Chapitre 1 : Mccoy, le fin stratège
Bones observait Jim sans rien dire. Il était face à une situation compliquée, il fallait bien l'avouer. Comment faire en sorte d'en parler au gamin sans que cela ne foute le bordel entre eux ? Car oui, clairement, c'était compliqué d'aller voir son meilleur ami et de lui balancer un « au fait, je sais que t'en pince pour le bâtard au sang vert, mais t'inquiète bro', aucun problème ! ». En réalité si, il y avait un problème : Jim était malheureux et ce n'est que maintenant que Mccoy le remarquait.
Au bout de cinq minutes à voir la tête de Jim – à fendre le cœur – observant les baisers d'Uhura et de Spock, Bones péta son plomb. Non, foi de Mccoy, il ne laisserait pas son gamin souffrir à cause de cette tête de fougère.
« Les visites sont finis, je vais vous demander de laisser le malade se reposer. » ordonna-t-il à Nyota qui acquiesça et qui donna un dernier baiser à Spock avant de partir. Elle passa à côté de Jim qui lui tapota l'épaule.
Bah tiens, non seulement il souffrait en silence l'autre andouille mais en plus il jouait le bon samaritain. Non décidément, le capitaine aurait dû se faire tatouer « crétin » sur le front, ça aurait aidé beaucoup de gens. Bones le premier.
« Toi aussi Jimbo, il faut le laisser se reposer. » dit le médecin chef en prenant son padd afin d'effectuer les nouvelles mesures de Spock. Devant l'air catastrophé du blond, le docteur ajouta : « Roh ça va hein ! il est tiré d'affaire ton second, alors fais pas ta mijaurée et retourne bosser ! »
Jim fronça les sourcils et marcha vers la sortie de l'infirmerie, avant de la quitter il dit à Bones :
« Tu sais que c'est censé être moi qui donne les ordres ? » demanda-t-il.
« Pas dans mon infirmerie gamin. On. Sort. Et. On. Se. Dépêche ! » Articula bien distinctement le docteur.
Jim finit alors par sortir et Bones se dit que c'est lui qui devrait se faire tatouer le front. Un gros « trou du cul » en lettre doré aurait été parfait pour lui. Il reporta ensuite son attention sur Spock et sur ses relevés et constata qu'effectivement, il allait s'en remettre le bougre. Il lui administra un sédatif pour qu'il dorme quelques heures, il estima sa sortie anticipée à demain matin. Quand le quart Delta commença, il décida de sortir qu'il avait fait ses heures de la journée et à heure 2200, il sortit de son infirmerie, donnant la relève à son remplaçant, déjà là depuis une bonne heure.
Il décida d'aller jeter un œil à la passerelle pour voir si le blond y était encore : il fallait qu'ils causent tous les deux et le plus tôt serait le mieux. Pour ça, rien de mieux qu'une petite beuverie dans les quartiers du capitaine, il en était certain.
Quand il arriva sur la passerelle, il constata que Jim n'y était plus : tant mieux, ses heures étaient finies elles aussi depuis un petit moment. Il décida donc d'aller voir s'il n'était pas dans ses quartiers : au passage, il allait piquer une bouteille de saké à Sulu, lui promettant de lui en offrir une nouvelle à leur prochaine escale.
Il se présenta à l'entrée des quartiers de Jim et signala sa présence à l'interphase. La porte s'ouvrit alors et il vit le blond en train de remplir son rapport de la journée, il lui fit signe d'entrer. Il ne fit pas de bruit et s'installa sur le bar en prenant deux verres.
« …Et ainsi nous avons été attaqué par un mammifère alien doté de 4 membres antérieurs et 2 membres postérieurs, il mesurait environ 2 mère 50 de haut et ne semblait pas hostile, non pourvu de griffes ou de dents. Nous avons supposé qu'il était herbivore et au moment d'approcher, il a chargé sur nous, blessant ainsi le commandeur Spock. Il est actuellement à l'infirmerie et devrait être rapidement sur pieds. Nous avons écourté la mission sur Ak-12B, ayant déjà les relevés et informations nécessaires. Fin du rapport. »
Jim se tourna vers Bones et désigna la bouteille :
« Et bien ! On a un truc à fêter ? » Il s'approcha et prit le saké entre ses mains : « Où tu as déniché ça ? »
Le docteur reprit la bouteille et leur servit deux verres :
« Secret défense. » dit-il. Il tendit son verre vers son ami et trinqua : « Santé. »
« Santé ! » répliqua Jim.
