Voici la suite, plus froide pour nos personnages. Le prochain chapitre suivra d'ici peu et j'ai l'intention de légèrement réchauffer l'ambiance ;)

Merci pour les commentaires :)

Chapitre 2 - Mal de tête

Bulma fut réveillée par une terrible migraine. Les rideaux qui encadraient les énormes fenêtres de sa chambre n'étaient pas tirés, laissant les rayons du soleil frapper directement son visage. Après s'être motivée pendant quelques minutes, la jeune femme réussit à se lever pour aller les fermer. Sans plus attendre, elle regagna son lit avec la ferme intention de se rendormir. Sa chambre étant maintenant plongée dans l'obscurité, sa tête la faisait beaucoup moins souffrir.

''Beaucoup mieux'' se dit-elle en s'emmitouflant dans ses couvertures. La tête appuyée sur son oreiller de plumes, Bulma était sur le point de retrouver les bras de Morphée lorsqu'elle réalisa qu'elle n'avait pas revêtit de pyjama. Pourtant, ce n'était pas dans ses habitudes de se coucher nue. Elle possédait une grande quantité de tenues de nuit, toutes plus confortables les unes que les autres et elle prenait un grand plaisir à les porter le soir.

C'est à cet instant qu'elle revint à la réalité. Elle se retourna sur le dos et ouvrit grand les yeux pour fixer le plafond.

- Oh mon dieu !

Elle jeta un coup d'oeil sous les couvertures et confirma qu'elle était bel et bien nue. Ses incalculables oreillers, qui étaient habituellement placés à la tête de lit, étaient éparpillés par terre. En promenant son regard dans sa chambre, elle remarqua que sa table de chevet avait été renversée. La lampe qui était posée dessus gisait par terre, brisée en mille morceaux.

-Oh mon dieu, répéta-t-elle.

Cette fois, elle se retourna sur le ventre pour cacher son visage dans l'oreiller. Mais qu'est-ce qui lui avait prit de coucher avec Végéta ? Elle pouvait à peine le supporter, lui et son caractère pompeux. Bien sûr, lorsqu'elle l'avait vu pour la première fois, avec son armure, ses cheveux noirs de jais, sa carrure imposante malgré sa petite taille et son visage sérieux, elle n'avait pas pu s'empêcher de le trouver de son goût. Cependant, jamais elle n'avait ressenti le désir de flirter ou de bâtir une quelconque relation avec lui et encore moins lui faire une place dans son lit ! Qu'est-ce qui lui était passé par la tête ? Cela n'avait pas de sens. Que s'était-il passé ?

''L'alcool m'a probablement embrouillé les idées plus que je ne le pensais finalement'' se dit-elle.

En effet, sans se l'expliquer, Bulma se rappela l'avoir trouvé très attirant, beaucoup plus qu'à l'habitude. Elle se rappela aussi de son odeur lorsqu'il l'avait pris dans ses bras, une odeur qui lui avait fait perdre la tête et qui l'avait poussé à tenter de l'embrasser pour mieux le goûter. Elle se rappela aussi ses lèvres brûlantes dans son cou, ses mains robustes empoignant inlassablement ses seins et ses fesses, ses muscles raides qui s'étaient contractés lorsqu'il l'avait soulevé pour mieux la pénétrer, les grognements qu'il faisait lorsqu'elle lui avait griffé le dos...

''Ça suffit !'' se dit-elle. ''Tu ne vas te mettre à y repenser en plus !''

Elle tourna la tête du côté gauche. Malgré quelques moments un peu flous, elle se souvenait de tout ce qui s'était passé. Elle se rappelait vaguement l'avoir entendu sortir de sa chambre après qu'ils eurent fini. Il ne s'était pas attardé auprès d'elle et ne lui avait pas adressé la parole. C'était la première fois qu'elle perdait le contrôle d'elle-même après avoir consommé et selon le mal de tête qui l'assaillait, elle avait nettement dépassé ses limites. C'était probablement son ivresse qui l'avait poussé à commettre une telle erreur de jugement. Maintenant, elle devrait en subir les conséquences.

