Titre : Porte ouverte

Genre : Aventure, romance, énième variation sur les pérégrination d'une fille ordinaire en Terre du Milieu.

Rating : T (pour le moment)

Disclaimer : Les personnages et l'univers sont la création de Monsieur Tolkien, gloire et cookies sur lui. Le personnage original, par contre, est mon entière propriété. Cette histoire ne me rapporte pas un sou et c'est aussi bien ainsi.

Note : Mes remerciements chaleureux à Darklinne (love you so much), LegolasKili, manelor, RachelTW et marielegolas pour les reviews. Je n'ai pas de mots pour dire à quel point vos commentaires m'ont fait plaisir et j'espère sincèrement que cette histoire continuera à vous plaire. Elle s'annonce fort longue et sera mise à jour tous les vendredis. Je remercie par ailleurs mon ami Ayun, qui compose de la musique à ses heures perdues et dont les créations ont accompagné mon processus d'écriture.

Petit rappel, j'utilise en fonction de mes besoins l'univers des films et des livres à la fois, en espérant que ça reste cohérent et que ça ne déstabilise pas les gens.

Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser un petit mot !


I fell into a burning ring of fire, I went down, down, down, the flames went higher (Johnny Cash – Ring of Fire – 1963)


Le lendemain matin, le breuvage infect qu'on m'avait donné semblait avoir fait effet. Sans dire que je me sentais suffisamment en forme pour gambader dans les prés cheveux au vent, mon esprit était parfaitement clair et je me sentais physiquement et psychologiquement capable de suivre une conversation sans en oublier la moitié en cours de route. L'Elfe Elrond me rendit visite dans la matinée pour s'enquérir de mon état de santé et il s'avéra satisfait de son examen. Il m'apprit que le Hobbit qui avait récupéré l'Anneau magique s'était réveillé et qu'il se portait on ne peut mieux compte tenu de sa blessure. La réunion sur la question aurait donc lieu le lendemain.

« Pensez-vous que je doive y assister ? demandai-je.

— L'idée de Gandalf m'a semblée bonne, répondit-il. Si vous êtes amenée à rester parmi nous, ce qui de toute évidence semble être le cas, vous pourrez vous faire une idée de notre monde, dont vous ne semblez pas connaître grand-chose. »

Ce n'était pas un reproche, juste une constatation. Elrond s'adressait à moi avec une gentillesse polie qui n'avait rien à voir avec le « monde normal » où les gens s'aboyaient dessus plutôt que de se parler simplement. Je réalisai que l'amabilité était une valeur surannée là d'où je venais. De fait, il me sembla normal d'exprimer un minimum de reconnaissance envers cet Elfe qui avait pris soin de moi alors que je semblais venir de nulle part :

« Je vous remercie de m'avoir recueillie, dis-je.

— Je n'ai fait que vous soigner, Lisbeth, comme n'importe qui l'aurait fait.

— Quand bien même… »

Il me sourit gentiment.

« Je dois vous laisser, déclara-t-il, pour voir comment se porte Frodon. Je repasserai dans la soirée pour m'assurer que vous allez bien. En attendant, profitez de cette journée pour reprendre des forces. Le Conseil aura lieu demain matin. »

Il avait presque atteint la porte quand quelque chose de gênant me traversa l'esprit :

« Je n'ai pas de vêtements… »

Elrond se retourna :

« Je vous ferai porter une robe. Vos… heu… vos frusques sont en mauvais état. Il faut les nettoyer et les remettre à votre taille. Vous avez perdu du poids. Je vous souhaite une bonne journée. »

Soulagée, je me laissai aller contre mon oreiller. Il n'aurait plus manqué que j'aie débarqué en Terre du Milieu dans le plus simple appareil. Quoique. Peut-être que ce qu'Elrond avait appelé « frusques » n'était autre que mon pyjama… c'était possible, après tout.

