Auteur : Bonjour, bonjour à tous ! J'ai finalement réussi à écrire la suite du premier chapitre de cette nouvelle fic qui est, je le rappelle, une réponse à un défi de Fyline. Que j'embrasse très fort par ailleurs. Non, que je veux étouffer avec mon amour tellement elle est géniale. J'étais très contente des reviews que j'ai reçues pour le premier chapitre, vous êtes plus qu'adorables et je ne sais pas ce que les auteurs feraient sans vous. J'espère que vous aimerez ce deuxième chapitre.

Disclaimer : En dépit du fait que l'on connaît tous la chanson, il est important de rappeler que l'univers d'Harry Potter appartient à J.K. Rowling. L'histoire appartient à Fyline et je prends beaucoup de plaisir à l'écrire.

Avertissement : Ceci est un slash ! Par conséquent, elle implique une romance entre deux personnes du même sexe, ici deux hommes. Enfin prochainement … Je prends mon temps !

Résumé : Severus prend des vacances méritées dans sa maison de campagne. Alors qu'il est train de se reposer, le Maître des Potions entend un faible cri provenant de son jardin. Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il découvre un Harry Potter nu et salement amoché allongé sur l'herbe verte…De plus que celui-ci le supplie de lui venir en aide.

Bonne lecture !


Des vacances pour guérir

2. Une lourde décision

Severus Snape, 38 ans, 1m84, 70 kilos, professeur honni dans la célèbre école de Magie nommée Poudlard, était dans la bouse d'hippogriffe. Non, il n'avait pas un petit problème. Il avait d'énormes emmerdes. Quelques minutes plus tôt, son ancien élève, Harry Potter, étendu sur la pelouse du jardin de son manoir, dans un état critique, le suppliait de lui venir en aide. Snape avait détaillé en quelques secondes l'importance des blessures de son ancien élève, son corps amaigri, ses traits tirés, sa bouche sèche, et ce que ces deux orbes vertes reflétaient …

De la peur …

Harry avait ensuite perdu connaissance. Severus avait senti ses entrailles se retourner et vérifia immédiatement le pouls du blessé. Ceci fait, il n'hésita plus une seule seconde, saisit le corps nu et fragile du fils de son ancien ennemi et dévala la distance jusqu'à sa maison. Il se souvint avoir donné un grand coup de pied dans la grande porte d'entrée, et sous les cris de Pooky, être monté à l'étage sans rien dire d'autre. Dans une de chambres, il l'avait déposé sur un grand lit. Puis, filant dans la salle de bain voisine, il en était revenu avec une serviette et une bassine d'eau chaude. Il attrapa dans une commode une potion et se rassit au chevet du lit. Là, il pansa les plaies de Potter, notant avec stupeur le tremblement de ses mains. Il glissa entre ses lèvres quelques gouttes du breuvage. Harry le recracha d'abord avant de l'accepter. Avec sa baguette, il murmurait des incantations apprises pendant les années noires, pendant des temps bien trop sombres. Enfin, il glissa la silhouette chétive au cœur des draps, non sans l'avoir habillée par un sort magique d'un pyjama confortable.

Puis Severus se redressa. Mit la main sur son front et la glissa dans ses longs cheveux.

Il sortit dans le couloir et appela Pooky. Celle-ci apparut immédiatement. Il lui indiqua d'aller chercher du papier et une plume. Elle s'exécuta et Snape revint dans la chambre. Pourquoi ne pouvait-il laisser son ancien élève tranquille ? Severus ne parvenait pas à quitter la pièce. Est-ce qui lui aussi, avait peur ? Pooky entra à son tour et posa le nécessaire sur un bureau à côté de son Maître avant de s'éclipser à nouveau.

L'ancien Mangemort se laissa tomber sur une chaise à côté de la fenêtre et contempla la petite masse chétive sous les draps. Il semblait respirer normalement … Pour le moment. Malgré le nombre effarant de questions qui tournaient dans sa tête, Severus n'arrivait pas à y penser. Son esprit, encore sous le coup de la panique précédente, restait fixé sur la vision d'Harry Potter dans sa chambre d'amis.

