Chapitre 1 : une fraîche matinée de brouillard.

Mardi 30 octobre, 8h.

Un froid matin d'automne venait de se lever sur Poudlard. Un épais brouillard s'accrochait encore aux tourelles du château, blanchissant le paysage, le faisant même disparaître, si bien que quiconque aurait regardé par la fenêtre, se serait senti irrémédiablement isolé de tout, abandonné par le monde extérieur, à jamais prisonnier de ce mur fantomatique. Il faisait froid, mais rien d'extraordinaire en cette fin du mois d'octobre. Le château restait calme, c'était encore tôt, et on entendait à peine le silencieux vol d'une chouette et les petit clapotis du lac en contrebas. C'était comme si le château était figé, comme s'il retenait son souffle dans l'attente d'un évènement terrible, comme le calme avant la tempête…

Pour le moment, les élèves émergeaient doucement du pays des rêves. Ils allaient se préparer, plongés encore dans un demi-sommeil, mais bientôt, quand les brumes de leurs esprits se seraient évaporées comme le reste de brouillard, l'excitation générale prendrait le dessus sur toute autre préoccupation. En effet, demain allait se disputer un match important de Quidditch : Serdaigle contre Gryffondor. C'était le premier de l'année ce qui lui donnait toute son importance : le match d'ouverture était toujours précédé d'une petite cérémonie, où les vainqueurs de l'année précédente remettaient la coupe en lice, grand moment d'émotion et de tension pour les équipes et leurs supporters.

Mais, exceptionnellement cette année, le match se déroulerait un après-midi où les élèves étaient sensés avoir cours. En fait, cela était dû à l'invasion du terrain par une plante magique, extrêmement sournoise et vénéneuse, qui s'attaquait aux gradins, menaçant leur solidité et la sécurité des spectateurs. Le professeur Chourave, secondée d'un certain nombre d'élèves de septième année, avait fait de son mieux pour se débarrasser du parasite et consolider les gradins, puis verser ensuite un filtre qui les protégerait d'une nouvelle attaque végétale. Mais cela prit un certain temps, et même si on n'avait pas supprimé les entrainements – et oui, pas besoin de toucher le sol pour jouer au Quidditch – on n'avait pu libérer le terrain que la veille.

Au vu de l'excitation qui régnait parmi ses étudiants, Dumbledore dans sa grande mansuétude accepta un compromis : le 31 octobre étant un jour très particulier, surtout dans le monde sorcier, il avait décidé de le banaliser. Le lendemain étant férié, les élèves pourraient ainsi se reposer et ne prendraient pas de retard supplémentaire dans la feuille des matches. Tout le monde avait été enthousiasmé par cette idée et bientôt tous les sujets de discussion tournèrent autour de cette partie qui promettait d'être spectaculaire. Véritablement, ce serait une partie comme les autres, mais c'était comme promettre sa dose à un drogué après plusieurs jours d'abstinence.

Ce jour-là, veille du match, toutes les discussions tournaient autour du Quidditch. La Grande Salle était déjà remplie d'un brouhaha prenant les allures de Souaffle, de cogneurs et autre Vif d'or. Rien ne semblait détourner les élèves de ce sport, même pas la Gazette du Sorcier qui annonçait les dernières terribles nouvelles qui avaient frappé le monde. Harry et ses amis n'étaient pas en reste. Depuis le début de l'année, le Capitaine avait essayé de mettre au point de nouvelles stratégies d'attaque. Ils les avaient tant bien que mal mises en pratique lors des entraînements, mais certaines s'avérant trop acrobatiques avaient été repoussées pour ne pas risquer la vie des joueurs. Tomber de vingt mètres de haut était une chose, mais s'étaler dans une vaste prairie de plantes venimeuses, c'était une autre paire de manche.

