Au bout d'un long moment, le train s'arrêta enfin à la gare de Pré-au-lard et les élèves se précipitèrent sur le quai dans une grande cohue. Les hiboux hululaient, les chats miaulaient et le crapaud que Neville avait caché sous son chapeau pointu lançait des coassements sonores. Sur le quai minuscule, il faisait un froid glacial et un rideau de pluie fine et froide tombait sans relâche.
« Les premières années, par ici, lança une voix familière.
Harry, Ron et Hermione se tournèrent vers la gigantesque silhouette d'Hagrid qui se tenait à l'autre bout du quai et faisait des signes aux nouveaux élèves apeurés de le suivre pour la traditionnelle traversée du lac. Juliet qui jusqu'à présent n'avait plus dit mot se tourna vers Hermione pour lui demander :
« Est-ce que nous devons les suivre, étant donné que Tristan et moi sommes nouveaux ?
- Je pense qu'il serait plus judicieux de le demander à Hagrid, répondit cette dernière.
- Qu'est-ce qu'il serait plus judicieux de me demander, les questionna Hagrid qui venait d'arriver derrière eux. Comment allez-vous, tous les trois ?
- Bonsoir Hagrid, s'exclamèrent les trois compères du légendaire Trio.
Puis Hermione lui demanda :
- Vous ne les connaissez pas encore, je vous présente Juliet Lupin et Tristan Disraeli. On se demandait s'ils devaient venir avec nous ou s'ils devaient vous suivre Hagrid ?
- Ah ! Dumbledore m'avait bien dit que son arrière-petit-fils devait entrer cette année à Poudlard en deuxième année. Et vous êtes la fille du professeur Lupin, poursuivit-il en désignant Juliet de la tête. Les deux jeunes gens approuvèrent. Ensuite le garde de chasse promu professeur leur dit :
- Vous n'êtes pas obligé de me suivre, vous pouvez rester avec vos nouveaux amis si vous préférez. Il jeta un dernier coup d'œil aux trois autres avant de continuer sa route.
Harry, Ron et Hermione suivirent la foule sur un chemin boueux où une centaine de diligence attendaient les élèves. Tristan et Juliet, côte à côte, firent également le même processus. Les diligences devaient être tirées par des chevaux invisibles, pensa Juliet, car lorsque les élèves y montaient et refermaient la portière, elles se mettaient aussitôt en marche, cahotant le long du chemin en une longue procession.
Quand la diligence s'approcha en bringuebalant du magnifique portail en fer forgé, flanqué de colonnes de pierre surmontées de sangliers ailés, Harry vit les hautes silhouettes, masquées par des cagoules, de deux autres détraqueurs qui montaient la garde de chaque côté. Une vague glacée et nauséeuse faillit l'engloutir à nouveau. Il s'appuya contre le dossier de la banquette défoncée et ferma les yeux en attendant qu'ils aient franchi le portail. La diligence prit enfin de la vitesse le long de l'allée en pente douce qui menait au château. Hermione, penchée à la minuscule fenêtre de la portière, contemplait les innombrables tours et tourelles qui se rapprochaient. Finalement, la diligence s'arrêta en oscillant sur ses roues et Hermione descendit, suivie de Juliet. Lorsqu'Harry, Ron et Tristan sortirent à tour de rôle, une voix traînante et enjouée résonna à leurs oreilles.
- Alors, il paraît que tu es tombé dans les pommes, Potter ? C'est vrai ce que dit Londubat ? Tu t'es vraiment évanoui ?
Malefoy écarta Hermione d'un coup de coude pour barrer le chemin à Harry sur les marches de l'escalier de pierre. Il avait le visage réjoui et une lueur narquoise animait ses yeux pâles.
- Dégage, Malefoy, dit Tristan en le fusillant du regard.
Mais avant que Malefoy n'ait eu le temps de répliquer, le professeur Lupin s'interposa et demanda à Malefoy de partir. Ce dernier regarda ses meilleurs ennemis, l'air de dire la prochaine fois ça ne se passera pas comme ça.
