Disclamer: Teen Wolf ne m'appartient pas malheureusement.
Avertissement: Chapitre moins "sujet à controverse" que le premier, ne vous en faites pas... La suite le sera. X)
Note: Je reviens pour un nouveau chapitre, il est plus court que le précédent mais je présente beaucoup plus d'éléments de l'histoire dans celui-ci. Bisous à tous les lecteurs et n'hésitez pas à commenter. Je tiens à remercier calliope83 qui a fait un magnifique travail de relecture et de correction.
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Stiles était sorti sans regret du studio.
Il avait dépassé ses limites pour ce tournage, et il savait qu'il allait peiner pour rentrer. Mais il avait son argent, il allait pouvoir aider son frère à payer sa dette, et c'était tout ce qui comptait. Il se décida à monter sur son scooter, souffrant déjà de la position assise alors qu'il n'avait même pas encore démarré.
La route fut longue et éprouvante. Le garçon serra les dents à chaque bosse ou nid de poule. Il se mordait les doigts de s'être livré à ce petit jeu maintenant que son fessier rebondissait sur le siège.
Depuis le décès de ses parents, c'était son oncle qui avait repris sa tutelle, à lui et à son frère.
Ils habitaient dans un quartier en bordure de ville nommé sarcastiquement "la cité des oiseaux". Sarcastiquement, car, il n'y avait là-bas, pour ses habitants, aucun espoir de liberté. C'était un repère de zonards et de sans-papiers, un no-mans land que seul les rejetés de la société osaient franchir. Mais c'était sa cité, le lieu où il avait grandi et où il se repérait mieux qu'un chat sauvage.
Le bâtiment misérable dans lequel il vivait avait été largement malmené par le temps, il était gris et en béton armé. Planté au milieu d'un terrain vague. Le sol devant la porte d'entrée était couvert de papiers, de morceaux de tôle, de pneus, et on pouvait même voir un canapé défoncé émerger d'un tas d'immondices. Mais ce soir, alors que le soleil dardait ses derniers rayons de lumière à travers la fumée des usines, il lui sembla que ce paysage prenait une allure plus douce et moins sinistre…
Après avoir garé son scooter dans un coin à l'abri des regards – il ne voulait surtout pas se le faire voler- il s'enfonça vers la bâtisse en boitillant légèrement.
Il y avait des graffitis sur les murs sales de l'entrée, et l'électricité était hors service. Il gravit les escaliers menant à son appartement. Les couloirs sombres sentaient l'urine et le renfermé, les murs étaient enduits d'un crépi abîmé et sale.
Après avoir glissé sa clef dans la serrure, il poussa la porte en s'efforçant de ne pas faire de bruit et se faufila discrètement dans l'appartement. Celui-ci était composé de trois pièces assez spacieuses. Dans le salon, quelques fauteuils défraîchis, au tissu usé à certains endroits jusqu'à la trame, étaient posés devant une vieille télévision allumée. Un guéridon surmonté d'une ancienne lampe de bureau et d'un cendrier débordant de mégots étaient placés à côté d'une chauffeuse. La baie vitrée du salon était brisée sur un côté, et les quelques bouts de scotch que les occupants de l'appartement avaient collé en attendant de pouvoir remédier à la situation ne suffisaient pas à préserver la famille du froid automnal.
Le jeune homme se figea lorsqu'il aperçut son tuteur... Son visage et ses mains se découpaient sur la fenêtre, à travers les dernières lueurs du soleil couchant. Il portait son éternel blouson de cuir noir, sa cigarette se consumant paresseusement à sa bouche. Il se servit un verre d'alcool, et le but d'une traite, sans pouvoir réprimer une grimace lorsque le liquide brûlant coula dans sa gorge.
Stiles constata que la bouteille de whisky posée sur la table basse était déjà sacrément entamée. Son oncle se noyait dans l'alcool... Buvant pour oublier qu'il buvait, pour oublier qu'il était un incapable ayant raté sa vie.
Celui-ci tourna sa tête vers le plus jeune et le regarda avec insistance, de son regard noir.
- Pourquoi rentres- tu si tard? demanda l'oncle d'une voix bourrue.
"Pourquoi ?... ça, je ne vais pas me risquer à le lui dire", pensa-t-il.
Malheureusement... Stiles était un piètre menteur. Comment allait-il se sortir de ce pétrin? Il ne pouvait pas affronter son oncle maintenant, il était trop épuisé pour lui tenir tête.
