Titre : Bleu

Auteures : Margue et Pauline C

Résumé : Harry, 5e année, précoce et désinhibé, vit un peu trop pleinement son homosexualité. Drago, 7e année, agressif et intolérant dirige d'une main de maitre tout Poudlard. Ils n'étaient pas fait pour se rencontrer. Et pourtant...HPDM.

Rating : M et pas des moindres ; obscénités, lemons, violence (un peu)

Genre : romance, UA.

Disclaimer : on pompe quand même beaucoup à J.K Rowling donc tout à elle, pas à nous.

Pauline C : Salut à tous, merci beaucoup pour les reviews que vous nous avez laissées, ça nous a fait super plaisir de voir que notre fic à eu aussi bon accueil, je ne vais pas m'étendre et vous laisse de suite, place à la lecture.

Note de Margue : Pas sûr que le prochain chapitre arrive aussi vite vu l'état brouillonneux dans lequel il se trouve encore, mais sait-on jamais. Merci à tous pour vos encouragements, ça booste. (on a répondu à tout le monde normalement).

Merci à notre fidèle Vif d'or pour ses corrections en temps et en heures et ce malgré la longueur du chapitre et l'étendue des dégâts.

Bonne lecture !

Chapitre 1 : cercle vicieux

Drago claqua la porte avec violence avant de descendre les escaliers en colimaçon en vitesse, peu soucieux d'avoir l'air furieux et de manquer à son élégance naturelle que lui imposait son rang social indiscutable.

Il grogna doucement alors qu'il s'imprégnait de la nouvelle.

Un inconnu, dans sa demeure, dans son antre solitaire, chez lui. Plutôt mourir ! Il était tout simplement proscrit qu'un petit bâtard sans abris vienne vivre chez lui. Il se fichait totalement de qui cela pouvait concerner, il n'en avait rien à faire à vrai dire puisque lui vivant, cela ne se produirait pas.

Par ailleurs, si sa mère était venue jusqu'à Poudlard -fallait le faire!- pour les présentations -non mais il ne pouvait qu'être en plein rêve- c'est qu'il ne devait vraisemblablement pas le connaitre et donc par analogie, qu'il n'en valait pas la peine.

Manquait plus que ce soit un première année et ça serait parfait, parfaitement cauchemardesque. Non mais franchement, avait-il l'air d'une nounou ? Il tenait à sa tranquillité et rien ni personne ne dérangerait ces instants de calme que lui fournissaient ces moments de paix passés chez lui, loin de toute pression éventuelle.

Le manoir Malfoy était le seul endroit où il se sentait bien, en paix avec lui-même dans ce petit Eden qu'il s'était construit, il ne le partagerait qu'avec sa famille, pas une personne de plus. Encore moins avec un miséreux arriviste pas assez doué pour protéger sa propre vie et d'autant plus lorsque ces soi disant ennemis étaient de simples moldus.

Il en était las de ses réflexions quand il bouscula violement une personne qui couina pathétiquement de douleur tout en se plaquant avec force contre le mur le plus proche. Sans même la regarder ou s'excuser, il cracha avec hargne tout en continuant son chemin :

-Regarde où tu vas connard !

Il marcha rageusement, c'était tout de même la deuxième fois qu'on lui fonçait dedans en à peine vingt minutes et sa patience arrivait cruellement à ses limites.

Il allait tuer à ce rythme-là.

Il fusilla du regard les tableaux qui osaient poser leurs yeux réprobateurs sur son auguste personne. Il ne vit même pas les quelques élèves qui changèrent brusquement de direction -ce qui lui aurait pourtant plu en temps normal - quand ils le virent dans un état de furie furieuse, peu envieux de subir son courroux comme les boucs émissaires qu'ils étaient tous.

Il arriva rapidement devant le tableau dissimulant l'entrée de sa salle commune, cracha le mot de passe et entra tel un prince dans le silence imposant qui c'était brusquement installé à son arrivée.

Il ne fit attention à personne et gagna directement son dortoir d'un pas altier, parfaitement conscient que ses « amis » le suivraient pour s'enquérir de la cause de son mécontentement ou, plus probablement, pour fouiner un peu plus.

-Oulà, toi t'es de mauvaise humeur, s'inquiéta un peu Blaise qui ne mit pas de temps à le rejoindre, comme il l'avait prédit, je suis habitué à tes silences de dictateur mais là, ça a l'air d'être du sérieux. Qu'est-ce qui t'arrives ?

Il se retourna face à lui, agacé, il était entouré de Pansy et Théodore Nott, ses plus intimes à Poudlard. Blaise et Pansy, le couple infernal de l'école, était sans nul doute les deux personnes qu'il respectait le plus parmi cette bande de vautours que constituait son clan. Théo était un cas à part, malgré toute l'animosité qu'il éprouvait pour lui, il était obligé de l'inclure aussi dans toutes ses décisions car il était d'une aide redoutable et était le seul à posséder la carrure d'un leader potentiel. Il ne pouvait se permettre de l'avoir contre lui.

Il ne les considérait nullement comme de vrais amis, ils avaient simplement leur utilité dans la maitrise de Poudlard mais Draco avait parfaitement conscience qu'ils n'hésiteraient pas, tous autant qu'ils étaient, à lui planter un couteau dans le dos à la première occasion.

-Je sors de chez le vioc, le reste ne regarde que moi, déclara-t-il très froidement.

Ne jamais confier quoi que ce soit de compromettant sur sa vie privée à un Serpentard, plus encore avec une place aussi importante que la sienne. Ils pourraient aisément s'en servir contre lui.

-Je vois que Pansy est pas la seule à avoir ses règles aujourd'hui, s'agaça Theodore Nott qui détestait lorsque le blond leur faisait parfaitement comprendre qu'il y avait quelque chose mais qu'ils n'en auraient pas une miette.

Malfoy le fusilla du regard : Nott semblait vraisemblablement vouloir mourir jeune.

Pansy ne se gêna pas pour lui faire comprendre ce qu'elle pensait de sa remarque d'un geste du doigt grossier. Elle haïssait ce type au centuple. Il ne manquait jamais une occasion de montrer clairement son dégoût pour les femmes ce qui la mettait hors d'elle.

Draco souffla d'exaspération, il était à cran. Son légendaire self contrôle allait morfler si cette bande de fouineurs restait plus longtemps dans son sillage.

-Bon cassez-vous, j'ai besoin d'être seul cinq secondes.

Ils obéirent en grognant, mais sans oser se rebeller, seul Théo lui lança un regard noir qu'il ignora délibérément, et alors que Drago commençait à préparer son sac pour son prochain cours de potion, il trouva un bout de parchemin posé sur son lit. Il s'en empara, curieux et déchanta bien vite en découvrant l'écriture stylisée de sa traitresse de mère :

Ne m'en veux pas, j'ai mes raisons de faire ça. Il s'appelle Harry Potter, s'il te plait accompagne le jusqu'à la maison vendredi soir, je te promets qu'il ne sera pas une contrainte pour toi.

A vendredi.

Maman.

Il trouva son message bien pauvre en excuses et loin de le réconforter, c'était encore pire : un mec -et il avait un nom en plus - aussi commun soit-il- allait vraiment venir squatter chez lui le weekend...

Toute sa rage, qui s'était éteinte une bonne dizaine de secondes, refit surface, il se laissa tomber sur son lit décidant qu'il n'était plus dans d'assez bonnes dispositions pour aller en cours. Désireux néanmoins de se défouler sur ce miséreux et peut-être même de l'inciter à refuser l'offre si généreuse de sa mère, il quitta son lit après une heure à fustiger et retrouva sa bande à la sortie du cours de Rogue qui ne fit aucun commentaire sur son absence.

-Ca vous dit quelque chose Harry Potter ?

Blaise et Pansy échangèrent un regard avant de se tourner vers Nott qui les fusilla des yeux avec une moue hautaine.

-Quoi ? s'impatienta le blond.

-Tu sais vraiment pas qui c'est ? s'assura Nott un peu méfiant.

-Je suis censé savoir ?

Tout cela n'annonçait rien de bon, Drago avait pourtant cru que sa mère avait repêché un mec un peu transparent, inconnu au bataillon qui ne prendrait pas trop de place...A moins qu'il soit à serpentard ce qui pourrait expliquer que ses amis le connaissent. Mais vue leur mine défaite, il sut qu'il n'en était rien.

-Un peu, c'est la petite pute de l'école, l'informa Pansy un peu répugnée, il se fait enfiler par tous les pédés du coin.

-Dont Théo, ajouta Blaise moqueur.

-Toi va te faire mettre, grinça Nott, l'air digne.

De mieux en mieux vraiment ! Il serra les dents, contrôlant sa profonde répulsion et son incommensurable rage, évitant d'éviscérer le petit con qui passait à côté de lui avec un écœurant regard de fascination admiratif. Il allait vraiment craquer là.

-Il est dans quelle maison ? demanda Drago qui pria tous les dieux pour qu'il ne soit pas à...

-Gryffondor. C'est un cinquième année je crois. Une petite racaille bien précoce en somme.

