De longues minutes s'écoulèrent, des minutes qu'ils passèrent à simplement se toucher, certes de manière très curieuse et désinhibée, mais sans aller plus loin. Ils se découvraient en se caressant et en s'embrassant de façon plutôt aléatoire mais assurée, repéraient chacun les points sensibles de l'autre, laissaient monter la température et le plaisir progressivement. Toutefois, les gestes de l'ado se faisaient de plus en plus hâtifs, ce qui ne mécontenta nullement son partenaire, bien au contraire. Ce dernier fit donc cesser leurs attouchements en les faisant se redresser pour qu'ils se retrouvent en position assise sur le matelas. Il prit le Geek par les épaules, profitant pour les lui masser doucement, puis il le fit pivoter pour qu'il s'installe entre ses cuisses et se colla contre son dos déjà moite et frissonnant.
Lorsqu'il plongea son nez dans son cou pour le mordiller plusieurs fois, le petit pencha la tête sur le côté pour lui offrir plus d'espace. Il fit glisser lentement ses mains le long de ses bras, puis sur son buste, pour ensuite descendre très progressivement entre ses côtes, puis encore plus bas, jusqu'à atteindre sa toison pubienne qu'il frôla mesquinement du bout de ses doigts. Il sentait son homologue frémir de plus en plus, son corps réclamait explicitement son contact en tremblotant et en se cambrant légèrement. Et il adorait ça. Le voir ainsi flattait son ego et enflammait son désir de plus belle, il n'allait pas tarder à craquer non plus.
Sans cesser les assauts de ses dents sur la peau sensible, il empoigna sans ménagement l'érection déjà prononcée qui ne demandait plus que ça et la fit aller et venir dans sa main tiède, se délectant des discrets battements qui s'y faisaient sentir et des couinements de plaisir de son acolyte qui avait laissé sa tête choir contre sa clavicule. Les mouvements d'abord assez lents de son poignet s'accéléraient de façon exponentielle tandis que les sons sortant des cordes vocales du gamer augmentaient parallèlement en décibels et que sa respiration se hachait de plus en plus. Ses doigts se plantèrent dans les hanches de son « bourreau » qu'il avait saisies pour maintenir une distance minimale entre leurs corps, sa lèvre inférieure se retrouva martyrisée par ses dents, ses paupières étaient closes et sa peau hérissée de frissons. Son excitation grimpait toujours plus, la chaleur apportée par toutes ces sensations se diffusait dans tout son organisme et faisait palpiter ses veines et ses artères où le sang pulsait plus fort qu'à la normale.
- Putain... laissa-t-il échapper entre deux gémissements.
- Mais dis donc, c'est que tu serais presque encore plus excitant quand t'es vulgaire, lui susurra le Patron d'une voix encore plus rauque que d'habitude.
Sur ces mots, il accéléra encore le rythme, avec toujours plus de fougue. Il sentait que le son camarade ne tiendrait plus très longtemps ainsi, mais il attendait de flirter avec l'apogée de son plaisir pour s'arrêter juste avant qu'il ne vienne. Il savait quand viendrait ce moment, car techniquement ils fonctionnaient pareil et il se fierait donc à comment ça se passait pour lui. Il garda donc cette cadence rapide et mordilla le lobe de son cadet qui se cambrait de plus en plus et commençait à bouger son bassin, machinalement, accompagnant son geste.
L'aîné ne s'attendait pas plus que ça à cette initiative et en fut presque étonné, même s'il se doutait que l'ado n'était pas si candide que ça, surtout que c'est pour le lui montrer – bien que d'une façon très particulière – qu'il avait débarqué comme une tornade dans sa chambre. Une idée très tentante lui vint à l'esprit, il ralentit donc son mouvement et captura les lèvres tremblantes qui s'offraient à lui, les mordillant doucement. Tout en le gardant au plus près de lui, il l'allongea sur le lit, s'installa entre ses cuisses, se colla contre lui et nicha de nouveau son visage dans son cou pour y laisser traîner sensuellement sa langue joueuse. Langue qu'il ne tarda pas à descendre le long de sa carotide, puis entre ses côtes, puis sur son nombril sur lequel il s'attarda quelques secondes, puis finalement sur son bas-ventre qu'il observa un instant, le sourire aux lèvres.
