Nota Bene : j'écris cette histoire de front avec une nouvelle originale et mon scénario de film de bac, donc même si je suis en vacances le rythme de publication sera un peu... Erratique. En même temps, avec moi, vous avez l'habitude.

Les deux hommes restèrent interdits, figés quelques secondes, leurs regards hésitant entre celui de l'autre et leurs Daemons qui s'effleuraient avec douceur et curiosité. Anthony, le jeune homme en salopette, semblait tout aussi effaré que Loki, qui se reprit et, malgré le plaisir de Fenrir à approcher l'autre, attira son daemon à ses côtés. Alors que le loup tergiversait, le châtain appela Nori à haute voix. Loki prit conscience, avec gêne, que les deux femmes les regardaient. Il esquissa un sourire un peu forcé et lâcha finalement :

- Enchanté. Vous... Avez une pince dans la poche.

- Euh, ouais, j'étais en train de… peu importe. Il passa une main dans ses cheveux en bataille. Donc, vous allez travailler avec nous ?

- Apparemment… fit Loki, prudent. Mais j'ai cru comprendre que vous étiez plutôt dans les ateliers.

- En fait, Tony ne travaille pas officiellement ici, explicita Jane.

- A vrai dire, le fait qu'un homme du même nom que le PDG et de l'âge d'être son fils travaille ici par pure coïncidence, fit le brun avec un sourire nonchalant.

Tony parut gêné, ce qui l'amusa et étira un peu plus son sourire. Darcy s'avança joyeusement, crispant légèrement Loki par son approche envahissante.

Et donc, Loki va travailler ici même, dans ces locaux. Il va surtout faire des calculs et de la recherche théorique. Jane pensait à le prendre à l'essai avant de lui faire un contrat stable, mais il faut quand même prévenir ton père, qu'il puisse avoir un salaire et des horaires fixes.

Tout en parlant, elle avait tenté de passer un bras sur l'épaule de Loki, qui avait esquivé d'un mouvement fluide et précis. Si son visage restait de marbre, le poil de Fenrir s'était hérissé sur sa nuque, où le jeune homme avait posé une main rassurante. Il était soucieux de ce qui était arrivé à Fen, cela ne lui était jamais arrivé avant. Il avait eu des affinités avec des gens, bien sûr et Fenrir était parfois en confiance avec des gens qu'il connaissait peu, mais il n'avait jamais ressenti ça. L'envie irrépressible, presque comme un besoin, de se rapprocher de son daemon l'avait surpris, bien plus encore que le fait qu'il aille vers l'autre. Cette curiosité surexcitée qu'il avait ressenti à travers son dameon était plus que perturbante. Toutefois, il devait se concentrer sur le moment. Il se tourna vers sa recruteuse :

Si je comprends bien, il faut que je fasse mes preuves afin que vous ayez des arguments de mon côté quand la décision reviendra au grand patron ?

La question était parfaitement rhétorique et son ton ne laissait aucune équivoque. Jane approuva, l'air un peu gêné. Sans se laisser perturber, il poursuivit :

Vais-je devoir le rencontrer ?

Normalement, non. A moins d'un cas vraiment exceptionnel.

Tant mieux, songea Loki, se détendant légèrement. Il n'était pas sûr de pouvoir faire bonne impression, car malgré son caractère rusé et son talent pour manier les mots, il était souvent trop sarcastique ou ironique, se moquant de heurter les gens dans leur orgueil. Pour être tout à fait honnête, il y prenait même un malin plaisir. Il se tourna vers Anthony, qui lui lança un sourire et proposa :

Tu veux visiter ?

Loki haussa un sourcil à la marque familiarité, puis hocha la tête avec un léger sourire.

Avec plaisir. Je vous suis.

Le sourire de Tony s'élargit. Il avait terriblement envie de connaître Loki. Il en aurait probablement eu envie de toutes manières, mais après la réaction de Nori et passée sa gêne de la situation inhabituelle, il était encore plus intéressé. Il voulait comprendre pourquoi. Qu'est-ce qu'il y avait, chez lui, qui avait fait réagir leurs daemons de cette manière. Il entraîna Loki dans les couloirs, lui montrant des salles de réunion et d'entretien, ainsi qu'un salon ressemblant grandement à celui qu'ils venaient de quitter.

Il y a des bureaux sur 4 étages autour d'ici. Deux au-dessus et deux en-dessous, suivant le grade de ceux qui y travaillent. Après, il n'y a que des salles de recherche, des labos et des ateliers.

Sur 6 étages ? fit Loki, stupéfait.

5. Le rez-de-chaussée est occupé par un hall vide qui sert à rien, je te signale, répliqua Tony en lui faisant signe de se diriger vers une cage d'escalier.

