plus sur la messagerie.

- Vous devriez rentrer vous reposer. Pendant ce temps on va vérifier ses comptes.

Je lui fis un petit signe de tête. Il avait raison, j'étais complètement crevé, mais je ne voulais pas rentrer chez moi, j'avais l'impression de tous les laissez tomber.

- Quand vous l'appelez, vous tombez directement sur la messagerie ? Demanda Ryan

- Non, pourquoi ?

- Eh bien, je me disais qu'on pourrait tenter de pister son téléphone. Ça pourrait nous donner un début de piste.

- Bonne idée. Ryan tu t'occupes du téléphone et Esposito des comptes. Je vais au loft, je ne veux pas les laisser seules. Vous m'appelez si vous avez du nouveau.

Je récupérais mon arme et ma veste et filais au domicile des Castle. En chemin je m'arrêtais dans un restaurant chinois et ramenais de quoi manger. Une fois devant la porte de l'appartement, je levais la main mais stoppais mon geste à quelques centimètres de la porte. Et si elles n'étaient pas rentrées ? Ou pire… Si je n'étais pas la bienvenue ? Je secouais la tête de droite à gauche pour chasser mes idées noires et frappais trois coups contre la porte.

- Lieutenant Beckett ?

- Appelle-moi Kate.

- D'accord…Kate. Qu'est-ce que vous faite là ? Vous avez du nouveau ?

- Malheureusement non. Je ne voulais pas vous laissez seules dans un moment pareil. J'ai pris à manger, chinois, ça vous va ?

- C'est parfait. Allez poser tout ça dans la cuisine, je vais chercher Grand-mère.

Alexis monta les escaliers pendant que je posais les sacs sur le plan de travail. Je sortis ensuite toutes les boites et les disposais les unes à coté des autres puis je sortis des couverts. J'entendis des pas à l'étage puis dans l'escalier qui m'indiquèrent que les deux femmes descendaient. Une fois en bas, Alexis me fit un petit sourire tandis que Martha vint me serrer la main. Je remarquais qu'elle avait les traits tirés, signe qu'elle n'avait pas beaucoup dormi ces derniers temps.

Quand le repas fut terminé, je débarrassais rapidement les boites vides avant de m'installer sur le canapé. Martha m'avait proposée la chambre d'ami mais j'avais refusé. Je préférais rester en bas, juste au cas où. Alexis était montée se laver les dents et Martha était retournée dans sa chambre.

La porte du bureau de Castle était ouverte et je luttais contre ma curiosité pour ne pas me lever et y faire un tour. Après 10mn de lutte acharnée, la curiosité l'emporta et je parcouru la distance qui me séparais de la pièce.

Castle m'avais déjà fait visiter son bureau au début de notre partenariat mais je fus quand même étonnée de la quantité de livres présents sur les étagères, mais ce devait être normal sachant que le bureau était celui d'un écrivain. Je parcourais le titre des ouvrages du regard, laissant parfois le bout de mes doigts frôler les couvertures. Mon attention s'attarda plus que nécessaire sur le tapis beige sur lequel j'imaginais des choses pas très catholique avec mon écrivain préféré. Je fus sortie de mes pensées plus que perverses par une présence derrière mon dos.

- Désolé, je sais que tu crois que je fouille mais ce n'est pas le cas.

- Vous n'avez pas a vous justifiez. Vous faites votre boulot.

- Je devrais le faire un jour ou l'autre. Mais pas ce soir. Et je te promets qu'à part moi, personne ne rentrera dans cette maison.

- Merci.

Alexis me fit un petit sourire triste et je ne pus m'empêcher de la prendre dans mes bras. Je ne voulais pas qu'elle vive la même chose que moi, cette impression de vide immense qui ne se comble jamais vraiment. Je décidais d'aller me coucher, cette enquête promettait d'être dure psychologiquement.

Le lendemain, je me réveillais assez tôt pour préparer le petit déjeuner. Martha ne prit qu'un café et je forçais Alexis à avaler quelque chose avant de partir en cours. Il ne manquerait plus qu'elle nous fasse un malaise ! Quand elles furent parties, je me rendis dans le bureau de mon coéquipier afin de faire quelques recherches. Nous avions vraiment besoin d'une piste sérieuse et j'espérais en trouver une dans ses affaires. Je fis une fouille rapide de son bureau mais ne trouvais rien qui nécessite une fouille plus approfondie. Je tombais sur la télécommande de son tableau interactif et appuyais sur ON. L'écran s'alluma et je découvris une photo de moi en plein milieu. Je me demandais où et quand il l'avait prise, elle devait dater d'un an ou deux. J'appuyais sur la photo et cru que mes jambes allaient se dérober sous mon poids devant ce que j'avais trouvé : tout le dossier sur le meurtre de ma mère.