- Je te fais tant d'effet que ça ? Intéressant...
La seule réponse qu'il obtint fut un petit grognement frustré qui l'encouragea à ne pas s'arrêter là. Il prit son amant par les hanches et, sans autre geste préalable, il enveloppa la totalité de son membre tendu par l'excitation entre ses lèvres et le flatta d'un langoureux va-et-vient et d'avides coups de langue. Le contact avec la cavité brûlante et humide arracha un cri de surprise au gamer qui se cambra brusquement et attrapa par réflexe des mèches de cheveux de son « tortionnaire » pour les serrer fortement entre ses paumes. Une explosion de chaleur l'envahit tout entier et les battements de son cœur atteignirent une vitesse qu'il n'aurait jamais soupçonnée, tandis que des gémissements entrecoupés de soupirs d'aise s'échappaient de ses lèvres rougies et tremblantes.
Finalement, l'homme aux Ray-Ban cessa son action lorsqu'il le jugea assez stimulé et se redressa pour revenir embrasser fébrilement son cou. Il posa ses mains sur son corps moite et descendit lentement le long de ses côtes, s'arrêtant au passage sur les deux petites excroissances de chair sensible pour les titiller de ses pouces, ce qui ne manqua pas de soutirer des couinements aussi mignons qu'excitants à son partenaire. Puis il continua sa chute vertigineuse vers son bassin qu'il souleva légèrement pour accéder à son postérieur qu'il caressa sans aucune pudeur, sans la moindre retenue. Sa bouche dévia le long de la mâchoire de l'amateur de gaming et s'approcha de son oreille dont il mordilla le lobe, joueur.
- Je pense que je peux t'en faire encore plus, lui susurra-t-il d'une voix encore plus rauque que de coutume.
A ces mots, un immense frisson parcourut l'échine de l'ado qui n'opposa aucune résistance lorsque son vis-à-vis se décala et le poussa sur le côté pour qu'il s'installe ventre contre le matelas. Il ne voulait que savoir ce qu'il allait lui faire, une partie de lui restait craintive mais se taisait face à l'autre qui lui criait de s'abandonner aux douceurs de la luxure, de se laisser porter par cette voix et ces gestes délicieusement sensuels, de ne pas avoir d'appréhension envers quelqu'un qui depuis tout à l'heure s'affairait à lui faire du bien et calquait ses actes à ses désirs, le comblant ainsi encore plus que ce qu'il aurait cru.
Il étouffa un petit cri lorsque le Patron se colla de nouveau contre lui et reprit ses baisers effrénés sur sa nuque et entre ses omoplates. Il le prit par les hanches et amorça un léger mouvement de friction de son bas-ventre contre ses fesses, qu'il accéléra très progressivement pour faire grimper leur plaisir commun petit à petit et s'accoutumer à ce contact des plus intimes. Le Geek laissa ses paupières se clore machinalement et serra fermement dans ses poings les coins de l'oreiller où reposait sa tête, essayant de garder un minimum de contrôle sur les émotions qui le submergeaient tant elles étaient intenses et inespérées. Il avait envie de profiter au maximum, de se délecter de chaque sensation, de chaque caresse, de chaque baiser, de chaque instant. Mais il en voulait plus, il avait besoin de plus, tout cela était trop tentant. Il ne tiendrait plus longtemps ainsi.
- Je... S'il te p...plaît... balbutia-t-il, le souffle court.
Sachant pertinemment ce qu'il voulait, l'aîné prit toutefois un malin plaisir à le laisser languir encore un peu, se frottant toujours frénétiquement contre lui, comme inépuisable. Le cadet fourra sa main libre dans ses cheveux et s'y cramponna fermement, tirant dessus. Il se tortillait sous son assaillant pour lui intimer d'aller plus loin, mais celui-ci n'y semblait pas décidé. Farouche, il tourna la tête pour atteindre ses lèvres qu'il mordilla avant de lâcher prise en laissant échapper un couinement quand son homologue releva encore son bassin, accentuant ainsi le contact de son fessier contre son membre tendu par le désir que lui aussi contenait difficilement.
