note : Voici le deuxième bout de cette histoire. Je n'ai pas fini le découpage mais il devrait y avoir 3 parties et les conclusions seront rapides. Il s'agira d'une histoire courte d'environ 10.000 mots.
! attention ! : j'ai mis un rating M, car on va avoir des choses violentes. Je pense que le premier bout vous a mis dans l'ambiance et bien : ce n'est pas fini.
J'ai perdu mon visage II
Durant quelques jours, il m'a laissé tranquille et je dois admettre que cette maison est agréable. Elle est un peu plus petite que la maison des Dursleys. Il y a deux chambres. Je ne veux pas savoir dans le lit de qui je dors. Vraiment. N'y pensons pas. En attendant, le mieux ici, c'est le jardin. Enfin si on peut appeler ça un jardin. C'est une véritable forêt, remplie de sombrals. Je n'ai pas demandé, mais je suppose que les sombrals sont à ... cette famille. Je ne comprend pas trop pourquoi. Pourquoi avoir autant de sombrals ? Ou même juste un seul ? Enfin bon, je suppose que si je commence à me poser ce genre de question, c'est que je vais un peu mieux même si je ne supporte toujours pas l'idée de croiser mon nouveau reflet dans le miroir.
Peut-être que j'ai même l'air d'aller mieux après tout parce que ce très cher professeur Snape (entendez l'ironie !) semble bien décidé à avoir une conversation avec moi. Enfin, est-ce qu'il ne se rends pas compte à quel point c'est ridicule ? Il me déteste et la réciproque est tout aussi vrai. On est pas fait pour s'entendre, peu importe que génétiquement, il soit finallement mon père. Enfin ... Ouais, ça fait partie des sujets auxquels il vaut mieux que je ne pense pas. Je deviens doué dans l'Art de ne pas penser à pleins de trucs. Ca évite que je me ridiculise en hurlant, en pleurant ou en essayant de tout détruire.
Et voila que Snape, au cours d'un repas me dit :
- Ecoute, ... Harry, je comprend que ce soit excessivement dur pour toi, ça l'est pour nous tous mais tu as un frère qui a vraiment besoin de te parler.
Un frère. C'est ça, le truc que je ne veux pas entendre et qui est sur le top de ma liste des choses que je préfère ignorer. C'est pas le seul et unique truc dont je ne veux rien savoir, mais ça reste en tête de ma liste. Je lui rétorque sèchement un "hors de question" qui me semble assez clair. Visiblement pas suffisamment puisqu'il continue.
- Harry, vous êtes très proches, vous l'avez toujours été. Votre lien s'est dévoilé autrement, sans doute à cause des manipulations du directeur, mais vous avez besoin l'un de l'autre.
- J'ai dit non. Je ne veux pas le voir. Je ne veux voir personne.
Il a l'air fatigué. Snape, je veux dire. Il a vraiment l'air épuisé et désemparé. C'est bizarre, je ne pensais pas qu'il pouvait ressentir ce genre d'émotions. Enfin, c'est pas comme s'il ressentait quelque chose en temps normal non ? A part de l'agacement, de la haine, de la colère ... Des trucs comme ça.
- Tu n'es pas curieux de savoir qui il pourrait être pour toi ?, tente-t-il encore.
- Je sais très bien qui il est. Un gosse pourri gâté, mal élevé, qui rêve de faire le mal autour de lui. C'est un futur mangemort ! Un futur tueur ! Oh oui, merci professeur, je ne rêve que d'une chose, être lié à ce genre de sale type !
Et voilà que c'est moi qui suit en colère. J'ai envie de l'étriper pour qu'il se souvienne qu'il me haïsse et qu'enfin, quelque chose, au moins une chose, un détail retourne à la normale.
- Draco
Je me lève en furie et part, franchement, je n'ai pas envie d'entendre ça. Je n'ai pas envie d'y penser même s'il me répète encore une fois qu'il va falloir que je le fasse parce qu'après tout, j'ai un frère. Non pire, un frère jumeau. JUMEAU ! Je le savais, quand je me suis vu dans un miroir pour la première fois. Mon frère jumeau est Draco Malefoy. Vous parlez d'une pensée à la con ! Non, je ne veux pas y penser. Je refuse. Tout simplement.
J'aurais pourtant dû savoir que Snape ne lâcherait pas. Il m'a suivi et il est revenu à la charge, encore et encore, jusqu'à m'annoncer que Draco venait demain. Demain. Au moins, il ne vient pas en compagnie de l'autre. L'autre mon second père, celui que je tiens à éviter plus que tout. Je l'ai déjà vu, tu sais, une fois, à la gare, entrain de se comporter comme un père. Ses mains autour des épaules de Malefoy. Un sourire discret accroché aux lèvres avec quelques dernières recommandations d'usage. Qu'est-ce qu'il avait dit ? Personne ne m'avait jamais vraiment rien dis à moi. Les Dursleys m'abandonnaient devant la gare. Les Weasleys me glissaient quelques mots, c'était quand même pas pareil. Lucius avait l'air tellement grand alors, il faut dire que j'étais tout gosse. Comme Draco. Exactement comme Draco, quelques centimètres en moins à cause des privations diverses.