Je ne réfléchis pas plus avant à tout cela parce que de toute façon, c'était trop tard : ce qui était fait était fait. Par ailleurs, il était évident qu'une tenue vestimentaire du « monde normal » quelle qu'elle soit ferait hausser les sourcils à n'importe qui en Terre du Milieu, différences d'univers obligent. Je finirais bien par savoir si j'étais arrivée habillée décemment ou affublée de je portais habituellement pour dormir, à savoir un bas de survêtement et d'un T-shirt à l'effigie d'un groupe de rock.

oOØOo

Ma journée se passa tranquillement et sans incident notable. Je restai seule la plupart du temps dans ma chambre à regarder par la fenêtre. Fondcombe était une cité assez vivante dans laquelle déambulaient des quantité de gens. Je ne pouvais saisir les conversation parce qu'on y parlait bas mais le calme et l'atmosphère a priori amicale me changeait des râleries et autres incivilités incessantes du « monde normal ». La lumière dorée de l'automne que j'avais entraperçue la veille au soir était apaisante pour l'esprit et ajoutait à la féérie de l'architecture originale de l'endroit.

A mon sens, la situation était idéale : je me trouvais dans un endroit agréable sans me mêler aux autres.

En début de soirée, la femme Elfe qui s'occupait de moi me fit essayer des vêtements. Elle m'affubla d'une robe violette qu'a priori j'aurais cru trop petite pour moi. Elle m'allait, pourtant, bien qu'un peu étroite du buste. Je n'avais pas du tout l'habitude de m'habiller ainsi. Je préférai pourtant ne rien dire, espérant simplement ne pas faire fuir les gens le lendemain et ne pas faire de malaise parce que je portais un corset sous la robe. « Vous avez de la poitrine, me dit l'Elfe, il faut la maintenir… » Joie et délectation.

Ce fut avec soulagement que je retirai ces vêtements pour revêtir une de ces grandes chemises en lin que je portais depuis mon arrivée. Après un dernier bol de potion infâme, je me couchai et regardai le plafond une partie de la nuit.

Le lendemain ne serait pas uniquement consacré à du blabla sur l'Anneau magique du vilain Sauron. Ce serait aussi ma première « apparition en public » en Terre du Milieu. Ils allaient tous se demander qui j'étais et ce que je faisais là, il ne serait pas facile de leur répondre. Moi qui détestais plus que tout me faire remarquer, je risquais fort d'être l'objet de l'attention de plein de monde…

oOØOo

Après une nuit un rien agitée, je fus tirée du lit par la femme Elfe. Je restai impassible quand elle m'aida à enfiler la robe violette et à (trop) serrer les lacets du corset mais au fond de moi, je n'en menais pas large. Me confronter à autrui m'angoissait et j'étais mal à l'aise dans ces vêtements, habituée que j'étais aux pantalons et aux pull-over trop grands. Je préférai ne rien dire tandis que l'Elfe me brossait les cheveux.

« Dites-moi, me demanda-t-elle, est-ce une coutume de porter les cheveux aussi courts là d'où vous venez ?

— Vous ne m'avez pas connue il y a un an et demi, répliquai-je. Ils étaient si courts qu'on voyait mon crâne. »

Elle ouvrit de grands yeux, presque choquée.

« Ici, tout le monde porte les cheveux longs. Même les hommes.

— J'ai cru le constater, en effet. »

Malgré son front qui se dégarnissait, Elrond avait une très longue chevelure brune et le chapeau pointu de Gandalf cachait une sacrée tignasse. En fait, je devais vraiment passer pour une extraterrestre… que j'étais, en un sens. J'en étais là de mes réflexions quand quelque chose me frappa soudain. Si dans le « monde normal », j'étais myope comme une théière, ma vue ici était suffisamment bonne pour me passer de lunettes. Néanmoins, en observant mon reflet — qui pour ne pas changer ne m'enchanta guère — je constatai que mon strabisme, lui, était toujours là. Mon œil gauche avait toujours tendance à partir sur le côté des fois que l'herbe y soit plus verte. La vigilence serait donc de mise si je ne voulais pas avoir l'air d'une débile. L'Elfe reposa sa brosse à cheveux et regarda mon reflet d'un air satisfait.

« Vous êtes prête », dit-elle.

Je préférai ne pas répondre. Si je m'écoutais, je ne serais prête qu'après m'être fait pomper les trois quarts du gras recouvrant mon auguste personne mais visiblement, ce genre de problème passait au-dessus de la tête de la femme et je n'étais pas sûre du tout que la liposuccion existe en Terre du Milieu. Je ne m'attardai pas devant le miroir et allai sagement m'asseoir au pied de mon lit en attendant qu'on vienne me chercher.