Ils burent chacun une gorgée puis un petit silence s'instaura, pas inconfortable mais… Habituel. Bones essaya de trouver la force dans ce saké de lui parler de ses doutes, mais ce fichu alcool n'avait pas plus de couilles que lui. Il soupira et regarda l'autre :
« Jimbo… » Commença-t-il.
« Hum ? » le blond dégustait son verre.
« Faut que je te pose une question, mais j'pense pas que ça va te faire plaisir. En fait, je suis quasi sûr que ça va être ultra gênant. » Dit-il.
Jim eut un petit sourire et le regarda :
« Non Bones, je ne fais pas d'expérimentation sexuelle avec la plante carnivore que tu m'as offerte. Notre relation est purement platonique… ! » Plaisanta-t-il. Voyant l'air sérieux de l'autre il haussa les épaules : « Je t'écoute. »
« Okay… Bon… » Se prépara le brun. « J'ai remarqué certains trucs récemment et… Et je me demandais si mes suppositions étaient justes. »
« A quel sujet ? » demanda Kirk.
« James… »
« Oula, ça me fait peur quand tu m'appelles par mon prénom, ça sonne solennelle. Tu ne vas pas me demander en mariage j'espère ? » Ricana-t-il. « Parce que tu sais… »
« Est-ce que tu es amoureux de Spock ? » le coupa le médecin chef.
Il y eut un silence pendant lequel Jim fixa Bones avec de grands yeux écarquillés. Il semblait avoir vu un fantôme. Il baissa ensuite les yeux vers son verre, le prit entre ses doigts, hésita et le but d'une traite. Il expira longuement après et reporta son regard vers son ami :
« Oui. » lui confirma-t-il.
Il y eut un nouveau silence puis ce fut au tour de Mccoy de soupirer :
« Merde… Je suis désolé pour toi mon vieux… » Dit-il. Il s'approcha de lui et tapota son épaule : « ça fait combien de temps ? »
« Trois ans. » répliquèrent le capitaine. « Trois putains d'années. »
Bones cligna plusieurs fois des yeux pour intégrer la nouvelle. C'était plus grave que ce qu'il croyait. Il but à son tour son verre de saké cul-sec. Il les resservit alors tous les deux, ne retirant pas sa main de l'épaule du blond, comme soutiens moral.
« Tu sais ce qu'on va faire, Jimbo ? » lui demanda-t-il en rebuvant une gorgée.
« Mettre des coordonnées au hasard dans le téléporteur et prier pour arriver à Hawaï? »
« On connait les coordonnées de Hawaï, pourquoi foutre des chiffres au hasard ? C'est débile. » Le contra Mccoy, devant l'air moqueur de Jim, il continua : « Toi et moi, on va se foutre une murge ce soir et demain matin, on met un réveil et pendant qu'on a la gueule de bois on établit une stratégie pour te sortir de cette situation qui, soyons clair, pu carrément du cul. »
« Je suis d'accord pour la murge. » répliqua le blond : « Mais je ne vois pas quelle stratégie on peut pourrait établir. »
« T'occupes. Picoles et on verra demain. » Il remplit de nouveau son verre : « Ordre de ton médecin traitant. »
« Si c'est un ordre de mon médecin alors… »
Et c'est ce qu'ils firent. Ils finirent la bouteille de saké pur à deux et s'endormir comme des loques sur le lit de Jim. Quand le réveil du capitaine sonna le lendemain matin, Bones eut envie de le fracasser. Il grogna puis se retourna dans le lit.
Ce fut Jim lui finit par le réveiller complètement en s'asseyant en tailleur et en se frottant les yeux, gémissant d'inconfort :
« Bordel… » Lâcha le blond. « C'est à peine si je sais comment je m'appelle… »
Mccoy se leva à son tour et constata – blasé – qu'ils avaient dormi ensembles. Il peina à ouvrir les yeux et tomba nez à nez avec la tête de Jim : on aurait dit qu'il avait fait un combat de catch avec un klingon.
