Salut à tous ! Voici le premier chapitre, qui fait défiler les années assez rapidement pour entrer au coeur de l'intrigue.
Mais avant, RAR :
Bonilia : Heureuse d'avoir pu t'intéresser ! Voici la suite immédiatement, chef :)
Areina James: "Impatience" raaah ça fait trop plaisir, en tout cas, voici la suite =)
Béatrice : Quelle belle et longue review. J'adore. Je suis super contente que ça te donne envie de lire la suite. Pour le caractère de Vega, j'essaie d'en faire une fille profonde et complexe. Mais sa fragilité et sa douceur ne la quitteront, bien que parfois refoulées.
Dis donc, je vois que tu as des projets pour cette fic, ça fait plaisir. Je ne te dis rien pour l'instant, tu verras par la suite ce qui colle ou pas ;)
Gros MERCI et bisous à vous trois, en tout cas, d'avoir pris le temps de commenter ma modeste petite fic :)
J'arrête de vous embêter, here is la suite.
Chapitre 1 : La pire de tous, je l'avais juré
Si c'est le son des mandragores hurlant à la mort qui vous effraie, alors je les sortirai de leur pot une à une. Mais le drame des armures, c'est qu'elles sont lourdes.
Drago fulminait : comment cette petite peste d'orpheline pleurnicheuse avait-elle osé l'humilier publiquement ? Déjà, ce crétin congénital de Potter l'avait rembarré devant tout le monde, au profit de son gueux roux d'ami.
Le jeune garçon s'étonnait de la témérité de sa cousine. Il s'était attendu à la voir fondre en larmes, voire même s'enfuir vers les toilettes. Mais non, elle lui avait répondu, et elle avait même amusé la galerie. Elle le paierait.
D'ailleurs, alors que le petit-déjeuner occupait la majorité des élèves, Vega était seule. Les hibous avaient apporté le courrier Drago constata avec joie qu'elle n'en avait pas, exception faite du journal, qu'elle lisait avec désintérêt.
– Pas d'amis ? demanda Drago, ricanant. Dommage pour toi, moi j'en ai plein.
– Pas de cerveau ? répondit-elle sur le même ton, un sourire factice plaqué sur les lèvres. Dommage pour toi, moi j'en ai un.
Quelques Serpentards eurent l'audace de rire, mais le regard polaire de Malefoy les calma immédiatement. Ainsi, le coup d'éclat d'hier n'était pas seulement une crise ? Elle croyait pouvoir continuer de lui tenir tête ? Mais où donc était passée la môme qui avait peur de son ombre ?
Ils commencèrent avec un cours de Métamorphose. Apercevant Minerva Mcgonagall, Vega sut que la directrice de la Maison Gryffondor. Quand elle la vit, pour la première fois, remettre son cousin à sa place, elle décida que même sans réciprocité, elle serait sa prof préférée.
Le cours se déroulait sans heurts, quand soudain Vega posa la question qui lui brûlait les lèvres, après que la prof lui eût donné la parole.
– Pouvez-vous nous parler des Animagi ?
– C'est au programme de troisième année, mais peut-être l'un de vous saura-t-il donner une brève définition.
Evidemment, Hermione Granger leva la main à s'en arquer le corps pour être interrogée. Vega observa cet exercice de contorsionniste d'un œil troublé : pourquoi était-elle si déterminée à répondre ? De toute façon, personne d'autre ne levait la main.
– Granger, dit Minerva.
– Les Animagi sont des personnes ayant la faculté de se transformer en animaux. A ne pas confondre avec les personnes qui peuvent se transformer en animaux sans garder leur conscience humaine. En effet, est Animagus celui peut se transformer en animal et garder son être intérieur intact. Cet apprentissage est long, fastidieux et on ignore jusqu'à sa fin à quel animal on sera mené. Sept Animagi sont actuellement déclarés. Parce qu'évidemment, il faut être déclaré au Ministère pour être Animagus, sans quoi on est dans l'illégalité. Je…
– Merci, miss Granger.
« Eh bien, quelle encyclopédie… » songea Vega, avant de croiser le regard de ladite encyclopédie. Hermione sourit gentiment, sentant d'instinct que la timidité de Vega la laissant pantoise. Vega sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle les refoula, mais ne put réprimer le sentiment de gratitude qui l'envahit.