Elrond arriva un peu plus tard. Il s'enquit de mon état de santé le plus poliment du monde avant de m'emmener à travers un dédale de couloirs jusqu'à une sorte de terrasse verdoyante aménagée comme un jardin. Il marchait vite et, en le suivant tant bien que mal, je ressentis de plein fouet l'atmosphère agréable que j'avais senti de ma chambre, à des années lumières des dangers dont Gandalf m'avait parlé. Il me fallait croire que la Dernière Maison Simple à l'Est de la Mer était effectivement un abri sûr. Je n'avais pas encore obtenu de détail sur mon arrivée dans le pays, ou plus précisément sur ce qui s'était passé entre mon « changement d'univers » et mon réveil, si ce n'est que j'avais été malade durant une semaine dont trois jours dans les choux. Dans tous les cas, j'avais eu de la chance de me retrouver ici j'aurais vraiment pu plus mal tomber.

Le jardin suspendu était déjà occupé par un certain nombre de personnes et visiblement, on en attendait d'autres. Jetant un regard autour de moi, je ne vis pas Gandalf. Par contre, il y avait d'autres Elfes, ainsi que deux Nains — du moins je les identifiai comme tels d'après ce que j'avais entendu d'eux —, pas très grands, trapus et barbus. Il y avait aussi des humains, deux hommes. L'un était grand, se tenait très droit et avait le regard fier. L'autre était tapi dans l'ombre, mal coiffé et vêtu comme un clochard. Dès que nous arrivâmes, l'un des Elfes se précipita sur nous. Ses très longs cheveux qui s'égayaient en liberté dans son dos étaient d'un blond presque criard et il avait de grands yeux bleus et rieurs qu'il fixa sur moi :

« Tiens, dit-il gaiement, voilà la jeune personne que j'ai trouvée au bord de la rivière ! Vous nous avez fait bien peur. Comment vous sentez-vous ?

— Heu, plutôt bien, répondis-je. C'est vous qui m'avez sauvée ?

— Certes ! J'ai vu bien des choses durant mes deux vies mais c'était la première fois que je voyais une humaine brûlante de fièvre et quasiment mourrante marcher comme une somnambule au bord du fleuve.

— J'ai fait ça ? »

Bon sang, pensai-je, qu'est-ce qui avait bien pu m'arriver ? Je n'eus pas le temps de rester plantée là avec mes questions car l'Elfe me prit gentiment par le coude et m'emmena jusqu'à un siège où je m'assis. Je constatai qu'Elrond n'était plus là.

« Vous semblez choquée, me dit l'Elfe.

— Eh bien… je ne me souviens plus de rien et je…

— Je vous raconterai en détail après le conseil. Je manque d'ailleurs singulièrement d'éducation, Mademoiselle. Je suis Glorfindel.

— Lisbeth. », me présentai-je en tendant une main que Glorfindel serra comme si nous étions amis depuis une éternité. Il pencha la tête sur le côté et m'observa un moment. J'entendis un son de cloche — dont le but était très certainement de faire venir les retardataires — puis Elrond revint s'asseoir près de moi, laissant entre nous un siège vide. Il m'adressa un sourire d'encouragement. Autour de nous, le silence se fit. Je sentis un regard sur moi. Tournant la tête, je constatai que l'homme qui ressemblait à un clochard me fixait. Je ne vis aucune méchanceté dans ses yeux. Il avait juste l'air de se demander ce que je faisais là. J'aimerais pouvoir vous répondre, pensai-je.

« Lisbeth, mon enfant ! »

Gandalf était arrivé. Il me serra poliment la main. Il était accompagné de deux individus de petite taille avec des pieds couverts de poils. Des Hobbits. L'un d'entre eux était âgé et replet. L'autre, plus jeune, avait les cheveux bruns et bouclés, les yeux gris et un teint pâle, presque maladif.

« Je vous présente Bilbon et Frodon Sacquet, me dit le vieux monsieur.

