Voici la suite de cette histoire - Pour le prénom de notre invité surprise... il faudra tenir jusqu'à la fin du chapitre - Courage!

Aimez-vous? Dites le, osez, je promets de na pas mordre


La directrice se rue dans les couloirs, suivie des autres professeurs. Arrivés à la porte de la classe de potion, ils sont horrifiés de ce qu'ils découvrent. La fumée qui se répand gène leur analyse de la situation. Elle réagit aussitôt et d'un coup de baguette, évacue fumée et éteint les flammes.

- Oh mon dieu! Que s'est-il passé?

Avec un pincement au cœur, ce spectacle de désolation lui rappelle la fin de la guerre avec le château en ruines. Mais elle ne se laisse pas aller et donne des ordres pour évacuer les blessés. Elle se penche sur chaque brancard et chaque élève blessé qui passe devant elle.

- Où est Rogue?

- Il est ici Professeur! Écrasé par le bureau

- Oh mon dieu!

Elle rejoint l'élève de 7e année qui lui a répondu et qui joue avec les autres les sauveteurs improvisés. Le jeune homme soulève délicatement le meuble, pour dégager le maître des potions. Son état semble sévère, il est inconscient.


À l'infirmerie, Minerva se fait énumérer par Mme Pomfresh le bilan des blessés et l'état de chacun d'eux.

- Sait-on désormais ce qu'il s'est passé?

- Oui. Un jeune blessé légèrement a pu raconter. Un chaudron a explosé, et juste après, les autres l'ont imité les uns après les autres, comme une réaction en chaîne. Il a dit que le professeur avait lancé des sorts pour contenir les éclats et pousser les élèves vers la porte, mais ça n'a apparemment pas suffi.

- Severus était entraîné à réagir! Combien de chaudrons ont explosé dans ses cours?

- Je sais bien Mme la directrice. Plus d'une fois, il m'a ramené des élèves, à peine brûlés parce qu'il intervenait toujours au quart de tour, mais cette fois… Il est lui-même gravement touché

- Quelle catastrophe!

- La grande majorité des blessés est hors de danger, rassurez-vous. Deux sont dans un état inquiétant à surveiller. Mais le professeur…

- Je vais avertir les parents, si vous voulez bien m'excuser. Que je sois avertie de chaque évolution

- Bien sûr Mme la Directrice

- Professeur? Professeur Rogue? Vous m'entendez?

- Oui… Sé…Sé…Sélé…nia…

- Que dites-vous?

- Je… je dois y aller… Elle…je dois… m'en aller

- Restez calme. Vous êtes à l'infirmerie. Vous souvenez-vous? L'explosion dans votre cours. Non! Ne tentez pas de vous lever!

- Je…je dois…

- Vous ne tiendrez pas debout deux minutes! Et vous êtes brûlant de fièvre, je n'arrive pas à la faire descendre! Professeur, non!

Il se leva, malgré les cris de l'infirmière. Mais à peine hors du lit, la douleur l'assomme et il s'écroule au sol.

- Vos jambes sont brûlées! Vos muscles ne peuvent pas vous soutenir, restez allongé

- Non…Elle est… seule…

Il retombe et s'évanouit. Elle le rallonge dans le lit.

- Et voilà! Toujours aussi têtu celui-là!


- Dobby va avertir la directrice! Dobby ne peut pas travailler ainsi!

- Que se passe-t-il encore ici?

- Dobby doit parler à Mme Directrice

- A quel propos Dobby? Si c'est une question de menus, je n'ai absolument pas le temps!

- Non Mme Directrice! Des provisions disparaissent

- Dobby! C'est à vous qu'a été confiée la gestion des cuisines, je ne peux m'en mêler! J'ai de nombreux blessés à gérer, des parents à rassurer, un professeur évanoui en soins intensifs, une salle de cours dévastée et des élèves à occuper!

- Dobby est désolé Mme Directrice, Dobby s'inquiète, Dobby surveille depuis trois jours, aucun elfe sous les ordres de Dobby ne peut voler de la nourriture, Dobby ne comprend pas

- Voyez cela avec Rusard

- Mme la Directrice!

