Note : Deux chapitres en deux jours, je vous gâte, hein ! ^^

Joyeux Noël et bonne lecture !


Chapitre 2

Potter a les joues rouges, l'hydromel et le rire agissent.

— Je ne te crois pas, répète Potter quand il a retrouvé sa respiration.

— C'est pourtant vrai, assure Drago. D'où est-ce que tu crois que j'ai eu l'idée de transformer Crabbe et Goyle en petites filles ?

Et c'est reparti. Le rire de Potter est silencieux mais il a un grand sourire qui expose toute une rangée de dents droites et blanches. Ses lèvres sont aussi rouges que ses joues il les a mordues plusieurs fois pour s'empêcher de rire. En vain, à chaque fois.

— Pauvre Goyle.

Drago secoue la tête.

— Il ne savait pas que c'était un cadeau pour Pansy. Tu imagines que Millie l'a largué après ça ?

— C'est pas juste ! s'écrie Potter. Il voulait juste expérimenter.

— C'est ce que j'ai dit, répond Drago en hochant la tête.

Sa tête lui fait mal alors il arrête de la bouger.

— J'ai dit : « Millie, ce mec est prêt à porter des culottes en dentelle pour toi… c'est une perle rare » mais…

Drago soupira tristement.

— Il l'a gardée, tu sais. Elle est restée dans la poche de sa robe pendant un an. C'est vraiment adorable. Complètement tordu, mais adorable. Et triste, aussi, j'imagine.

Drago fixe le verre vide dans sa main.

— Tu pourras dire ce que tu voudras sur Goyle, mais c'était un chic type. Con comme ses pieds, mais totalement inoffensif.

Potter s'est arrêté de rire il a dû sentir quelque chose dans la voix de Drago.

— Etait ? demande-t-il avec douceur.

La gorge de Drago se serre. Il se resserre de l'hydromel et en prend une gorgée. Le sucre lui brûle la langue et le laisse avec un arrière-goût légèrement amer.

— Il est mort il y a quelques années, dit-il. Il devait de l'argent à des gens dangereux. Ils l'ont attaqué et…

Il veut expliquer que Goyle a été torturé à mort, mais il n'arrive pas à former les mots.

— Les guérisseurs ne sont pas arrivés à temps, dit-il à la place.

Une ligne se dessine sur le front de Potter.

— Je ne savais pas. Je n'ai vu le nom de Goyle mentionné dans aucun rapport.

— Il avait déménagé en Irlande. Sa mère m'a dit ce qui s'était passé deux mois après sa mort.

— Oh. Je suis désolé.

Potter a l'air désolé de ne pas l'avoir dit tout de suite et d'avoir à la place mis en doute l'histoire de Drago.

Drago hausse les épaules.

— On n'avait plus vraiment de contacts.

Il souffle, en colère soudain.

— Abruti. Il aurait quand même pu me demander de lui prêter l'argent.

De la pitié s'immisce dans le regard de Potter. Drago ignore la lourdeur dans sa poitrine et change de sujet.

— Et toi ? Je suppose que tu as gardé contact avec tous tes fans ?

Il n'attend pas la réponse mais regarde la main gauche de Potter.

— Pas d'alliance. J'aurais cru que tu serais devenu M. Ginny Weasley depuis le temps.

Le sourire de Potter semble forcé.

— J'ai du mal à croire que tu as manqué tous ces gros titres dans les journaux il y a deux ans, donc j'imagine que tu es juste en train de te gausser.

Drago rit.

— « Ginny Weasley préfère son balai à Harry Potter », cite-t-il. « Une batte de Quidditch est-elle plus satisfaisante qu'un héros ? »

— Tu inventes !

— C'est comme ça que je m'en rappelle.

Drago rit devant la mine outragée de Potter. Ça lui a manqué.

— Satanés joueurs de Quidditch, reprit-il en prenant un ton faussement choqué. Ils t'ont même fait dégringoler dans le top des célibataires les plus sexys de Sorcière Hebdo. Tu n'es plus que numéro sept.

Drago pousse un petit hoquet.

