Je ne possède pas Akagami no Shirayukihime
Il s'agit d'une fiction se situant vers la fin du chapitre 34 du manga. Voir le chapitre 1 pour tous les détails.
Les phrases en italic dans le texte correspondent aux pensées des personnages.
Les phrases entre « » sont des souvenirs qui reviennent en mémoire à des personnages, comme il s'agit également de pensées, elles sont également en italic.
Chapitre 2
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Le prince Izana reposa le dossier qu'il venait de consulter devant lui et s'enfonça dans le large fauteuil derrière son bureau. Son visage était tiré des mêmes traits sérieux et soucieux qu'à l'habitude, mais cette question le préoccupait plus qu'il ne l'aurait cru.
Il se remémorait le moment où la pharmacienne avait observé cette énorme bête. Il n'était pas de ceux que l'on impressionne facilement mais il ne se serait jamais approché de cet animal avec autant la même confiance qu'elle. Pendant tout l'examen, il était resté à l'écart, impassible, se contentant de les éclairer. Elle avait passé un long moment à observer le plus de détails possibles chez l'animal, mais il devenait de plus en plus évident pour elle que le chien allait mourir. Elle montra les détails de ce qu'elle observait à l'enfant, pour qu'il prenne conscience de son état, elle réussit à lui faire comprendre à travers des signes que la morsure qu'il avait subit était la cause de sa maladie.
Par la suite, monsieur Shiasame était intervenu, répondant à plusieurs questions sur l'attaque dont il était question et les voleurs. Shirayuki lui demanda de se tenir informer de l'état de santé animaux et collaborateurs avec qui il faisait affaire et d'informer aussitôt l'institue de pharmacologie. L'homme avait acquiescé et avait répondu à la dernière demande de la jeune femme qui était de ne pas laisser l'enfant seul. Après cette mise au point, ils étaient tous deux sortit et elle lui avait annoncé ses intentions de retourner vers Ryuu pour lui fournir les informations qu'elle avait recueilli. Pour sa part, il avait proposé de se renseigné sur le groupe de bandits dont il était question et de les retrouver au chevet du jeune Sasha.
Aussitôt après l'avoir quitté, il avait été discrètement rejoint par l'un de ses assistants et lui avait rapidement donné quelques ordres. Il lui avait commandé à la fois tous les rapports au sujet du groupe de criminels dont ils étaient questions et tous les rapports disponibles dans lesquels apparaissait le nom de Shirayuki.
Au final, le prince n'avait pas réussit à obtenir beaucoup de documents au sujet de la pharmacienne et il avait dû se contenter du souvenir qu'il avait des rapports dans lesquels elle était apparu. Il avait longtemps pensé que plusieurs rapports avaient été légèrement embellis par leurs auteurs afin de mettre la jeune femme à son avantage, conscient que les compagnons de son frère encourageaient ouvertement cette relation, mais, après avoir assisté à la scène du chien et de l'enfant, il commençait à remettre en cause son jugement. Il avait vraiment beaucoup de difficulté à cerner cette femme et cette situation commençait à sérieusement le contrarié, surtout en considérant les intentions de son frère à son sujet. Il ne laisserait pas n'importe qui gagner le cœur de son petit frère ou s'immiscer dans la famille royale.
Il devait absolument tenter de cerner cette femme avant l'arrivée de Zen.
Prit d'une soudaine énergie, il se leva et sortit rejoindre le groupe autour du patient.
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- Ryuu, comment va Sasha?
- Aucune amélioration. Shidan est venu l'ausculter, il n'a jamais rien vu de tel dans la région, mais il consulte présentement les archives. Yuzuki m'aide à stabiliser le patient avec les herbes à notre disposition mais je crois que n'avons que ralentit le processus. As-tu découvert quelque chose qui pourrait nous aider?
Shirayuki leur fit un rapport détaillé de ses découvertes. Ils possédaient enfin une piste sérieuse, bien que dangereuse, sans compter la menace potentielle d'une contagion. En raison de ce nouveau facteur, la cour devait être immédiatement informé et le patient isolé.
- Si l'on considère que le chien n'a infecté que Sasha, nous pouvons éliminer la contamination aérienne. Si son maitre n'a pas été infecté non plus, il serait logique d'éliminer aussi la contamination de contact… comme Sasha devait être présent lors de l'attaque, nous pouvons supposer qu'il y ait eu contact sanguin.