Et voilà, Drago se retrouvait avec un détraqué sexuel Gryffondor pédé qui devait encore avoir du lait qui lui coulait du nez, pauvre, orphelin et soi disant en danger, toute la panoplie. Il manquait plus qu'il lise le Chicaneur -un magazine pro moldus-, qu'il ait une photo de Dumbledore sur sa table de chevet et il aurait la totale.

Il se sentait tout d'un coup très nauséeux. Pourquoi ce genre d'embûches n'arrivait qu'à lui ?

-Je vais gerber, annonça élégamment le Serpentard en détachant bien ses mots.

Il se reprit devant l'air inquiet des autres. Ne jamais montrer ses faiblesses devant des Serpentard et plus encore devant les plus manipulateurs, viles et fourbes dont il avait pris le grand soin de s'entourer. Il se redressa fièrement, levant légèrement la tête pour bien montrer qui était le chef, tout en crachant d'une voix écœurée :

-C'est qui ? Montrez le moi.

Les autres ne demandèrent pas les raisons de son soudain intérêt pour Potter, après tout si Draco désirait le passer à tabacs il ferait automatiquement appel à eux. En silence, ils se dirigèrent sans demander leur reste vers la grande salle où ils avaient sûrement une chance de l'y trouver maintenant que le diner était annoncé.

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Harry ne savait pas si le fait d'avoir heurté Drago Malfoy deux fois de suite dans la même demie heure avant d'apprendre qu'il allait être recueillis chez lui jusqu'à sa majorité devait être pris en compte dans toute cette histoire. Il désirait le blond furieusement, mais il doutait franchement que ce genre de chose allait jouer en sa faveur dans son plan de séduction.

Malfoy n'était, dans tous les cas, soit pas encore mis au courant, soit assez indifférent par la nouvelle -ce qui était bon signe- pour ne pas venir lui adresser la parole.

A vrai dire, il était assez excité à l'idée de pouvoir réellement parler à son blond tant convoité. Néanmoins sachant la nature colérique de ce dernier et étant persuadé qu'il prendrait très mal sa venue chez lui, il préférait ne pas avoir à faire à lui pour l'instant. Courageux certes, mais pas suicidaire au point de l'affronter directement devant toute l'assemblée poudlarienne.

Rassuré de ne pas l'y trouver à sa table, il se hâta de manger avant qu'il n'arrive. Il ne voulait courir aucun risque de le croiser en public. Etre une cible de Malfoy était très mal vu et plus encore pour une possible vie sociale. A ce qu'il savait, tout ceux qui étaient dans la ligne de mire de sa sainteté étaient considérés comme des rebus de la société, des parias qu'il fallait à tout pris éviter si on voulait entrer dans les bonnes grâces du blond. C'était pathétique, mais ça marchait de cette manière. On ne défiait pas l'autorité que Malfoy avait instaurée sans en subir de lourdes conséquences pour le restant de sa scolarité. Et il tenait à sa vie sociale et plus encore aux parties de jambes en l'air qu'elle lui procurait.

-T'es pas obligé de faire bande à part tu sais, lui dit Ron voyant que son ami s'était décalé de deux places de leur bande.

Il ne prit pas la peine de le regarder et continua de manger.

-Quoi, vous avez pas peur que je vous contamine ? répliqua-t-il hargneux ayant toujours mal digéré leur dernière dispute.

-Personnellement...

-Ta gueule Dean, rabrouèrent Ron, Neville et Seamus en même temps, blasés.

Cela eut le mérite de faire sourire Harry qui se rapprocha d'eux pendant que Dean s'éloignait, vexé.

-Il est presque plus lourd que toi, taquina Ron, tout de même content de retrouver son pote.

Il eut enfin un vrai rire joyeux qui le libéra d'un certain poids, même si ses amis étaient de vrais boulets, il les aimait bien. Quatre ans dans le même dortoir, ça créée quand même des liens.

Il eut un sourire tendre tandis qu'il les observait silencieusement, Neville et son éternelle maladresse chronique, Seamus, sa permanente bonne humeur même en temps de crise et son esprit pervers et Ron, sans doute celui qu'il préférait. Il savait bien que cela ne pouvait être réciproque, Ron passait bien plus de temps avec les autres qu'avec lui après tout, mais à qui la faute ? Harry s'était toujours exclu tout seul. Il s'était toujours senti à contre courant avec tous les jeunes gens de son âge. Il avait tellement été habitué à être rejeté avant d'arriver à Poudlard, qu'encore aujourd'hui il avait du mal à s'habituer à la sociabilité.

Et puis quelque part, il ne voulait par leur imposer sa présence, il était quand même la petite pédale de l'école, il ne souhaitait pas trop les compromettre en les côtoyant trop fréquemment.

Cependant le sourire d'Harry s'effaça en apercevant Drago et sa clique faire son entrée. Il tenta de se faire le plus petit possible, mais quand il vit Pansy Parkinson faire un vif hochement de tête dans sa direction, il sut qu'il était fini et plus encore quand il les vit se diriger dangereusement vers lui.

-Et merde...

Ses amis reportèrent leur attention sur lui quand ils l'entendirent jurer de la sorte, suivant son regard, ils se tournèrent pour voir ce qui semblait à ce point le faire paniquer, mais quand ils virent qui arrivait vers eux avec détermination, le groupe d'Harry se ratatina dans son assiette. Quand Malfoy et sa bande furent derrière eux, seul Harry tenta de rester le plus digne possible.

-C'est toi Potter ? demanda sèchement Drago.

Ils s'affrontèrent du regard durant quelques secondes, Draco pour bien montrer sa supériorité et son profond mécontentement, Harry pour bien faire comprendre au blond qu'il n'était pas un lâche qui se terrait comme un rat devant lui. Le silence sembla s'éterniser tandis que tous observaient l'échange avec un certain malaise. Harry allait se faire mettre en pièce s'il continuer à défier le Serpentard de la sorte.

-Ouais, qu'est-ce que tu veux ? répliqua-t-il en se détournant de lui pour continuer à manger ses légumes et se donner bonne contenance.

Mais malgré la belle assurance qu'il se donnait, il ne se sentait vraiment pas à l'aise face à ce regard glacé. Qui le pouvait ? Malfoy avait une prestance et une grâce féline propre à tous les grands prédateurs connus, il était tel un lion traquant sa proie et la dévorant sans considération. Malheureusement pour lui, il semblerait qu'Harry soit sa nouvelle cible, mais il n'était pas dit que le Gryffondor se laisserait dominer sans combattre.

Si seulement le contenu de son assiette avait pu être comestible, cela lui aurait peut-être donné plus de crédibilité.

Malfoy le regarda quelques instants avec dégout, ce petit con commençait vraiment à le gonfler avec ses fausses manières supérieures.

-Tu vas venir avec moi, on a quelques petites choses à régler.

Harry enfourna une nouvelle fourchette de légumes indigestes qu'il mâcha lentement, prenant son temps, à la fois pour regrouper son courage et aussi, mais surtout, pour contrarier le blond qui était vraiment imbuvable.

Depuis quand les gens pouvait-il se permettre d'être si impoli et qui plus est, d'être respecter et admirer pour cette raison ? Foi de Potter, il ne laisserait pas ce garçon si désagréable faire de lui un de ses petits toutous serviables.

-Tu permets, je finis de manger.

Il entendit clairement Ron retenir son souffle et un des Serpentard lâcher une exclamation outrée, quant à Nott, il esquissa un petit sourire énigmatique. C'est que les choses prenaient un tournant plus intéressant que prévu finalement.

Harry sentit une sueur froide courir dans son dos, mais en même temps, l'adrénaline coulait dans ses veines si vite qu'il ne put s'empêcher de sourire narquoisement tout en continuant de manger. Même si sa main tremblait légèrement, le fait de faire perdre la face à Malfoy en lui montrant bien qu'il n'avait pas peur de lui était si grisant qu'il ne pensait plus vraiment aux conséquences.

Ahuri qu'il soit si insolent, Drago s'apprêta à rétorquer mais quelqu'un le coupa dans son élan :

-Si c'est pour son histoire avec Flint, vous avez rien à craindre, ce mec est un mytho en puissance, informa Dean en désignant méchamment Harry afin de se faire bien voir par la "haute".

Harry leva les yeux au ciel, il aurait presque éclaté de rire s'il n'était pas aussi nerveux, à la remarque de ce bouffon qui venait clairement d'anéantir la belle réputation de Marcus Flint et sans qu'il n'ait rien eu à faire cette fois-ci.

-Flint ? répéta lentement Drago en se tournant vers ses acolytes qui paraissaient très intéressés -surtout Nott- et très surpris par la nouvelle.

-Pour Théo aussi c'était soi disant un mytho, fit remarquer Blaise à voix basse, clairement moqueur.

Le blond observa le dos du Gryffondor quelque instant, avant de diriger son regard vers le petit brun hargneux qui observait Potter avec un sourire satisfait. Comme s'il allait perdre son temps à régler son compte au squatteur pour lui faire plaisir. Il avait plus urgent à gérer. D'une voix aussi froide que la glace, il reprit, son regard plongé dans celui de la balance qui se ratatina sur place, à sa plus grande joie :

-On règlera ça plus tard, toi -Drago attrapa brusquement Harry par le bras, le forçant à se lever du banc, tu viens avec moi.