Il y avait un dossier sur chaque personnes impliqués dans cette affaire et sur plusieurs d'entre eux était marqué MORT.C'était le cas pour Hal Lockwood, John Raglan, Dick Coonan, Gary McCallister et bien sûr Roy Montgomery.

- Bon Dieu Rick, dans quoi t'es-tu encore fourré ? Murmurais-je.

La sonnerie de mon portable me fit sursauter, je n'en revenais toujours pas : Castle avait continué l'enquête sur ma mère sans même m'en parler et maintenant il avait disparu… Je commençais petit à petit à rassembler les pièces du puzzle et comprenais le motif de son kidnapping. Ryan m'apprit qu'ils avaient peut-être trouvé quelque chose et qu'ils m'attendaient au commissariat.

- Qu'avez-vous trouvé ?

- J'ai demandé à la scientifique de pister le téléphone de Castle et ils l'ont repéré dans le Queens.

- Donc Castle et ses kidnappeurs sont revenus à New York… Mais comment ?

- Par avion. On sait qu'ils n'ont pas pris de billets sur une compagnie, j'ai vérifié les comptes de Castle et il n'y a rien d'anormal. Mais on sait aussi qu'il est revenu a New York grâce à son téléphone donc j'ai fait une recherche dans les aérodromes privé et un jet a atterrit il y a quelque jours avec a son bord 4 hommes et l'un d'eux correspond à notre cher écrivain.

- On connait le où et le quand mais on ne connait toujours pas le pourquoi.

Rectification, vous ne savez pas encore le pourquoi mais moi si pensais-je. Je devais le leur dire, on était une équipe et dans une équipe on doit pouvoir se faire confiance. Je jetais un rapide coup d'œil dans la direction du bureau de la Capitaine pour vérifier qu'elle ne nous observait pas. Quand je fus sûre et certaine qu'on serait tranquille je fis signe aux garçons de se rapprocher et leur délivrais en chuchotant les découvertes que j'avais faite.

- J'ai fouillée son bureau ce matin et j'ai découvert qu'il enquêtait toujours sur le meurtre de ma mère. Il a même reçu des menaces par mails. Ce qui veut dire que ceux qui l'on enlevés travaillent pour ceux qui ont tué ma mère. On doit être très vigilant sur cette affaire, personne ne doit savoir a propos de Montgomery.

- D'accord.Répondit Ryan.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

- On s'occupe de l'aérodrome. Il faut découvrir à qui appartient le jet. Peut-être que ça nous mènera tout droit a Castle.

Esposito et Ryan retournèrent à leur bureau pour commencer les recherches tandis que je me dirigeais vers le tableau blanc dans le but de combler les vides en omettant le meurtre de ma mère.

A la fin de la journée nous n'étions pas plus avancés. Le jet appartenait à un riche homme d'affaire qui le louait de temps à autre. Je devais rentrer chez moi pour me changer mais je ne voulais pas qu'un officier en uniforme se charge de la protection de Matha et Alexis déjà parce que niveau discrétion ce n'était pas ça mais en plus parce que je me doutais qu'elles n'apprécieraient pas.

Je rentrais donc chez moi en vitesse, me saisis d'un sac de voyage et le rempli de vêtements de rechange pour la semaine avant de filer au loft. Quand j'arrivais à l'immeuble, je saluais le gardien avant de monter les marches 4 à 4. Je me stoppais devant la porte et essayais de reprendre mon souffle. Une fois cela fait, je frappais 3 coups, comme a mon habitude, et j'attendis qu'on vienne m'ouvrir.

- Kate ! Quel plaisir de vous voir. Comment allez-vous ?

- Bien, merci et vous ?

- On fait aller. En revanche je m'inquiète pour Alexis. Elle est trop jeune pour subir autant de stress.

- Nous avons avancés dans notre enquête. J'aimerais en discuter avec vous et Alexis après manger si c'est possible.

- Bien sûr ! Venez vous assoir.

Le repas se passa assez bien, personne n'évoquait l'affaire et racontait sa journée. Alexis avait préparé un poulet rôti avec des pommes de terre. Ça faisait longtemps que je n'avais pas aussi bien manger. Le dessert fut tout aussi succulent : de la tarte aux fraises avec du fromage blanc.

