Les personnages ne m'appartiennent pas, et sont l'unique propriété de Kurumada.

Veuillez ne pas faire attention aux fautes, le contenu étant plus intéressant que le contenant.

R/ Le prologue a été réécrit, en même temps que je publie ce premier chapitre.

Chapitre 1 : Une promesse non tenue

Il n'avait pourtant pas trainé. Ces lieux, il les connaissait si bien, que même plongé dans l'obscurité faiblement éclairée par une demi-lune, il évitait les crevasses, esquivait les rochers et arpentait avec facilité les chemins dangereusement pentus, tel un serpent.

Mais il arriva quand même trop tard.

Lorsqu'il vit Aphrodite transpercer par l'épée d'Hadès, il couru le plus vite possible, aussi vite que ses capacités lui permettait, sa vitesse avait atteint son paroxysme, si bien qu'une divinité elle-même n'aurait été capable de le voir se déplacer.

En un éclair, il arriva sous le malheureux avant que l'épée ne se retire, et d'un vertigineux bond, le lion s'empara du corps inerte, pour lui éviter la mortelle chute.

Alors qu'il retomba un peu plus loin dans une réception laborieuse. D'une habile roulade, il réussi à protéger du choc son précieux protégé.

Dans ses bras le chevalier à la rose demeurait inconscient.

Ses mains imprégnées d'un liquide chaud, glissaient sur l'armure luisante. Pour ne pas le laisser choir, il resserra sa prise en vain.

Posant un genou à terre pour se repositionner, il découvrit avec effroi la gravité de la situation.

Son sang se déversait abondamment sur son abdomen, pour se répandre sur ses jambes, et finir sa course dans l'herbe fraîche sur laquelle ils reposaient.

- J'admire ton courage chevalier. Tu auras été sot mais valeureux.

Au son de cette voix, Aioria releva la tête et adressa un regard froid au puissant dieu des enfers qui se dressait fièrement au dessus d'eux.

Jaugeant les forces en présence et prenant en compte l'état de son compagnon, la mort dans l'âme il dut rebrousser chemin. Fuyant son adversaire.

Mieux valait faire preuve de patience, agir intelligemment, que de se jeter dans une bataille perdu d'avance

Sa fuite fut si rapide que le dieu sombre ne prit même la peine de le poursuivre. Il resta suspendu dans les airs, affublé de son illustre surplis, suivant de ses magnifiques yeux la retraite de ce pleutre.

D'un geste vif il éjecta le liquide poisseux qui souillait sa lame, en affichant un sourire cruel et satisfait.

- tu peux prendre la fuite, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Seul tu ne m'intéresse pas. Mais sachez chevaliers que je serais sans pitié. Une grande vengeance est digne d'un grand cœur. Et vous découvrirez toute l'étendue de mon amour. Je vous aurai tous.

Il plissa légèrement les yeux, en contemplant les éclats lunaires se mirant sur la tranche de sa lame et poursuivit son monologue :

- mon seul but, ma seule ambition, mon seul présent et mon seul avenir, c'est mon amour pour ce monde. Mais l'amour est impitoyable, d'une pureté absolue, il ne tolère aucun écart, il se mérite, dans la douleur, dans la rédemption.

Sa voix suave et cristalline se perdit dans le fracas des vagues venant se briser contre la falaise.

ooOoo

Un magnifique soleil brillait dans un ciel de Grèce, au dessus du sanctuaire sacré. Les températures clémentes en ce début de printemps, favorisaient l'éveil de la nature et encourageaient les oiseaux à gazouiller joyeusement.

Dans le cinquième temple, l'ambiance était moins joviale.

Le lion de très mauvaise humeur brisa en deux sa table de cuisine, d'un coup de poing rageur, envoyant valser sa tasse de café.

Celle-ci s'éclata contre le mur clair, laissant une belle tâche digne d'un test de Rorschach.

Il n'avait pas dormi, depuis cette fameuse nuit, entre son retour en fanfare, son rapport au Grand Pope, et les explications à donner à ses frères d'armes déboussolés.

Se justifier sur cette défaite, et avoir à subir les reproches concernant l'état dans lequel se trouvait Aphrodite, s'en était de trop pour lui. Il était à bout de nerf.

Surtout que le pauvre malheureux ne comprenait pas ce qui s'était passé.

De ses souvenirs, ils faisaient leur ronde sur le bord de la plage qui jouxte le sanctuaire, à la demande d'Aphrodite, qui avait un mauvais pressentiment.

- Bon sang, feula le lion. On aurait du prévenir les autres, les pressentiments d'Aphrodite ne l'ont jamais trahis. On a péché par orgueil.

Et il donna un coup de poing dans le mur qui se fissura avant de s'effondrer dans une déflagration faisant trembler l'intégralité de ses appartements.