- Quoi encore?

- Mme! C'est incroyable!

- Qu'y a-t-il Hagrid! J'espère que ce n'est pas pour un de vos animaux bizarres!

- Non Mme. J'ai découvert quelque chose, enfin quelqu'un

- De quoi parlez vous à la fin? J'ai plein de soucis en tête, alors si vous me faites perdre mon temps…

- Je l'ai enfermée dans cette salle Mme

- Allons bon! Ouvrez alors!

Hagrid pénètre dans la salle, immédiatement suivi de McGonagal.

- Que? Que fait cette petite fille ici? Hagrid! Ce ne peut être une élève, elle est bien trop jeune! Qui l'a amené?

- Je l'ignore Mme. Je l'ai trouvé courant dans le parc, elle a un habit abîmé par les ronces, alors je crois qu'elle vient de la forêt interdite

- Ne dites pas d'idioties voyons! Comment une enfant pourrait survivre dans la forêt. Non, quelqu'un l'aura fait entrer au château. Mais qui et pourquoi? Je vais la confier dans un premier temps à l'infirmière, bien qu'elle soit elle aussi débordée mais il faut s'assurer qu'elle soit en bonne santé. Puis nous l'interrogerons tout simplement.


- Bon, je vous la confie pour la nuit

- Bien Mme la directrice. Je dors à côté, donc s'il y a un problème, je serai là

- Parfait. À demain

- Bonne nuit Mme

L'infirmière passe à côté du lit où elle a allongé la petite fille, qui n'a protesté en rien. Elle s'est endormie, ce n'est pas étonnant, épuisée et maigre comme elle est. Elle continue jusqu'à sa chambre et referme la porte.

Doucement, sans faire un bruit, sans créer un souffle d'air, l'enfant se lève. Elle déambule entre les lits, cherchant la sortie dans le noir. Elle entend un petit gémissement, d'une voix connue. Elle se rapproche du lit d'où provient le son. Elle se penche et la lumière de la lune éclaire un visage long et blafard, des paupières closes, une respiration difficile et des brûlures sur les bras. La petite fille s'assoit sur le lit auprès du malade. Elle prend dans sa petite main celle de l'homme souffrant.

Avec l'aube, la lumière pénètre timidement dans le dortoir des blessés. Ce n'est qu'un mince filin, mais suffisant pour réveiller celui habitué à l'obscurité. Le professeur de potions ouvre les yeux. Après une phase d'observation étant encore un peu brumeux, pendant lequel il réalise le lieu où il se trouve, il s'aperçoit de la présence à ses côtés. Une enfant assise sur son lit, qui lui tend la main et qui s'est endormie sur ses flancs. Son cœur a un sursaut. Il se soulève doucement, sans vouloir la réveiller. Il se rend compte qu'il n'a aucune douleur. Or sa présence dans un des lits de l'infirmerie ne peut être pour une petite coupure, il se sait dur au mal, ce qui veut dire que ses blessures étaient plus que sérieuses. Repoussant à plus tard la réponse à cette question, il se lève et prend la petite dans ses bras.

Il est le seul réveillé, aussi en profite-t-il pour s'éclipser sans en avertir l'infirmière.

Arrivé dans ses quartiers, il repose sa fille dans son lit. Le déplacement ne l'a pas réveillé. Il en est doublement rassuré. Il cherche son calendrier ensorcelé: combien de temps est-il resté à l'infirmerie? Certes il aurait pu le demander à l'infirmière, mais il avait hâte de retourner s'enfermer chez lui, surtout avec la petite. Que faisait-elle à ses côtés? Comment est-elle sortie de l'appartement? Il se souvenait de l'avoir enfermée pendant ses cours, pour que personne ne puisse découvrir sa présence. Elle n'avait jusqu'à présent jamais cherché à sortir, ses protections magiques l'informant de toute main posée sur la poignée. Il chercha dans ses souvenirs la raison de ses blessures et se rappela l'explosion des chaudrons dans la classe des 4emes années. Quelle bande d'abrutis! Un avait commencé à faire tomber du liquide, il s'était empressé de lui sauter à la gorge, et pendant ce temps, les autres avaient fait dieu sait quoi! Enfin si, il savait quoi. Pas trente six manières de faire exploser un chaudron avec les ingrédients de ce cours là. Ces petits enfoirés avaient délibéré de saboter leurs potions! Ils avaient même fait une diversion et il s'était laissé prendre comme un môme! Saletés de gosses! Pourquoi les parents ne les noyaient pas à la naissance? Ou au moins, ne les gardaient pas chez eux? Pourquoi c'était à lui de les instruire! Résultât: une classe explosée, dieu sait combien de blessés même s'il avait réagit rapidement. Il n'était pas impossible que le but de ces monstres était justement de le tuer. Il se vengerait en temps et en heure, foi de Rogue.