Quand tout fut ranger et débarrassé, je demandais aux filles de s'installer sur le canapé pour leur raconter tout ce que je savais.

- Nous avons découvert que Castle était revenu à New York en pistant son téléphone qui se trouvait quelque part dans le Queens. D'après nos informations il serait revenu a bord d'un jet privé avec 3 hommes, surement ses kidnappeurs.

- Vous savez pourquoi on l'a enlevé ? Je veux dire, mon père est romancier, je ne vois pas trop pourquoi on s'en prendrait à lui.

- Peut-être qu'on se sert de lui pour atteindre quelqu'un d'autre.

- Comment ça ? Vous voulez dire que mon fils est une victime collatérale ?

- En fouillant son bureau, j'ai découvert qu'il continuait à enquêter sur le meurtre de ma mère. Donc, je pense qu'on l'a enlevé pour m'atteindre. C'est moi la cible.

J'avais baissé les yeux à la fin de ma phrase, ne supportant plus de croiser leurs regards. J'étais la cause de leur malheur, c'était à cause de moi si Castle avait été kidnappé. Si je n'avais pas rouvert le dossier, Raglan et Montgomery ne serait pas mort et Castle ne serait prêt de l'être.

En cet instant je me dégoutais. Mais je devais quand même faire mon job.

- Ne vous sentez pas coupable. Mon fils savait très bien dans quoi il s'engageait quand vous êtes devenu coéquipier.

- Je n'en suis pas si sûre… Si vous le permettez, j'aimerai m'installer quelques temps ici, le temps de boucler cette affaire. Je n'aime pas vous savoir seules. De plus, des policiers en civils resteront dans le hall avec le gardien, tout le temps de l'enquête.

- Je n'y vois aucuns inconvénients et toi Alexis ? Je vais aller préparer la chambre d'amis. Vous êtes ici chez vous.

- Bienvenue chez nous. Lança Alexis avec un sourire.

Je posais mon sac dans la chambre d'amis avant de redescendre rapidement dans le bureau. J'allumais l'écran, ouvrais la boite mail de Castle et envoyais tous les mails de menaces à la scientifique en espérant qu'elle pourrait les retracer. Ensuite j'allais prendre une bonne douche chaude avant d'aller me coucher, cette journée m'avait complètement vidée et je me sentis soudainement coupable de dormir alors que je savais qu'Esposito et Ryan s'activaient au bureau.

XxXxXxXxXxXxXxX

Cela faisait maintenant une semaine que Castle avait disparu. Je savais que Kate et les garçons s'activaient pour le retrouver mais ils savaient plus que n'importe qui que plus le temps passait et plus les chances de le retrouver vivant étaient minces. Hier soir, j'étais devant l'appartement de Kate, je voulais avoir une petite discussion entre filles, parce que je savais que cette enquête l'affectait bien plus qu'elle ne le montrait. J'avais sonnée et attendu qu'elle vienne m'ouvrir la porte mais rien, j'avais alors saisi mon téléphone et composé son numéro. Elle répondit 3 tonalités plus tard et m'apprit qu'elle habitait chez Castle depuis le début de l'enquête.

Je changeais donc d'itinéraire pour me rendre chez l'écrivain, pour voir ma meilleure amie. Le gardien m'accompagna jusqu'à l'appartement où Kate m'attendait avec un verre de vin. Nous discutâmes pendant des heures, parlant de tout et de rien. Quand j'abordais le sujet Castle, elle se renferma mais je compris qu'elle tenait vraiment à lui, même si pour l'instant elle se voilait encore la face.

En ce moment je me trouvais avec le reste de l'équipe à leur bureau vu que j'avais fini mon boulot à la morgue. Je voulais passer un peu de temps avec Javier et surveiller par la même occasion Kate. Le Bip de l'ascenseur attira mon attention et je ne fus qu'a moitié surprise de voir débarquer la mère et la fille de Castle. C'était devenu une sorte d'habitude : les deux femmes passaient environ tous les deux jours au commissariat, bien que Kate habite avec elles.

- Bonjour tout le monde.

- Hey Alexis ! Les cours sont déjà terminés ? Demanda Kate.

- Oui. Certains de mes professeurs ont décidés de tomber malades tous en même temps.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Oh ça ? Je ne sais pas. On me l'a donné à l'accueil pour vous.

