Planqué. C'est exactement ce que tu es alors qu'il essaye de respirer sans trop s'étouffer avec toute cette fumée provenant de ces clopes nauséabondes. Hux regrette d'avoir cru que ce serait une bonne idée de se réfugier car dorénavant, il n'a qu'une envie, c'est d'y sortir. Mais retrouver cet oxygène salvateur signifie se confronter à nouveau à cet interprète affreusement agaçant et bavard. Il n'a rien contre le fait, tant que c'est intéressant. Le problème est que ce Dameron ne semble pas du tout intéressé quant au travail qu'ils doivent corriger, revoir, relire, peaufiner et rendre avant la fin de la semaine. Il grogne, ne comprenant pas pourquoi Thrawn et ce suffisant Krennick ont absolument tenu à ce que le roux travaille en binôme. N'a-t-il pas, à plusieurs, démontré son efficacité à travailler dans le calme et seul. Oh, Armitage sait très bien utiliser les points fort d'une équipe, c'est d'ailleurs grâce à cela qu'il a pu atteindre le grade de capitaine, malgré son âge. Néanmoins, aujourd'hui, il n'hésiterai pas à donner sa meilleure bouteille si cela pouvait lui permettre d'être isolé et en bonne condition pour se concentrer.
Il faut qu'il sorte.
Il a besoin d'air.
Le roux ne se préoccupe pas si son coéquipier éphémère fait attention à son départ ou s'il continue à blablater avec ces femmes et ces hommes qui lui tournent autour. Oh, l'ancien militaire ne crache pas sur ce fait, pas plus qu'il est jaloux. Non, en fait, il comprend totalement pourquoi le brun a autant de succès. Gentil, jovial, serviable, avec un humour et un rire plutôt communicatif et tout ça, sans parler de son physique qui ne laisse pas vraiment indifférent. Même lui, le trouve bel homme et le traducteur sait qu'il n'a pas forcément de bon goût, alors bon. Inspirant une bonne goulée d'air une fois à l'extérieur, il bande soudainement tous ses muscles afin de se forcer à rester parfaitement immobile lorsqu'il entend soudainement une voix masculine derrière lui. Il ne doit pas montrer qu'on a réussi à le surprendre.
— T'es courageux pour supporter cette canicule, Hugs.
— C'est une température moyenne pour les gens comme moi, Damerin.
Si ce petit con veut jouer.
L'ancien militaire en a maté des plus crétins que ça.
— Ancien soldat ? Demande l'interprète avec voix qui ne cache pas son admiration. T'as combattu où ? En Irak ? Afghanistan ? Yémen ?
— Dans un endroit où vous n'avez certainement pas envie d'être, Damerin.
— Okay, j'ai compris. Je t'emmerde avec ton nom de famille, rit-il en se plaçant à côté du roux.
Hux note distraitement que l'homme s'est collé bien trop proche de lui que la bienséance le permet. Cependant, un coup d'œil vers sa gauche et il saisit que le brun préfère la chaleur corporelle à celle du soleil. Il ne bouge pas.
— Seigneur, je me demande vraiment comment tu fais pour ne pas crever de chaud sous cette tonne de noir. T'es en deuil ou quoi ?
— Je pleure mes amis tombé au combat, est-ce mal ?
Le gradé se délecte des expressions qui passent à travers le visage de ce petit interprète. Horrifié. Gêné. Mal à l'aise. Tristesse – le roux aime beaucoup moins ce trait –. Et vient enfin la compréhension alors qu'il remarque le sourire carnassier du traducteur.
— Tu te fous de moi ! Hugs ! Enfoiré.
Ledit enfoiré se renfrogne à cette insulte gratuite et malvenue.
— Pas complètement, Damerin. Mais votre réaction était amusante, je dois l'avouer. Maintenant, si nous trouvons une pièce au calme et climatisé, pourrions-nous travailler comme il se doit ? fait le gradé dans une question rhétorique.
— T'adores commander, en fait, note Poe.
Et Armitage note dans un coin de sa tête le long frisson alors qu'il s'est penché vers son vis-à-vis, sa bouche collant presque son oreille et soufflant un « oui » dans son oreille avant de lui touner le dos, un sourire victorieux et sadique flottant sur ses lèvres. Il n'a pas manqué le « enfoiré » sorti des lèvres de son collègue à moitié excité.
Finalement, il va bien s'amuser ici.