- Nous ne pouvons néanmoins prendre aucun risque, intervint la botaniste de Lilias.
- Bien entendu, mais cette information rassurera très certainement la cour.
- Qu'allons-nous faire à présent?
- Nous devons trouver ce groupe de voleurs, conclut aussitôt Shirayuki comme si la réponse était évidente.
- C'est l'affaire des gardes, non des pharmaciens.
- Nous ne souhaitons pas les arrêter, simplement entrer en contact avec eux. Luen recueille en ce moment des informations sur eux mais j'ai cru comprendre qu'ils étaient des voleurs, non des tueurs.
- Yuzuki a raison, Shirayuki. C'est dangereux…
- Mais il n'y a aucune autre façon de trouver l'origine de ce mal. Je ne veux pas voir cet enfant mourir et il pourrait y avoir d'autres victimes. Je suis persuadé que ces gens ne sont pas conscients du mal qu'ils font.
La botaniste regardait la pharmacienne avec ahurissement pendant que Ryuu soupirait en reconnaissant la détermination de son apprenti.
- Que suggères-tu?
- Je vais retourner voir monsieur Shiasame et le convaincre d'organiser un faux voyage afin de piéger les voleurs. Ainsi nous pourrons entrer en contact avec eux et tenter de discuter.
- Tu ne peux pas prévoir leur réaction…
- Mais je dois tenter le coup!
Les préparatifs furent rapidement mit en place, le père de Sasha s'empressa de participer, désireux de faire tout en son pouvoir pour guérir son fils et Izana leur fournit de précieuses informations sur le groupe ciblé. Comme l'avait supposé Shirayuki, il n'y avait jamais eu de mort ou d'otage de rapporté lors des attaques, quelques blessés, sans plus. Il semblait s'agir de pilleurs d'origine inconnue qui détroussait les chargements en tendant des embuscades dans les régions montagneuses. Le prince avait été surpris d'entendre le plan proposé par la jeune femme, mais il était du même avis que la botaniste, à savoir que cette histoire concernait avant tout les gardes, mais il comprenait également l'urgence de la situation. D'ailleurs les gardes se feraient une priorité d'arrêter ou tuer les bandits, leur plan comportait plus de chance de réussite quant à obtenir des réponses. Il accepta donc la tactique et s'imposa au voyage, malgré les oppositions de Shirayuki.
- Il est de mon devoir, en tant que prince de Clarines, de veiller à la sécurité de mon peuple, ne croyez-vous pas?, avait-il énoncé comme argument final, laissant la jeune fille muette.
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« Zen… Puis-je penser de cette façon? Je t'aime, Zen… Je veux rester à tes côtés, il y aura un jour où je voudrai être avec toi. »
Zen se réveilla en sursaut, le cœur près à exploser, le visage en feu, le corps en sueur. Il prit un instant pour reprendre ses esprits, pour prendre conscience de la chambre d'auberge dans laquelle il était, de l'heure tardive et du corps de son assistant endormi un peu plus loin. Il faisait nuit noire et une brise fraiche vint raviver son esprit pendant qu'il repoussait les couvertures qui l'étouffaient.
- Avez-vous fait un cauchemar, maître?
Les traits tirés et le visage empourpré de quelqu'un qui a été prit, le prince leva les yeux vers Obi, assit près de la fenêtre ouverte, avant de les détourner aussitôt pour se racler la gorge.
- Non…
- Vraiment? Pourtant, vous semblez tellement agité.
Le prince Zen foudroya son assistant du regard avant de soupirer et de laisser tomber sa tête entre ses genoux. Depuis quelques temps, il revivait sans cesse cette scène durant ses nuits, revivant à chaque fois ce débordement suffoquant qu'elle avait provoqué en lui en disant ces mots. Voulait-elle sa mort pour lui parler ainsi? Il n'avait pas pu lui répondre à cet instant… elle l'avait jeté dans un tourbillon d'émotions et il n'était pas arrivé à trouver les mots pour exprimer ses sentiments pour elle. Plus les jours avançaient, pire c'était… Il perdait tout contrôle, tout raisonnement face à elle. Dans ces instants, c'était tellement plus facile de revêtir le masque du prince et de paraître calme, mais à l'intérieur de lui, tout s'écroulait.