Alexis donna l'enveloppe à Kate qui la déchira et en sorti un CD. Il n'y avait absolument rien sur ce CD, aucune étiquette où quoi que ce soit qui puisse nous indiquer ce qu'il contenait. Quand elle le mit dans le lecteur, j'eus un mauvais pressentiment qui se précisa quand le vidéo commença. La première image qui apparut fut le New York Times datant de trois jours. Ensuite un homme avec une cagoule se mis juste devant l'objectif.

- Chère Lieutenant Katherine Beckett, je crois que vous avez perdu quelque chose, n'est-ce pas ? Dit-il tout en ce déplaçant pour qu'on puisse voir derrière lui.

- PAPA ! Hurla Alexis, des larmes perlant au bord de ses yeux.

- Oh mon Dieu, Richard !

Je jetais un coup d'œil à Kate, elle était complètement paralysée : ses yeux ne clignaient plus, sa bouche était légèrement ouverte et je devinais les larmes qu'elle parvenait à dissimuler. Je me demandais même si elle continuait à respirer. Je reportais mon attention sur la vidéo : Castle était suspendu à quelques centimètres du sol par les poignets, deux hommes cagoulés de chaque coté, ses cheveux étaient sales et emmêlés, sa chemise blanche était ouverte et presque totalement rouge à cause du sang, il avait un bandage à la cuisse gauche surement à cause d'une blessure à l'arme blanche. Son corps était entièrement couvert d'hématomes et de coupures diverses… C'était vraiment un spectacle dur à regarder et je fis comprendre à Kevin d'emmener la mère et la fille de Castle loin de ça.

Alexis protesta au début, voulant absolument voir se qui allait arriver mais Kate lui demanda de partir et elle obéie. J'essayais d'examiner le mieux possible Castle, heureusement la qualité était au rendez-vous. Les ravisseurs ne devaient pas le nourrir, il avait maigri ce qui faisait ressortir ses os et ses muscles, il avait une barbe de plusieurs jours, son arcade droite était ouverte et en sang ainsi que sa lèvre inférieure et je supposais plusieurs fractures, probablement du tibia gauche et de plusieurs côtes.

- Alors Mr Castle ou devrais-je dire Mr Rodgers. Comment vous sentez vous ?

- Super, je ne me suis jamais senti aussi bien.

- Je dois dire que vous m'impressionnez. Après des jours de tortures diverses et variées, vous arrivez encore à plaisanter.

- Je n'appellerais pas ça de la torture. Ça ressemble plus à un massage pour moi.

- Bien, puisse que vous insistez. Henry ?

L'homme à la droite de Castle se mit fasse à lui et lui assena un violent coup dans les côtes avec ce qui ressemblait à une barre de fer. Je vis Kate tressaillir quand Castle hurla et cracha du sang.

- Que savez-vous de l'affaire Johanna Beckett ?

- Qui ?

L'homme fit un signe à Henry et celui-ci frappa Castle au visage, toujours avec la barre de fer. Je vis que sa pommette s'était ouverte sous la violence du coup. De son côté Kate n'arrivait plus à retenir ses larmes et tout son corps tremblait.

- Je répète la question : que savez-vous sur Johanna Beckett ?

- Rien du tout.

- Sam.

Ledit Sam, l'autre homme qui entourait Castle au début de la vidéo, pris quelque chose dans la poche intérieur de sa veste en l'enfila avant de rouer Castle de coups de poing comme s'il n'était qu'un vulgaire sac de boxe. Le chef regardait Castle se faire boxer et ça avait l'air de l'amuser au plus haut point. Il se tourna ensuite face à la caméra.

- Maintenant vous êtes prévenu. Lâchez l'affaire Beckett ou on le tue.

Puis la vidéo se coupa. Ryan était toujours avec les deux femmes, Javier était perdu et Kate était aussi blanche que les cadavres qui se trouvaient à la morgue.

- Ça va ma belle ?

- Mhmm… Je crois… que j'ai besoin d'aller me rafraichir un peu.

Elle se leva et se dirigea d'un pas rapide vers les toilettes. Pauvre Kate… Je pris la main de Javier et la pressais légèrement, lui montrant que j'étais là pour le soutenir. Il me fit un timide sourire avant de sortir le CD du lecteur et de le donner à un Uniforme pour qu'il aille à la scientifique.

XxXxXxXxXxXxXxX

J'étais recroquevillée sur le carrelage des toilettes, pleurant toutes les larmes de mon corps. Ce qu'il avait fait subir à Castle était abominable et je ne remercierais jamais assez Lanie d'avoir empêché Martha et Alexis de voir ça, surtout Alexis. Je devais me ressaisir, je me relevais tant bien que mal et allais me passer un peu d'eau sur le visage. Une fois présentable, je rejoignis Ryan dans la salle de repos. Je n'avais posé qu'un pied dans la salle que déjà Alexis me bombardait de questions.