Pour couvrir plus de distance, ils s'étaient séparés, chacun sillonnant un bout de la côte.

Alors qu'il scrutait l'horizon, Aioria avait reconnu le cosmos ténébreux et sinistre du dieu des enfers. Il s'était précipité dans la direction de cette aura meurtrière et avait surpris l'horrifiante scène d'Aphrodite transpercé par l'épée au dessus des falaises du cap Sounion.

Pourquoi ? Comment ? il l'ignorait et le chevalier du 12eme temple demeurant plongé dans un profond sommeil ne pouvait éclairer sa lanterne.

Il secoua la tête nerveusement faisant promener de droite à gauche ses mèches rebelles, et se mordit la lèvre si fort que du sang s'en échappa, caressa sa peau jusqu'à la base de son menton, pour se laisser choir au sol dans une goutte rouge jurant avec la blancheur du marbre.

Aioria pourtant insensible à la vue de ce liquide carmin, fut prit de violentes nausées.

En prenant appuis contre la porte de sa salle de bain, il glissa et s'étala de tout son long contre la surface lisse et vernis en bois. Appuyant sa tête à la verticale, il regarda le plafond.

Il se dégoutait, et ressentait une profonde honte. Prendre la fuite face à un ennemi, est un déshonneur pour les chevaliers d'Or.

Alors qu'il porta ses mains au-dessus de sa tête, un désagréable sifflement lui vrilla les oreilles.

- Vous êtes attendu dans le palais du grand Pope. Maintenant !

Cette voix dans sa tête, celle de Shion, le rappela à la réalité.

ooOoo

Dans le treizième temple, tous les chevaliers avaient répondus à l'appel. Ils se tenaient debout les uns à côtés des autres, revêtus de leurs belles et imposantes armures d'Or.

La déesse leur faisait face dans sa robe blanche immaculée, serrée à la taille par une large ceinture en Or pur. Elle se tenait bien droite, la tête levée, cramponnée à son sceptre. Un silence inquiétant régnait dans la grande salle, l'atmosphère était tendue.

- Je ne vais pas passer par quatre chemins, l'heure est grave. Mon oncle a brisé les accords passés avec Poséidon et moi-même. Il s'était engagé en échange de la restitution de son enveloppe charnelle à se tenir tranquille et s'abstenir de toutes représailles avant la prochaine guerre. Mais pour une raison que j'ignore, où juste à cause de son orgueil démesuré il a décidé de passer à l'action. Ce que vous devez savoir c'est que lorsque Hadès entre dans une colère noire il est imprévisible et impitoyable. Sa vengeance est aveugle et rien ne pourra l'arrêter.

Elle marqua une pause et attarda ses beaux yeux clairs sur chacun des hommes fièrement dressés devant elle. Et reprit :

- Pour rien n'arranger, Seiya et les chevaliers divins sont actuellement au Japon. J'ai demandé à Shion de les contacter et ils prendront le prochain avion pour nous rejoindre. Espérons qu'Hadès nous laisse suffisant de temps pour nous organiser.

- Ouai, on est dans la merde quoi !

- DeathMask un peu de tenu ! Doit-on en déduire que l'on est condamné, est ce là ce que vous vous voulez nous dire déesse ?

- Non Camus. Déjà par ce qu'il semble vouloir agir seul. Sans ses spectres et les dieux jumeaux nous avons encore la possibilité de le contrer. Ensuite, il existe une façon de le stopper, comme pour Poséidon ou les dieux jumeaux, cette technique a déjà fait ses preuves, nous allons le sceller.

- …

Des expressions de surprise s'affichèrent sur plusieurs visages. Certains clignèrent des yeux, incrédules.

- Déesse ? lors de votre affrontement, son âme forcée de rejoindre l'olympe avait entrainé l'autodestruction des enfers, je me trompe ?

- C'est exact Mû. C'est la raison pour laquelle nous lui avons rendu son corps originel, afin qu'il puisse à nouveau diriger son royaume.

- Si on le scelle, ne prend-on pas le risque de se retrouver dans la même situation ?

La déesse lui adressa un tendre sourire.

- Non. Tout comme Poséidon pouvait interagir de son urne, ses pouvoir seront bridés, il pourra gouverner son royaume rien de plus. Et avec mon sceau on sera tranquille pour les deux prochains siècles à venir.

- Et comment va-t-on faire ? S'enquerra Milo en passant son ongle écarlate sur sa langue.

- j'y viens…

Un bruit d'éboulement mit un terme précipité à la réunion, dehors la tour de l'horloge solaire venait d'être brisée en deux par une violente vague ténébreuse d'un cosmos écrasant.

Le puissant dieu des enfers venait de s'annoncer.

A suivre…

R/ Pour le monologue d'Hadès je me suis servie de proverbes et citations.