Quelques âmes boudeuses cependant venait ternir le tableau de bonheur qu'offrait ce petit déjeuner : les quelques personnes qui avait tenté de faire fléchir Dumbledore sur l'organisation d'un bal d'Halloween. Depuis la rentrée, sur projet du préfet des Poufsouffles, un comité d'organisation des évènements magiques ou non – COEMN – s'était formé. Les professeurs avaient trouvé l'idée intéressante et avaient donné au petit groupe quelques directives quant au genre d'évènement qu'ils pourraient s'attendre à pouvoir organiser. Suite à de nombreuses négociations, il fut décidé qu'il ne pourrait soumettre qu'un seul projet de bal et ensuite serait obligé de se diversifier. Sans plus attendre, le comité avait monté le projet du bal d'Halloween, mais le corps enseignant et Dumbledore en particulier, ne semblait pas très enthousiasmé par ce projet. Alors quand cet incident de plante vénéneuse s'était déclaré amenant les faits sus-décrits, le directeur avait refusé catégoriquement l'initiative, affirmant qu'ils auraient bien assez à faire pour en plus s'occuper d'une soirée dansante. Depuis, tous les membres de ce comité – dont faisait partie la clique des sœurs Patil et Lavande Brown – offraient aux passionnés de compétition sportive une mauvaise humeur qui se voulait contagieuse. Malheureusement pour eux, ce fut peine perdue.

Ne prêtant pas plus attention à ces rabat-joie, la petite équipe des Gryffondors et autres fans inconditionnels, continuaient sur le ton de la conspiration, le plan qui devait les mener à la victoire. Mais soudain, alors qu'Harry expliquait la passe 53, la feuille s'envola comme par magie des doigts de son propriétaire pour se retrouver dans ceux d'un Serpentard. Aujourd'hui n'était pas un jour comme les autres pour eux non plus. C'était une de ces journées où la pratique du sport interserpentard du « j'emmerde les griffons » était quelque peu risquée et donc beaucoup plus intéressante. Stressés comme ils étaient, les joueurs de l'équipe pouvaient éclater à tout moment, mais s'ils s'y risquaient, ils pouvaient voir leur participation dans le match remise en cause. C'était pour cela, qu'ils aimaient plus que tout les provoquer, les voir déchirés entre leur haine envers leurs pires rivaux, leur envie de les frapper, et leur conscience qui leur soufflait que céder serait trahir l'équipe. Quelle frustration pour les Gryffondor !

Cependant, tous les témoins de ce cruel petit jeu furent plus que surpris en constatant de qui venait l'offensive. En effet – et étonnamment – c'était Blaise Zabini qui avait pris les devants de la petite troupe de Serpentards, encadré par Crabbe et Goyle. Draco Malefoy, qu'on aurait cru aisément à l'origine de la provocation, se trouvait en fait quelque peu en retrait, comme s'il ne souhaitait qu'observer la situation. Ça ne ressemblait pas beaucoup au Prince des Serpentards, mais, depuis la fin de la guerre, tout le monde avait beaucoup changé. Draco ne semblait plus vouloir assumer son rôle de leader charismatique, ou, en tout cas, laissait le soin à ses sbires de prendre en charge la partie « j'emmerde le monde » de son règne.

Les Gryffondors se levèrent de leur table tandis que Zabini agitait le papier pour les énerver d'avantage.

- Alors Potty, siffla-t-il perfidement, on essaie de planifier sa défaite. Ne vous donnez pas trop de mal et jouez le plus naturellement possible, c'est déjà suffisant.

Harry resta immobile. Il ne détourna même pas les yeux de la table où, quelques secondes avant, se trouvait la feuille. Tout le monde s'attendait à ce que le Survivant réagisse, qu'il réponde au Serpentard une réplique acerbe et méritée, comme il le faisait du temps où Malefoy le provoquait. Mais rien ne sortit de la bouche du jeune homme, pas même un soupir d'exaspération. De sa place, un peu en retrait, Draco pouvait voir ses yeux. Il n'y avait aucune colère dans ses pupilles, ni même de l'irritation. En fait, il eut l'impression de ne rien voir : son regard était vide, comme s'il n'était pas présent, ou plutôt, comme si le fait de ne pas voir la réalité lui permettait de mieux la supporter. Et quelque part au fond de Draco, quelque chose changea. Comme une conviction qui se brisait, ou plutôt comme si la pièce d'un rouage venait de se mettre en place et faisait maintenant fonctionner le mécanisme. Pendant un moment, il crut comprendre ce que pensait Potter, et pendant un instant, il eut de la pitié pour lui… et il en fut effrayé.

