Pairing : HP/DM
Disclaimer : Tous les persos de cette fic appartiennent à la vénérée J.K. Rowling, et certainement pas à moi… Et je ne vais certainement pas me faire des sous avec cette fic !
Rating : M. Relations homosexuelles assez explicites dès le 2ème chapitre, c'est-à-dire celui-là, donc si ça vous choque, veuillez passer votre chemin !
Note de l'auteuze :Oui, bon, je m'étais dit que je publierai ce chapitre en fin de semaine, mais il se trouve que, finalement, c'était tout aussi bien de le publier maintenant… :p
Malgré les regards
Chapitre 2 – Face à Face
Avoir perdu une année scolaire lors de l'ultime bataille n'avait pas que des inconvénients. Bénéficier de la chaleur de Poudlard une année supplémentaire en guise de rattrapage apportait un certain réconfort à ceux à qui la guerre avait tout pris. C'était le cas de Drago Malefoy. Bien qu'il ne l'eût jamais reconnu, il éprouvait une infime reconnaissance envers Severus Rogue, qui avait plaidé sa cause auprès du directeur. Celui-ci avait fini par accepter son retour à l'école de magie malgré sa –courte- carrière de Mangemort. C'était, désormais, son unique repère et horizon. Il avait tout perdu, ses parents, sa maison – saisie par le Ministère -, ses amis. Il rasait les murs en essayant vainement de se faire oublier. Il avait passé un été sordide, qu'il espérait ne pas revivre lorsque cette présente année se finirait. Il n'avait nulle part où aller, et, en définitive, Poudlard constituait une trêve dont il savait la fin proche.
Mais cette fin allait arriver prématurément. Pour que son malheur fût total, il avait fallu que cette idiote de Pansy découvrît le seul secret qu'il n'eût jamais réussi à garder jusqu'ici. Sans elle, il aurait probablement réussi à se faire oublier, lui et son passé si peu reluisant, mais elle avait tout gâché. Ou plutôt, c'était lui qui avait tout gâché. Croire, ne fut-ce qu'un instant, qu'il aurait pu mener une vie normale… Alors qu'il était purement et simplement pourri de l'intérieur – jusque dans sa sexualité. C'était bien ce qu'on disait dans son dos, ou bien ouvertement devant lui, maintenant – qu'il était un pauvre dégueulasse, un pervers doublé d'un Mangemort, un dégénéré, une erreur de la nature.
- Comme si je ne le savais pas déjà… murmura-t-il en fixant le mur de sa chambre vide.
Lorsque ses compères de chambrée avaient appris la nouvelle, ils avaient tout bonnement refusé que Drago retournât dormir dans le même dortoir qu'eux. Heureusement pour lui, Rogue lui avait mis à disposition une ancienne chambre de préfet en chef qui n'était plus utilisée, quelque part au quatrième étage, le temps que les choses reviennent dans l'ordre, si tant est qu'elles le puissent un jour. Drago ne se formalisait pas de cette solitude retrouvée.
- Personne pour me faire chier.
Personne pour « le faire chier », et Noël approchait à grand pas. Il se retrouverait seul, à Poudlard, puisqu'il n'avait nulle part ailleurs où rester, encore plus seul et rejeté que jamais.
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Les jours se succédaient avec la même monotonie, à l'exception près de l'effervescence croissante qui s'emparait de la masse étudiante de Poudlard. Les premières fêtes, depuis la chute du Seigneur des Ténèbres allaient bientôt avoir lieu.
- Franchement, Harry, je ne comprends pas.
- C'est comme ça, Hermione. Je compte sur toi pour essayer de faire passer la pilule à Ron.
- Ecoute… C'est un moment important, pour nous tous. On doit le fêter tous ensemble, tu ne crois pas ? Un an, tu te rends compte ?...
- Je me rends compte, Hermione, mais ce moment, je dois le passer seul, j'ai mes raisons, je te les ai expliquées – du moins j'ai essayé, et je n'ai rien d'autre à dire.
- Bon… Très bien. Sache que si tu changes d'avis…
- Je sais, Hermione. Vous êtes là.
