Joyeux Réveillon!
En cette période de fêtes, je me suis dit que vous écrire un petit OS ne ferrai pas de mal! Je sais, je devais écrire une deuxième partie à Cet enfoiré de coureur mais je n'en suis pas capable pour le moment. Puisque j'écris en parallèle ma fiction principale, c'est un peu dur de faire de la guimauve alors que Pietro vient de mourir pour Sander. J'essayerai de m'y remettre quand elle ira mieux :)
Bref. Je tiens aussi à dire que ce chapitre est très différent de ce que je fais d'habitude : il s'émancipe totalement des films et vit par lui-même! J'espère que vous l'aimerez autant que je l'aime… (oui, je peux enfin écrire une histoire totalement originale, alors ça me rend vachement heureuse!).
Bonne lecture!
Réponse au review :
Irenee Moriarty - Je pense plus qu'il avait un crush sur elle et que ça c'est transformé en amour un peu plus tard… Mais ouais, il était déjà un peu mordu, d'où ce revirement brutal par rapport au film! Merci pour ces encouragements pour les exams et bonnes fêtes à toi aussi! PS : désolé si je m'y prends tard mais je préfère te répondre sur l'histoire qui convient plutôt que de faire des ponts entre elles et ne pas m'y rentrouver…
Disclamer : Même si c'est noël, je n'ai pas encore reçu d'Avengers comme cadeau. C'est pas faute d'avoir essayé… Je me retrouve donc avec les droits uniquement sur Sander et sa petite vie.
-Sander! Laisse moi t'examiner!
Je grogne, tenant mon bras contre moi. Ce n'était qu'une bagarre. Une autre. Pas la dernière. Pas la première. Le seul paramètre qui change, c'est que l'autre avait un couteau. Et je me suis souvenue de trop de choses. J'ai oublié d'esquiver. Ce n'est rien. Je ne comprends pas pourquoi cet étranger s'en soucie. Je ne l'aime pas. Il se mêle toujours de ce qui ne le regarde pas. Il me fait manger, même quand je n'ai pas faim. Quand je me fais mal, il essaie de me réparer. Et quand je n'ai rien, il m'observe. Je sens son regard en permanence dans mon dos. Quand il pense que je ne fais pas attention à lui. Je crois même qu'il a déjà fouillé dans mon sac. Mon gros sac qui rassemble mes maigres possessions. Quelques vêtements. Une gourde. Et ma couverture de bébé. Il y a rajouté quelques boîtes de conserves et un peu d'argent. Je crois que c'était sa paye du mois dernier. Je ne comprends pas pourquoi il se comporte comme ça. C'est pour ça que je ne l'aime pas. Parce qu'il est bizarre. Parce qu'il est… gentil. Je crois que c'est le mot. Je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire. C'est Barton qui me l'a dit. Il a dit qu'il était gentil. C'est un mot étrange. Qui ne roule pas dans la bouche. Qui hache. Pas un beau mot. Mais c'est celui qu'on utilise pour le qualifier lui. Bruce. Il m'a demandée de l'appeler comme ça. Bruce. Pas Monsieur. Pas Banner. Juste Bruce. L'autre, il m'a dit de l'appeler Hulk. Je ne sais pas encore si je dois avoir peur de lui. D'eux. Je sais simplement que dans cette planque, je suis un peu en sécurité. Que je peux dormir un peu, puisqu'on alterne nos gardes. Alors je reste. Même si je dois l'entendre me faire des réflexions. Souvent. Et qu'il essaie de me sauver. Je n'en vaux pas la peine.
-J'ai pas besoin de toi. Dégage!
Il soupire. Se pince l'arrête du nez. Pose sa boîte à pharmacie devant moi. Il sort de la pièce. Enfin, je crois. Je le suis du regard tout du long. Je ne lui fais pas confiance. Passe derrière lui. Ecoute à la porte. Je crois qu'il prépare à manger. Je lâche enfin mon bras. Grogne. Ca fait mal. J'enlève mon pull. Regarde les dégâts. La laine s'est collée à ma plaie. C'est ouvert, tout du long. Pas beau. Je prends les bandages, l'antiseptique et un peu de fil. Je sers les dents. Respire un peu plus fort. Il est temps. J'asperge mon bras d'alcool puis enfonce l'aiguille dans ma chair. J'étouffe un gémissement. Je sens des larmes qui coulent sur mes joues. Je me mords la lèvre un peu trop fort. Je saigne de là aussi maintenant. Je n'entends pas que la porte s'ouvre. Qu'il entre. Je sens simplement ses doigts qui s'emmêlent aux miens. Il me guide et m'aide à bien faire. Ses mains sont toutes chaudes, toutes calleuses, un peu trop grandes, et pourtant, je sais qu'il est habitué à faire ça. Ca se voit. Il coud comme on pourrait coudre un bonnet. Avec méthode. Sans se précipiter et pourtant en allant si vite… Il fait un dernier noeud. Lâche son oeuvre et s'empare des bandages.
