Bonsoir !
Merci beaucoup pour les reviews et à tout ceux qui suivent cette histoire ! Ça fait vraiment plaisir =) Au menu de ce second chapitre, une petite explication entre Tony et son nouveau locataire ô-combien-pas-désiré, Loki. Qui, pour le coup, se fait une belle frayeur...
Bonne lecture à toutes et à tous !
Les sourcils de Tony se soulèvent devant cette vision inespérée mais oh combien satisfaisante. Loki est vraiment à genoux. Devant lui, pas moins. Pendant un moment, il ne peut s'empêcher de se demander si ses yeux ne lui jouent pas des tours, clignant des yeux plusieurs fois, mais l'image ne change pas ni ne s'estompe. Pas de mirages ou de vaines espérances ici.
Les poings de Loki sont toujours serrés, et Tony ne peut s'empêcher de sourire. Le dieu n'apprécie clairement pas ça du tout, lui faisant se demander si ce n'est pas là la première fois que la divinité s'incline devant qui que ce soit. C'est sûrement en tout cas la première fois qu'il s'incline devant un simple humain.
Putain, il ne pensait vraiment pas que cette vision de Loki le ferait se sentir aussi bien. Mais il y a un doux sentiment de triomphe dans son ventre, et qui grandit de plus en plus au fil des secondes qui passent.
Tu as voulu envahir notre monde afin de voir l'humanité s'incliner devant toi hein ? Et bien devine qui est de l'autre côté désormais ? Qu'est-ce que ça fait maintenant, hein ?
Tony sait que son discours intérieur est tout simplement le processus que son cerveau entreprend afin de rationaliser tout ce qui se passe – ouais, il est furieux contre Loki à juste titre, parce que ce type a tout de même attaqué la Terre, tenté de soumettre la planète entière sous sa domination, amené une armée d'extraterrestres à New York et tué pas mal de gens entre autres. Mais malgré tout, ce n'est pas la raison principale de sa colère. Non, c'est définitivement plus personnel.
Car la dernière fois que Loki était là, il a balancé Tony par la fenêtre.
Juste comme ça, il est entré dans la demeure de Tony comme s'il était chez lui, l'a menacé, a tenté de prendre le contrôle de son esprit comme il avait fait avec Barton. Et lorsque son plan a misérablement échoué, il l'a agrippé à la gorge, l'a soulevé avant de le jeter avec dédain par la fenêtre comme s'il n'était qu'une poupée de chiffon inutile.
Juste comme ça.
Et c'est ça qui rend tout ceci personnel. Bien sûr, Loki n'est pas le premier à avoir essayé de le tuer, oh non, d'autres ont essayé et échoué. Mais se battre contre un ennemi tout en étant en costume d'Iron Man est une toute autre chose. Il a déjà vécu, fait cela et sans jamais ressentir quoique que ce soit de particulier, parce qu'au moins il avait la possibilité de se battre et de se défendre lui-même, à terrain égal. Une journée ordinaire au travail.
Mais Loki n'a pas joué selon les règles. Il a décidé de porter le combat directement dans la propre maison de Tony, son sanctuaire, alors que ce dernier n'était pas prêt. Non seulement pas prêt, mais aussi sans défense. Impuissant. Il se souvient encore de cette sensation écrasante de pure panique alors qu'il est soulevé du sol par la gorge, incapable de faire quoi que ce soit. Et se faire défenestrer fait mal,sans parler de la peur de tomber vers une mort certaine. Il fait toujours des cauchemars en relation avec cet incident, des cauchemars qui le réveillent avec le cœur battant et les draps trempés de sa propre sueur.
La peau de Tony le démange, n'étant pas sur si cela provient de ses souvenirs désagréables, de sa colère ou d'autre chose. Il remarque que Loki l'observe avec méfiance, les yeux plissés. Pas de doute, le dieu est plus que conscient des émotions qui se lisent sur le visage de Tony, sachant très bien que cela n'annonce rien de bon. Pour lui. Etant donné qu'ils se tiennent tous les deux – enfin, à genoux dans le cas de Loki – dans la même pièce où ils ont eu tous les deux cette fameuse rencontre jetons-Tony-par-la-fenêtre, le dieu est sûr de savoir avec précision quelles pensées passent dans la tête de Tony en ce moment.
Le fait de savoir que Loki, jusqu'à maintenant, n'a certainement pas jeté un regard en arrière à tout ceci lorsqu'il a quitté la Tour Stark, sans même un remord, alors que Tony lui revit ces terrifiants moments bien plus qu'il ne le voudrait, le fait grincer.
Il veut voir des remords apparaître sur le visage de Loki, ne serait-ce qu'un tout petit peu. Il le mérite. Toutefois, Tony n'est pas vraiment certain si ce 'il' fait référence à lui-même ou à Loki.
Alors il va derrière le comptoir du bar, empli de multiples rangées de bouteilles, certaines vides, d'autres plus ou moins remplies. Mais ce n'est pour ces dernières qu'il est là - même s'il les cieux savent qu'il a besoin d'un verre. A la place il ouvre un tiroir caché sous le comptoir, inspectant son contenu.
Après l'affaire Loki, il a mis cette chose ici, n'ayant absolument pas envie de se faire prendre par surprise à nouveau. Non pas que le risque de se faire avoir par un autre super vilain dans cette même pièce soit particulièrement grand, pas pour vraiment pour justifier ça, mais quand même. Chat échaudé craint l'eau froide. Ne serait-ce que savoir que c'était là lui redonnait un sentiment de sécurité qu'il avait perdu après avoir été attaqué par Loki dans sa propre tour.
