Disclamer: Les personnages de MFB ne m'appartiennent pas.

Chapitre 2: Le groupe Urui

Les bruits avaient cessé depuis longtemps lorsque Kyoya jeta un regard anxieux à sa montre. Elle indiquait dix-huit heures. Cela faisait plus de deux heures que ses amis et lui avaient trouvé refuge dans la salle qui lui paraissait de plus en plus exigüe à mesure que le temps passait.

-Ils sont partis, affirma-t-il.

-Et? Ça ne nous avance à rien.

-On va partir d'ici.

Ses deux amis le dévisagèrent comme s'il était devenu fou, ce qui l'agaça profondément. Il avait dit quelque chose de sensé pourtant. Ce n'est pas comme s'il leur avait proposé de foncer tête baissée et de détruire tout ce qui se trouverait sur leur chemin. Même si cette idée l'avait effleurée.

-Tu rigoles j'espère.

-Parce que tu crois que c'est un moment pour plaisanter?

-Non. Tu sais qu'il y en a plein dehors. Et ils se multiplies à vue d'œil. À l'heure qu'il est, il doit y en avoir des centaines.

-Raison de plus pour partir. On ne va pas rester là en attendant qu'ils viennent détruire cet endroit. De toute façon, même sans ça on ne tiendrait pas longtemps. On n'a ni eau, ni nourriture.

Ses arguments, si justes, eurent raison de l'entêtement de ses amis. Ils l'aidèrent à bouger les barricades pour pouvoir atteindre les sorties. La première qu'ils dégagèrent était celle qui se trouvait devant la fenêtre. Il régnait un silence surnaturel à l'extérieur, comme si le temps lui-même avait cessé de s'écouler pour mieux prévoir une nouvelle offensive. Seule de grandes traces de sang prouvaient qu'ils n'avaient rien imaginé.

-Il faudrait vérifier s'il n'y a personne de vivant dans le lycée, annonça Nile.

-Je croyais que tu ne voulais pas sortir, sourit Kyoya.

-Vu qu'on y est obligé, autant risquer nos vies pour une raison valable.

Le vert hocha la tête pour montrer qu'il était de son avis. Ils enlevèrent les blocs de casiers qui bloquaient la porte. Comme c'était son idée, Kyoya fut le premier à sortir. Il avançait prudemment au cas où il se fut trompé mais aucun mort-vivant ne se jeta sur lui. Ses amis le suivirent jusqu'à une cage d'escalier.

-Ce sera plus sûr si on commence par vérifier le troisième étage, non?

-À mon avis, que l'on commence par le rez-de-chaussée ou le troisième, ce sera aussi dangereux.

-Comme tu préfère Kyoya. On arrivera au même résultat de toute façon.

Le vert escalada les marches quatre à quatre. Il ne put s'empêcher de grimacer de dégoût en voyant qu'il était obligé de marcher dans des mares de sang pour pouvoir avancer. Il atteignit le dernier étage le plus silencieusement qu'il put. Il pesta intérieurement contre l'étendu du lycée et ses nombreuses impasses qui devenaient une véritable plaie à cet instant.

-J'imagine que vous n'accepteriez pas si je propose qu'on se sépare, murmura-t-il.

-Ce serait la chose la plus stupide qu'on puisse faire.

-Dommage… On aurait été plus rapide…

-Tu parlais sérieusement?

-Comme toujours.

Ils n'eurent même pas besoin d'ouvrir les salles pour vérifier que personne ne se trouvait à l'intérieur puisque les portes étaient ouvertes ou brisées. Le sol était jonché de débris d'os et de morceaux de chair baignant dans du sang. Les adolescents se sentaient de plus en plus mal devant ce spectacle. Quelques zombies se trouvaient encore à cet étage mais les blessures qu'ils avaient aux jambes les empêchaient de tenir debout, ce qui expliquait certainement pourquoi ils étaient là alors que les autres étaient partis. Ils rampaient vers eux sans arriver à les atteindre. Ne trouvant rien qui était digne d'intérêt, les jeunes descendirent au second étage. Malheureusement, la scène qu'ils y découvrirent était identique à celle de l'étage supérieur. Ils décidèrent néanmoins de l'explorer pour s'assurer que personne n'y était.