Ron Weasley décida de ne pas laisser son ami se faire ainsi marcher sur les pieds. Il était son meilleur ami, il se devait de le défendre, et d'autant plus quand on savait ce qu'ils avaient vécu ensemble. Aussi, il parut normal qu'il répondit :

- T'inquiète Zabini, on n'ira pas trop vite lors du match contre les Serpentards. C'est déjà difficile quand vous vous donnez à fond…

Et la Grande Salle laissa inconsciemment échapper un soupir. Tout redevenait comme avant ! Les Gryffondors détestaient les Serpentards et les Serpentards haïssaient les Gryffondors. C'était normal, c'était dans la logique des choses. Et peut-être qu'au-delà de l'humaine envie d'assister au spectacle de l'orgueil et de la fierté mise à mal, y avait-il chez ces jeunes sorciers la volonté d'un retour à ce qui avait contribué à leur bonheur, avant que tout ne se brise. Ils voulaient faire revivre une époque qui était révolue.

Les Serpentards se resserrèrent, les Gryffondors firent mine de vouloir en découdre, mais soudain, Harry fit la seule chose qui pouvait arrêter net l'animation qui prenait la Grande Salle. Cela se résumait en trois mots d'une puissance incroyable.

- Ta gueule Ron.

Il ne le cria pas, mais se fut tout comme. Weasley fut électrisé et tous les regards surpris s'étaient tournés vers le Survivant. Le brun se leva et planta dans chaque personne qui se trouvait à sa portée un regard fatigué, qui en disait long sur ce qu'il pensait de leur comportement à tous, mais pas un seul autre mot ne sortit de sa bouche. Puis, une fugitive lueur de reproche ternit l'éclat de ses pupilles, mais à part Draco, personne ne sembla le remarquer. Son regard se porta alors sur les nombreuses places qui étaient restées vides dès le début de l'année. Toutes ces personnes qui avaient disparu et qui ne laissaient pour toute trace que le fantôme fugace du souvenir de leur présence. Mais les humains sont bien prévisibles, et personne ne se sentait coupable de vouloir oublier.

Les yeux d'Harry rencontrèrent ceux de Draco. Le grand Harry Potter n'avait maintenant de grand que sa taille, et encore, le Serpentard avait l'impression qu'il s'était tassé, comme si le poids que Voldemort avait laissé sur ses épaules s'était soudain alourdi au lieu de s'envoler lors de la victoire. Il devait surement faire des efforts surhumains pour ne rien laisser paraître du mal-être qu'il ressentait. Car, contrairement à ce que sa figure sereine, mais quelque peu marquée par l'inquiétude et la douleur, affichait en permanence, Harry n'était plus que l'ombre de lui-même, définitivement détruit par le destin qu'il venait d'accomplir. Cependant, autour de lui, personne ne cherchait à savoir, ou à comprendre. Harry devait conserver son statut de héros et montrer ainsi que tout irait pour le mieux. Il n'avait donc pas le droit de s'écrouler, et devait construire au monde l'image qu'ils attendaient de lui, afin qu'eux puissent surmonter leurs drames personnels. Et personne ne gratterait la couche de verni pour enlever le masque et découvrir la vérité, car tout le monde souhaitait oublier, sans se préoccuper des autres.

Ces pensées lui traversèrent l'esprit, aussi limpide que si le jeune homme les lui avait hurlées. Depuis quand, Potter, portes-tu avec toi le prix de toutes ces âmes sacrifiées ? Est-ce pour cela que tu as perdu espoir ? Depuis quand Potter appelles-tu ta fin avec autant de véhémence ?

Et soudain, il y eu comme un déclic dans la tête de Draco. « Et depuis quand, Draco, arrives-tu à comprendre les pensées de Potter ? » Et depuis quand la simple idée qu'il disparaisse te fait autant de mal ?

Il reçut cette dernière réflexion comme un coup de poing dans l'estomac.

- Rends-le s'il te plaît, demanda simplement Hermione Granger comme pour désarmer le conflit.

Ce n'était pas la préfète qui était intervenue de toute façon, elle avait renoncé à ce titre depuis longtemps. Ce n'était pas non plus l'amie dévouée qui prenait la parole, mais plutôt, une jeune femme fatiguée du comportement idiot de ses condisciples. Draco l'examina discrètement tandis que Zabini se tournait vers elle pour l'insulter. Son visage n'exprimait plus la sévérité enfantine et naïve de la petite sainte nitouche à cheval sur les règles. Bien au contraire, ce qui avait pu contribuer à sa naïveté d'antan s'était envolé avec la fin de la guerre. Hermione avait dix-sept ans, mais quand on la regardait dans les yeux, on croyait voir le regard d'une femme trop vieille, d'un être qui avait trop vécu, ou du moins, trop de choses. Cette gravité s'était attachée à son visage, comme un masque figé. La jeune femme avait beaucoup changé, et les épreuves qu'elle avait traversées avaient surement contribuées dans cette beauté nouvelle qui affinait ses traits et dessinait des formes avantageuses. Mais il émanait une aura de peine et de lassitude, qui faisait fuir tous ceux qui l'approchaient.