Hermione n'insista plus, s'installa dans un fauteuil de la salle des Gryffondors, et ouvrit un ouvrage épais. Harry soupira et décida qu'il valait mieux qu'il ne sorte avant de risquer de croiser Ron. Celui-ci avait très mal pris sa décision de ne pas passer les vacances de Noël chez lui et avec Hermione. Harry ne pouvait pas lui en vouloir. Lui-même avait bien du mal à raisonner son choix. Il avait besoin de se retrouver, et de méditer seul à seul, sur ce qui avait été son destin. Une étrange mélancolie l'avait pris de court, et la simple idée de se retrouver dans le chaleureux foyer des Weasley lui donnait la nausée, sans qu'il puisse en comprendre la cause.
Il détourna la tête, comme pressé de mettre le plus de distance possible entre lui et ses pensées confuses. La fin de la semaine mettrait un terme au trimestre, et bien que le mois de juin se verrait sanctionné par l'examen des A.S.P.I.C., il n'avait aucune envie de mettre à profit ses deux semaines de vacances pour réviser. En fait, songea-t-il sombrement, il n'avait pas envie de grand-chose ces temps-ci, si n'était qu'on lui fiche la paix. Et ne surtout pas penser à ce qu'il s'était passé avec Drago Malefoy.
Un nouveau soupir franchit ses lèvres. Il avait fini sa journée de cours – il avait son après-midi de libre le mercredi -, et il se rendit vite compte que sans Ron et Hermione dans les pattes, le temps était tout de même très long. Pourtant, il continua d'errer sans but dans les couloirs, l'humeur de plus en plus morose. Son apparente apathie ne lui fit prendre conscience qu'au dernier moment que Drago Malefoy se dressait à moins de trois mètres de lui. Il pâlit brusquement, mais il était trop tard pour faire marche arrière, Malefoy l'avait remarqué et s'avançait vers lui. Harry avait passé la majeure partie de son temps à l'éviter depuis la fameuse journée.
- Tiens, Potter, ravi de constater que tu es encore vivant, lança Malefoy dès qu'il se trouva en face de lui.
- Laisse-moi passer, Malefoy, répondit Harry en s'efforçant de ne pas le regarder.
- Pour que tu t'enfuies comme la dernière fois ? Pas question.
Malefoy s'était arrêté bien au milieu du couloir – plutôt étroit –, ce qui empêchait de le contourner pour continuer son chemin. Le sourcil haussé, il jetait à Harry des regards impatients, que Harry évitait soigneusement de croiser. Il semblait attendre qu'il réplique, mais Harry restait muet. Malefoy soupira.
- Tu n'es vraiment pas très loquace. Autrefois, tu n'aurais pas renoncé à une occasion de me balancer une de ces petites phrases dont tu avais le secret.
- Parle pour toi, marmonna Harry. C'était toi, la fouine, que je sache.
Malefoy se crispa légèrement, avant de sourire.
- Tu vois que tu sais parler. Je commençais à me demander si tu maîtrisais encore l'usage de la parole.
- Si tu n'as que ça à me dire, tu ferais bien de te pousser de mon chemin, je suis pressé, répondit rapidement le Survivant en essayant de passer.
- Oh non, tu n'es pas pressé, et tu ne t'en tireras pas comme ça, répliqua Drago en plaquant une main contre son bras. Suis-moi.
Harry tressaillit. Il n'avait aucune envie de suivre Malefoy, où qu'il aille, mais celui-ci ne le lâchait pas. Il essaya vaguement de se débattre, mais il abandonna vite. La panique qui l'envahissait à ce moment était mêlée de quelque chose d'impalpable au fond de lui qui le retenait de s'enfuir à toutes jambes. Un peu malgré lui, et à sa propre surprise, il suivit Malefoy. Celui-ci ne l'emmena pas très loin, à quelques mètres seulement de distance, devant un grand tableau à l'aspect miteux représentant un moine en pleine sieste.
- Pluie d'étincelles, dit Malefoy en tapotant le crâne luisant du moine de sa baguette magique.
- Excellent choix, commenta le moine d'une voix endormie.
Aussitôt, le tableau se retourna sur une porte assez étroite que Malefoy ouvrit sans hésitation. Il se poussa légèrement en se tournant vers Harry qui s'était approché, manifestement curieux de découvrir un passage secret qu'il ne connaissait pas. Harry jeta un coup d'œil à l'intérieur. Il s'agissait d'une chambre assez spacieuse. Il se tourna vers Malefoy en le regardant sans comprendre.