Kyoya s'arrêta devant une porte en croyant entendre des voix. Il s'approcha du mur pour mieux les distinguer, sans oser les toucher à cause des tâches rougeâtres qui maculaient sa surface. D'après ce qu'il percevait, deux personne se disputaient de l'autre côté.

-On a bien fait de continuer.

L'adolescent aux yeux bleus hocha la tête avant d'essayer d'ouvrir la porte. Celle-ci était bloquée de l'intérieur. Les personnes qui s'étaient cachées là semblaient avoir eu la même idée qu'eux. Elles s'étaient tues, pensant certainement avoir à faire à des zombies. Il frappa une nouvelle fois sur le battant sans qu'elles ne réagissent.

-Je ne voudrais pas t'affoler, mais les zombies rampants s'approchent de plus en plus et s'ils ne nous ouvrent pas tout de suite on va devoir partir pour ne pas nous faire bouffer.

-D'accord. VOUS ALLEZ OUVRIR IMMÉDIATEMENT SINON JE VOUS JURE QUE JE VAIS DÉFONCER CETTE PORTE AVANT DE VOUS FAIRE COMPRENDRE VOTRE ERREUR!

Les deux amis de Kyoya le dévisagèrent, choqué par ce soudain éclat de fureur. Avec tout ce qui s'était passé, ils avaient oublié à quel point il pouvait se montrer mauvais. De plus, il avait sûrement effrayé les autres survivants en les menaçant de cette manière.

-Tu sais qu'il y a une différence entre convaincre et terrifier?

-Oui, l'un des deux est plus rapide que l'autre.

Nile leva les yeux au ciel tandis que les voix avaient recommencé à parler. Les adolescents entendirent quelque chose racler le sol avant de voir la porte s'entrebâiller. Le visage d'un adolescent à peine plus jeune qu'eux apparut dans l'embrasure. Ils ne voyaient que un grand œil doré ainsi que des cheveux blanc dont une mèche rouge retombait devant son visage. Il ouvrit la porte en grand en souriant. Un autre garçon du même âge, aux boucles blondes et aux yeux bleus, se tenait en retrait.

-Kyoya! J'était sûr de t'avoir reconnu! s'exclama-t-il en se tournant vers son ami. Tu vois Chris, on a bien fait d'ouvrir.

Le visage du dénommé Chris se décomposa quand il vit des zombies ramper vers eux.

-Venez vite qu'on puisse refermer la porte!

-On n'aurait pas besoin de se dépêcher si vous aviez ouvert tout de suite, se plaignit Benkei.

Ils entrèrent en file indienne dans la salle puis claquèrent la porte au nez d'un mort-vivant qui avait réussi à atteindre le seuil. Ils la bloquèrent à l'aide d'une armoire en métal. Ils s'installèrent le plus confortablement qu'ils purent en attendant que les morts-vivants finissent leur attaque.

-Ryûto, je peux savoir ce que tu fais là? demanda Kyoya. T'es pas inscrit ici que je sache.

-En fait notre collège a organisé une visite pour qu'on voie à quoi ressemble ce lycée.

-Donc, vous étiez en groupe. Où sont passé les autres?

-Quand les zombies sont arrivés, tout le monde s'est affolé et on s'est dispersé.

-C'était pas très malin.

-Peut-être, mais c'est une réaction normale.

Ils s'interrompirent un instant pour guetter les bruits extérieurs.

-On ne risque pas d'arriver loin si à chaque fois qu'on arrive quelque part on doit se cacher pendant plusieurs heures.

-Pas faux.

Ils entendirent un impact léger contre la porte. Puis un autre contre le mur. D'autres, de plus en plus proches, se firent entendre. Cependant, ils étaient trop ténus pour inquiéter les adolescents qui semblaient seulement s'ennuyer de la situation. Aucune crainte ne transperçait leurs regards car ils savaient que les morts-vivants étaient trop faibles pour pouvoir être d'une quelconque menace et qu'ils se lasseraient vite de leurs tentatives pour les attraper.

-Vu qu'on est obligé de rester ici, vous nous racontez comment vous vous êtes retrouvés enfermés dans cette salle. Ça ferait passer le temps.