-Il ne faudra pas mettre d'eau là-dessus avant une petite semaine.
Je hoche la tête. Avec mes larmes encore dans ma gorge. Il lève ses yeux marrons dans les miens. Ils ressemblent à du chocolat. Du chocolat au lait. Chaud et rassurant. J'en ai mangé une fois. C'était un jour comme aujourd'hui. Quand les rues de Chicago étaient pleines de couleurs. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais au début de l'hiver, les rues sont toujours pleines de couleurs et de lumières. C'est rassurant. Il me sourit. Pas un sourire comme je connais. Pas un sourire qui fait peur. Qui donne des frissons. Non. Ca, c'est un sourire autre. Un sourire qui me fait un peu chaud au coeur. C'est bizarre. Tout en lui est bizarre. Et puis il fronce les sourcils. Sniffe l'air.
-Merde!
Il se précipite dans l'autre pièce. Enlève la casserole du feu. Il l'ouvre. Beaucoup de fumée en sort. Il inspecte la nourriture. Soupire de soulagement. Et puis il se met à rire. Un rire comme son sourire. Qui éclate en bulles tout autour. Ca me démange un peu à l'intérieur. J'aimerai bien faire pareille. Alors j'essaie. Et j'ai l'impression de monter sur un nuage. C'est tout doux et en même temps ça fait mal aux abdos. Je ne comprends pas trop. Mais je ris quand même. Un rire. Un vrai. Quelque chose que j'avais oublié depuis longtemps. Que j'avais enfermé dans un coin de mon esprit, avec tant d'autres choses… Au bout d'un moment, je me calme. J'ai mal aux muscles et j'ai envie de m'assoir. Je me pose sur une chaise de notre minuscule cuisine. Il me regarde bizarrement. Il fait tout bizarrement. Même regarder.
-Je ne t'ai jamais entendu rire.
Il a l'air… Perdu. Et brillant en même temps. Brillant… Ce n'est pas vraiment ça. Mais je ne sais pas comment appeler ça autrement. Je ne sais pas non plus comment il arrive à faire les deux à la fois.
-On ne se connait pas depuis longtemps.
Il hoche la tête. Pose le plat sur notre petite table. Je me lève pour mettre les couverts. C'est dans notre contrat. Il paye notre loyer, fait à manger et moi je m'occupe de la maison. Il dépose un morceau de viande dans mon assiette. Des frites aussi. Il se sert. On se met à manger sans parler. Je mange beaucoup de frites. J'adore ça. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Il regarde dehors, les autres appartements illuminés, les décorations partout.
-Ca te dirait qu'on fasse un tour en ville? Après on pourrait aller à l'église. Je crois savoir qu'en Russie, les messes de minuit sont magnifiques.
Je ne sais pas ce que c'est, les messes de minuit. Je crois me souvenir que les églises sont les grands bâtiments qu'on trouve dans toutes les villes, toujours magnifiques, et si haut qu'ils atteignent le ciel. Je ne suis jamais allée dedans. Il est peut-être temps. Alors je hoche la tête. On finit de manger. Je change mes vêtements sales pour un legging, un jean, un t-shirt et un gros sweat. Je rajoute mon manteau par dessus. Il fait froid, quand la nuit tombe. Il fait de même. On sort de notre petit appartement. Les rues sont vides. Il est peut-être trop tard? Je ne comprends pas encore bien le système des heures… Il regarde les décorations partout. Les guirlandes, les boules, les bougies, les néons… J'en ai presque la tête qui tourne. Et je vois beaucoup de vieux monsieurs, tout de rouge vêtu. Je me demande ce que ça veut dire. Avant, je n'avais personne à qui demander. Maintenant, j'ai Bruce. Il est bizarre. Il me fait un peu peur. Mais il peut peut-être m'aider à comprendre…
-Pourquoi un vieux monsieur?
Il fronce les sourcils. Me regarde comme si j'avais mangé une souris crue devant lui. Il scrute mon visage, à la recherche de quelque chose que je ne dois probablement pas comprendre. Et ses yeux perdent un peu de leurs éclats.
-Tu ne sais pas.