- Calme-toi Alexis.

- Que je me calme alors que mon père est retenu quelque part par on ne sait qui et qu'ils lui font on ne sait quoi ? Vous plaisantez j'espère ?

- La vidéo date de 3 jours, ton père est vivant mais mal en point. Le CD est parti à la scientifique pour trouver quelque chose qui nous permettrait de le trouver.

- Comme quoi ?

- Le lieu dans lequel il est retenu ressemble à un bâtiment industriel abandonné type entrepôt. Le bâtiment a des fenêtres, peut être que la scientifique pourra établir dans quel quartier il se trouve.

- En clair vous n'avez strictement rien. Cracha Alexis avant de quitter la salle et de se diriger vers l'ascenseur.

Je la regardais partir sans tenter de la rattraper, ça n'aurait servi à rien. Je pouvais comprendre sa douleur et aussi le fait qu'elle puisse me détester, cette affaire tournait entièrement autour de moi. Pourtant j'aurais aimée que l'on surmonte cela ensemble et pas chacune de notre coté. Je me laissais tombais sur la banquette, ce soir je dormirais surement ici. Martha se plaça à coté de moi et posa sa main entre mes omoplates.

- C'est normal qu'elle soit en colère, c'est dur pour elle.

- Parce que pour moi ça ne l'est pas ? Il est...

- Il est quoi Kate ?

- Je ne sais pas… Je ne sais plus.

Après ce qui me parut être une éternité silencieuse, nous nous levâmes pour retourner au loft. Je réglais les derniers détails de la journée avec Ryan et Esposito et rejoignis Martha dans l'ascenseur.

Un peu plus d'un mois était passé depuis que l'on avait reçu la 1e vidéo et depuis nous n'avions pas du tout avancé, la scientifique n'avait rien trouvée qui puisse nous dire où chercher et l'affaire avait été confié au service des personnes disparut. Nous continuions d'enquêter la dessus bien sûr, mais dans le dos de Gates et avec l'aide de contact dans l'autre service. Ils n'avaient pas plus avancé que nous, à croire que Castle et ses kidnappeurs s'étaient volatilisés.

- Lieutenant Beckett ? Un colis pour vous.

- Merci.

Je signais le reçu et attrapais le carton pour le poser sur mon bureau. Immédiatement Ryan et Esposito furent à mes côtés. J'inspectais le colis : il était rectangulaire, assez lourd mais rien de distinctif. L'adresse du commissariat était inscrite à la main et elle me disait vaguement quelque chose. Je me mis à fouiller dans mes tiroirs aussi vite que je le pouvais et en sortie l'enveloppe dans laquelle se trouvait le CD. La même écriture…

- C'est la même écriture…

- Ouvrez vite.

Je me saisi d'un cutter, coupais le scotch et ouvris le carton. A l'intérieur se trouvait un ordinateur portable, je le sortis, l'ouvris et le posa sur mon bureau avant de lui faire face, Ryan à ma droite et Esposito à ma gauche.

L'ordinateur s'alluma enfin et une vidéo se lança automatiquement. Le même homme que la dernière fois était devant l'objectif avec le journal du jour. Cela voulait dire que Castle était toujours en vie ! Il s'écarta, comme la dernière fois, pourtant j'avais l'impression que quelque chose était différent. Castle était toujours attaché par les poignets et j'avais l'horrible impression qu'il était encore plus mal en point que la dernière fois : sa chemise avait disparu, son torse était couvert de bleus, de sang et de brûlures. Son visage était méconnaissable : pommette et lèvre enflées, l'un de ses yeux était tellement gonflé qu'il ne s'ouvrait plus et il avait maigri encore plus que la dernière fois.

- Comme vous ne nous avez pas écouté Lieutenant Beckett, il va en subir les conséquences.

Sam ou Henry attacha quelque chose à chaque pied de Castle et actionna une manette qui émit un bruit bizarre. Castle se mit à se tortiller dans tous les sens et l'horrible vérité me frappa : ils étaient en train de l'électrocuter. Ils durent arrêter au bout de 5 bonnes minutes.

- Où en étions-nous ? Ah oui ! Que savez-vous sur Johanna Beckett ?

- Je vous l'ai déjà dit : je ne sais absolument rien !