- Aviez-vous quelques pensées pour la jeune maîtresse?
Obi avait un sourire taquin, près à entendre son maître exploser, réveillant ainsi Mitsuhide pour provoquer une amusante commotion, mais la réaction espérée ne vint pas. Son maître soupira un peu plus fort et releva la tête, lasse, pour la déposer entre ses mains.
- Je ne sais plus où j'en suis…
L'assistant arqua un sourcil, surpris à la fois de l'honnêteté du prince et des paroles qu'il reconnaissait dans une conversation semblable avec la jeune maîtresse.
- Je ne comprends pas vraiment ce que vous voulez dire. Êtes-vous sûr de vous poser la bonne question?
- Je m'en pose déjà tellement, Obi.
Obi eu un petit rire discret et se leva de son perchoir pour venir s'assoir devant son maître qui fronçait les sourcils en le voyant rire.
- J'ai eu une discussion semblable avec la jeune maîtresse.
- Quand?, demanda Zen, surpris.
- Le jour où je suis venu vous chercher parce qu'elle voulait vous parler.
- Et… que lui avais-tu répondu?
- Qu'avant de penser à des questions aussi difficiles, il serait préférable pour elle de vous voir.
- Et alors?
- Elle s'est brusquement levé, comme si elle avait soudain songé à quelque chose qui l'avait décidé, en parlant de vous, et elle m'a demandé de lui accorder une faveur. Vous connaissez la suite.
Le prince prit un air songeur et laissa retomber sa tête sur ses genoux, fixant le sol.
- Et encore aujourd'hui, je vous ramène près d'elle, mon maître, probablement pour que vous puissiez finir cette discussion?
Zen releva les yeux vers Obi et eu un léger sourire.
- Je l'espère…
Obi savait que son maître ne doutait pas de ses sentiments, mais il reconnaissait la même expression que lorsqu'il avait combattu pour escorter la jeune femme à Tanburn. Encore une fois, il ne savait pas comment lui dire.
- Vous deux…, soupira Obi en se levant, vous rendez les choses simples tellement compliqué. Si parler de ses choses vous met dans un tel état, prenez simplement votre temps et profitez des moments que vous partagez.
Zen allait ouvrir la bouche pour répondre, mais ils tournèrent les yeux en apercevant que Mistuhide s'était assit, lui-aussi, dans son lit.
- Zen… tu te rappelles cette discussion que nous avons eue, il y a très longtemps, sur la personne qui sera cher à ton cœur?
Le prince acquiesça en silence. Il s'était souvenu de cette journée pluvieuse où il avait donné un aperçu de ses craintes à son assistant, il s'était remémoré cette scène à l'époque où elle lui avait avoué qu'elle l'aimait.
- Tu m'as demandé, si tu trouvais quelqu'un avec qui tu voulais rester pour toujours et qu'elle te retournait ton sentiment, si tu pourrais croire qu'elle le ferait en réponse à un sentiment venant du plus profond de son cœur et non pour ne pas s'opposer à toi en tant que prince… qu'elle pourrait te faire sentir qu'elle a vraiment besoin de toi… Je crois, Zen, très sincèrement que tu as trouvé cette personne… maintenant, je te retourne la question, par respect pour elle et pour ce que tu ressens. Si tu crois qu'elle veut rester avec toi pour toujours et que tu veux lui retourner ce sentiment, le fais-tu en réponse à un sentiment venant du plus profond de ton cœur ou parce que tu sens que ta position de prince te presse à le faire maintenant? Quand tu lui retourneras clairement tes sentiments, Zen, fait le parce que tu as besoin d'elle et non parce que le royaume ou ton frère te pousse à le faire maintenant.