C'est plus une affirmation qu'une question. Alors je ne lui dis rien. Il se pince les lèvres. Sert ses poings très fort. Je crois même voir un éclat de vert sur sa peau. Il ferme ses paupières. Inspire. Expire. Il fait ça plusieurs fois. Doucement. Et puis il me prend la main. J'aimerai me dégager. Mais il me tient avec toute sa force, je crois. Et puis, il a l'air bouleversé. Je n'ose pas lui demander pourquoi. Il me conduit jusqu'à un parc pleins de cerfs, de vieux monsieurs, de boîtes enrubannées et de gens ailés pleins de lumière.
-Est-ce que tu sais ce que tout ça veut dire?
Je ne sais pas si je dois lui dire. Il me fait un peu peur. J'ai peur de revoir Hulk. Il ne m'a pas fait de mal. Mais je ne sais pas du tout comment me comporter autour de ce géant vert. Avec Bruce, c'est un peu plus simple. Lui, c'est un humain normal. Pas Hulk. Bruce cherche au fond de mes yeux. Essaie de voir ce que je ne veux pas lui dire. Il soupire. Je crois qu'il a trouvé sa réponse. Je devrais faire encore plus attention à mes expressions du visage.
-Je vais t'expliquer.
Alors il me raconte l'histoire de Noël. C'est comme ça que les gens appellent le 25 Décembre. Il me dit qu'avant, c'était la fête du soleil. Et puis que ça a été la fête de Jésus.
-C'est quoi Jésus?
Il sourit doucement.
-C'est une autre histoire. Je continue sur Noël pour l'instant. Ca te va? Je te raconterai l'histoire de Jésus demain.
-D'accord.
Sans vraiment le vouloir, je me perds dans ce qu'il raconte. J'imagine ce vieux monsieur - ce père noël - qui passe dans les cheminées pour donner des cadeaux aux enfants. J'imagine leurs sourires qui réchauffe le coeur, comme celui de Bruce. Je pense à leurs parents, qui ont un peu perdu de cette magie quand on leur a dit que le père noël n'existait pas. Je me dessine un traineau tout rouge qui fend le ciel, ce soir, dans le ciel plein d'étoiles, bien cachées par tous les éclairages de la ville. J'entends, un peu en écho, le oh oh oh retentissant comme un coup de tonnerre, d'un homme en rouge qui veut rendre tout le monde heureux. Je fronce les sourcils. Je ne sais pas ce que ça veut dire, heureux. Ca doit être un sentiment agréable. Bruce en parle comme de quelque chose de très précieux. De très rare aussi. Il parle beaucoup, avec des paillettes dans les yeux. Je ne l'interromps pas. Je l'écoute. C'est doux. Comme mon nouveau matelas. Et puis ses mots s'arrêtent. Il a les joues rouges. La voix un peu rauque de parler autant. Mais il semble…
-Ca veut dire quoi, heureux?
Une fois de plus, il s'arrête. Me regarde avec quelque chose dans le regard. Quelque chose que je n'aime pas. Et que je n'arrive pas à nommer. Il y a pleins de mots que je ne connais pas. Que j'ai besoin de connaître, pour lui dire que je n'aime pas ça. Ou que c'est bien. Que c'est moins bizarre.
-Viens, on va marcher un peu.
Je hoche la tête. Il m'emmène dans un marché. Un grand marché, où il y a pleins de gens. Mais pas de policiers. Il me prend une grosse… Barbe à papa. Je ne sais pas ce que c'est. Il s'en prend une aussi. Commence à la manger avec les doigts. Je l'imite. C'est bon. Ca fond sous la langue. Je sens mes lèvres qui s'étendent, sans vraiment comprendre pourquoi. Il me conduit à une immense roue pleine de cabines. Ouvertes. Il prend deux tickets. On monte dedans. La vue est magnifique. Je crois que c'est comme ça qu'on dit. Je n'ai pas très froid. J'ai même chaud maintenant. Je sens un petit truc dans mon coeur, qui se tord. Qui sautille. Et quand la cabine est tout en haut, il pose sa main sur mon épaule.
-Ca veut dire ça, être heureux. Ca veut dire ne pas faire attention aux menaces. Ca veut dire faire des choses que tu aime. Manger des choses que tu aime. Noël, c'est la fête pour être heureux.