— Scandaleux ! Bon, au moins, tu peux te consoler en te disant que le fiancé de Miss Weasley n'est que douzième. C'est mieux que rien.

Potter fronce les sourcils.

— Tu cancanes comme une vieille dame. Je l'ai toujours su.

Drago observe l'expression de Potter. Il n'arrive pas à dire si Potter est juste indigné ou vraiment en colère.

— Tu sais ce qui est étrange, par contre ?

Drago se penche un peu plus.

— Je n'ai rien lu depuis concernant ta vie privée. Par contre j'ai lu il n'y a pas une semaine que Mlle Ginny Weasley, son fiancé et sa fameuse batte de Quidditch passent Noël à Edimbourg. C'est pour ça que tu es là ? Pour faire quelque chose de vil, voire carrément indécent ? Je ne juge pas. Je veux juste prendre des photos.

Potter cligne des yeux.

— Tu es bien mieux informé que moi ? Je ne savais pas qu'ils étaient ici. Je suis là pour le travail.

— Bien sûr.

Potter soupire de façon audible.

— Ne sois pas idiot. Ginny et moi avons rompu il y a des années de ça et nous avons toujours été amis depuis.

Potter s'arrête.

— Pourquoi je me justifie ? Ça ne te regarde pas. Tu es bête. Et ivre.

— Précisément !

Drago fait la moue.

— Je ne suis pas ivre. Ni bête, se dépêche-t-il d'ajouter avant de reprendre le fil de tes pensées. Tu es vraiment sur la défensive. C'est assez suspect, je dois dire.

Potter s'en tient à sa décision de ne plus rien dire. Ça n'embête pas Drago.

— Je pensais que tu étais là pour le travail mais…

Drago regarde autour d'eux.

— Et bien, tu ne m'as pas l'air de travailler beaucoup. Je peux faire une suggestion ? chuchote-t-il avec des airs de conspirateur. A ta place, je m'en prendrais aux joueurs de Quidditch qui sont au-dessus de toi dans cette liste. Le fiancé de Ginny… c'est une bataille perdue d'avance. Ces robes de Quidditch sont bien moulantes tout le monde a vu sa batte. Sois raisonnable et admets que tu as perdu.

Drago doit avoir touché un point sensible car Potter se rassoit plus droit sur sa chaise.

— Ça ne sera plus aussi drôle dans quelques jours quand tu auras lu sur quoi je travaillais ici, dit-il d'un air pincé.

Drago sent son cœur cogner contre sa cage thoracique. Il souffle.

— « Potter sauve le monde en restant assis dans une auberge miteuse. » Oh, oui, ça fera sûrement les grands titres.

Potter le regarde d'un œil torve.

— Ça ou bien démanteler un réseau clandestin qui alimente le pays en potions illégales depuis des années.

Le sourire de Drago s'agrandit il semble figé sur son visage.

— Tu peux répéter « démanteler » ? Tu as une façon de faire gronder ce mot, tu sais ? J'aime. Ça donne une impression de puissance. Regarde…

Drago remonte sa manche et tend son bras vers Potter.

— J'en ai la chair de poule.

Potter lève les yeux vers le plafond comme s'il demandait de l'aide à une quelconque divinité qui se serait trouvée là-haut.

— Je suis désolé, vraiment, ment Drago en reprenant son bras. C'est juste… je ne suis pas un Auror, bien sûr, mais si tu peux démanteler – je prononce pas ça comme il faut, si ? Pardon – démanteler un réseau clandestin en restant assis et en buvant de l'hydromel, je me demande bien, mais pourquoi donc ne suis-je pas un Auror ? Je pourrais faire ça. Tu bois de l'hydromel et les choses se démantèlent. Je crois que j'ai trouvé ma vocation.

Potter tend la main vers son verre mais il est vide. Drago s'empare aussitôt de la bouteille et lui ressert de l'hydromel. Potter fixe son verre un instant avant de regarder Drago. Il semble hésiter, mais finalement il dit :

— J'ai arrêté un sorcier ce matin. C'est lui qui s'occupait d'envoyer les potions à l'étranger par Portoloin. Il n'a pas l'air très malin, mais je suis sûr qu'il en connaît un rayon sur les gens pour qui il travaille. Il est… dans l'incapacité de voyager pour le moment, alors je l'ai laissé avec un guérisseur. Mais demain je le transplanerai au Ministère pour l'interroger. Je suis sûr qu'il sera coopératif et me donnera une liste de noms.