On lui avait souri. Pas un sourire à la Narcissa, teinté de peur et d'hypocrisie. Pas un sourire sadique à la Lucius. Un simple sourire amical. Gratuit.
– On cherche des amis chez les Sang-de-Bourbes parce que les Sang-Purs ne veulent pas de toi ? siffla une voix détestée.
Vega le foudroya du regard.
– Ne te fatigue pas, Lestrange. Même si les Gryffondors sont des misérables traîtres à leur sang, même eux ne voudront pas de toi. Qui voudrait être ami avec toi ?
– C'est vrai, dit Vega. Moi je n'achète pas mes amis à coups de galions, alors j'en ai certainement moins que toi, Malefoy.
Malefoy crispa la mâchoire. Il n'aimait pas la nouvelle Vega et se surprit à se languir de l'ancienne. Il la ferait revenir, se dit-il. Il la ferait pleurer.
– Elle t'a souri par pitié, ou pire, pour jouer avec toi et ensuite raconter à ses copines qu'elle a bien eu une Serpentarde. Qu'est-ce que tu croyais, misé…
– Mr Malefoy ! Est-ce que mon cours vous dérange ? tonna la voix claquante de Mc Gonagall.
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A la fin des cours, alors que Vega prenait l'air, allongée sur l'herbe de la cour, elle vit arriver un groupe de trois Gryffondors. Granger l'encyclopédie, Potter le Survivant et Weasley… le Weasley.
– Salut, dit justement le Weasley. Je m'appelle Ron Weasley.
– Moi, c'est Harry. Harry Potter.
– Sans blague, taquina Hermione. Tout le monde sait qui tu es. Moi, c'est Hermione Granger.
– Vega Lestrange, murmura-t-elle machinalement.
– J'ai adoré comment tu as rembarré cet arrogant Malefoy, dit Ron en riant. Coton-tige mouillé de pisse, il fallait oser.
– Tu as l'air intéressée par le cours de Métamorphose. On pourra réviser ensemble, si tu veux.
– En fait, renchérit Harry, pour compléter le trio, on voulait te dire que même si tu es une Serpentarde, on pourrait devenir amis. On voit bien que t'adhères pas à leur mentalité de connards. Et que tu es toujours seule.
Elle t'a souri par pitié…
– Oui, nous on s'en fiche des maisons. Enfin, taquina Ron, les Gryffondors sont les meilleurs, mais tu as l'air pas mal pour une Serpentarde.
…ou pire, pour jouer avec toi et ensuite raconter à ses copines qu'elle a bien eu une Serpentarde.
– Non, merci. Je n'ai pas besoin d'amis. Encore moins si c'est un roux, une touffue et un binoclard sans talent.
Les visages des trois Gryffondor se déformèrent. Elle s'attendit à des insultes en réponse, mais ne reçut qu'un trio d'expressions déçues. Dégoûtées.
C'était autrement plus douloureux.
Elle n'entendit pas les mots qu'ils prononcèrent avant de partir. Seulement la voix de Drago.
« Tu mourras seule et misérable, comme ta tarée de mère croupit à Azkaban ». Incapable d'en supporter davantage, elle éclata en sanglots longtemps retenus. Non, elle n'était pas comme les Serpentards. Elle n'était pas cruelle et dure. Elle était seule et misérable.
Drago avait raison. En plus de tout cela, elle était dégueulasse : elle venait de rejeter une demande sympathique. Mais était-elle vraiment sympathique ? Après tout, puisque Drago avait raison sur elle, il pouvait très bien avoir raison sur eux.
Elle sanglotait doucement. Voyant cela, Drago, qui la regardait de loin, sourit. Elle n'avait donc pas changé. Elle jouait simplement un rôle, dans un costume de scène trop grand pour elle. Rasséréné à cette idée, il eut même la bonté d'âme de renoncer à la farce qu'il allait lui faire. Après tout, elle pleurait déjà : il réserverait son mauvais tour à un jour où elle tenterait encore de faire la fière.
« Ah, Drago, tu es trop bon », songea le jeune Malefoy en s'éloignant.
En proie à des sentiments contradictoires, Vega pleura encore un peu, puis décida d'aller s'excuser auprès des trois Gryffondors. Au moment du dîner, elle s'approcha vers eux, mais lorsqu'ils la regardèrent avec mépris, elle fut dissuadée.