Une quinte de toux.

Snape bondit de sa chaise pour rejoindre le lit. Harry ne se calmait pas.

« Tout va bien, Potter. Tout va bien … » murmura-t-il en passant une main sur le front à la cicatrice.

Harry sembla se calmer instantanément. Snape rapprocha la chaise et se rassit. Après seulement quelques minutes, de nouveaux bruits dérangeaient le calme plat de la pièce.

« Non … » frémit Harry.

« Potter ? »

Le Survivant roula sa tête à gauche et droite. Ses sourcils se froncèrent et sa bouche se tordit.

« Non, arrêtez … Non, s'il vous plait … »

Les mots se muèrent en sanglots.

« Potter, calmez-vous. »

Severus était stupéfié par le traumatisme de l'enfant. Sans effet quelconque sur Harry, il eut une pensée effrayante. Il prit sa baguette en main.

C'était le seul moyen de comprendre …

Dans la chambre baignée par l'éclat d'une lampe de bureau, un chuchotement presque imperceptible naquit.

« Legilimens »

Un jet puissant de lumière éclaira la chambre et propulsa l'ancien Mangemort sur le sol. « Harry a condamné ses souvenirs … » pensa-t-il en se relevant. Une seule conclusion pouvait lui venir en tête : son traumatisme était si grand que son esprit avait décidé pour le moment de refouler la cause de sa venue. « C'est plus grave que je ne le pensai … » se dit l'Occlumens.

Il n'y avait plus qu'une seule chose à faire.

Patienter.

Espérer qu'il se réveille.

Etre là.

Le reste attendrait.


Quelque chose lui tirait la manche.

Severus ouvrit un œil puis deux. Ils tombèrent sur Pooky, les yeux reluisant d'une inquiétude non dissimulée.

« Maître ? Maître ? » chuchotait l'elfe d'une voix apeurée.

« Qu'il y a-t-il Pooky ? » marmonnait l'homme.

« Le jeune Harry Potter va se réveiller. »

Le cerveau du Serpentard sortir subitement de sa torpeur. Le jour s'était levé, même si encore ombrageux des nuages normands. Severus se leva d'un bond pour se pencher sur le lit. Harry remuait en effet de plus en plus. Snape posa une main délicate sur son bras.

« Potter ? Vous m'entendez ? »

Harry continua de trembler quand soudain, un hurlement d'horreur franchit ses lèvres. Le cœur battant à tout rompre, le professeur secoua plus franchement son ancien élève.

« Potter ! Réveillez-vous bon sang ! »

Les deux orbes verts enfin s'ouvrirent, la profonde inspiration paniquée résonnant encore. Le jeune homme dévisagea Snape, encore à bout de souffle.

« Professeur ? … Où suis-je ? Que … Que s'est-il passé ? », souffla-t-il en sueur.

« Détendez-vous Potter. Tout va bien. »

Harry essaya de se redresser alors que son visage grimaçait de douleur.

« Où suis-je ? Que me voulez-vous ? Que faites-vous là ? »

« Calmez-vous, je ne vous veux auc- »

« Dites-moi où je suis. Maintenant. »

Severus soupira en voyant son ancien élève terrifié devant lui.

« Vous êtes dans ma maison Potter. Ma maison de campagne. »

Harry lui lança un coup d'œil rempli d'incompréhension.

« Nous sommes en France. »

La vue du jeune homme se mit rapidement à parcourir autour de lui les meubles de la pièce, conscient de n'être familier de l'endroit. Une nouvelle vague d'appréhension l'envahit.

« Comment puis-je être sûr que je peux vous faire confiance ? »

Severus était touché par la frayeur mêlée d'une tristesse immense dans les yeux du gamin.

« Je ne sais pas Potter … Vous êtes arrivé ici tout seul … Personne d'autre que moi ne connait cette adresse … » dit-il doucement, perdu dans ses pensées.