Cette pensée lui rappela aussi pourquoi elle s'était mis à boire autant. Elle était triste d'avoir rompu avec Yamcha et après avoir quitté ses amies et retrouvé sa maison vide (ou presque...) elle s'était sentie énormément seule. En repensant à Yamcha, elle se sentit affreusement mal. Comment avait-elle pu lui faire ça ? Ils étaient à peine sortis de leur relation qu'elle avait déjà couché avec quelqu'un d'autre ! Et pas avec n'importe qui! Avec Végéta, la personne que Yamcha détestait probablement le plus sur cette terre ! Seules les traînées faisaient ça !

''Non, non, calme-toi Bulma'' se dit-elle. ''Tu n'es plus avec lui, tu peux faire ce qui te chante maintenant. Ce n'est pas comme s'il t'avait été fidèle non plus...''

Bulma décida qu'il était temps de se lever. De toute façon, les pensées qui se bousculaient dans sa tête l'empêcheraient probablement de dormir. Sans oublier qu'elle commençait à se sentir affreusement coupable.

Elle se dirigea vers sa commode, prit une paire de jeans et un joli chemisier rose et se dirigea vers sa salle de bains. Elle entreprit de se doucher rapidement et s'habilla avant de se coiffer. En regardant son reflet dans le miroir, elle sursauta.

Son cou était couvert de petites marques rouges qui témoignaient des endroits où Végéta avait posé ses lèvres avec plus d'avidité. En les voyant, Bulma replongea dans ses souvenirs et pouvait presque sentir la bouche du prince parcourir à nouveau son corps. Amèrement, elle dut admettre que la soirée qu'ils avaient passée n'avait pas été aussi désagréable qu'elle aurait pu se l'imaginer. En fait, en y repensant bien, ça avait été mémorable. Pendant plus de deux heures, ils s'étaient adonnés à une torride partie de jambes en l'air comme jamais Bulma n'en avait eu. Il avait réussi à la faire jouir plusieurs fois et à la fin, Bulma se rappela comment elle s'était sentie vidée de son énergie et parfaitement comblée. Jamais elle n'avait ressenti une telle satisfaction avec Yamcha... Végéta était un très bon amant.

À cette pensée, Bulma rosit légèrement et sentit une sensation agréable monter dans son ventre. Bon sang ! Il fallait qu'elle se calme sinon, elle recommencerait à le désirer.

Bulma secoua la tête et entreprit de terminer sa coiffure avant de se maquiller légèrement. Il fallait qu'elle se ressaisisse. Végéta était n'était pas quelqu'un de bien. Il avait beau savoir comment s'y prendre avec une femme, il restait la personne la plus arrogante et la plus prétentieuse qu'elle connaissait. Il ne pensait qu'à lui et la seule chose qui l'importait était d'entretenir sa fierté en devenant plus fort que Goku. Il était très loin de ce qu'elle considérait être un petit ami potentiel. Coucher avec lui avait été une terrible erreur qui ne se reproduirait jamais. Il fallait qu'elle oublie ce qui s'était passé, faire comme si de rien n'était et avec un peu de chance, peut être que le scotch aurait effacé cet événement de la mémoire de Végéta.

Bulma se mit à fouiller dans un petit tiroir à la recherche d'un analgésique pour calmer son mal de tête. Comme elle n'en trouvait pas, elle sortit de sa chambre et se dirigea vers la cuisine où sa mère en conservait toujours un contenant dans l'une des armoires.

Arrivée à l'entrée de la cuisine, elle se figea lorsqu'elle vit le Saiyen installé au comptoir. Il était dos à elle, penché sur une énorme assiette remplie de toasts qu'il dévorait avec toujours autant d'appétit. Il ne l'avait pas vu, mais Bulma savait qu'avec ses sens aiguisés, il l'avait probablement entendu arriver. Comme il avait l'habitude de se réveiller beaucoup plus tôt qu'elle pour s'entraîner, ils ne se croisaient jamais lors du petit-déjeuner. Tout en se demandant pourquoi il était là aussi tard, la jeune femme sentit un noeud se former dans son estomac ; elle ne s'attendait pas à devoir l'affronter aussi tôt.