- Euh... J'étais avec Eliot, à l'hôpital, tenta-t-il, espérant que le plus vieux gobe son mensonge.
Le tuteur fronça ses sourcils lorsqu'il entendit ce nom. Il ne s'entendait pas bien avec l'aîné de la fratrie, ce dernier avait fui la maison, il y avait quelques années déjà, lorsqu'il avait compris que la main de leur oncle serait toujours trop lourde.
- Ce sale gamin, siffla-t-il, j'aurais dû laisser cette canaille à la DDASS au lieu de le récupérer. Quand je pense qu'il s'est fait prendre pour trafic de drogue. Quelle honte! J'aurais dû lui tanner la peau du dos plus souvent quand il était jeune, ça lui aurait appris à se conformer aux règles. Je t'interdis de le revoir.
Ne voulant pas s'attirer le courroux de son tuteur ce soir, le gamin se contenta d'approuver silencieusement. Son oncle pouvait rentrer dans une rage folle lorsqu'il buvait, une colère monstrueuse qui l'avait effrayé dès l'enfance.
- Et n'espère pas t'en tirer si facilement , gamin, avertit le vieux en haussant le ton. Il est plus de 19 heures, tu n'es pas autorisé à rentrer si tard. Je n'ai pas l'intention de te voir devenir un délinquant comme ton frère.
Stiles le trouva bien arrogant de dire des choses comme ça. Comme s'il s'était déjà donné la peine de les éduquer, son frère et lui... Depuis qu'il était petit, la seule chose qu'il avait retenue de son éducation, était "débrouille-toi."
Mais le garçon s'écrasa, et se contenta de lui répondre:
«Désolé, je n'ai pas vu le temps passer.
- Tu as besoin de structure et de discipline,» renchérit son oncle.
Stiles connaissait cette phrase, son oncle la répétait depuis l'enfance.
- Oui monsieur, je vous remercie de corriger mes erreurs.
- Mhh, grogna-t-il, visiblement surpris par sa docilité. Allez, va dans ta chambre, et que je ne te revoie plus.
Le châtain gagna, aussi vite que le permettait son corps blessé, sa chambre. C'était une pièce dépouillée et austère, mais propre. Il n'y avait en fait qu'un clic-clac lui servant de lit, et une armoire dont le bois était griffé, entaillé, abîmé. Stiles alla cacher son argent dans le renfoncement de l'armoire, dans un trou qu'il avait fait que personne ne pouvait soupçonner.
Après s'être appliqué la crème qu'on lui avait donnée, le jeune homme se laissa tomber lourdement entre ses draps... Il était épuisé. Son ventre gargouillait, mais il n'avait pas le courage de se relever pour aller chercher à grignoter dans la cuisine. Il tomba bientôt dans un sommeil lourd et profond.
...
Un pâle rayon de soleil déposé sur son visage le réveilla assez tôt. Stiles émergea difficilement, il était frigorifié. Son tuteur heureusement, partait travailler tôt le matin, ce qui lui permettait d'être seul et tranquille.
Il se traîna avec léthargie dans la cuisine, une pièce exiguë et glaciale. Il prit une grande rasade d'eau fraîche au robinet.
Il était vraiment mal en point, ses fesses se rappelaient à lui à chaque mouvement et il n'avait toujours rien avalé. Les placards étaient vides, naturellement... Il trouva tout de même un morceau de gruyère dans le frigo, au milieu des bières de son tuteur, qu'il avala rapidement avant de partir se doucher. La salle de bain était un petit réduit, à la plomberie aléatoire et au chauffe-eau déficient dont il était ardu d'extraire un peu d'eau chaude. Le jeune homme aurait aimé détendre ses muscles sous une douce chaleur. Hélas, la pomme de douche cracha un jet d'eau froide. Il ne perdit pas de temps à se laver.
Il retourna dans sa chambre pour s'habiller et préparer son sac, puis sortit.
Dehors, le temps était brumeux, la clarté anxiogène du matin révélait à quel point il était tôt, les habitants n'étaient pas encore sortis de chez eux.
Il se dirigea vers l'hôpital où était soigné son grand frère.
Celui-ci avait été victime d'un passage à tabac. En effet Eliot était dealer, et comme tout bon revendeur, il devait d'abord emprunté de grosses doses à un fournisseur avant de pouvoir les revendre. Puis il remboursait son fournisseur qui touchait au passage un pourcentage sur les revenus d'Eliot. Son frère parvenait à tirer de ses trafics un petit profit.