Je hoche la tête. Je comprends maintenant. Je crois. Heureux, c'est quelque chose que je ne connaissais pas. Je sens tout mon corps redevenir froid d'un coup. Je sens ma gorge qui se noue. Je m'assois. Ne regarde plus l'extérieur. La cabine descend. On la quitte. Je vais sur des marches, pas loin, recroquevillée sur moi-même. Une main se pose encore sur moi. Je la vire d'un coup d'épaule. J'appuie sur le bras qu'il ne faut pas. Mais c'est pas grave. Je préfère sentir le picotement que d'avoir la gorge nouée. Je me mords encore la lèvre. Ca saigne de nouveau. Il s'agenouille devant moi. Elève ma main qui appuie trop fort sur ma coupure.
-Tu vas la rouvrir.
-M'en fous.
Je ne le regarde pas. Il tient ma main un peu trop fort. Et pose ses doigts sur mon menton. Le relève pour que je le regarde. J'ancre mes yeux dans les siens. Glace contre chocolat chaud.
-Ca, c'est être triste. C'est l'inverse d'être heureux. C'est normal. Mais ce n'est pas pour ça que ça doit être bien.
Je me relève trop vite. Colère qui s'infiltre dans mes veines. Je ne sais pas ce que ça veut dire, bien. Je ne sais pas ce que ça veut dire, d'être comme eux. Je ne comprends pas. Et ça m'énerve de ne jamais rien comprendre. J'ai l'impression d'être une idiote!
-J'en ai marre, t'utilise toujours des mots que je connais pas! Et puis tu… tu… T'es bizarre! Tu dois pas faire comme ça. Tu dois pas savoir quand je suis… Triste. Pourquoi tu t'en fiche pas comme tout le monde? Je sais ce que ça fait quand on ne fait pas attention à moi. C'est normal. Et toi, tu fais toujours le contraire! Je sais pas comment faire moi, quand tu fais ton gentil!
Je crois qu'il ne réfléchit pas vraiment quand il se colle contre moi. Il fonce sur moi. Me protège de ses bras, comme si une bombe allait exploser. J'attends l'impacte. Mais il n'y en a pas. Il ne se passe rien. Simplement des gens qui nous regarde un peu de travers dans la rue. Pas de bombe. Pas de fusillade. Rien. Juste lui contre moi. Je ne sais pas si c'est encore un de ses trucs bizarre. Ou si c'est un truc que je peux accepter. Je sens mes muscles, si tendus, qui se relâchent. Un peu. Juste un peu. Mais c'est suffisant pour que je me détache avec force. Pour que je l'envoie balader. J'ai peur de tout oublier. De ne plus savoir pourquoi je suis là. De ne plus savoir que je dois me cacher. Tout le temps. Comme d'habitude. Sauf qu'il n'y a plus Alec à ma recherche. Il n'y a plus… Personne. Je sens un peu le poids du monde sur mes épaules. Il me coupe le souffle. Je vois un fantôme, là, derrière Bruce. Je me mets à paniquer.
-Je dois… Partir.
Je me mets à courir. Loin. Si loin… Loin de tout ça. De tout ce que je ne connais pas.
-SANDER!
Il crit. Mais je ne l'écoute pas. Je cours beaucoup. Longtemps. Sans vraiment faire attention où je vais. Il est tard. Les maisons s'éteignent. Il ne reste plus que les décorations qui clignotent un peu partout. Et une église, si haute, si grande, si effrayante. Pourtant, je m'aventure à l'intérieur. Je ne sais pas ce qu'il y a dedans. Je sais juste que Bruce voulait qu'on aille voir. Il n'y a pas grand monde. Simplement une grand-mère qui parle à un homme en robe. Je fronce les sourcils. Vagabonde dans ce lieu de pierre. Je regarde les dessins sur les vitres qui racontent une histoire. Je crois. Une histoire que je ne connais pas. Comme beaucoup d'autres… Sur les bancs, il y a plusieurs petits livres bleus. Je m'assois à côté de l'un d'eux. Tente d'en lire quelques phrases. Je ne sais plus lire. J'ai oublié comment faire. J'ai appris, il y a longtemps. Mais j'ai oublié. Surtout que, parfois, il y a un autre alphabet que je ne connais pas. C'est ça le russe. Je crois. Une ombre se forme près de moi. L'homme a finit de parler à la grand mère. Il s'est assis près de moi. Je le regarde, un peu suspicieuse. Je ne sais pas ce qu'il veut. Et il est habillé bizarrement. Il a une robe, avec un petit col blanc.
-Bonsoir, mon enfant.
Je comprends le russe. J'ai appris. Ca fait six mois qu'on est là. J'ai dû apprendre.
-Que fais-tu ici si tard?