- Lâche-moi putain, s'indigna le petit brun, un brin effrayé, se laissant trainer sans grande difficulté en dehors de la grande salle.

Drago ignora les cris indignés des professeurs présents et continua sa route, laissant ses amis calmer le jeu dans la salle.

Harry fut entrainé par la poigne de Malfoy pendant de longues minutes avant qu'il ne s'arrête enfin dans un couloir désert et ne le pousse violemment contre le mur. Il se serait senti sûrement excité en de telles circonstances, s'il n'avait pas eu aussi peur de ce qu'il pourrait lui faire. Il savait ce qui était arrivé à ceux qui avait défié le blond, le jeune homme était réputé pour être sans pitié et ceux qui avaient eu à subir son courroux, ne s'en était jamais totalement remis.

-Tu sais la nouvelle ?

Harry sursauta à l'entente de la voix menaçante et acide, néanmoins, il répondit un brin hargneux :

-Ouais et crois-moi y'a pas que toi que ça emmerde ok ?

Même si Drago était outré de constater que la petite tapette semblait aussi peu enthousiaste que lui à rejoindre le manoir familial -le petit con, il aurait dû se sentir honoré!- il se dit que cela serait plus simple pour le convaincre de faire marche arrière.

-Arrête avec tes putains d'insolences ! C'est pas parce que tu te fais enfiler par tout Poudlard dont par certains serpentard -il grimaça à cette idée-que ça te donne le droit de te la jouer supérieur. Maintenant tu fermes ta gueule et tu m'écoutes.

Harry croisa les bras en signe de protestation mais n'ajouta rien, pour sa survie personnelle.

-Tu vas aller te trouver une autre famille bouche-trou, voir le Vioc et...

-Je peux pas, interrompit le jeune homme, c'est pas Dumbledore qui m'a mis chez toi, c'est ta mère. Je l'ai vu tout à l'heure, c'est elle qui a décidé devenir ma tutrice.

Drago eut envie d'exploser sa face contre le mur, il lui en voulait d'être aussi lucide, c'est qu'elle y tenait sa génitrice à ce morveux ! Il était coincé.

-Que les choses soient bien claires : tu parles de cette histoire à quelqu'un et t'es mort et que se soit ici ou là bas, tu n'existes pas et tu restes éloigné à au moins cinq mètres.

Le blond faisait bien une tête de plus que lui et Harry se sentait comme un microbe facile à écraser, il supposa que c'était exactement ce Malfoy voulait lui faire ressentir.

-Je peux espérer la même chose de toi ? osa le petit brun un brin narquois.

Drago fronça les sourcils, éberlué par la façon si tranquille qu'il avait de défier son autorité.

-Mais t'as pas compris ou quoi ? Tu...

-Oh ca va, j'ai capté, je rigolais, répondit rapidement Harry avec un sourire taquin, bon bah, je vais m'éloigner maintenant que t'as établi les règles. A plus.

Le jeune homme s'exécuta en toute hâte de peur que Drago ne lui fonce dessus à la dernière minute. Une fois hors de vue, il soupira assurément soulagé. Loin d'être masochiste dans l'âme et maintenant qu'il était sa cible, il n'était plus très sûr de désirer le mettre dans son lit.

Le vendredi soir, Narcissa Malfoy était tout de même venue à la gare King Cross -où tous les élèves transplanaient de l'école- ayant très peu confiance en son fils qu'elle ne trouva même pas sur le quai d'arrivée, il avait déjà dû s'éclipser avec sa bande.

Malgré son air éternellement froid, Harry fut content de la voir sourire, il supposa qu'elle essayait de le mettre à l'aise. Le chemin jusqu'à la zone de transplanage fut un peu tendu, il comprit qu'elle se forçait à lui parler pour lui faire comprendre qu'elle ne regrettait pas son choix.

-Tu excuseras Drago, il est un peu impulsif...

Il ricana doucement et répliqua, légèrement sarcastique :

-J'avais remarqué.

Narcissa ne releva pas la remarque et continua, comme s'il ne l'avait pas interrompu :

-Il tient ça de son père, surtout ne fais pas attention à ces deux-là une fois à la maison, je suis sûre qu'ils finiront par s'habituer.

Loin de le rassurer, elle venait de lui confirmer ce qu'il craignait : si le père Malfoy se trouvait aussi amical que le fils, il n'était pas sûr de sortir vivant de cette histoire, il aurait peut-être mieux valu rester chez les Dursley...

-Madame Malfoy, toute cette histoire est peut-être une très mauvaise idée finalement...

Narcissa s'arrêta net et ancra son regard argenté et sévère dans le sien.

-Ne t'inquiète pas pour ces deux-là, ignore les et tout se passera bien. Je te promets de faire de mon mieux Harry mais il faudra que tu y mettes un peu du tien, je suis sûre que ton père aurait été ravi que je t'accueille et puis tu es en sécurité chez moi, il ne t'arrivera rien.

Touché par sa sincérité et les tremblements de sa voix, Harry acquiesça, restant silencieux. Il n'arrivait pas à croire que cette femme si puissante, si belle, si imposante se soucie tellement de lui, lui qui n'avait jamais intéressé personne. Peut-être que son histoire avec son père était un peu plus qu'une histoire de coucherie finalement.

Ils transplanèrent ensuite directement au manoir Malfoy et Harry sut qu'il n'était pas arrivé au bout de ses peines.

Le Manoir était imposant et fort luxueux. Malgré la beauté enchanteresse du parc fort bien entretenu, l'ambiance générale des lieux était austère et froide, presque impersonnelle. Impression d'autant plus renforcée quand il pénétra à l'intérieur, après qu'un elfe eut obligeamment ouvert la porte à peine avaient-ils gagné perron. C'était grand, très grand et richement décoré par des tapisseries aux arabesques savamment dessinées et des lustres sans nul doute de cristal. Cependant, ce qui frappa le plus Harry fut le manque de couleur de l'ensemble, tout était gris et froid, les tableaux reliés d'or représentaient des visages aux moues dégoutées et des regards scrutateurs qui le mirent mal à l'aise, sans parler du silence de son hôtesse.

Le manoir représentait exactement ce que Harry se faisait de l'image de cette famille.

Il avait l'impression d'entamer une marche funèbre. Il vit sa possible rédemption quand ils arrivèrent devant un escalier de marbre blanc veiner de noir conduisant aux étages supérieurs et sans doute, espérait-il, sa future chambre.

Harry fit de son mieux pour ne pas paraitre trop impressionné par les lieux, il avait l'impression qu'en réalité, tout avait été décoré pour donner cette impression aux invités qu'ils n'étaient rien comparés à leurs hôtes. Tout était d'une telle froideur élégante qu'il se sentit subitement misérable. Ce n'était pas d'une beauté tapageuse mais dangereuse, cela lui fit penser à quelqu'un. Et puis il fallait aimer le style morbide.

Il sortit de ses pensées quand ils furent arrivés devant une lourde porte en bois sombre, sans un bruit, il suivit Narcissa qui allait lui montrer sa chambre. Il sursauta même violement quand la blonde déclara tout en ouvrant la porte… qui les amena à une autre succession de couloirs beaucoup moins engageants que ce qu'il avait vu jusqu'ici, pour dire :

-Pour Drago et Lucius, ne t'inquiète pas, mon fils n'est pratiquement jamais ici et Lucius a beaucoup trop de travail pour qu'il ne prête attention à qui que ce soit, l'informa-t-elle en parcourant les longs couloirs sombres.

Harry tenta tant bien que mal de chasser cette pensée curieuse qui souhaitait savoir où Drago se rendait tous les weekends.

-Mais alors, vous ne vous sentez pas un peu seule ici ?

Elle se tourna vers lui et le jeune homme se demanda si sa question n'était pas un peu trop impolie.

-Ne t'inquiète pas pour moi, répondit-elle d'une voix sèche et Harry maudit sa maladresse.

Elle s'effaça pour le laisser rentrer dans la pièce qui allait être sa chambre : et la première réaction qu'il eut fut qu'il resta bouche bée et les yeux écarquillés démesurément.

Si le reste de la demeure semblait excessivement austère, sa chambre à lui était lumineuse et dominée par une couleur bleue très vive ce qui contrastait incroyablement avec le reste de la bâtisse.

-C'est Lucius qui a choisi la couleur de ta chambre, ça lui importait beaucoup, l'informa Narcissa en souriant à ce souvenir, tu vois, il joue les froides indifférences mais il veut quand même être impliqué un minimum.

Hary ne l'écoutait pas.

Son regard scrutait la pièce qui allait être sienne, quelques instants : de grandes fenêtres menant à un petit balcon donnant une vue imprenable sur le parc entourées de lourds rideaux tous aussi bleus ou s'entrelaçaient des filés d'or surement brodés à la main, une grande armoire en bois sombre dont une unique étagère serait surement trop grande pour ranger la totalité de ses affaires, un bureau du même type à côté d'une bibliothèque vide de livres et surtout, un immense lit à baldaquin aux draps de soie bleu entouré de deux tables de nuits où reposait deux bouquets de roses noirs dans des vases en cristal.

