Visite d'atelier
Lucas n'avait pas la moindre idée de comment ils en étaient arrivés là. La main de son compagnon s'était subtilement posée sur sa hanche alors que l'autre lui avait gentiment prit le menton, son regard croisant alors le doux bleu de son blondinet. Pas un mot ne fut échangé et pourtant le cœur du petit brun s'accélérait dangereusement. Doucement le pouce vint caresser sa lèvre inférieure, passant et repassant dessus jusqu'à ce que celle-ci ne se détache de sa jumelle en un faible soupir. Avec délicatesse le pouce passa alors entre-elles, jouant avec jusqu'à ce qu'elles cèdent définitivement le passage, venant ensuite taquiner le bout de la langue du bucois qui ne pu que frémir, son souffle se raréfiant tandis que la chaleur lui montait à la tête, faisant rougir davantage ses joues et rendant son esprit cotonneux. Les yeux mi-clos, il voyait pourtant le sourire de son compagnon qui se rapprochait, le pouce abandonnant sa bouche pour la céder à celle de l'autre. Lucas se laissa fondre dans ce baiser, celui-là et tous les autres d'ailleurs le mettaient à l'état de guimauve en quelques minutes. Impossible de dire s'il était simplement trop sensible ou si son doux Vivi avait un pouvoir de séduction plus important qu'il n'y paraissait au premier abord.
Quoiqu'il en soit le jeune homme n'avait plus une seule pensée cohérente lorsque les lèvres de son aimé laissèrent les siennes gonflées et rougies. La seule chose qui vint à l'esprit de Buc fut de venir s'accrocher aux épaules de l'autre et de réclamer un autre baiser. Encore. Peut-être même qu'il pourrait y passer sa journée tellement ces délicieux et sensuels échanges étaient addictifs. Mais il semblerait que Villeurbanne était d'humeur joueuse en ce jour puisqu'il ne faisait qu'effleurer la bouche quémandeuse, s'amusant des tentatives du brun pour obtenir ce qu'il voulait. Peut-être était-ce le geignement plaintif du jeune entre ses bras qui le fit flancher ou peut-être que le blond l'avait assez fait languir à son goût puisqu'il se décida enfin à lui donner ce qu'il désirait tant. Le bucois sentit ensuite l'impulsion de son partenaire et recula de quelques pas, sans pour autant se détacher de l'autre cela va de soit, jusqu'à ce que ses jambes buttent contre son étal. Il avait emmener le mignon blondinet dans son repère d'artiste mais n'avait pas prévu de faire autre chose que discuter à la base. Pas que le changement de programme soit déplaisant cela dit.
Les mains chaudes passèrent de ses hanches à ses fesses puis ses cuisses, les soulevant afin de le forcer à s'asseoir sur l'établis, pas qu'il comptait résister de toute façon. Le brun laissa le villeurbannais s'installer entre ses jambes qu'il croisa ensuite dans son dos par la force de l'habitude et parce qu'il avait envie de le rapprocher, appréciant de le sentir tout contre lui. Son amant resta relativement sage, embrassant et mordillant son cou et l'une de ses épaules qu'il avait dénudée en tirant un peu sur la manche de son pull léger. Lucas ne restait pas inactif pour autant, ses mains s'étant faufilées sous les vêtements pour aller caresser les flancs et le dos de son Vivi, sentant sous ses paumes les durillons striant la peau douce. L'adolescent savait quel genre de «dessin» s'y trouvait mais n'en parlait pas, ils en avaient vaguement discuté au début de leur relation puisque c'était la première fois qu'il le voyait puis plus rien. Le bucois n'avait pas insisté pour ne pas blesser son compagnon, se contentant de le cajoler et attendant le bon vouloir de ce dernier si tant est qu'un jour il veuille lui en parler.
«Lucas ~» chuchota la voix de l'objet de ses pensées tout contre son oreille, le faisant frémir alors qu'un soupir désireux s'extirpait de ses lèvres. Buc attira son interlocuteur encore plus près, collant leur corps l'un à l'autre. La voix se fit entendre à nouveau, lui chuchotant des merveilles qui le faisait rosir de plaisir. Lui était complètement nul pour les déclarations, qu'elles soient amoureuses ou non. Son monde était silencieux après tout. Enfin, il l'était avant. Il cacha son visage rougissant dans le cou de son amant qui eu un petit rire, apparemment toujours aussi amusé de ses réactions vis-à-vis de lui. Grand bien lui fasse.
«Je ne me moque pas de toi Lulu, tu es juste trop mignon ~
- Hm. C'est pour ça que tes doigts flirtent avec la lisière de mon jean?
- Ca te dérange?
- Non.»
Le sourire éclatant reçu en réponse lui indiqua qu'il avait dit le mot souhaité. Ce petit constat amena également un léger sourire sur son visage et celui-ci s'affirma quand son Vivi vint poser un petit baiser sur sa joue. Le brun se lova confortablement puis ferma les yeux, profitant tranquillement de ces instants de tendresse. Lorsqu'il les rouvrit, il compris qu'un petit moment était passé sans trop savoir combien de temps il avait somnolé exactement, Lucas s'apprêtait d'ailleurs à le demander à Villeurbanne mais celui-ci semblait occupé à chantonner comme il lui arrivait de le faire parfois. Il l'écouta donc sans vraiment chercher à comprendre ce qu'il disait, appréciant ce petit plaisir simple.
«Tu es réveillé? ~» lui demanda subitement le blond et le bucois acquiesça en réponse, n'ayant pas envie de parler pour le moment.
Il sentit l'autre remuer un peu et le jeune homme se souvint que le villeurbannais était resté debout pendant tout ce temps. Quelle andouille celui là, pourquoi était-il resté dans cette position inconfortable sans rien dire?