C'est pour impressionner les visiteurs, fit remarquer Loki. C'est politique.

Ouais, ça sert à rien, quoi.

Au fond, Tony comprenait parfaitement l'intérêt d'impressionner les autres. Mais lui pensait qu'on pouvait facilement impressionner les gens avec un chalumeau à la main et des nouvelles technologies. Son pragmatisme l'aurait poussé à utiliser le maximum d'espace. On avait beau lui dire que, plus jeune, son père avait pensé et agît comme lui, il avait du mal à admettre qu'il lui ressemblait. Sous le regard interloqué de Loki, il ouvrit la grille d'ascenseur et lui fit signe d'entrer. Le brun eut moins d'une seconde d'hésitation avant d'entrer. Tony enclencha le mécanisme et ils commencèrent à descendre. Fenrir se colla aux jambes de Loki, surpris, alors que ce dernier observait les panneaux de commande et leur vitesse de descente – et Tony pouvait voir, à son regard, que dizaines de calculs complexes se déroulaient dans son esprit.

C'est… incroyable !

Oui, hein ? Je l'adore, se rengorgea Tony. Je n'ai pas participé au projet, mas j'ai corrigé quelques erreurs de fonctionnement. Cela dit, il arrive toujours qu'il ait des… disfonctionnements.

Comprendre par là qu'il se stoppait soudainement en pleine course, parfois pour plus d'une heure. Loki lut le sens entre les lignes, mais il était bien trop intéressé par le fonctionnement de la machine pour rabaisser l'orgueil de Tony. Ce dernier lui fit visiter des labos, des ateliers de construction, d'expérimentation, des salles d'observation et le tout sans tarir de commentaires sur les installations, leur modernité, ce qu'on y étudiait, sans jamais faiblir.

Vous pourriez aller plus lentement ?

Mais sinon, je n'aurai pas le temps pas le temps de tout te montrer ! protesta-t-il.

Loki ouvrit la bouche pour répondre, mais le jeune homme avait déjà saisi une sorte de bracelet couvrant tout l'avant-bras et se lança dans une explication sur son utilité. Ce n'était pas qu'il ne comprenait les explications du jeune homme, mais il n'avait pas le temps de les comprendre et aurait aimé le prendre. De plus, il voulait une visite des locaux, pas un topo sur la totalité des projets en cours ici, même si Stark semblait connaître chacun d'eux.

Et peut-être qu'il avait choisi de ne pas dormir, mais Loki, lui, ne dormait pas mal installé et 5 heures par nuit les jours fastes pour son plaisir personnel. De plus, ces derniers temps avaient été complexes et fatigants pour lui, limitant sa patience, qui n'était déjà pas la principale de ses qualités. Aussi, quand Tony le fit entrer dans son atelier personnel et commença à babiller de plus belle, avec encore plus d'enthousiasme, prêt à lui faire une démonstration d'une nouvelle machine très manifestement instable, Loki lui jeta un regard las et lâcha :

Il t'arrive de te taire ?

Je… quoi ? Il y a un problème ? J'ai dit un truc ? Ecoute, c'est pas grave, enfin si peut-être mais… je sais pas, explique-moi !

Loki n'entendit pas la fin de la phrase, il était déjà sorti. Il se dirigea vers l'ascenseur, incapable de retrouver les escaliers dans les couloirs qu'il connaissait mal. Il entendit la porte de l'atelier claquer, mais il était déjà dans la cabine et n'avait aucune envie de regarder dans cette direction. Fenrir hésita à y entrer.

Tu es sûr ? Il va peut-être venir s'excuser.

Je me moque de ses excuses. Il est insupportable et se moque parfaitement de son interlocuteur tant qu'il a une oreille dans laquelle il peut déverser sa logorrhée.

Le loup pencha la tête sur le côté, hésitant, avant de rentrer dans la cabine. Loki se dépêcha de la lancer, manœuvrant le levier comme Stark l'avait fait plus tôt et remontant à l'étage où ils étaient au départ. Il entendit la voix de Tony, déformée par la résonnance, appeler son nom.

Notes explicatives :

L'univers de Tony et Loki, du moins celui-ci, est un reflet de la fin du XIXème/début du XXème siècle, à quelques variations technologiques près. J'essaye par moments d'y donner une petite ambiance steampunk, étant fan du genre.

Il existe des théories comme quoi les gens avec un daemon du même sexe seraient homosexuels. Je ne sais pas trop honnêtement, c'était surtout pour avoir Fen que j'ai fait ce choix. Mais ce n'est pas un hasard complet et une ou deux références à cette théorie existent dans la fic. Je n'affirme rien, par contre.

Alors, qu'est-ce que vous en pensez ? La réaction de Loki vous paraît plausible ? Compréhensible ? Laissez un commentaire sur vos impressions !