- Entre. (devant l'air dubitatif de dernier, il ajouta :) Il n'y a aucun danger ni mauvaise intention. (Harry s'apprêtait à répondre, et il le devança :) Pour une fois, c'est vrai, Potter!
Harry se décida à entrer, pensant de toute façon qu'il n'avait rien de mieux à faire. Un vague pressentiment l'envahit, mais il essaya de rester impassible devant Malefoy qui referma la porte sur eux, l'air satisfait.
- Alors, Potter. Maintenant, tu vas peut-être te décider à me répondre.
Il se rapprocha dangereusement de Harry, qui instinctivement, recula, se retrouvant dos au mur, à côté de la porte, contre laquelle Drago s'appuya nonchalamment.
- Pourquoi m'as-tu embrassé ?
- Je n'ai aucun compte à te rendre, Malefoy, répondit froidement Harry.
Mais le léger tremblement dans sa voix démentait son propos.
- Oh que si, murmura Malefoy en plongeant son regard anthracite dans celui émeraude en face de lui.
Harry tint le regard. A son étonnement, ce ne fut pas très difficile. Les yeux gris qu'il contemplait exerçaient sur lui une étrange fascination qu'il ne s'expliquait pas. Il ne voulait d'ailleurs pas chercher à expliquer ce phénomène, redoutant la réponse qu'il trouverait. Il ne voulait pas non plus détacher son regard de ces prunelles pâles. Comment se faisait-il, alors qu'il avait tant de fois toisé le Serpentard, comment se faisait-il qu'il n'avait jamais remarqué la beauté de ces yeux-là ?
La voix de Drago retentit à nouveau dans la pièce, mais elle semblait lointaine, comme si le son était obscurci par la brume. Harry n'y prêta guère attention – plus rien ne comptait plus que ces yeux… Mais la voix s'obstinait, et très lentement, à travers le peu de lucidité qu'il lui restait, Harry comprit qu'il attendait une réponse. Mais lui-même n'avait aucune envie de parler. Si seulement il voulait bien se taire… L'éclat d'argent brillait comme s'il allait fondre, brillait de colère et d'impatience. Alors, lentement, d'une lenteur qui rendit le geste d'autant plus irréel, Harry tendit la main et toucha subrepticement le visage devant lui.
Harry sentit Drago frissonner à ce simple contact, ce qui l'étonna, ou aurait dû l'étonner, mais il n'était pas en état de s'étonner de quoi que ce soit. Seuls comptaient ses doigts qui effleuraient la joue, les yeux gris qui s'agrandissaient sous la surprise, le visage qui rougissait soudain. Ce n'était pas seulement les yeux qui le fascinaient à présent, c'était le visage entier, ce visage autrefois haï qu'il reconnaissait à peine. Drago Malefoy n'avait pourtant pas changé, c'était bien lui, les cheveux d'une blondeur presque blanche, la peau pâle, le visage pointu, peut-être légèrement plus maigre, mais à la beauté égale, si ce n'était supérieure, cette fascinante beauté qu'il découvrait pour la première fois… Il comprit enfin que le contempler ne suffisait plus.
La main qui effleurait la joue se glissa jusqu'à la nuque, et d'une légère pression il attira Malefoy à lui. Celui-ci le regardait intensément, sans réagir, peut-être encore sous le choc d'une situation qu'il n'avait pas prévue ainsi. La main sur sa nuque accentua légèrement sa pression, lui baissant la tête, - Harry était légèrement plus petit que lui -et il ferma les yeux, tandis que pour la deuxième fois, sans qu'il n'y comprenne rien, Harry l'embrassait.
Le baiser était beaucoup plus doux que le premier qu'ils avaient échangé. Il n'y avait plus la fureur, la colère sourde qui avait dominé Harry à ce moment-là. C'était seulement maintenant qu'il s'apercevait de l'extrême douceur de ces lèvres qu'il avait déjà goûtées, seulement maintenant qu'il ressentait le besoin d'étreindre le Serpentard, le serrer contre lui, comme pour l'empêcher de fuir. Mais il n'y avait pas de risque à cet égard, Drago avait déjà enserré de ses bras la taille de son compagnon, ses mains s'agrippant à son dos, quelque part entre les omoplates. Ils s'embrassaient passionnément, comme si c'était pour la dernière fois, comme si plus rien n'avait d'importance. Et Harry savait que c'était le cas, plus rien ne pouvait être plus important que ces lèvres sur les siennes, qui se goûtaient sans cesse, avides l'une de l'autre.
