Merci à tous !
PS pour ceux qui suivent ma fic « Etat grippal » : je ne l'ai pas oublié mais je suis un peu bloquée. Je pense tout de même la finir parce que je n'aime pas laisser une fic inachevée mais je ne sais pas quand. En tout cas, je suis ravie de voir que beaucoup d'entre vous l'apprécie !
Chapitre 2 :
Au bureau du FBI, Don et Megan étaient debout devant le grand écran plasma dans la salle de conférence, sur lequel était affiché un mail.
« Nous avons reçu ce mail ce matin, peu de temps après l'explosion. » Expliqua Megan. « Cet acte s'inscrit dans la lutte de la libération de Louka Gauthier dont le seul crime est d'être indien et d'avoir défendu les droits essentiels des peuples primitifs. L'heure est venue pour le gouvernement de régler sa dette historique envers eux. Signé : le mouvement pour la reconnaissance des Indiens d'Amérique. »
« On a pu trouver d'où il a été envoyé ? » Demanda Don
« Notre experte informatique travaille dessus mais elle ne nous promet rien. Le mail est passé par tellement de serveurs différents. »
« Louka Gauthier…Ce nom me dit quelque chose. »
« Liz fait des recherches sur « le mouvement pour la reconnaissance des Indiens d'Amérique. » en ce moment.»
« Ce groupe a été fondé officiellement en 1967 mais le mouvement existe depuis plus de cinq cents ans. »
Don et Megan se retournèrent et virent Liz entrer, suivie de Colby et de David.
« «Le mouvement pour la reconnaissance des Indiens d'Amérique » élabore, entre autres, des programmes politiques destinés à la population indiennes et crée des organisations dans de nombreuses communautés. Dans les années soixante, ce groupe a canalisé les forces militantes des indiens afin de lutter pour le respect des Traités signés entre les Nations indiennes et le gouvernement des Etats-Unis et pour s'opposer aux traitements arbitraires et racistes perpétrés par la société dominante. J'ai découvert que le FBI a classé ce mouvement dans la catégorie des organisations extrémistes. J'ai donc appelé le bureau de Washington. Il doit me rappeler dans la journée.»
« Très bien. Nous devons aussi envisager d'autres groupes encore actifs présentant les mêmes profils. Un groupe peut parfois en aider un autre. David, Colby, vous vous en occupez. L'hypothèse d'un imitateur ne doit pas non plus être exclue. Megan, tu t'en charges. Liz, tu continues sur le mouvement des Indiens. Quant à moi, je m'occupe de ce Louka Gauthier. »
Don et Liz s'attardèrent dans la salle de conférence, attendant que le reste de l'équipe sorte de la pièce. Leur relation n'était plus un secret pour personne mais ils préféraient tout de même rester discrets.
« Alors, mademoiselle « je ne veux pas me lever le matin» a… »
« Don ! »
Don leva les bras au ciel dans un geste de démission. Lorsque ce n'était pas son téléphone qui les interrompait, c'était son génie de petit frère.
« Hé Don ! Je ne te dérange pas ? »
« Si, tu me déranges.»
Mais Charlie ne s'occupa pas de la réponse de son frère.
« Liz !»
«Charlie»
« Don, je passais dans le coin et je me suis dit qu'on pourrait déjeuner ensemble. Tu es bienvenue aussi Liz. »
« Merci mais j'ai déjà prévu de déjeuner avec Megan. Ce sera pour une prochaine fois ?»
« Avec plaisir »
Liz échangea un regard complice avec Don et se dirigea vers son bureau. Don fit de même, suivi de Charlie.
« Charlie, si tu veux bien me donner encore cinq minutes, je déjeune avec toi. »
« Pas de problème. Nouvelle affaire ? »
En s'asseyant, Don remit le dossier à son petit frère. Celui-ci le feuilleta tout en s'asseyant sur le rebord du bureau.
«Une bombe a explosé devant un bureau de recrutement de l'armée ce matin. L'attentat est revendiqué par un groupe appelé « Le mouvement pour la reconnaissance des Indiens d'Amérique. » »
« Je peux peut-être t'aider. Il existe une analyse que l'on appelle « l'analyse des réseaux sociaux». Elle sert à analyser la structure des bombes. »
« Ton aide est toujours la bienvenue, Charlie. Mais tu ne viendras pas te plaindre que tu n'as plus beaucoup de temps libre.»