- Putain... S'il...te plaît...
- Dis-moi, lui chuchota-t-il d'une voix rauque et taquine. Dis-moi ce que tu veux de moi...
- Bordel de merde, prends-moi, putain, j'en peux plus ! trépigna le gamer, fou de frustration.
Soupirant de satisfaction, la sombre personnalité esquissa un sourire et se pencha sur lui pour l'embrasser chastement, joueur.
- Avec ça, je ne peux plus refuser.
Il céda donc à son tour à la tentation et s'immisça en lui le plus délicatement possible, essayant de contenir la fougue du désir qui le consumait et aurait suffi à le pousser à en faire plus s'il ne risquait pas de lui faire mal. Chose qu'il ne voulait pas. Il avait tout de même été bien embarrassé en apprenant qu'il l'avait blessé moralement, mais il était tout autant inconcevable pour lui de le blesser physiquement. Il resta donc d'abord très doux dans ses gestes, chercha à compenser l'apparent malaise que ressentait son camarade en couvrant ses épaules, son cou et le haut de son dos de baisers, en allant flatter son érection d'un va-et-vient langoureux.
- Ça va... ? lui demanda-t-il, soucieux.
- Gnnn... Oui, c...continue...
Inutile de le lui dire deux fois, il continua le mouvement de son bassin, gagnant à chaque fois un peu plus l'intimité de son amant, qui dans un premier temps n'eut pas à se plaindre d'une quelconque souffrance, même si la sensation était assez bizarre. Mais au bout d'un moment, la bouche caressante et les habiles mouvements de poignet de son acolyte ne suffirent plus à le distraire du malaise qu'il avait commencé à ressentir, surtout que le plaisir n'était déjà pas vraiment présent à la base. Toutefois, il avait confiance en son partenaire et patienta encore, essayant de s'accoutumer à sa présence, de focaliser sur ses délicats attouchements, fermant les yeux et s'agrippant à l'oreiller où reposait sa tête. Malgré tout, il ne supporta plus très longtemps.
- Ah... Attends... S'il te plaît, geignit le Geek, sentant sa douleur approcher la limite du supportable.
Même s'il crevait d'envie d'aller plus loin en lui, le Patron ne voulait pas le laisser en reste, car si le plaisir n'était pas partagé, ça n'avait aucun intérêt. Il cessa donc tout mouvement, continua d'enchaîner des baisers plus appliqués sur la nuque et le dos de son cadet et parcourut son corps de ses doigts, cherchant à faire diversion pour qu'il souffre moins. Lorsqu'il sentit qu'il s'accoutumait un peu mieux à sa présence en lui, il reprit de lents va-et-vient, guettant ses réactions. Quand il le vit grimacer légèrement, il s'arrêta à nouveau et posa une de ses mains sur sa hanche.
- Cambre-toi plus, ça te fera du bien, lui susurra-t-il à l'oreille, avant de la lui mordre doucement.
Le petit acquiesça d'un bref hochement de tête et suivit son conseil. Il creusa encore plus les reins et souffla un coup pour relâcher au mieux ses muscles et se détendre le plus possible. Ce qui finit par porter ses fruits, puisque la douleur s'estompa progressivement, laissant place à une sensation beaucoup plus agréable. Pour leur plus grand plaisir à tous les deux. Lorsqu'il le sentit plus à l'aise, l'homme aux lunettes opaques ajouta de l'ampleur à ses coups de bassin, accélérant petit à petit la cadence. Il concentra ses baisers au niveau des épaules de son partenaire, son souffle haché s'écrasant sur la peau moite et sensible. Il se délectait de ses petits couinements et de ses gémissements d'aise qui gagnaient en décibels et en fréquence, savourait la chaleur et l'étroitesse de l'étau qui l'accueillait.
- Ça va ? lui redemanda-t-il pour être sûr.
- Moui... C'est bon...