Ce faux départ scella définitivement son destin. Elle perçut cela comme un signe, bien qu'elle s'en voulût. Ce qu'elle ignorait, c'est que son cousin Drago venait de gagner sa première bataille. La première d'une longue série.
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Des monstres, noirs, grands. Du sang. Des enfants. Jeunes. Pâles. Le feu, partout. Les enfants crient.
Mourez, misérables impurs
Aberration bâtarde
Mourez, Sangs-de-Bourbe,
Que vos chairs se déchirent
Que le feu purifie vos cadavres pathétiques
Elle veut crier. Elle ne peut pas. Elle veut fuir. Elle ne peut pas. Les enfants : au feu. Larmes, cris, terreur. Ils brûlent.
Vega s'éveilla en sursaut. Ses yeux humides de larmes pivotèrent longtemps à la recherche des enfants et du feu. Mais elle ne vit que les murs de son dortoir, à Poudlard. Elle entendit également Daphné Greengrass et Pansy Parkinson respirer régulièrement – et ronfler, apparemment, pour l'une de deux au moins.
Passant une main sur son front, elle se demanda d'où provenait ce rêve étrange. Elle renonça à se recoucher, de peur de refaire cet horrible cauchemar.
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Les mois passants, Vega s'affirma comme une élève indépendante et rebelle, à la scolarité trouble. Ses résultats, globalement bons, étaient excellents dans les matières qui l'intéressaient (Potions, Sortilèges, Métamorphose, Défense contre les forces du Mal…), médiocres dans les disciplines qu'elle qualifiait d'inutiles (Divination, Histoire de la Magie, étude des Moldus).
Mais ce qui semblait l'intéresser le plus était sans conteste le Quidditch, pour lequel elle ne lésinait pas sur les efforts, depuis que Rogue l'avait promue au poste de gardien, au sein de l'équipe des Serpentards.
En dehors des cours, elle était connue pour ses bêtises. Entre ses escapades dans la forêt interdite, la fois où elle avait tenté de brûler le Choixpeau pour se venger de l'avoir envoyée à Serpentard et ses répliques acerbes, la jeune fille passait presque tout son temps libre en retenue.
Ce qui n'était pas si gênant, puisqu'elle n'avait pas le moindre ami. Les élèves des autres maisons la craignaient, et ceux de sa propre maison la méprisaient parce que Drago jugeait bon de le faire, et parce qu'elle ne souscrivait pas au leadership de ce dernier. Sans compter qu'avec tous les points qu'elle faisait perdre à Serpentard, la Maison était bonne dernière chaque année.
Mais si personne n'était vraiment ami avec Vega, tous devaient admettre qu'elle égayait les jours de Poudlard.
En ce qui concernait son illustre cousin, Vega entretenait des relations glaciales. Ils ne se parlaient que pour s'échanger des insultes. Mais au fur et à mesure que les années passaient, ils avaient de moins en moins d'occasions de se parler, se contentant de s'ignorer froidement.
Physiquement, Vega prenait une remarquable beauté. Ses yeux bleus étaient grands, ourlés de sombres et longs cils. Son visage, qui avait la pâleur de celui de Drago, était finement tracé, aristocratique. Une bouche pulpeuse comme celle de sa mère, une chevelure noire, comme celle des Black.
Ondulée et soyeuse, se prélassant paresseusement jusqu'au bas de son dos.
Malgré cela, aucun garçon ne lui tournait autour. Du moins pas ouvertement. Aussi pour le bal organisé en l'honneur de la Coupe des Trois Sorciers, la jeune fille se retrouvait sans cavalier. Bien sûr, elle s'en moquait éperdument, voire méprisait ces ridicules petits couples. Du moins c'était ce qu'elle voulait se faire croire. Et faire croire à tout le monde, pour parfaire son personnage si bien travaillé de dure à cuire.
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– Avec qui iras-tu au bal, Drago ? demanda Blaise Zabini, se désintéressant de son repas.
– Parkinson, lâcha le garçon sans vraiment y prêter attention.
– Pas mal, apprécia Zabini.
– Et ta cousine, elle y va avec qui ? demanda soudainement Crabbe.
Drago Malefoy lança un regard de biais à son laquais, qui rougit.
– Peut-on savoir pourquoi ça t'intéresse ?
Crabbe eut un petit sourire timide.
– Bah, elle est jolie… bégaya-t-il.
– Elle est surtout siphonnée du bocal, dit Zabini.