Mais Charlie n'écoutait plus Don. Une équation avait pris naissance dans son esprit et il se dirigeait déjà vers l'ascenseur.
- « J'ai besoin d'Amita. Je te vois plus tard, Don. »
« Bah, et mon déjeuner ?! »
NUMB3RS
Le local du groupe « Lutte contre la guerre en Irak » ressemblait à tous les autres groupes pacifistes. Les mots « amours » et « paix » ainsi que « Non à la guerre », ou bien encore « Nous sommes tous frères » étaient inscrits sur les murs, une distribution en règle de tracs pour toute personne passant devant le local et une moyenne d'âge de 25 ans, sans compter les anciens hippies âgés aujourd'hui de plus de soixante ans.
Colby et David entrèrent et se présentèrent au premier venu, occupé à créer des écriteaux pour la prochaine manifestation.
« Je suis l'agent spécial David Sinclair et voici l'agent spécial Colby Granger. Pouvons-nous voir le responsable de votre groupe, s'il vous plaît ?»
« C'est moi. Que je puis-je faire pour vous ? »
« Quelqu'un a mis une bombe sous une voiture près d'un centre de recrutement de l'armée ce matin. Une personne est morte et une autre grièvement brûlée. Cet attentat est revendiqué par un groupe similaire au votre. Vous comprenez donc que l'on veuille vous posez quelques questions. » Répondit David.
« Nous n'avons rien à voir avec ça. »
« Nous vous accusons de rien. »
Le jeune homme déposa ses écriteaux dans un coin de la pièce et regarda les deux agents droits dans les yeux.
- « Je sais très bien ce que le FBI pense des groupes pacifistes, tel que le notre. Pour vous, nous ne sommes que des anarchistes déguisés en patriotes, prêts à recourir au moyen les plus extrêmes pour arriver à leurs fins. Vous appelez même ça des terroristes ! Une bombe explose et aussitôt vous nous accusez ! En 1970, lors de la manifestation…»
« Votre organisation appelle à la résistance contre les Etats-Unis. » Coupa Colby, légèrement agacé par ce discours qu'il entendait pour la dixième fois dans la journée.
« La guerre en Irak est illégale. Le droit de résister est protégé par des lois internationales. »
« Mais pas le vandalisme et la violence. »
« Nous devrons examinés tous les e-mails envoyés et reçus par votre bureau. » Continua David.
« Alors il vous faudra un mandat. »
« Pas sûr. » Répondit Colby, en commençant à regarder dans les dossiers sans permission.
« Essayez un peu de me faire le coup du patriot act et on vous verra partout dans la presse. »
« J'en suis certain. » Opina David.
« Croyez-moi, vous perdez votre temps. Notre organisation n'est pas mêlée à cette histoire. »
« C'est vrai ? Croix de bois, croix de fer et tout le tralala ? »
NUMB3RS
Dans la soirée, Don arriva chez son frère, un peu anxieux par ce qu'il allait lui demander. Non pas qu'il doutait de sa réaction, bien au contraire, mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu intimidé. Il descendit doucement de son SUV et marcha lentement vers la maison, comme pour retarder le plus possible sa rencontre avec Charlie. Il remplit une dernière fois ses poumons d'une grande bouffée d'air frais et entra.
« C'est moi ! Y'a quelqu'un ? »
Seul le silence le salua. Toutes les lumières étaient allumés et pourtant il n'y avait personne. Don fit son chemin vers la cuisine, comptant y voir son père mais, là aussi, il n'y avait personne. Je parie qu'il est chez Millie. Il prit une bière dans le réfrigérateur et se dirigea vers le garage, pratiquement certain d'y trouver son frère écrire frénétiquement sur un de ses tableaux. Bingo !
« Charlie »
Pour toute réponse, Don eut droit à une accélération de l'écriture de Charlie sur le tableau. Il s'éclaircit la voix et parla plus fort en se rapprochant de son frère.
« Charlie ! »
Celui-ci eut un petit sursaut en apercevant du mouvement à côté de lui.