Il tomba les yeux sur le calendrier indiquant mardi. Impossible, on était….mercr… l'explosion avait eu lieu un mercredi! Il était alité depuis une semaine?

Mon dieu! Et la petite qui était enfermée, enfin séquestrée mais il se refusait à employer ce mot, depuis tout ce temps! Elle avait réussi à sortir, heureusement sinon elle serait morte de faim. Encore une victime de ces pourritures d'élèves! Si jamais il l'avait retrouvée morte….il ne préférait pas y songer.

Il se surprit à la regarder dormir. Elle était encore maigre, forcément! Depuis combien de jours n'avait-elle pas mangé? Il devrait laisser à l'avenir un accès à de la nourriture. Enfin, elle était entière, c'était le principal. Lui aussi d'ailleurs. Étonnant! S'il était resté une semaine à l'infirmerie, c'était que ses blessures devaient être très graves, or il s'examina et ne retrouva que des blessures légères dues à des coupures de verre et quelques traces de brûlures guéries. Par quels miracles? Aucun potion de l'infirmerie ne pouvait donner un résultât si parfait! Il le savait, puisqu'il les fabriquait lui-même.

Il reçut dans la matinée un appel de la directrice, qui lui reprocha d'avoir quitté l'infirmerie dans son état. Il répondit que son état ne nécessitait rien d'autre que son appartement, et il dût se montrer pour le prouver. La nouvelle se répandit qu'il avait trouvé un remède miracle, mais qu'il était si égoïste qu'il refusait de le partager. Certains suggéraient même qu'il avait l'immortalité, comme avait presque réussi son ancien maître. Sa réputation n'en sortit pas plus rassurante.

Mais il s'en moquait. Seul l'inquiétait sa fille qui dormit pendant trois jours.

- Enfin, la princesse au bois dormant ouvre les yeux! As-tu faim? Tu pourrais au moins remuer la tête pour t'exprimer un peu…. Bon, viens t'asseoir

La petite se lève avec difficultés.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive Sélénia? Trois jours de sommeil, déjà c'est inquiétant, mais de là à ne pas pouvoir te mouvoir! Viens, accroche-toi à moi

Il prend l'enfant dans ses bras et elle pose sa main sur son torse. Il ressent une augmentation de chaleur où elle le touche. Intrigué, il la repose par terre et ouvre sa chemise. La brûlure qu'il avait remarquée à cet endroit était en train de disparaître, comme si elle guérissait à grande vitesse.

- Par Merlin! Serait-ce… toi qui… oh seigneur, c'est toi!... tu… tu m'as guéri! C'est toi qui m'as guéri! … Sélénia, tu es une guérisseuse! ….c'est incroyable, tellement …tellement rare! Un don incroyable!

Il la regarda à la fois impressionné et un peu fier tout de même. Sa fille! Sa fille était une guérisseuse! Un talent tellement rare qu'il n'existait même pas un guérisseur par génération. Sa fille était plus que précieuse! Cela expliquait sa fatigue. Le guérir lui avait coûté beaucoup d'énergie. D'où les trois jours de sommeil, maintenant il comprenait. Est-ce que sa mère était au courant? Non, sinon Lucius l'aurait gardé par convoitise. À lui donc de préserver le secret. Pas question que sa fille soit regardée comme un phénomène!