Snape ne joue pas au papa. Il essaie de rester vraiment neutre et c'est pas mal. Sérieusement je n'aurais pas pu espérer mieux même si de temps en temps, il me regarde de cette drôle de façon qui me fout mal à l'aise.
Je n'ai pas envie que Malefoy père essaie de me prendre pour son fils et je n'ai pas non plus envie qu'il me chasse. J'irais où sinon ? Une autre angoisse que je tente de taire et d'oublier. J'ai plus ma place nul part. Alors, ce père, autant ne pas le voir car après tout, il n'a pas cents milles solutions. Soit il me prendra pour son fils et aura ce genre d'attitude qui vont me donner envie de hurler, voir de vomir. Soit il se rappellera qu'il me hait et j'hurlerai pour d'autres raisons. Snape me protégerait-il ? J'en sais rien. Je n'ai pas envie de savoir. J'ai même pas envie de me poser la question parce que la réponse est "sans doute pas".
Pourtant Snape m'a toujours plus ou moins protégé, il paraît, sans même savoir que Harry Potter n'existait pas, que ce n'était qu'un conte, un mythe, une fable ... A présent, il a d'autant plus de raisons de me protéger je suppose après tout, il parait que je suis sorti de son ventre ! Merde. J'ai été élevé par des moldus moi et les mecs ne font pas de bébés ensembles chez les moldus. A chaque fois que ça me saute aux yeux, je m'aperçois qu'on m'a volé jusqu'au fait d'avoir jamais eut une maman ! Moi, j'ai jamais eut de maman. Cette idée me terrifie.
En tout cas, peut-être que Snape me protégerait mais entre me protéger d'une menace quelconque et me protéger de son amant ... ou de son fils ... Ca devrait me faire un choc. J'ai toujours cru que Snape était son parrain, mais non, c'était ... autre chose. Ouais, ça aussi c'est dans la liste des trucs auxquels il ne faut pas penser.
Comme souvent j'échappe à la situation en gueulant et en m'enfermant dans une pièce quelconque. Je me laisse tomber contre la porte dans cette chambre qu'il a désigné comme étant ma chambre comme si j'étais le genre de personne à pouvoir posséder quoique ce soit ! Je n'avais rien. Rien du tout et en cet instant, je n'avais même plus la moindre pensée cohérente. Je restais un long moment à pleurer en silence contre la porte. Snape eut au moins la délicatesse de ne pas venir me voir ...
Au bout d'un moment, je me rends compte que le soleil s'est levé à travers la fenêtre. Snape a dit qu'il viendrait aujourd'hui. Le petit merdeux de Serpentard que je haïssais. La fouine qui me haïssait. Il me haïrait toujours ! Ses sentiments n'auraient pas changé ... avec un peu de chance. Pitié, que ses sentiments n'aient pas changé. Qu'il gueule autant que moi qu'il ne veut pas de frère. Qu'il me rejette autant que je le rejette ! Pitié ... Je me sens tellement froid à l'intérieur. Et si ses sentiments avaient changé ? Est-ce qu'on m'aurait tout pris jusqu'à ça ? Le regard des gens allaient forcément évoluer, mais on avait bien dû lui dire à lui, qui je suis, qui j'étais, qui ... J'ai envie de vomir.
Je me redresse, le sol qui m'a accueilli pour ma nuit n'a pas été tendre avec ces hanches. Tant pis. Je force sur ce corps, sur ces hanches et je le relève. Snape dit que je dois en prendre soin. Il a essayé de me montrer comment peigner ces cheveux. Il m'a rappelé que je devais laver ce corps. Le laver. J'avais envie de vomir dès que je le touchais. Pas-mes-mains m'envoyaient des informations de tout ce pas-mon-corps ! Ce n'était pas rien. Ce n'était pas qu'une ou deux sensations étranges. Tout était différent, juste assez pour que je le sache sans le moindre doute.
Je ne veux pas bouger. Je ne veux pas descendre. Je ne veux pas du regard de Snape, si neutre, qui se pose sur ce corps qui n'est pas le mien. Je veux juste abandonner et cesser réellement d'exister pour enfin disparaître. Aurais-je les tripes de me suicider ? Après tout ce que j'ai vécu chez les Dursleys, toutes ses nuits à pleurer les mains contre le ventre pour essayer d'endormir la douleur des coups de ceinture ... Après toutes ces brimades. Après la guerre. Après la mort de Sirius ... Merde ! Si Sirius avait su qui j'étais sous le glamour, il m'aurait haï ! Après tout ça ... Il était peut-être temps, juste, d'arrêter les frais. Je n'avais jamais eut la carrure pour encaisser ... C'était trop.