Drago se mord la lèvre pour s'empêcher de sourire.

— Je vois… Laisse-moi voir si j'ai bien compris. Tu as arrêté un témoin potentiel qui pourrait terminer cette enquête pour toi et tu l'as laissé sans protection pour aller boire un verre ? Je pense que ça va bien se terminer. Vraiment.

— Moi aussi.

Potter se penche en avant ils se touchent quasiment. Drago trouve ça dur de se concentrer sur les mots.

— Tu vois, reprend Potter, juste avant de…

— Mettre hors d'état de nuire le méchant sorcier pas très malin ? suggère Drago.

— Exactement. Il a envoyé un message à quelqu'un. Un de ses associés, j'imagine. Je pense qu'ils sont plutôt inquiets à l'heure qu'il est. Je ne serais pas surpris si quelqu'un essayait de faire évader le témoin.

Potter s'interrompt et puis sourit.

— Ce qui serait une bonne chose. On lui a mis la Trace dessus. Si ça se trouve, on n'aura même pas besoin qu'il parle. Il pourrait tout aussi bien nous conduire tout droit à ses complices et nous fournir des preuves plus solides qu'une simple liste de noms.

Drago se force à rire.

— Tu ne crois pas qu'ils auront pensé à la Trace ?

— Tu n'y as pas pensé, toi.

— Je ne suis pas un criminel endurci.

Drago détourne le regard mais il peut quand même voir Potter le suivre de ses yeux verts. Il ferme et rouvre rapidement les paupières pour rafraîchir sa vision.

— Je ne peux pas l'être, tu sais bien ?

— Je sais.

Potter hoche la tête. Il regarde Drago d'un air calculateur.

— La Signature sur ta magie expire bientôt.

— Oui, encore quelques semaines et je suis libre, dit Drago en souriant.

Il a le courage de regarder Potter à nouveau. Potter ne sourit pas.

— Pour le moment, ta magie laisse une Signature. Lancer des sorts illégaux ne te serait pas impossible. Ce serait juste stupide.

— J'ai la chance de trouver la stupidité impossible à accomplir, dit Drago gravement.

Potter éclate de rire.

— Et tu dis ça après toutes ces blagues de harpies ! Tu as du culot, franchement.

— Je sais que ça te fait mal de l'admettre, Potter, mais j'ai quelques bonnes blagues. Je crois me rappeler que tu as ri. A pleins poumons.

— Oui, bon, je suis bourré.

— En effet. C'est la seule chose qui explique que tu croies sincèrement que tu vas attraper des bandits cette nuit.

Le rire de Potter semble forcé cette fois.

— Non, je crois pas. Je sais comment ces gens fonctionnent. C'est une petite organisation, assez petite pour avoir presque échappé à notre attention. Tout comme toi – il sourit – ce ne sont pas des criminels endurcis. Je crois que c'est juste des gens un peu désespérés qui essaient de se faire un peu d'or. Ils ne sont pas assez durs pour éliminer le témoin, ni assez expérimentés pour avoir pensé à la Trace. Ils ont juste la trouille que leurs noms soient mentionnés, et c'est la raison pour laquelle ils vont paniquer, se précipiter sans réfléchir et faire une erreur.

Potter ne sourit plus.

— Pas très malin. C'est comme si on les avait déjà. Ça serait plus intelligent de leur part de coopérer que d'ajouter à la liste d'accusations. Les charges seraient mineures, s'ils se livraient.

Les yeux de Potter sont aussi verts que le sapin derrière lui Drago doit détourner le regard.

— Eh bien alors, dit-il en levant son verre, un toast pour les bandits stupides qui tombent dans les pièges de Potter. Qu'ils pourrissent à Azkaban, comme ils le méritent.

Potter le fixe un petit moment avant de se redresser et d'accepter le toast.

Drago laisse l'hydromel lui brûler la gorge.


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