Un désir insatiable s'était emparé de lui, un besoin féroce de ressentir Malefoy plus près de lui, plus proche, plus fort. Leurs langues se joignirent, et il tressaillit. Leurs baisers devenaient plus ardents, et Harry sentit cette chaleur se propager sur chaque centimètre de sa peau, tandis qu'un feu bouillant ravageait ses entrailles. Instinctivement, il se serra encore un peu plus contre Malefoy, ce qui eut pour effet immédiat de rendre le feu en lui plus intense que jamais. Sans cesser de l'embrasser, ses mains qui s'étaient perdues dans les mèches soyeuses de Drago descendirent, caressant le visage, la nuque, descendirent encore, parcourant les larges épaules qui l'enserraient, puis suivirent la ligne sinueuse de la colonne vertébrale qu'il sentait à travers la robe de sorcier. Tout contre lui, Harry sentit la respiration de Drago s'accélérer. Ses mains descendaient encore, arrivant au creux des reins, se plaçant sur les hanches étroites.
Le feu dans son ventre ne semblait pas cesser de grandir, lui réclamant toujours plus. Harry n'avait jamais autant désiré quelqu'un de sa vie. La chaleur se concentrait dans son bas-ventre, et son excitation atteignit son comble lorsqu'il sentit que Drago était dans le même état que lui. Ses mains se posèrent sur ses fesses, et ses caresses se firent plus insistantes, pressé de connaître ce corps qu'il désirait tant. Dans un mouvement incontrôlé, il remua le bassin, et Drago laissa échapper un gémissement, vite étouffé sous la valse incessante de leurs langues. Harry ne put s'empêcher de recommencer, avide d'entendre à nouveau ce son à peine audible, ce murmure rauque qui résonnait en écho avec le feu bouillant dans son ventre. Drago s'était cramponné plus fort à ses épaules, et des tremblements l'agitaient de toute part. Harry n'en menait pas large non plus, désemparé par ce flot de désir qui le consumait, alors qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il convenait de faire. Mais son corps agissait pour lui, comme mué d'une volonté propre. Harry ne le contrôlait plus, il ne contrôlait plus rien depuis qu'il avait déposé ses lèvres sur celles de Drago. Ses mains contournèrent les hanches, vinrent effleurer le ventre, puis glissèrent furtivement sur le renflement qui était visible à travers le tissu. Drago ne put retenir un autre gémissement, plus fort cette fois, et ses mains s'agrippèrent à la nuque de Harry, ses ongles s'enfonçant dans la peau. Harry sentit à peine la douleur, enfiévré, sourd à toute autre sensation que celle de son corps contre le sien, de ce renflement prometteur qu'il était avide de découvrir.
La robe de Drago le gênait, et stoppant temporairement leurs baisers et leurs caresses, il entreprit de l'enlever. Drago, les yeux mi-clos, comprit ce qu'il cherchait à faire et il l'aida à ôter le vêtement indésirable.
- Toi aussi, murmura-t-il, d'une voix rendue rauque par le désir.
Harry s'exécuta, et sa robe rejoignit celle de son amant par terre. Ils avaient encore des vêtements de moldu en dessous, mais la trêve imposée n'avait que trop longtemps duré, et ils se jetèrent à nouveau l'un sur l'autre, s'embrassant de plus belle. Ils ressemblaient à deux enragés, ils se couvraient de baisers, collés ensemble, presque aimantés, avides de caresses, brûlant de continuer leur quête. La bouche de Drago quitta celle de Harry, et dans une suite ininterrompue de baisers, s'arrêta dans le cou, sur la jugulaire, qu'il aspira aussitôt, mi suçotant, mi aspirant, laissant apparaître une marque rouge qu'il embrassa sous les tressaillements de Harry. Il n'était pourtant pas en reste, et tandis que Drago glissait ses mains sous son pull, il déboucla la ceinture du Serpentard et ouvrit son pantalon. Il sentit Drago retenir son souffle alors qu'il était occupé à soulever le pull de Harry et à couvrir son torse de baisers. Celui-ci n'hésita qu'un instant, avant de plonger sa main dans le sous-vêtement. Lorsqu'il saisit le membre dur entre ses doigts, il crut qu'il allait lui-même défaillir en entendant le râle de plaisir de Drago. C'était une sensation extraordinaire que d'avoir en son pouvoir de contenter ainsi son partenaire, et son autre bras serra Drago plus fort contre lui. Celui-ci avait fermé les yeux, la bouche entrouverte, les joues rouges, de légères gouttes de sueur ruisselant sur son front, et Harry se hâta de graver dans sa mémoire cette image si sensuelle.