« Poh… La sale gueule que tu te tires mon vieux… ! » dit-il en s'étirant : « ça fait longtemps qu'on s'était pas mis la misère comme ça… »
« T'as pas vu ta tronche, tu ressembles à un clodo. » brailla Jim, qui vivait mal sa gueule de bois : « On est des pauvres cons… Quelle idée de se foutre une murge pareille… ! »
Puis Bones mit le doigt dessus : en fait si, il y avait bien une raison.
« Arrête de râler, on doit réfléchir à une stratégie de dé friendzonnage avant d'aller bosser. » il regarda le réveil de Jim : « Ce qui nous laisse dix minutes pour y réfléchir sérieusement et quinze à essayer de nous préparer pour pas qu'on nous prenne pour des cadavres pendant le service. »
Jim s'étira puis sembla se rappeler de cette fameuse idée de stratégie. Il se recoucha dans son lit déclarant en enfouissant sa tête dans son oreiller :
« Les stratégies ça craint. J'suis friendzonné et il est en couple, autant dormir dix minutes de plus. »
Mccoy s'énerva alors, sa gueule de bois n'aidant pas non plus :
« Tu fermes ta gueule et tu bouges ton gros cul de ce lit. » Brailla-t-il. Il se leva et marcha jusqu'au duplicateur. Il leur fit deux cafés et les posa sur le bar où un cadavre de bouteille et leurs verres trainaient encore : « J'ai dit : bouge ton gros cul et viens ici, sale gosse ! »
« Mon cul est moins gros que le tiens, connard ! » * répliqua Jim. Mais il se leva quand même, marchant jusqu'à sa chaise où il posa ses fesses. « Vas-y, expose-moi ta stratégie à la con, que j'aille me rendormir. »
Bones se dit qu'ils étaient trop vulgaires de bons matins et décida de calmer le jeu, il fourra le café de Jim sous son nez et déclara :
« Alors écoute ma fraise des bois, je pense qu'on devrait arrêter de se balancer des noms d'oiseaux à la figures maintenant. Et je n'ai pas encore de stratégie, on doit en discuter ensemble. »
Jim soupira puis but une gorgée de café :
« Je te l'ai dit, Bones ! » se plaignit-il. « Il n'y a de stratégie à adopter : je suis dans la friendzone et il est en couple depuis des années. C'est mort pour moi. Je ferais mieux de passer à autre chose… »
Mccoy soupira à son tour :
« Si tu étais capable de passer à autre chose, tu aurais pas passé les trois dernières années à jouer à la sœur Dorothée. T'es du genre à sauter un peu tout ce qui a une paire de nichon et de longues paires de jambes. » il le désigna du doigt, d'un air accusateur : « Si tu as pas pu te sortir oreille pointue pour te taper une nana en trois ans, alors je doute sérieusement que tu puisses passer à autre chose aussi facilement. Voilà ce que je propose blondie, tu fermes ta gueule et tu m'écoutes maintenant. »
Jim sembla accepter l'idée. Et ferma effectivement sa gueule, Mccoy en fut satisfait :
« Puisque tu sembles déterminer à ne pas te servir de ton cerveau ce matin, voilà ce que tu vas faire. Tu vas aller trouver oreille pointue quand il sortira de l'infirmerie, tu vas le plaquer contre un mur et tu vas lui rouler la galoche de sa vie. S'il ne te fou pas un coup de poing dans les cinq premières secondes, je pense que c'est gagné. »
Jim haussa les sourcils :
« C'est vraiment une idée de merde. » lâcha-t-il en continuant de boire son café.
« Okay. J'admets, il y a plus de chances que tu n'arrives même pas à le plaquer contre le mur cet enfoiré. » Il continua à réfléchir : « Tu peux essayer de te montrer plus subtil. »
« C'est-à-dire ? » demanda Jim, finissant sa tasse.
« Tu peux lui faire comprendre tes intentions sans jamais le dire clairement. Comme ça s'il te fou un vent, tu dis que c'était pour déconner et votre relation amicale n'en souffre pas. »
Jim sembla y réfléchir puis questionna :
« Ouai mais, lui faire comprendre mes intentions sans jamais lui dire, ça reste risqué et complexe comme démarche. »
« T'inquiète gamin, maintenant qu'on a la stratégie, on va établir un plan d'action. »
« … Tu m'en diras tant… »
Lorsque Jim arriva sur la passerelle, il ne restait que des traces de sa gueule de bois à peine perceptibles. Il se mit à son poste et donna ses diverses directives. Il observa Uhura du coin de l'œil en train de regarder l'heure : elle attendait le retour de Spock. Et elle n'était pas la seule… Jim avait de la peine pour elle, elle était avenante et gentille avec son capitaine, toujours prête à lui rendre service et lui… Il souhaitait secrètement qu'elle rompe avec son petit-ami. Quand elle sentit son regard sur elle, elle le regarda aussi et lui sourit. Le blond lui rendit son sourire puis continua de travailler.