''Allez Bulma, fais comme d'habitude, dis-lui bonjour et demande s'il a passé une belle nuit. Non ! Je ne dois pas lui demander ça, il pensera que je fais allusion à ce qui s'est passé. Je dois l'ignorer alors ? Non, il sentira que je suis mal à l'aise. Contrairement à lui, je n'ai pas l'habitude de faire comme si les gens n'existaient pas'', pensa-t-elle.

Portant instinctivement sa main vers son cou pour cacher les marques rouges qui le couvraient, elle prit son courage à deux mains et entra dans la cuisine en parlant d'une voix un peu trop aiguë :

-Bon matin !

Sans répondre ni lever les yeux vers elle, Végéta resta concentré sur ses toasts.

La jeune femme se dirigea vers l'armoire qui contenait les analgésiques. Elle sortit la bouteille, avala deux comprimés et en fourra deux autres dans la poche de son jean. Bulma continua son chemin vers sa meilleure amie : la cafetière. Ce matin-là, elle doubla la dose. En regardant le liquide s'écouler dans la carafe, elle cherchait quoi dire à l'homme qui se tenait derrière elle. Devait-elle lui en parler ou faire comme si rien ne s'était passé ? Se rappelait-il de tout ce qu'ils avaient fait ? Avait-il remarqué à quel point Bulma l'avait désiré ? Les questions se bousculaient dans la tête de la jeune femme et le silence qui s'éternisait lui paraissait devenir de plus en plus lourd. Bulma en était certaine, lui aussi sentait qu'un énorme malaise régnait dans la pièce et elle ne savait pas comment le désamorcer.

Elle décida qu'elle devait d'abord regarder son amant d'un soir pour tenter de tirer le plus d'informations possible avant de parler.

Elle se servit une tasse de café fumant et se retourna vers lui pour scruter son visage. Elle fut surprise de constater qu'il la fixait déjà avec un air impassible, les deux mains fermées en un poing serré de chaque côté de son assiette vide. Il avait les yeux légèrement plissés, comme pour limiter la quantité de lumière qui entrait dans ses pupilles. Comme elle, un mal de tête l'assaillait probablement et la jeune femme comprit pourquoi il ne s'était pas levé à l'heure habituelle. Végéta avait lui aussi trop profité des bonnes choses de la vie et à en juger par le regard avec lequel il la fixait, il se souvenait de tout lui aussi.

Bulma soutint son regard et tenta de déchiffrer son expression, mais elle n'en menait pas large. En le regardant comme ça, une gêne inexplicable s'empara d'elle et elle se sentit rougir en repensant au corps nu de Végéta contre le sien. Sa première gorgée de café fut difficile à avaler.

Elle pensa qu'il était mieux qu'elle lui en parle. Elle devait lui dire que même si elle avait passé un bon moment avec lui, cela ne se reproduirait pas. Elle devait lui faire comprendre qu'elle n'avait aucun intérêt sexuel ou affectif envers lui et que coucher ensemble avait été une erreur.

Bulma avait déjà ouvert la bouche pour parler lorsqu'elle remarqua les yeux noirs du Saiyen qui glissaient lentement vers son cou, attirés par les petites marques rouges qui s'étaient dessinées au cours de la nuit. En les voyants, Végéta serra les lèvres et afficha une mine dégoûtée. Les mots qui s'apprêtaient à émerger de sa bouche se noyèrent automatiquement. Bulma en était certaine maintenant ; il regrettait amèrement d'avoir couché avec elle. Elle le révulsait.

Le malaise de Bulma s'envola aussitôt et fut remplacé par de la colère. Comment osait-il être dégoûté parce qu'il avait couché avec elle ? Elle était l'une des plus belles femmes de cette planète et beaucoup d'hommes étaient prêts à se mettre à genoux devant elle pour un simple baiser de sa part. Si quelqu'un devait être dégoûté, c'était bien elle. Elle avait couché avec un extraterrestre, fou, psychopathe et prétentieux !

Elle fronça les sourcils et, sa tasse de café bien calé dans la main, sortit de la cuisine à grands pas. En passant à côté de Végéta, elle prit les deux comprimés d'analgésique dans sa poche et les lui lança. Il les attrapa au vol.

- Pour ton mal de tête, dit sèchement Bulma en s'éloignant.