C'était tout simplement magnifique et parfait, plus que ce qu'il n'avait jamais eu en matière de confort. Il vit même une porte plus fine que celle de sa chambre près du lit, il supposa, à juste titre, que ce devait être une salle de bain. Il résista à l'envie d'aller voir pour se tourner vers son hôtesse qui était resté en retrait, l'observant se familiariser avec son nouvel environnement, sans mots dire. Les yeux brillant, des remercîments chaleureux au bord des lèvres, il déchanta bien vite quand elle s'adressa à lui d'une voix sèche :

-Nos quartiers à nous sont de l'autre côté du manoir, tu seras très tranquille quant à la chambre de Drago, vous êtes au même étage mais à un distance plutôt notable, ne t'inquiète pas, assura-t-elle, je te ferai visiter le reste à un autre moment, il se fait tard et nous devrions peut-être aller diner. Je te laisse t'installer, appelle Sally ton elfe de maison dès que tu es prêt, elle t'indiquera la salle à manger.

Elle quitta sa chambre d'un pas pressant laissant le jeune homme s'installer ou plutôt vaquer à ses pensées. La réaction si distante de la blonde l'avait un peu blessé, mais il supposa qu'elle n'était pas vraiment friande de réaction émotionnelle excessive, aussi décida-t-il de ne plus y penser pour le moment, il avait un autre blond qui occupait suffisamment ses songes en ce moment

Il ne savait pas très bien s'il devait être content d'être loin de la chambre de Drago, en un sens, c'était rassurant, en un autre, il était déçu, il aurait voulu l'espionner et le voir comme personne ne l'avait jamais vu à part ses amis les plus proches ou même le croiser dans la salle de bain à moitié nu mais comme ils semblaient tous avoir une salle d'eau privée, il pouvait arrêter de fantasmer.

Un gargouillement fort peu gracieux s'éleva de son estomac qui criait famine, il décida de laisser de côté ses pensées sur le beau blond pour appeler l'elfe de maison qui lui était désigné. Elle apparut devant lui, il lui demanda poliment le chemin de la salle à manger qu'elle lui indiqua avec déférence. Durant son chemin vers la salle convoitée, il tenta, en vain, de se repérer dans cette maison qui tenait plus du labyrinthe pour lui. Après environs cinq minutes de marches à travers divers couloirs et escaliers, il arriva devant la salle à manger d'où s'élever un air de musique classique qu'il trouva encore plus morbide que l'aspect général de la demeure.

Il grimaça, sentant qu'il allait passer une merveilleuse soirée.

Il souffla un grand coup, pour se donner du courage, remercia l'elfe de maison qui se courba exagérément devant lui avant de disparaitre dans un pop retentissant, puis il pénétra dans la salle à manger qui devait presque égaler celle de Poudlard. Il se sentit subitement anéantit quand il vit la longueur de la table, mais surtout le nombre de couvert qu'il y avait : trois. Il observa Lucius Malfoy, placer en bout de table, qui dardait sur lui un regard hautain et Narcissa, à l'autre extrémité, qui observait sa tenue d'un air neutre. Effectivement, les deux patriarches de la famille Malfoy étaient richement vêtus pour un simple diner en petit comités, en sommes il faisait vraiment tache dans ce décors somptueux. Il ne put approfondir ses pensées car la voix moqueuse de Lucius Malfoy s'adressant à lui le figea :

-Le portrait craché de James, n'est-ce pas Narcissa ? susurra sarcastiquement le blond à son épouse qui baissa dignement la tête dans son assiette pour enlever un grain de poussière inexistant, mais je t'en prie, fais comme chez toi, déclara-t-il, ironique, en faisant un geste ample vers le siège inoccupé.

Il s'assit en silence, observant la chaise en face de lui, vide de tout occupant. Lucius intercepta son regard et ricana sèchement.

-Excuse mon fils, Draco ne semblait pas vraiment emballé par ce petit repas de famille, il est passé déposer ses affaires et est immédiatement reparti je ne sais où, dit-il d'une voix onctueuse, mais que cela ne nous empêche pas de manger.

D'un claquement de doigt, la table se remplit de diverses variétés de plats, accompagné d'elfes qui servaient les assiettes en silence. Jamais repas ne lui avait paru si triste, surtout sachant qu'il eut lieu dans un silence de mort, uniquement troubler par la musique et le bruit des couverts dans les assiettes. Il observa distraitement le fauteuil vide, un sentiment indescriptible l'envahissant, avant de se mettre en manger, tête baissée.

Il allait faire payer à Dumbledore toute cette mascarade !

Harry ne savait pas très bien pourquoi il se sentait si déçu de ne pas avoir vu Drago au diner néanmoins il fit quand même son apparition dans le salon juste avant qu'il ne s'apprête -enfin- à prendre congé.

-Salut, fit le sublime garçon un peu essoufflé à sa mère, sans adresser un regard à Harry qui ne put s'empêcher de détacher ses yeux de cet ange du diable.

-Tu es là finalement.

-Nan je suis juste passé me changer, je repars tout de suite.

Harry vit clairement l'air déçu qu'arborait le visage de la blonde, observant son fils sans ciller.

-Mais tu rentres ce soir ?

Harry vit dans les yeux du jeune héritier qu'il s'en voulait d'être si froid avec sa mère. Et il savait que c'était de sa faute. Il hésita à se retirer pour laisser la mère et le fils régler leur problème, avant de se dire que finalement, il n'avait pas vu du tout le blond de la soirée, alors il avait bien le droit d'en profiter un peu avant qu'il ne disparaisse de nouveau.

-Je sais pas encore, m'attendez pas en tout cas... dit-il d'une voix neutre avant de se détourner rapidement, près à filer.

-Drago ! interpella Narcissa avant qu'il ne s'éclipse à nouveau, je voudrais que tu emmènes Harry avec toi.

Ce dernier se sentit se ratatiner sur place, à la fois heureux à la perspective de pouvoir être congédié tout en ayant la possibilité de sortir librement sans être prisonnier de ce manoir oppressant et à la fois atrocement gêné de devoir être à nouveau un fardeau à trainer pour Drago.

Celui-ci semblait tout de suite beaucoup moins calme et bien moins enclin à faire des efforts avec sa mère.

-Je te demande pardon ?

-C'est vendredi soir, vous avez eu une dure semaine et il ne peut pas sortir tout seul pour sa sécurité, sois gentil et laisse le sortir avec toi.

-Enfin ne le force pas s'il n'en a pas envie, ce n'est pas Drago qui est assigné à sa sécurité mais toi, si tu as tant envie qu'il fasse une balade, tu n'as qu'à l'emmener toi-même, rappela narquoisement Lucius Malfoy qui sirotait tranquillement son cognac au fond de son fauteuil et qui semblait visualiser Harry tel un chien qu'on promène en laisse.

Le jeune garçon se sentait de plus en plus de trop.

-Laissez madame Malfoy, je peux rester dans ma chambre, il n'y a aucun problème, j'ai des livres à finir et...

-Tu crois vraiment qu'à leur âge on a envie de sortir avec une vieille comme moi ? s'énerva furieusement Narcissa à l'encontre de son mari.

Lucius haussa les épaules, indifférent.

-On a pas vraiment le même âge, souligna Drago qui n'appréciait guère d'être comparé à un gamin de même pas quinze ans.

-Oh tu m'as très bien comprise !

-C'est bon j'l'emmène ! rugit Drago furieux.

Il n'avait pas besoin que sa mère fasse une crise de nerf par dessus le marché et plus encore devant le nain qui posait un regard larmoyant sur lui.

-Splendide ! Passez une bonne soirée tous les deux, leur souhaita Narcissa redevenue très calme.

Harry quitta le salon rapidement en suivant Drago jusqu'à la zone de transplanage situé à l'extérieur près des grilles qui encerclaient le parc, se faisant la remarque qu'ils étaient tous bien fêlés dans cette maison.

-Accroche toi à moi, ordonna sèchement le blond.

Harry obéit, ravi d'être autorisé à le toucher, aussi anodin se fut-il. Ils transplanèrent soudainement et atterrirent sur une route illuminée par les réverbèrent d'une ville située un peu plus loin.

-Tu fais ta vie maintenant, annonça froidement Drago en se détachant brusquement de lui, t'as la ville à un kilomètre, espérons que tu te perdes mais ça serait faire preuve d'un optimisme excessif. Tu sais comment rentrer maintenant alors tu te démerdes.

Alors que Drago s'apprêtait à partir, Harry se sentit incroyablement frustré de ne pas avoir pu lui parler lui aussi et tenta le tout pour le tout :

-Tu sais pas si y'a des boites gay dans ce trou perdu ?

Il sentit le blond se tendre puis se tourner vers lui et il fut ravi d'avoir pu attirer son attention un peu plus longtemps.

-Les pédales sont partout, même dans des trous comme ici. Au pire tu trouveras un repère à putes, c'est la même.

Harry rit à sa remarque.

-Ca se voit que t'as jamais été dans une boite homo.

Drago avança de deux pas vers lui, l'air menaçant.

-Et tu peux me dire ce que je serais allé foutre dans une boite de pédés ?

-Y'a pleins d'hétéros qui y vont, c'est là où y'a le plus d'ambiance, tout le monde sait ça.