« Et comment puis-je savoir que vous n'allez pas me tuer ? » lança Harry.

« Réfléchissez. Si je le souhaitais vraiment, vous seriez déjà mort. »

La lueur de défi ne désemplit pas immédiatement le regard du Gryffondor. Puis Harry sentit un poids énorme lui broyer tous les muscles de son corps. Son regard s'embua et bientôt, ne distinguant plus que la forme floue de son professeur, il sombra à nouveau dans un sommeil profond.

Avant que sa tête ne s'affaisse dans l'oreiller, il parut regarder Severus. Ses mots ne furent que d'imperceptibles murmures.

« Ne dites rien … Ne dites rien … »


18 heures. Cela faisait 18 heures que le Survivant avait fermé les yeux. Snape effectuait une ronde dans la chambre toutes les demi-heures. Sans jamais aucun changement. Puis, il revenait s'asseoir devant le feu, obnubilé par les flammes dansantes dans le foyer. Pourquoi devait-il ne « rien dire » ? Il n'avait même pas pensé à prévenir les autres avant. Il s'était focalisé sur le gosse uniquement.

Ecouter sa respiration.

Vérifier qu'il soit encore vivant.

Retenir son souffle à chaque inspiration tardive.

Pourtant, il le savait, il devait ébranler ses contacts, envoyer des lettres à ses amis, à Dumbledore même, à Lupin peut-être. Snape grogna en pensant à sa tranquillité bientôt en péril suite aux évènements de la veille. Mais sans qu'il ne l'explique, il ne pouvait s'y contraindre. Une intuition ? Les derniers soupirs de Potter ?

Ne dites rien …

Il devait au moins attendre son réveil. Il aviserait ensuite de ce qu'il allait faire. Qui avait bien pu s'en prendre à lui ? Qui avait pu faire une chose pareille ? Lui, le héros de guerre, celui qui avait débarrassé le monde magique de ses pires cauchemars. Lui, l'enfant béni, le garçon si brave, le jeune homme couronné. Réfléchis Severus, réfléchis. Les anciens Mangemorts croupissaient joyeusement dans les cellules humides d'Azkaban. Tous.

Alors qui ?

Y avait-il quelque chose qu'il avait manqué ? Une pièce du puzzle qu'il ne comprenait pas dans son schéma ? Ses ennemis étaient bel et bien tous hors d'atteinte. Severus eut une pensée à lui glacer le sang.

Draco ?

Non, impossible. Le jeune homme avait fait sa paix avec des rêves bien trop noirs pour son âge. Son comportement s'était mué en quelque chose de bon, enfin, quelque chose de meilleur. Il se remémora la soirée où son cher filleul était entré dans son bureau, sanglotant sur la mort de quelques-uns de ses camarades. Il ne voulait pas, il ne voulait plus. Severus l'avait pris dans ses bras pour le réconforter. Si fragile. Son père, enfermé à Azkaban dans l'aile psychiatrique, Draco avait décidé de recommencer sa vie. Et accompagné de son amie Astoria Greengrass, il était parti faire fortune. Loin. Il reviendrait, Snape le savait.

Le Maître des Potions n'avançait donc pas beaucoup plus sur son problème. Qu'allait-il faire de son hôte ? L'amener à Sainte-Mangouste ? Le garder ici ? Non, impossible. Cela impliquait beaucoup trop de conséquences, de problèmes, … de bruit. Soudain, une vision de sa maison colonisée par la horde d'amis de Potter et ce cher directeur triomphant lui fit tourner la tête. Il chérissait précieusement ces deux mois de tranquillité et au fond de lui, une vulnérabilité énorme l'avait envahi alors que son repère semblait avoir été découvert. Par Potter. Comment avait-il pu faire ? Enfin, toutes ses pensées étaient très égoïstes, pensa-t-il. Il se devait de protéger le jeune homme. Coûte que coûte.

Mais de quoi ?