La jeune femme passa le reste de la journée dans le laboratoire de son père à travailler sur un de leurs nombreux projets. Elle voulait à tout prix oublier ce maudit Saiyen. La tâche se révéla beaucoup plus difficile qu'elle le croyait.*****

*****Bulma s'était éclipsée depuis un bon moment déjà et Végéta regardait toujours les comprimés qu'il avait déposés sur la table. Depuis qu'il avait ouvert les yeux ce matin, beaucoup plus tard qu'à l'habitude, il ne cessait de repasser les événements de la veille dans sa tête. Il était resté un bon moment couché dans ce lit tellement confortable afin de reprendre le contrôle de son corps et de son esprit. Même s'il avait dormi d'une traite sans se faire réveiller par ses habituels cauchemars, il ne se sentait pas très en forme. Un terrible mal de tête l'obligeait à garder les yeux mi-clos et il se sentait très faible et étourdi. Mais le malaise physique qu'il ressentait, qu'il avait fini par associer à ses trop nombreux verres de scotch, n'était rien comparé au sentiment qui l'envahissait depuis qu'il avait constaté comment il s'était laissé emporter avec cette femme.

Ce n'était pas le fait d'avoir couché avec elle qui l'embêtait. Non ça, il l'acceptait. Satisfaire ses besoins charnels était tout à fait normal. Il l'avait fait à quelques reprises dans le passé avec des femelles de toutes sortes d'espèces différentes mises à la disposition des soldats de l'armée de Freeza. Il y en avait pour tous les goûts et étant l'un des guerriers favoris, il avait même le choix des plus intéressantes. Alors que son acolyte Nappa préférait les femelles à l'apparence un peu plus exotique, le prince était davantage attiré par des espèces plus conventionnelles, qui ressemblaient à la sienne. À ce niveau, il avait remarqué que les Terriens étaient particulièrement beaux et bien que moins musclés et dépourvus de queue de singe, leur morphologie ressemblait beaucoup à celle des Saiyens. De plus, ils présentaient une diversité génétique impressionnante. Contrairement aux individus de son espèce, qui avaient tous une chevelure très foncée, des yeux noirs et une peau mate, les humains avaient une apparence très changeante, allant des cheveux noirs à blonds et des yeux obscurs à bleus très pâles en passant même parfois par le vert. Si Freeza avait su que la Terre existait et qu'elle abritait des êtres aussi beaux et faibles, il en aurait profité pour en soumettre plusieurs afin de remplir ses rangs d'esclaves.

Quant à la Terrienne qui l'hébergeait et avec qui il avait passé la nuit, elle était très belle, la plus belle femelle que Végéta eut jamais vu. Si elle avait fait partie des choix dans le temps de ses services dans l'armée, il n'aurait pas hésité à demander qu'elle comble ses besoins sexuels. Elle aurait d'ailleurs été sa préférée.

Non, ce qui l'horripilait autant, c'était comment elle lui avait fait perdre la tête. En temps normal, il se contrôlait parfaitement de ce côté. Il se contentait d'écouter ses besoins et de se satisfaire le moment venu et comme il n'avait jamais vraiment eu un gros appétit sexuel, cela ne lui arrivait que rarement. Mais hier soir, elle avait fait naître en lui un appétit tout nouveau. Beaucoup plus fort qu'une simple attirance ; le désir. Un désir tellement intense qu'il avait oublié tout ce qui l'entourait à part elle.

En voyant sa peau blanche, douce et immaculée, ses yeux bleu clair, ses cheveux soyeux et en sentant son parfum si envoûtant, il s'était surpris à vouloir qu'elle le désire avec autant d'intensité que lui. En l'entendant gémir de plaisir lorsqu'il lui avait caressé les seins, il avait voulu qu'elle en ait encore plus. Il avait eu envie de la serrer fort dans ses bras pour la posséder en entier, pour qu'elle tire un maximum de plaisir sous son emprise. Il avait senti son coeur accélérer au même rythme que celui de la Terrienne lorsqu'il s'était allongé sur son corps.