– Tu as perdu l'esprit, mon pauvre Crabbe, dit Malefoy avec plus de colère qu'il ne l'aurait voulu.
– C'est vrai ! dit Blaise. Qu'est-ce qu'elle t'a fait pour te faire craquer, Crabbe ?
– Elle a dû lui donner un cookie, persiffla Drago.
Les autres éclatèrent de rire, mais cessèrent bien vite quand tout le monde se retourna vers l'entrée de la salle commune, dans laquelle tout le monde dînait.
Rusard poussait devant lui Vega Lestrange, qui ne se débattait pas.
– J'ai pris la demoiselle sur le fait ! annonça-t-il avec agressivité.
– Sur quel fait ? demanda Rogue avec un brin de lassitude.
– Elle tentait de s'introduire dans les cachots où vous dispensez vos cours de Potions.
– Pour quelle raison ? demanda Rogue en transperçant la jeune fille du regard.
« Pour fabriquer une potion anti-cheveux gras » voulut-elle répondre, avant de se raviser.
Curieusement, elle n'avait pas envie de se montrer désobligeante envers Rogue. Elle n'en avait pas le cœur. Rogue avait beau être un professeur austère aux cheveu gras et au nez disgracieux, il était sympathique. Et si Vega ne craignait plus la cruauté, elle était sans défense contre la bonté
– J'voulais créer un philtre d'amour pour que Rusard m'invite au bal de Noël, dit-elle, singeant le ton rêveur des midinettes amoureuses.
La salle se fendit d'un énorme rire, tandis que Rusard pestait.
– Vous allez avoir trois heures de retenue !
– Avec vous ? espéra-t-elle, l'air gourmand.
– Insolente ! Ah, que n'ai-je choisi une école où les sévices corporels sont permis…
– Cela suffit, dit Rogue froidement. Suivez-moi, miss Lestrange. Dumbledore se chargera de vous trouver une punition adéquate. Pour ma part, je sèche : vous êtes déjà en retenue tous les soirs de ce mois.
Cette remarque provoqua de nouveau les rires des élèves de Poudlard, tandis que Rogue emmenait la cancre au bureau du professeur Dumbledore.
Le vieil homme l'accueillit avec un sourire mutin.
– Eh bien, miss Lestrange.
– Eh bien Dumbledore.
Le directeur lui lança un regard inquisiteur, à travers ses lunettes en demi-lunes.
– Pourquoi, miss Lestrange ?
– J'vous l'ai dit, je voulais fab…
– Non. Ce n'est pas ce que je vous demande.
Intriguée, elle fronça les sourcils.
– Je veux la vérité : pourquoi vouliez-vous pénétrer le cachot de Rogue ?
Parce que j'ai peur de dormir. Parce que je vois le diable tous les soirs en rêve. Parce que je vois du feu, du sang et des gosses joufflus se faire découper, déchiqueter, cramer. Parce que j'entends cette horrible voix et ses chansons dégueulasses. Parce que chez Rogue il y a cette potion de sommeil sans rêve qui me réconcilierait avec mon lit. Cette potion qui m'aiderait à dormir plutôt que foutre la merde chaque nuit dans cette bâtisse rassurante. La bonne vieille Poudlard.
– Vous savez, je sais ce que vous ressentez, miss Lestrange.
– Pfft ! s'emporta-t-elle. Vous ne savez rien du tout, alors arrêtez de jouer la proximité.
Il répondit à cette insolence par un doux sourire.
– Un jour, miss Lestrange vous allez vous fatiguer. Le drame des armures, c'est qu'elles peuvent être lourdes à porter.
– Ouais, c'est intéressant, votre paradoxe, dit-elle d'un air négligent. Mais venons-en au fait : j'ai gagné quelle punition cette fois ?
– Celle d'aller vous coucher sans dîner ce soir.
Vega haussa le sourcil, devant cette punition de fillette, qui n'en était même pas une, avec tous les chocogrenouilles et autres friandises qu'elle avait dans sa chambre.
– Pourquoi ne me punissez-vous pas vraiment ?
– Tu le fais déjà très bien toi-même, Vega.
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Lorsqu'elle avait fini tous ses devoirs en avance, et révisé suffisamment, Hermione n'avait rien contre la lecture d'un ouvrage moldu. Malgré le froid, elle s'installa dans la cour, pour lire une pièce qu'elle affectionnait particulièrement : Romeo et Juliette, de Shakespeare.