Le blond leva un sourcil dubitatif et Harry ne put s'empêcher de le trouver atrocement torride.

-T'as l'air de t'y connaitre pour un môme de quatorze ans.

-Contrairement à toi, répliqua le jeune garçon, amusé.

Sa remarque, contre toute attente, fit rire le blond.

-Tu peux laisser tomber ta panoplie du mec qu'en a déjà vu plus que les autres, les boites dans lesquelles moi je vais ne font pas entrer les gamins pré-pubères.

Ce fut au tour d'Harry de lever un sourcil dubitatif.

-Parce que tu trouves que j'ai vraiment l'air d'un gamin pré-pubère ?

Sa réplique eut le mérite de le décontenancer un peu. Drago regarda plus attentivement le gamin et dû reconnaitre qu'il était en effet loin de faire son âge : un visage plutôt féminin surplombé par de grand yeux innocent d'un vert éblouissant où luisait une petite lueur canaille, des lèvres enfantine, des cheveux en pagaille ressemblant étrangement à ceux d'un homme ayant passé une nuit de baise moite, un corps qui, bien que pas très grand, semblait bien ferme et qui devait faire pâlir d'envies bon nombre de femme.

Il interrompit brusquement ses pensées en songeant avec dégout qu'il n'avait pas besoin d'en savoir plus sur l'anatomie de son vis-à-vis, il en savait déjà assez et c'était déjà trop.

Avec une grimace, il cracha avec hargne, faisant sursauter le brun qui l'observa, étonné :

-Faut que j'y aille, tu vas me foutre en retard avec tes conneries.

Harry le regarda s'éloigner dans la pénombre de la nuit étrangement triste. Malgré son désir d'aller s'éclater en boite toute la nuit, il n'avait franchement pas envie de passer des heures à en trouver une tout seul dans cette ville de ploucs hostile et après la première vraie conversation qu'il venait d'avoir avec Malfoy, il se sentait trop frustré de le voir partir aussi vite. C'est pourquoi il décida de le suivre, à ses risque et périls.

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Malfoy retrouva Blaise, Nott, Pansy, Crabbe et Goyle, ces derniers ressemblant plus à de grandes armoires à glace qu'à deux êtres vivants - on pouvait toujours avoir besoin de ce genre d'individus en dernier recours- au point de rendez-vous.

Nott avait découvert qu'Olivier Dubois, le préfet et capitaine de Quidditch des Gryffondors qui avait tabassé Pansy quelques jours plus tôt, allait tous les vendredis soirs sur le terrain de Quidditch de son père pour s'entrainer jusqu'à l'épuisement. Comme si ça pouvait l'aider à faire gagner son équipe de nazes.

Drago devait avouer qu'il était fier de Théo dans ces moments-là, il était sans doute celui dont on devait le plus se méfier, une gueule d'ange qui cachait subtilement une âme de démon et qui avait le plus de mal à subir son autorité sans se plaindre. Son sourire candide et son regard innocent faisait de lui un Serpentard redoutable dans l'art de la manipulation. Peu de gens savaient résister à son charme, beaucoup se livraient impudiquement à lui, lui qui avait l'air si digne de confiance et c'est pourquoi il pouvait être un précieux atout.

Non seulement il savait où Dubois se rendait le vendredi soir mais en plus il avait appris que ce dernier en pinçait pour quelqu'un de leur connaissance...

Ils avaient un plan ce soir. Ils se savaient d'autant plus protégé pour régler leur petite affaire puisqu'ils étaient en dehors de Poudlard à l'abri des regards.

Ils étaient prêts.

Il observa ses acolytes d'un regard froid, avant de murmurer d'une voix acide et lourde de menace.

-Et c'est là qu'on commence enfin à s'amuser.

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Olivier Dubois se posa en douceur sur le sol boueux du terrain de Quidditch, un sourire aux lèvres. Il avait arrêté trente-sept des quarante souaffles qu'il avait ensorcelé pour marquer, avec ça les Serpentards n'avaient qu'à bien se tenir, ils allaient enfin gagner la coupe.

Il se dirigea joyeusement vers les vestiaires plein de confiance en soi. Il se déshabilla rapidement puis entra sous les douches. L'eau glacée le fit frissonner mais il avait lu dans Quidditchmatch que c'était excellent pour les muscles. Après dix bonnes minutes de ce traitement intensif, il régla l'eau chaude et se lava doucement, savourant ce moment de détente avec délectation. Il laissa ses pensées s'envoler loin du Quidditch quand un picotement le saisit au bras, il baissa doucement les yeux et contempla la marque de griffure profonde qui n'était pas encore cicatrisée. Un sourire amusé le saisit tandis qu'il se rappelait qui en était l'auteur.

Pansy Parkinson ne s'en était pas encore remise. Il éclata d'un rire gai alors que le visage furibond de la jeune fille apparaissait derrière ses yeux clos. Pauvre petit serpent sans défense, elle avait tenté de combattre mais à quatre contre un, elle avait été forcée de supplier, c'était un bon souvenir en somme. Ils s'étaient défoulé contre elle toute à leur guise, la laissant à moitié inconsciente dans un coin sombre du château.

Bien sûr, il savait que c'était fort mal vu de frapper les filles, mais Parkinson n'était pas une frêle jeune midinette innocente, elle faisait partie de la bande de Malfoy et contre eux, tous les coups étaient permis. Ils l'avaient descendu plus bas que terre lui lançant quelques sorts sans vraiment de gravité, la peur panique qu'ils lui avaient causée était suffisante pour satisfaire leurs vengeances contre Malfoy. Toutes les crasses que ce connard avait faites aux Gryffondors étaient maintenant payées. Personne n'osait jamais s'attaquer à eux, tous avaient trop peur des conséquences. Des lâches, voilà ce qu'ils étaient, tous des lâches, sauf eux.

Il se savonna doucement, savourant la satisfaction morbide qu'il avait éprouvé en l'entendant pleurer comme une gamine. Les Serpentards étaient tous des couards pleins au as qui pétaient plus haut que leurs culs, ils les avaient juste remis à leur place, plus bas que terre. Il rit un peu en imaginant la tête qu'avait dû faire Malfoy quand ils avaient retrouvé leur chère pute à l'infirmerie, il n'était même pas venu réclamer vengeance, même s'il doutait que cela n'arrive jamais.

Eux avaient été accueillis en héros dans leur salle commune, tous vantant leur courage et leur loyauté envers leur maison, après tout, ils avaient juste rétablis l'honneur des rouges et ors que les Serpentards avaient bafoués en s'attaquant à eux, un juste retour des choses en somme. Et puis, ils n'avaient pas peur d'eux, qu'ils viennent, lui n'avait pas peur, il les attendait même.

Un bruit de porte qui claque le fit sursauter, il se tourna brusquement, faisant ainsi couler du savon dans ses yeux.

-Putain, grogna-t-il en se rinçant rapidement le visage alors que des bruits de pas retentissaient lentement devant lui, vous voyez pas que c'est déjà occupé !

Seul le silence lui répondit.

Il coupa l'eau et s'essuya rapidement le visage. Il n'entendit rien si ce n'est le clapotis discret des gouttes qui tombaient sur le sol. Il attendit quelques secondes avant de rigoler bêtement de sa frayeur injustifiée. Surement des courants d'air ou simplement un autre joueur venu récupérer un objet dans les casiers. Il ceintura sa serviette autour de ses hanches puis sortit de la douche pour se rendre à son casier où il prit une seconde serviette pour se sécher les cheveux quand une main le saisit par la hanche et le plaqua brusquement contre la rangée glacée de métal.

-Salut Dubois, murmura une voix féline et séductrice qui le fit frissonner, la forme ?

-Zabini ? bégaya pitoyablement le gardien en observant le métisse qui souriait doucement, prenant une pause aguichante et sensuelle. Qu'est ce que tu fous là ? C'est chez mon père ici, t'as rien à foutre ici !

Il repoussa violemment le Serpentard et lui tourna le dos. Il n'aimait pas trop se tenir si dévêtu devant son ennemi mais il décida de faire profil bas. Sa respiration était laborieuse et difficile et il sentait une partit de son corps qui commençait à réagir à la proximité de ce corps désirable qui le hantait depuis quelques mois.

Il dû serrer fortement les lèvres lorsqu'un corps chaud se plaqua contre son dos et qu'une voix lascive retentie langoureusement à ses oreilles.

-Tu crois vraiment que c'est très prudent de me tourner le dos alors que t'as tabassé ma copine y'a pas longtemps et que tu n'as que pour seule arme...une malheureuse serviette ?

Dubois se détacha brusquement de lui, se sentant de moins en moins à l'aise et ramassa sa baguette -par prudence.

-Alors c'est pour ça que t'es venu ? Je vois que Malfoy continue à te faire faire tout son sale boulot. C'est marrant, connaissant ses tendances de couards, j'aurais pensé qu'il aurait ramené toute sa clic, juste au cas où.

Blaise ricana franchement. Il fallait qu'il rie pour ne pas s'énerver, pour suivre le plan à la lettre.

-Et t'appelle ça comment quatre mecs contre une fille ? Du courage peut-être ?