Tandis que le Trio prenait la direction de la Grande Salle, Juliet puis Tristan franchirent la gigantesque porte en chêne et s'engouffrèrent dans l'immense hall d'entrée éclairé par des torches enflammées. Quand tout à coup, ils croisèrent le professeur McGonagall, qui assurait les cours de Métamorphose et occupait également la fonction de directrice de la maison des Gryffondor, Tristan avait déjà eu le plaisir de la rencontrer quelques mois auparavant dans le bureau de Dumbledore, elle était accompagnée d'Harry et d'Hermione. La sorcière à l'apparence sévère leur fit signe d'approcher :
- Disraeli ! Lupin ! Le professeur Dumbledore vous attend dans son bureau. Il est inutile de vous accompagner vous connaissez le chemin monsieur Disraeli, n'est-ce pas ?
- En effet.
Hermione les salua d'un signe de la main avant de disparaître au détour d'un couloir à la suite du professeur de Métamorphose et d'Harry.
Lorsqu'ils furent hors du vu, Tristan prit la direction du bureau de son ancêtre Juliet sur les talons. Cette dernière observait les vastes couloirs de ses yeux émerveillés, c'est ici que ses parents avaient passé sept années consécutives a étudié, c'est ici qu'ils s'étaient rencontrés et c'est également ici qu'ils s'étaient aimés. Juliet avait encore bien du mal à se remettre de la séparation de ses parents deux ans plus tôt. Comme ils s'étaient quittés en mauvais terme Juliet ne voyait que très rarement son père. Depuis qu'Alexia, sa marraine, leur avait rendu visite à sa mère et à elle pendant les vacances d'été, elle savait qu'elle aurait d'avantages d'occasions de voir son père puisqu'elle irait étudier à Poudlard cette année et que son père y serait professeur. Juliet avait pris la décision de démontrer à son père qu'elle avait tourné la page.
Lorsqu'ils furent arrivés devant le mur qui dissimulait l'escalier en colimaçon menant au bureau du directeur de Poudlard, Tristan se décida à chercher le mot de passe.
- Chocogrenouille… Plume en sucre… Dragée de Berticrochu…
- Tu parles d'un mot de passe, s'exclama Juliet.
- Ton père m'a prévenu que Dumbledore avait pour habitude de donner le nom de friandises qu'il affectionnait pour mot de passe.
- Si tu le dis…euh…Bonbon au citron…
La gargouille s'anima soudain et derrière elle le mur s'ouvrit pour les laisser passer. Tristan et Juliet s'avancèrent et virent un escalier en colimaçon qui tournait lentement sur lui-même comme un escalator. Lorsqu'ils montèrent la première marche, le mur derrière eux se referma avec un bruit sourd. Ils s'élevèrent sans effort en cercles successifs qui les emmenèrent de plus en plus haut. Enfin, Juliet qui se tenait devant Tristan, vit apparaître une magnifique porte en chêne. Avec un peu d'hésitation, Juliet frappa à la porte qui s'ouvrit silencieusement. Dès qu'ils l'eurent franchie, Tristan et Juliet s'avancèrent doucement attendant probablement l'approbation de Dumbledore. Puis, le professeur Dumbledore apparut accompagné de Remus Lupin.
- J'espère que tu as fait bon voyage depuis l'Australie, Tristan ?
- Merveilleux, répondit-il d'un ton légèrement sarcastique que Dumbledore crut bon de ne pas discerner. Qu'est-ce que je fais ici ?
- Ta mère et moi avons pensé qu'il serait préférable que tu poursuives tes études à Poudlard.
- Vous croyez vraiment que je suis idiot. Que je n'ai pas compris la raison pour laquelle je suis ici ?! Je n'ai peut-être pas encore douze ans, mais je sais très bien que vous cherchez à m'éloigner de mon père !
- On ne peut rien te cacher, mon garçon, répondit Dumbledore une lueur amusée dans le regard. Puis il s'approcha d'avantages de Tristan et posa sa main sur son épaule. Ta mère et moi cherchons seulement à te protéger. Je voudrais savoir, Tristan, s'il y a quelque chose qui te tracasse et dont tu voudrais me parler.
- Mon père est innocent, s'emporta-t-il. Et que vous le vouliez ou non, Jane et maman sont parties à sa recherche. Il repoussa la main du vieil homme.
- Tristan, je t'en prie, le reprit Lupin, ce n'est pas comme ça que l'on s'adresse au directeur de Poudlard, ni à un membre de sa famille.