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Dès l'aube, l'équipage composé de trois traîneaux à chiens bien équipées de caisses vides, trois chevaux et de quelques hommes de confiance, sans oublier Shirayuki et le prince Izana, partirent donc le lendemain matin en direction d'un village reculé, à travers un chemin considéré comme à risque par tous les conducteurs de traineau. La pharmacienne avait fermement refusé de prendre place sur l'un des traineaux à chien, à l'abri du froid sous d'épaisses fourrures et avait insisté pour monter à cheval. Les hommes du convoi avaient tenté de la convaincre de la longueur du voyage, sans compter la température à laquelle elle n'était pas habitué mais la jeune femme ne pliait pas, convaincu que cette position gâcherait leur couverture. Accompagnant ses paroles aux gestes, elle monta sur l'un des cheveux avec un peu difficulté et tenta de se maintenir maladroitement sur l'animal, le corps trop rigide et les mains trop serrés sur la bride. Soupirant et découragé en comprenant que la jeune femme n'avait, de toute évidence, pas l'habitude de monter seul, le prince Izana la souleva comme s'il avait s'agit d'un vulgaire bagage et l'installa derrière lui, le visage impassible, avant de commander le départ aux autres membres de l'équipe. Muette et légèrement honteuse, Shirayuki hésita à s'appuyer sur le terrifiant frère de Zen, le regard penché vers le sol.
- Vous auriez du accepter la place sur le traineau, la gronda-t-il sévèrement dès qu'ils furent hors de porté de voix des autres, lancé dans leur course à travers la neige. Ce n'est pas un endroit approprié pour une femme qui ne sait ni monter, ni se battre.
- Et ce n'est certainement pas la place d'un prince, répliqua-t-elle à voix basse. Vous aviez besoin d'une pharmacienne pour discuter avec les voleurs.
- N'importe quel pharmacien de Lilias aurait parfaitement fait l'affaire.
- Je ne pouvais pas mettre en danger quelqu'un pour exécuter le plan que j'ai proposé, il en va de ma responsabilité.
- Essayez-vous de jouer les grandes dames pour me convaincre que vous n'êtes pas si lâche ou inutile que je le laisse sous-entendre?
Shirayuki ne su que répondre, encore une fois réduite au silence par les accusations choquantes que le prince élevait encore contre elle. Depuis leur rencontre à Wistal, le premier prince n'avait affiché que soupçons à son égard, mais il s'agissait néanmoins du frère de Zen. Elle ne pouvait s'empêcher de croire fermement, qu'il agissait ainsi par soucis pour son petit frère, ou responsabilité fraternel. Par ce seul fait, elle n'avait pas besoin d'en connaître d'avantage sur le premier prince, elle était déterminé à lui prouver son amour pour Zen et à se rendre utile. Pour elle, se rendre utile était principalement de se faire valoir en tant que pharmacienne et elle était tout à fait consciente que ce voyage n'allait pas mettre en avant ses talents mais bien son tempérament, facteur qui n'était certainement pas à son avantage, mais elle refusait de voir un enfant mourir pour simple souci de bien paraître aux yeux de ce prince têtu.
- Je suis certaine que Zen aurait approuvé cette expédition.
- Très certainement, mon frère est aussi fougueux que vous l'êtes. À votre contact, ce trait de caractère n'ira pas en s'améliorant, je le crains.
- Zen sait parfaitement se contrôler, il agit toujours de façon réfléchit et respectueuse, mais il a foi en ses valeurs et il a la force de les suivre.
- À vous entendre, on pourrait croire que mon frère peut tout faire.
- Je le crois.
Izana aurait voulu se moquer ou suggérer encore qu'elle tentait de bien paraître devant lui mais ses derniers mots avaient été prononcé avec une telle sincérité et une telle ferveur qu'il n'en fut pas capable. Le visage impassible, il continua de faire suivre le rythme à son cheval qui galopait près de l'un des traineaux à chien. La neige se soulevait derrière eux comme un nuage givré, une épaisse fumée s'échappait de leurs bouches et des museaux des animaux. La température était clémente et, alors que Lilias s'éloignait derrière eux, une vaste étendue blanche brillait devant eux, découpant le ciel d'un bleu vibrant.
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* Petit message de l'auteur *
« Voici le deuxième chapitre! J'espère qu'il vous plaira! Je n'ai pas encore reçu de commentaires au sujet du premier alors je continue d'écrire à l'aveuglette, j'ai plein d'idées pour la suite! Je suis tombé une traduction anglaise du chapitre 35 et j'ai été heureuse de voir que mon version correspondait à l'original selon certains points et d'autres non!
J'ai vraiment hâte que Zen retrouve sa pharmacienne préférée, il fait tellement pitié le pauvre! Malheureusement pour lui, je lui réserver quelques surprises... vilaine moi! héhé
Bonne lecture! »