-Considérant ce que cette fille est capable de faire avec sa baguette et qu'elle était armée, j'appellerais même ça de l'héroïsme !

Blaise se mit à rire franchement cette fois-ci, qu'il était fier de sa Pansy ! Ils sortaient ensemble depuis deux ans et était considérés comme le couple le plus dangereux de l'école. Enfin une rumeur correcte, pensa-t-il.

-Moi aussi je sais m'y prendre avec ma baguette, tu veux que je te montre ? susurra le serpentard en prenant un ton étrangement sensuel.

Le Gryffondor déglutit, il rêvait ou ce mec lui faisait du rentre dedans ?

Zabini lui offrit un sourire charmeur avant de se rapprocher plus encore du corps encore humide qui lui faisait face. Il posa doucement sa main sur le torse plutôt bien fait qu'il caressa de façon séductrice, son regard plongé dans celui de son vis-à-vis, il se mordit doucement les lèvres.

-J'ai toujours eu un faible pour les joueurs de Quidditch tu le savais ? Leur maillot les rend bandants.

-Tu te fous de ma gueule là ?

-Tu trouves que j'ai l'air de me foutre de ta gueule ? Et puis honnêtement, j'ai eu un millier d'occasion de tenter quelque chose contre toi depuis que je suis arrivé ici, fit Blaise démontrant sa sincérité en descendant lentement sa main vers son entrejambe et lorsque Dubois capitula par un gémissement incontrôlé, le serpentard se fit la remarque que ce mec était un vrai boulet.

Olivier avait toujours pensé que l'homo chez les Serpentards était Theodore Nott, si Malfoy avait voulu lui faire un coup bas en envoyant un de ses acolytes jouer les putes auprès de lui, n'aurait-il pas plutôt envoyé le pédé de la bande ? Ce fut la raison pour laquelle il se méfia moins de Zabini car même si Parkinson était sa petite amie officielle, tout le monde savait qu'ils étaient ensemble pour jouer au couple satanique et qu'ils leur arrivaient de se tromper mutuellement ce qui n'était pas étonnant venant de ces personnes en particulier et d'autant plus qu'il ne comptait plus le nombre de nuits chaudes qu'il avait passées à penser honteusement au bel étalon métisse.

Ce dernier se colla outrageusement contre sa proie.

-T'inquiète Malfoy finira bien par se venger, même s'il se fout complètement de Pansy, il a quand même quelques principes.

-Pas toi apparemment..., gémit Dubois alors qu'une certaine main continuait à masser son sexe à travers le tissus de sa serviette.

-Tu n'as pas peur de défier Malfoy et j'aime ça, c'est tellement peu commun. Je trouve ça…excitant.

Il lécha doucement les lèvres de son interlocuteur avant de faire glisser ses doigts le long du corps tendu contre lui, lentement, il retira la serviette qui cachait le bas du corps du Gryffondor qui frissonna violemment. Le Serpentard la lança loin derrière lui avant d'observer l'érection du brun qui gémissait doucement les yeux fermés.

-Oui, c'est ça, chuchota le métisse, bande pour moi, petit Gryffondor.

Ce dernier n'arrivait pas à croire que son fantasme « number one » était contre lui. Il était même persuadé qu'Harry Potter, le pédé le plus déchainé de Poudlard et avec qui il avait connu de nombreux ébats -c'est qu'il était sacrément doué le jeunot- n'avait pu avoir cette chance-là. Cela le grisa un peu plus.

-Ho putain Zabini…j'ai tellement envie de toi, déclara le brun avec fougue alors que la main du Serpentard effleurait sensuellement son sexe enfin à l'air libre, il ne put alors s'empêcher de faire tomber sa baguette à terre.

Le Serpentard eut un sourire satisfait tandis qu'il se rapprochait doucement de l'oreille du rouge et or qui gémissait comme une chienne en chaleur. Sa voix était aussi douce que du velours et légèrement essoufflé.

-Même si je ne m'attendais pas à ce que tu te confies aussi vite, c'est exactement ce que je voulais entendre...

-Et alors ? fit Dubois qui commençait à s'impatienter.

Pourquoi ce mec parlait-il autant au lieu d'en venir aux faits ?

Il ouvrit les yeux devant le manque de réponse pour tomber sur le visage moqueur du Serpentard. Mais que…

-Petrificus totalus ! cria une voix froide à sa droite.

Il sentit son corps se figer brusquement alors qu'il tombait à la renverse, nu comme un vers, au pied de l'homme qu'il désirait le plus au monde. Il sentit à sa plus grand honte des larmes s'accumuler dans ses yeux grands ouverts par la surprise tandis que Zabini et Théodore Nott se penchait vers lui avec des sourires goguenards et mauvais aux lèvres. Il était totalement humilié et vulnérable, comment avait-il put être aussi stupide, il savait que Zabini faisait partit des proches de Malfoy, pourquoi avait-il écouté ses foutus hormones ? Et il sentait que ce n'était pas fini.

-Tiens tiens tiens ! Mais qu'avons-nous-là ? déclara mielleusement une voix aussi incisive et dangereuse qu'une lame affutée, Dubois, c'est tellement grisant de te voir. Blaise, continue comme ça et je finirai par te trouver en flagrant délit en train de sucer Théo.

Il reconnut le rire poli de Blaise répondre à sa boutade ainsi que d'autres non identifiés alors que le visage de Draco Malfoy apparut dans son champs de vision. Il déglutit difficilement quand il vit le regard meurtrier que le blond jaugea sur lui, il rougit quand il le vit s'attarder sur son sexe en érection avec une grimace répugnée, il devint livide quand il le vit tendre la main derrière lui et ramener Pansy Parkinson qui l'observa avec une jubilation malsaine.

-Maintenant Dubois, on va t'enseigner une petite leçon façon Serpentard, j'espère que tu vas bien la retenir, c'est gratuit, déclara onctueusement Malfoy avec un sourire encourageant contredit par la froideur glacial de son regard de mercure, tu touches encore un des nôtres et j'autorise Pansy à arracher ta queue de pédé -Dieu sait où elle a été fourrée- et à la donner à manger aux chiens.

A part Nott qui semblait furieux -toujours lorsque Malfoy insultait par des propos homophobes, tous les autres Serpentards semblaient très enthousiastes à cette perspective.

Il eut un sourire froid devant le regard paniqué de brun.

-Pansy ?

Tous trépignaient d'impatience sur la manière dont allait se venger leur camarade qu'ils savaient sans pitié.

La jeune fille l'observa sans mot dire durant quelques secondes avant de lui cracher au visage, s'ensuivit un violent coup de pied sur le nez du brun qui ferma brusquement les yeux de douleur.

-Ça c'est pour oser m'attaquer dans le dos !

Elle prit de l'élan avant d'envoyer son pied dans la mâchoire qui se déboita sous le choc, savourant visiblement le craquement sinistre qui résonna avec force.

-Et ça c'est pour le simple fait que tu existes, petite pédale !

Elle se recoiffa, fit un bref hochement de tête aux autres qui l'observaient compréhensifs puis elle quitta le vestiaire la tête haute, rejoignant Crabbe et Goyle qui surveillaient l'entrée.

-Ca c'est de la gonzesse ! rigola Blaise en observant le carrelage recouvert de sang, ça te donne pas envie de t'en taper une dans ces moments-là Théo ?

Ce dernier plissa les yeux arborant une moue répugnée.

Draco sourit à la remarque de son ami -il détestait les tendances pédéraste de Nott, ça lui donnait des nausées, mais le jeune homme était un serpentard respecté qui avait fait ses preuves et avait réussi à faire oublier cette anomalie auprès de leur cour en restant très discret, il n'avait donc pas le choix. Draco se tourna vers sa victime dont les larmes coulaient en abondance, se mêlant au sang impure qui salissait le sol. Il ricana sèchement et fit un bref signe de tête à Blaise qui sortit sa baguette d'un geste fluide.

-Pas que je m'emmerde suceur de queue mais la leçon est terminée. Espérons qu'elle rentre cette fois, enfin je dis ça, c'est surtout pour toi...Allez on se casse.

Drago s'éloigna félinement en lui faisant un signe de main faussement joyeux :

-Bye bye !

Zabini eut un sourire tendre envers le Gryffondor qui le regardait avec crainte, il leva sa baguette et lança un bref doloris sur la loque sanglante qui reposait sur le sol.

-Quand je pense que t'as pu croire une seconde que tu pouvais me faire bander, soupira-t-il un peu amusé, avant de suivre Drago.

Nott resta un instant à contempler leur victime avec un regard malsain avant d'effleurer ce sexe encore en érection. Dubois ne pouvait hurler son indignation et se devait de subir cette nouvelle humiliation -la pire de toutes surement- en silence.

-Sans tout ce sang et ce regard de demeuré, tu serais un beau mec, se dit le serpentard à voix haute, dommage.

Nott était plus comme Malfoy, il détestait en venir aux mains, le sang et les coups n'étaient pas assez esthétiques pour lui. Il préférait largement la finesse et l'élégance des attaques verbales qui était infiniment plus douloureuse et dure à cicatriser que n'importe quelle attaque physique. Laisser une victime plus bas que terre avec seulement quelques paroles bien sentit suffisait à le faire bander, littéralement.