***trois heures plus tôt***

Les élèves du collège Urui s'ennuyaient à mourir. Chaque année, à la même date, les profs les emmenaient voir à quoi ressemblait le lycée de la ville. Le seul intérêt qu'ils y voyaient encore était que cela leur faisait manquer une journée entière de cours. Ils espéraient secrètement qu'il se passerait quelque chose d'étonnant pour qu'ils ne fussent pas obligé d'écouter une énième fois les discours élogieux que leur professeur ne manquerait pas de faire, même s'il l'avait déjà dit exactement la même chose lors du trajet qui les avait mené là.

Au bout d'interminables minutes, des cris de terreur résonnèrent à l'extérieur. Poussés par la curiosité, les collégiens se précipitèrent vers les fenêtres en se bousculant pour tenter de voir ce qui se passait dehors. D'autres étaient carrément descendu pour être les premier à assister à la scène qui promettait d'être inoubliable. L'hystérie gagna tous ceux qui voyaient ce qui se passait. Peu à peu, elle les contamina tous.

Leur professeur, lui aussi, avait vu ce qui arrivait bien qu'il fût dans un déni total.

-Calmez-vous, dit-il. C'est sûrement une blague du club de théâtre. Ils font souvent ce genre de choses.

-Mais! Y'en a un qui s'est fait arraché la tête!

-Il se relève!

La majeure partie des élèves se mit à courir dans tous les sens en criant. Le seul adulte qui était avec eux tentait en vain de les calmer. Le bruit qu'ils faisaient fit venir dans le couloir des lycéens qui se demandaient ce qui pouvait bien se passer. Certains des collégiens tentaient de rester calmes parce qu'ils ne voyaient aucune utilité au comportement de leurs camarades. Ça ne ferait que les épuiser. La frénésie ambiante cessa lorsque les élèves remarquèrent que les zombies n'étaient pas venus jusqu'à eux.

-C'est pas possible! Comment on va s'en sortir?

-On ne peut pas rester ici! Mais on ne peut pas partir non plus!

-Pitiééééé! Je veux pas mourir!

-C'est pas juste!

-Je ne mérite pas ça!

-Si seulement j'avais pris ma caméra! Cette occasion est unique…

Les élèves arrêtèrent de geindre pour dévisager le dernier qui avait parler. Le pire, c'était qu'il semblait réellement déçu. Pas affolé, rien. Juste déçu.

-Bah quoi? On va tous mourir ici et je ne pourrais plus rien filmer. En plus s'il y a des survivants, j'aurais laissé une trace dans l'histoire. Mon nom sera connu par toutes les générations futures!

Le centre d'attention des adolescents changea quand un de leur camarade bondit au sommet des marches, essoufflé. Il tremblait tant qu'il avait du mal à se tenir sur ses jambes. Son teint était blafard. Sa jambe dégoulinait de sang. Il tomba à genoux sur le carrelage en pleurant. Ses amis coururent vers lui pour l'aider. Il balbutia quelques mots incompréhensibles avant de s'effondrer, inerte, faisant crier les autres d'angoisse. Plusieurs élèves s'approchèrent du mort avec un intérêt morbide.

-Eh! Il a bougé.

-Ne dis pas n'importe quoi. Il est mort: il ne peut donc pas bouger.

La phrase jeta un froid. Tous regardèrent avec peur l'adolescent mort qui remuait un peu. Après la stupeur, les élèves qui s'étaient rassemblés autour de lui commencèrent à s'éloigner lentement. Trop tard. Le zombie blessa deux de ses anciens amis avant de se relever, provoquant la panique générale.

-C'est à ce moment-là que tout le monde s'est dispersé, fini Chris.

-Être blessé suffit donc pour devenir un mort-vivant.

-Évidemment. T'as jamais vu de film ou quoi?

-On est dans la réalité. Pas dans un film.

-Ça se ressemble beaucoup pourtant.

À l'extérieur de la salle, les morts-vivants s'énervaient de plus en plus. Les adolescents parlèrent plus doucement pour ne plus attirer leur attention. La nuit tomba, les plongeant dans le noir. Peu après, les zombies partirent, persuadés que les vivants s'étaient enfuis.

-Enfin! s'exclama Kyoya. On va pouvoir partir.

-Maintenant? demanda Ryûto.

-Oui.

-On devrait attendre demain, conseilla Nile. Personnellement, je n'ai aucune envie de me promener dans le noir, encerclé par des zombies. En plus, on est sécurité ici.

-D'accord. On attendra demain matin.