«Tu ferais mieux de t'asseoir.
- Pas envie de te lâcher ~
- Vivi, tu n'es pas fatigué de faire des allers-retours en plus de rester planté là comme un piquet?
- Un peu mais c'est pas grave. Tu n'es pas content que je sois venu...?
- Bien sûr que si, dis pas de bêtises. Mais tu ne vas pas venir à chaque fois que je dis que j'ai envie de te voir.
- Eh bien...
- C'était pas une question!
- Ah, d'accord...»
Buc soupira doucement en voyant la mine dépitée de son amant, il savait que celui-ci n'aimait pas quand il élevait un peu la voix et qu'il faisait vraiment de son mieux pour lui faire plaisir ce dont le représentant de la petite ville lui était tout à fait reconnaissant d'ailleurs mais le brun n'avait pas la moindre envie que son partenaire se fourre dans des ennuis juste pour ses beaux yeux. Il attira plus près le blond qui vint docilement se blottir contre lui, laissant l'adolescent passer ses doigts dans ses mèches dorées.
«Ne le prend pas mal Amour, je veux juste que tu prennes soin de toi. Tu comprends ça non?
- Oui mais moi aussi j'avais envie de te voir...
- Je sais. Mais quand même, ne t'épuises pas juste pour ça. T'entendre chaque matin au téléphone c'est déjà bien.
- Hmhm ~
- Je t'aime Jules.»
D'habitude il recevait un «Je t'aime» en retour ou un «Moi aussi» mais là, silence. D'accord il n'utilisait pas souvent le prénom de l'autre homme, essentiellement parce que son petit-ami avait plus l'habitude de son surnom ou sa dénomination officielle. Était-ce si extraordinaire que ça? Fallait croire que oui. Lucas releva doucement le visage de son compagnon qui avait baissé la tête et le vit aussi rouge qu'une tomate mûre.
«C'est ton prénom qui te fais tant d'effet?» interrogea-t-il doucement mais seul un marmonnement incompréhensible lui fut rendu.
Buc esquissa un sourire puis vola un nouveau baiser au blond qui fini par se détendre dans son étreinte. Le brun le senti frissonner sous ses doigts alors qu'il s'amusait à taquiner ses points sensibles, juste pour le plaisir de le voir se laisser aller. Ses lèvres et sa langue vinrent aussi se mêler au jeu, s'amusant à tracer lignes et dessins sur les parcelles de peau découvertes sous les soupirs heureux de sa victime consentante. Lucas continua à le câliner et le titiller, lui tirant même un petit glapissement lorsqu'il osa s'amuser avec la boucle particulière du blond. Il réussit tant et si bien d'ailleurs que le jeune bucois pu inverser leurs positions, asseyant l'autre à sa place alors qu'il continuait son manège, faisant fondre son Vivi jusqu'à ce qu'il s'allonge de lui-même et n'en demande plus à son compagnon. Ce que Lucas lui accorda avec grand plaisir évidemment.
La petite ville sourit avec tendresse lorsqu'il s'aperçut que son aimé s'était tout bonnement endormi après leurs plaisantes activités, qui avait surtout consisté à faire résonner la voix de son beau blond en vérité.
«Je lui avais bien dit qu'il devait se reposer.» souffla le bucois avant de le rhabiller correctement, histoire qu'il n'attrape pas un coup de froid pas inadvertance.
Lucas s'étira longuement puis parcouru son atelier pour aller préparer le lit de camp qu'il avait installé quelques années auparavant pour lorsqu'il faisait des nuits blanches ou qu'il tombait de fatigue après des heures de travail non-stop sur ses toiles ou ses planches de bande-dessinée. Une fois cela fait le jeune revint vers son amant qui ne semblait pas dérangé outre-mesure de faire une sieste sur les planches rugueuses de son établis. La plupart du temps c'était le villeurbannais qui avait la main haute dans leur couple, et ça ne dérangeait pas le brun le moins du monde mais ils leur arrivaient parfois d'échanger les rôles. Par amour, par plaisir et parce qu'ils avaient suffisamment confiance l'un en l'autre pour le faire. Le bucois releva doucement son compagnon qui ronchonna un peu avant de s'agripper à lui ce qui le fit rire légèrement puis souleva son blondinet favori pour aller l'installer sur ledit lit. Celui-ci s'éveilla un peu, sûrement à cause du mouvement que produisait Buc en marchant.
«Hmm... Lulu...?
- Oui, je suis là. Dors, tout va bien.»
Son Vivi devait vraiment être à plat puisqu'il ne protesta même pas du fait que c'était l'adolescent qui le portait jusqu'au lit. Ce qui ne l'empêcha pas par contre de s'accrocher au brun de sorte que celui-ci se retrouva affalé sur son partenaire qui s'était vite rendormi avec un sourire bienheureux sur le visage. Heureusement que le bucois était plus costaud qu'il n'en avait l'air sinon il aurait dû le laisser sur l'étal en bois, pas que son petit-ami était gros c'était même plutôt le contraire mais son poids en tant que ville pesait lourd mine de rien. Lucas posa sa joue contre le torse accueillant et se laissa bercer par le battement régulier du cœur qu'il abritait, songeant qu'il faudrait quand même qu'il fasse faire une véritable visite de son atelier à son compagnon. Mais avant il allait en profiter pour faire un petit somme et surtout, le bucois devait planquer une chose ou deux. Ca serait bête que Villeurbanne puisse tomber sur son cadeau avant qu'il ne soit complètement fini.
J'espère que ça vous plaît ^^
La surprise est dans le prochain et dernier chapitre ~