« Oh, Don ! Je ne t'ai pas entendu entrer.»
«Je l'avais remarqué. Tu devrais tout de même faire attention. N'importe qui pourrait entrer et cambrioler tranquillement la maison sans même que tu t'en aperçoives. Tu es quand bien placé pour savoir qu'il n'y a pas que des enfants de cœurs qui se promènent dans les rues. La porte de la maison n'était même pas fermer à clef ! »
« J'ai juste oublié !»
« Tu oublies souvent ! »
« Parce que ça ne t'arrives jamais d'oublier de fermer une porte ?! Tu es monsieur parfait ! »
« Je fais toujours attention. Et oui, je suis monsieur parfait. »
Agacé par l'air suffisant de Don, Charlie contre-attaqua.
« C'est curieux parce que la semaine dernière David m'a raconté une étrange histoire. Une histoire d'un certain agent fédéral qui s'est fait dérober son téléphone portable. Lequel téléphone se trouvait dans une voiture toutes portes ouvertes. Mais ce qui est le plus troublant c'est que cet agent fédéral ressemble bizarrement à mon cher grand frère. »
« C'est pas pareil. »
« Si ça l'est.
« Non »
« Si »
« J'étais en intervention ! Tu crois vraiment que je prends le temps de verrouiller les portes de ma voiture lorsque je poursuis un suspect ?! Changeons de sujet, tu veux bien ? »
« C'est toi qui a commencé. »
« Alors je clos le débat ! »
« D'accord…Mais tu n'es pas monsieur parfait. » Bougonna Charlie avant de se remettre au travail.
« Jaloux »
« Prétentieux »
Don but une longue gorgée de sa bière et regarda par-dessus l'épaule de son frère pour essayer de comprendre sur quoi il travaillait.
« Tu travailles sur quoi ?»
- « Sur une nouvelle théorie. »
Charlie se retourna et, comme dans un geste d'excuse, désigna ses tableaux en gesticulant des bras :
«Ecoutes, Don, je suis désolé mais je n'ai pas le temps de travailler sur ton affaire ce soir. Je dois travailler sur ça et j'ai aussi des examens à corriger. Cette après-midi, Amita et moi avons bien avancé sur ton affaire. Seulement, ce soir… »
« Woh, ralentit. Tu n'as pas à te justifier. Il est normal que tu te consacres aussi à ton propre travail. De toute façon, ce n'est pas pour l'affaire que je suis là. »
« Pourquoi tu es ici alors ? Ce n'est même pas papa qui cuisine ce soir. Il dîne chez Millie.»
Charlie regretta aussitôt la rudesse de son ton mais il fut soulagé en constatant qu'il n'avait pas blessé Don. Bien au contraire. Celui-ci lâcha un petit rire sincère, ce qui fit chaud au cœur du jeune génie. Il y avait bien longtemps qu'il avait vu son frère aussi détendu et même heureux.
« Eh ! Je ne viens pas uniquement ici pour ton aide sur une affaire ou pour la nourriture, tu sais ?»
Au regard incroyant de son frère, Don continua en allant s'asseoir sur le vieux divan.
- « Je t'assure, je viens aussi ici pour passer d'agréables soirées avec mon petit frère préféré. »
- « Je te rappelles que je suis ton seul frère.»
« Encore heureux. Un comme toi me suffit. Non mais tu imagines si j'avais un…aïe ! »
Don se frotta la temple en recherchant ce qui l'avait frappé, ne notant pas le sourire victorieux de Charlie. En apercevant le tampon effaceur poussiéreux du tableau à côté de son pied et en additionnant deux plus deux, il le regarda et lui lança un regard de défi.
« Tu sais que l'agression d'un officier fédéral est un crime ? »
Charlie regretta immédiatement son action et essaya de sortir en courant du garage mais Don était plus rapide que lui. Celui-ci déposa sa bière et le plaqua au sol en le chatouillant.
« D'accord, d'accord, je me rends ! Arrêtes, j'en ai mal aux côtes à force de rire !»
Don lui ébouriffa une dernière fois les cheveux et se releva tout en aidant son frère à faire de même. Ils riaient tellement qu'ils eurent besoin de quelques minutes pour reprendre leur respiration.