- J n'en ai rien à faire. Je voudrais pouvoir rentrer à la maison et ne plus jamais vous revoir. Vous êtes détestables. Tristan fulminait et il ajouta en direction de Dumbledore : Je comprends maintenant à quel point maman t'en a voulu…
Brusquement, il s'éloigna d'un pas rapide et fier avant de claquer la porte derrière lui. Juliet qui avait sans doute préféré se taire se précipita à la suite de Tristan en lançant « je vais le calmer, ne vous en faites pas ».
La répartition avait déjà commencé lorsque Tristan et Juliet débarquèrent dans la Grande Salle.
- Lestrange Anthony ! Appela le professeur McGonagall.
- SERPENTARD ! Cria le chapeau.
Le dit Anthony rejoignit sa table sous les applaudissements des élèves de Serpentard. A la table des professeurs des murmurent se firent entendre.
- Wolpert Nigel !
- GRYFFONDOR !
Quand la dernière personne de la liste fut répartie, Albus Dumbledore se leva.
- Bienvenue, dit-il. Bienvenue à tous pour cette nouvelle année à Poudlard. J'aimerais vous dire quelques mots avant que nous ayons tous l'esprit embrumé par notre excellent festin. Tout d'abord, je suis heureux d'accueillir le professeur R.J Lupin qui a eu la bonté d'accepter le poste de professeur des DCFM. Bonne chance professeur.
Toute la salle acclama le directeur comme ils avaient l'habitude de le faire.
- Pour continuer sur une note moins joyeuse, sachez qu'à la demande du ministère de la magie, Poudlard va devoir accueillir jusqu'à nouvel ordre quelques détraqueurs d'Azkaban, jusqu'à ce que Sirius Black soit capturé. Les détraqueurs seront postés à toutes les entrées du domaine, bien que l'on m'est assuré que leur présence ne perturberait pas nos activités quotidiennes. Je vous mets en garde, les détraqueurs se nourrissent de vos peurs les plus secrêtes et ne se laissent pas abuser par des ruses ou des déguisements, c'est pourquoi je demande à chacun et à chacune d'entre vous de ne jamais leur donner l'occasion de vous faire du mal. Il n'est pas dans la nature d'un détraqueur d'être indulgent. Mais vous savez, on peut trouver le bonheur même dans les moments les plus sombres, il suffit de se souvenir d'allumer la lumière.
- Avant que le banquet ne commence, je voudrais que vous fassiez un accueil chaleureux à deux nouveaux élèves qui rentreront directement en deuxième année. Je vous présente Tristan Disraeli et Juliet Lily Lupin.
Tandis qu'il se rasseyait, Tristan et Juliet s'approchèrent de l'estrade où le professeur de Métamorphose se tenait avec le choixpeau.
- Disraeli Tristan !
Hum, ce n'est pas facile, dit une petite voix à son oreille. C'est même très difficile. Tu me rappelles la répartition de ton père. Seulement avait-fais-je le bon choix il y a vingt-deux ans de cela ? Je vois une détermination sans faille. Mais beaucoup de courage également. De grandes qualités intellectuelles…et du talent. Voyons, où vais-je te mettre ? Voilà qui est intéressant, tu es avide de faire tes preuves ! Que penses-tu de Serpentard ? Après tout tu es un Black, cette maison te conviendrait parfaitement.
Tristan se crispa sous cette dernière remarque, « pas à Serpentard » pensa-t-il très fort.
Tu en es sûr ? Très bien si tu es sûr de toi, il vaut mieux t'envoyer à…
- GRYFFONDOR !
Tristan entendit le dernier mot résonner dans la Grande Salle. Il ôta le chapeau et se dirigea vers sa table qui l'acclamait. En même temps, la table des professeurs se mura dans un silence total. Faut croire que le destin recommençait...
Percy Weasley se leva et lui serra vigoureusement la main.
- Content que tu sois avec nous.
- Lupin Juliet !
- GRYFFONDOR !
Tristan applaudit vivement avec les autres tandis que Juliet se laissait tomber sur une chaise à côté d'une jeune rousse et face à lui. La jeune fille assied à ses côté lui fit un grand sourire et se présenta :
- Ginny Weasley, ravie de te rencontrer. J'espère que nous serons amie… »