C'est à ce moment là, alors que j'allais être enfin en paix avec moi même, suffisamment pour parvenir à un état de calme assez fort pour mettre fin à tout ça qu'il toqua à la porte. Sa voix s'éleva faiblement de l'autre côté du battant de bois. Il disait des choses. Il disait.
- J'ai toujours su que tu étais vivant ...
Il attend un moment sans ouvrir la porte. Est-ce qu'il a peur ? Moi, j'ai peur. J'ai peur d'éprouver la même sensation que lorsqu'un miroir se dresse face à moi, lorsque je serais face à lui. Pourvu que ça n'arrive jamais.
- Papa ne voulait pas me croire. Tu sais, il disait que ce n'était pas rationnel.
Je plaquais mes mains contre mes oreilles pour ne plus l'entendre déblatérer de ce ton traînant infernal. Je voulais qu'il se taise réellement. Mais il continua. Il se mit à raconter le vide dans sa vie, comme si ça pouvait m'intéresser ! Comme si je n'allais pas l'utiliser pour lui faire du mal. Comme si il ne parlait absolument pas à Harry Potter !
- Je savais qu'il y avait quelqu'un qui me manquait. Nos pères ... ils ont essayé de me protéger mais ils ne voulaient pas faire comme si tu n'avais jamais existé. Ils te cherchaient. Ils te cherchaient de partout.
Pas où il fallait visiblement. Ils n'avaient certainement pas dû aller le chercher dans les petites bourgades moldus ! Et encore moins sous cette apparence ... La preuve, ils l'avaient tous eut sous les yeux sans que ça ne change rien.
- Par moment, je t'en ai voulu d'être pas là ... C'était bête mais ... Ils te cherchaient et moi, j'avais besoin d'eux. J'avais besoin de toi aussi. J'avais tellement besoin de toi ... et maintenant tu es enfin là. Est-ce que tu veux bien m'ouvrir ? Je t'ai attendu toute ma vie.
Il était pathétique, n'est-ce pas ? Ridicule. Idiot. Mièvre. Digne de l'un des Poufsouffles qu'il méprisait ouvertement aux détours des couloirs de Poudlard. Cette voix qui n'était pas la mienne et qui était pourtant la seule que je pouvais utiliser à présent était totalement nouée. Je produis un vaguement croassement quand je tentais de prendre la parole. Mais la deuxième fois fut la bonne.
- Dégage Malefoy. T'existes pas pour moi.
Est-ce qu'il s'est mis à pleurer de l'autre côté de la porte ? Ou bien il a simplement obéit ? En tout cas, il ne s'est pas fâché, il n'a pas crié, il n'a pas fait son capricieux de petit prince ridicule. Il n'y a eut que du silence et je me suis mis à lui en vouloir pour ça. Si vraiment il tenait à moi, pourquoi il n'insistait pas ? Si vraiment, il avait ressenti ce vide que ce foutu pas-moi était censé combler, pourquoi il ne tambourinait pas cette porte ? Si vraiment ... j'étais important, pourquoi il ne rentrait pas de force ? Il aurait pu au moins essayer, mais il n'allait pas le faire parce que tout ça, ce n'était que du vent. Il comptait sans doute attendre que je tombe dans son piège grossier pour me jeter et se moquer de moi. Combien de fois s'était-il moqué de moi en ces termes ? Le petit orphelin ! Potter qui n'a pas de maman ! Putain, je n'ai pas plus de mère que lui visiblement. L'envie de vomir me reprend et à la place, j'ouvre la porte. Peut-être juste pour vérifier qu'il est bel et bien parti. Peut-être ... Je ne sais pas.
Il est toujours là, assis par terre comme un idiot. Il a l'air tellement con. Tellement démuni aussi. C'est là que je comprend qu'on m'a aussi prit ça ... Plus personne ne va me considérer de la même manière qu'avant et cette sale fouine en est l'exemple le plus parlant.
J'avoue que je n'ai pas réfléchi ... c'est venu de ce ventre, c'est passé par ce poing et voilà que ce corps que j'ai tant de mal à reconnaître comme le mien se jette sur cet imbécile. Le poing s'enfonce dans sa pommette et je ressens un signal de douleur, vif, les articulations de la main n'ont pas aimé. Tant pis. Je recommence. Il crie. Peu importe. Je recommence. Je recommence. Je recommence encore. Et il gueule. Je ne veux pas entendre ce qu'il gueule.
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