C'est vers la fin du quart alpha, à 1100 heure que Spock arriva sur la passerelle. Il le salua et salua toutes les personnes présentes. Son salut à Uhura dura un peu plus longtemps que celui aux autres. Il s'installa puis vint voir Jim pour prendre son poste.
« Commandeur Spock, capitaine. Sur la passerelle. »
« Content que voyez de nouveau sur pied, commandeur. Je vous en prie. » L'invita-t-il à rejoindre son siège.
Ils continuèrent ainsi leur travail respectif jusqu'à ce que Jim réalise qu'ils étaient dans le quart Beta. Il regarda derrière lui et observa Spock. Il était concentré sur sa tâche et ne prêtait attention à rien d'autre qu'à la section qu'il était en train d'analyser. Il se permit alors de le regarder, se perdant dans ses pensées. Devait-il tenter la stratégie de Bones ? Et essayer de lui faire comprendre ses sentiments sans jamais le lui dire explicitement… ? Cela avait-il ne serait-ce qu'un sens ? Il attarda ses yeux sur la nuque du vulcain, à la naissance de ses cheveux… Cette peau semblait si agréable à toucher, c'est comme si elle l'appelait. Il avait envie de se lever et de venir l'embrasser… Avec douceur et délectation. Puis il se sentit également observer, il chercha la source de ce malaise et croisa les yeux du lieutenant Uhura qui le fixait d'un air d'incompréhension… Ouh… Pas bon, pas bon du tout ça… Mais alors pas du tout de chez du tout.
Il se retourna alors vivement et fixa ses relevés sur son padd, l'air de rien. Cependant il continuait de sentir le regard de Nyota sur lui. Merde, merde et merde… Alors ça, c'était la grosse galère… ! Il espérait qu'elle se ferait une raison et qu'elle ne poserait pas de question et surtout – SURTOUT – qu'elle n'en parlerait pas à Spock.
Il tenta d'oublier ce malheureux incident mais rien n'y fit. Dès qu'il se retournait vers le vulcain, Nyota le fixait avec des yeux plissés. Mouais… Mauvaise idée de regarder Spock travailler aujourd'hui… Il se retourna alors vers son propre travail et attendit la fin de son quart. C'était le début du Quart Delta, à 1700 heure quand il se décida à quitter la passerelle, laissant les commandes à son remplaçant.
Il quitta ainsi la passerelle pour retourner dans ses quartiers et se mettre en tenue de sport, il avait bien besoin d'évacuer. Il entra ainsi dans la salle d'entrainement à 1800 heure et alla spontanément vers le tatami. Il cherchait des yeux un potentiel partenaire d'entrainement quand il tomba nez à nez avec le lieutenant Uhura. Celle-ci lui fit un sourire et lui indiqua le tatami :
« Me rendriez-vous ce service ? » demanda-t-elle poliment.