– La sang-de-bourbe se cultive, persiffla Drago Malefoy, ses deux fidèles acolytes sur les talons.
– Ouais, dit Crabbe.
– Grave, dit Goyle.
Hermione, rougissant sous l'insulte, foudroya du regard Malefoy.
– Oui, je me cultive, c'est un passe-temps que tu sembles ignorer.
Crabbe et Goyle ne rirent pas : avisés, ils savaient qu'ils ne devaient rire que quand c'était Drago qui lançait une vacherie.
– Comment oses-tu t'adresser directement à moi, espèce de sang-de-bourbe dégueulasse, dit Drago avec un mépris indicible.
Il lui arracha le livre et lut un passage au hasard, tout haut
– « L'amour est une fumée de soupirs ; dégagé, c'est une flamme qui étincelle aux yeux des amants ; comprimé, c'est une mer qu'alimentent leurs larmes. ». Vous entendez ça, les gars ? Granger lit des bouquins à l'eau de rose. Elle cherche l'amour. Comme c'est attendrissant... On lui dit ou pas, que l'amour c'est pour les êtres humains et pas les dégoutants sang-de-bourbe ?
Cette fois, Crabbe et Goyle rirent tout leur soûl, bien que n'ayant pas saisi les subtilités humoristiques de la pique empoisonnée assénée par Malefoy.
Hermione fixa son détracteur avec une assurance qu'elle était loin de ressentir, refoulant ses larmes pour ne pas les offrir à cet imbécile de bourgeois.
Drago souriait, retrouvant dans cette résistance celle qu'opposait parfois sa cousine Vega à ses actes d'oppression. Ou plutôt une pâle copie de cette résistance. Parce que personne ne résistait comme Vega.
– Tarentallegra !
Un éclair jaillit d'un des arbres qui surplombaient la cour. Les jambes fines de Drago Malefoy, d'ordinaire si digne, se mirent à danser de manière incontrôlée. Hermione éclata de rire.
– Aidez-moi, idiots !
Crabbe et Goyle couraient autour de Malefoy, l'air paniqué.
– Mon père va en entendre parler ! s'époumona Drago, son visage d'albâtre.
Une silhouette tomba de l'arbre pour atterrir avec une grâce leste.
– Ton père doit prier pour être sourd avec tout ce que tu promets de lui faire entendre, lâcha négligemment Vega. Finite Incantatem.
Les jambes de Drago reprirent leur liberté et ses yeux lancèrent un regard prometteur de vengeance que Vega soutint froidement.
Il tourna les talons, noyau suivi par deux électrons disciplinés.
Vega ramassa son sac, qu'elle avait laissé aux pieds de l'arbre avant d'y monter.
– Attends !
– Hum, Granger ?
– Pourquoi tu as fait ça ?
– Parce que Malefoy est un con. Et parce que ses âneries m'ont donné mal à la tête. Mais la vraie raison, c'est que je ne peux pas résister à son groove d'enfer.
Hermione se mit à rire mais s'interrompit, réalisant quelque chose.
– Tu connais le mot « groove » ? Dans la signification que tu as employée, c'est un mot moldu.
– Ouais. J't'avouerais que je l'utilise sans vraiment savoir où je l'ai appris. J'ai dû prêter une oreille trop attentive à un né-moldu.
– « Né-moldu » ?!
– Ne fais pas cette tête. Je ne suis pas Drago Malefoy, ni un de ses sbires. Je ne vais pas me mettre à insulter des gens parce que sa Majesté La Fouine a décidé que c'était la mode.
– Alors tu ne détestes pas les nés-moldus ?
– Je déteste tout le monde, expliqua patiemment Vega. Mais pas plus les nés-moldus que les sang-pur.
Au lieu d'être horrifiée par cette sinistre sentence, Hermione s'esclaffa.
– Je crois bien qu'au final, c'est la plus totale forme de tolérance qui soit. Même moi, je n'aime pas tout le monde.
Vega ne répondit pas. Hermione se mit à fouiller dans son sac avant d'en sortir un livre avec une couverture en noir et blanc.
– Tiens !
– Qu'est-ce qui te fait croire que j'ai envie de lire ton truc de moldus ?
Hermione eut un sourire malicieux.
– Tu détestes les livres du monde magique tout autant, non ? rit-elle.
