Chapitre 2 : Le début du cauchemar part 2
Je me rendais donc vers mon allée, mais je m'étonnais de ne plus avoir une seule place pour me garer.
Cette allée était toujours vide, cette allée que j'avais laissée ce matin encore déserte, jonchée seulement de quelques plaques de verglas, se trouvait maintenant remplie de voitures de police. Je ne comprenais rien. je réussi tout de même à trouver une place pour ma camionnette rouge.
Je fus prise de violents vertiges lorsque j'entendis, au loin les cris d'une femme. Ce n'était pas juste une femme mais ma mère. Je m'arrêtais net, je n'arrivais plus à avancer, mes pieds étaient comme cloués au sol. Je me forçais à cligner des yeux mais je n'y arrivais plus.
J'étais là, debout, devant ce spectacle effroyable. Des policiers avaient cloué mon frère à terre. Je pouvais distinguer un hématome sous sa lèvre inférieure.
Sans m'en rendre compte, je me mis à courir vers ma famille. Je ne comprenais pas ce qu'il se passait . C'était comme si mon esprit et mon corps n'étaient plus connectés. Je me voyais donner des coups au policier qui tenait mon frère afin qu'il le lâche, pourtant j'étais d'une nature si douce.
Après ce qu'il me semblait être une éternité, je me décidais à rejoindre ma mère qui était restée devant la porte en pleurs. L'officier Aro, ancien coéquipier de mon père, proposa de nous accompagner en voiture jusqu'au poste de police, afin d'avoir plus d'informations. Nous décidâmes de le suivre en camionnette. Je m'étonnais de me réussir à conduire jusqu'au poste de police tant mes yeux étaient remplis de larmes.
Nous patientâmes quelques minutes avant que l'officier ne vienne nous chercher et nous ramena à son bureau. Ma mère prit la parole. J'étais incapable de sortir le moindre mot.
« Aro peux-tu me dire ce qu'il se passe ? Tes collègues n'ont rien voulu me dire en débarquant chez moi comme des bêtes sauvages.» ma mère retint un sanglot que l'on pu quand même deviner au tremblement de sa voix.
« Renée, je peux comprendre ton incompréhension mais ils ne faisaient que leur boulot. »
Ma mère leva les yeux au ciel mais ne répliqua pas. Aro continua
« Hier soir, lors de la soirée des jeunes de la Push, à laquelle s'est rendu Alex, il y a eu un homicide par incendie volontaire, Madame Stanley était absente mais sa fille Jessica n' pas survécu. »
« Mais c'est horrible, je suis vraiment désolée pour sa famille c'est triste. » répliqua ma mère avec des larmes pleins les yeux.
« Mais je ne vois toujours pas pourquoi mon fils est arrêté, il ne pourrait jamais faire une chose pareille. Tu le connais Aro tu l'as vu grandir. »
Moi non plus je ne voyais pas pourquoi, Alex était en garde à vue. Quelles preuves avaient-ils contre lui ? Après tout, il n'était pas seul ce soir-là à cette soirée. Je ne comprenais vraiment rien. Il n'avait jamais eu de problème avec la justice, contrairement à quelques-uns de ses amis, alors je ne voyais pas pourquoi c'était lui le principal suspect dans cette horrible affaire.
« Avait vous une preuve qui l'incriminerait ? Pourquoi Alex ? » Demandais-je enfin car je me doutais bien qu'il devait avoir quelque chose, il ne serait jamais venu arrêter mon frère de cette manière.
« Malheureusement oui Bella, ce matin, nous avons reçu une vidéo dans laquelle on peut voir Alex mettre le feu à la maison des Stanley et partir en courant. Il ne savait apparemment pas qu'il était filmé.»
L'inspecteur s'arrêta un moment pour nous laisser le temps de digérer l'information. Nous étions assise là, en face de lui, sans savoir quoi dire . Après quelques instant, nous voyant toujours silencieuses, Aro continua,
« Alex est accusé d'incendie volontaire ayant entraîné la mort. Il risque une condamnation à perpétuité, je suis vraiment désolé. » .
Ma mère ne put retenir ses larmes plus longtemps, elle éclata en sanglots.
« Pouvons-nous voir cette vidéo Aro. » je m'étonnais de pouvoir encore parler tellement ma gorge était serrée.
« Bella tu sais bien que je ne peux pas faire ça, il s'agit d'une pièce à conviction. » me répondit Aro en chuchotant presque.
« Je t'en supplie Aro, j'ai besoin de la voir, je ne peux pas croire que mon frère puisse être coupable d'une telle chose s'il te plaît.»le suppliais-je.
Il hésita pendant une demi seconde, jeta un coup d'œil à ma mère qui avait cessé de pleurer et qui le suppliait des yeux.
Aro se leva et sortit de son bureau, nous laissant, Renée et moi, pendant au moins 5 longues minutes.