« Vous servir de punchingball ? » s'enquit-il. Très peu pour lui, même si Uhura était forte, il devrait retenir ses coups. Mais il accepta tout de même, prenant deux bâtons de combat. Il lui en lança un : « Après vous, je vous en prie. »
Le lieutenant se mit en position puis ils commencèrent à faire quelques passes. Pendant l'une d'elle, Uhura lui demanda :
« Pourquoi fixiez-vous Spock tout à l'heure sur la passerelle ? »
Cela eut le mérite de déconcentrer Jim, il se prit un coup dans le mollet. Il lâcha un petit cri de surprise. Il se remit droit et la regarda, faisant mine de ne pas comprendre :
« Je ne le fixais pas. » mentit-il. « Vous vous faîtes des idées. »
Elle contra un de ses coups :
« Je vous ai vu Jim, dîtes moi la vérité. Je ne suis pas votre ennemie. » Dit-elle sincèrement. « Il se passe quelque chose avec Spock ? Vous vous êtes disputés ? » Elle lui envoya un coup de bâton dans le cou mais Jim la para : « Il tient beaucoup à votre amitié. Si je peux me rendre utile, dîtes le… ! »
Jim la fit tomber au sol avec un balayage puis l'aida à se relever. Il ne pouvait pas feindre une dispute avec son second, Uhura irait lui demander des comptes. Il ne pouvait pas non plus lui dire la vérité et mentir complètement était exclu, elle saurait le percer à jour. Le blond commença sérieusement à paniquer. Elle lui assena un coup dans le ventre qu'il ne para pas. Il se recula de quelques mètre et la fusilla du regard : okay, elle voulait jouer, il allait jouer. Il commença à faire voltiger son bâton et vint la frapper dans le flanc puis sur la hanche, il fit ensuite un grand geste pour se donner de l'élan et la fit tomber à l'aide de son arme. Elle se retrouva de nouveau au sol et haussa les épaules, se tenant les côtes :
« Vous êtes doué à ça. » dit-il en souriant. Un sourire féroce. Jim l'aida une nouvelle fois à se relever et alla ranger son arme, se rabattant sur un punchingball présents en hauteur sur le tatami. « Mais ça ne répond pas à ma question : que se passe-t-il avec Spock, Jim ? » Elle vint bloquer le sac à cogner plein de sable pour qu'il puisse donner des coups à fréquence plus régulière. : « Dîtes le moi, je vous le répète, je peux vous aider. »
Jim s'avoua qu'il était tenté de la frapper et de faire passer ça pour un accident, mais il ne le fit pas. Se contentant de cogner dans le punchingball. Il réfléchissait à une histoire suffisamment proche de la sienne qu'Uhura pourrait gober et qu'elle n'irait pas dire à Spock. Il eut alors une idée :
« Je voulais me confier à Spock au sujet d'une affaire… Sentimentale, mais finalement je ne le ferais pas. Je préfère garder ça pour moi encore quelque temps. » Dit-il au lieutenant, chuchotant.
« Une affaire sentimentale ? » s'enquit-elle : cela faisait un moment qu'elle n'avait plus entendu parler des histoires de cœur – soyons honnêtes de culs – du capitaine. Elle demanda alors, encore plus doucement : « Vous avez des sentiments pour quelqu'un ? » Elle haussa un sourcil : « Je suis désolée de vous le dire, mais en matière de sentiments et de conseil à ce sujet, Spock n'est pas le plus à même de vous aider. »
« Je sais, c'est pour ça que j'ai renoncé à lui en parler. » conclut Jim. Content qu'elle en vienne à cette conclusion. Il continua son entrainement.
« Moi par contre, je peux déjà un peu plus vous aider. Je suis plutôt de bons conseils dans la matière ! » Dit-elle avec un grand sourire. « Pour qui avez-vous des sentiments ? »
Ah ça, Kirk ne l'avait pas prévu. Il baissa la tête, semblant réfléchir :
« Et bien… C'est une personne qui m'est proche et… » Il ne pouvait décidément pas lui dire qu'il s'agissait de Spock, mais il y avait pas de personnes avec qui il avait tissé des liens sur l'Enterprise. Il espérait que cela resterait assez vague : « Je ne peux pas vous dire qui c'est mais nous sommes de bons amis et… Après tout ce temps j'aimerais que nous soyons plus que cela. Il est aussi possible que… Qu'il ne partage pas mes…»
« Qu'il ?! » s'enquit Uhura : « Il s'agit d'un homme ? » elle était très surprise et Jim eut envie de se frapper le front. Lui faire croire que c'était une femme aurait grandement aidé, effectivement. Il paniqua alors. Il devait absolument se calmer et se poser, ne rien dire de trop révélateur. En réalité, il en avait déjà beaucoup trop dit.
« Donc, qu'il ne partage pas quoi ? » demanda le lieutenant en lâchant le punchingball, prise par la discussion.
« Mes sentiments, évidemment. » répliqua Kirk. Ce n'est pas du tout ce qu'il comptait dire à la base mais il était content : cela coupait court à la conversation.