Hermione écouta distraitement Zabini, restant imperturbable. Harry n'intervenait plus. Seul Ron avait encore la volonté de défendre ses amis. On pourrait penser qu'au vu de ses réactions, il était resté le même, mais en réalité, c'était surement lui qui avait perdu le plus dans cette guerre. Si Harry portait le sacrifice de toutes les âmes tuées lors de ce combat du bien et du mal, il n'en restait pas moins qu'une masse informe de personne dont il ne connaissait pas la moitié. Et même si parmi eux il y avait des personnes qu'Harry aimait plus que tout, il ne pouvait malheureusement pas comprendre ce que pouvait être la mort d'un frère. Aussi, cette sorte de régression qui affectait le jeune homme roux n'était qu'un moyen comme un autre pour gérer l'immense peine qui devait le détruire de l'intérieur. D'autant plus que la perte de ses proches s'était surement ajouté la perte – implicite – de l'amour d'Hermione. Les épreuves peuvent rapprocher comme elles peuvent détruire. Ils n'avaient pas survécu à cela, ou plutôt, leur groupe avait survécu, et même s'ils restaient toujours présents les uns pour les autres, ils ne restaient d'eux que des coquilles vides. Peut-être était-ce pour cela qu'ils en voulaient au monde entier de vouloir oublier et continuer à vivre, alors qu'eux même n'y parvenaient pas. Cependant, Ron ne dit rien. Il n'en voulait même pas à Harry. Il se contenta de se taire et de suivre la suite des évènements.

Est-ce que quelqu'un d'autre se rendait compte de cela ? Draco observa les témoins de la Grande Salle. Personne d'autre ne semblait voir toute cette mascarade pour dissimuler la réalité.

Au final, Zabini finit par déchirer la feuille. L'équipe des Gryffondors et leur fans réagirent, prêts à en découdre s'il le fallait, mais Harry les arrêta d'un geste.

- Laissez tomber ! J'ai tout en tête et j'en ai encore pleins d'autres. Venez !

Tous suivirent le mouvement, et les Gryffondors quittèrent la Grande Salle non sans avoir lancé au préalable des regards meurtriers à leurs rivaux de longue date. Les Serpentards firent bloc jusqu'à ce que le dernier fût parti, puis retournèrent à leur petit déjeuner. Zabini s'approcha de Draco. Il allait surement lui reprocher de ne pas être intervenu…

- Non mais, tu as vu ça ?

Oui, il avait vu. Et quelque part au fond de lui, Draco se disait que si Harry Potter était devenu stratège, c'était surement parce que c'était la seule chose qui l'empêchait de revoir éternellement le souvenir de la mort de ses amis… et de tous les autres.

- Quand même ! s'écria Lavande Brown. Quels salauds ces Serpentards !

La brume qui baignait l'immense parc de Poudlard n'était pas encore tout à fait partie, si bien que les Gryffondors commencèrent à frissonner. Ils marchaient d'un pas tranquille : ils n'étaient pas en retard du fait qu'ils avaient quitté la Grande Salle un peu plus tôt que s'ils avaient pris le temps de finir leur petit déjeuner. Quelques uns d'entre eux – et particulièrement les filles – avaient pensé à prendre quelques victuailles qu'ils se partageraient dès qu'ils auraient trouvé une bonne place.

- Tiens ! répliqua Dean. Tu nous parles maintenant ?

- Contre les Serpentards, il est toujours bon de montrer front commun !

Une fois de plus Les mains de Harry se crispèrent et son regard devint vide, comme à chaque qu'il entendait quelqu'un utiliser un terme guerrier avec si peu de considération pour ce qu'il signifiait vraiment. Mais il garda ses ressentiments pour lui et sourit d'un air absent. Hermione préféra changer de sujet. Si elle avait beaucoup changé, elle conservait toujours ce trait de caractère : elle était prévenante envers ses amis.