Il revint, tout en prenant soin de fermer son bureau à double tour. Il tenait une enveloppe d'où il sortit un CD blanc . Dessus nous pouvions lire " Regarde-moi "
Je trouvais cela étrange. Pourquoi ne pas donner le CD directement à un officier ? Il s'agissait pourtant d'une bonne action et aucune personne dans cette petite ville ne ratait une occasion de se faire apprécier par tout le monde.
Je ne m'y attardait cependant pas longtemps car Aro avait cliqué sur la touche lecture de son ordinateur.
L'écran était au début noir puis on pouvait voir apparaître une personne approcher près de la maison des Stanley. De la musique résonnait au loin certainement celle de la soirée.
L'homme sur la vidéo était habillé d'un sweet à capuche rouge avec les inscriptions « I'm Sexy and I Proud ». C'était celui d'Alex sans aucun doute, je lui avait offert lors de son 21ème anniversaire, ma mère aussi l'avait reconnu, elle avait porté sa main à sa bouche de stupeur, afin d'étouffer son cri.
Ensuite, le jeune homme se mit à asperger le tour de la maison avec un liquide. Il sortit un briquet de sa poche, l'alluma et le jeta. Les flammes s'élevèrent et en quelques minutes la maison n'était plus qu'un immense brasier. Le jeune se mit à courir et sorti du champs de vision de la vidéo. Au bout d'un certain moment l'image s'arrêta et se fut le noir total .
Ma mère se remit à pleurer.
« Je suis désolé Renée. » dit Aro le visage triste. Il connaissait Alex depuis qu'il était tout bébé. Il était un ami de la famille depuis des années c'était aussi une peine pour lui.
« Mais il n'avait aucune raison de le faire, ce n'est pas possible que ce soit lui. » insistais- je tout de même.
« Bella , Tout le monde dans cette ville sait que toi et la fille Stanley n'étiez pas les plus grande amies du monde . On pourrait croire qu'Alex l'a fait pour toi. De plus quelques personnes présentent à la soirée affirment qu'Alex s'est absenté pendant environ une demi-heure, ce qui lui a laissé énormément de temps pour aller chez les Stanley y mettre le feu et revenir. » m'expliqua Aro.
Je ne savais pas quoi dire, je ne pouvais pas croire que mon frère pouvait faire une chose pareille. Ce n'était pas possible. Non pas lui ! Il n'était pas comme ça, il fallait que je le vois , que je lui parle.
« Est-ce que l'on peut le voir ? » Aro hésita.
« Les officiers sont certainement encore en train de l'interroger. Je vais voir ce que je peux faire. En attendant, allez m'attendre à l'accueil. »
Je dus aider ma mère à se lever, elle ne tenait plus debout. On alla s'asseoir à l'entrée. J'avais l'impression d'être épiée par tout le monde. J'entendais les chuchotements de certains officiers , je sentais des regards de tout côté.
Au bout d'une interminable attente, Aro vint vers nous et nous informa que seule l'une d'entre nous pouvait aller voir Alex. Il devait encore être interrogé.
Ma mère décida de me laisser aller le voir car elle ne pourrait pas tenir si elle le voyait enfermé avec des menottes aux poignets.
Je me rendis donc vers la porte en acier. J'aperçus deux officiers au fond de la salle et mon frère assis au milieu. Face à lui se trouvait une chaise vide. Je voulus courir l'enlacer mais un des officiers me fit signe de m'arrêter.
« Les contacts sont interdits, veuillez reculer mademoiselle. »
Je pouvais reconnaître cet officier, c'était celui sur qui je m'étais jetée deux heures auparavant, suppliant de laisser mon frère.
Je me ravisais et m'asseyais en face de mon frère.
J'avais l'impression qu'il avait maigri, en deux heures, ses joues étaient creuses, son regard hagard. Il avait l'air perdu. Je voulais le prendre et m'en fuir avec lui le plus loin possible.
On se fixa pendant un moment comme si nous pouvions lire dans les pensées l'un de l'autre. Puis Alex prit la parole. Sa voix était plus roque que d'habitude, sa gorge paraissait asséchée.
« Je te jure que je n'ai rien fait Bells , je ne sais pas ce qu'ils t'ont dit mais je n'ai rien fait du tout, je suis innocent. »
J'ignorais le ricanement de l'un des officier.
« Je sais Al, je te crois. » Ma voix était comme un murmure.
Je voulais lui dire qu'il y avait une vidéo qui prouvait le contraire mais je me taisais, ne voulant pas qu'Aro ait des problèmes à cause de moi.
Je me contentais de regarder mon frère dans les yeux.
« Je t'aime Al tout va bien se passer je t'aime. » Je préférais sortir de la pièce, je ne pouvais pas voir mon frère assis là , menotté, c'en était trop.
Je courus dans le couloir et m'effondrais au sol. Je laissais ma peine éclater. Après un certain temps je décidais de chercher ma mère et de rentrer à la maison.