Ses doigts se crispèrent plus largement sur leur prise, et lentement, ils remuèrent sur toute la surface du sexe tendu. Drago gémit à nouveau, tremblant comme jamais. Sans cesser ses mouvements, Harry l'embrassa et il répondit farouchement à son baiser. Sa jambe se frotta contre celle de Harry, l'emprisonnant contre lui. Drago haletait à présent, au rythme de la main de Harry. Ses mouvements, d'abord légers et hésitants, devenaient plus précis au fur et à mesure qu'il le touchait. Drago avait posé sa tête sur l'épaule de Harry, légèrement penché, étouffant ses gémissements dans le pull, et Harry en profita pour embrasser la nuque qui s'offrait à lui, marquant à son tour la peau de son compagnon. Celui-ci, soudain, recula, et Harry, désemparé l'espace d'un instant, le vit faire un signe vers le lit, et il se rassura aussitôt. Il arrêta prématurément ses caresses, et tout en s'embrassant, ils s'avancèrent vers le lit sur lequel ils se laissèrent tomber tous les deux. Il était sur le point de recommencer ses caresses, mais Drago l'arrêta d'un geste.
- Attends…
Le regard fiévreux, il lui enleva ses vêtements, et Harry fit de même. Harry admira un instant le corps nu de Drago assis tout près de lui, et rougit un peu en constatant que Drago le dévorait du regard. Mais le désir de Harry était bien plus fort que la gêne de se retrouver nu pour la première fois sous le regard d'un autre, et les deux amants ne tardèrent pas à reprendre leur étreinte. Ils s'embrassèrent encore, jamais repus de leurs baisers, et bientôt la main de Harry revint se placer à son endroit initial, entre les jambes de Drago. Celui-ci, entre deux gémissements, plaça ses doigts sur la virilité de Harry qu'il empoigna avec force. Ses gestes, plus assurés, témoignaient de son expérience en la matière. Harry gémissant à son tour sous la caresse, se demanda qui avait bien pu être l'amant de Drago avant lui. Cette pensée le remplit d'amertume, et il décida de ne pas y prêter attention pour le moment. Cela ne fut pas bien difficile, face à l'intensité de l'instant présent. Les caresses devenaient de plus en plus impatientes, plus déterminées face au plaisir qui montait inexorablement. Drago se pencha et murmura d'une voix suave et rauque à l'oreille de son compagnon :
- Prends-moi, Harry…
Ces trois mots eurent l'effet d'une bombe sur Harry, qui eut toutes les peines de se retenir. Déjà, Drago, interrompant ses caresses, se couchait sur le lit et l'entraînait dans son sillage. Il l'entoura de ses bras, et ils s'embrassèrent, tremblants. Ce fut seulement à ce moment-là que Harry réalisa, hagard, qu'il ne connaissait pas la manière de faire l'amour à un homme, et il n'osa tout simplement pas aller plus loin. Drago sembla le comprendre. Il lui sourit, prit une des mains de Harry avec douceur, et le regardant droit dans les yeux, la porta à sa bouche. Il lécha avec application deux de ses doigts, et Harry crut défaillir à nouveau face à cette image si érotique. Puis Drago guida la main de Harry vers son intimité, et Harry comprit ce qu'il attendait qu'il fasse. De son autre main, il lui écarta les fesses, et ses doigts, timidement d'abord, se frayèrent un chemin dans la moiteur opaque.