Uhura l'avait senti aussi. Elle récapitula ce qu'elle savait : Jim avait voulu en parler à Spock pour qu'il le conseille à ce sujet, cela ne pouvait donc pas s'agir de lui, ce point-là la rassura, elle n'aurait pas su gérer d'être en rivalité avec son capitaine. Elle réfléchit encore : c'était un homme donc, un bon ami à Jim qu'il connaissait depuis des années… Elle vit alors Bones entrer dans la salle d'entrainement du coin de l'œil pour aller faire son jogging sur la machine et elle eut un flash : mais oui ! Il s'agissait de Mccoy !
« C'est le docteur Mccoy n'est-ce pas ?! » chuchota-t-elle à Jim : « Il n'y a qui lui qui corresponde à tous vos critères… ! Enfin, si on oublie Spock, mais comme vous vouliez lui en parler je suppose bien que ce n'est pas lui et… »
« Oui. » la coupa Jim : « Oui, c'est le docteur Mccoy. » mentit-il. Il préférait la faire croire qu'il était amoureux de Bones plutôt qu'elle fasse le lien – qu'elle aurait déjà pu faire s'il n'avait pas pipoté sur le fait d'en parler à Spock – avec le vulcain et qu'elle finisse par lui en parler. Si Spock devait apprendre ce qu'il ressentait, il le ferait par sa propre bouche et non par celle de quelqu'un d'autre.
« Oh mon dieu… » dit Uhura : « Je n'aurais jamais cru ça… ! » Elle montra Mccoy qui courrait à Jim : « Vous devriez le lui dire, je pense qu'il pourrait peut-être être intéressé. »
Le blond grimaça : ouai non. Elle se mettait le doigt dans l'œil jusqu'au coude :
« Je ne veux pas faire d'apprendre directe. » déclara-t-il, c'était au moins vrai, mais vis-à-vis de Spock.
« Alors essayez de lui faire comprendre subtilement. » sourit-elle. Encore cette histoire de subtilité, le blond se retint de soupirer. « Commencez déjà par aller lui parler, Vous pourriez courir à côté de lui. Et faire la discussion. » Proposa-t-elle.
« Sans vouloir vous vexez lieutenant, ça fait plus de sept ans que je connais le docteur Mccoy, je passe le plus clair de mes soirées avec lui. Donc je pense sincèrement qu'aller courir à côté de lui ne changera pas grand-chose à nos rapports. » Dit-il en continua à boxer son punchingball, bien décider à ce que Nyota lui fiche la paix, maintenant qu'elle était orientée sur une autre piste.
« Très bien. » accepta-t-elle. Elle regarda l'heure : « Je vais vous laisser, bon courage ! N'hésitez pas si vous souhaitez en parler ! »
Jim lui fit un signe d'au revoir, se forçant à sourire :
« Mais oui c'est ça, compte là-dessus. » dit-il une fois qu'elle fut partie.
Il alla ensuite prendre sa douche, faisant un coucou à Bones au passage, qui lui rendit un doigt d'honneur. Cela eut le mérite de le faire rire et une fois lavé, il repartit vers la cafétéria à heure 2000, à la fin du Quart Delta. Alors qu'il s'installait à une table, Spock vint s'assoir en face de lui. Il lui fit un sourire et commencèrent à discuter boulot.
« Au fait… je voulais vous parler de quelque chose capitaine. » dit alors le vulcain, se servant un verre d'eau.
« Moui… ? » attendit Kirk en mangeant sa tarte au chocolat.
« Je voudrais que vous n'ayez aucune gêne à vous confier à moi. Nyota m'a expliqué ce que vous ressentez pour le docteur Mccoy et soyez assuré que jamais je ne vous aurez jugé. Je ne suis pas le plus efficace en matière de conseils sur les rapports émotionnels mais vous êtes mon ami et je pense avoir une remarquable capacité d'écoute. » Dit-il d'une traite.
Au fur et à mesure de ses paroles, Jim avait blanchit. Oh merde… Oh putain de merde.
Il y eut une discussion étrange après cela : spock écoutant Jim se confier faussement à lui. Le capitaine remplaçant le nom de Spock par celui de Mccoy, était en train de se confier sur son amour pour son vis-à-vis à lui-même. Cependant le vulcain écoutait attentivement et se permettait de faire quelques commentaires ci et là. Ils terminèrent le repas dans une ambiance de confidence et se séparèrent au début du Quart Gamma, soit à heure 2230.
Jim regagna alors sa chambre et s'écroula sur son lit :
« Bordel de merde… ! » lâcha-t-il.
*aaaaah, l'amitié, c'est beau :') …