Bien sûr, c'était elle qui avait donné le coup d'envoi. En l'approchant et en dévoilant sensuellement sa poitrine comme elle l'avait fait devant lui sur le canapé, elle lui avait envoyé un message clair auquel il n'avait su comment réagir au départ. Effectivement, il n'était pas habitué à ce que les femelles l'approchent de façon aussi téméraire et suggestive. Cependant, Végéta s'était vite rendu compte qu'elle lui faisait beaucoup d'effet et rapidement, il avait senti cette envie de la combler. Il se rappelait comment, une fois arrivés dans la chambre de la femme, il avait hésité à lui donner ce qu'elle voulait et il se rappelait aussi comment il n'avait pas pu lui résister lorsqu'elle lui avait demandé, ou plutôt ordonné de la prendre dans ses bras.

Tout cela était entièrement nouveau pour lui. Jamais il n'avait autant désiré quelque chose. Jamais il n'avait autant désiré donner du plaisir à quelqu'un d'autre que lui.

Sans s'en rendre compte, elle l'avait mis à genoux devant elle. Elle l'avait rendu vulnérable. Tout ce désir lui avait fait perdre le contrôle et cela le répugnait au plus haut point.

Laissant les comprimés sur la table, Végéta se leva et quitta la cuisine, furieux contre lui-même et cette stupide humaine. Il avait besoin de prendre de l'air. Il sortit de la somptueuse demeure des Briefs et s'envola sans vraiment savoir quelle direction prendre. Il n'avait pas envie de s'entraîner aujourd'hui et de toute façon, se dit-il, il n'avait pas pris de journée de congé depuis plusieurs mois. Cela lui ferait un grand bien.

Il se dirigea vers le Nord et tout en parcourant les terres et les villages, il se dit que malgré le fait qu'il ait passé plus de temps sur Terre que toutes les autres planètes qu'il avait visitées, il ne connaissait pas grand chose de celle-ci. Certes, il en avait appris un peu au courant de son voyage d'un an qu'il avait passé à bord de son vaisseau avant de rencontrer Kakarot pour la première fois. Cependant, bien qu'il préférait passer son temps et vivre à l'extérieur, il n'avait pas quitté l'habitation des Briefs une seule fois. Ainsi, il ne savait pas vraiment à quoi ressemblait réellement cette planète.

''À part peut-être la fois où le mystérieux jeune homme aux cheveux mauves nous a rendus visite'', se rappela-t-il.

Il continua de voler pendant presque deux heures lorsqu'il décida de se poser. Le paysage était spectaculaire, avec les chaînes de montagnes à perte vue et la neige qui recouvrait le sommet de celles qui s'élevaient un peu plus haut. La neige était quelque chose de nouveau pour lui et il avait été surpris de la voir tomber il y a quelques mois. Sur la planète Végéta, l'atmosphère était très différente de celle qui régnait ici et la température restait toujours élevée sans varier de plus d'un ou deux degrés.

Il savait qu'il était à une altitude élevée, car il le sentait à sa façon de respirer, l'oxygène commençait à se faire plus rare. Il descendit vers l'une des montagnes qui se dressait devant lui et se dirigea vers une crête rocheuse très abrupte. Il se posa derrière et se retrouva en face d'un énorme bassin d'eau claire dans laquelle une imposante chute se déversait à gros débit. Bien qu'il n'y eût pas beaucoup de végétation aux alentours, de l'herbe d'un vert très pâle poussait là où les fines gouttes provenant de la chute se déposaient. L'endroit était parfait.

Végéta s'approcha de l'eau et remarqua comment le bleu du ciel était magnifiquement reflété à sa surface. Cela lui rappela brièvement les yeux de la femme. Il se maudit intérieurement de penser à nouveau à elle.

Sans réfléchir, il se débarrassa de sa combinaison de combat et nu comme un ver, il plongea dans l'eau. La température le fit sursauter. Il ne s'attendait pas à ce que celle-ci soit aussi glaciale. Cependant, le froid intense qui pinçait sa peau lui fit du bien, accélérant la circulation de son sang dans ses veines. Pendant un bref instant, il sentit son mal de tête se dissiper.

Le Saiyen fit quelques longueurs à la nage avant de sortir, complètement gelé. Il se sécha rapidement au vent et se rhabilla. Puis, il s'étendit dans l'herbe les mains derrière la tête avec l'intention de faire la sieste.