Hélas, peu de temps auparavant, la police avait organisé une descente à la cité. Son frère s'était débarrassé de la came en la jetant dans les égouts pour ne pas se faire attraper.
Evidemment, la drogue n'avait pas pu être retrouvée... Eliot avait été voir son grossiste pour expliquer sa mésaventure, mais celui-ci n'avait rien voulu entendre. Il l'avait envoyé à l'hôpital après l'avoir fait rouer de coups par ses sbires et lui avait accordé un délai d'un mois pour rembourser sa dette.
Stiles aimait profondément son frère... C'était le seul membre de sa famille encore vivant, (hormis son oncle, bien-sûr, mais celui-là ne comptait pas).
Le cadet avait pris la décision d'aider Eliot à rembourser sa dette. Ce dernier pouvait faire preuve d'une sacrée bêtise parfois, mais le plus jeune se refusait à l'abandonner. Il était prêt à tout pour lui, quelles qu'en soient les conséquences.
Stiles poussa la porte de la chambre stérile. La pièce était blanche et sans âme, une fenêtre entrouverte apportait un peu de fraîcheur à la pièce surchauffée. Son frère était allongé sur un lit, le dos légèrement relevé. Il avait le teint blafard, de nombreux bandages s'enroulaient autour de ses mains, et de sa tête. Ses pupilles agrandies montraient clairement qu'il était sous anti-douleur.
Eliot aperçut son frère, et lui proposa de s'installer à son chevet. Le cadet prit une chaise et s'assit.
"Comment te sens-tu, grand frère aujourd'hui ?" demanda son visiteur d'une voix qui se voulait joviale.
- Mal, ça se voit non? répondit l'autre d'un ton apathique. J'ai une entorse, des doigts fêlés et la gueule amochée, j'en ai pour des mois avant d'être totalement guéri.
- Ouais c'est moche... reconnut le premier, conciliant.
- Tu l'as dit, petit frère, j'espère vite sortir d'ici, quand même.
Eliot s'agita d'inconfort sur son lit.
- Je te comprends, ça doit pas être marrant de rester bloqué ici, reprit Stiles
- C'est vrai, il n'y a même pas la moindre chose intéressante à la télé... Qu'est-ce que je m'ennuie! On m'a pris mes cigarettes à mon arrivée en plus. D'ailleurs, t'en aurais pas une pour me dépanner?
-Si, tiens, dit son jeune frère en lui en tendant une, bravant l'interdiction de fumer dans les hôpitaux.
Eliot prit tant bien que mal la fine cigarette entre ses doigts, dont certains étaient encore plâtrés, puis la porta douloureusement à sa bouche. Le plus jeune l'alluma, et son aîné tira une première bouffée avec un air de soulagement.
- Merci , frangin, fit-il d'une voix enrouée. T'es un vrai... alors t'as pu trouver le fric?
- On peut dire ça... je t'ai rapporté 800 euros.
Stiles n'étais pas fier de s'être vendu pour de l'argent, et il préférait que son grand frère ne sache pas comment il s'était procuré cette somme. Aussi, il changea rapidement de sujet.
"J'espère que ton grossiste te laissera tranquille avec ça."
- N'y compte pas trop bro', rétorqua l'aîné. Je lui dois 2000 euros à cet enfoiré de rapace. Sa voix avait faibli à ces derniers mots
- Ah ouais? Tant que ça? Merde...
Stiles s'inquiétait de retrouver son frère gisant dans une ruelle, baignant dans une mare de sang.
-Et oui, gronda le plus vieux. Je dois les lui rendre au plus vite... Mais c'est à cause de ce bâtard que je me retrouve coincé ici. Alors je me demande comment il veut que je fasse, ce con pour lui trouver autant de fric alors que je moisis sur mon lit ici.
Eliot sembla sur le point de faire une crise de nerfs. Ça ne semblait probablement pas l'amuser de devoir envoyer son cadet chercher l'argent qu'il devait. Ou peut-être était-ce seulement le fait d'être immobilisé qui l'enrageait...
-Je sais, tenta Stiles, rassurant. Je vais t'aider, ne t'inquiète pas, bro... Reste ici, et soigne-toi, c'est tout ce qu'on te demande. Mais après, je t'en prie, lâche le marché de la drogue. C'est trop dangereux...
- Ok Stiles, promit-il.
...