Je grimace. Il croit que je suis comme les autres. Que je suis petite. Que je suis une enfant. Ce mot résonne comme une malédiction à mes oreilles. On me voit comme ça, alors que ce n'est pas ce que je suis. Ce n'est pas ce que j'ai été ni ce que je serai. Mais ils ne le voient pas.
-Je veux simplement être là.
Il hoche la tête.
-Ca ne te dérange pas si je te tiens compagnie?
Je n'aime pas vraiment ça. Mais je n'aime pas grand chose de toute façon…
-Non. Mais je voudrai un peu de silence.
Il se tait. Me laisse examiner de fond en comble le bâtiment. Il me laisse regarder partout. Inspecter avec suspicion cet homme sur la croix, en pleine agonie. Les gens normaux sont bizarres. S'ils sont tous comme ça, c'est peut-être que c'est moi qui suis étrange. Ca voudrait dire que Bruce est normal. Qu'il est comme les autres. C'est peut-être pour ça qu'il ne comprend rien, quand je lui parle. Quand je lui dis comment je suis. Comment je vis. Ou survis plutôt. Je crois que c'est ça, le terme qui définit comment je fais pour être. C'est si facile de se perdre avec les mots… J'aimerai ne pas avoir à parler pour dire tout ce qui bouillonne en moi. L'homme près de moi commence à marmonner des choses. Je le regarde. Il a les yeux fermés, les mains jointes. Je ne sais pas ce qu'il fait. Il marmonne dans une langue que je ne connais pas. Ca fait un peu peur. Je me lève. M'en vais. Alors que je passe la porte trop lourde de l'église, le monsieur me parle.
-Je prierai pour toi, mon enfant.
Je ne sais pas ce que ça veut dire. J'espère que c'est quelque chose de… Heureux. Je ne sais pas comment qualifier mon voeu autrement. Je sors. Les décorations sont maintenant éteintes. J'ai dû rester longtemps dans l'église. Je fais le chemin du retour en marchant. Je sens que je suis fatiguée. Mais ça va encore. Je me déplace dans les ombres, qui m'embrassent comme de vieilles amies. Je préfère le noir de la nuit à la clarté du jour. Je crois que je mets du temps à rentrer. La lumière est allumée chez nous. Bruce est endormi sur une chaise, avec ma couverture de bébé dans ses bras. Je fronce les sourcils. Il a fouillé dans mon sac. Pourquoi prendre ma couverture et pas autre chose? Je ne le comprends pas vraiment. Il se tourne en grognant, les lèvres un peu bleues. Il fait froid. On a encore plus de chauffage. Je pose une couverture sur ses épaules, très délicatement. Il doit se reposer un peu. Il a l'air de s'être endormi en m'attendant. Je n'aime pas quand il fait ça. Ca me tord un peu l'estomac. Je repense à ses histoires. Celle de noël. Je me mets dans un petit coin de la cuisine. Je ne vais pas essayer de faire à manger. C'est souvent raté. Et je n'aime pas gâcher la nourriture. Mais je veux bien lui faire autre chose. Je prends une feuille. Une des siennes, dont il se sert pour faire des trucs chelous avec une langue incompréhensible. Une de celles que je ne comprends pas. Je prends quelques stylos. Un noir. Un bleu. Un rouge. Un vert. Et des gros crayons pleins de couleurs qui piquent les yeux. Je me dessine, toute noire, toute sombre, avec mes sentiments qui bouillonnent au dessus de ma tête. A côté, je mets Bruce, avec du feu tout autour. Parce que c'est avec lui que je suis… Heureuse. Je crois que c'est ça. Quand on se met à rire pour rien. Quand on se met à sourire bizarrement. Comme il le fait souvent. Comme je me surprends à faire parfois, de sa faute. Et puis je mets Hulk, avec plein de vert partout, qui nous protège tous les deux des soldats. Je ne l'ai pas vu beaucoup, mais j'ai l'impression qu'il fait parti de notre petite bande de bras cassés. Je pose mon gribouilli sur la table de la cuisine. Je baille. Il est l'heure pour moi d'aller me coucher. L'alarme va bientôt sonner. C'est au tour de Bruce de faire attention aux bruits du dehors. C'est à son tour de nous protéger des monstres.
Re!
Je tiens à m'excuser pour les fautes d'avance, j'ai tout écrit hier soir (un peu trop tard) et je n'ai pas le temps de me relire. J'espère que cet OS vous aura plut, qu'il vous donne quelques réponses sur comment c'est déroulée "l'enfance" de Sander. D'ailleurs, qu'en pensez-vous, d'elle? Mignonne, étrange ou très très dérangée? Allez, je vous laisse à vos fois gras!
Joyeux Noël!