Le Serpentard poussa un grognement de frustration et commença à faire les cent pas devant la cheminée. Il n'avait aucun moyen d'aider Potter. Qu'avait-il subi ? Séquestration ? Torture ? Extraction psychologique ? Servitude ? A chacune de ses punitions, le cœur de Severus se serrait. Non, il fallait avoir des réponses. Il ne pouvait forcer les révélations du Survivant, mais peut-être aurait-il des indices sur ses quelques mois de disparition.

Décidé, il monta deux à deux les marches de l'escalier. Prenant une profonde inspiration, il agrippa et actionna la poignée.

La chambre, éclairée par la seule et douce lumière d'un luminaire près de la fenêtre, était plongée dans un silence bienveillant. La couverture posée au-dessus du jeune homme se soulevait au rythme calme de sa respiration. Severus contourna le lit pour aller voir le visage de Potter. Il reposait sur l'écrin de l'oreiller, paisible cette fois-ci. L'enseignant s'assit doucement sur le lit confortable. En sentant le matelas s'enfoncer, Harry ouvrit un peu ses yeux. Il rencontra les deux prunelles noires du Serpentard. Il prit appui sur ses deux coudes et s'adossa aux oreillers.

« Que s'est-il passé professeur ? » souffla-t-il.

Snape posa ses mains sur ses cuisses. Son regard fixa quelque chose dans la vague.

« Je ne sais pas … Je vous ai découvert dans mon jardin, hier. Depuis, vous avez dormi. »

Tandis qu'il relevait son regard vers le jeune homme, il s'aperçut que lui-même fixait la fenêtre au loin. Il l'observa pendant quelques minutes, sans rien dire. Sur le visage du Gryffondor normalement si fier et farouche se succédèrent les émotions : peur, tristesse, dégoût, beaucoup de dégoût, colère. Une rage, incommensurable. Et cette fragilité qu'il décelait sur ce visage aux traits amincis.

« Potter … Vous ne voulez pas me dire ce qu'il vous est arrivé ? » demanda doucement l'ex Mangemort.

Harry tourna vers lui son visage, toujours marqué d'une fureur démesurée. Il fit « Non » de la tête, les yeux embués de larmes.

« Je comprends. »

Oui, mieux qu'il ne le voulait. Il ne comptait plus le nombre de fois où malmenés par les serviteurs du Mage Noir, il était rentré chez lui, en rampant, laissant derrière lui sur le sol des Cachots des trainées de sang. Combien de fois il avait recousu ses plaies seul dans sa salle de cours, avalé des potions dans son laboratoire, pour être sûr de tenir encore, encore un peu …

Cela ne pouvait pourtant être cette abominable tête de serpent. Il avait été exterminé par la même personne qui était à présent allongé à côté de lui. Alors, peut-être certains fidèles, toujours fanatiques. Pour le moment, il n'en savait rien. Seul Potter détenait les réponses. Severus se leva et marcha vers la porte.

« Vous devez être transféré à Sainte-Mangouste. Je vais écrire à - »

« NON ! »

Figé par la violence du cri de son étudiant, il sursauta pourtant davantage sous les quintes de toux qui déchiraient la maigre santé de son ancien étudiant. A son chevet en deux secondes, il lui glissa à nouveau une main dans ses cheveux.

« Doucement, Potter. Respirez pleinement. Voilà, comme ça. Doucement. »

Harry haussa vers lui un regard reconnaissant, tandis que ses poumons se soulevaient une fois de plus à un rythme normal.

« Merci. »

« Que dois-je faire de vous alors, Potter ? N'avez-vous donc personne à contacter ? »

« Je ne peux pas … Mes amis sont surveillés … » répondit-il d'une voix faible.

« Oh. »

« Professeur ? »

Ne me demande pas de rester ici, ne me demande pas de rester ici, ne me demande pas de rester ici, ne me demande pas de rester ici.