L'amateur de gaming sentait de moins en moins la gêne et éprouvait de plus en plus de plaisir au contact de de la hampe gonflée et tendue qui allait et venait en son intimité, lui donnant cette curieuse et plaisante sensation de plénitude et de satisfaction. Ses doigts resserraient de plus en plus le coussin et sa respiration hachée s'entrecoupait de sons qui résonnaient comme diablement érotiques aux oreilles de son comparse. Presque obscènes, en fait. Et ce n'était pas pour lui déplaire, loin de là. Il se pencha un peu plus pour venir taquiner son oreille de ses dents, sans cesser de bouger en lui, et profita de son excitation croissante pour lui susurrer quelques mots d'une voix sensuelle encore plus rauque que de coutume.
- Visiblement, ça va beaucoup mieux.
- Gniii... Oui, balbutia le gamer, déboussolé par tant d'émotions.
Les mots peinaient à sortir de sa bouche tant il était submergé par les sensations. Mais cela n'empêchait pas qu'il appréciait infiniment ce que lui faisait son amant et qu'il en voulait déjà plus. Beaucoup plus. Il voulait qu'il se rapproche toujours plus de lui, mais avec plus de puissance. C'était plutôt contraire à ce qu'il ressentait quelques minutes à peine auparavant, mais il avait ce besoin de le sentir le prendre plus brusquement, plus fougueusement. Et il voulait qu'ils profitent de cet instant d'égarement pour parvenir tous deux au septième ciel, sans complexe et sans hésitation.
- Plus...plus fort..s'il te plaît...
- Ah, t'aimes ça, si j'ai bien compris, renchérit l'aîné, un immense sourire s'étalant sur son visage rougi par l'effort physique et l'excitation. Ça me plaît bien...
- Putain, vas-y plus fort, bordel, grogna le Geek, au bout de sa patience.
- C'est que t'es farouche, quand tu t'y mets, toi, s'amusa l'homme aux Ray-Ban.
Il ne pouvait s'empêcher d'être épaté par tant d'audace, même s'il le savait loin d'être si innocent. Taquin, il fit glisser ses lèvres le long de son cou et s'attarda sur son épaule, y laissant des marques éphémères à force de succions et de morsures. Il diminua petit à petit ses caresses pour finalement le prendre par les hanches de ses deux mains.
- Tu es... Surprenant. Et encore plus excitant comme ça...
- Ferme-la et baise-moi, nom de dieu !
Ces mots crus et encore plus surprenants ne firent qu'encourager encore plus son semblable qui ne put résister une seconde de plus. Il accéléra ses coups de reins jusqu'à un rythme et une fougue qui flirtaient avec l'indécence, mais qui leur convenait à tous les deux. Entre deux râles de plaisir, l'ado laissait échapper un juron, se cramponnant continuellement à l'oreiller et se mordant fortement la lèvre. Phénomènes qui s'amplifièrent encore, si tant que cela était possible, lorsque le Patron glissa une de ses mains de sa hanche à son ventre pour aller empoigner son sexe dur et palpitant qu'il fit aller et venir entre ses paumes, synchronisé avec la cadence de ses à-coups. Il savourait tant son propre plaisir que celui de son homologue, les deux allant crescendo, jusqu'au point de non retour.
Un point qui leur fit atteindre une jouissance d'une intensité inespérée et renversante. Leurs respirations se coupèrent l'espace d'un instant et leurs cœurs loupèrent un battement. Le cadet se cambra au maximum, martyrisant sa lèvre et le coussin, laissant totalement libre cours à ses gémissements, tandis que l'autre usait de ses dernières forces pour continuer ses va-et-vient et atteindre son organe sensible à plusieurs reprises, se délectant de ses réactions désinhibées. En fait, il l'impressionnait. Car, même s'il se doutait bien, au fond, qu'il n'était pas si gamin que ça, il ne pouvait s'empêcher de prendre comme référence son côté un peu candide et immature. Ce qui, au final, n'était peut-être pas si mal, car il cela lui réservait encore plus d'agréables surprises. Surtout qu'après un temps assez bref d'hésitation, il s'était vite montré très joueur, très entreprenant, très impudique.