Il sentit Drago se crisper, et s'en inquiéta d'un regard, ses doigts arrêtant leur exploration, attendant qu'il s'habitue à l'intrusion. Après un moment qui sembla durer une éternité aux yeux de Harry qui n'en pouvait plus, Drago remua le bassin, lui signifiant qu'il pouvait continuer. Harry bougea de nouveau ses doigts, guettant la réaction de Drago qui ne se fit pas attendre : un soupir franchit ses lèvres, et il ferma de nouveau les yeux, l'excitation rosissant sa peau d'ordinaire si pâle. Les doigts remuant de plus en plus vite, Harry pressentit que c'était le moment. Drago était pris de sursaut à chaque mouvement, ses gémissements s'accentuant à chaque pression des doigts. Il les retira lentement, et Drago rouvrit les yeux, son regard brûlant se posant sur ses yeux à lui. Il murmura quelque chose que Harry ne comprit pas, mais il savait ce qu'il devait faire.
Drago souleva le bassin, ses bras accrochés au cou de Harry, ses yeux toujours plongés dans les siens. Harry posa ses mains sur les hanches offertes, et lentement, il rentra en lui. Les ongles de Drago griffèrent la nuque de Harry, tandis que leurs gémissements se mêlaient. Harry ne bougeait pas encore, savourant pleinement cette sensation qu'il découvrait pour la première fois. Il était en Drago… Et il adorait ça. Sous lui, Drago ne faisait plus d'effort pour maîtriser ses tremblements. Harry le contempla se mordre la lèvre, les yeux mi-clos toujours fixés sur lui. « Il est adorable », pensa-t-il, et il commença à se mouvoir à cette pensée. Ses mouvements, d'abord lents, maladroits mais déterminés, les plongèrent tous deux dans un abysse de plaisir sans fond. Harry perdit toute notion de temps, de lieu ou de logique, il était là, le corps frémissant de Drago sous le sien, ses gémissements qui se transformaient en cris au fur et à mesure qu'il accélérait la cadence, Drago qui criait son prénom, à lui, Harry… Il se laissait pleinement aller à toutes ces sensations qui convergeaient en son centre, sous ses coups de butoir qu'il ne contrôlait pas, son corps agissant pour lui, pour eux.
Et un cri, soudain, retentit plus fort que les autres, un cri que Drago laissa échapper, lui aussi hors de tout contrôle :
- Je t'aime, Harry… !
Ce fut le paroxysme de toute cette énergie cumulée qui explosa brusquement en lui. Dans un sursaut qui le submergea, il se répandit en Drago. Celui-ci se cambra sous le liquide brûlant, et jouit à son tour en un ultime cri. Harry resta pantelant, encore secoué des derniers spasmes de la jouissance. Il se retira et s'affaissa sur Drago, qui tremblait encore sous lui. Le silence les enveloppa tandis qu'ils reprenaient leur respiration. Harry se laissa tomber aux côtés de Drago, mais celui-ci ne desserra pas son étreinte. Ils restèrent un moment ainsi, étroitement enlacés, dans la plénitude qui suit l'amour.
Pourtant, une question taraudait Harry, une question obsédante qui nécessitait absolument une réponse. Il se cala plus confortablement sur le coussin, et regarda Drago dans les yeux, ces yeux qui l'avaient envoûté lorsqu'il avait plongé son regard sur eux. Drago ne cilla pas et garda la même expression de calme contentement sur le visage. Avant qu'il n'ait pu réfléchir à une meilleure formulation, la question franchit ses lèvres :
- Depuis quand es-tu amoureux de moi, Drago ?
C'était la première fois qu'il prononçait son prénom, et Drago l'aperçut certainement, car une bref sourire éclaira son visage. Il resta pensif un instant, guère surpris que Harry lui posât la question.
- Je me suis trahi tout à l'heure, soupira-t-il. Je ne m'attendais pas à… à tout ça.
Ils restèrent silencieux. Mais Harry voulait sa réponse.
- Réponds-moi.
Drago éclata de rire.
- Et toi, alors ? Tu m'as répondu, peut-être ?
- Dans un sens, oui, dit-il le plus sérieusement du monde.
Il se pencha pour déposer un baiser furtif sur ses lèvres.
- Je ne crois pas, rétorqua Drago après avoir répondu à son baiser. Tout ce que je sais, c'est que tu as éludé ma question en me faisant l'amour comme j'avais toujours rêvé que tu me le fasses.