« Je pourrais rester ici ? Avec vous ? »

Severus poussa un long soupir. « Et Dumbledore ? »

« Professeur, je sais que c'est beaucoup vous demander. »

« Non, Potter. Vous avez raison. C'est probablement la meilleure solution pour le moment. »

Comment ai-je pu dire une chose pareille ?

« Je dois néanmoins aller écrire à Albus. »

« Mais je - »

« Il ne saura rien de votre présence ici. Je dois lui répondre. »

Harry se renfonça dans les coussins, soulagé. Avant de sortir, Severus s'arrêta sur le seuil de la porte.

« Pourquoi me faire confiance Potter ? » demanda-t-il, sans se retourner vers son élève.

Un silence si long s'abatit entre eux deux si bien que Severus pensa un moment qu'il s'était rendormi.

« Je ne sais pas Professeur. Ni comment je suis arrivé dans votre jardin. »

Severus fit un pas.

« Mais … je vous confierai ma vie, et celles de mes êtres les plus chers. »


Albus,

J'accuse réception de votre courrier, reçu avant mon départ. Ces deux mois de vacances seront plus reposants, après les évènements de cette année. Je vous souhaite de profiter des vôtres du mieux qu'il soit.

Je vous transmettrai dans quelques semaines mon programme pour l'année prochaine en Potions. Je me chargerai de vous procurer les ingrédients des potions à l'étude. Il me semble que la rentrée des étudiants interviendra le 1er Septembre. Je reviendrai ainsi à Poudlard le 29 août.

Avec ma profonde amitié,

S.S.

Snape se relut. Aucune mention du gamin. Cela lui paraissait bien étrange. Mais il respectait son choix. Il imposa son cachet sur l'enveloppe et appela Pooky. L'elfe arriva prestement.

« Va remettre ceci à Albus Dumbledore. » lui confia-t-il. « En mains propres Pooky. » ajouta-t-il en appuyant ses derniers mots.

Pooky saisit le courrier, claqua des doigts et disparut.

Le dos du Maître des Potions vient s'appuyer contre le dossier de la chaise. Prendre soin de Potter lui rappelait la responsabilité qu'il avait endossée ces dernières années. Une charge si lourde, une pression si grande.

Puis … d'un autre côté … la confiance aveugle que lui accordait le jeune homme, sans qu'il ne sache pourquoi, le touchait fortement. Toutes ces années durant, son élève s'était révélé être un homme si brave, si honnête, si loyal. Un vrai Gryffondor, ironisa Snape. Il avait mué en une force si incroyablement puissante. L'admiration que lui portait l'enseignant demeurait très secrète. Et indéniable. Harry Potter était un des plus grands sorciers qu'il avait jamais connus.

Et le voir aujourd'hui, si fragilisé, blessé, anéanti, … Il n'avait pu empêcher son instinct protecteur de refaire surface. Lui si pourtant imperméable aux émotions pareilles. Harry provoquait en lui de bons sentiments, sans qu'il ne se l'avoue totalement. Cacher son identité bienfaisante pendant toute sa scolarité avait été une véritable épreuve. Il aurait voulu batailler tous ces ennemis aux côtés de l'Ordre, à découvert. Prouver enfin qu'il était digne de rédemption. Severus se sentait tout à coup comme le gardien de quelque chose de fragile et délicat dont il se devait de protéger la vie, l'intimité et les secrets. Oui, un gardien. Il devait assumer complètement sa position. Il le voulait peut-être aussi.

Un clappement et Pooky réapparut. Elle hocha la tête pour transmettre à son supérieur du bon déroulement de sa mission.

« Maître ? »

« Oui ? »

« Pourquoi le grand Harry Potter est ici ? »

« Je ne sais pas Pooky … Je ne sais pas. »

« Harry Potter va-t-il rester avec le Maître et Pooky ? »

« Oui. »

« Pooky va préparer un repas pour l'invité du Maître. Et mettre trois couverts. », finit l'elfe malicieusement.