«Alors, tu vas enfin me dire la raison de ta visite ? »
Don devint soudainement incertain et se massa la nuque dans une sorte de geste d'embarras heureux.
« Euh…Je…J'ai un petit service à te demander. »
« Bien sûr, pas de problème. Mais, comme je viens de te le dire, j'ai pas mal de travail en ce moment alors si c'est pour une autre affaire que celle en cours je crains de ne pas avoir énormément de temps à te consacrer.»
« En fait, ce n'est pas pour le travail.»
Charlie eut un petit mouvement de recul et regarda son frère en perplexité.
« Je ne suis pas sûr de comprendre. Tu as besoin de moi mais ce n'est pas pour ton travail ? »
Au signe d'acquiescement de Don, le jeune génie posa ses poings sur ses hanches en se mordillant la lèvre inférieure, très curieux mais aussi très étonné du comportement de son frère. Celui-ci s'accorda quelques secondes de réflexion en se frottant l'oreille. Finalement, rassemblant tout son courage, il enterra ses mains dans ses poches et affronta le regard interrogatif de Charlie.
«Voilà, je vais avoir besoin de ton avis.»
« Sur quoi ? »
«Sur une bague ? »
« Une bague ? »
Don prit un grand souffle profond et se décida enfin à lâcher le morceau.
« Oui. Je vais demander à Liz de m'épouser.»
Charlie s'arrêta de respirer, bouche bée. Il resta hébéter un petit instant mais il reprit très vite ses esprits en prenant son frère dans ses bras.
« Don ! C'est merveilleux ! Je suis tellement heureux pour toi.»
« Merci p'tit frère »
Il le lâcha en se reculant un peu en se passant les mains sur son visage et il lui redonna une étreinte féroce.
« Oh Donnie ! Tu mérites d'être heureux. Liz est une femme parfaite pour toi. Tu l'as dit à papa ? »
« Non, pas encore. Tu es le premier à qui j'en parle. »
« Je suis le premier au courant ?!»
« Oui. D'ailleurs, je voudrais que tu gardes le secret pendant quelques temps. Je veux demander à Liz avant. »
« Le premier au courant, comme dans « personne ne le sait à part moi » ? »
« Oui, Charlie. Comme dans « personne ne le sait à part toi ». Tu me promets de garder le secret ? Tu ne dis rien à personne, même pas à papa. »
« Oui, oui, bien sûr. Compte sur moi. Je ne dis rien à personne. Mais tu ne tardes pas trop parce que je vais avoir dû mal à garder le secret envers papa. »
« Tu peux tenir quelques jours ? »
« Pas plus !»
« Bien. Je n'ai pas encore acheté la bague. J'aimerais que tu viennes avec moi à la bijouterie et m'aider à la choisir. Mais si tu n'as pas le temps, ce n'est pas grave, je comprends, ne t'en fais pas pour ça. »
C'était trop pour Charlie. A un tel point qu'il dût réprimer un sanglot en portant sa main à sa bouche.
« Je trouverais un moment. Ne t'inquiète pas. Je vais m'arranger. Oh, Don, tu ne peux pas savoir à quel point je suis touché que tu me le demandes. Et le fait que je sois le seul à le savoir…merci, ça me touche. Vraiment. »
Remarquant que l'émotion de son frère était sur le point de déborder et ému par celle-ci, Don se laissa emporter et le serra fortement dans ses bras.
« Tu es mon frère, c'est normal.»
« Merci, Donnie. »
Sentant que sa propre émotion était aussi sur le point de déborder, Don mit fin à l'embrassade et, un bras enroulé autour des épaules de Charlie, le mena hors du garage.
- «Je commence à avoir faim moi ! Qu'est-ce qu'on mange ?! »
- « Et si on allait se faire une pizza ? »
- « C'est toi qui invites ? »
- « Seulement si tu arrives à la voiture avant moi ! »
Avant même que Don puisse réagir et travail momentanément oublié, Charlie sprinta vers la voiture.
- « Hé ! Ce n'est pas juste ! On a même pas compté jusqu'à trois ! Charlie ! »
A suivre