Harry détourna le regard en rougissant. Sans le voir, il savait que Drago souriait.
- Ne rougis pas, tu t'es très bien débrouillé… C'était ta première fois, n'est-ce pas ?
Harry acquiesça, rougissant de plus belle. Il avait un peu honte que Drago l'eût remarqué. Celui-ci le serra un peu plus contre lui.
- Je t'aime depuis longtemps, finit-il par dire. Peut-être depuis notre première année. Mais bien sûr, je ne m'en rendais pas compte à ce moment-là. J'étais un gamin. Je guettais toujours l'occasion de te voir, de jouer à l'emmerdeur. Je me réjouissais à l'idée de te faire enrager… Et puis, un jour, j'ai compris que je n'étais pas attiré par les filles. Je devais avoir quatorze, quinze ans. Et à partir de là, j'ai su ce que je cherchais en cherchant toujours à te défier. J'étais amoureux, et furieux contre moi-même de l'être… J'ai entrepris de ne jamais révéler à personne mon secret. Mon homosexualité, d'une part, et surtout, mon amour pour toi… Mais c'était trop dur, tu comprends ? Trop dur de faire semblant, de rester seul. Un peu par hasard, je me suis rendu compte que je n'étais pas le seul à Poudlard à être gay, et j'avoue que j'en ai bien profité. Je me disais qu'à force d'accumuler les conquêtes, je finirais bien par renoncer à toi.
- Qui d'autre est gay à Poudlard ? Le coupa Harry, surpris de cette révélation.
- Oh, pas mal de monde. Il y a une multitude d'élèves ici, alors forcément… Ernie MacMillan, par exemple, Neville Londubat – et oui, Neville Londubat, qui porte bien son nom d'ailleurs, Marcus Flint, l'ancien capitaine de l'équipe de Serpentard, Colin Crivey, qui était fou amoureux de toi – j'avais envie de le tuer à chaque fois qu'il s'approchait de toi, Zacharias Smith…
- Zacharias Smith ? le coupa une nouvelle fois Harry, indigné. Ce petit con ? Et tu as couché avec lui ?
Drago haussa les épaules.
- Mouais. Je me fichais pas mal de son caractère, tu sais. Ce qui m'importait c'était son…
- C'est bon j'ai compris ! L'arrêta Harry d'une voix forte.
Il avait du mal à contenir sa colère à l'idée de tous ces garçons qui l'avaient précédé.
- Il y a aussi Dean Thomas et Seamus Finnigan, ils sont ensemble d'ailleurs, reprit Drago, satisfait de voir Harry fulminer de rage.
Celui-ci faillit s'étouffer.
- Dean et Seamus ? Tu rigoles ? Seamus déteste les homosexuels ! Il y a quelques semaines, il était le premier à t'insulter !
- Oh, ça, c'est parce qu'il me hait, répondit tranquillement Drago. Il faut dire que Dean l'a trompé avec moi. Et puis, il n'a pas très envie qu'on découvre qu'il roucoule avec Dean. Les sorciers homos font tout pour cacher ce qu'ils sont, Harry.
- Je ne comprends pas. Je veux dire, vous ne vous serrez pas les coudes entre... euh, gays? Même s'il te hait... Seamus te traite de ce qu'il est lui-même!
Drago laissa échapper un rire désabusé.
- Se serrer les coudes? Non, il n'y a rien de ça chez nous. C'est plutôt du chacun pour soi. Les seules fois où on se rapproche, c'est pour tirer un coup. Point barre. Les sorciers ne sont pas prêts à s'assumer tels qu'ils sont... et ça vaut aussi pour moi.
Harry ne répondit pas tout de suite, digérant toutes ces informations. Mais il ne pouvait pas arrêter la colère qui s'insinuait dans ses veines.
- Tu as eu beaucoup de petits copains, alors, dit-il froidement.
Drago le regarda sans comprendre, puis un large sourire apparut sur son visage.
- Tu es jaloux, Harry ? demanda-t-il.
- Non, répondit-il un peu trop vite pour être honnête.
Drago se pencha pour l'embrasser, mais Harry détourna la tête.
- Regarde-moi, ordonna Drago d'un ton impérieux.