Et maintenant, il était parvenu au summum de cette confiance, de cette absence quelconque de limite. De toute façon, tout cela le rendait tellement dingue, il se sentait si bien que pour rien au monde il ne l'aurait arrêté. Leurs corps au plus près l'un de l'autre, sa peau moite se frottant contre la sienne, son torse brûlant coulissant contre son dos cambré, le contact chaud de son souffle dans son cou, de ses mains sur son corps, son bassin claquant contre son fessier, encore et encore, son membre dur le prenant avec toujours plus d'intensité, de ferveur, se frottant à son étau de chair qui se refermait spasmodiquement autour, soutirant des gémissements d'aise à son partenaire qui à force fut pris d'un orgasme fulgurant, rejoint peu après par son amant.
Ils stagnèrent pendant quelques longues délicieuses secondes au stade le plus avancé de leur plaisir commun, se pressant l'un contre l'autre, comme soudés, profitant de cet instant qui frôlait la perfection si celle-ci n'existait pas. Puis, petit à petit, l'euphorie retomba, les sensations s'estompèrent, la température redescendit et l'atmosphère redevint plus calme. L'homme aux lunettes noires se sépara du corps tiède du gamer et s'écroula à ses côtés. Tous deux étaient totalement épuisés par leurs ébats mouvementés et étaient partis pour une bonne nuit de sommeil bien méritée. Essoufflés, ils récupéraient chacun à leur rythme, progressivement, sans parler, simplement étendus l'un à côté de l'autre, les paupières mi-closes, le corps moite et la respiration passant d'anarchique à presque normale. Avant de dormir, le Patron voulait faire une dernière chose, mais il demanda auparavant l'avis de son camarade.
- Ça t'embête si je m'en grille une ?
Le Geek fut d'abord surpris par cette question, surtout qu'il était tout juste remis de ses émotions. Mais il se souvint que, lorsqu'ils étaient dans la même pièce, il lui demandait toujours avant de fumer, sachant pertinemment qu'il avait un peu de mal avec l'odeur, déjà que certains coins de leur habitat avaient des senteurs de came. Attendri et touché par cette marque d'attention, il hocha la tête pour lui signifier que ça ne le dérangeait pas et le Patron étira donc le bras pour récupérer sa veste, attraper son paquet de cigarettes et son briquet. Il porta un des cylindres addictifs à ses lèvres et l'alluma, puis reposa sa tête sur l'oreiller et passa son bras libre autour des épaules du petit qui, ravi de cette invitation implicite, se pelotonna contre lui, le regardant consumer sa clope. C'était un peu cliché et d'apparence vulgaire, mais tout de même plutôt sexy à ses yeux.
Ils laissèrent un long silence envahir la pièce, se reposant de leurs efforts, l'un contre l'autre. Le cadet flattait le torse de son partenaire du bout de ses doigts, tandis que celui-ci caressait ses cheveux désordonnés de sa main disponible. Pensant qu'il n'allait pas pouvoir lui tenir compagnie encore très longtemps, l'amateur de jeux vidéo voulait profiter de ces instants de douceur. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu triste à l'idée de devoir quitter cette chambre, et en même temps un peu ridicule. Après tout, ils n'avaient fait que « baiser », comme il le lui avait initialement demandé. Mais la majeure partie de son esprit – ou en tout cas ce qu'il en restait après les derniers événements – poussa sa curiosité. Il attendit donc que son amant ait terminé sa cigarette et, d'une petite voix aussi timide que fatiguée, il posa la question qui le taraudait et le mettait un brin mal à l'aise.
- Patron... Est-ce que je peux...rester avec toi... S'il te plaît... ?
Initialement étonné, l'homme aux lunettes opaques n'eut toutefois pas une des réactions que son homologue appréhendait. Il ne soupira pas, ne se moqua pas de lui, ne lui fit aucune remontrance. Au contraire, il lui adressa un sourire sincère et glissa ses doigts de ses cheveux à son épaule pour la lui caresser doucement.
- J'avais pas l'intention de te dire de partir, gamin.
Soulagé et content de cette réaction positive, le concerné ne put retenir un large sourire, puis il se rappela avoir entendu ce maudit sobriquet et administra à son aîné une petite tape, faussement outré.
- Eh, c'est pas normal que tu m'appelles encore comme ça !