Il sortit à son tour, laissant derrière lui et sans la moindre once de remord, le corps mal en point et toujours aussi nu du jeune homme, les Gryffondors étaient prévenus, on ne s'en prenait pas à un Serpentard sans en subir de lourde conséquences et plus encore, un Serpentard appartenant à la bande de Malfoy.

Draco eut un sourire sinistre qui n'augurait rien de bon.

Un sur quatre, au suivant ! Il s'occuperait néanmoins de ses acolytes un autre soir. Il fallait faire durer le plaisir.

-Bon je vais rentrer, je me sens naze, annonça-t-il.

Il n'était absolument pas fatigué mais il savait où ils iraient s'il ne les quittait pas maintenant et il avait eu sa dose de violence pour la soirée. Il ne fallait pas abuser des bonnes choses.

-On se voit demain alors ?

-Ouais, à plus tard.

Drago longea la route isolée alors que ses amis prenaient la direction opposée, vers la ville. L'endroit était tellement paumé qu'il n'y avait pas de zone de transplanage avant plusieurs kilomètres, fallait vraiment que Dubois vive dans un coin aussi perdu.

Il se prit alors à penser au gamin squatteur. Il se demanda où il pouvait être en ce moment même, sûrement en train de se faire sauter par un inconnu après s'être fait payer plein de verres par des gros vicieux désireux de se faire un petit jeune bien monté...Il grimaça de dégoût à cette pensée et continua à marcher, rentrant ses mains dans les poches de sa veste, commençant à se les peler sérieusement.

-Je croyais que tu sortirais jamais de ce vestiaire...

Drago faillit mourir de frayeur, ne s'attendant absolument pas à ce qu'il y ait quelqu'un de race humaine dans les environs.

-Désolé, s'excusa Harry qui venait de sortir du champ un peu essoufflé.

Il paraissait clairement amusé : lui avait réussi à effrayer le grand Drago Malfoy.

-Qu'est-ce que tu fous là, connard ! attaqua-t-il brusquement.

-Eh bien...

Drago plissa les yeux de colère.

-Me dis pas que t'étais en train de me suivre !

Harry déglutit.

-Tu peux pas m'abandonner comme ça au milieu d'un champ en espérant que ça me convienne et puis je la sentais pas cette ville. Trop plouque pour moi.

Draco lui lança un regard torve, sentant sa bonne humeur précédente s'envoler et son calme se fissurer inexorablement. Ce petit con avait le talent de le foutre en rogne par sa simple indésirable présence.

-Tu te fous de ma gueule ? Tu voulais peut-être que je t'accompagne en te donnant la main ? fit-il furieusement.

-C'est bon calme toi...

-Putain, arrête de me dire ce que je dois faire !

-La prochaine fois j'rentrerai direct au manoir.

-La prochaine fois reste dans ta piaule et viens pas me faire chier du tout, gronda Drago en reprenant sa marche.

-Qu'est-ce que vous avez fait dans ce vestiaire ? s'enquit timidement Harry en tentant de suivre le pas rapide du blond.

-Tu le sauras bien assez tôt.

Le ton sinistre de la voix du blond ne lui augura rien de bon, connaissant Malfoy et sa bande, il n'eut plus aucun mal à savoir ce qu'ils avaient fait dans ce vestiaire.

-Putain, qu'est-ce que vous avez encore foutu ! s'exclama Harry en faisant demi-tour sur le champ, accélérant le pas.

Il était hors de question qu'il "attende" comme Malfoy le souhaitait, il allait aller vérifier par lui-même, peut-être qu'il pouvait empêcher les choses de se produire s'il arrivait à temps.

Drago le rattrapa rapidement et le stoppa dans son élan en lui attrapant l'épaule.

-Qu'est-ce que tu crois faire là ?

-J'y vais puisque tu préfères faire ton mystérieux. Je paris que c'est quelqu'un de l'école, un né-moldu encore une fois ?

-Je lui ai même pas posé la question, fit Drago avec un sourire mesquin en rapprochant son visage très près de celui d'Harry, semblant le défier de faire quoi que ce soit.

Troublé par ce rapprochement soudain, le petit brun recula, il n'était pas très sûr de vouloir apprécier un mec aussi pourri de l'intérieur.

-T'es vraiment imbuvable.

Il le bouscula un peu pour continuer sa route vers le terrain de quidditch et poussa un petit cri de surprise lorsqu'il se retrouva brusquement à terre dos contre le ciment de la route, Malfoy juste au-dessus de lui mais pas assez proche de lui pour qu'ils ne se touchent. Harry se sentit incroyablement mal à l'aise, savoir ce corps si désirable au-dessus de lui ne lui plaisait pas du tout dans une telle situation.

-Ecoute-moi bien, tu vas garder tes états d'âmes et tes opinions de mioches à la con pour toi à l'avenir ok ? T'as pas intérêt à aller foutre ton nez dans mes affaires et si jamais je te surprends à m'espionner encore une fois, je te bute, c'est clair ?

Harry acquiesça rapidement, il voulait seulement que le blond s'éloigne le plus vite possible de lui. Drago obéit à ses pensées et continua sa route disparaissant peu à peu dans la nuit sombre. Il se releva lentement, les membres encore tremblant, une seule idée en tête ; pourquoi Malfoy était-il aussi bête et méchant ? Il avait dû subir quelques traumatismes, enfant, pour en arriver à un niveau de malfaisance aussi élevé se dit-il.

Il souffla doucement et tourna son regard vers le terrain qui était encore visible de la où il était, et malgré les menaces du blond, il se dirigea vers le vestiaire.

Il avait peur de ce qu'il pourrait y trouver mais il se dit qu'il préférait en avoir le cœur net plutôt que de laisser son imagination divaguer dans des extrapolations douteuses.

Il s'attendait à quelque chose d'affreux et il ne fut pas déçu : un jeune garçon, pétrifié, complètement nu, baignait à terre dans son propre sang.

Outre l'atrocité du spectacle, ce qui horrifia le plus Harry fut de constater la cruauté sans limite du blond à l'état brute. Elle se manifestait à travers les blessures du jeune homme sans même parler de l'humiliation que devait ressentir le jeune homme à être abandonné totalement nu aux yeux de tous ceux qui pouvait passer par là. Il sentit un nœud au creux de sa gorge se resserrer lentement.

Malfoy était un monstre...

En s'avançant un peu tremblant vers la victime, il reconnut enfin Olivier Dubois et poussa un cri d'effroi. Le tableau était bien pire maintenant qu'il pouvait donner un nom et une identité à ce garçon qu'il connaissait intimement par cœur. Olivier était un des rares Gryffondors avec qui il appréciait à la fois grandement discuter et coucher, en effet les gens de sa maison avaient parfois trop tendance à se promettre un amour éternel. Mais Olivier était un partenaire qui ne s'étalait pas avec de bons sentiments dégoulinants de mièvrerie et plus que tout, jamais il ne faisait référence à son jeune âge. Il l'avait toujours traité d'égal à égal. Ils baisaient et rigolaient bien ensemble, ce qui leur suffisait amplement et réciproquement.

Il ressentit une nausée brutale à la vue du sexe en érection de son camarade de jeux, il ne voulait même pas savoir ce qui c'étais passé ici...surtout en sachant que c'était l'œuvre de Malfoy.

Il déglutit difficilement et lança d'une voix qu'il espérait forte et calme, mais qui n'était rien de plus qu'un petit filet de voix tremblant.

-Finite !

Le corps du préfet retrouva ses mouvements et Harry s'abaissa auprès de lui pour l'aider à se redresser. Il dû cependant faire face aux cris du brun qui se débattait avec force, pensant sans doute que ses agresseurs étaient revenues jouer un peu avec lui. Il le prit dans ses bras et le serra fortement tout en murmurant des paroles réconfortantes à ses oreilles, espérant qu'il puisse reconnaitre sa voix et qu'il se calmerait de lui-même.

Il murmura quelques sortilèges sur ses blessures visibles pour soulager quelque peu sa douleur, il avait toujours été doué en sortilèges guérisseurs.

Il fallut bien cinq minutes au Gryffondor pour se ressaisir. Le regard qu'il leva vers Harry rendit se dernier atrocement mal, c'était un regard hanté et craintif qui lui donnait la nausée. Comment pouvait-on infliger ça à un être humain ? Bon sang, ils l'avaient littéralement brisé !

-Harry ? fit Dubois en murmurant péniblement, ses mains crispées fermement sur les bras de son sauveur.

Harry lui caressa doucement le visage, effaçant les traces de sang séché, avant de se dégager doucement de l'étreinte étouffante de son amant qui l'observait avec frayeur, comme s'il avait peur qu'il l'abandonne ici. Il tandis doucement la main devant lui pour récupérer de quoi couvrir le corps nu et blessé du brun, non sans remarquer que l'érection avait totalement disparut. Il supposa qu'il devait être soulagé et plus à l'aise que ce fut lui qui l'ait découvert plutôt que n'importe quel autre individus, lui qui ne portait de jugement sur personne et qui l'avait vu nu un bon nombre de fois.