Harry tourna la tête à contrecœur. Drago plongea son regard acier dans le sien. Ses yeux brillaient.
- Pendant toutes ces années, murmura-t-il, je n'ai aimé que toi. J'ai accumulé les conquêtes, dans l'espoir de t'oublier, être enfin un peu plus libre, mais plus je m'enfonçais dans la débauche, plus j'étais amoureux de toi. C'était sans fin. Et puis, le Seigneur des Ténèbres est réapparu, et je me suis dit que je n'avais plus rien à perdre. Il m'a ordonné de tuer Dumbledore, et je me suis tout consacré à ma tâche. Je savais qu'il avait donné cet ordre dans le seul but de punir mes parents, mais je ne voulais pas échouer. J'accomplissais ma tâche, ou du moins je tentais de l'accomplir. J'ai presque réussi à t'oublier, cette année-là. Je me disais que j'allais mourir, et ça me convenait… La suite, tu la connais. Je me suis rangé auprès du Seigneur des Ténèbres, mais en réalité, j'étais bien trop lâche pour accepter de mourir, et j'étais bien trop effrayé par ses pouvoirs pour continuer à le servir. J'ai fui au milieu du combat. L'année dernière, tu m'as sauvé la vie, et brutalement, tout l'amour que j'avais enfoui au fond de moi a ressurgi. Tu as vaincu le Seigneur des Ténèbres, et je t'aimais comme jamais. Je me haïssais. J'ai replongé dans les coucheries, me fichant bien des cœurs que je brisais, jusqu'il y a quelques semaines, quand Pansy a découvert que j'étais gay. Et alors... Eh bien, je n'avais plus qu'à mourir. Et puis, tu es arrivé, tu m'as gueulé dessus comme si tout était évident, et tu m'as embrassé – ce qui l'était beaucoup moins.
Il s'arrêta de parler, comme surpris d'avoir gardé la parole aussi longtemps. Il avait détourné la tête pendant son monologue, et il jeta un regard apeuré à Harry, guettant sa réaction. Mais Harry ne savait pas comment réagir, il ne savait pas quoi faire, et encore une fois, au lieu de prendre la parole, il l'embrassa. Il mit toute la tendresse qu'il était capable dans ce baiser, comme pour conjurer la douleur et la souffrance qu'ils avaient endurées. « Mais moi, au moins, je n'étais pas seul. » De fines larmes coulèrent sur ses joues, mais ce n'étaient pas les siennes.
Drago pleurait silencieusement, accroché à Harry comme une bouteille à la mer, il pleurait sans discontinuer, bercé par Harry qui le serrait délicatement contre lui.
- Je suis désolé, murmura Drago. Désolé d'avoir fui… Désolé d'avoir été si bête. Je m'en veux tellement…
- Chut, dit simplement Harry, un doigt se posant sur ses lèvres. Tu n'as plus rien à craindre. Je suis là.
Il l'embrassa de nouveau. Dehors, le soleil déclinait.
Il ne sut combien de temps il resta là, à serrer contre son corps nu un Drago sanglotant. Au bout d'un certain temps cependant, il sembla se calmer, et il contempla Harry, les yeux rouges, qui regardait par la fenêtre, serrant sa tête contre son épaule. Drago se redressa légèrement et essuya ses yeux d'un revers de main. Sa voix résonna dans la pièce, à peine plus forte qu'un chuchotement.
- Et toi Harry ? Vas-tu enfin me répondre, maintenant ?
Harry garda le silence. Que pouvait-il répondre ? Pourquoi se conduisait-il ainsi avec Malefoy ? Il était temps pour lui de l'affirmer.
- La réponse est évidente, non ? dit-il.
Drago fronça les sourcils. Harry soupira. Il lui devait une réponse claire, il le savait. Il la connaissait, désormais.
- Je crois que je suis en train de tomber amoureux de toi, dit-il dans un souffle.
Sa voix se perdit alors que Drago l'embrassait.
- Je devrais peut-être remercier Pansy, alors, dit Drago en souriant. Sans sa connerie, on n'en serait pas là.
Harry sourit à son tour.
A suivre...
Bon... Voilà pour le 2ème chapitre. J'espère qu'il vous a plu, et si non, dites-moi pourquoi, histoire que je puisse l'améliorer!
See you au 3ème chapitre!