Il prend le bâton noir, jouant avec pendant quelques secondes. Le manche est lisse et étonnamment chaud dans sa paume. Il ne se rappelle pas de quel pays il l'a importé à l'époque, mais ça n'a pas d'importance, ce modèle particulier est utilisé par certaines forces de police quelque part, peu importe le continent. Pas autorisé dans les forces américaines cependant, son voltage étant bien trop élevé.
Tapant le bout contre sa paume deux fois, il ne peut s'empêcher de remarquer que le son émis fait légèrement fléchir Loki, crispant ses épaules.Ça le rend nerveux hein ? Bien fait pour lui.
Il marche jusqu'au dieu à nouveau, n'hésitant qu'un bref instant avant de placer l'extrémité de la matraque électrique sous le menton de Loki, redressant sa tête. La sensation de satisfaction qu'il ressent en voyant le dieu avaler difficilement sa salive lui donne des sensations étranges dans le ventre. Il est évident qu'il sait ce que tient Tony, et ce que cela peut faire. Ce mec a probablement fait ses recherches avant de lancer son invasion sur la Terre, étudiant l'armement terrien afin de savoir à quoi s'attendre.
Okay, il ne va pas vraiment la mettre en route, mais Loki n'a pas besoin de le savoir. Laissons cet enfoiré dans le doute.
"Très bien princesse", dit-il, content que sa voix sonne ferme et menaçante juste comme il le voulait. "Mettons certaines choses au clair dès le départ, étant donné que tu vas devoir malheureusement vivre sous mon toit à partir de maintenant." Il appuie un peu plus la matraque dans le menton de Loki tandis qu'il parle, espérant obtenir au moins un frémissement de la part du dieu, et se voit récompensé avec la crispation des mâchoires déjà serrées.
"A partir de maintenant, tu vas suivre mes règles, faire ce que je dis, et ne pense même pas à causer le moindre problème. Essaies de blesser ou même de menacer le moindre humain à nouveau, ou de faire quoi que ce soit qui pourrait mettre cette planète en danger, et je te jure que tu vas regretter le jour de ta naissance."
Inspiré Tony, vraiment inspiré. Particulièrement cette dernière phrase, digne d'un Oscar.
Cela le contrarie de voir comment son bagout habituel semble s'être dissipé dans l'air, lui laissant seulement assez d'esprit pour l'une des menaces les moins originales qu'il ait jamais prononcé, comme tout droit sorti d'un film d'espionnage même pas digne d'une série B.
Mais il écarte cette pensée et se contente à la place de faire glisser la matraque le long de la mâchoire de Loki tandis qu'il continue de parler, le ton glacial. "Je suis sûr que tu sais parfaitement ce que ce jouet peut faire. Et laisse-moi te dire que je suis vraiment à ça", ne laissant qu'un minuscule espace entre son pouce et son index, "de l'allumer juste pour te regarder te tordre de douleur. Comme une petite revanche pour cette fois où tu as décidé que ce serait tellement génial de me balancer de cette fenêtre juste là." Sa main fait un geste brusque vers la baie vitrée. "Donc tu ferais mieux de ne rien faire qui pourrait me faire franchir cette limite qui se trouve être vraiment, vraiment très fine."
Loki reste parfaitement immobile, et Tony est sûr que le dieu retient son souffle. On mijote un peu, n'est-ce pas ?
Une sensation de vertige l'enveloppe, lui donnant l'impression que la chambre tourne un peu. Il a un pouvoir total sur cette parodie pathétique de dieu, de plus quelqu'un ayant botté le cul métaphorique de la planète et de lui-même. Cet arrogant, égocentrique fils de pute...
Il devrait peut-être s'arrêter là, mais il ne peut pas, alors à la place il trace les contours de la gorge de Loki, avant de revenir à nouveau sous son menton, l'inclinant vers le haut encore un peu plus, obligeant le dieu à le regarder dans les yeux à nouveau. Il n'en a pas encore fini avec lui.
"Cette petite merveille peut aller jusqu'à 100.000 volts. Un peu plus que ce qui est autorisé dans les forces de police ici aux Etats-Unis. Si jamais tu as envie de savoir ce que ça fait, laisses moi t'assurer que je serais plus que ravi de te le montrer. Dans ta forme actuelle, dépossédée de la moindre magie je suis sûr que tu ressentirais la douleur tout comme le ferait un simple mortel." Tony continue, pressant un peu plus la matraque dans sa peau pâle.
Et c'est à ce moment-là qu'il la voit. Ce n'est qu'une brève étincelle au début, mais qui se propage ensuite lentement jusqu'à être inscrite sur le visage tout entier de Loki.
La peur.
Et c'est là que la douce sensation de pouvoir se dégonfle, comme l'air chaud sortant d'un ballon. La pièce ne tourne plus et soudain il n'y a plus que lui debout, tenant une matraque sous le menton d'un dieu déchu et impuissant. Le sentiment de triomphe présent un moment auparavant s'estompe, ne laissant qu'une impression de malaise dans son sillage.
Il laisse retomber sa main.
Et Loki semble respirer à nouveau, s'affaissant légèrement tandis que sa poitrine recommence à se soulever.
Un désir soudain de simplement quitter la pièce et de laisser le dieu agenouillé sur le sol envahit Tony, mais il résiste. Il a besoin de dire une dernière chose, pour terminer ce qu'il a commencé.
"Nous nous comprenons, n'est-ce pas", lâche-t-il finalement, mais la question est trop plate pour sonner comme une vraie question et non comme un simple constat.
Un moment de silence. Puis :
"Oui."
Les mots sonnent aussi creux et fatigués que Tony.