- Vous en êtes sûr ? Mon petit doigt me dit que c'est faux.

- Sûr et certain… Et même si je savais quelque chose, je l'emporterais dans la tombe.

- Oh mais cela peut se régler tout de suite.

Il sortit un révolver, vérifia que le chargeur était plein et le pointa sur Castle. J'avais de plus en plus de mal à respirer correctement, je serrais tellement les poings que mes jointures étaient devenues blanches et que mes ongles laissaient de marques en formes de lunes dans ma paume.

Castle avait été détaché, il était retenu par Sam et Henry car il lui était impossible de se maintenir debout tout seul. Je vis l'homme presser la gâchette comme dans le ralenti d'un film et je ne pus retenir mon cri.

-Kate ?Demanda Castle.

-Castle ? Demandais-je à mon tour, complètement perdue.

Je jetais un coup d'œil à mes collègues qui semblaient tout autant perdus que moi. Je ne trouvais pas le fait qu'il m'appelle bizarre, j'aurais surement fait la même chose dans les mêmes conditions. Non, ce que je trouvais bizarre, c'était qu'il m'appelle après que j'ai poussée un cri. Ce ne pouvait être une coïncidence.

- Suis-je bête, j'ai oublié de vous le dire. Vous êtes en direct Lieutenant. Vous allez voir mourir votre coéquipier comme si vous y étiez, n'est-ce pas formidable ?

Oh. Mon. Dieu. Cet homme est complètement cinglé. Il restait immobile, comme si il attendait quelque chose de ma part. Mais j'étais incapable de faire quoi que ce soit. Alors il sortit un couteau et le lança à l'un de ses acolytes qui le planta dans l'abdomen de Castle. Aucuns sons ne sortis de ma bouche.

- Nous allons laisser son corps au croisement de la 8th avenue et de la 45th rue.

La vidéo s'arrêta net. Ryan et Esposito étaient retournés à leur bureau respectif, l'un appelait une ambulance tandis que l'autre appelait le SWAT. Je me saisis de mon arme, de ma plaque et de ma veste et filer à l'adresse indiquer.

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Richard Castle avait été retrouvé vivant mais dans un état critique et transporté immédiatement à l'hôpital le plus proche. D'après les médecins, c'était un miracle qu'il soit toujours en vie au vu de tout ce qu'il avait subi. Il resta une semaine à l'hôpital et un petit mois chez lui, ne répondant plus aux mails, texto ou appels de Beckett et des autres. Beckett en avait même parlé à son psy qui lui avait répondu que c'était normal et que Castle aurait besoin lui aussi de voir quelqu'un.

Ce ne fut que trois mois plus tard qu'il retourna au commissariat. Gates lui permit de redevenir le coéquipier du Lieutenant Beckett à condition qu'il fasse extrêmement attention et qu'il suive les ordres de Beckett à la lettre. La vie reprit donc son cour normal, le 12th enquêtait sur des meurtres et arrêtait les méchants. Beckett et Castle avaient mis un certain temps avant de redevenir aussi complice qu'avant, mais tout été rentré dans l'ordre après qu'ils aient passés une nuit entière à discuter.

Ce qui nous amène au moment présent, Beckett et Castle courraient après un suspect qui n'avait pas voulu coopérer et qui avait prit la fuite dans les rues de New York. Castle était en avance sur sa coéquipière et allait presque attraper le suspect quand il percuta de plein fouet un jeune homme qu'il n'avait pas vu. La force du choc le propulsa à terre et il vit passer Beckett qui, elle, arriva à mettre leur suspect à terre et à lui passer les menottes. Elle le confia à un Uniforme pour l'emmener au poste.

- Ça va Castle ?Demanda-t-elle, un peu essoufflée.

- Ça peut allerSi ce mec n'était pas sorti dont ne sait où, c'est moi qui l'aurait arrêté.Répondit-il, une moue boudeuse sur le visage.

- Je vous invite, pour me faire pardonner.

Un sourire de gamin éclaira le visage de l'écrivain, ce qui fit rire la policière. Ils allèrent au Old Haunt où ils retrouvèrent Esposito, Ryan et Lanie une heure plus tard. Ils passèrent tous une excellente soirée.

Mais ce soir là, quand il rentra chez lui, Rick Castle se sentit bizarre, comme si il avait courut un marathon, il avait du mal à reprendre son souffle. Quand il glissa la main dans la poche de sa veste pour prendre son portable, il trouva un morceau de papier avec un numéro et l'inscription The End.