Le sourire du Patron s'agrandit encore et il prit sa main pour la bloquer contre la taille de son propriétaire, malicieux. Il se rapprocha de lui, frôla son nez du sien et alla attraper son lobe pour le lui mordiller.
- Effectivement, tu m'as bien montré que t'en es pas un, ronronna-t-il à son oreille. Pas tant que ça, en tout cas. Mais je continuerai de t'appeler comme ça quand même, parce que j'aime bien.
Il ne lui disait évidemment pas que c'était par affection, parce qu'il l'aimait bien lui, mais il savait qu'il comprendrait très bien. Les conversations auparavant houleuses au sujet du surnom infantile qu'il lui donnait étaient passées au second degré. Et ce en à peine une heure. Plutôt remarquable. Et en réponse à cet aveu implicite, le Geek s'avança encore un peu pour venir l'embrasser doucement, retrouvant cette fois une certaine timidité. Puis, soudainement honteux, il se sépara brusquement de ses lèvres et baissa les yeux, rosissant très légèrement.
- Euh... Désolé, je... C'est... Par réflexe...
- Parce que tu crois que ça me déplaît ?
Souriant malicieusement, l'homme aux Ray-Ban attrapa la nuque de son amant et l'embrassa à son tour, avec une tendresse qui surprit presque le petit. Mais il ne lui dit évidemment rien et répondit volontiers à son baiser, profitant de ce moment de véritable douceur. Il ne put retenir un petit couinement lorsqu'il sentit deux bras chauds et accueillants se resserrer autour de sa taille, l'attirant encore plus près de leur propriétaire. Enthousiaste, il se rapprocha encore pour se retrouver à moitié sur lui, sans relâcher ses lèvres. Le Patron finit par rompre leur étreinte et esquissa un sourire taquin.
- Pas trop non plus, tu risques de m'exciter encore, gamin.
Rougissant subitement, ledit gamin baissa la tête et se recula légèrement, pris une fois de plus d'une certaine culpabilité. Il bredouilla quelques mots, cherchant encore à s'excuser, mais fut stoppé par une légère caresse sur son menton.
- Je te taquine, le rassura son compère. Je suis aussi crevé que toi.
Le gamer eut à peine le temps de sourire, rassuré, que sa bouche fut à nouveau capturée par celle de son acolyte. Leurs lèvres flirtèrent encore un long moment, se caressant et s'emprisonnant mutuellement, avec plus de fougue mais toujours sur un fond de tendresse, jamais brutalement. Les mains du plus mature – quoiqu'il commençait à douter à ce sujet – descendirent lentement le long de l'échine du cadet et s'échouèrent sur le creux de ses reins pour finalement y rester et le flatter du bout de ses doigts.
- Allez, dors maintenant, lui chuchota-t-il avant d'embrasser sa tempe.
- Moui... Bonne nuit...
Machinalement, le petit se pelotonna contre lui et déposa un baiser dans son cou avant de reposer sa tête sur son buste et de fermer les yeux pour se laisser emporter par Morphée. Son aîné sombra peu après dans le sommeil à son tour, non sans avoir ressassé dans son esprit cette fin de journée riche en péripéties et en émotions. Dire qu'au départ, il n'aurait jamais voulu en arriver là juste pour prouver au Geek qu'au fond il ne le prenait pas pour un gosse... Ce dérapage de leur part n'était qu'une preuve en plus comme quoi il n'en était pas un, et surtout comme quoi ce n'était pas un prétexte pour quoi que ce soit, juste une envie à laquelle ils avaient fini par succomber. Mais ils n'en avaient pas honte, ni peur. Et puis, ce serait leur petit secret rien qu'à eux.
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Je sais, ça s'apparente un peu (comment ça beaucoup ? O.O) à du PWP, mais voilà, quoi ! (wow, quel argument en béton...).
Bref, en espérant que ça vous ait plu (bande de couquiiines - OUPS pardon j'ai pas dit ça oubliez !). Merci pour vos reviews (si reviews il y a et je l'espère ;D)
Pandas, licornes et arcs-en-ciel dans vos coeurs. 3