-Tais-toi, ne parle pas, souffla Harry, je vais chercher du secours, surtout ne bouge pas.

Olivier lui indiqua laborieusement la zone de transplanage et Harry transplana directement à l'hôpital St Mangouste où plusieurs infirmiers vinrent en vitesse s'occuper de Dubois. Harry passa la soirée à répondre aux questions des médecins et des Aurors.

-Je l'ai déjà dit à vos collègues, j'ai juste vu une bande de jeunes sortir du vestiaire sans éteindre les lumières, ça m'a intrigué alors je suis allé voir et j'ai trouvé Dubois allongé. Je n'ai rien vu d'autre.

Harry ne pouvait décemment pas raconter que c'était Malfoy et sa clique, il aurait été encore plus mal barré que Dubois et il n'était pas prêt à être défiguré de la même manière ou même à être tué. Qui plus est, en plus de ne pas vouloir se mettre à dos les serpents de la princesse blonde, il ne voulait pas infliger plus de problème à Narcissa Malfoy en accusant son fils, elle avait déjà l'amabilité de l'héberger chez elle, il ne pouvait raisonnablement pas lui planter un couteau dans le dos en vendant son propre fils alors qu'il ne résidait chez elle que depuis quelques heures.

Même s'il faisait preuve d'une lâcheté écœurante, il préféra se taire, se rendant ainsi complice malgré lui.

Il se demanda alors comment il avait pu en arriver là lui qui s'était toujours promit de ne jamais plier face au régime de peur qu'avait instauré le blond.

Ce fut à ce moment précis qu'il regretta presque d'avoir suivi Drago et se promit de ne plus jamais fouiner dans les affaires salasses de ce fou furieux.

Après avoir été innocenté par Dubois, Harry fut enfin autorisé à rentrer. Il était tard et il fit son possible pour trouver sa chambre le plus discrètement possible dans l'immense maison. Après de longues minutes à tenter de se souvenir des bons couloirs à prendre, il retrouva sa chambre et s'y précipita en soupirant d'aise. Cette soirée avait été longue. Il n'avait plus qu'à espérer s'endormir rapidement sans repenser au corps meurtri d'Olivier Dubois et à ses yeux implorant de ne pas le laisser seul quand il avait quitté l'hôpital...

-Alors ça t'a plu ?

Le cri de stupeur d'Harry qui aurait sûrement résonné à travers toute la maison fut désarçonné par Malfoy qui avait anticipé sa réaction en appuyant sa main sur sa bouche avec force. Terrifié par cette voix doucereuse qui l'avait prise de cours, Harry tenta de reprendre une respiration normale en évitant de songer au corps de Malfoy qui effleurait le sien délicieusement, à son regard si près du sien qui le fixait intensément ou à sa main toujours placée contre ses lèvres.

Une fois qu'il fut sûr que le gamin fut calmé, Drago retira sa main mais ne recula pas pour autant, souhaitant savourer chacune des réactions du brun le plus près possible.

-On ne t'a déjà dit que t'étais un grand malade ? accusa durement le brun.

-Oh, la fillette est fâchée que le grand méchant pas beau l'ait prise par surprise ? ricana Malfoy sarcastiquement.

Ce gosse avait vraiment du cran de lui parler ainsi même en sachant de quoi il était capable, quelque part, il devait bien admettre que ça lui plaisait, il n'en prendrait que plus de plaisir à le briser quand son tour viendrait.

Il sourit sèchement en voyant le visage furibond du petit brun, il ressemblait à un petit chaton tout hérissé crachant sa colère. Vraiment pathétique.

-Va te faire foutre, je parlais pas de ça ! Comment est-ce que tu as pu lui faire ça ?

Drago rit un peu devant son air si outré, les Gryffondors s'emballaient vraiment pour si peu. Et puis, il n'avait fait que rendre la monnaie de sa pièce, avec les intérêts bien sûr, les Malfoys avaient toujours été bon en affaire après tout.

Il se redressa quelque peu, et susurra d'une voix froide et féline, un petit sourire charmeur aux coins des lèvres qui acheva de déstabiliser complètement le rouge et or :

-Je ne vois pas de quoi tu m'accuses, je n'ai rien fait.

Harry serra brusquement les poings devant l'air si décontracté et blasé du blond, comme si ce qu'il avait fait, ou plutôt, connaissant le serpent, ordonné de faire n'était rien, comme si ce n'était pas grave ou que ça ne méritait pas qu'on s'y intéresse ou qu'on s'en inquiète, il s'en foutait royalement. Ce mec était vraiment un grand malade. Il serra les dents, essayant de s'empêcher de hurler ou de frapper le visage trop calme et moqueur qui lui faisait face. Il siffla longuement, s'exhortant au calme, mais quand il entendit le gloussement moqueur du blond, il craqua.

-Et alors ? C'est toi qui as laissé faire de toute façon. Tout le monde sait que t'as toujours trop peur de te mouiller ! cracha Harry, furieusement.

La rage avait pris le dessus sur la peur à tel point qu'il se fichait bien de ce que Malfoy pourrait lui faire. Il était sûr que si Malfoy s'attaquait à lui maintenant, il serait capable de se défendre dignement vu toute la colère et la haine qui était emmagasiné en lui. Il se sentait capable de tout quand il était dans cet état. Non pas qu'il aimait particulièrement Olivier mais c'était le comportement insensible et blasé du Serpentard qui le poussait à bout et même s'il avait une belle gueule et qu'il ne dirait pas non pour une partie de jambe en l'air avec lui, en cet instant, il le trouvait simplement abjecte.

Il grinça des dents quand il entendit pour la énième fois de la soirée le ricanement sarcastique de blond qui l'observait, un fin sourcil aristocratiquement relevé.

-Il n'y a vraiment que les Gryffondors pour croire que le courage est une qualité, s'amusa Drago absolument pas offensé.

-Si tu crois que tu vas t'en sortir cette fois, tu rêves !

-Ah oui et qui est-ce qui va aller m'accuser ? Toi peut-être ? répliqua Malfoy en lui offrant son plus beau sourire.

Harry enragea, cet enfoiré savait parfaitement que Dubois n'irait rien dire et lui non plus. C'était un cercle vicieux, c'était bien Malfoy qui menait le jeu, dictait les règles et gagnait. Il n'était pas vraiment emballé à l'idée de le défier ou de créer une rébellion, néanmoins, il n'était pas de ceux qui se laissait gentiment marcher sur les pieds, même s'il n'avait pas le courage pour le balancer aux Aurors, il n'en aurait pas moins le cran de lui dire tous ce qu'il pensait de lui, que cela lui plaise ou pas. Il était trop détestable pour qu'il puisse ne serait-ce que penser se laisser faire par lui de la même manière qu'il étendait son emprise sur la quasi-totalité des résidents de Poudlard.

Constatant qu'il ne répondait rien, Drago lui tapota l'épaule, faussement compatissant :

-Ne t'inquiète pas, ce petit pédé sera rapidement de nouveau opérationnel pour baiser ton petit cul de trainée si c'est ce que tu crains.

Harry observa les yeux gris du blond briller sous les rayons opalescents de la lune d'un éclat mauvais. On y était. En sommes, Malfoy, dont l'étroitesse d'esprit était égale à la taille d'une brindille, était homophobe. Parfait, vraiment génial, il ne manquait plus que ça, même si cela n'était plus trop surprenant. Il saisit un peu mieux la raison pour laquelle Malfoy était si écœuré de l'avoir sous son toit, après tout, il était le gay le plus fier de toute la création et il ne voyait aucune raison de cacher son orientation sexuelle, et encore moins pour plaire à ceux que cela dérangeait.

Il observa le blond en silence, cachant du mieux qu'il put le fait que cette remarque, venant de lui, le blessait un peu, mais cela ne fit qu'accroitre sa solide résolution de pousser Malfoy à bout et il tenait le parfait moyen pour cela.

Doucement, il contourna le blond qui fronça les sourcils de contrariété à la vue de la passivité du gamin. Il détestait être ignoré et il allait lui prouver à l'instant même, mais alors qu'il tendait la main pour attraper le bras du brun, ce dernier se tourna vers lui, un fin sourire aux lèvres que le serpentard qualifierait de franchement moqueur.

-Tu sais quoi ? Ta remarque me donne une folle envie de baiser. Comme je suis tout allumé, moi et mon petit cul de trainée on va aller se contenter ailleurs, profondément et longuement, susurra Harry d'une voix aguicheuse.

Il se tourna, ouvrit la porte et se tourna une dernière fois vers Drago, avant de franchir le seuil :

- Au fait, je préfère être une trainée qui prend son pied en se faisant éclater le cul, plutôt qu'un frigide froid et psychopathe qui n'arrive à bander que lorsqu'il torture. Allez, à plus beau blond, passe une bonne fin de soirée.

Il disparut dans l'obscurité du couloir, laissant derrière lui le blond qui observait l'endroit où il s'était tenu quelques instants, assistant choqué, à sa première défaite verbale orchestrée par une simple petite tapette en chaleur.

Il allait le lui faire payer au centuple.

A suivre !

Nous espérons que la longueur du truc ne vous a pas trop effrayé parce que ça empire après!

A bientôt pour la suite,

Margue et Pauline C.