« Je serai en bas. Tu surveilleras Harry Potter, entendu ? »


Une moitié d'orange …

Severus versa le fruit coupé dans le chaudron, en remuant méticuleusement. La potion prit une couleur jaune. Un sourire de satisfaction parcourut les lèvres fines du Serpentard. Il attrapait une autre fiole remplie et en vidait le contenu dans une casserole lorsqu'un cri retentit à l'étage supérieur. S'en se rendre compte que de peur, sa main avait brisé l'éprouvette qu'il tenait et saignait à présent des morceaux de verre plantés dans sa peau, il courut jusqu'en haut.

Il trouva dans le salon Pooky affolée. Elle pointa du doigt l'escalier menant au premier étage. Les hurlements éclataient, de plus en plus diffus. Severus enfonça la porte de la chambre.

Sur le lit, Harry se tordait frénétiquement et de lourdes plaintes s'échappaient de sa bouche. A l'instar des fois précédentes, il appliqua ses doigts sur le front du Survivant. Ce qui le calma. Pendant un moment.

Lorsqu'il se mit à se tortiller de plus belle, Severus décida de secouer plus fermement le jeune homme.

« Potter ! »

Encore une fois, Harry ouvrit des yeux stupéfaits et paniqués.

« Tout va bien, vous êtes en sécurité. »

Harry ne put cette fois-ci retenir ses larmes. Severus n'hésita pas un instant et prit le corps maigre dans ses bras. Celui-ci vint s'agripper à la chemise de l'homme.

« Oh Professeur … » sanglotait le Gryffondor.

Ils restèrent ainsi de longues minutes. Les pleurs subsistèrent un moment puis s'évanouirent peu à peu. Pourtant, Harry persistait son accroche à l'homme. Il sentait la respiration régulière de son enseignant, qui apaisa progressivement la sienne. Sans expliquer pourquoi, les deux hommes continuaient leur étreinte. La même sensation de confort les pressaient tous deux.

Finalement, suite à un nombre infini de minutes, Harry se recula. Il porta sa main au visage, d'où il essuya ses dernières larmes.

« Merci … » murmura-t-il en reniflant. Il avisa les tâches humides laissées sur les vêtements de Snape. « Pardon … »

« Ce n'est rien. Tenez, buvez ceci. », répliqua Snape, une fiole à la main.

La suspicion gagna Harry.

« C'est une potion curative Potter. Peut-être même qu'un jour, vous réussirez à en préparer une vous-même. »

Il n'avait pu s'empêcher de railler son élève. Probablement pour soulager la tension, ou bien dissiper une gêne … Mais d'où venait-elle d'ailleurs ? Harry glissa finalement le breuvage dans sa gorge. Il s'écria soudain :

« Professeur, votre main ! »

Snape avisa de sa paume ensanglantée.

« Episkey »

Les morceaux de verre s'évanouirent tandis que la peau se refermait sur les plaies.

« Voilà qui est mieux. Je vous laisse vous reposer encore un peu. »

Harry émit comme une protestation.

« Vous ne voulez pas rester ? Je me sens bien quand vous êtes là. »

« Vous avez besoin de sommeil Potter. Je ne puis vous aider à le récupérer. En revanche, je viendrai vous réveiller dans quelques heures pour le dîner. Etes-vous d'accord ? »

Harry acquiesça et se fourra à nouveau dans les draps. Il paraissait loin le temps où l'élève avait saisi tout son courage pour affronter son ancien Maître. Severus ne lui reprochait pas. Ce qu'il semblait avoir subi était, pour le moment, hors de sa portée. Il contempla Harry dormir. Voir le gamin assoupi constituait vraiment un tableau narcotique, réconfortant … Severus secoua sa tête. D'où venait ce bien-être ? Avait-il tant manqué de compagnie ? Ou reconnaissait-il simplement que le gamin n'était pas si désagréable que ça … ?

Non. Décidément, tu ne tournes pas rond. Potter apaisant, et quoi encore ?

Mais après tout, cette année, les vacances promettaient d'être différentes que les précédentes …