Disclaimer : Mathieu Sommet, Antoine Daniel et les autres vidéastes qui apparaitront sans doute au cours de cette fanfic' ne m'appartiennent pas. Tous les autres personnages sont des purs produits de mon imagination. :)
L'ombre courait.
Elle courait pour s'approcher du but, pour pouvoir enfin laisser sa peur derrière elle.
Toute sa vie, elle avait attendu ce moment.
Elle descendit des toits , s'accrochant aux aspérités des murs. Elle sauta au sol puis se releva, avec la grâce d'un félin. La silhouette encapuchonnée sortit un papier de sa poche, froissé comme s'il avait été lu tous les jours depuis des années. Elle l'examina attentivement, puis fit trois pas vers la gauche, en direction d'une plaque d'égout, qu'elle souleva. L'ombre se glissa dans l'ouverture, puis la referma derrière elle. Tout devint noir, aucune lumière ne pénétrant dans les longs tunnels obscurs du réseau d'égouts qui s'étendait sous toute la ville. L'ombre craqua une allumette puis souleva son capuchon, révélant un jeune homme, aux yeux d'un bleu incroyable et aux cheveux châtains ébouriffés. Ce dernier avança d'un pas sûr le long des souterrains. Il savait où il allait.
Au bout de plusieurs minutes, sans avoir jamais marqué aucune hésitation, il arriva devant un mur de brique, que rien ne distinguait en apparence des autres. Il tapota plusieurs briques, sans résultats visibles. Cependant, il devait en être satisfait, car un mince sourire apparut sur ses lèvres. Il regarda encore une fois son papier... Oui, c'était ici.
Mais au moment de lever la main pour exécuter le signal demandé, une hésitation le prit. Des années qu'il attendait de se trouver ici, ce jour précis. Des années que ce papier, et sa lecture tous les soirs avant de s'endormir, était le seul lien qui le reliait à elle. A eux. Et s'il était déçu ? S'il ne trouvait pas ce qu'il était venu chercher ? Il ferma les yeux. La seule solution était d'oser. Quand il les rouvrit, sa décision était prise. Il frappa. Trois coups courts, trois longs, deux longs, deux longs, un court, puis un long. L'écho de ce son n'était pas encore éteint que le mur pivota, révélant un autre tunnel étroit s'enfonçant encore plus loin dans les ténèbres. Une grande inspiration et il reprit sa route. Derrière lui, le mur se repositionna. Plus question de reculer, maintenant.
Au bout du tunnel, il se trouva face à une porte en bois. Il réitéra le code, et la porte s'ouvrit. Il n'eut pas le temps de faire un geste. Des mains le tirèrent à l'intérieur, lui bâillonnant la bouche et lui cachant les yeux. On le conduisit le long d'un dédale de couloirs, le faisant tourner à gauche et à droite, si bien qu'il perdit complètement le sens de l'orientation. Il entendait des murmures sur son passage, mais aucun mot distinct. Finalement, on le poussa à l'intérieur d'une pièce, puis on l'enchaîna à une chaise. Ses yeux et sa bouche enfin libérés, il vit de nouveau. En face de lui se tenait un homme, d'environ cinquante ans si on en croyait les cheveux poivre et sel qui commençaient à apparaitre au milieu de sa crinière brune. Ses yeux, d'un gris étonnant, passait le jeune homme au crible. Il lui dit, d'une voix étonnamment douce, malgré son air sévère :
- Je vais te poser des questions. Tu vas me donner des réponses. Aussi simple que cela. Prêt ?
Le jeune homme hocha la tête.
- Nom ?
- Mathieu.
- Mathieu comment ?
- Mathieu tout court.
L'homme n'insista pas sur ce point. Rendu confiant par cet homme, qui apparemment ne lui voulait pas de mal, Mathieu tenta :
- Et vous ?
L'homme le frappa brusquement au visage. Mathieu sentit une douleur fulgurante à la bouche, puis le goût du sang.
- C'est moi qui pose les questions. Famille ?
Mathieu ne répondit rien, le fixant d'un regard mauvais.
- Écoute petit, facilite nous la vie et réponds à mes questions. Je ne suis pas d'humeur à tuer quelqu'un aujourd'hui. Ça demande trop de justifications.
Cette phrase aurait pu passer pour du bluff si elle n'avait pas été accompagnée de ce regard perçant, qui lui témoignait de la vérité de cette affirmation.
- On reprend. Famille ?
- Orphelin.
- Age ?
- 18 ans.
- Domicile.
- Ça change souvent. Les personnes à la rue ont rarement un coin tranquille.
L'homme fit une pose. Le regarda droit dans les yeux. L'intensité de ce regard fit frémir Mathieu.
- Pour ou contre le Roi ?
- Lequel ?
- Tu es un malin, toi, hein ? L'actuel.
- Il ne mérite pas le nom de Roi. Juste celui d'usurpateur.
L'homme se redressa, sans que Mathieu puisse déterminer ce qu'il pensait de sa réponse. Puis il sortit, laissant le jeune homme seul dans le noir avec ses pensées.