— Charmé ! »

Le vieux Hobbit me fit un baise-main tout ce qu'il y a de plus surrané… et charmant. Frodon, le fameux Frodon qui, d'après ce qu'on m'avait dit, portait l'Anneau, me salua de la tête avec un sourire timide. Elrond l'invita à s'asseoir près de lui. Gandalf et Monsieur Bilbon s'installèrent un peu plus loin.

Les présentations furent faites. J'étais la Mystérieuse Humaine Venue de Nulle Part, à tout le moins c'est ce que je retins des explications que donna Gandalf à mon propos. Les deux Nains, Gloïn et Gimli, étaient père et fils. Parmi la foultitude d'Elfes, beaucoup étaient originaires de Fondcombe, sauf deux. Un type dont on avait le sentiment qu'il était transparent et qui venait d'un endroit appelé « les Havres Gris », et un blond aux yeux bleus, fils de roi et émissaire de son père. Il n'avait pas l'air d'un prince, constatai-je en regardant ses habits verts et bruns couverts de poussière. Cela dit, il semblait venir de loin, son accoutrement n'était donc pas représentatif.

Le type à la dégaine de clochard était connu sous une foultitude de surnoms. Son nom de naissance était Aragorn et nous eûmes droit à une partie de sa généalogie, de son père à un de ses ancêtre qui s'était appelé Isildur. L'autre homme, celui qui faisait vraiment penser à un Noble, s'appelait Boromir. Elrond expliqua qu'il n'avait pas été convoqué au Conseil mais qu'il avait besoin d'aide et de renseignements. Chose également valable pour moi, cela dit.

La réunion dura très longtemps. J'entendis des récits interminables concernant des inconnus mais le nom de Sauron ainsi que celui d'un certain Saruman revenaient régulièrement. Encore un individu peu recommandable, apparemment. Je n'y compris pas grand chose mais il apparaissait que la situation était critique et qu'il fallait s'attendre à un genre de Guerre Mondiale des Terres du Milieu. La question de l'Anneau, par ailleurs, me parut fortement obscure : Gandalf m'avait parlé d' « Anneau Unique » alors qu'en réalité, il y en avait une vingtaine qui avait été distribués à part inégale entre Hommes, Elfes et Nains. Seuls les Anneaux des Elfes semblaient être en lieu sûr ceux des Nains avaient disparu et les Hommes qui en possédaient étaient devenus des sortes de zombies, des sbires de Sauron appelés Nazguls. Celui que possédait Frodon était apparemment un cas à part, un genre de super-Anneau qui permettrait au mage noir — je n'avais d'autre choix que de l'appeler ainsi — de gouverner le monde entier. Sur l'or du bijou était gravée une phrase en une langue que je ne connaissais pas, qui était fort désagréable à entendre et qui donna des frissons à toute l'assemblée quand Gandalf la prononça. Il la traduisit par quelque chose du genre : Un Anneau pour les gouverner tous, un Anneau pour les trouver, un Anneau pour les réunir et les lier dans les ténèbres. Tout un programme, donc.

La conclusion du Conseil fut qu'il fallait jeter l'Anneau Unique dans le feu, à un endroit appelé la Montagne du Destin où il aurait apparemment été forgé. Gandalf demanda à Frodon de présenter l'objet pour que tout le monde puisse le voir. A mes côtés, le jeune Hobbit se tortilla sur sa chaise et j'eus de la peine pour lui. Il semblait détester autant que moi être l'objet de l'attention générale, a fortiori du fait d'être porteur d'un présage de malheur… Il détacha néanmoins la chaîne qu'il portait autour du cou et posa sur une table ce qui ressemblait à une bête alliance en or. Un frisson me traversa. Je fus envahie d'une sensation très désagréable. Une si petite chose pourrait donc asservir des milliers de personnes… heureusement qu'il n'y avait pas ça dans le « monde normal »… Boromir décréta qu'au lieu de s'en débarrasser, il serait plus utile de s'en servir contre son maître, mais Gandalf le détrompa en affirmant que l'Anneau n'obéissait qu'à Sauron. Le plus jeune Nain prit sa hache et l'abattit sur le bijou pour le briser. Contre toute attente, le morceau de métal resta intact tandis que l'arme fut réduite en mille morceaux. Le prince Elfe, qui s'appelait Legolas, laissa alors entendre qu'il se ferait un plaisir se débarrasser lui-même de l'encombrant objet de malheur. Gimli se fâcha alors tout rouge et glapit : « Je préfère mourir que de laisser cet Anneau entre les mains d'un Elfe ! » Et à partir de là, ce fut le chaos complet.