En fermant les yeux cependant, il ne put s'empêcher de penser à ses premiers instants sur Terre en tant qu'invité.

Une fois revenu de Namek grâce aux Dragon Balls, la femme aux cheveux turquoise l'avait invité, lui et ces êtres verts, à vivre chez elle le temps de trouver une nouvelle place où s'installer. Bien qu'il n'ait pas été traité comme le prince qu'il était, les Briefs avaient fait beaucoup d'efforts pour l'accommoder. Avec toute cette bonne nourriture préparée par la femme aux cheveux blonds, son énorme chambre avec sa salle de bains privée, ce lit ridiculement douillet et sans oublier le vaisseau dans lequel il pouvait s'entraîner à sa guise, son séjour sur Terre était très confortable. Trop confortable même et il n'avait pas tardé à se sentir mal à l'aise. Il était alors rapidement parti avec ce vaisseau construit par M. Brief à la recherche de Kakarot. Il désirait à tout prix gagner en puissance et devenir, comme lui, un Super Saiyen.

Malheureusement, bien trop tôt à son goût, il avait dû se résoudre à revenir sur Terre. Son réservoir de carburant s'était rapidement vidé et n'ayant nulle part où aller, il s'était retrouvé dans le jardin des Briefs.

Végéta se rappela de cette journée où il avait débarqué sur Terre, environ 4 mois après l'avoir quitté. N'ayant atteint aucun de ses objectifs au terme de son voyage, il s'était senti d'une humeur particulièrement massacrante. Il n'avait eu aucune envie de croiser l'un de ces humains et il avait dû se retenir de tout raser sur son passage, plus particulièrement ce minable qui traînait souvent dans les jupes de la jeune humaine.

Lorsqu'il était sorti, il s'était cependant retrouvé face à elle. Elle lui avait demandé d'aller se doucher et sa façon de s'adresser à lui l'avait tellement déstabilisé qu'il en avait oublié sa colère. Il n'avait pas l'habitude de se faire parler comme elle le faisait, surtout par une femme. Après tout, il était le prince et le plus puissant de tous les Saiyens. Toute sa vie, lorsqu'on s'était adressé à lui, ça avait été de façon officielle. La plupart de ses congénères le craignaient et devaient obéir à ses ordres. Il était habitué d'obtenir tout ce qu'il voulait au moindre claquement de doigts.

Avec cette femme par contre, c'était différent. Elle n'avait pas peur de lui et le traitait comme un égal. Au départ, il s'était dit qu'elle était probablement juste stupide, mais il s'était vite aperçu qu'elle exerçait en fait une sorte d'influence sur lui. Comme lui, elle était habituée d'obtenir ce qu'elle voulait et en général, elle s'adressait à lui de façon impérative. De plus, il ne comprenait pas pourquoi, mais malgré le fait qu'il ait été responsable de la mort de ses amis et qu'il ait voulu anéantir son espèce, elle avait toujours été aimable et relativement polie. Tout comme ses parents d'ailleurs. Elle ne s'en était pas rendu compte, bien sûr, mais lorsqu'elle lui demandait quelque chose de cette manière bien à elle, Végéta était tellement surpris qu'il avait de la difficulté à lui répondre comme il le faisait habituellement et il finissait souvent par lui donner ce qu'elle voulait. C'était comme si, avec son fort caractère, cette humaine réussissait à gérer le sien.

Pourtant, il le savait, il avait un tempérament explosif et très peu de gens, à part peut-être son propre père et Freeza, pouvaient se vanter de le rendre docile. Malgré sa faiblesse évidente, cette femme avait sur lui une emprise qu'il ne pouvait expliquer. Il s'en doutait déjà un peu, mais la nuit qu'ils avaient passée ensemble lui avait confirmé.

Végéta serra les dents et se jura qu'à partir de maintenant, il ne la laisserait plus jamais avoir le dernier mot sur lui. Il ne la laisserait plus jamais paraître aussi faible.

Sur cette pensée, Végéta, laissant les rayons du soleil le réchauffer, s'assoupit au son de l'eau qui se déversait dans le bassin. Loin de ces faibles humains, cette planète était un véritable paradis.