- Tu ne fais plus la tête à propos de la fête d'Halloween ?

- « Du bal d'Halloween » ! rectifia Parvati Patil qui suivait Lavande comme son ombre.

- Et ce n'est pas la même chose ? demanda Dean.

- Pas du tout, inculte ! Les fêtes d'Halloween se fêteront tous les ans et elles s'enchaîneront toujours comme une morne habitude !

- Oui, enfin, jusqu'à ce que ça passe de mode et qu'on finisse par l'oublier, rétorqua Hermione.

- On n'oubliera jamais Halloween ! hurla presque Parvati. C'est une fête hautement célèbre et d'autant plus dans le monde des sorciers ! Pourquoi voudrais-tu qu'on l'oublie !

- Je plaisantais ! soupira Hermione en levant les yeux au ciel.

- Bref, reprit Lavande, quoi qu'il en soit, le bal d'Halloween n'est pas une simple fête. Il doit plonger les élèves dans une ambiance de terreur délectable et s'assurer qu'il soit meilleur d'année en année pour en faire un moment unique. En cela il est bien plus qu'une simple fête, c'est un exploit surhumain.

Ron ne put réprimer un ricanement, tandis que Harry restait sans réaction, comme perdu dans ses pensées. Parvati s'indigna de leur comportement, tandis que Lavande, lancée dans son sujet, ne s'aperçut de rien et continua d'une voix enthousiaste.

- C'est Peter Brice qui en a eu l'idée, vous savez, le préfet de Poufsouffle. Ce gars est trop super génial ! Il est intelligent et charismatique, et il a tellement, tellement pleins d'idées ! C'est…

- Trop super génial ! termina Seamus en imitant sa camarade.

Lavande lui lança un regard noir, imitée par Parvati.

- Et que proposait Peter pour rendre ce bal exceptionnel ? tempéra Hermione

- Oui ! s'excita Parvati. Il a une de ces imaginations et une de ses cultures ! Je n'aurais jamais pensé à rechercher autant…

- Et la version courte ça donne quoi ? grogna Dean.

- Il a proposé un thème complètement innovant, reprit Lavande sans prêter attention à son amie, parce qu'il l'a trouvé du côté des moldus.

- Des Moldus ? s'écria Ron

Cette déclaration eu pour effet étonnant de faire réagir Harry : il sortit de ses pensées pour accorder à la conversation une légère once d'intérêt. Ils s'assirent dans un carré d'herbe pas trop mouillée, à proximité de la serre où les septièmes années allaient bientôt avoir leur cours.

- Oui, continua Lavande, il nous a proposé d'organiser un bal sur les « Légendes urbaines ».

- Ah ! s'exclama soudain Luna Lovegood qu'on n'avait pas entendu depuis le début de la journée. Quelle bonne idée. Les moldus ont toujours eu le don d'avoir des ennemis terrifiants !

- Et c'est quoi une légende urbaine ? releva Ron intrigué. Des histoires de fantômes ou – Mione donne moi une tranche de pain s'il te plaît – ou d'autres légendes dans le genre ?

- En partie, répondit Lavande en saisissant au passage un biscuit. En fait une légende urbaine, c'est un récit contemporain qui emprunte à tous les genres et qui se transmet par le bouche à oreille. Ce sont des légendes modernes en quelque sorte – Non merci, c'est gentil – Et certaines d'entre elles sont des histoires horrifiques destinées à terrifier les moldus lors de soirées.

- Oui, continua Parvati, il y en a certaines qui trouvent leur explication chez les sorciers, comme les fantômes ou les créatures magiques, mais d'autres qui sont typiquement moldus.

- Du chenre ? demanda Seamus la bouche plein.

- Avale avant de parler ! le réprimanda Parvati.

- Du genre dont on ne peut pas parler, répondit son amie. Parce que si on ne peut vraiment pas organiser tout ça cette année, ça ne sert à rien que vous en sachiez plus.

- Et comment Peter Brice a eu cette idée bouleversante ? demanda Hermione.

- Grâce à Carmen Winstead, la nouvelle prof d'étude des moldus. C'est elle qui nous supervise dans ce projet. Elle nous a parlé de ces histoires, et on s'est dit que c'était assez original pour tenter le coup.

Ils continuèrent de discuter, puis se levèrent en catastrophe pour rejoindre leur cours de botanique qui était sur le point de commencer.