Tout le monde se disputait, ça criait dans tous les sens. Les mains de Frodon étaient crispées sur ses genoux. Elrond semblait contrarié et Glorfindel aussi. Mon sentiment de gêne s'intensifia et je murmurai pour moi-même : « C'est terrible, ils se conduisent tous comme des barbares ! » J'avais l'impression que le vent avait tourné et qu'une odeur de pourriture empestait l'atmosphère. Soudain, le jeune Hobbit à côté de moi se leva et annonça :

« J'emporterai l'Anneau. »

Personne ne l'entendit. Sa petite voix ne portait pas et ils étaient tous trop occupés à se crêper le chignon. Alors il répéta plus fort :

« J'emporterai l'Anneau… encore que je n'en connaisse pas le moyen. »

Cette fois-ci, ses propos eurent un écho. Les membres de l'assemblée cessèrent de s'empoigner et de se battre comme des chiffonniers. A partir de là, tout alla très vite. Un petit individu roux et replet jaillit de nulle part comme un diable de sa boîte en s'écriant qu'il était hors de question de laisser « Monsieur Frodon » partir tout seul. Il y eut des murmures surpris, agacés, amusés, voire les trois à la fois, et Elrond eut une mimique étrange, comme s'il hésitait entre rire et se mettre en colère après cet invité surprise. Puis il décréta en souriant qu'effectivement, Frodon partirait accompagné, au moins du rouquin puisqu'il était visiblement impossible de les séparer. Puis il nous présenta à tous Samsagace Gamegie, jardinier et sorte d'ange gardien du porteur de l'Anneau. L'intéressé rougit, marmonna quelque chose à propos d'un beau pétrin dans lequel il se retrouvait fourré, puis la séance fut levée.

oOØOo

« Eh bien, qu'avez-vous pensé de tout cela ? me demanda Glorfindel tandis que nous traversions les couloirs dans l'autre sens.

— Je n'ai pas tout compris, dis-je. Si ce n'est que Sauron n'est pas un gentil et qu'il semble décidé à semer le chaos partout où il passe.

— C'est à peu près l'idée… et quelle est votre opinion sur l'Anneau ? »

Je trouvai étrange que Glorfindel me pose ces questions… je n'étais pas de ce monde et ne connaissais pas grand-chose de l'histoire des Terres du Milieu. Néanmoins, je lui parlai de mon sentiment de malaise lorsque Frodon avait sorti l'Anneau de sous ses vêtements et de cette impression que l'ambiance avait dégénéré justement à ce moment-là. L'Elfe pinça les lèvres.

« Vous avez le sens de l'observation », dit-il.

Puis il changea de sujet. Plus précisément, il me raconta dans quelles circonstances il m'avait trouvée. Un soir, alors qu'il se déplaçait à cheval le long de la rivière, il m'avait vue, affublée de « vêtements d'hommes » trempés, déambulant le regard dans le vide et tenant des propos incohérents. Quand je lui demandai ce que j'avais dit, il prétendit ne pas s'en souvenir mais j'eus l'impression qu'il me mentait. Il reprit ensuite son récit. Il s'était approché de moi et, alors qu'il me faisais face, j'avais été incapable de le voir. Il avait constaté que j'avais de la fièvre, que j'étais en plein délire et il m'avait prise sur son cheval pour me ramener chez Elrond qui avait été fort perplexe devant mon état de santé.

Tout ça était décidément bien mystérieux.

Je tentai de réfléchir à tout ça pendant le repas mais le Conseil m'avait épuisée et j'étais incapable d'aligner deux pensées cohérentes. Je pris donc congé de Glorfindel après manger et réussis par un miracle quelconque à regagner ma chambre sans me perdre. Là, je m'étendis toute habillée sur mon lit et m'endormis.

A suivre.